Pont Neuf, Paris
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Tower Bridge, London
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Quand la sérénité régnait sur le Pont de Westminster, à Londres

….et sur le monde

Westminster

Thomas Rowlandson (1756-1827) & Augustus Charles Pugin (1762-1832)

En hommage aux victimes de l'attentat terroriste perpétré mercredi dernier sur le pont de Westminster, et en souhaitant un prompt rétablissement aux lycéens français blessés ce jour-là, nous publions à nouveau le poème de William Wordsworth, rappel d'un temps où le monde coulait des jours plus paisibles !                                       

William Wordsworth
1770-1850

Siitué en amont, près du Parlement et de Big Ben, le Pont de Westminster a été immortalisé par le poète anglais William Wordsworth dans: « Composé sur le Pont de Westminister », un poème que tous les écoliers de l'empire britannique (maintenant le Commonwealth) apprennent depuis 200 ans. Wordsworth l'écrivit à l'âge de 32 ans, alors que, juché sur le toit d'une voiture, il se rendait en France.

Composed upon Westminister Bridge
September. 3, 1802

Earth has not anything to show more fair:
Dull would he be of soul who could pass by
A sight so touching in its majesty:
This City now doth like a garment wear

The beauty of the morning: silent, bare,
Ships, towers, domes, theatres, and temples lie
Open unto the fields, and to the sky,
All bright and glittering in the smokeless air.

Never did sun more beautifully steep
In his first splendour, valley, rock, or hill;
Ne'er saw I, never felt, a calm so deep!

The river glideth at his own sweet will:
Dear God! the very houses seem asleep;
And all that mighty heart is lying still!

 

La terre n’a rien de plus beau à produire :
Insensible l’âme de qui passerait en négligeant
Une vue que sa majesté rend si émouvante :
La ville a présent porte ainsi qu’un vêtement

La beauté du matin ; silencieux et nus,
Bateaux, tours, dômes, théâtres et temples demeurent
Offerts aux champs ainsi qu’au ciel ;
Tout clairs et scintillants dans l’air sans fumée.

 

Jamais le soleil n’a si magnifiquement trempé
Dans sa première splendeur, vallée, rocher ou colline ;
Jamais je n’ai vu, jamais ressenti un calme si profond !

Le fleuve coule à son propre et tendre vouloir :
Dieu ! Les demeures elles-mêmes semblent assoupies ;
Et tout ce puissant cœur gît immobile !

©traduit  de l'anglais par  Maxime Durisotti,  d’après l’édition des Major Works  de William Wordsworth par Stephen Gill, Oxford University Press, 2000.

Publié avec la permission du traducteur qui anime les blogs  Le Festin de Babel et a sauts & a gambades.

Lecture supplémentaire :

Discover Wordsworth

Composed Upon Westminister Bridge – explanation in a nutshell


William WordsworthWikipedia (français) 

Vera Lynn fête son 100ème anniversaire

La petite amie des combattants britanniques de la Seconde Guerre mondiale

 

Vera lynn

 

Vl troopsAlors que la vie était dure pour les soldats, marins et aviateurs ainsi que pour la population civile britanniques aux prises avec les puissances de l'Axe pendant la Seconde Guerre mondiale, deux personnalités contribuèrent à entretenir leur moral : le Premier Ministre Winston Churchill et la chanteuse Vera Lynn.

Lynn a donné des concerts en plein air pour les troupes alliées qui combattaient dans des contrées aussi lointaines que l'Inde et la Birmanie.

En 1941, Lynn a lancé son émission radiophonique, « Sincerely Yours », au Vera-lynn microcours de laquelle elle adressait des messages aux troupes britanniques servant hors de la métropole. Des auditeurs de toute l'anglophonie ont alors écouté des titres comme The White Cliffs of Dover, We'll Meet Again

 

Après BabeL, traduire

 

 

Portesouvertes

Mucem-Villa-de-la-Mediterannee-MarseilleAprès Babel, traduire au MuCEM (Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée), jusqu'au 20 mars 2017. Notre linguiste invitée de février, Mme Ayres-Bennett, éminente universitaire britannique, déplorait qu'il n'existât point, au Royaume-Uni, de musée des langues, alors qu'il s'en trouve un pour les colliers de chien ou les tondeuses à gazon ! Il semble que Mme Barbara Cassin, directrice de recherches au CNRS, Barbara cassinphilologue et philosophe, spécialiste de la philosophie grecque, ait été, elle aussi, consciente de ce manque et qu'elle ait voulu y remédier en organisant une extraordinaire exposition sur le thème « Après Babel, traduire ». Car, selon la tradition (Genèse, 11.1-9), l'histoire de la traduction débute en Mésopotamie, dans cette terre de Shin'ar où les survivants du Déluge décident de fonder une ville et d'édifier une tour où ils seront « un seul peuple, une seule lèvre pour tous ». Mais Dieu contrarie leur grand dessein : « là Iahvé a mêlé la lèvre, et de là Iahvé les a dispersés ». L'orgueilleuse tour qui devait s'élever jusqu'au ciel devient la tour de Babel, Migdal Babel, la Tour de la Confusion, pour ceux qui font un lien entre Babel, le substantif hébreu בילבול (confusion) et le verbe לבלבל (confondre). Mais, plus qu'un châtiment, la multiplication des langues est une chance pour l'humanité : la diversité va se révéler plus riche que l'uniformité. Partant d’une abstraction – le passage d’une langue à une autre -, l’exposition donne à voir, à penser et à voyager dans cet entre-deux. Du mythe de Babel à la pierre de Rosette, d’Aristote à Tintin et de la parole de Dieu aux langues des signes, elle présente près de deux cents œuvres, objets, manuscrits, documents installations, qui expriment de façon spectaculaire ou quotidienne les jeux et les enjeux de la traduction, la langue de l'Europe, comme le disait Umberto Eco. . Rares sont ceux qui auront encore la chance ou le temps de se rendre à Marseille avantCatalogue

que l'exposition ne ferme ses portes. Heureusement, il leur reste la possibilité de se procurer le magnifique catalogue qui se présente comme des « Mélanges en l'honneur de la traduction ». Le catalogue s'articule autour deux idées fortes. L'une renvoie à un fait d'histoire : la traduction est l'une des caractéristiques essentielles de la civilisation en Méditerranée. L'autre est un enjeu de politique contemporaine : la traduction, comme savoir-faire avec les différences, est un modèle pertinent pour appréhender la citoyenneté d'aujourd'hui. Ces idées seront instruites dans un « fil rouge » rédigé par la commissaire de l'exposition, Mme Barbara Cassin, qui court tout au long de l'ouvrage, en regard ou en marge des différentes contributions. Ce catalogue peut être obtenu sur le site Amazon.

 

Jean Leclercq

Lecture supplémentaire :

Après Babel, traduire

 

Note personnelle

Lorsque mon collègue, Jean Leclercq, m'a envoyé l'article ci-dessus, à propos d'une exposition qui se tient actuellement à Marseille, j'étais en vacances dans une autre ville méditerranéenne, Haïfa. Dans mon esprit, cette ville portuaire d'Haïfa évoque des souvenirs à la fois généraux et personnels.  Au fil des siècles, la ville a changé de mains. Elle fut tour à tour conquise et régie par les Phéniciens, les Perses, les Hasmonéens, les Romains, les Byzantins, les Arabes, les Croisés, les Britanniques et les Israéliens.   

En 1799, pendant sa tentative de conquête de la Palestine et de la Syrie, Napoleon Bonaparte se rendit maître d'Haïfa, mais dut vite s'en retirer. Dans sa proclamation de fin de campagne, Napoléon se targua d'avoir rasé les fortifications de Kaïffa (comme on l'appelait à l'époque) (1) de même que celles de Gaza, Jaffa et Saint-Jean d'Acre. 

Sur un plan plus personnel – et pour en revenir à Marseille – je me souviens de ma traversée de Marseille à Haïfa (après avoir achevé un cours de civilisation française à la Sorbonne) et il y a si longtemps que je ne peux en donner la date exacte). En chemin, le bateau fit escale à Naples et à Limassol (Chypre). 

Pour achever cette note sur le mode linguistique, voici un panneau indicateur typiquement israélien – en caractères arabes, hébraïques et latins. (L'hebreu et l'arabe sont les deux langues officielles de l'État d'Israël.)

Road sign

 

Chaque langue a une histoire intéressante. Mais, c'est un sujet pour une autre fois. 

Jonathan Goldberg

(1) C'est aussi la graphie adoptée par Hergé dans L'Or noir.

Debussy – ses lettres et sa musique


Debussy MigenesSpectacle
à l'Odyssey Theatre de Los Angeles

du 10 au 26 février 2017

La personnalité de Claude Debussy sera présentée à Los Angeles sous la forme d'une découverte de ce grand compositeur français : sa jeunesse, sa grande intelligence et sa lutte incessante avec les milieux musicaux plus conservateurs.Dans cette nouvelle biographie scénique, c'est la correspondance de Debussy qui mène à sa musique.


É
crit et joué par la célèbre soprano américaine Julia Migenes, le spectacle est présenté à l'Odyssey Theatre de Los Angeles.

Renseignements supplémentaires
http://www.odysseytheatre.com/debussy.php

[Après la première représentation, votre fidèle blogueur (J.G.) a pu s'entretenir avec Julia Migenes. Il s'est enquis de son authentique accent français (chose plutôt rare chez une Américaine). La cantatrice lui a expliqué qu'elle a vécu et travaillé à Paris pendant trois ans.]

 

 

 

 

 

 

À la rencontre des chiffres et des lettres : l’étude quantitative du changement linguistique


Basile RousselNous sommes ravis d'accueillir notre nouveau contributeur,
Basile Roussel, doctorant en linguistique et assistant de recherche au laboratoire de sociolinguistique de l'Université d'Ottawa. Sous la direction de la professeure Shana Poplack, ses recherches portent sur l'étude des processus de variation et de changement linguistique en français acadien parlé dans les provinces maritimes du Canada. Parallèlement à cela, il s'intéresse au développement des normes prescriptives et des idéologies vis-à-vis le français dit standard.

 

Les parlers vernaculaires représentent depuis toujours une cible très attrayante pour les instances normatives et les médias, surtout lorsque les formes déviant de ce qui est considéré le standard sont nombreuses et pointées du doigt. À titre d'exemple, plusieurs estiment que le français parlé au Canada a beaucoup changé avec les années, soit par la coupure avec les métropoles européennes, soit par le contact à long terme avec la langue majoritaire, c'est-à-dire l'anglais, ou les deux. Ainsi, nombreux sont ceux qui s'inquiètent de la « qualité » du français canadien contemporain. Plusieurs questions s'imposent : Est-il vrai que le français a changé en sol canadien? Dans le cas échéant, quelles sont les manifestations de ce changement? Le français parlé en France est-il vraiment plus « pur » que celui parlé au Canada?

 

Depuis plus de 30 ans, les recherches menées au laboratoire de sociolinguistique de l'Université d'Ottawa, sous la direction de la professeure Shana Poplack, ont eu pour mission d'adresser ces questions sous un angle scientifique.

  Shana Poplack

La professeure Shana Poplack et son equipe,
departément de sociolinguistique de l'Université d'Ottawa

 

Les robes trésors de la muse de Marcel Proust au Museum at FIT

(du 23 septembre 2018 au 7 janvier 2017)

Dans le sillage de l'exposition La mode retrouvée : Les robes trésors de la comtesse Greffuhle qui s'est achevée le 20 mars dernier au Palais Galliera, Musée de la Mode de la ville de Paris [1], le Museum at FIT [2], New York, présente actuellement Proust's Muse, The Countess Greffuhle. En collaboration avec Olivier Saillard, le maître d'œuvre de l'exposition parisienne, Mme Valérie Steele, directrice et conservatrice du Museum at FIT, a transporté la manifestation à New York.

 

GreffulheAppartenant à la haute aristocratie, Élisabeth Riquet de Caraman-Chimay, comtesse Greffuhle (1860-1952) tint un salon artistique et littéraire que fréquentèrent nombre de célébrités de l'époque. Surtout, elle fut l'arbitre des élégances féminines dans ce Paris fin de siècle qui brillait de tous ses feux. « La comtesse Greffuhle croyait à la dimension artistique de la mode, » déclare Valerie Steele. « Cliente des plus grands couturiers de son temps, son style demeurait pourtant bien personnel. Aujourd'hui, alors que l'on tient de plus en plus la mode pour une forme d'art, son attitude n'en revêt que plus d'intérêt. »

Mais, son influence s'étendit bien au-delà de la mode. Elle inspira des écrivains, notamment Marcel Proust et Montesquieu Robert de Montesquiou [3]. En 1893, dans une lettre du premier au second, Proust écrit : « Tout le mystère de sa beauté est dans l'éclat, dans l'énigme de ses yeux. Je n'ai jamais vu une femme aussi belle. » D'ailleurs, lorsqu'il écrira À la recherche du temps perdu, l'admirateur de la comtesse Greffuhle en fera l'immortelle Oriane, la duchesse de Guermantes, dont chacune des toilettes lui semblait être le reflet d'un état d'âme particulier.

L'exposition présente quelques-uns des plus beaux atours de la comtesse et notamment : la robe du soir de Worth, la cape que lui offrit l'empereur Nicolas II de Russie (retaillée par Worth), la veste de Mariano Fortuny et le manteau surréaliste de la maison Worth. L'une des robes les plus admirées est la somptueuse robe à traîne de velours noir, à motifs de fleurs de lys, signée Worth, dans laquelle Nadar [4] l'a photographiée de dos, devant un miroir, en 1896. Cette photo, Proust a vainement tenté de l'obtenir de sa muse. « Pour me la refuser jadis, vous aviez allégué une bien mauvais raison, à savoir que la photographie immobilise et arrête la beauté de la femme. Mais n'est-il pas précisément beau d'immobiliser, c'est-à-dire d'éterniser, un moment radieux » lui écrit-il dans une ultime requête, deux ans avant de mourir.

Reflet d'une époque à jamais révolue où le prêt-à-porter n'existait pas et où la haute couture était seule à satisfaire les goûts d'une seule personne, parfois pour une seule occasion. Ce qui explique sans doute l'excellent état de conservation de la collection. Époque aussi où l'on ne suivait pas la mode, mais où une petite élite fortunée la créait au gré des événements culturels du moment.

Countess Greffulhe's Stunning Wardrobe at New York's FIT (4:51 minutes)


[1] Palais Galliera, Musée de la Mode de la ville de Paris, 10, av. Pierre 1er de Serbie, 75016 Paris.

[2] FIT, initiales du Fashion Institute of Technology dont le musée se situe à l'angle de la 7e avenue et de la 27e rue, New York City 10001-5992.

[3] – Robert de Montesquiou-Fezensac (1855-1921). Littérateur et poète français tout autant qu'esthète accompli, il aurait inspiré à Huysmans le personnage de Des Esseintes et à Proust celui du baron de Charlu. Il était le cousin de la mère de la comtesse, née Marie de Montesquiou- Fezensac.

[4] Nadar (Félix Tournachon, dit). Journaliste, écrivain, photographe, aéronaute (1820 – 1910), il publia, sous le titre de Panthéon Nadar, une série de portraits des célébrités de son temps.

 

Lectures complémentaires :

La duchesse de Guermantes de Proust racontée par ses robes
leSoleil, le 7 novembre 2015

 

Mode

 

 

 

 

 

 

 

AZZURRO Due

Comtesse

 

Laure Hillerin.
La comtesse Greffuhle :
l'ombre des Guermantes.

Paris, Flammarion, 2014.

 

Philippe Séguy. La première des Guermantes, Article paru dans le n° 3457 (octobre 2014), pp. 70 à 73, de la revue Point de Vue.

 


Jean Leclercq

 

Shakespeare en Californie – exposition

THE BARD GOES WEST

À la bibliotèque centrale de Los Angeles
17 november 2016  -  26 février 2017

  Bard 2

« Il n'y a guère de cabane de pionnier où l'on ne rencontre quelques tomes dépareillés de Shakespeare. Je me rappelle avoir lu pour la première fois le drame féodal de Henri V dans une log-house. » [*]

Alexis de Tocqueville. De la Démocratie en Amérique  II, I, 1, ch.13

 

Bard 1Le Shakespeare de l'Amérique : Le Bard Goes West célèbre le 400e anniversaire de la mort de William Shakespeare en réfléchissant à l'incidence de son œuvre sur la vie américaine. Partant de l'exposition organisée à la Folger Shakespeare Library sur le thème «Le Shakespeare de l'Amérique», le Bard entend aider à mieux comprendre la façon dont le grand dramaturge s'est inséré dans l'histoire et la culture de la Californie. L'élément central en est un First Folio(1623) provenant du fonds Shakespeare de la collection Folger – le plus grand du genre au monde – en plus de nombreux documents et pièces illustrant la migration de Shakespeare d'Angleterre vers les colonies ; son intégration à notre rhétorique politique pendant les guerres d'Indépendance et de Sécession ; sa marche littéraire et scénique vers l'ouest ; et l'influence qu'il continue d'exercer aujourd'hui sur notre langue, notre littérature et nos médias. Pour cela, le Bard Goes West a fait appel à des collections publiques et à des moyens locaux pour attester de la présence de Shakespeare dans les théâtres de San Francisco et de Sacramento au XIXe siècle, dans les bars et les hôtels des villes minières et aux débuts de l'industrie cinématographique à Los Angeles. 



 

Note langagière sur l'origine du mot bard :

Moyen anglais : du gaélique écossais bàrd, irlandais bard, gallois bardd, d'origine celtique. En Écosse, au 16ème siècle, c'était un terme péjoratif désignant un musicien ambulant, mais Sir Walter Scott lui a donné une tonalité romantique.

Source : Oxforddictionaries

[*]  La version originale de cette citation repérée avec l'aide aimable du Professeur Jean-Louis BENOÎT, philosophe  français, spécialiste de Tocqueville. 

  

Lectures supplémentaires :

Un First folio dormait à  la Bibliothèque d'agglomération de Saint-Omer !

America's Shakespeare goes West

 

23 avril 1616 : deux géants de la littérature meurent à la même date il y a 400 ans

 

Vers l’école bilingue en Californie

Prop 58En Californie, les écoles publiques pourront développer davantage leurs programmes d'enseignement bilingues et multilingues maintenant que les électeurs ont approuvé une disposition (la proposition 58) tendant à abroger l'enseignement exclusivement en anglais dans tout l'État.

La proposition 58 a rapidement fait son chemin puisque 73% des électeurs l'ont soutenue. Aboutissement du texte de 2014 rédigé par Ricardo Lara, du Parti Démocrate, la proposition réforme certains des fondements d'une loi de 1998 qui obligeait les élèves à suivre des cours uniquement en anglais, à moins que les parents en décident autrement en signant une décharge.

Mais elle sauvegarde l'obligation légale faite aux élèves d'acquérir une maîtrise de l'anglais quel que soit le programme qu'ils choisissent.

Les partisans de la réforme se félicitent de son approbation, estimant que les pesanteurs administratives qui entourent l'enseignement multilingue nuisent aux élèves dans une économie mondialisée où l'on est à la recherche de personnels parlant plus d'une langue.

Mais, des opposants à cette mesure, en particulier le multimillionnaire de la Silicon Valley Ron Unz, auteur de la proposition initiale de 1998 en faveur de l'enseignement exclusivement en anglais, ont dit que le nouveau texte ferait ressurgir les problèmes d'antan, à savoir l'incapacité des programmes bilingues à enseigner l'anglais aux élèves hispanophones.

Ce vote survient alors que moins de 5% des écoles publiques californiennes offrent des programmes multilingues bien qu'il y ait maintenant 1,4 millions d'élèves qui apprennent l'anglais – dont environ 80% ne parlent que l'espagnol.

Jean Leclercq

 

Welcome Mr. Hitchcock. Un voyage au Pays Basque

Welcome Mr. Hitchcock
Remarquablement située et jouissant d'un climat exceptionnellement doux, Saint-Sébastien (San Sebastián, en espagnol, et Donostia, en basque), capitale de la province de Guipúzcoa, est la station balnéaire la plus célèbre du littoral Nord de l'Espagne. Sa vocation s'affirma à la fin du 19e siècle, lorsque la reine Marie-Christine (1858-1929), épouse du roi Alphonse XII et régente d'Espagne de 1885 à 1902, la choisit comme lieu de villégiature. La Cour se déplaçant à Saint-Sébastien à la belle saison, les grands d'Espagne et les personnalités en vue s'y font construire des hôtels particuliers. Comme toute la ville nouvelle fut édifiée à la même époque, son architecture est remarquablement homogène. De belles et larges avenues ombragées rendent l'espace urbain particulièrement agréable. C'est pour cela que cette ville d'environ 180.000 habitants accueille chaque année de nombreuses festivités et notamment un Festival international de jazz et, depuis 1953, un Festival international du cinéma qui compte parmi les plus importants du monde. Cette intense activité culturelle a valu à la ville de Saint-Sébastien d'être désignée Capitale européenne de la Culture 2016.

Profitant de cette conjugaison du Festival international du Film et de l'Année de la Culture, Espacio 2016 a exposé une centaine de photographies, patiemment réunies par le photographe espagnol Pedro Usabiaga, qui suivent pas à pas les étapes du séjour d'Alfred Hitchcock au Pays Basque, du 21 au 24 juillet 1958. En effet, à cette époque, le grand metteur en scène anglais, accompagné de son épouse, la scénariste Alma Reville, s'était déplacé de Los Angeles pour assister à l'avant-première de Sueurs froides [1] au VIe Festival du Film de Saint-Sébastien. Le couple en profita pour visiter le Pays Basque, des deux côtés de la frontière, tant il est vrai que Zazpiak bat. [2] Arrivés à l'aéroport de Biarritz, les Hitchcock se rendent d'abord à Saint-Sébastien – le but du voyage – puis visitent Biarritz, Hendaye, Pasajes de San Juan, Bayonne et Lourdes. Est-ce le climat de Sueurs froides qui l'imprégnait encore, ou La mort aux trousses dont il allait entreprendre le tournage, Hitchcock semblait hanté par l'au-delà. À toutes les étapes, il demandait à visiter les églises et, à Saint-Sébastien, il se rendit au cimetière de Polloe et médita devant certaines des tombes monumentales. Comme on célébrait cette année-là le centième anniversaire des apparitions de Lourdes, Alfred voulut s'y rendre et observer de près la ferveur des pèlerins. Bien entendu, les époux Hitchcock étaient accompagnés de photographes professionnels qui prirent de nombreux clichés. Ce sont ces images, pour la plupart inédites, qui ont été exposées du 19 août au 14 octobre à Espace 2016.

À l'intention de ceux qui n'ont pas eu l'occasion de se rendre à Saint-Sébastien au cours de ces dernières semaines, nous publions trois de ces belles photos noir et blanc qui nous renvoient à l'âge d'or de l'argentique !

Hitchcock 2

Biarritz. Foto Paco Marí, Archivo Kutxateka.

 

Le 21 juillet 1958, Alfred et Alma Hitchcock, sortent de l'aéroport de Biarritz. Le trajet Los Angeles-Paris a été mouvementé car une fuite de carburant a obligé l'appareil à faire un atterrissage forcé. Arrivés à Orly, ils ont pris un petit avion pour Biarritz. Le grand cinéaste sourit. Les péripéties du voyage ne semblent pas avoir entamé son moral.

 

Hitchcock 3

Catedral de Bayona. Foto Paco Marí, Archivo Donostia Zinemaldia – Festival de San Sebastián.

 

Le 22 juillet 1958, Alfred contemple les vitraux de la cathédrale Sainte-Marie de Bayonne. Sait-il (lui a-t-on dit ?) que bon nombre d'entre eux ont été exécutés ou restaurés par Adolphe Steinheil ? Celui-ci, mari de la sulfureuse Mme Steinheil (née Marguerite Japy), mourut égorgé, le 31 mai 1908, au n°6 bis de l'impasse Ronsin. [3]. Les circonstances de ce meurtre n'ont jamais été élucidées. Tous les éléments d'un excellent suspense hitchcockien se trouvaient réunis dans ce fait divers qui montre une fois de plus que la réalité dépasse souvent la fiction. La censure franquiste interdira la publication des photos prises dans la cathédrale de Bayonne, les jugeant irrévérencieuses !        

Hitchcock 4
Cementerio de Polloe. Foto Vicente Ibaňez, Archivo particular.

Le 23 juillet 1958, Alfred se rend au cimetière de Polloe, à Saint-Sébastien. Il médite longuement devant certaines sépultures et caveaux de famille monumentaux. Certaines de ces photos paraîtront dans Gaceta et dans Paris-Match. N'oublions pas que l'héroïne de Sueurs froides, le film qui vient de sortir en avant-première, est une jeune femme de 26 ans, Madeleine, hantée par le souvenir de son arrière-grand-mère, Carlotta Valdès, suicidée au même âge qu'elle, un siècle plus tôt. Elle se rend souvent sur sa tombe ainsi qu'au musée où est exposé son portrait. Curieusement, Hitchcock fait a posteriori ce qui aurait pu être des « repérages ». Une photo prise à Bayonne montre aussi le couple Hitchcock contemplant la vitrine d'une agence des Pompes funèbres générales. Décidément, la mort obsède Alfred Hitchcock et elle apparaîtra dans le titre de la version française de son prochain film. 

————–

[1] Vertigo, en version originale. Film de 1958 dont le scénario s'inspire d'un roman de Boileau-Narcejac, D'entre les morts, avec James Stewart, Kim Novak et Barbara Bel Geddes.

[2] En basque, Zazpiak bat signifie « Sept ne font qu'un » : les sept provinces basques (quatre espagnoles et trois françaises) ne forment qu'une seule entité, unies par un idiome qui ne cesse d'intriguer les linguistes,

[3] Armand Lanoux. L'Affaire de l'Impasse Ronsin. Paris, Éditions Aillaud, Bastos & Cie, 1947.

Pour tous renseignements :

Espacio 2016, Easo 43, San Sebastián 20006 (Espagne).
Site : www.dss2016.eu
Courriel : info@dss2016.eu).


Lecture supplémentaire :

Saint-Sébastien 2016, sur les traces de Hitchcock

Jean Leclercq

 

À la une – Bob Dylan remporte le prix Nobel de Littérature 2016

Pour Bob Dylan, le Prix Nobel de littérature est une première à quatre titres :
il est le premier Américain à remporter ce prix prestigieux depuis 1993, époque où il échut à Toni Morrison ;
il est le premier musicien ainsi récompensé ;
il est le premier lauréat qui n'appartienne pas au monde des lettres, depuis Winston Churchill, primé en 1953 ;
il représente peut-être, selon le New York Times, « le choix le plus radical d'une histoire qui remonte à 1901 », lorsque le premier Prix Nobel de littérature fut décerné à Sully Prudhomme.

 

"Dylan's impact on popular culture has been immense, his influence as a lyricist extending to nearly every major music figure and songwriter of the last 50 years, from the Beatles to Bruce Springsteen, Bono, Ed Sheeran and beyond."

Bob Dylan Awarded Nobel Prize in Literature
New York Times, October 13, 2016

 

"Dylan’s lexicon, his primary influence, is the history of song, from the Greeks to the psalmists, from the Elizabethans to the varied traditions of the United States and beyond: the blues; hillbilly music; the American Songbook of Berlin, Gershwin, and Porter; folk songs; early rock and roll. Over time, Dylan has been a spiritual seeker—and his well-known excursions into various religious traditions, from evangelical Christianity to Chabad, are in his work as well—but his foundation is song, lyric combined with music, and the Nobel committee was right to discount the objections to that tradition as literature. Sappho and Homer would approve."

Let's Celebrate the Bob Dylan Nobel Win
The New Yorker, October 13, 2016

 

« L'élu est finalement Bob Dylan, déjà honoré de la Légion d'honneur en France, qui se voit attribuer la prestigieuse récompense. On lui reconnait ainsi stature de « poète » qui a inspiré des générations. »

Le Prix Nobel de littérature 2016 est attribué à Bob Dylan

13.10.2016

Mise à jour:

Face au silence de Bob Dylan, l'Académie des Nobel renonce à le contacter

Le Figaro 17.10.2016 

 

 

The 1966 Live Recordings Box set 36 CDs