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Maeli et Aeon Poirat – linguistes du mois d’avril 2019


Deux enfants – trois langues


Nos linguistes du mois sont Maeli, âgée de 10 ans, et son petit frère Aeon, âgé de 6 ans.

Valerie & Maeli Davy & Aeon 2
Maeli et sa maman, Valérie  Aeon et son papa, Davy


Leurs parents, Valérie François, traductrice professionnelle et
linguiste du mois de septembre 2017 et Davy Poirat, responsable commercial, sont tous deux français. Les enfants sont nés en Irlande, à Dublin et vivent avec leurs parents en Espagne depuis 2015. Maeli et Aeon ont baigné dans un environnement anglophone jusqu’à l’âge de 7 ans et 3 ans, et ne parlaient que français à la maison. 

Dublin

 

Depuis leur arrivée en Espagne, ils évoluent dans un environnement multilingue, grâce à l’école espagnole bilingue (espagnol/anglais) qu’ils fréquentent et à leur entourage multilingue (hispanophone, francophone et anglophone). Les enfants continuent de parler français à la maison, et parlent soit espagnol soit anglais avec leurs amis et le monde extérieur.

Malaga

Voici l'interview en espagnol, anglais et francais :

 


Les intervieweuses :

Natalie (Valerie) Manu Valerie (square) 2 Feb 2019

Natalie
(espagnol)

Manu
(anglais)

Valérie *
(français)

 

————————————————–

Contributions précedentes de Valérie François :

Gad Elmaleh aux États-Unis
13.10.2016

Entre les draps d'Hollywood
7.4.2017

In vino veritas…
11.09.2018

 

Lectures sur le thème du multilingualisme :

Maximize Your Child's Bilingual Ability:
Ideas and inspiration for even greater success and joy raising bilingual kids

Adam Beck

Adam Beck


Raising Multilingual Children

Raising Multilngual Children

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Growing up with Three Languages:
Birth to eleven

Growing up with Three Languages

International Journal
of Multilingualism 

Inter. Journal of Multil.

Ecophysiology /L’écophysiologie, Ecopsychology /L’écopsychologie, Sostalgia /l’écoanxieté

– les mots anglais/français du mois 

 
Dans la foulée des récentes manifestations pour lutter contre les changements climatiques qui se sont déroulées Climate emeregency à Londres (surnommée « la bataille du pont de Waterloo ») et dans d'autres villes dans le monde, nous voulons attirer l'attention sur quelques mots peu connus en anglais (et peut-être également en français).

Ecophysiology/l'écophysiologie
 
Climate change 2L’écophysiologie est une discipline de la biologie, à la frontière entre l'écologie et la physiologie, qui étudie les réponses comportementales et physiologiques des organismes à leur environnement.
 
Ecopsychology/L’écopsychologie

Selon le site consoglobe, « une nouvelle spécialisation en psychologie fait fureur : l'écopsychologie. Une discipline, apparue dans les années 90, fondée sur l’idée que des troubles réels peuvent naître de l’angoisse procurée par l’action négative des humains sur la planète. L'écopsychologie étudie la relation entre les êtres humains et la nature par le biais de principes d'écologie et de psychologie. »

L'écopsychologie cherche à comprendre et développer le lien émotionnel entre les individus et le monde naturel, aidant ainsi les gens à développer des modes de vie durables et à remédier à leur aliénation de la nature.


Voice of the Earth
L'invention du terme est attribuée à Theodore Roszak, dans son livre de 1992, The Voice of the Earth, bien qu'un groupe de psychologues et d'environnementalistes de Berkeley, Californie, aient utilisé le terme indépendamment en même temps.

 
 

Sostalgia
/La sostalgie (L'
écoanxieté)

Les changements climatiques n'ont pas que des répercussions sur notre environnement. Ils en ont aussi sur notre santé mentale et notre bien-être psychique. Les changements climatiques peuvent causer une véritable détresse et de l'anxiété, puisque des catastrophes comme de graves sécheresses ou des incendies de forêt causées par les changements climatiques, perturbent les habitats et les moyens de subsistance de certaines populations.

Eco-anxiety 3Au début des années 2000, le philosophe de l'environnement Glenn Albrecht, professeur australien de la durabilité,  a proposé le néologisme solastalgia pour décrire cette détresse profonde liée à la dégradation de l'environnement. Dans le cadre d'une étude de 2007 réalisée sur la sécheresse et l'extraction minière en Australie, Glenn Albrecht concluait que « les gens exposés aux changements environnementaux éprouvaient une affectivité négative exacerbée par un sentiment d'impuissance et d'une perte de maîtrise vis-à-vis le processus de changement en cours. »

Néologisme produit d'après le mot nostalgia (nostalgie), solstagie/solstagia a un préfixe d'origine latine, solacium, (réconfort, consolation) et un suffixe tiré du grec, algo, (douleur). 


D'après la redactrice  de cet article, sostalgie, en français, semble moins usité qu'il y a quelques année
s
écoanxiété semble plus fréquent pour décrire ce concept de sostalgia.


Eco-anxiety 2
Lecture supplémentaire

Les Français gagnés par l’angoisse climatique –
Le Monde 20.11.2019

Eco-Grief Around the World 
Atmos 12.01.2021

THE SEARCH FOR NEW WORDS TO MAKE US CARE ABOUT THE CLIMATE CRISIS
The New Yorker, February 21, 2020

There’s actually a word for the climate change-induced despair you’ve been feeling
Los Angeles Times, 13.09.2019

CLIMATE EMOTIONS – How to heal in the Anthropocene
BBC – 21st April, 2021

Images et expressions

– des photos prises par votre bloggeur fidèle
pendant un séjour dans les Cotswolds au sud-ouest de l'Angleterre.

   


HEDGE = HAIE


TWISTED TREE =
ARBRE TORDU

hedged in = assorti

twisted logic
= logique tordue

   

Poppies

 


BARK OF A TREE =
ECORCÉ D'UN ARBRE

TO BARK = ABOYER

Barking up the wrong tree
= faire fausse route

Barking


POPPIES
= COQUELLICOTS

 

The tall poppy syndrome
= é
galitarisme forcené*

 

* traduction proposée par
Jean-Paul DESHAYES

“The only language I speak fluently is the language of love.”

 Parlez-moi d'amour

 

Speak to me of love

Parlez-moi d'amour,
Redites-moi des choses tendres,
Votre beau discours,
Mon coeur n'est pas las de l'entendre.
Pourvu que toujours
Vous répétiez ces mots suprêmes :
Je vous aime.
 
Vous savez bien
Que dans le fond, je n'en crois rien,
Mais cependant je veux encore,
Ecouter ce mot que j'adore,
Votre voix aux sons caressants,
Qui le murmure en frémissant,
Me berce de sa belle histoire,
Et malgré moi je veux y croire.

Speak to me of love
And say what I'm longing to hear
Tender words of love
Repeat them again
I implore you. 
Speak to me of love

Whisper these words to me, dear
I adore you.
I want to hear, to hear those words that are so dear,
I want to hear you say I love you
By all the little stars above you
Your voice is like a fun caress
It thrills me till I must confess.
I long to hear the voice that brings me
Such thrilling love and happiness
Parle moi d'amour
Redites moi ces mots supremes
Je vous aime…

Parlez-moi d'amour

Speak to me of love

 

Ce qui se passe dans le cerveau des interprètes

Adaptation française du texte Inside the Brain of a Simultaneous Interpreter, Literally de  Gino Diño, paru dans Slator le 25 janvier 2019.


Isabelle PouliotCette adaptation est réalisée par Isabelle Pouliot, traductrice agréée de l'anglais vers le français, membre de l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) et également de la Northern California Translators Association (NCTA). Dans les années passées Isabelle était membre du conseil d'administration de la NCTA. Isabelle a également
adapté pour nous un article précèdent sur le même thème, L’étonnant cerveau des interprètes simultanés, en avril 2015.

Ce qui se passe dans le cerveau des interprètes

Simultaneous

Une recherche réalisée récemment illustre à quel point l'interprétation simultanée n'est pas tant une traduction littérale qu'un exercice exigeant de haute voltige cognitive qui se déroule dans le cerveau de l'interprète.

Repris un peu partout sur des sites web scientifiques et médicaux est un article intitulé Testing the efforts model of simultaneous interpreting: An ERP study (Mise à l'essai du modèle des efforts de l'interprétation simultanée : étude des potentiels évoqués cognitifs).Cet article résume les tenants d'une expérience et les conclusions de chercheurs du Centre d'interfaces bioélectriques et du Centre des sciences cognitives et du processus décisionnel de l'École des hautes études en sciences économiques de Moscou, une prestigieuse université russe.

À l'aide d'un électroencéphalogramme, les chercheurs ont étudié l'activité cérébrale de neuf interprètes professionnels alors qu'ils effectuaient de l'interprétation simultanée.

Écouter, mémoriser, parler


Roman cropped (2)Le chercheur et auteur principal de l'article, Roman Koshkin, qui est également un interprète simultané, explique dans l'article que son équipe a établi comme cadre de référence le modèle des efforts en interprétation simultanée. Selon ce modèle théorique, l'interprétation simultanée se compose de trois efforts ou fonctions : l’effort d’écoute et d’analyse, l’effort de mémoire à court terme et l’effort de production du discours en langue d’arrivée.

Les chercheurs souhaitaient comprendre si les interprètes mobilisent ses trois efforts simultanément ou s'ils répartissent leur concentration entre ces fonctions.

Le modèle des efforts prédit également que si des interprètes doivent se concentrer davantage sur la mémorisation, ils auront moins de capacités cognitives pour l'écoute. Comme l'explique Roman Koshkin dans l'article, cette affirmation peut sembler évidente, mais elle n'avait pas encore été l'objet d'une recherche empirique.

Selon Koshkin, une seule autre étude avait tenté de mettre ce modèle à l'essai, et comme l'avait avoué lui-même l'auteur de l'étude, elle manquait de « mesures quantitatives précises ».

Mettre le modèle à l'épreuve

Pour cette expérience, Roman Koshkin et son équipe ont demandé à neuf interprètes professionnels d'interpréter simultanément huit discours qui ont été initialement prononcés pendant une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU.

Puisque la seule combinaison de langues de l'expérience comprenait l'anglais et le russe, langues qui étaient soient la langue maternelle ou la langue d'arrivée des interprètes, la moitié des discours a été interprétée du russe vers l'anglais et vice versa.

Les chercheurs ont relevé les potentiels évoqués cognitifs afin d'obtenir des relevés mesurables à partir des électroencéphalogrammes obtenus alors que les interprètes étaient en plein travail.

Redistribution dynamique de la concentration

La conclusion de l'article est la suivante : « les données suggèrent que les interprètes simultanés effectuent une redistribution dynamique de la concentration ».

« Plus l'interprète prend du retard par rapport à l'orateur, plus ses ressources cognitives sont sollicitées afin de retenir et de traiter de l'information récente dans sa mémoire à court terme, et moins il a de ressources disponibles pour traiter de l'information nouvelle », explique Roman Koshkin. La recherche valide donc cette affirmation évidente : il est important de ne pas prendre trop de retard par rapport à l'orateur.

« L'art de l'interprétation simultanée a peu à voir avec la traduction littérale. Il consiste à savoir quand ralentir, quand s'éloigner des mots de l'orateur afin de produire une traduction élégante fondée sur un contexte élargi, élaboré à partir de précédents discours de l'orateur et du sens commun », selon Roman Koshkin.

En ce qui a trait aux limites de sa recherche, Roman Koshkin mentionne le faible échantillon de participants, l'utilisation d'une seule combinaison de langues et les possibles différences entre les compétences des interprètes professionnels. De plus, l'expérience n'a pas analysé le troisième élément du modèle des efforts, la production du discours en langue d’arrivée.

« J'espère que notre recherche aidera nos collègues à trouver le nombre idéal de mots qui leur permet de comprendre et de rendre le sens de ce qui a été dit à un auditoire sans perdre d'importants détails en raison d'une mémoire surchargée », explique Roman Koshkin.

 

 

Deux événements linguistiques – à Oxford et à Paris

Une exposition des bibliothèques Bodleian explore le pouvoir de la traduction

Bodleian Weston

ST Lee Gallery, Weston Library
Université d'Oxford 

Le 15 fevrier jusqu'au 2 juin 2019

Babel BodleianBabel: Aventures in Translation, ainsi s'intitule une nouvelle exposition organisée par le réseau des bibliothèques Bodleian du Royaume-Uni qui explore le pouvoir de la traduction, depuis le vieux mythe de la Tour de Babel jusqu'aux défis de la Grande-Bretagne multiculturelle contemporaine.

À l'aide de toute une série de pièces provenant des collections des bibliothèques, l'exposition montre comment les idées et les récits ont cheminé à travers le temps et l'espace, la langue et le support. L'exposition creuse l'idée selon laquelle la traduction ne se réduit pas à la restitution mot à mot dans une autre langue, ou qu'elle est démodée à l'heure de l'anglais universel ou de Google Translate. Elle montre à quel point traduire est un acte de création et d'interprétation qui fait partie de nos vies quotidiennes depuis l'origine des temps.

 

« L'exposition explore l'opposition entre la sempiternelle quête d'une langue universelle, comme le latin, l'esperanto ou aujourd'hui l'anglais universel, et le fait que les communautés humaines continuent à entretenir et à conserver leurs langues et leurs dialectes en tant qu'éléments de leur identité culturelle » déclare Katrin Kohl, professeur de littérature allemande à l'Université d'Oxford et co-commissaire de l'exposition. « Elle met en lumière la façon dont la traduction jette des passerelles entre les langues, et comment les zones de tangence entre les langues peuvent constituer un terreau fertile pour la résistance, la comédie et la créativité. »

 

De vieux trésors – tels qu'un rouleau de papyrus du deuxième siècle contenant l'Illiade d'Homère, un texte de mathématiques du neuvième siècle byzantin et un manuscrit magnifiquement enluminé des fables d'Ésope – sont exposés, aux côtés d'objets contemporains tels que des signalisations, des marquages et des prospectus qui font appel aux multiples langues d'un public mondial. Explorant le fantastique et les contes de fées, la traduction des textes divins et la tentative de créer une langue scientifique universelle, l'exposition est conçue de manière à attirer les adultes tout autant que les jeunes et tous ceux qui s'intéressent aux langues, à la science, à la religion et au pouvoir des récits. 

 

« Babel est une exposition fascinante qui nous montre comment la traduction a modelé nos vies modernes – qu'il s'agisse de religion et de science, de politique et de littérature, de nourriture et de santé. » dit Richard Ovenden, bibliothécaire en chef du réseau des bibliothèques Bodleian.  « Les bibliothèques Bodleian sont une incroyable trésorerie de grandes œuvres qui sont nées de phénomènes de transfert entre les langues, et l'exposition présente au public quelques-unes de ces œuvres à grand retentissement qui ont modifié le regard que nous portons aujourd’hui sur la traduction. » ajoute-t-il.  

 

L'équipe de l'exposition collabore avec Creative Multilingualism, un programme de recherche quadriennal dirigé par Mme Kohl qui est financé par l'Arts and Humanities Research Council dans le cadre de l'Open World Research Initiative. Ce projet s'intéresse aux interdépendances entre la diversité linguistique et la créativité.

Traduction Jean Leclercq

Lecture supplémentaire : From the Tower of Babel to Brexit, Bodleian Libraries Exhibition Explores the Power of Translation

 

Bodleian-Library Bodleian_Library_entrance _Oxford

Une partie du réseau des bibliothèques Bodleian

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Un premier événement tous publics, une première journée entièrement dédiée à l'anglais ! 

Le Samedi 18 mai 2019 à Paris :

Espace Saint-Martin
199bis Rue Saint-Martin, 75003 Paris, France

Première édition de la Fête de l’anglais :  
une journée entière pour promouvoir l'apprentissage et l'enseignement de l'anglais auprès de tous publics, au travail, à l'école, dans la vie quotidienne…

La Fête de l’anglais est créée et organisée par Cambridge Assessment Englishsous le patronage de l’Ambassade du Royaume-Uni, en partenariat avec le British Council, avec le soutien de l'Inspection générale des langues vivantes de l'Éducation nationale (conférence de Chantal Manès, co-auteure du rapport Taylor), et le partenariat de médias spécialisés. 

Autour d’un programme éclectique de conférences, d’ateliers thématiques et d’un espace d’exposition, parents, élèves, étudiants, professeurs et salariés - sont invités à venir découvrir de nouvelles idées pour apprendre et enseigner l’anglais. 

À l’approche d’évènements majeurs comme les JO de Paris 2024 (et le besoin de personnel doté d'un bon niveau d'anglais), la Fête de l’anglais est une initiative festive et utile pour tous les Français et les Parisiens déterminés à se perfectionner ou à progresser en anglais. Un événement pour toutes celles et ceux qui souhaitent mettre leurs compétences en anglais au diapason de ces perspectives d’avenir.

 

Le Programme (en accès gratuit sur simple inscription):

Les conférences :

  • Comment aider mon enfant au quotidien dans son apprentissage de l’anglais ? Trucs et astuces
  • L’anglais et l’accès aux études supérieures : Parcoursup, études à l’étranger
  • Les initiatives de l’Éducation nationale pour l’apprentissage de l’anglais
  • Le niveau d’anglais demandé en entreprise
  • Comment améliorer mon niveau d’anglais grâce au compte personnel de formation (CPF) ?
  • Apprendre l’anglais sur internet : panorama des ressources disponibles

Les ateliers pratiques

  • Ateliers d’anglais pour enfant et adultes
  • Comment préparer son CV en anglais ?
  • Comment devenir formateur d’anglais ?
  • Les certifications Cambridge English dans l’enseignement primaire et secondaire

Vous trouverez ci-joints l'affiche et le communiqué de presse.  Le programme complet est disponible sur le site dédié fetedelanglais-cambridge.org

 

May & Mayday

poésie, Brexit, télécommunication

 

Beneath the apple blossoms

I go a wintry way,

For love that smiled in April
Is false to me in May.

Sara Teasdale,
 May

While from the purpling east departs
The star that led the dawn,
Blithe Flora from her couch upstarts,
For May is on the lawn.
A quickening hope, a freshening glee,
Foreran the expected Power,
Whose first-drawn breath, from bush and tree,
Shakes off that pearly shower.


William Wordsworth,

Ode Composed on a May Morning

Queen of months, supremely fair,

Cloth'd with garments rich and rare,


None in beauty can compare


With thee, sweet May.

 

Peter Burn,
Ode to May

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Theresa May
      
                 
End of May A m j

"O, wind, if winter comes, can spring be far behind?" 
Percy Bysshe Shelley

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MayDay

Mayday est une expression utilisée internationalement dans les communications radiotéléphoniques pour signaler qu'un avion ou qu'un bateau est en détresse et que des vies humaines son en danger, par exemple en cas d'incendie à bord, ou de naufrage.

En cas de détresse, comme l'appel d'urgence moins prioritaire pan-pan, il doit être répété trois fois : « Mayday, Mayday, Mayday » [1]

Mayday-PanPan-3L'appel de détresse universel Mayday a été inventé en 1923 par Frederick Stanley Mockford , chef officier radio à l'aéroport de Croydon  à Londres (Royaume-Uni). Les autorités lui avaient demandé de trouver un terme signalant une détresse et qui soit facilement compris par tous les pilotes et le personnel au sol en cas d'urgence. Mockford choisit une transcription  anglo-phonétique de la prononciation de l'expression française « m'aider » (version raccourcie de l'expression « venez m'aider ») car la plupart des vols à destination de Croydon provenaient à l'époque de l’aéroport du Bourget, en France. 

L'usage de Mayday, équivalent parlé du message en morse SOS, est prescrit par la Conférence de Washington de 1927 de la Convention radiotélégrapique internationale et applicable depuis le 1er janvier 1929 pour les transports aériens et maritimes.

(Source : Wikipedia)

[1]

Priorité absolue : Détresse – MAYDAY
Priorité 2 : Urgence - PAN PAN PAN
Priorité 3 : Sécurité - SÉCURITÉ

Le rôle des sous-titres dans l’apprentissage des langues étrangères

Valerie (square) 2 Feb 2019

Nous sommes heureux de retrouver notre contributrice fidèle, Valérie François. Valérie a été notre linguiste du mois de septembre 2017Elle a obtenu une maîtrise (master 1) en Langues Étrangères Appliquées (anglais/allemand) de l'Université Sorbonne Nouvelle (Paris III) puis un master 2 en management des affaires internationales de l'École de Commerce CESCI à Paris. 

Après onze années d'expérience en entreprise, dans l'export, la traduction et l'informatique, appliqués aux secteurs de la santé et des sciences de la vie, à Paris et à Dublin, Valérie s'est installée à son compte comme traductrice en 2015 à Málaga en Espagne, où elle vit depuis quatre ans pour apprendre et découvrir une nouvelle langue et culture, et élever ses deux enfants nés en Irlande dans un environnement trilingue.

Le site de Valérie est accessible à l'adresse http://www.FrenchTranslations.eu

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Les sous-titres affichés sur les écrans de télévision ou de cinéma sont d’une aide certaine pour différents types d’audience, selon l’intérêt que chacun souhaite leur porter. Pourtant, ceux-ci, par leur contenu ou leur utilité même, sont souvent critiqués. À l’instar du film récent S-t Roma poster « Roma » du réalisateur mexicain Alfonso Cuarón, dont les sous-titrages en français et en espagnol (castillan) se sont trouvés au cœur de polémiques. À la différence du film lui-même, qui a reçu d’excellentes critiques et a remporté dernièrement l’Oscar, décerné par l’Académie américaine des arts et des sciences du cinéma, du meilleur film en langue étrangère (non anglais), du meilleur réalisateur et de la photographie, les sous-titres du film, en français et en espagnol notamment, ont été critiqués à différents égards (exemples : article relatant des sous-titres en français du film Roma et article du site El País relatant des sous-titres en castillan du film).

 

S-t molestia

Dans les paragraphes qui suivent, je souhaite mettre en lumière l’intérêt du sous-titrage1, comme une pratique parmi d’autres de transfert linguistique des œuvres audiovisuelles, pour les apprenants d’une langue étrangère en particulier.

Les sous-titres sont de types multiples et il existe différentes classifications. Dans la classification linguistique des sous-titres, les sous-titres les plus répandus sont appelés « sous-titres interlinguistiques », ou « narratifs ». Ces sous-titres sont présentés dans une langue différente de celle des dialogues. Il s’agit de la traduction des dialogues d’un film de langue étrangère vers la langue locale sous forme de texte affiché à l’écran. Ceux-ci sont largement utilisés au cinéma. Les sous-titres dits « intralinguistiques » ou « bimodaux » sont une autre catégorie courante de sous-titres utilisés dans les médias. Ces derniers sont une transcription écrite de la totalité du contenu sonore (y compris les aspects verbaux, non verbaux ou para-verbaux) et s’adressent à l’origine aux personnes sourdes et malentendantes. Ils sont aujourd’hui beaucoup utilisés par les apprenants d’une langue étrangère dans les programmes télévisés et diffusés numériquement. Toujours dans cette même classification, il existe une troisième catégorie de sous-titres appelée « sous-titres bilingues », utilisés dans les régions où l’on parle deux langues (par exemple, à Bruxelles, où les sous-titres sont en français et en flamand, et en Finlande, où les sous-titres sont en finnois et suédois, le suédois étant la langue officielle du pays à égalité avec le finnois). Il existe d’autres catégories et classifications des sous-titres qui revêtent également une utilité ou un intérêt particulier ne faisant pas l’objet de cet article. Les sous-titres auxquels il est fait allusion dans la suite de cet article se rapportent indifféremment aux types de sous-titres cités précédemment.

De nos jours, de nombreux contenus cinématographiques et programmes audiovisuels sont offerts dans plusieurs langues, par des procédés (parmi les plus usités en Europe) de doublage, de sous-titrage ou de voice-over (demi-doublage2). Depuis 2007, l’Union européenne a souligné le potentiel du sous-titrage pour l’apprentissage des langues : « Le sous-titrage est un instrument fabuleux pour aider les personnes à apprendre des langues avec facilité et plaisir » (Commission européenne 2007, art.2). Dans une étude datant de 2011, elle s’est intéressée en particulier à la corrélation entre les pratiques courantes de transfert linguistique des œuvres audiovisuelles étrangères dans les pays européens, par exemple, le doublage et le sous-titrage, et les niveaux de compétences linguistiques dans ces pays. Cette étude, menée par la direction générale de l’éducation et de la culture de la Commission européenne et intitulée « Étude sur S-t Etudel’utilisation du sous-titrage », a analysé le potentiel du sous-titrage pour encourager l’apprentissage et améliorer la maîtrise des langues étrangères (EACEA/2009/01). Elle indique en premier lieu que le sous-titrage est la pratique de transfert linguistique la plus répandue en Europe au cinéma, et dans une moindre mesure, à la télévision, en particulier dans les pays du Nord et de l’Est de l’Europe. Vient ensuite le doublage, qui constitue la pratique dominante au cinéma en Espagne et en Italie par exemple, et la pratique dominante à la télévision pour la France, l’Espagne et l’Allemagne, par exemple. En France, la pratique la plus courante utilisée au cinéma est celle de la double version : les copies des films étrangers, qu’ils soient européens ou américains, sont distribués à la fois en version sous-titrée et en version doublée. Les données se rapportant spécifiquement à la télévision sont illustrées dans le schéma ci-contre.

S-t carteDans cette carte de l’Europe, les pays en rouge sont ceux dans lesquels le doublage prédomine, ceux indiqués en jaune sont les pays à tradition de sous-titrage, les pays en vert sont ceux dans lesquels le voice-over domine. Les pays en bleu (Malte et Luxembourg) sont ceux dans lesquels les versions originales uniquement sont utilisées. Le choix d’une technique au détriment d’une autre dans chaque pays (de manière générale, adoptée en premier lieu pour le cinéma, en découlant ensuite la méthode adoptée pour la télévision) est souvent la conséquence directe de décisions prises dans les années 20-30, les raisons pouvant être politiques, économiques ou historiques3. L’une des conclusions importantes de cette étude est qu’il existe une corrélation entre les pays présentant une meilleure maîtrise des langues étrangères (en particulier, l’anglais) et la tradition du sous-titrage par rapport au doublage. D’après cette étude, dans les pays ayant une tradition du sous-titrage, l’examen (tant l’examen objectif que l’auto-évaluation auxquels se sont soumises les personnes interrogées) du niveau des locuteurs de langues étrangères a révélé des capacités supérieures des locuteurs à converser dans une langue différente de leur langue maternelle. À l’inverse, dans les pays optant principalement pour le doublage, cette évaluation a montré de moins bons résultats (Commission européenne 2011:11).

D’autres études vont dans ce sens. Par exemple, une étude a analysé les facteurs expliquant les niveaux plus avancés de maîtrise de l’anglais comme langue étrangère dans les pays d’Europe. Parmi ces facteurs étaient cités la similitude linguistique de l’anglais avec la langue locale, les dépenses en éducation par tête et la qualité du système d’éducation, mais le facteur le plus important était le mode de traduction des films dans chaque pays. Il a été prouvé que le niveau d’anglais était meilleur dans les pays où la télévision offrait des programmes en version originale avec sous-titres. De plus, les bienfaits du sous-titrage se complémentent à l’apprentissage en classe, et les élèves des pays à tradition de sous-titrage bénéficient plus encore de leurs cours d’anglais (Subtitling and English skills, Rupérez Micola, Bris, Banal-Estañol, Mars 2009, p.3). Les bienfaits de la méthode du sous-titrage par rapport à d’autres méthodes d’apprentissage, comme la traduction, sont démontrés dans un nombre croissant d’études, qui ont analysé les effets positifs du visionnage de matériels audiovisuels sous-titrés sur l’acquisition d’une langue étrangère. Certains suggèrent que les spectateurs, en lisant dans leur langue maternelle, ne font plus attention aux dialogues originaux. En réponse à ces critiques, diverses études cognitives démontrent que les sous-titres se lisent de manière automatique, parfois même inconsciente, et sans interférer avec la bande originale. D’après la « théorie cognitive de l’apprentissage multimédia » (Cognitive Theory of Multimedia Learning, Mayer, 2003), grâce à l’ajout d’un second et troisième canal sensoriel d’acquisition (à l’instar du matériel audio-visuel sous-titré) au canal auditif seul, la capacité d’attention et de traitement des informations augmente. 

 

S-t cognitive

 

S-t dual codingSelon une autre théorie dite de double codage (Dual Coding Theory, Paivio, 1991), l’information est traitée et enregistrée au moyen des deux systèmes de mémoire distincts mais liés entre eux, le visuel et le verbal. La mémorisation des informations est accentuée et plus rapide car les informations sont codées des deux façons, dans les deux systèmes de mémoire.

De mon expérience personnelle, les sous-titres intralinguistiques (films et sous-titres en langue originale) pour les films ou programmes audiovisuels ont été très utiles pour toute la famille, alors que nous nous installions en Irlande et souhaitions perfectionner notre niveau en anglais, puis en Espagne, pour apprendre l’espagnol. Contrairement aux sous-titres interlinguistiques, les sous-titres dans la langue originale sont destinés aux personnes d’un niveau plus avancé et souhaitant enrichir leur vocabulaire, accroître leur compréhension (des différents accents par exemple) et s’ouvrir aux expressions de la vie quotidienne et réelle. Ces sous-titres aident à contextualiser la langue et la culture d’autres pays et permettent de reconnaître ou de confirmer ce que le spectateur a compris à l’oral.

En définitive, le recours au sous-titrage pour l’éducation et comme élément d’acquisition d’une langue étrangère est une pratique assez récente et devrait se généraliser davantage à l’avenir dans toute l’Europe, l’Union européenne ayant émis récemment des recommandations visant à développer la diffusion du sous-titrage et à développer le sous-titrage en tant qu’outil pédagogique. Les diverses études réalisées sur ce thème ont montré que, loin d’être une distraction et de ralentir le développement des aptitudes d’écoute (selon la croyance que les apprenants s’appuient sur le texte plutôt que sur le dialogue), les sous-titres pourraient jouer un rôle important dans le processus d’apprentissage en offrant aux apprenants des aides pour la compréhension orale de la langue étrangère, grâce à l’exposition à une multitude d’expressions naturelles dans cette langue (Vanderplank, 1988 : 272-273). De plus, l’ensemble des études citées précédemment démontrent une meilleure facilité d’expression orale en langue étrangère dans les pays habitués au sous-titrage. Il In vino veritassemblerait que la consommation d’alcool avec modération (en référence à l’un de nos articles précédents, In vino veritas) ne serait pas l’unique moyen de délier les langues !

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1 La notion de sous-titres en anglais est traduite de différentes façons selon qu’il s’agisse d’un sous-titrage destiné aux sourds et malentendants ou non. Les notions sont distinctes en outre selon la méthode de diffusion de ces sous-titres. Les termes « closed captioning » et « sub-titling » sont couramment employés. Le premier est utilisé pour signifier que le texte affiché est une transcription du dialogue et de l’ensemble du contenu sonore verbatim ou sous forme codée qui est destinée aux sourds et malentendants, tandis que le second fait référence à une traduction des dialogues uniquement, affichés sous forme de texte et qui est destinée à une audience non locale. Le terme « closed captioning » est également utilisé par opposition à « open captioning » en ce sens que le premier se trouve sur un fichier séparé de la vidéo et peut être désactivé et le deuxième est incrusté dans le fichier vidéo et sera toujours visible. L’équivalent français de « closed captioning » est « sous-titrage codé » ou « sous-titrage pour sourds et malentendants ».

2 Le demi-doublage (ou voice-over) est, en français, la surimposition de la voix de la langue d’arrivée sur celle de la langue de départ ; en anglais, la notion correspond à la seule voix du commentateur invisible (équivalent à la voix-off) (information tirée de « La traduction audiovisuelle : un genre en expansion »). La traduction inverse de demi-doublage en anglais est "half-dubbing" .

 

3 Par exemple, en Espagne, en 1941, un arrêté ministériel (Orden Ministerial del 24 de abril de 1941) stipulait que la projection cinématographique dans une langue autre que l’espagnol était interdite, sauf autorisation accordée par le syndicat national du spectacle, en accord avec le Ministère de l’Industrie et du commerce et à la condition que ces films aient fait au préalable l’objet d’un doublage.

Lecture supplémentaire :

MEDIATING LINGUA-CULTURAL SCENARIOS IN AUDIOVISUAL TRANSLATION
CULTUS the Journal of Intercultural Mediation and Communication 2018, Volume 11

Le sous-titrage et le doublage au cinéma
Traduire – No. 243