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Fenestra, fenestration, defenestration

Le mot français fenêtre se traduit en anglais par « window » (bien que « window » puisse, suivant le cas, se traduire par vitrine, hublot, guichet ou créneau). De toute évidence, il n'y a aucun lien étymologique entre fenêtre et « window ». Toutefois, en anglais, il existe plusieurs termes connexes qui, comme fenêtre, dérivent du latin fenestra.

Fenestra – Ce mot sert à désigner différentes sortes d'ouvertures en anatomie, en zoologie et en architecture: un orifice dans la paroi médiane de l'oreille moyenne afin de restaurer l'audition, ou le trou pratiqué dans un os; une tache ou une marque transparente sur l'aile d'un phalène ou d'un papillon; et une baie vitrée dans un bâtiment. 

Fenestration a des sens différents, selon qu'il s'agit de médecine, d'architecture ou de mobilier: c'est un acte médico-chirurgical consistant à pratiquer une ouverture dans différentes cavités du corps  (ex.: fenestration des valvules cardiaques); la conception et l'aménagement des ouvertures d'un bâtiment; et un jour (réel ou simulé) percé dans un meuble à des fins décoratives.

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Toutefois, plus intéressant que ces termes techniques, voici le mot defenestration, désignant l'action de jeter quelqu'un ou quelque chose par la fenêtre. Selon Wikipedia, le terme tirerait son origine de deux événements historiques qui se sont déroulés à Prague. En 1419, sept conseillers municipaux furent précipités par les fenêtres de l'Hôtel de Ville, déclenchant ainsi les guerres hussites (ou guerres de Bohême). En 1618, deux lieutenants des Habsbourg et leur secrétaire furent précipités par l'une des fenêtres du château de Prague, amorçant ainsi la guerre de Trente Ans. Ces événements, notamment celui de 1618, furent connus sous le nom de défenestrations de Prague et donnèrent naissance au terme et au concept.

La mort suspecte de Jan Masaryk, Ministre des affaires étrangères de Tchécoslovaquie, a été appelée la « Troisième défenestration de Prague » par ceux qui croient qu'il a été précipité par une fenêtre du Ministère des affaires étrangères, son corps ayant été retrouvé dans la cour du Palais Cernin, à Prague, le 10 mars 1948.

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Il semble que l'usage de la défenestration remonte aux temps bibliques, lorsque la reine Jézabel fut précipitée par une fenêtre, au IXe siècle av. J.-C.

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The Death of Jezebel by Gustav Doré*

En octobre 2010, onze personnes se blessèrent en se jetant par une fenêtre du deuxième étage d'un immeuble de la banlieue parisienne, croyant échapper à un homme nu qu'elles prenaient pour le diable! À cette occasion, on parla d'auto-défenestration

Sources:
The Oxford Dictionary of Phrase and Fable, Oxford University Press, 2006

The American Heritage® Dictionary of the English Language, Fourth Edition
Online Etymology Dictionary 

i Aujourd'hui, en anglais, le mot “Jezebel” désigne une femme méchante et intrigante.

Jonathan Goldberg 

Traduction de l'anglais : Jean Leclercq

Concours de mots nouveaux du Washington Post (2)

 Le Washington Post invite régulièrement ses lecteurs à participer à son concours “Change a Letter, Change a Lot” (Une lettre qui change peut faire une grande différence). Il s'agit de prendre un mot existant, d'en changer ou d'y ajouter une lettre pour obtenir un mot dont le sens est totalement différent. Je présente ci-après trois de ces mots publiés dans ce quotidien en y ajoutant mes propres explications : 

5. Bozone :  La substance qui entoure les personnes stupides et empêche la pénétration d'idées brillantes. (La couche de bozone ne semble pas sur le point de se désagréger.) 

Ce mot imaginaire combine deux mots véritables : ozone et bozo. L'ozone est un gaz. (Sa formule chimique est O3.) La couche d'ozone se situe dans la stratosphère, entre 13 et 40 kilomètres au-dessus de la Terre. Bozo est un mot péjoratif qui désigne une personne stupide et inepte. Le bozone est donc un halo qui entoure les gens stupides. (Contrairement à la couche d'ozone, qui est graduellement entamée par les activités humaines, le bozone, devrait rester intact selon l'inventeur de ce mot.)

6. Foreploy : Tout mensonge sur soi-même en vue d'avoir des relations sexuelles 

Combinaison de deux mots : foreplay (préliminaires) et ploy (stratagème). Le premier désigne les stimulations érotiques qui précédent l'accouplement. Le second désigne une tactique visant à induire quelqu'un en erreur pour en retirer un avantage. La définition du mot imaginaire foreploy combine le sens de stimulation érotique de foreplay et la tactique trompeuse ou le mensonge suggéré par le mot ploy.

7. Giraffiti : Acte de vandalisme d'une très grande gravité

 Ce mot associe graffiti et giraffe. On estime que celui qui couvre un mur de graffitis commet un acte de vandalisme. Les mots "très grande" font allusion à la taille d'une girafe.

Jonathan Goldberg 

Le présent billet a été traduit de l'anglais par René Meertens, dont le blog est http://vieduguide.blogspot.com.

J.D. Salinger – a new biography

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The iconic American author died exactly a year ago, at the age of 91. Although he failed to graduate from three colleges, he became a giant of American literature.

His best-known  novel,The Catcher in the Rye (translated into the major languages, including French ("L'attrape-coeurs") sold more than 65 million copies. Much has been written of his personal life, particularly of his reclusive life style.  A lesser known-aspect of his life was his participation in the Normandy campaign, his proficiency in French and German and his assignment to a counter-intelligence division, where he used his language proficiency to interrogate prisoners of war. According to his daughter, he was also among the first soldiers to enter a liberated concentration camp. Salinger's experiences in the war affected him emotionally. He was hospitalized for a few weeks for post traumatic stress disorder  after Germany was defeated.  

Before Salinger’s death, he engaged in a lawsuit to prevent the publication of “60 Years Later – coming through the Rye”, by Fredrik Colting, which was billed as a sequel to The Catcher in the Rye. Salinger’s estate has now reached an agreement with Colting, which allows the book to be sold in international markets, but not in the United States or Canada.

 

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For more details about that subject, see The New Yorker, January 19, 2011.

For an article in French on the subject of that legal battle,  see «La suite de l”:Attrape-Coeurs pourra paraitre partout sauf aux Etats-Unis ».

Immediately after his death, The New Yorker magazine posted online (for subscribers only) 12 of the enigmatic writer's stories previously published in the magazine.  Readers who are not subscribers are able to see an abstract describing the story and a small image of the original pages in which it appeared. The stories were originally published from 1948 through 1965, including Salinger's last published work, "Hapworth 16, 1924." 

This week the first biography of Salinger since his death, “J.D. Salinger: A Life”, by Kenneth Slawenski, will be published. 

The Amazon.com review states:  

In the year since his death, we've heard much more about J.D. Salinger's reclusiveness and eccentricities, both real and exaggerated, than we have about the writing that made him famous in the first place. Kenneth Slawenski's ‘Salinger: A Life’ avoids such scandal- mongering in order to deliver a sensitive (but not fawning) portrait of Salinger the writer. Slawenski looks not only at Salinger's most famous works, but also finds a wealth of psychological insights in places like rejection letters and biographical statements. Not surprisingly, Salinger's life, and especially his service in World War II, provided much of the raw material for his stories. But Slawenski does much more than compare Salinger's biography to his literary output: he also shows how compromises, conflicts, and editorial intrigues shaped Salinger's works, even when he was at the peak of his career. The book has much less to say about Salinger's post-1960 retirement and self-seclusion, apart from the author's occasional foray into the public eye by way of a rare interview or court case. But Slawenski does this for good reason: Salinger: A Life seeks only to explain Salinger as most of us knew him, through his writing. As a result, both die-hard fans and those who last picked up Catcher in the Rye in high school will find it enlightening.

 A longer literary review is to be found in the Los Angeles Times, January 23, 2011. 

The following documentary video, entitled “L’attrape-Salinger”, provides a French commentary on the life of Salinger.

http://www.imineo.com/documentaires/arts/portraits/attrape-salinger-video-8078.htm

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 The resume of the documentary states:

Ce film décalé suit les déambulations d'un écrivain français à la recherche de ses sources personnelles et dresse un portrait distancié de la culture américaine contemporaine. 

For a French article on Salinger, see Wikipedia

 

 Jonathan Goldberg

Une sélection d’articles sur la langue anglaise

 

English as she was spoke – The Economist (anglais) Capture d’écran 2011-01-19 à 21.05.25

 

http://www.economist.com/node/17730434

 

La bataille des langues (français) Capture d’écran 2011-01-19 à 21.10.04

 

http://www.monde-diplomatique.fr/mav/97/

 

 

Electrifying Language (anglais)                                                                                               Capture d’écran 2011-01-19 à 21.05.38

http://www.americanscientist.org/bookshelf/pub/
electrifying-language

 

 

 

 

Francophone students choosing
English-language schools (anglais)                                                                       Capture d’écran 2011-01-19 à 21.05.58

 

http://fullcomment.nationalpost.com/2011/01/14/
barbara-kay-francophone-
students-choosing-english-l
anguage-schools-oh-my/

 

 

Tongues Twisted (anglais) Capture d’écran 2011-01-19 à 21.14.26

 

http://www.tnr.com/book/review/tongues-twisted

 

Conquering the comics world without Asterix (anglais)                                     Capture d’écran 2011-01-19 à 21.14.10

http://www.irishtimes.com/newspaper/features/
2011/0117/1224287664594.html

 

 

 

 

L’Anglais, une langue en constant effervescence (français)             Capture d’écran 2011-01-19 à 21.06.26                          

http://www.magazine-litteraire.com/content/breves/article?id=18152

 


Concours de mots originaux du Washington Post (première partie)

Le Washington Post invite ses lecteurs régulièrement à participer à son concours “Change a Letter, Change a Lot” (Une lettre qui change peut faire une grande différence). Il s'agit de prendre un mot existant, d'en changer ou d'y ajouter une lettre pour obtenir un mot dont le sens est totalement différent. Je présente ci-après trois de ces mots publiés dans ce quotidien en y ajoutant mes propres explications :

1. Cashtration : Fait d'acheter une maison, ce qui rend l'acheteur financièrement impuissant pendant une période indéterminée

Le mot “castration” désigne généralement l'ablation des testicules d'un homme, ce qui met fin à presque toute la production de l'hormone masculine, la testostérone, et entraîne de ce fait l'impuissance. Ici, la lettre “h” a été ajoutée au mot “castration” pour créer le mot cashtration. Ce dernier désigne l'impuissance financière qui résulte de l'achat d'une maison (sans doute en raison du coût du remboursement de l'emprunt hypothécaire pendant une longue période).

2. Ignoranus : Personne qui est à la fois stupide et un con

Bien que, littéralement, le mot anglais "asshole" signifie "anus", ou orifice du rectum, il est couramment utilisé en argot américain pour désigner une personne de façon péjorative. (Longtemps considéré comme très vulgaire, ce mot est aujourd'hui jugé acceptable par des locuteurs assez nombreux.) Le mot “ignoramus” (qui signifie "nous ne savons pas" en latin) n'est pas vulgaire et désigne simplement un ignorant. Les deux mots ont été fusionnés pour former le substantif ignoranus, qui est donc une variante vulgaire de ignoramus.

3. Intaxication: Euphorie que ressent le contribuable lorsqu'il obtient une restitution d'impôt mais qui prend fin lorsqu'il se rend compte qu'il s'agit en fait de son propre argent

En anglais, le mot "intoxication" désigne l'ivresse, état qui crée parfois de l'euphorie. Ce mot a été changé en intaxication. La définition de ce nouveau mot combine la notion d'impôts et celle d'euphorie ou d'ivresse. Ce mot suggère avec humour que, même si l'obtention d'une restitution d'impôts peut engendrer de l'euphorie, celle-ci risque d'être de courte durée, car on ne tarde pas à se rendre compte que le montant reçu correspond en réalité à une somme que l'on a soi-même payée précédemment.

Attention : les mots cashtration, ignoranus et intaxication n'existent pas en anglais et ont été inventés uniquement aux fins de ce concours.

 

Jonathan Goldberg 

Le présent billet a été traduit de l'anglais par René Meertens, dont le blog est http://vieduguide.blogspot.com.

 

«App» désigné mot de l’année

L'American Dialect Society a choisi le mot «app» (abréviation de «application» et traduit en français par «appli») comme “Word of 2010” (Mot de 2010). «App» a été retenu le 7 janvier 2011 par environ 150 linguistes, après deux jours de débats qui ont porté sur une liste de 33 mots.

L'objet de la désignation du mot de l'année est de mettre en évidence un mot ou une expression qui «caractérise le mieux l'année… [et] représente le mieux les idées, les événements et les thèmes qui ont retenu l'attention du monde anglophone et, en particulier, de l'Amérique du Nord.»

Les applis sont conçues en fonction de l'interface (clavier numérique, clavier tactile, télécommande, etc.) d'un appareil léger utilisant le Web, tel qu'un téléphone portable, un poste de télévision ou un Tablet PC. Le mot «app» tel qu'il est employé actuellement a été lancé par Apple, qui jouait ainsi sur les mots Apple et application. L'App Store d'Apple, créée en 2008, offre maintenant 300 000 applis. Elle est un prolongement du magasin en ligne iTunes et propose des applications gratuites et payantes pour l'iPhone, l'iPod et l'iPad.

Selon PC Magazine, le mot «app» est utilisé depuis des décennies par les informaticiens comme abréviation d'application, mais depuis quelque temps il est souvent employé pour désigner des applications mobiles, en particulier depuis la création de l'App Store d'Apple.

 

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 Les membres de l'American Dialect Society tiennent leur réunion annuelle en janvier pour choisir le mot nouveau qui a été le plus utilisé au cours de l'année précédente.

Le professeur Bill Kretzschmar, qui a proposé «app», a déclaré : «Ma mère, qui a 84 ans, utilise ce mot, alors qu'elle ne sait pas comment envoyer un texto.»

Christine Lindberg, lexicographe en chef chez Oxford University Press, a dit : «Je suis d'accord avec leur argumentation en faveur d'"app", car quand nous avons repris ce terme dans notre dictionnaire, nous avons simplement indiqué qu'il s'agissait d'une abréviation de «application». Cependant, il faut maintenant lui donner une véritable définition, car c'est devenu un mot à part entière que tout un chacun utilise.»

La deuxième place a été attribuée au mot «nom», défini comme suit : «onomatopée exprimant l'ingestion de nourriture, surtout si elle est agréable.» Ce mot provient du son produit par un personnage de 1, rue Sésame lorsqu'il dévore ses aliments favoris.

  

Plusieurs mots relatifs à la nappe de pétrole provenant de la plate-forme de forage de BP dans le golfe du Mexique ont été proposés (par exemple, «spillion», un nombre énorme qui représente les milliards de litres de pétrole qui ont pollué la mer), mais aucun d'entre eux n'a été retenu dans la liste de mots soumis au dernier tour de scrutin.

Un an plus tôt, «Tweet» et «Google» avaient été choisis comme mots de l'année et de la décennie, respectivement.

L'American Name Society a désigné «Eyafjalljökul» comme nom de l'année 2010. C'est le nom d'un volcan islandais qui a rejeté de telles quantités de cendre qu'il a gravement perturbé les transports aériens en Europe en 2010. 

                                                                                    

Jonathan Goldberg

Le présent billet a été traduit de l'anglais par René Meertens, dont le blog est  http://vieduguide.blogspot.com.

Post Scriptum: The Great Language Land GrabNew York Times, March 26, 2011

Stéphanie Soudais – traductrice du mois de janvier 2011

English version

Jonathan Goldberg pose des questions à Stéphanie Soudais, une traductrice professionnelle. Stéphanie habite Rezé dans la Loire-Atlantique. Ses passe-temps sont le théâtre et la course à pied.

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Jonathan : Comment êtes-vous devenue traductrice ?

Stéphanie : Assez jeune, j’ai su que je travaillerai dans un métier lié à l’écriture. Je voulais d’abord devenir journaliste, mais la découverte de l’anglais m’a passionnée, surtout à partir du lycée, et il m’est rapidement devenu évident que la meilleure façon d’allier l’écriture à cette langue étrangère serait de devenir traductrice. Après une licence d’anglais, j’ai effectué des séjours de plusieurs mois en Angleterre et en Irlande, mais aussi en Allemagne, avant d’intégrer l’ESIT (École supérieure d’interprètes et de traducteurs), à Paris. J’ai obtenu mon diplôme de traducteur anglais-français et allemand-français en 2006.  

Jonathan : Vous avez démarré votre carrière en 2005 en traduisant un livre intitulé « L’encyclopédie des arbres ». Aviez-vous déjà de l’expérience dans ce domaine ? Comment avez-vous abordé ce travail du point de vue terminologique ? Avez-vous eu besoin de consulter un spécialiste ?

Stéphanie : À l’époque, j’étais encore étudiante à l’ESIT, et l’un de mes amis m’a mise en relation avec une maison d’édition qui cherchait d’urgence un traducteur pour terminer la traduction d’une encyclopédie sur les arbres. Je ne possédais pas vraiment d’expertise dans ce domaine, mais le sujet m’intéressait beaucoup et j’ai donc sauté sur l’occasion. Le travail de traduction comporte souvent une très grande part de recherche, non seulement dans les dictionnaires, mais aussi sur Internet ou auprès de spécialistes. J’étais donc ravie de me documenter et d’en apprendre davantage sur ce domaine. En outre, l’ouvrage se composait de courtes descriptions au style et à la terminologie très similaires, ce qui m’a facilité la tâche, puisque d’une page à l’autre, je travaillais de plus en plus rapidement.

Jonathan : Vous avez ensuite traduit un livre sur les fleurs sauvages et un autre sur la réalisation de petits jardins. Les connaissances que vous aviez acquises sur les arbres vous ont-elles été utiles pour ces traductions, ou êtes-vous repartie de zéro ?

Stéphanie : Non, je ne suis pas repartie de zéro. Les connaissances et la terminologie propres aux arbres sont certes différentes de celles liées à la botanique et au jardinage, mais il s’agit de thèmes tout de même assez proches, qui s’entrecroisent même, parfois. Ce fut donc une occasion d’élargir mes connaissances dans un vaste domaine que l’on pourrait intituler « nature et environnement ».

Jonathan : Ces connaissances vous servent-elles encore aujourd’hui ?

Stéphanie : Oui. Aujourd’hui, je ne traduis plus de livres, mais on me confie souvent des textes d’actualité sur la déforestation, la gestion durable des forêts, le changement climatique, le développement durable, etc.

Jonathan : Vous ne traduisez plus de livres, est-ce un choix ? 

Stéphanie : Oui, c’est volontaire. Parallèlement à la traduction de livres, à mes débuts, j’effectuais également des traductions plus « techniques » pour des agences de traduction. Petit à petit, je me suis rendu compte que je m’épanouissais davantage dans cette forme de traduction dite « technique » que dans la traduction d’édition, car j’étais plus libre de choisir mes textes et de varier d’une semaine à l’autre (contrairement à la traduction d’un livre, qui suppose souvent des semaines, voire des mois, de travail sur un même sujet). Ayant fait un stage de traduction dans une agence spécialisée dans la finance, c’est naturellement vers ce domaine que je me suis tournée, puis peu à peu spécialisée.

Jonathan : La finance et l’environnement sont donc vos deux domaines de prédilection ?

Stéphanie : Oui, et même si au premier abord on peut penser qu’il s’agit de sujets très différents, j’y retrouve souvent des liens. Les questions telles que le changement climatique et le développement durable sont en effet de plus en plus importantes dans l’économie, les politiques de gestion des entreprises et sur les marchés financiers. Ce sont des sujets d’actualité qui sont passionnants et qui m’apprennent beaucoup. 

Jonathan : Vous arrive-t-il de refuser de traduire pour des questions de déontologie ?

Stéphanie : Cela m’est arrivé une seule fois. Il s’agissait d’un livre sur un sujet sensible dont les propos ne correspondaient pas du tout à mes convictions et dans lequel l’auteur s’exprimait d’une manière très virulente. J’ai essayé de traduire la première page et me suis sentie tellement mal à l’aise que j’ai immédiatement arrêté.

Jonathan : Utilisez-vous des logiciels d’aide à la traduction (TAO) ?

Stéphanie : Oui. Après de nombreuses réticences, j’ai rapidement compris le potentiel des mémoires de traduction, qui sont très utiles lorsque l’on travaille régulièrement sur des sujets similaires. Elles me permettent d’assurer une cohérence terminologique et de rapidement retrouver comment j’ai traduit telle ou telle expression il y a une semaine, ou il y a plusieurs années. Toutefois, certains domaines très rédactionnels tels que la littérature ou les textes marketing ne se prêtent pas du tout à leur utilisation. Comme leur nom l’indique, les mémoires de traduction mémorisent ce que je traduis, il ne s’agit pas du tout de traduction automatique.

 

Site Internet de Stéphanie : www.stephanie-soudais.fr

Courriel : stephanie@stephanie-soudais.fr

CV

Trois icônes britanniques du XXème siècle: Chaplin, Mason et Greene

 Qu'y-a-t-il de commun entre Charlie Chaplin (1898-1977) et James Mason (1909-1984) ? Pour le cinéphile, la réponse pourra être relativement facile. Quiconque s'est intéressé à la carrière des acteurs de cinéma britanniques, sait que Chaplin et Mason comptent parmi les célébrités. En cherchant un peu, on découvre aussi qu'ils étaient amis.

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Chaplin débuta sa carrière au temps du cinéma muet. Ses films les plus connus sont probablement le Pèlerin et les Temps modernes. Le thème mélodique de ce dernier film, Smile, dont il avait composé la musique, a été repris par des chanteurs aussi divers qu'Elvis Costello, Nat King Cole, Barbara Streisand, Josh Groban et Michael Jackson. Le frère de celui-ci, Germaine Jackson, l'a chanté lors des funérailles de Michael:

 

Parmi les citations que l'on attribue à Chaplin, figurent:

« En gros-plan, la vie est une tragédie, mais, en prise à distance, c'est une comédie »

 « Une journée sans rire est une journée fichue »

 « L'échec est sans importance. Il faut du courage pour faire l'idiot »

Il existe de nombreuses biographies de Chaplin, tant en français qu'en anglais, la plus récente étant: « Sir Charlie: Chaplin, the Funniest Man in the World », par Sid Fleischman et publiée par Greenwillow Books en juin 2010. Elle s'adresse aux enfants de 9 à 12 ans.

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Sa propre version, « My Autobiography », écrite en collaboration avec David Robinson, est parue chez Penguin Classics et, en édition française, sous le titre « Histoire de ma vie », aux éditions Robert Laffont.

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Pour des vidéos, des photos et un quiz sur Chaplin:

http://www.biography.com/featured-biography/charlie-chaplin

James Mason a fait une brillante carrière, tournant dans une cinquantaine de films. L'un des plus connus est « Lolita », sous la direction de Stanley Kubrick et lancé en 1962, d'après le roman éponyme de Vladimir Nabokov. Mason fut à trois reprises nommé pour un oscar.

Il n'a jamais écrit d'autobiographie et n'a fait l'objet que d'une seule biographie, « James Mason – A Personal Biography », par Diana de Rosso, publiée chez Queen Anne Press. Toutefois, il existe une « bio-bibliographie » de James Mason – un ouvrage de référence qui couvre l'ensemble de sa vie et de sa carrière, avec une bibliographie annotée de ses œuvres et des livres à son sujet. 

L'une de ses plus extraordinaires prestations a été son interprétation de Brutus dans la version filmée du « Jules César » de Shakespeare. Dans un clip video, il harangue la foule pour justifier l'assassinat de César:

 

Mais, imaginez qu'on vous demande ce que Charlie Chaplin, James Mason et Graham Greene (1904-1991) ont en commun (sinon d'être tous trois britanniques). Les choses se corsent!

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                                                           Graham Greene

Écrivain, dramaturge et critique littéraire de grand talent, Graham Greene a écrit des douzaines de livres de 1929 jusqu'à sa mort en 1991. Parmi ceux-ci figurent « La Puissance et la gloire », « Notre agent à La Havane », « Un Américain bien tranquille » et « Le Troisième homme », ce dernier popularisé par le film éponyme dans lequel jouait Orson Welles.Il n’existe aucun lien apparent entre Graham Greene, Chaplin et Mason, si ce n’est que ces trois personnages sont enterrés a Corsier-sur-Vevy, en Suisse (plus exactement, Greene à Corseaux, village limitrophe de Corsier). 

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Corsier-sur-Vevey
Switzerland

 

Jonathan Goldberg 

Le présent billet a été traduit de l'anglais par René Meertens, dont le blog est http://vieduguide.blogspot.com.

Jailbreaking

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Le nom jailbreak (ou jailbreaking*) et le verbe to jailbreak s'emploient normalement lorsqu'un détenu s'évade, mais ont acquis un sens technique nouveau. Selon Wikipedia, un "jailbreak" est une manipulation grâce à laquelle l'utilisateur d'un iPhone ou d'un iPod Touch peut exécuter n'importe quel code sur son appareil et non uniquement le code autorisé par Apple.

Le site Web http://computer.yourdictionary.com (Computer, Hacker, & Telecom Definitions) définit to jailbreak comme suit :

“Se libérer d'un mode de fonctionnement limité. Par exemple, le jailbreaking permet d'utiliser un contenu protégé par un dispositif anticopie sur un ordinateur quelconque ou d'utiliser des systèmes d'exploitation ou des applications d'un fournisseur autre que celui qui vend l'appareil considéré.

Ce verbe signifie aussi "accéder au système de fichiers d'un iPhone", ce qui est normalement impossible. Le jailbreaking permet de modifier l'aspect et le mode de fonctionnement de l'iPhone et d'installer des applications qui ne sont pas disponibles via l'App Store d'Apple. Il permet également de "déverrouiller" ce téléphone en vue d'une utilisation via un autre opérateur de téléphonie mobile."

Le 26 novembre 2010, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, qui relève du ministère français de la Culture et de la Communication, a proposé un équivalent français de to jailbreak dans le contexte numérique : débrider. Ce mot est défini comme suit : « Contourner les protections d'un système pour supprimer les restrictions d'utilisation mises en place par le constructeur. »

Sources:

http://en.wikipedia.org/wiki/Jailbreak_(iPhone_OS)
http://www.appleiphonereview.com/iphone-tutorials/iphone-jailbreak
http://www.franceterme.culture.gouv.fr/FranceTerme/recherche.html?NUMERO=COGE758


[1] A proprement parler un gérondif, c'est-à-dire un nom en -ing, formé à partir d'un verbe pour désigner une action

 

Jonathan Goldberg

Le présent billet a été traduit de l'anglais par René Meertens, dont le blog est http://vieduguide.blogspot.com.

To degift

Le verbe « to degift » s'insinue lentement dans la langue anglaise. L'Urban Dictionary (UrbanDictionary.com), qui présente souvent des mots inventés et des définitions humoristiques, définit “to degift” comme suit : “to take back a present (particularly if the recipient is unappreciative)” (reprendre un cadeau [en particulier si celui à qui on l'a donné ne l'apprécie pas]).

Cependant, ce mot pourrait se répandre, depuis qu'Amazon a obtenu un brevet sur un logiciel qui permet à un client d'apprendre qu'il est sur le point de recevoir un cadeau, ce qui lui donne la possibilité de l'échanger, avant son expédition, contre un autre article ou une note de crédit, sans que celui qui offre le cadeau en soit informé.

Il est trop tôt pour savoir si “to degift” désignera un acte du donateur (conformément à la définition de l'Urban Dictionary) ou du bénéficiaire, par exemple la personne à laquelle quelqu'un a offert un article vendu par Amazon.

Lisez des réflexions et écoutez un extrait d'émission de radio portant sur cette question en cliquant ici 

 

Jonathan Goldberg

 

Le présent billet a été traduit de l'anglais par René Meertens, dont le blog est http://vieduguide.blogspot.com.