Pont Neuf, Paris
Pont Neuf, Paris
Japanese Gardens
Japanese Gardens
Montserrat, Barcelona
en routeMontserrat- Barcelona
Tower Bridge, London
Tower Bridge, London
Skip to content

Hélène Cardona –
Linguiste du mois d’avril 2014

Depuis plusieurs années, Le Mot Juste publie une rubrique dénommée "Linguiste du mois" (précédemment "Traducteur/traductrice du mois"). Jusqu'ici, toutes les interviews étaient rédigées par nos soins. Ce mois-ci nous romprons avec cette tradition en présentant un entretien réalisé par notre fidèle contributrice, la professeure Michèle Druon, universitaire au très riche profil académique que nos lecteurs connaissent bien.

 

April interview Michele

      Dr. Michèle Druon

Cette rencontre entre Michèle Druon et son invitée, Hélène Cardona (poète, comédienne, auteur et traductrice, entre autres), c'est-à-dire entre deux intellectuelles de haut rang, a engendré une conversation d'un intérêt et d'une profondeur auxquels vos humbles serviteurs n'auraient certainement pas atteint par eux-mêmes.

 

HHÀ cette surprise, s'en ajoute une autre : la découverte, dans cette grande métropole qu'est Los Angeles, de deux résidentes permanentes d'origine française qui sont parfaitement à l'aise en anglais. Elles incarnent, symbolisent, concrétisent donc ce pont virtuel que le blog entend jeter entre deux langues et deux cultures. Au nom de tous nos lecteurs et lectrices, nous leur exprimons notre plus vive reconnaissance et formulons le souhait de les lire encore souvent dans nos colonnes.

 

Jonathan G.

 

Interview d'Hélène Cardona,
Los Angeles, 21 avril 2014 par Dr. Michèle Druon

Préface de l'intervieweuse :

Outre le charme et la beauté, ce qui frappe immédiatement chez Hélène H - pink dressCardona, c'est la surabondance de talents que possède cette jeune femme: polyglotte, elle parle six langues – dont le français, l'anglais et l'espagnol comme une langue maternelle; elle est à la fois actrice de théâtre et de cinéma [1], traductrice littéraire [2], poète, enseignante, analyste de rêves.


une toute récente photo –
Poet/actress Hélène Cardona attends
Sue Wong's Fall 2014 runway show:
'Edwardian Romance'  on April 11, 2014 in Los Angeles

Et ce n'est pas tout : elle donne aussi des récitals et préside à des concours de poésies, organise des conférences et présente des communications universitaires…. On ne peut que se demander où cette jeune femme, qui paraît pourtant si sereine, si calme et détendue, trouve l'énergie de mener ce qui semble être plusieurs vies à la fois. Un coup d'œil sur la multitude de prix, bourses, récompenses et accomplissements en tous genres [3] qui jalonnent son parcours atteste qu'il s'agit là d'une personnalité brillante et surdouée, en possession dès l'enfance d'une rare combinaison d'aptitudes à la fois scientifiques, littéraires et artistiques.

 

H - DreaEt comme un fruit tombé d'une corne de surabondance vient de sortir de ces multiples talents un merveilleux recueil de poèmes bilingues, intitulé Dreaming My Animal Selves, Le Songe de mes Ames Animales [4]. Le recueil nous invite à un voyage dans un univers peuplé d'images enchanteresses, lumineuses et énigmatiques, à travers une langue – ou plutôt deux langues – dont la fluidité, l'inventivité et la beauté envoûtent profondément le lecteur.

 

Pour comprendre ce qui a pu nourrir une poésie si intime, si spirituelle, et d'une beauté égale en français et en anglais, nous avons demandé à Hélène Cardona de remonter à son enfance et de nous expliquer comment elle en était arrivée à parler six langues, et ce qui l'avait menée, dans un parcours de vie si riche, à écrire de la poésie.

 À entendre son récit, il apparaît immédiatement que l'enfance et l'environnement dans lequel a grandi Hélène Cardona sont hors du commun. J'en résume ici l'essentiel :

Née à Paris d'une mère grecque et d'un père espagnol, tous deux expatriés pour des raisons politiques, l'enfant grandit dans un milieu nourri de livres et de culture, de rencontres avec des artistes et des intellectuels de différents pays. Le père, José Manuel Cardona, qui possède trois doctorats, est un avocat qui a travaillé comme traducteur diplomate aux Nations Unies, et qui est aussi un poète connu (Les surdoués semblent récurrents dans la famille Cardona). Chez elle à Paris, dans la petite enfance d'Hélène, on parle surtout français et espagnol, mais la famille déménage bientôt à Genève, puis à Monte Carlo, et s'installe ensuite dans une petite ville de l'Ain, à Ferney-Voltaire, où Hélène fera ses études élémentaires et les premières années de son collège secondaire sous la direction de très bons enseignants, qui lui ont fourni d'excellentes bases, souligne-t-elle. Elle attribue en particulier sa parfaite maîtrise de la grammaire française aujourd'hui à la pédagogie tout à la fois rigoureuse et engageante qui caractérisait ses professeurs de l'époque. C'est d'ailleurs vers l'âge de 10 ans, ajoute-t-elle, qu'elle commence à écrire «spontanément», de la poésie.

  À quatorze ans, elle revient à Paris et elle continue sa formation dans le prestigieux et ultra-compétitif Lycée Racine, où l'enseignement est beaucoup plus austère. Très tôt reconnue comme douée pour les maths, la jeune fille est orientée par sa famille et l'institution scolaire vers une spécialisation scientifique qui la mènera à passer le bac C (à dominante maths/sciences). Mais l'enfant, puis la jeune fille continuent simultanément  d'apprendre la danse et le piano – pour lequel elle est aussi particulièrement douée puisqu'elle reçoit un Deuxième Prix du H - GENConservatoire de Musique de Genève. Pendant ses étés, elle voyage et découvre   d'autres pays d'Europe – l'Angleterre, l'Allemagne, H - Goethel'Espagne, la Grèce, le Pays de Galles, l'Italie – tout en apprenant la langue de chaque pays où elle séjourne. Elle étudie ainsi l'allemand au Goethe-Institut à Bremen, la philologie anglaise à Cambridge, et la philologie et la littérature espagnoles à l'Université d'Andalousie.

Toujours guidée par une soif de connaissances et d'exploration dans tous les domaines, (et déjà servie, semble-t-il, non seulement par une multiplicité de dons mais aussi par une énergie exceptionnelle), la jeune fille s'engage, après le Bac dans des études de médecine, suivant ainsi la trajectoire scientifique à laquelle la destinaient sa famille et toute son orientation scolaire.

Mais tout à coup, Hélène accomplit un revirement total dans sa vie qui va complètement changer sa destinée: après deux ans, elle abandonne ses études de médecine et décide de se tourner vers la littérature et le théâtre (au grand chagrin de son père, qui dès ce moment « ne veut plus la connaître » et lui coupe les fonds: elle devra désormais subvenir seule à ses besoins). Elle s'inscrit alors à la Sorbonne où elle obtient une maîtrise d'anglais (significativement pour la suite, le titre de sa thèse H - Henry Jamesde maîtrise sur Henry James est The Search for Fulfillment in The Wings of the Dove ). Elle continue pendant ce temps la danse et le théâtre et finance ses études par différents jobs: elle enseigne à l'Ecole Bilingue à Paris, elle travaille occasionnellement comme mannequin, elle fait des traductions en différentes langues et travaille comme interprète pour l'ambassade du Canada à Paris.

Nouveau tournant – à la suite d'une crise personnelle, la jeune femme décide de partir pour New York, où elle commence à étudier l'art dramatique avec Ellen Burstyn à l'Actors' Studio – des années de bohème et de bonheur pour elle, souligne-t-elle. Parallèlement, elle poursuit un B.A en Littérature Américaine et Théâtre à Hamilton College, où elle a obtenu une bourse complète. C'est aussi à cette époque, précise-t-elle, et par le biais de sa formation dramatique, qu'elle découvrira l'exploration par le rêve, ce qui la mènera alors à découvrir et étudier la psychanalyse de Carl Jung – qui reste une influence fondamentale dans son entreprise poétique aujourd'hui.

 

Hélène arrive à la cérémonie des récompenses à Los Angeles, où  "Chocolat" a été nominé pour l'Oscar du meilleur film.
Distribution :  Juliette Binoche, Johnny Depp, Judi Dench et Hélène Cardona.

The 7th Annual Screen Actors Guild Awards at Shrine Auditorium
in Los Angeles, California, United States.
Photo by Steve Granitz/WireImage.

Michèle : À écouter ce qui précède, on a l'impression que vos multiples activités – la traduction, le théâtre, la littérature, l'enseignement, l'écriture poétique – que toutes ces activités se complètent et s'interpénètrent, et que c'est l'ensemble de ces différents talents et savoirs, finalement, qui a nourri votre poésie :

Oui, chaque activité à laquelle je m'adonne nourrit toutes les autres – il y a une sorte de symbiose qui fait que toutes s'enrichissent mutuellement.

Michèle : Vous mentionnez dans votre recueil que vous écrivez d'abord vos poèmes en anglais, puis les traduisez en français (mais les deux versions sont si parfaites qu'il est impossible de dire laquelle a été écrite après l'autre !)

Hélène : Comme j'habite principalement dans un pays anglophone, c'est en ce moment l'anglais qui est ma langue dominante, et qui donc inspire d'abord mes poèmes. Puis je les traduis, ou je les réadapte en français, car le passage au français requiert parfois quelques altérations par rapport à la version originelle. Mais ces libertés que je prends dans la traduction de mon propre travail, je ne me les permets pas dans mes traductions professionnelles, où je cherche au contraire le maximum de fidélité au texte originel.

Michèle : Vous citez Blake, Rilke, Yeats dans vos poèmes – et bien sûr, vous avez aussi travaillé sur Henry James. Quels sont les modèles littéraires qui ont été les plus importants pour vous ?

Hélène : Je citerai, entre autres, Balzac, Rilke, Baudelaire, Rimbaud, Aragon, Alberti, Lorca, Neruda, Machado, Cernuda, Breton, Cocteau, Éluard, Blake, Rumi, Yeats, Shelley, Emily Dickinson, Hafiz, David Wagoner, Lao Tzu, TS Eliot, H.D., Larry Levis, Hart Crane, Geoffrey Hill, Mallarmé, Sri Aurobindo, et Seamus Heaney.

H - Emily Dickson H - TS Eliot H sri-aurobindo H - Seamus Heaney
Dickinson   Eliot Aurobindo Heaney

Michèle : Vos poèmes entraînent le lecteur dans un voyage surréel d'images et de métamorphoses fantastiques. Le point de départ de votre inspiration – comme le titre de votre recueil et les premiers poèmes l'indiquent – semble être le sommeil et le rêve. Pourriez-vous élaborer davantage à ce propos ?

Hélène : Le rêve est le fil conducteur dans ce recueil de poèmes car il marque le point de départ d'une exploration intérieure: il ouvre une fenêtre sur notre subconscient et nous fait entrer dans une autre réalité en nous-mêmes, il ouvre d'autres dimensions en nous-mêmes qui nous demeurent closes à l'état éveillé.

 

Michèle : En ce sens, vous vous inscrivez dans la lignée des poètes surréalistes, ou même des poètes symbolistes, comme Rimbaud – dont vous avez aussi traduit les textes, si je ne me trompe.

Hélène : Parmi mes inspirations littéraires, il faudrait aussi entre autres citer Calderón, et ses perspectives sur le rêve et la réalité. Mais il y a aussi d'autres modèles importants qui m'ont amenée à explorer le rêve. Notamment la psychanalyse jungienne, où chacun des objets ou personnages rencontrés dans nos rêves sont des reflets ou des aspects de nous-mêmes. Sur un autre plan, je crois aussi que le rêve nous permet de retraverser différents âges et structures de notre cerveau, depuis le cerveau reptilien préhistorique jusqu'au néocortex plus récemment développé, ce qui retrace les différentes périodes de notre évolution. Le rêve nous ouvre ainsi de nouveaux modes d'appréhension de la réalité, il nous reconnecte à différentes dimensions de nous-mêmes, plus instinctives ou émotives, qui sont aussi «nos âmes animales ».

 

Michèle : En bonne polymathe que vous êtes, vous donnez une explication à la fois littéraire, psychanalytique et scientifique à votre entreprise poétique. Mais on distingue aussi une progression dans votre recueil de poèmes, entre le premier poème [5], qui ouvre le portail du rêve, jusqu'au dernier qui marque une « expansion de la conscience » [6].

Hélène : Ce recueil de poèmes correspond pour moi à plusieurs choses: c'est un processus d'autorévélation, d'exploration de dimensions cachées en moi-même, et c'est aussi en même temps une manière de devenir moi-même, un processus d'individuation que j'ai cherché à créer tout au long de ma vie.

 Par ailleurs, l'écriture est aussi pour moi cathartique, elle prolonge une recherche de paix, de sérénité qui s'ancre dans un désir de dépassement, de réconciliation de la dualité fondamentale que je perçois dans la vie. Ce qui prolonge la vision jungienne, qui conçoit le monde comme divisé en contrastes, bâti sur une opposition entre lumière et obscurité.

 

H - Alberto VillodoEt puis fondamentalement, je cherche ultimement une croissance, une expansion de la conscience, et je dois mentionner à ce propos mon travail avec le Shaman Alberto Villoldo, qui m'a permis d'avancer dans cette recherche. Il m'a guidée vers des états de conscience exceptionnels, notamment vers une expérience profonde de l'interconnexion fondamentale de tout (et de moi-même) dans l'univers.

 

 Michèle : Votre voyage intérieur est donc aussi une quête spirituelle, comme elle l'était aussi dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire par exemple, mais votre quête semble ici se terminer sur une note nettement moins inquiète, beaucoup plus optimiste.

Hélène : Oui, ma recherche d'expansion de la conscience est aussi une manière de me reconnecter avec le Tout de l'univers. Bien que n'appartenant à aucune religion, je suis convaincue que le Divin est dans tout, que l'univers est intelligent, et que notre conscience persiste après la mort.

 

Michèle : Ce qu'a d'unique votre poésie, c'est justement que cette recherche de reconnexion avec l'univers prend la forme d'une mutabilité, d'une métamorphose du moi en différentes formes animales, végétales ou aquatiques – – le «je» poétique devient cygne, devient plante, devient vent, avec une fluidité extraordinaire. 

E.M. ForsterHélène : Rappelez-vous l'injonction d'E.M Forster : « Only connect!». Mais c'est aussi tout le nouveau paradigme écologique aujourd'hui qui soutient cette idée d'inter-connectivité de l'univers. Ce qui du même coup resitue la place de l'homme et de l'animal dans la nature…

 

Michèle : En conclusion, chère Hélène, pourriez-vous nous indiquer dans quels travaux ou activités vous êtes impliquée en ce moment, ou quels sont vos projets ?

Hélène : Tout en poursuivant mes autres activités (enregistrements de voix, [7], H - Plus loin qu'ailleursconférences, etc.), je traduis actuellement en anglais une anthologie de poèmes de mon père José Manuel Cardona: El bosque de Birnam, et également un sublime recueil de poèmes de Gabriel Arnou-Laujéac, qui s'intitule Plus loin qu'ailleurs.

Vous pouvez me voir dans Femme: Women Healing the World, un film documentaire qu'a réalisé, avec talent, Emmanuel Itier. De plus, ce fut pour moi la belle occasion de le coproduire. Vous pourrez aussi voir Maria Bello, Marianne Williamson, Jean Houston, Gloria Steinem, Sharon Stone, les Lauréates du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi et Maired Maguire, parmi de nombreuses femmes magnifiques.

                                                  Helene FEMME cropped 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hélène arrive à la projection du film "Femme: Women Healing the World" qui a été sélectionné par le "Awareness Film Festival" à Los Angeles.

H - Femme

 

 

 

 

 

 

———————————————————-

NOTES:

[1] Hélène Cardona est diplômée de The American Academy of Dramatic Arts à New York et est membre de l'Académie Britannique des Arts de la Télévision et du Cinéma (BAFTA). Au théâtre, elle a joué dans les compagnies The Naked Angels et Ubu Theatre Rep. à New York. Au cinéma, elle a joué, entre autres, dans Chocolat, X-Men: Days of Future Past, Mad Max Fury Road, Muppets Most Wanted, Mumford, Happy Feet 2,

 

image from http://s3.amazonaws.com/hires.aviary.com/k/mr6i2hifk4wxt1dp/14042920/be7a6f35-ee8c-4a0d-a924-59cdec382342.png

Hélène avec Carrie-Anne Moss

 

[2] Hélène a travaillé comme traductrice en "freelance" pour l'ambassade du Canada ainsi que pour la Chambre de Commerce en France.

Elle a aussi traduit en français le film Muse of Fire  de Lawrence Bridges pour le NEA et What We Carry de Dorianne Laux, et elle a traduit en anglais la poésie d'Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire, Aloysius Bertrand, René Depestre, Ernest Pépin, Jacques Crickillon, et Jean-Claude Renard.

[3] Hélène a reçu une longue série de bourses, de prix et de récompenses. Parmi d'autres: Bourses de l'Universidad Internacional de Andalucía et du Goethe-Institut, ainsi que de Hamilton College.

[4] Dreaming My Animal Selves a été finaliste pour le prix Julie Suk, 2013, décerné au Meilleur Livre de Poésie Publié par une Presse Indépendante. Il a reçu le Pinnacle Book Achievement Award pour le meilleur livre de poésie bilingue; une Mention Honorable au Festival du Livre à Londres, ainsi qu'au Great Midwest Book Prize.

Dreaming My Animal Selves (Salmon Poetry, 2013) – aussi disponible sur Amazon.com Publication précédente : The Astonished Universe (Red Hen Press, 2006)

 

À venir : Life in Suspension (Salmon Poetry).

Hélène Cardona a aussi écrit des contes d'enfant et est co-auteur, avec John FitzGerald, du scénario Primate.

Ses poèmes sont apparus dans de nombreuses revues, notamment: Washington Square, World Literature Today, The Warwick Review, Poetry International, The Dublin Review of Books, The Irish Literary Times, The Enchanting Literary Verses, Recours au Poème, The Toronto Quarterly, Periódico de Poesía, et Salzburg Poetry Reviewet dans les anthologies Illuminations: Expressions of the Spiritual Experience (Celestial Arts, 2006), Dogs Singing: A Tribute Anthology (Salmon Poetry, 2011), The Blue Max Review (Rebel Poetry, 2012), For Rhino in a Shrinking World (Poets Printery, 2013), From the Four Chambered Heart: In tribute to Anais Nin (Sybaritic Press, 2013), Near Kin: Words and Art Inspired by Octavia E. Butler (Sybaritic Press, 2014), Love's Peripeteias (The New Visionary Press Cooperative, 2014), Thrush Poetry Journal: an Anthology of the first two years (Thrush Press, 2014), and Dead and Undead Poems: Zombies, Ghosts, Vampires and Devils (Random House, 2015).

Journals:
Askew Poetry, Barnwood International Poetry Magazine, California State Poetry Quarterly, Dublin Review of Books, East West: A Poetry Annual, from the fishouse, Mad Hatters' Review, Maintenant, Mediterranean Poetry, Mythic Passages, Periodico de Poesia, Pirene's Fountain, Poetry International, qarrtsiluni, Saint Julian Press, Salzburg Poetry Review, Speechless the Magazine, Spillway, The Enchanting Verses Literary Review, The Irish Literary Times, The Lascaux Review, The Los Angeles Review, The Original Van Gogh's Ear Anthology, The Passionate Transitory, The Toronto Quarterly, The Warwick Review, THRUSH Poetry Journal, Tiferet: A Journal of Spiritual Literature, Washington Square, World Literature Today, Writer's Digest.

Autres prix: “Woodwork” a reçu le prix 2014 Arroyo Arts Collective Poetry in the H - PushcartWindows. "Strength" a été nominé pour le 2014 Pushcart par l’anthologie From the Four-Chambered Heart: In Tribute to Anais Nin. “From the Heart With Grace” a été nommé  “Best of the net 2012” et nominé pour le 2012 Pushcart Prize. “Parallel Keys”a reçu le prix Choix de l’Éditeur de la revue littéraire The Enchanting Verses Literary Review, XVI, July 2012. "Alchemical Gardens I’ve Planted" a été finaliste pour le “W.D. GWAWDODYN form challenge 2013”. “Quiescent Infinite” a été nommé “Best of the Net 2012 “ par la revue littéraire The Lascaux Review.

[5] Des songes d'eau
Je trace les motifs des songes

au travers d'êtres déguisés
libérés en particules évanouies
révélant des éclats de moi-même.

Dans l'espoir de guérir mes naufrages,
je pourchasse un sommeil en cavale,
ultime refuge ou ancrer mon vaisseau

[6] Harmonies Parallèles

[…] dernières lignes du recueil :

« Nous mûrissons musicalement
couverts de fleurs de cerisiers,
variation divine,
conscience en quête d'expansion. »

 7) Hélène fait en effet de enregistrements de voix pour des films divers dans 6 langues. Elle fait en ce moment du « voice over » pour le dernier Rosemary's Baby, The Hundred-Foot Journey et la série de télévision NCIS.

 H- 100

 

Et si Shakespeare avait trouvé tout cela dans un dictionnaire ?

Le 30 avril 2008, en faisant une offre de 4.300$ pour un ouvrage mis aux enchères sur e-Bay, deux bouquinistes new-yorkais, George Koppelman et Daniel Wechsler, spécialistes des livres anciens, ne savaient pas qu'ils allaient peut-être faire la plus grande découverte littéraire du siècle et réaliser la meilleure opération de toute leur vie professionnelle. Il s'agissait d'un exemplaire d'An Alvearie or Quadruple Dictionarie de John Baret, dictionnaire quadrilingue (anglais, latin, grec et français), publié en 1580.

Alviare

photo: shakespearesbeehive.com

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Bien que le livre ne contint aucune indication du propriétaire, il recélait des milliers d'annotations d'une plume contemporaine qui renvoient directement à quelques-unes des œuvres majeures de Shakespeare, dont Hamlet, Roméo et Juliette et de nombreux sonnets. Pendant six ans, Wechsler et Koppelman ont étudié à la loupe les annotations manuscrites et réuni des éléments tendant à établir que le dictionnaire appartenait bien à Shakespeare. Pour ne citer qu'un exemple de vers attribué au maître, dans Hamlet (Acte III, scène 4) :

Gertrude : Your bedded haire, like life in excrements, Start up, and stand an end.

[La Reine. Vos cheveux, excroissances animées, se lèvent de leur lit et se dressent.] [1]

Or, dans le dictionnaire, on trouve au mot stare : His haire Stareth or standeth on end.

 

S 2

photo: shakespearebeehive.com

 

   

 

 

 

 

 

 
Il y a de subtils indices, tels les huit exemples de penchant du maître pour les mots commençant par W ou S. Certes, on ne trouve pas de preuve irréfutable, mais on est en présence d'une accumulation de termes que Shakespeare n'a pu trouver que dans le Baret. En effet, outre son immense talent de dramaturge, Shakespeare passe pour avoir considérablement enrichi la langue anglaise en répandant l'usage de termes  rares ou inusités. Un peu comme, plus près de nous,  Charles de Gaulle [2] ou PierreCoined Trudeau, William Shakespeare affectionnait les termes peu courants et contribua à les populariser. Les a-t-il pêchés dans le Baret ? Et, plus précisément, dans l'exemplaire entre les mains de Koppelman et Wechsler ?

    Les spécialistes demeurent réservés. [3] Wechsler explique : « Ils nous ont beaucoup aidés de leurs conseils, mais il est évident qu'ils n'étaient pas prêts à risquer leur réputation en cautionnant une telle prétention ». Ainsi, Stephen Greenblatt, biographe et spécialiste de Shakespeare, se réjouit de la découverte d'une source d'informations jusqu'ici inconnues : « Elles conforteraient, de façon fascinante, la passion que Shakespeare éprouvait pour la langue. Nous savions qu'il avait un faible pour les mots inusités – mais nous ne savions guère où il allait les dénicher ». Mais il admet ne pas avoir eu le temps d'examiner tous les éléments tendant à montrer qu'il s'agit bien du dictionnaire de Shakespeare.

    Wechsler s'attend que, quelle que soient les éléments de preuve qu'il pourra présenter, d'aucuns ne le croiront pas. Avec Koppelman, il vient de publierS 3, à l'occasion du 450ème anniversaire de la date presumée de la naissance de Shakespeare, un livre de 300 pages (Shakespeare's Beehive) exposant une thèse qui a le mérite de montrer que l'Alvearie a joué un rôle fondamental dans la composition de bon nombre des œuvres de Shakespeare et que c'est l'une des découvertes les plus retentissantes de l'histoire de la littérature. En ouvrant le dictionnaire aux spécialistes, de nouveaux éléments ne peuvent qu'apparaître : « Si George et moi avons pu y voir des choses, que ne trouveront-ils pas ? ».

    Le grand bouquiniste new-yorkais Jim Cummins a lu le livre et a jugé les arguments persuasifs. Toutefois, il est impossible d'en prévoir le prix, « des dizaines de millions. Une de mes connaissances parle de plusieurs centaines ».

À l'heure actuelle, le dictionnaire est en sûreté, dans une chambre forte, à New York. Toutefois, il a été numérisé et peut être consulté en ligne sur : www.shakespearesbeehive.com

Jean L.

D'après un article de Mark Tewfik dans The Sydney Morning Herald du 21 avril 2014.

[1] W. Shakespeare. Hamlet. Traduction de François-Victor Hugo. Univers des lettres, Bordas, Paris (2005), p.126.
[2]  On se souvient du « quarteron de généraux en retraite », de la « chienlit » et autres « étranges lucarnes ».
[3] Buzz or honey? Shakespeare's raises questions,
Folger Shakespeare Library, 21 April 2014

Lecture supplémentaire :

La pièce bidon de Shakespeare "Double-falsehood" s'avère être authentique

Ajout humoristique :

Une conversation imaginaire entre Shakespeare et son editeur :
(5 minutes, 50 secondes)

 

 

HAPPY BIRTHDAY, WILL

William Shakespeare aurait eu 450 ans aujourd'hui !

Shakespeare-766686

 
La date de naissance de Shakespeare, nulle part enregistrée, est réputée être le 23 avril 1564 (même chose pour la date [1] de sa mort, en 1616).

Celeb
On a tellement glosé, dans toutes les langues du monde, sur sa vie (y compris la controverse qui dure depuis  des siècles sur l'identité véritable de l'auteur des écrits attribués à Shakespeare) qu’on a l’impression qu’il ne reste rien à ajouter. Mais, comme toujours, Le Mot Juste entend être à l’avant-garde du peloton et, pour justifier cette prétention, il prépare un article sur une découverte toute récente, portant sur la vie du grand dramaturge et poète anglais, qui sera publié dans les prochains jours. Donc, ces jours-ci, restez attentifs ou, mieux encore, surveillez bien votre écran ! 
 
William Shakespeare

“When we are born, we cry that we are come to this great stage of fools.”
King Lear

[1]  Coïncidence : William Shakespeare et Miguel de Cervantès moururent le même jour.

Lecture supplémentaire :
Churchill, Cervantes et Shakespeare

Post Scriptum : St_George_by_Raphael

Le 23 avril on fête également le jour La Sant Jordi  (Saint-Georges).  Saint-Georges est le patron de la Catalogne. La tradition veut que, chaque année, on offre une rose, et depuis peu, un livre.

Mondiale

Depuis 1995 l'UNESCO en a fait la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur.   

En Angleterre ce jour s'appele "the National Day for England", bien qu'il ne soit pas une fête nationale officielle.

La gaufre belge présentée aux États-Unis
il y a 50 ans

Aujourd'hui on fête le 50 ème anniversaire de l'ouverture de la Foire internationale de New York – le 23 avril 1964.

photo : QUEENS ECONOMIC DEVELOPMENT CORP

Marle Paule Vermersch est venue à New York de la Belgique pour offrir des gaufres à la Foire International de 1964. Elle revient maintenant pour fêter le 50ème anniversaire de cet évènement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La boutique de gaufres belges à la Foire Internationale de New York, 1964

PHOTO :POKRESS, DAVID/FREELANCE, NYDN

Étymologie :

Les étymologistes rattachent ce mot au francique   « wafla ». Le terme « walfre » indique vers 1185 une « sorte de pâtisserie cuite entre deux plaques divisées en cellules qui lui impriment un dessin en relief ». En 1433, le Compte de la bonne maison des Ladres, répertoriant les ustensiles de la cuisine, indique un fer à « waufres » mais le Ménagier de Paris  utilisait déjà l'orthographe « gauffre ».  Jean Nicot donne « goffre » ; le Dictionnaire de l'Académie française à partir de la 4e édition (1762) supprime le doublement du « f » tandis que  Jean-François Féraud dans son Dictionnaire critique de la langue française ajoute un accent circonflexe (gaûfre).

Depuis le xixe siècle, l'orthographe usuelle est « gaufre » et le  genre féminin sauf dans certaines régions de la Suisse romande : Genève, Fribourg et Neuchatel.  

Du francique viennent aussi waffle et wafer [1]  en anglais, wâfelWaffel en allemand, wafel en néerlandais, wåfe en  wallon wafe en wallon de Liege, vaffel en norvégien, våffla en suédois.

(Source : Wikipedia)

PHOTO : NOONAN JEANNE FREELANCE NYDN

[1] wafer en anglais = gaufrette en français
Wafer

 

 

 

Emission radio :

It was the 1964 World's Fair when Americans fell in love with Belgian waffles

Public Radio International

 

 

Les mots anglais du mois :
billet, ticket, contravention

English

 

français 

ticket 

  Ticket

 

 

 

ticket, billet

note, banknote 

 

billet
(de banque)
 

Contravention:
breach of regulations,
petty offence.

Contravention :
manquement
aux prescriptions
d'une loi,
d'un règlement
ou d'un contrat

Les trois mots existent en anglais et en français. Le mot anglais billet est un faux ami du mot français, comme nous expliquons par la suite.

Commentaire :

Ticket dérive de l'anglais, mais il est d'autant plus acceptable en français qu'il provient du mot « étiquette ». Employé dans le sens de « contravention », ce serait un anglicisme.

Billet a un sens plus général que ticket et coupon : il englobe les tickets et les coupons (sauf de titre). (Des difficultés de la langue française, Éditions Larousse, 2007). Il ne s'emploie pas en anglais dans le même sens. On parle d'un "theatre ticket". (theater aux États-Unis).

Contravention: entré dans la langue anglaise vers 1570, du bas latin contraventionem désignant l'action de contrevenir (Online Etymology Dictionary). Le terme désigne un délit mineur, sanctionné d'une peine de simple police et généralement puni d'une amende. La contravention est constatée par un document, le procès-verbal. Pour le bout de papier que l'agent de police transmet au conducteur ou que celui-ci trouve sur la para-brise de sa voiture, les mots summons (assignation) et ticket s'emploient en Grande Bretagne, lorsque le mot citation est plus commun aux États Unis.

Les mots billet en anglais et « billet  » en français sont des faux amis. En anglais, billet (verbe ou substantif) n'a rien à voir avec un ticket ou un coupon. Il désigne un cantonnement chez l'habitant : to billet soldiers on somebody, on a town. [1] Le terme dérive de l'expression française billet de Billet-de-logement-1logement qui désignait le titre remis à un militaire et l'autorisant à loger chez des particuliers. Historiquement, il obligeait les habitants à accueillir chez eux des militaires en campagne et constituait une charge particulièrement mal perçue par la population. Il arrivait même que cette pratique prenne un caractère punitif, voire persécuteur telles les dragonnades dirigées contre les protestants à l'époque de Louis XIV. Normalement, lorsqu'ils n'étaient pas en campagne ou en manœuvres, les militaires étaient logés dans des casernes ou des camps ; il arrivait même qu'ils habitent avec leurs familles à proximité de ceux-ci. En anglais, le mot billet en est venu, par extension, à désigner non plus le titre de logement, mais le logement lui-même. Ainsi, pendant la dernière guerre mondiale, de nombreux civils ont été évacués des centres urbains menacés par les bombardements et hébergés (billeted) dans des locaux communaux ou chez des particuliers. Ce fut le cas au Royaume-Uni où, notamment pendant le Blitz, des enfants ou d'autres personnes dont la présence n'était pas indispensable dans les grandes villes ont été mises à l'abri en milieu rural.

Le billet de logement, argument comique

Un faux billet de logement est un moyen ingénieux pour un faux militaire de pénétrer dans l'intimité d'une famille (c'est-à-dire pour un amant de rejoindre son aimée chez elle). Cet artifice est utilisé notamment dans  Le Secrets_d_alcove01Barbier de Séville, la comédie bien connue de Beaumarchais.  Il inspire également en  1954 le segment, Le Billet de logement, réalisé par Henri Decoin, dans le film à sketches Secrets de l'alcôve

 


Quand les billets de logement déclenchaient la guerre
:

L'un des principaux griefs que les colons américains nourrissaient à l'égard du gouvernement britannique et qui contribua à déclencher la Guerre d'Indépendance, était justement le logement des militaires chez des civils. En conséquence, le troisième amendement à la Constitution des États-Unis d'Amérique (adopté en 1791) a été ainsi conçu : "En temps de paix, aucun soldat ne pourra être logé 3rd Amendmentdans une maison quelconque sans le consentement du propriétaire et, en temps de guerre, il ne pourra être logé que selon les règles prescrites par la loi." 

[1] Oxford Dictionaries (site internet) :

Noun : A place, usually a civilian's house or other nonmilitary facility, where soldiers are lodged temporarily.

Verb: Lodge (soldiers) in a particular place, especially a civilian's house or other nonmilitary facility:

Lecture supplémentaire :

 Je vous fiche mon billet…

Jonathan G. & Jean L.

Le français tel qu’on le parle

Langages Yankees : Gringos, Turcos et autres Godos

Dominique Mataillet

L'article suivant a paru dans FRANCE-AMERIQUE, la plus grande publication de langue française aux États-Unis et la seule à être diffusée à travers tout le territoire américain. Nous le reproduisons ici avec l'aimable autorisation de Madame Guénola Pellen, la rédactrice en chef de FRANCE-AMERIQUE.

Un peu partout dans le monde, les Américains – il serait plus juste de dire les Étatsuniens – sont affublés du surnom de Yankees. On n'est pas très sûr de l'origine du mot. Il pourrait dériver du premier néerlandais Jan-Kees, les Hollandais ayant été les premiers Européens à s'installer au début du XV11 siècle, sur les bords de l'Hudson.

Dans les pays latino-américains, c'est le terme Gringo qui a cours. Selon certaines sources, il viendrait de l'injonction « Green go ! » adressée par les Mexicains aux Américains pendant la guerre de 1846-1848.- le vert était la couleur des uniformes américains de l'époque. Mais il s'agit plus vraisemblablement d'un mot utilisé depuis plus longtemps en Espagne pour désigner les étrangers, avant qu'il ne franchisse l'Atlantique pour s'appliquer plus spécifiquement aux locuteurs de l'anglais.

Toujours en Amérique latine, les Turcos, contrairement à ce que l'on pourrait penser, ne sont pas d'origine turque, mais arabe. Leurs ancêtres ont émigré à une époque, avant le début du XXe siècle, où leurs pays – la Syrie et le Liban actuels en particulier – étaient sous la coupe ottomane.

Pour comprendre les noms que les peuples se donnent les uns aux autres, un retour sur un passé encore plus lointain s'impose parfois. Les Espagnols sont traités par les Sud-Américains de Godos en raison de leur prétention à descendre des Goths, cette population germanique qui s'établit dans la péninsule ibérique au Ve siècle.

On n'est jamais mieux servi que par soi-même. Les Roms, ces « gens de voyage » qui souffrent de nombreuses formes d'exclusion dans les pays européens, ont au moins obtenu une satisfaction sur le plan symboliques : ce nom de Roms, qu'ils se sont eux-mêmes choisi, a fini par s'imposer dans le langage courant. Il s'est substitué à des appellations telles que Tsiganes, Manouches, Romanichels, Gitans, Bohémiens, perçues comme humiliantes.

Encore confond-on souvent les ethnonymes Rom et Romain. Le premier signifie « être humain » en hindi, la plus parlée des langues de l'Inde. Le second, lui, fait référence aux Romains, qui colonisèrent longuement l'ancien pays des Daces et y laissèrent en héritage une des principales langues latines encore en usage.

Cette confusion n'est pas sans rappeler celle qui entoure le terme roumis par lequel les Maghrébins désignent traditionnellement les Européens. Il n'a rien a voir avec Rome, si ce n'est par la proximité du son. Pour les habitants du Proche-Orient, ce mot a évoqué successivement les Grecs, les Byzantins, les Anatoliens. Les Arabes l'ont emmené avec eux en Maghreb, d'où il a gagné l'Andalousie et même le sud de la France et de l'Italie, où, sous la forme romi, il a parfois pris le sens de pèlerin.

On précisera que roumi, tombé un peu en désuétude, a cédé beaucoup de terrain à gaouri, issu du turc gavur, lui-même emprunté au persan gabr, par lequel on désignait en Iran les fidèles de la religion de Zoroastre.

Plus au sud, en Afrique subsaharienne, les sobriquets ne manquent pas pour l'Européen ou le Blanc : toubab (probablement de l'arabe toubib) au Sénégal, nassara (de nazaréen) au Burkina Faso, mundele en République démocratique du Congo, otangani au Gabon, yovo au Togo, vahaza à Madagascar.

Ces diverses dénominations, il faut le souligner, n'ont pas nécessairement une connotation négative ; tout dépend du contexte et de l'état d'esprit de l'utilisateur. On ne peut pas en dire autant des termes longtemps employés en France pour parler des Allemands. Boches, Chleuhs (du nom d'une population berbère du Maroc !), Frisés, Fridolins, Teutons…tous étaient imprégnés d'un très fort sentiment de mépris ou de haine.

Dans la France d'aujourd'hui, la xénophobie vise souvent les Arabes. L'un des termes prisés par certains Français pour railler les Nord-Africains est celui de bougnoul. Ce qu'ils ignorent en général, c'est qu'au Sénégal, d'où ce mot, importé pendant la colonisation évoqué, en wolof, la couleur noire. Mais on ne peut pas attendre des racistes qu'ils brillent par leurs connaissances historiques.

Note du blog:

 

Le terme cafre ou caffre désigne les  Noirs de la Cafrerie (région comprenant tout puis partie de l’Afrique australe et désignant les peuples indigènes,  péjorativement appelés en Afrique du Sud : Kaffer (KaffirKeffir). Parmi certains blancs parlant l'afrikaans et l'anglais pendant les années de l'Apartheid, Kaffer était assimilable au mot nigger aux États-Unis ou nègre dans la France coloniale. L’origine probable du terme est le mot arabe kafir (kfr) qui signifie « incroyant » ou « infidèle ». C'est ainsi que les marchands d’esclaves arabes désignaient les habitants des régions allant du comptoir mozambicain au Cap  de Bonne-Espérance, ces « non-convertis à l’Islam  » dont la doctrine religieuse autorisait le commerce. Ce n'est que plus tard que les Européens, au premier rang desquels les Portugais, reprirent le terme jusque dans les formes qu'on lui connaît aujourd'hui en afrikaans (kafer) et en créole réunionnais (caf ou kaf).

 

Revue de Villon, de Murray Mednick, Odyssey Theater, Los Angeles

Par Michèle Druon, pour Le mot juste en anglais.

 

Druon portraitNous souhaitons la bienvenue à notre collaboratrice fidèle, Dr. Michèle Druon, professeur émérite à la California State University, Fullerton, où elle a enseigné la langue, la culture et la littérature  françaises.  Mme Druon a fait ses études universitaires d'anglais (spécialisation : Littérature & Culture Américaine, Licence) à l'Université d'Amiens,  et en Lettres modernes, (Licence, mention très bien), à l'Université d'Aix-en-Provence. Elle a obtenu son Doctorat en Littérature française à l'University of California at Los Angeles (spécialisations: le Nouveau roman; Théorie et critique littéraire contemporaine; philosophies post-modernes).

Elle a publié des articles en français et en anglais dans de nombreuses revues littéraires universitaires et philosophiques (French Review, Stanford French Review, L'Esprit Créateur, Problems in Contemporary Philosophy), ainsi que dans des livres publiés aux États-Unis, en France et au Japon.

Michèle est actuellement chargée de la liaison avec les Écoles de l'Alliance Française à Pasadena, ainsi que du Groupe Cinéma (sorties et discussions mensuelles sur films français). Bien qu'officiellement
à la retraite, elle est invitée à enseigner occasionnellement à la California State University.

——————————————–

 

Villon (Murray-Mednick)J'ai vu récemment au théâtre Odyssey à Los Angeles (1), Villon, une pièce écrite et mise en scène (en anglais) par Murray Mednick (2): c'est un spectacle vif et divertissant, inspiré par la vie de François Villon, ce grand poète de la fin du Villon_portrait Moyen-Age (3) dont l'œuvre et la vie exceptionnelle n'ont cessé de fasciner, traversant siècles et cultures, jusqu'à aujourd'hui.

 

La pièce de Murray Mednick s'inscrit en effet dans une longue tradition d'évocations théâtrales, cinématographiques, et même musicales (4) de celui qui devint une légende à la fois pour la poésie magnifique qu'il nous a laissée, mais aussi pour la vie terrible et extraordinaire qui fit de lui, comme Rimbaud le sera plus tard, un «poète maudit »: tour et tour chéri et banni par les princes, il fut aussi un criminel et un voleur qui fut un temps emprisonné, échappa de peu à la pendaison, et mena par moments une vie errante et misérable, souvent en compagnie d'une bande de personnages peu recommandables qui se faisaient parfois passer pour une troupe de troubadours. Banni définitivement de Paris après une dernière frasque, Villon disparut un jour, à l'âge de 31 ans, sans laisser de traces – laissant planer sur sa fin un mystère jamais résolu.

Les principaux épisodes de cette vie peu communesont évoqués dans la pièce de Mednick sur un mode le plus souvent comique et ludique, à travers une série de scènes qui parodient différents genres:le mélodrame, le récit de cape et d'épée (avec combats d'escrime sur scène), la farce paillarde (avec force grossièretés et humour scatologique). Les scènes et les répliques se succèdent à un rythme effréné et bousculent la chronologie et la narration classiques en juxtaposant les lieux, les époques et les identités dans le tourbillon d'événements et de personnages qui forment la vie de Villon. Le décor, rustique et élémentaire, se prête à cette plasticité spatiale et temporelle: une table ronde et quelques chaises suffisant à évoquer, par quelques changements d'éclairage, tantôt la cabane natale de Villon, tantôt une taverne, tantôt les bois où Villon trouvait refuge avec sa bande de brigands.

Les acteursde la troupe, tous excellents et parfaitement entraînés, suivent avec aisance le rythme imposé, tout en projetant dans leurs rôles une énergie, un humour et un entrain qui ajoutent beaucoup d'attrait à la pièce.

Tout au long de l'histoire de Villon sont entrelacés des thèmes plus sérieux, reflets de préoccupations chères à Mednick, sur la nature du mal, la fin du monde, l'omniprésence de la violence et la facticité de la vie et de l'art. Mais ces considérations restent toujours doublées d'ironie, en accord avec la tonalité sceptique et désabusée qui sous-tend le comique de la pièce.

Empreinte de métafiction post-moderne, la pièce de Mednick met aussi en scène sa propre théâtralité: à l'image de la troupe de (faux) troubadours qui composaient autrefois la bande de Villon, les personnages que nous voyons ici sur scène s'auto-désignent comme une troupe d'acteurs qui rejouent la vie de Villon. Par un effet parallèle de distanciation brechtien (ou pirandellien), ils sortent à intervalles fréquents de leur rôle pour interpeller les spectateurs (5), commenter l'action, ou mettre en question leur propre personnage.

Parmi les personnages qui retracent ou rejouent la vie de Villon, le plus important est Clotilde, dont Peggy Ann Blow fait ressortir ici la complexité, avec beaucoup d'art et de finesse : elle figure tantôt la mère abusive de Villon, tantôt une vieille bossue qui semble avoir été à la fois sa complice et sa protectrice. A ses côtés, la provocante et acerbe Isabeau – à qui la jeune Alana Dietze donne verve et piquant – incarne principalement la sœur de Villon, mais elle tend aussi à se confondre avec une prostituée qui faisait partie de sa bande.

Un autre personnage important dans la pièce est le Vieux Villon (6), que Gray Palmer interprète avec toute la (fausse) gravité requise : il figure l'ecclésiastique érudit qui prit le jeune François sous sa protection et lui apprit le latin, ce qui lui permit de poursuivre son éducation et plus tard d'obtenir une Maîtrise es Art de l'Université de Paris.

VILLON (Kevin Weisman)Au centre de cet éventail de personnages, Kevin Weisman, dans le rôle de Villon, s'impose dès l'abord par son intensité et sa forte présence physique : il imprime à son rôle toute la rage, toute la violence inscrites dans la vision de Murray Mednick. Villon apparaît ici comme une sorte de Robin des Bois rageur, sarcastique, iconoclaste et nihiliste qui bat sa mère, tue des prêtres, ne croit ni en dieu ni en diable etdéfie toutes les autorités. D'un bout à l'autre de la pièce, la colère est l'émotion dominante du personnage, souvent présenté comme impulsif et sujet à des accès de violence. Si l'origine de cette colère semble souvent attribuée (de manière quasi-freudienne) à l'enfance malheureuse de Villon, elle prend aussi au cours de la pièce la dimension plus générale et plus philosophique d'une révolte métaphysique contre un monde absurde et vide de dieu – perspective qui se rapporte davantage à la philosophie existentialiste qu'au monde médiéval de Villon.

Ce détournement voulu de l'histoire de Villon se retrouve dans les nombreux anachronismes de la pièce, et surtout dans la métaphore dominante de l'Acteur, ici assimilée à la figure du Poète-Artiste, mais aussi au statut de l'individu dans le monde contemporain (7).

En modernisant la figure iconique de Villon, Murray Mednick lui a aussi donné une richesse de significations qui suscitent sans nul doute intérêt et questionnements. Mais ce qui persiste finalement dans l'esprit du spectateur, pourtant invité à rire ou à sourire pendant la plupart du spectacle, ce sont les rares moments lyriques de la pièce, quand se trouvent évoqués des passages célèbres de la poésie de Villon : tel le passage poignant de beauté et de nostalgie quand un merveilleux montage de peintures de visages féminins forme un contre-point visuel à une des plus belles ballades de Villon, si bien chantée autrefois par George Brassens : « La Ballade des Dames du Temps jadis » (8)

«Dictes moi où, n'en quel pays ( n' =et)

Est Flora la belle Romaine ;

Archipiades ne Thais (ne = et)

Qui fut sa cousine germaine (…)

Echo, parlant quand bruit on mène

Dessus rivière ou sur étang

Qui beauté ot trop plus qu'humaine ? (ot = eut)

Mais où sont les neiges d'antan ? »

Le Testament, 1459-59 (9)

 

Un autre moment d'émotion surgit pour le spectateur à l'évocation de cette autre ballade si célèbre – et rendue plus bouleversante encore de l'appel qu'elle nous adresse, par-delà le temps et la mort :

Frères humains, qui après nous vivez

N'ayez les cœurs contre nous endurcis,

Car, se pitié de nous pauvres avez,

Dieu en aura plus tôt de vous mercis.

(…)

Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre »

Le Testament, connu comme l'Epitaphe de Villon, fin 1462, Paris (10),

Et c'est cette prière dont la force et la ferveur n'ont pas faibli à travers les âges, c'est ce magnifique appel à la compassion, au pardon, ou à la simple humanité qui résonnent encore en nous, spectateurs de Villon, à la fin de la pièce, comme ils résonneront sans doute encore longtemps à travers les pays et les siècles.

Notes :

(1) La pièce a été présentée au Odyssey Theatre (2055 S. Sepulveda Blvd., Los Angeles) jusqu'au 23 mars 2013.

(2) Entre autres accomplissements, il faut souligner que Murray Mednich fut un pionnier des mouvements OFF and OFF Broadway dans les années 60 et 70, et fondateur et directeur artistique du Festival/Atelier Padua Hills Playwrights à Los Angeles de 1978 à 1995.

(3) François de Montcorbier dit Villon (né en 1431, disparu en 1463).  Edités en 1489 par Antoine Vérard, ses poèmes connaîtront une grande célébrité après sa mort: 34 éditions se succéderont jusqu'au milieu du XVIe.

(4) La poésie et la vie de Villon ont en effet inspiré une incroyable quantité d'œuvres de toutes sortes à travers différents pays, entre autres l'Allemagne, l'Angleterre, le Japon, l'Amérique, la Russie, l'Europe de l'Est, etc. – surtout dans la première partie du XXème siècle. Des versions cinématographiques de Villon ont été jouées entre autres par John Barrymore, Douglas Fairbanks Jr. et Errol Flynn. Pour la littérature, mentionnons au passage Berthold Brecht, dont le Baal (1918-19) est basé sur Villon, et pour l'opéra, Le Testament (1921-22), d'Ezra Pound.

Villon book cover                                       Villon pound

Villon je

(5)
Avec des références répétées, et d'ailleurs assez irritantes, aux «adolescents» que sont les spectateurs.

(6) Ce personnage, qui s'appelait en réalité Guillaume de Villon, et dont le poète reprit plus tard le patronyme, est aussi désigné dans la pièce sous le nom de François Villon, ce qui accentue les effets de dédoublement et de confusion des identités recherchés par l'auteur.

(7) Mednick semble ainsi suggérer que chacun de nous est un acteur – que nous sommes tous «en représentation » dans une société du spectacle où tout n'est plus qu'images et apparences, et où la vérité et l'identité des êtres se dissout dans une facticité généralisée.

(8) Voir mise en musique du poème dans l'album "Le vent", de Brassens, 1953.

 

(9) La ballade fait son apparition au XIVème siècle. Elle comporte 3 strophes et une demi-strophe ou envoi. Comme le rondeau, cette forme poétique disparaîtra à partir du XVIème siècle mais les Romantiques la redécouvriront au début du XIXème siècle.

(10) On s'accorde à penser que «La Ballade des Pendus » fut composée par Villon alors qu'il était emprisonné et condamné à être pendu, mais le fait n'est pas complément établi.

Villon Balade

La paperasserie (red tape) – perspective americaine

 

by Julia Frey
(julia.frey@aya.yale.edu)

 

publié avec la permission de l’auteur

How do you say “Catch 22” in French?

My husband and I need French permis de conduire (driver’s licenses). Makes me nervous. French paperasserie (red tape) is notorious. Of course, bureaucracy has a bad rep everywhere. Lately Le Monde discussed the nightmare of trying to pay a fine in Russia. And we won’t even mention the U.S. Immigration Service. Besides, what am I afraid of? A recent sondage (poll) says “73.2 pour cent (%) des Français” are proud of their fonctionnaires. The five to six million employées of la fonction publique (literally: public functioning), who represent 20 to 25% of the working population of France, are a class act. Civil servants run all government agencies, from la Poste (the post office) to the Elysée Palace, including hospitals and l’Education Nationale. Access to these jobs is exclusively by competitive exam and includes lifetime job security. The French consider this le rêve (a dream job).

Still, it’s a love-hate relationship (“je t’aime moi non plus”). Look up bureaucratie in Robert’s Dictionnaire. First definition: “l’influence abusive de l’administration” (misuse of official power). Napoléon’s improvement on the centralized administration inaugurated by Louis XIV’s finance minister, Jean-Baptiste Colbert, was to give local prefects executive power, thereby attaching the hands of petty bureaucrats to the long arm of the nation. Georges Clemenceau (1841–1929), twice prime minister, noted humorously, “France is an extremely fertile country: If you plant fonctionnaires, what grows is taxes”. He further commented, “Fonctionnaires are like books in a bookcase. It’s the ones on the top shelf that get the least use”. Maybe that’s why fonctionnaires are called ronds de cuir (literally, rounds of leather). A rond de cuir is a cushion shaped like an inner tube, for people who’ve developed hemorrhoids from sitting too long.

But back to our driver’s licenses. First stop, la gendarmerie (police station), where a smiling fonctionnaire leans toward us conspiratorially. “Don’t get a permis de conduire”, she says. “Just use your foreign one. We don’t give traffic points to non-French licenses”. I’m astonished to hear an official suggest using the “système D” (for débrouillard — i.e. finding a clever, but unofficial way around a problem). But what if we have an accident? Answer: The insurance wouldn’t pay. So we’re off to the sous-préfecture for licenses, bringing the required papiers: passports, photos, current driver’s licenses, birth certificates, and preuves de domicile (proof of address).

It’s a little like the supermarché fish counter: take a number, faire la queue (wait in line). Our turn finally comes. The fonctionnaire just needs to verify la réciprocité. Quoi ? Since there’s no national U.S. driver’s license, France requires a separate reciprocity agreement with each state. Only some states have them. Auguste has a New Jersey license. New Jersey n’est pas sur la liste.

“So what should I do?” he asks.

“You have to go to driving school”, she says, “then pass a driving test”.

“But I passed my test in Holland when I was 18 years old”.

“Why didn’t you say so? France has réciprocité with les Pays-Bas”.

Auguste tossed his expired Dutch license years ago. Pas de (pro) blème. Just ask Dutch authorities to document you’ve had a license. At gendarmerie, declare license lost. At préfecture provide documentation and declaration, plus self-addressed, stamped envelope. Eventually you’ll get French license.

My turn. Colorado has réciprocité. Extra (extraordinaire, great) ! I sail through, pocketing temporary license and providing SASE. Envelope arrives—no license. Inside, letter requesting copy of my titre de séjour (long-stay visa). Wait a minute! As the non-working wife of a European, legally I don't need a visa. But in l’administration, sometimes the right hand doesn’t know what the left hand is doing. The legislation is complicated, and fonctionnaires famously devise information au pif (by nose, i.e., by the seat of their pants), or worse, à la tête du client (depending on whether they like your face) Four email exchanges, five trips to the wrong offices, and no official can help me out. Everyone says something different. C’est Kafkaïen (Kafkaesque). Finally they insist I get a visa anyway. Want to say “Catch 22” in French? Try cercle vicieux or situation inextricable.

I wait for hours outside the préfecture for a chance at one of the 49 daily appointments to apply for long-term visas. The 293 people behind me in line don’t get one. I show the fonctionnaire all the required papiers. “Mais où est votre mari ?” My husband? I didn’t bring him—“Il n’est pas sur la liste !

If you can’t fight city hall, make fun of it. In Paris as I write, not one but two comedies mock civil servants: one about a fonctionnaire who wants to organize a general strike so he can go to a soccer game, the other a revival of Georges Courteline’s 1911 play Messieurs les Ronds-de-Cuir.

 

Les vidéo clips du mois –
Arthur Benjamin fait « Mathémagie »
(et donne aussi des conseils pedagogiques)

" Les mathématiques sont la poésie des Sciences"
Léopold Sédar Senghor

Le mathémagicien Arthur Benjamin présente un spectacle en direct dans lequel il défie des calculatrices de poche au calcul du carré de nombres à 3 chiffres, résout mentalement une équation mathématique énorme et devine quelques jours de naissance. Comment fait-il? Laissez-le vous expliquer.

 

Il y a toujours quelqu'un pour demander à son professeur de mathématiques : "Vais-je un jour me servir dans ma vie du calcul ?" Et pour la plupart d'entre nous, selon Arthur Benjamin, la réponse est non. Il nous propose une audacieuse manière de transformer l'enseignement des mathématiques pour la rendre pertinente à l'ère du numérique.

 

 

 

Comment j'ai detesté les mathématiques (bande-annonce)

  

 Lecture supplémentaire :

Martin Gardner
Age : 8 ans et plus
Dover Publications; First Edition edition (June 1, 1956)