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Fabienne Bergmann – linguiste du mois de juillet 2018

Pour l'amour de la langue

FabienneNotre nouvelle contributrice, Fabienne Bergmann, traductrice hebreu>francais (ainsi que anglais), fait partager sa passion tant pour sa langue maternelle que sa langue adoptée. Son site se trouve à www.traduc71.com 

Fabienne est née et a grandi en à Strasbourg et elle est venue en Israël à l'âge de 18 ans. Elle a étudié l'histoire et l'histoire de l'art à l'Université Hébraïque de Jérusalem et  possède une maîtrise d'histoire. Elle a aussi un diplôme d'enseignement de l'hébreu et pendant dix ans a enseigné l'hébreu comme langue étrangère à l'Université Hébraïque ainsi que dans nombre d'autres cadres à des populations variées. Fabienne a étudié la traduction à l'université Bar-Ilan et est traductrice-interprète. Elle suit régulièrement des cours de perfectionnement de l'Académie de la langue hébraïque. Elle a traduit vers le français et vers l'hébreu nombre de pièces de théâtre, de la littérature, de la poésie, des livres et articles scientifiques, des documents commerciaux et juridiques. Fabienne fait de la traduction simultanée et a écrit romans et nouvelles dans les deux langues.

Fabienne est comédienne amateur et a joué dans plusieurs pièces, dont une de son cru, De Minsk à Pinsk, en français et en hébreu.

Elle a  trois enfants et huit neuf petits-enfants.

Ben YehudahFabienne Bergmann dévoile dans l'interview qui suit son rapport à l'hébreu moderne de Eliezer Ben Yehuda.

Les propos ci-dessous ont été recueillis par Nicole Perez et l'entretien a été publié dans l'édition française du JERUSALEM POST le 16 fevrier 2018. La dernière question a été redigée par Jean Leclercq et posée à Mme. Bergman de la part du blog.

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Pensez-vous en français ou en hébreu ?

Bonne question. Je me pose moi-même souvent la question dans quelle langue je rêve, et là, je n'ai pas de réponse évidente. Par contre, au niveau de la réflexion consciente, j'en ai et c'est incontestablement : dans les deux langues. Cela dépend sans doute du sujet appréhendé, du contexte ou des personnes ou textes éventuellement impliqués.

L’Ultime Démarche : La France veut détrôner l’anglais de l’UE

AudreyPouligny (2)L'article qui suit a été traduit par notre contributrice,  Audrey Pouligny, à partir d'un article qui est paru recemment dans Wall Street Journal.  Audrey est une juriste qui traduit de l’anglais vers le français en mettant au service de ses clients sa connaissance approfondie du droit civil et de la common law. Elle est admise au Barreau de Paris et bénéficie d’une expérience en contentieux, tant en France qu’aux Etats-Unis, dans des domaines de droit variés. Audrey est membre de la Northern California Translators Association (NCTA) et de la American Translators Association (ATA). Quand Audrey ne traduit pas, on peut la trouver dans un studio de danse en train de prendre un cours.

À l'heure où le Royaume-Uni négocie dans la perspective de quitter l'Union Européenne au printemps prochain, le Président français Emmanuel Macron suggère de faire du français la lingua franca de l'UE en lieu et place de l'anglais.

Cependant, remplacer l'anglais ne sera pas chose aisée pour le futur bloc des 27 pays de l'UE. De ses 24 langues officielles, il en résulte 552 combinaisons de traduction, aboutissant ainsi à un nombre très élevé et très peu commode, exigeant de fait un raccourci. Selon les statistiques officielles, l'anglais est de loin la première langue enseignée dans les pays appartenant à l'UE. Pour plus de 80 % des élèves du primaire et plus de 95 % des élèves du secondaire, l'apprentissage de l'anglais devance toute autre langue. Et pourtant, le Brexit est synonyme de rétrogradation pour l'anglais. Aujourd'hui, l'anglais est la langue officielle de 12,8% des 511 millions d'habitants de l'Union. Après le départ de la Grande-Bretagne, l'anglais ne sera plus que la langue officielle de deux pays au sein de l'Union : l'Irlande et Malte.

La Présidente lituanienne Dalia Grybauskaite a déclaré que toute décision concernant le régime linguistique de l'Union ne saurait être « dissociée » de la réalité. « L'anglais est la langue la plus usitée afin de communiquer au sein de l’Union et les gens continueront à l'utiliser, d'autant plus qu'il s'agit de l’une des langues officielles de l'Irlande et de Malte. »

Un défi somme toute plus modeste, mais peut-être pas moins colossal pour autant, consisterait en l'amélioration de l'utilisation de l'anglais au sein de l'UE. Le principal organisme de traduction de l'Union Européenne déclare que 81 % des documents de l'Union sont rédigés en anglais, 5 % en français, 2 % en allemand, et le reste dans les 21 autres langues. Pourtant, seulement 2,8% du personnel de l'UE est britannique. Ce déséquilibre a incité le traducteur anglais Jeremy Gardner à rédiger un guide de mots et de phrases fréquemment utilisés à mauvais escient. Ce dernier explique que beaucoup de formulations étranges sont le résultat de traductions du français faites à moitié.

Le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, originaire du Luxembourg, s'exprime fréquemment en public tant en français qu'en allemand. Ce dernier s'avère être un allié du Président Macron dans sa bataille pour la restauration de la place de la France. « Pourquoi la langue de Shakespeare devrait-elle être supérieure à celle de Voltaire ? » s'interrogeait-il récemment sur la télévision française. « C'est à tort que nous nous sommes tant anglicisés. » 

 

BREXIT – perspective linguistique
21/-6/2016

Brexit and standard English
Irish Legal News
1/7/2016

Brexit : le français peut-il redevenir la langue de travail de l'Union européenne ?
TV Monde, 11 aout 2018

 

Brexit c. Bernard-Henri Lévy

 

Isabelle PouliotL'article qui suit a été traduit par notre fidèle contributrice, Isabelle Pouliot, à partir d'un article qui est paru dans l’hebdomadaire britannique The Economist. Isabelle est traductrice agréée de l'anglais vers le français de l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ). Elle a adoré se colleter à l’humour typiquement british de l’auteur.

DEPUIS le résultat du référendum sur la sortie de l'Union européenne, un nombre saisissant de Britanniques présentent des symptômes d'une nouvelle pathologie du système nerveux, le « Brexit derangement syndrome » (trouble délirant du Brexit). Ce trouble touche certaines personnalités de premier plan du pays. L'ancien ministre travailliste Lord Adonis a soutenu que le Brexit était « principalement une création de la BBC ». L'ancien stratège de Tony Blair, Alastair Campbell, a tonitrué à la cornemuse l'Ode à la joie [NDT : hymne de l'UE] sur une plage de Brighton.


HenriRécemment, c'est Bernard-Henri Lévy qui a nous démontré que le trouble délirant du Brexit n'est pas une pathologie strictement britannique. Suffisamment célèbre pour être connu sous ses seules initiales, BHL cultive soigneusement son image d'intellectuel français de renom. Il porte de coûteux costumes, des chemises blanches déboutonnées presque jusqu'à la taille et arbore une coiffure savamment érigée. On peut lire régulièrement ses opinions sur une vaste gamme de sujets, allant du génocide à la gastronomie. Il est convaincu que le Brexit rendra l'Angleterre plus insulaire et privera l'UE de son « cœur libéral ». Jusque là, cette sensiblerie l'honore. Cependant, BHL s'est aussi convaincu qu'il est l'homme qui étouffera cette révolte populaire.

C'est ainsi qu'il a interprété en solo le 4 juin dernier au Cadogan Hall de Londres une pièce de théâtre intitulée Last Exit Before Brexit. Au bar, la langue la plus communément parlée était le français, suivi de l'allemand. Les quelques spectateurs qui parlaient anglais s'exprimaient avec un accent des plus distingué. La pièce consiste en un monologue de 90 minutes, dont la chute est : « S'il vous plaît, restez; oui c'est possible, dernière sortie avant le Brexit ».

L'idée qu'un Français occupe les planches d'un théâtre de Chelsea et admoneste les Britanniques pour les faire changer d'avis sur le Brexit est déjà on ne peut plus incongrue, mais l'interprétation de BHL n'a fait que renforcer le côté saugrenu de l'affaire. Il jouait son propre rôle, celui de Bernard-Henri Lévy enfermé dans une chambre d'hôtel de Sarajevo qui prépare un discours sur le Brexit. Il arpentait la chambre de long en large, affichait des images sur l'écran de son ordinateur, parlait au téléphone (participation de Salman Rushdie), s'immerge tout habillé dans une baignoire et passe la dernière demi-heure de la pièce totalement trempé.

BHL a servi des morceaux de choix à son auditoire tiré à quatre épingles : il a dénoncé Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères, comme étant étroit d'esprit (applaudissements nourris); il a énoncé que le Brexit réduira l'Angleterre au statut de petite île (applaudissements encore plus nourris) et a exigé « l'annulation de cette catastrophe » (salve d'applaudissements). Cependant, la plus grande partie de la pièce mettait en valeur ses marottes : la trahison de l'Europe envers les Balkans, la laideur des billets de l'euro (« donnez-nous des visages, pas des ponts! », les excès du mouvement #MoiAussi, sa superbe chevelure et sa remarquable habileté à rendre les femmes rigides lorsqu'elles jouissent. Ce n'était peut-être pas du grand théâtre, mais, jusqu'à présent, c'est la démonstration la plus spectaculaire du trouble délirant du Brexit.

 

Lecture supplémentaire :

Ceux-là avaient flairé le Brexit

BREXIT – perspective linguistique

Brexit and standard English
James Nolan

Irish Legal News

Fighting Brexit, with Six Hundred Croissants
"Ceci n'est pas qu'un crossant"

Histoire, littérature et ballon rond britanniques

Harry & Harry, les deux rois d’Angleterre -  en passant par le prince Harry. 

Comme le savent tous ceux qui ont suivi les cérémonies du mariage du prince Henry, petit-fils de la Reine Elisabeth II, Harry est, souvent, chez nos amis britanniques,  le diminutif d'Henry.

Ainsi, Henri V d'Angleterre (1387-1422), qui régna de 1413  à 1422, s‘appelait « Harry ».  

À la suite de la mort de son père en 1413, Henri prend les rênes du pays, et relance les combats contre les Français, connus sous le nom de guerre de Cent Ans, qui opposent les deux pays de 1337 à 1453.  Ses succès militaires, qui culminent lors de la bataille d'Azincourt, le 25 octrobre 1415, lui font entrevoir la possibilité  de s'emparer du royaume de France. Après plusieurs mois de négociations avec Charles VI (très fragile psychologiquement et sujet à des accès de folie), le traité de Troyes,  signé en 1420, reconnaît Henri régent et héritier du trône de France.  Mais, trois ans plus tard, Henri meurt au château de Vincennes, près de Paris. Par la suite, tous les souverains britanniques portèrent le titre de roi de France, jusqu'à ce que Bonaparte les forçât à y renoncer lors de la paix d'Amiens (1802).

Jusqu'à ces derniers jours, l’Angleterre possédait un nouveau roi Henry – du moins, jusqu'à une certaine défaite face à la Croatie.  Il s’appelait Harry Kane.

Henry 5th   Harry  
Henry V

 Le Prince Henry,

du de Sussex

Harry Kane

Voici une citation d’Henry V, la grande fresque historique de Shakespeare, suivie par un clip vidéo adaptant ce texte au match Angleterre-Croatie, prononcé par l’acteur britannique, Jeremy Irons. [Il faut cliquer deux fois sur l'image du clip.]

 

  Greyhounds

 

L'ardeur légendaire des joueurs croates nous a sans doute évité un nouvel épisode de la longue rivalité entre la France et l’Angleterre, voire une remise en cause des conditions de la paix d'Amiens ! .  

Jonathan Goldberg & Jean Leclercq

Note linguistique.

Le mot cravate est une déformation de croate (hrvat). Sous le roi Louis XIII, fut constitué un régiment de hussards croates qui portaient une écharpe blanche autour du cou. Par la suite, ce régiment devint très officiellement le Royal Cravattes. Le mot cravate fut repris pour désigner la bande de tissu servant à fermer le col de la chemise, accessoire vestimentaire désormais banni du costume, sans doute sous l'influence insidieuse de l'Islam radical qui l'a en horreur ! 

Jean Leclercq

L’expression anglaise du mois – Warts and all

ou la vérité toute crue

 

L'article qui suit a été adapté par notre fidèle contributrice, Magdalena Chrusciel, à partir d'un article sur le site The Phrase Finder.

 

Quelle est la signification de l’expression « Warts and all » ? La chose telle quelle, « avec les verrues et tout « 

L’origine de l’expression

Peter_Lely - Portrait_of_Oliver_CromwellCe sont les instructions d’Oliver Cromwell au peintre Sir Peter Lely, lors de la commande de son portrait, qui seraient à l’origine de l’expression.

A l’époque où il aurait prononcé ces paroles, Cromwell était Lord Protecteur d’Angleterre, soit le chef du gouvernement. Quant à Lely, devenu portraitiste attitré de Charles I après la restauration de la monarchie en 1660, il fut ensuite nommé peintre principal ordinaire de Charles II.

Comme c’était l’usage de son temps, il cherchait par son style de peinture à flatter son modèle. Les membres de la royauté, notamment, s’attendaient à ce que leurs portraits les représentent sous le meilleur jour possible, voire plus beaux que nature. Ainsi, le portrait de Charles II par Lely le montre tel que ce qu’on pouvait attendre d’une peinture de chef d’Etat au 17e siècle. Les mollets royaux bien formés y sont dépeints à leur avantage – une caractéristique très recherchée à l’époque.

Cromwell, lui, préféra être montré comme un gentilhomme à l’allure martiale ; il était réputé pour être réfractaire à toute forme de vanité personnelle. On oppose souvent le puritain à la tête ronde au fringant cavalier pour rendre compte de la différence de style entre les deux camps opposés dans le Commonwealth britannique, et par la suite à la Restauration. Il est tout à fait plausible qu’il instruisit d’exécuter son portrait sans embellissement d’aucune sorte, tout comme il est peu probable que Lely eût modifié son style en exécutant un portrait « nature » de Cromwell si cela ne lui avait pas été expressément demandé.

“Le football n’est pas une question vitale. C’est bien plus important que cela ! “

Bill Shankly – footballeur et entraineur de football ecossais
 

FIFALes médias ont tellement disserté sur la Coupe du Monde de football qui se déroule actuellement en Russie qu'il est très difficile d'aborder le sujet sous un angle quelque peu original. Donc, nous avons choisi de vous parler d'une technique de frappe du ballon, très en usage non seulement sur les terrains de foot mais aussi dans d'autres sports comme le tennis, le cricket et  le Magnus golf. Nous voulons parler de cet effet aérodynamique qui s'appelle "l'effet Magnus" (ou "la force Magnus")  et qui n'a rien à voir avec l'effet qu'a pu produire le jeune Norvégien Magnus Carlsen depuis qu'il s'est lancé dans le monde des échecs.
Les joueurs les plus célèbres ne savent probablement pas que quand ils font tournoyer [1] la balle avec tant d'habileté, ils profitent effectivement de l'effet Magnus.. [2]

 
 
 

L’effet Magnus, découvert par Heinrich Gustav Magnus (1802-1870), physicien allemand, permet notamment d’expliquer les effets de balle dans le sport et le fonctionnement de certains modes de propulsion. En 1761, un jeune ingénieur britannique, Benjamin Robins, fut le premier à mentionner l'existence d'une force de portance s'exerçant autour d'un corps en rotation. On parle donc aussi de force de Magnus-Robins. (traduit de Wikipedia)
 
Notes linguistiques :

1. Le verbe anglais est to spin (transitif) une balle, ou to put a spin on (intransitif) une balle – en français donner de l'effet à une balle. Le substantif est spin, un mot qui a d’autres sens dans différents contextes.

2. Les règles du football association ont été codifiées en Angleterre en 1863 et le terme de football association a été consacré pour distinguer ce jeu des autres formes de jeu pratiquées à l'époque, singulièrement le rugby. Quant au terme soccer, il est entré dans l’argot étudiant britannique en 1895, par abréviation de l’expression anglaise association football (« assoc. »). Dans le monde anglophone, le football association est désormais appelé football au Royaume-Uni et soccer au Canada et aux Etats-Unis. D'autres pays, comme l'Australie, l'Irlande et la Nouvelle-Zélande peuvent utiliser indifféremment les deux termes. En anglais on ne designe jamais le sport "foot", qui veut dire simplement "pied".
 
  
Le Monde, 05.04.2014
 
Lecture supplémentaire en anglais :
 
Soccer 1 Soccer2

Gold Medal Physics            The Science of Soccer
The Sciences of Sports      
John Eric Goff                           John & Wesson
2009                                           2012
 
Jonathan J. & Jean L.