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Projet de route francophone en Nouvelle-Angleterre ?

Un itinéraire touristique dans l'est des États Unis reliant les villes francophones du Maine, du New Hampshire, du Massachusetts et du Rhode Island sera inauguré à la fin de l’été 2019.

  ROUTE

Existe-t-il un point commun entre Lewiston et Biddeford, dans le Maine, Manchester dans le ,New Hampshire, et Woonsocket, dans le Rhode Island ? Il semble bien puisqu''il y a un siècle, plus de la moitié de la population de ces villes américaines parlait français. En effet, on estime que, de 1840 à 1930, environ un million de Canadiens francophones ont quitté la province de Québec pour aller travailler dans les villes ouvrières de la Nouvelle-Angleterre, berceau de la révolution industrielle en Amérique du Nord.

Cet exode s'explique par la présence de familles nombreuses au Canada et la pénurie e main-d’œuvre de l'autre côté de la frontière. Du côté américain, les usines de caoutchouc et les peignages et les filatures -  industries de main-d'œuvre – se multiplient dans le nord-est des Etats-Unis. Comme la Nature a horreur du vide, les industriels  se tournent donc vers le voisin québécois  Des recruteurs sillonnent les campagnes. En 1850, la commune de Saint-Ours, dans la vallée du Richelieu, au sud-est de Montréal, fournit  à elle seule 27% des migrants employés dans les filatures de Woonsocket (Rhode Island). La migration s’accélère avec la guerre de Sécession, car il faut remplacer les hommes partis au front. En 1920, les trois-quarts de la ville parlent français.

      Boutique

Une boutique québécoise à Manchester (New Hampshire)  vers 1915.
Le patronyme Parizeau fleure bon la Saintonge,
l'une des provinces françaises d'où partirent beaucoup d'émigrants. © Ulric Bourgeois

« Le français n’est plus autant parlé en Nouvelle-Angleterre de nos jours », regrette Anne Conway, la directrice du musée consacré à l’histoire des migrants francophones à Woonsocket. La culture franco-québécoise, cependant, est toujours présente dans la région. Elle est préservée par plusieurs musées, universités, sociétés de généalogie et associations francophones. Les plats servis lors des fêtes de fin d’année sont typiquement québécois :les cretons, la tourtière, le ragoût de boulettes, la tarte à la ferlouche [1] ou encore le pouding chômeur.

Un itinéraire de 750 kilomètres

Les villes de Woonsocket, Manchester, Biddeford et Lewiston pourraient bientôt partager plus qu’un passé et des spécialités gastronomiques. Le maire de Québec, l’un des fondateurs du Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique, a récemment encouragé les 140 agglomérations membres de l’association à « travailler ensemble » et à « créer des routes » entre elles. Une consigne appliquée à la lettre.

La « Franco-Route of New England », prévue pour la fin de l’été 2019, reliera les villes de Lewiston et Biddeford dans le Maine, Manchester dans le New Hampshire et Woonsocket dans le Rhode Island, membres du Réseau des villes francophones. Un itinéraire de 750 kilomètres. Dans chaque ville étape, les restaurants seront invités à traduire leur carte en français et à proposer des spécialités québécoises. Le projet, qui a reçu le soutien de la Délégation du Québec à Boston, intéresse désormais également les villes de Lowell et Salem, dans le Massachusetts, et de Skowhegan, dans le Maine.

« Cette route existe déjà », sourit Anne Conway, la déléguée du Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique à Woonsocket. « C’est l’Interstate 95 : nombre de Québécois l’empruntent pour aller faire des recherches généalogiques aux Etats-Unis ou visiter le lieu de naissance de leurs grands-parents. Mais officialiser ce lien favorisera les échanges entre les villes francophones de la Nouvelle-Angleterre. »

Jean Leclercq

[1] Selon Jeanne Benoît, grande prêtresse de la cuisine québécoise, la tarte à la ferlouche se prépare ainsi :

Prévoir :

une tasse de farine,

une tasse de mélasse,

une tasse d'eau,

une 1/2 tasse de raisins secs,

une 1/2 cuillière à soupe de beurre,

un fond de tarte cuit.

Mettre dans une casserole la farine, la mélasse et l'eau. Delayer le tout et faire cuire jusqu'à consistance de crème épaisse et lisse, en brassant sans arrêt. Ajouter ensuite les raisins secs. Lorsque le mélange devient transparent, ajouter le beurre et verser dans le fond de tarte cuit et servir froid.

L'article ci-dessus est, pour l'essentiel, repris de l'hebdomadaire  France-Amérique du 5 octobre 2017.

Lectures supplémentaires:

La Ruée vers le Sud : Migrations du Canada vers les États-Unis, 1840-1930

Bonjour, America
New York Times
23 July, 2013

 

 

1968 – Quelques souvenirs personnels

Il est des événements historiques qui ont eu un tel retentissement dans le monde que ceux qui les ont vécus (tout au moins à l'âge adulte) se souviennent très exactement de l'endroit où ils se trouvaient lorsqu'il ont appris la nouvelle.  Tel fut le cas pour l'assassinat de John F. Kennedy, le 22 novembre 1963, à l'âge de 46 ans. Beaucoup de gens, nés dans les années quarante ou avant cela, se souviennent de l'endroit où ils se trouvaient lorsque la nouvelle s'est répandue dans le monde.

JFK funeral

Jacqueline Kennedy, veuve de John Kennedy, aux funérailles de celui-ci, avec sa fille Caroline (actuellement ambassadrice des États-Unis au Japon) et son fils, John F. Kennedy, Jr., mort à  l’âge de 38 ans, dans un accident d'avion. À droite, Robert Kennedy.


L'assassinat, moins de cinq ans plus tard, d'un frère cadet du président, Robert (dit Bobby) Francis Kennedy, le 5 juin 1968, à l'âge de 42 ans, n'a pas laissé une empreinte aussi forte dans les esprits. (Je me souviens l'avoir appris à la radio, dans un taxi de Tel Aviv.)  Alors qu'il venait de remporter les primaires de Californie et faisait figure de favori démocrate aux prochaines
élections présidentielles, Robert Kennedy fut abattu par
Sirhan B. Sirhan (condamné à mort, peine commuée en prison à vie en 1972, actuellement âgé de 74 ans). “Bobby” a été assassasiné juste après avoir prononcé son discours de victoire à l'hôtel Ambassador de Los Angeles, alors qu'il quittait les lieux par une sortie menant aux cuisines de l'hôtel.   

            RFK 2  


              Photos prises à quelques minutes d'intervalle
                   à l'hôtel Ambassador de Los Angeles.

RFK SchoolsLongtemps demeuré dans le centre de Los Angeles, l'hôtel Ambassador a ensuite été démoli  en 2005 pour céder la place aux  Robert F. Kennedy Community Schoolsun groupe scolaire occupant un vaste espace. Dans le cadre de mon activité d'interprète, je suis appelé à intervenir de temps en temps dans ces écoles, souvent pour des parents originaires d'Afrique. (Ces écoles sont ethniquement très mélangées ; les directeurs, enseignants et élèves y sont de toutes races et ethnies. Cela tranche radicalement avec les écoles exclusivement blanches et masculines de l'Afrique du Sud de l'apartheid où j'ai fait mes études.)

 

J'écris ces lignes en attendant d'interpréter. Je songe à l'année 1968, au cours de laquelle Bobby Kennedy a été tué.  À mon micro-niveau personnel, cette année a une valeur historique en ce sens qu'elle fut celle de la naissance de mon fils aîné. Au macro-niveau collectif, ce fut aussi une des années les plus tumultueuses du 20ème siècle. Pour les Français, elle sera Cohn-Benditle plus étroitement associée aux émeutes étudiantes lancées par Daniel Cohn-Bendit à l'université de Nanterre en mai et qui déclenchèrent une série d'événements menant la France au bord de la révolution. Mais, d'autres événements importants se déroulèrent également dans le monde au cours de cette année-là. 

En janvier, le Vietnam du Nord lança l'offensive dite du Têt contre les Etats-Unis et le Vietnam du Sud, marquant le début du désengagement américain du conflit vietnamien. 

Le 4 avril, Martin Luther King Jr. fut assassiné et la nouvelle en fut annoncée au monde par Robert Kennedy.

MLK assassination


À Paris, toujours en avril, des chirurgiens de l'hôpital de la Pitié-Salpétrière réalisèrent la première greffe du cœur en Europe.

En août, les espoirs de libéralisation du Printemps de Prague s'évanouirent Prague 1968avec l'irruption de blindés et d'avions soviétiques en Tchécoslovaquie, à l'occasion de la plus vaste opération militaire entreprise en Europe depuis la dernière guerre mondiale.


Pendant les Jeux Olympiques organisés à Mexico en octobre, deux athlètes noirs américains ont silencieusement protesté contre la ségrégation raciale Olympicgames 68aux États-Unis. Lors de la remise des médailles d'or et de bronze du 200 m., les deux coureurs baissèrent la tête et levèrent un poing ganté de noir pendant l'exécution de l'hymne national américain, geste décisif pour le mouvement en faveur des droits civiques des minorités aux États-Unis. 


Enfin, en décembre 1968, Apollo est devenu le premier The Apollo
vaisseau spatial habité à orbiter autour de la lune. La veille de Noël, trois astronautes ont tourné dix fois autour de la lune à la vitesse record de près de 40.000 km/h.  

Avec ceux de nos lecteurs tentés par l'approche uchronique de l'histoire [1], je me suis plu à rêver à ce qu'il serait advenu des États-Unis et du monde si Robert Kennedy n'avait pas été tué et s'il était devenu Président de l'Union, au lieu du candidat républicain, Richard Nixon.

Comme toutes les bonnes choses, mes brèves réflexions sur les problèmes Eduspeakdu  monde ont une fin. Il me faut maintenant m'attaquer mentalement au problème aussi banal que redoutable de la maîtrise du “jargon-pédago”, et cela afin de traduire des termes comme auditory processing disorders (troubles du traitement auditif), sensory motor skills (aptitudes senso-motrices), contextualized information (information contextualisée), attention deficit (déficience de l'attention) and asynchronous learning (apprentissage asynchrone).

Peut-être devrais-je changer de nom et m'appeler Goodluck Jonathan.

 

« Qui ose échouer superbement, peut seul réussir un jour superbement.»

« Il y a ceux qui regardent les choses telles qu'elles sont et se demandent pourquoi… Je rêve de choses qui n'ont jamais existé et je demande pourquoi pas ? »

                                   Robert F. Kennedy

 

Lectures complémentaires:

What if Bobby Kennedy Had Become President?
Newsweek, 1 June 2008

Key figures associated with RFK’s assassination
NBC News, 9 July 2013

Éloge funèbre de Robert F. Kennedy par le sénateur Edward (dit “Ted”) Kennedy (5;36 minutes)

 

 Jonathan G.   Traduction : Jean  Leclercq



[1] L'ukronie est “une histoire refaite en pensée, telle qu'elle aurait pu être et qu'elle n'a pas été.” Ses propositions commencent toujours par “si” : si le nez de Cléopâtre, si la Garonne avait voulu, si Napoléon avait gagné à Waterloo ou si l'attentat ourdi contre Hitler en janvier 1945 avait réussi, etc.

 

Nicanor Parra, antipoète et mâle dominant, a disparu à l’âge de 103 ans

L’auteur et traducteur distingué, David Unger*, né au Guatemala et résident de la Floride, nous a aimablement permis de résumer et de traduire en français la notice nécrologique qu’il a signée récemment dans Paris Review sur Nicanor Parra, poète et physicien chilien iconique, disparu le 23 janvier dernier, à l’âge de 103 ans. Nous avons confié ce travail à notre traductrice surdouée, Nadine Gassie**, que nous remercions infiniment de sa prestation. Son texte témoigne de sa pleine possession de l’anglais et de l'espagnol. En effet, Nadine détient une maîtrise d'anglais de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour (1993) et un DESS de traduction littéraire de l'Institut Charles V, faculté d'anglais de l'Université Paris-Diderot (1994).

 

  David Unger   Clip - Parra  
Naadine rotated
 David Unger  Nicanor Parra  Nadine Gassie

 

In memoriam

Nicanor Parra est mort il y a un mois à l'âge de cent trois ans. David Unger revient ici sur une collaboration houleuse avec lui.

 

J'ai commencé à traduire le poète chilien Nicanor Parra en 1973, sur les conseils de Frank MacShane, mon prof de traduction à l'université Columbia. J'étais un petit poète sérieux à l'époque, foulard de soie et effluves de whisky, et mon meilleur copain était mon camarade de classe Frank Lima, un jeune Rimbaud ayant fait ses classes de poète en prison.

Après avoir lu Obra gruesa, une anthologie en langue espagnole, j'ai dévoré Poèmes et Anti-Poèmes et Poèmes d'Urgence. Puis je me suis mis en quête de poèmes non traduits. J'ai découvert Ultimo brindis, un poème mathématique cynique qui illustrait la philosophie antipoétique de Parra. Je l'ai traduit en anglais sous le titre Final Toast. Après l'avoir retravaillé en atelier à la fac, j'ai envoyé mon texte à la Massachusetts Review, que j'admirais depuis longtemps. Une semaine plus tard, une carte postale de l'éditeur, Jules Chametzky, me disait que le poème avait subjugué la rédaction et qu'ils voulaient le publier dans leur numéro suivant. Avec quinze dollars à la clé pour moi si je leur en donnais la permission. À vingt-deux ans, ce premier succès m'a fait tourner la tête, me faisant miroiter les attraits de la traduction.

En 1978, j'ai traduit avec Jonathan Cohen et Jonathan Felstiner The Dark Room and Other Poems d'Enrique Lihn, un autre poète chilien, pour New Directions. En 1982, j'ai cotraduit avec Lewis Hyde World Alone du Prix Nobel Vicente Aleixandre, pour Penmaen Press. Et quand New Directions a acheté les droits d'un nouveau recueil de Nicanor Parra, ils m'ont demandé d'en assurer l'édition. Dès le début, Parra a été déçu. Il avait espéré qu'Allen Ginsberg, avec qui il avait fait une lecture à l'Americas Society, serait son éditeur, alors que Ginsberg parlait à peine l'espagnol et que ce rôle ne l'intéressait pas. J'étais de plus un poète américano-guatémaltèque inconnu, de trente-six ans son cadet…

J'aimerais pouvoir dire que Nicanor et moi avons travaillé comme sur du velours. J'adorais sincèrement sa poésie, son style anarchique, humoristique et irrévérencieux, son absence de grandiloquence et de maniérisme littéraire. En bon poète, selon le précepte de T. S. Eliot, je l'ai pillé plutôt qu'imité dans mes propres vers. Mais en tant que son éditeur en langue anglaise, Nicanor m'a au mieux toléré, comme la toux tenace d'un catarrheux. Je n'ai jamais pu l'amener à surmonter sa déception que je ne sois pas Allen Ginsberg. À l'époque, Parra habitait dans la 110e rue à Manhattan, avec sa fille artiste Catalina, et je vivais avec ma famille dans la 113e rue. Nicanor était à un appel téléphonique de distance et quelques minutes à pied. Au téléphone, il était toujours évasif et réticent ; et chaque fois que j'allais le voir chez Catalina pour lui faire part de mes idées pour le livre, il me recevait en pyjama, pas rasé, ses cheveux gris en bataille, et il ne voulait parler que de sa traduction de Hamlet, en particulier son fameux « Être ou ne pas être » : Ser o no ser, He aquí el dilema.

Deux de ces visites m'ont fait prendre conscience que sa mise négligée était intentionnelle, une manière de manifester son dédain sans se montrer carrément impoli. Il était l'éternel trickster, fidèle à son non-conformisme, mais jamais sans motif. Rien d'étonnant à ce que sa poésie donne à ses lecteurs l'impression de recevoir un coup de revolver à bout portant : une détonation sourde, suivie du drapeau blanc de la reddition pointant comiquement le bout du nez hors du canon fumant.

En tant qu'éditeur, je tenais à rendre hommage à ses traducteurs précédents en incluant une grande partie de leurs textes déjà publiés. Je souhaitais néanmoins revoir certains passages, où selon moi les traducteurs s'étaient fourvoyés, en avaient fait trop, ou pas assez. Ginsberg et Ferlinghetti, par exemple, dans leur traduction du « Soliloque de l'individu », ont retranché deux vers de l'original. J'ai ainsi fait plusieurs suggestions à Miller Williams et W. S. Merwin pour des interprétations alternatives de certains passages ; Williams les a toutes acceptées tandis que j'ai dû batailler avec Merwin pour arriver à un compromis. Quant à Denise Levertov, elle a catégoriquement refusé que je republie sa traduction, pour protester contre la poignée de main échangée par Parra avec Mme Nixon à la Maison Blanche pendant la guerre du Vietnam, et son refus d'intervenir pour obtenir la libération de son neveu Angel, fils de sa sœur Violeta, emprisonné au Chili après le coup d'État de Pinochet. La lettre qu'elle m'a adressée était venimeuse.

Pendant la préparation du manuscrit, Parra ne cessait d'annuler nos rendez-vous et refusait de répondre aux questions que je lui envoyais par courrier, à trois rues de chez moi. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase, c'est quand j'ai donné El hombre imaginario, un magnifique poème lyrique parlant d'un homme au cœur brisé vivant en solitaire dans une grande maison, à Edith Grossman, traductrice en pleine ascension et auteur de Antipoetry of Nicanor Parra (L'antipoésie de Nicanor Parra). À mon insu, Nicanor avait envoyé ce poème à au moins quatre traducteurs différents. Lorsque je lui en ai demandé la raison, il m'a répondu que la traduction devait être comme une course de chevaux et qu'il devait pouvoir choisir le gagnant. Il était très sûr de son anglais, que je trouvais médiocre, et l'arrogance de sa réponse m'est plus ou moins restée en travers du gosier.

J'ai alors demandé à le voir sans délai afin de discuter de mon rôle d'éditeur. Nous nous sommes retrouvés au Hungarian Pastry Shop en face de la cathédrale Saint-Jean le Théologien, près de l'Université Columbia. Je ne me rappelle pas comment il était habillé, mais je suis sûr qu'il s'était attifé pour l'occasion, s'attendant à ce que je jette l'éponge. Le cœur battant la chamade, je lui ai dit qu'en tant qu'éditeur, je ne pouvais tolérer ce genre d'entourloupe. La traduction est un art difficile, et il était hors de question que je mette en concurrence, comme des chevaux de course, des traducteurs respectés, et amis à moi par-dessus le marché. Nicanor m'a écouté sans broncher et sans toucher à son thé. De temps en temps, il pinçait les lèvres et m'opposait un visage inexpressif, évitant mon regard et jetant de fréquents coups d'œil aux étudiantes qui nous entouraient. Sans dire un mot, il s'est brusquement levé et il est parti. Il a regagné le Chili environ une semaine plus tard. Il n'a ensuite jamais répondu à mes appels ni à mes lettres. J'ai soupçonné que peu de gens s'étaient jusque là opposés à lui, et son silence était sa façon de souligner mon insignifiance, et son autorité. Après tout, Nicanor était un mâle dominant.

J'ai continué à travailler au manuscrit, révisant d'anciennes traductions, en commandant de nouvelles. J'ai soumis Antipoems: New and Selected à mon éditeur en chef Frederick Martin, qui l'a envoyé à Parra pour dernière révision. Parra étant un éternel insatisfait, il lui était difficile de se détacher d'un poème, tout comme de sa traduction de Hamlet, pour les laisser vivre leur vie. Il n'a jamais répondu à Martin, ni à aucun de ses interlocuteurs chiliens, même quand on l'a prévenu que le livre sortirait sans ses corrections finales s'il ne répondait pas dans les délais.

Le livre est paru en 1985 avec une formidable introduction de Frank MacShane. Plusieurs amis chiliens m'ont dit que Nicanor l'a détesté parce que j'avais publié des traductions qu'il était encore en train de peaufiner. Le coup de grâce, cependant, a été la couverture choisie par New Directions, pour laquelle il n'avait pas donné son autorisation. La photo de Layle Silbert, a-t-il commenté avec dédain, le faisait ressembler à un singe.

Vingt ans durant, Parra a ignoré le livre que j'ai édité. Chaque fois qu'il soumettait sa biographie pour des prix, des lectures et des publications, c'était comme si ce livre n'avait jamais existé. Et je n'ai plus eu de contact avec lui pendant six ans.

En septembre 1991, il a reçu le tout premier Prix Juan Rulfo à la Foire internationale du livre de Guadalajara. C'était un immense honneur, assorti d'une somme de cent mille dollars. Je couvrais l'événement pour le Publishers Weekly et, deux jours avant la remise du prix, je suis tombé sur Nicanor dans les allées de la foire. De façon assez surprenante, il m'a étreint joyeusement en me demandant : « Qué hay de tu vida? ». Une salutation chilienne classique. J'ai marmonné quelque chose d'incohérent, j'en suis sûr. M'avait-il pardonné, ou étais-je simplement un visage familier ? Je l'ai félicité et il m'a tapé dans le dos plusieurs fois. Puis il m'a dit que sa fille Catalina voudrait sûrement être présente pour la cérémonie de remise le surlendemain. Il m'a demandé de l'appeler à New York pour le lui proposer. « Dis-lui que je paierai son billet », m'a-t-il lancé cavalièrement. J'ai trouvé la requête plutôt étrange, d'autant qu'il était au courant de l'attribution du prix depuis plus de deux mois, mais elle était emblématique de son narcissisme latent. Je tenais vraiment à me racheter, sans pour autant faire ses quatre volontés. Je l'ai conduit au service de presse, où il l'a appelée lui-même gratuitement.

Je suis à peu près sûr que Catalina n'est pas venue (du moins ne l'ai-je pas vue), et bien que Nicanor et moi ayons continué à avoir beaucoup d'amis en commun, nous ne nous sommes jamais revus. Je le regrette parce que j'adorais vraiment beaucoup de ses poèmes et j'avais la conviction qu'avec ses compatriotes poètes chiliens Pablo Neruda et Gabriela Mistral, c'était un vrai pionnier.

Curieusement, avec le temps, Nicanor s'est mis à mentionner dans sa biographie et sa bibliographie le livre que j'avais édité. Qui sait… Peut-être…, me disais-je. Ou… peu importe, en fait.

Nicanor était un grand poète parce qu'il ne mâchait pas ses mots… et n'y allait pas par quatre chemins.

Comme il l'a écrit :

Pendant un demi-siècle
La poésie a été le paradis
Du bouffon solennel.
Jusqu'à ce que j'arrive

Avec mes montagnes russes.
Montez, si ça vous chante.
Mais je ne réponds de rien
si vous redescendez
en saignant de la bouche et du nez.

Extrait de « Montaña rusa » (Montagnes russes)

[version espagnola originale:

La Montana Rusa

Durante medio siglo 
La poesía fue 
El paraíso del tonto solemne. 
Hasta que vine yo 
Y me instalé con mi montaña rusa.

Suban, si les parece. 
Claro que yo no respondo si bajan 
Echando sangre por boca y narices.]

 ————————–

* Le dernier roman de David Unger s'intitule The Mastermind. Parmi ses autres titres : Ni chicha, ni limonada, The Price of Escape, Para Mí, Eres Divina, Life in the Damn Tropics. Il a traduit les œuvres de Rigoberta Menchú, Silvia Molina, Teresa Cárdenas, Mario Benedetti et bien d'autres, ainsi que le Popol Vuh, mythe de la création précolombienne au .

** Nadine Gassie et Océane Bies – linguistes du mois d'avril 2017

Le 21 février : Journée internationale de la langue maternelle 2018

Diversité linguistique et multilinguisme : des outils essentiels au développement durable et à la paix

 

Programme

Siège de l’UNESCO, Bâtiment Fontenoy, Paris; 10h à 12h, Salle IX, UNESCO

« La diversité linguistique et le multilinguisme comptent pour le développement durable »

À l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle 2018, célébrée chaque année le 21 février, l’UNESCO réitère son engagement pour la diversité linguistique et invite ses Etats membres à célébrer la Journée dans autant de langues que possible pour rappeler que la diversité linguistique et le multilinguisme sont essentiels pour le développement durable.

L’UNESCO célèbre la Journée internationale de la langue maternelle depuis presque 20 ans maintenant avec pour objectif de préserver la diversité linguistique et de promouvoir l’éducation multilingue fondée sur la langue maternelle.

La diversité linguistique est de plus en plus menacée à mesure que des langues disparaissent. Une langue disparait en moyenne toutes les deux semaines, emportant avec elle tout un patrimoine culturel et intellectuel.

On constate cependant des progrès dans l’éducation multilingue fondée sur la langue maternelle. Son importance est de mieux en mieux comprise, en particulier pour les premières années de scolarité, et l’engagement pour son développement dans la vie publique va croissant.

Cette année, l’UNESCO commémore le 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui stipule qu’aucune discrimination ne peut se baser sur la langue, et célèbre sa traduction dans plus de 500 langues.


“Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.”
 
Article 2, Déclaration universelle des droits de l'homme (link is external), 1948

 

Cette journée est aussi l’occasion pour l’UNESCO de mettre l’accent sur la diversité linguistique et le multilinguisme comme éléments clés pour le développement durable, et en particulier pour atteindre les cibles 4.6 et 4.7 de l’Objectif de développement durable 4 (ODD4) sur l’éducation.

Les Objectifs de développement durables s’appuient sur la diversité linguistique et le multilinguisme comme contribution essentielles à l’éducation à la citoyenneté mondiale. Ils constituent en effet des vecteurs de promotion du dialogue interculturel et du vivre ensemble.

Événément à l'UNESCO

Lors de cette journée, un débat d’experts se tiendra au Siège de l’UNESCO sur le thème : « Nos langues, nos atouts » en collaboration avec l’Organisation Internationale de la Francophonie (link is external).

 

Partenaire

 

Comment célébrer la Journée internationale de la langue maternelle dans votre école ?

Enseignants

  • Encourage les élèves à utiliser leur langue maternelle pour se présenter et parler de leur famille et de leur culture
  • Célébrer la culture en demandant aux enfants de lire une poésie, raconter une histoire ou chanter dans leur langue maternelle, exposer leurs peintures et dessins avec des légendes en langue maternelle.

Élèves

  • Demander combien de langues maternelles sont parlées par vos camarades. Réaliser une enquête sur les langues en interrogeant vos camarades et publier les résultats sur Internet.
  • Organiser des activités culturelles (films, pièces de théâtre, musique) qui célébrent différentes langues.
     

Ressources

Publications

Historique

 

INVITATION

Scribe UK invites you to celebrate
the publication of the English language edition of

Revolution

BY EMMANUEL MACRON

Macron English cover

Join the book's translators, Jonathan Goldberg and Juliette Scott, in conversation with Sarah Griffin-Mason, Chair of the Institute of Translation and Interpreting.

6.30-8.30 p.m. on Thursday, 16th November

John Sandoe Books
10 Blacklands Terrace, Chelsea, London SW3 2SR

Cheese and wine will be provided.

POST SCRIPTUM: NOW FULLY BOOKED

 

 

Excerpt from Translator's Note:

 

Jonathan 2017"Translation is a journey over a sea from one shore to the other…. I cross the frontier of language with my booty of words, ideas, images, and metaphors." (Amara Lakhous)

Translating words is very different from casually reading them. The dictionary definition of any given word is often insufficient to convey its exact nuance in the context. The translator has to excavate the meaning and bring order to impressions, guesswork and approximations and at the same time faithfully evoke the author's voice – his tone and style.

All translators work within two parameters: staying close to the source text, without being too literal, and going further afield without taking impermissible liberties. The clash between "literal translation" and "free translation" goes back many centuries – to Jerome, the patron saint of translators, or arguably earlier. In translating this book I often found myself groping for that fine line – the golden mean. Whenever I saw the light of day it felt like a small victory on the path toward clarity and readability.

——-

To better understand those segments of the source text that I found cryptic or ambiguous, I turned to my Jean Leclercq
friend and guru in all matters of French language, history and culture — Jean Leclercq. His intellectual prowess, energy and willingness to assist were an indispensable element of the collaborative enterprise.

Jonathan Goldberg

Los Angeles

 

President Macron speaks in favour of translators

At the Frankfurt Book Fair that ended on 14 October, the French president Emmanuel Macron paid homage to the translator's profession, and announced the creation of a "real" prize in France for translation into French. 

 

Le 23 octobre – le 200ème anniversaire de Pierre Larousse

Rene Meertens (1)Nous sommes heureux de retrouver notre contributeur fidèle, René Meertens, traducteur de  langue française. René a été  employé par l'ONU, l'Unesco, la Commission européenne et l'Organisation mondiale de la santé. Il est l'auteur, notamment, du "Guide anglais-français de la traduction", dont une édition numérique et une nouvelle édition papier sont parues récemment. [1] René a bien voulu rédiger l'article suivant à notre intention. 

 

Cent quarante-deux ans après sa mort,
on le consulte encore : Larousse

Larousse 1

Dans le monde francophone, les dictionnaires sont souvent connus sous le nom de leur auteur initial : le Littré, le Quillet, le Robert et… le Larousse.

C'est que nombre de dictionnaires français ont été créés à l'initiative d'une personne et non d'un éditeur. En revanche, le dictionnaire anglais le plus renommé, l'Oxford English Dictionary, publié par Oxford University Press, fut l'aboutissement d'un projet conçu vers le milieu du XIXe siècle et mis en œuvre par plusieurs rédacteurs en chef successifs, assistés par divers collaborateurs.

Autre célèbre dictionnaire anglais explicatif, A Dictionary of the English Language (1755) est l'œuvre de Samuel Johnson, son unique rédacteur, même s'il se fit aider de six copistes. Certaines éditions de cette œuvre majeure ont cependant été publiées sous le titre Johnson's Dictionary. Cet ouvrage n'est plus publié de nos jours.

Larousse Nouveau_dictionnaireAlors, modestie anglaise contre vanité française ? En fait, Pierre Larousse, né il y a exactement deux siècles et mort en 1875, publia le dictionnaire qui fit sa réputation sous le titre Nouveau dictionnaire de la langue française. Il n'en était d'ailleurs pas l'auteur unique, puisqu'il s'était attaché la collaboration de François Pillon. Contrairement à ce qu'indiquent plusieurs sources, l'ouvrage ne fut pas publié initialement en 1856, qui est seulement l'année de la parution de la troisième édition, disponible sur Gallica. 

Il s'agissait d'un ouvrage assez modeste par comparaison avec ce qu'il est devenu de nos jours : publié en format in-dix-huit (15 x 8,5 cm), il ne comptait que 714 pages. Il présentait des exemples, mais ceux-ci ne comprenaient généralement que deux ou trois mots, et les phrases complètes étaient beaucoup moins nombreuses que chez Johnson, qui reproduisit environ 114 000 citations tirées d'ouvrages littéraires.

Ce dictionnaire connut de nombreuses éditions, et le Petit Larousse illustré, dont une édition nouvelle est publiée chaque année, lui succéda en 1905.

Larousse 4

On peut pourtant considérer que l'œuvre majeure de Pierre Larousse fut le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle en 17 volumes (1866-1877). Ce dictionnaire encyclopédique connut plusieurs éditions au XXe siècle et l'on ne peut que regretter qu'après l'édition en dix volumes qui parut au cours de la première moitié de la décennie 1980 sous le titre Grand dictionnaire encyclopédique Larousse, l'éditeur ait renoncé à publier une nouvelle édition. Il est vrai que les années 1990 ont marqué l'avènement d'encyclopédies sur supports numériques.

Deux autres excellents dictionnaires Larousse n'ont pas survécu au-delà du XXe siècle : le Grand Larousse de la langue française, en 7 volumes, et le Lexis, ouvrages de plus haute tenue que le Petit Larousse illustré. Les librairies en ligne indiquent certes qu'une nouvelle édition du second a été publiée en 2014, mais il est à craindre que ce dictionnaire n'ait guère changé depuis l'édition de 1989, bien que le nombre de pages soit différent.

 

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Rencontre avec Bernard Cerquiglini
pour la sortie du Petit Larousse 2018 (3:38 minutes)

 

 

 

Note historique: quand Pierre Larousse prenait les eaux

À en juger par son Grand dictionnaire universel, Pierre Larousse semblait considérer la médecine de son époque avec un certain scepticisme, puisqu'on y lit que « la guérison ne peut être due qu'à la nature ». [2]

Vers la fin de sa vie, le célèbre lexicographe fut atteint d'un accident vasculaire cérébral, ou d'une « congestion cérébrale » comme on disait de son temps. Peut-être estimait-il qu'une cure thermale était un remède naturel, puisqu'il prit les eaux à Nice, Plombières-les-Bains et Divonne. Comme Jean Leclercq, l'un des deux animateurs de ce blog, réside à Divonne, il a pu obtenir des détails sur cette dernière cure.

1er institut hydrothérapique  La cour d'honneur (2)

L'Institut hydrothérapique de Divonne
tel que l'a connu Pierre Larousse.

(Photo obligeamment fournie
par Annie Grenard)
.

Était-elle adaptée à son état ? Auguste Arène, correspondant du docteur Paul Vidart, directeur de l'Institut hydrothérapique de Divonne, écrit dans une lettre adressée à ce dernier au sujet des eaux de Divonne : « elles sont bien oxygénées, dépourvues de tuf et tenant en dissolution quelques sels de chaux, mais en très petite quantité et sous la forme de bicarbonates ; plus une faible portion d'acide carbonique et une quantité peu appréciable de matières adventives » [3].

Si les AVC se soignaient au bicarbonate de soude, cela se saurait. Il est plus probable que ce fut pour se reposer que Larousse séjourna à Divonne du 10 novembre 1872 au 12 mars 1873. Cependant, comme il prit probablement le train, il arriva sans doute épuisé à Genève après un trajet qui dura environ 15 heures. Il dut ensuite emprunter un bateau jusqu'à Coppet, avant de monter dans la malle-poste qui le conduisit à Divonne.

Le traitement lui-même n'était pas de tout repos, comme l'écrit une personne de sa suite : « tous les jours à dix heures du matin il prend deux bains : l'un d'eau chaude et l'autre d'eau glacée. On le sort de l'un et on le plonge dans l'autre. J'en ai mal à son pauvre corps de le voir souffrir ainsi. » (lettre du 15 décembre 1872).

En mars 1873, hélas, il fit une rechute qui le priva temporairement de la parole. Cruelle ironie pour un lexicographe, pendant quelques heures les mots lui manquèrent. Craignant que son état n'empire au point qu'il ne puisse plus voyager, il décida de rentrer à Paris. Il y survécut 22 mois.

L'auteur de cette note remercie Mesdames Micheline Guilpain-Giraud et Annie Grenard des précieuses informations qu'elles lui ont fournies.

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[1]  Une recension de la quatrième édition de l'ouvrage, parue dans la Revue française de traduction, 2008. Voir aussi Entretien avec René Meertens, réviseur à l'ONU
Medical


[2] Notre contributeur, René Meertens, est également l'auteur du Dictionnaire anglais-français de la santé et du médical (2016),
publié chez Chiron.

[3] Lettres historiques sur Divonne et le pays de Gex, adressées au Dr. Paul Vidart, directeur de l'institut hydrothérapique de Divonne.

 

Des articles précédents rédigés par René Meertens pour ce blog:

Veni, vidi, vici : les dictionnaires visuels

La grande aventure du mot « peradventure » racontée par lui-même

Manship, suffixe anglais à tout faire

Créancier de l’anglais, le français s’est payé en nature

Cent un ans de gestation pour un dictionnaire

Critique de livre lexicographique


À
 la une dans le monde des dictionnaires
 :

Coïncidence ou confluence, la Bibliothèque de Genève organisera, du 3 novembre au 10 décembre 2017, une exposition sur le thème « L'expérience du langage ». Genève, celle qui fut une véritable république des dictionnaires depuis le XVIe siècle, est au cœur de la lexicographie. L'exposition montrera comment travaillait Voltaire (qui composa plusieurs dictionnaires dans sa vie), mais aussi comment procède aujourd'hui l'artiste Fabienne Verdier qui a imaginé, avec le lexicographe Alain Rey, un parcours de création dans le corps du dictionnaire Le Petit Robert dont on fête, cette année, les 50 ans.  Jean Leclercq

 

GenevaBIBLIOTÈQUE DE GENÈVE

La République des dictionnaires
(de Voltaire à Alain Rey)

Exposition du 3 novembre 2017
au 10 décembre 2017 

Vernissage le 2 novembre à 18h

 

 

 

 

Exposition VoltaireP. S. Suite au succès rencontré par l'exposition Fabienne Verdier, l'expérience du langage. La République des dictionnaires (de Voltaire à Alain Rey), une semaine supplémentaire est ajoutée afin que le plus grand nombre puisse en profiter jusqu'au 17 décembre 2017.

 

 

À la une – « Astérix et la Transitalique » paraît aujourd’hui


Le troisième album du tandem Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, Astérix et la Transitalique nous emmène sur une course de chars à travers l'Italie, entre Monza et le Vésuve.

  Asterix 2

 

La version anglaise est intitulée “Asteric and the Chariot Race”.

 


Voir notre interview avec Anthea Bell, la traductrice en anglais des albums d'Asté
rix pendant de longues années, menée par Julian Maddison et publiée le 22 octobre 2015, le jour même de la parution du précedent album, Le Papyrus de César (Asterix and the Missing Scroll). 

La traductrice de l'édition actuelle est Adriana Hunter, notre Linguiste du mois d'aout 2013. Nous la félicitons d'avoir repris le flambeau de la traduction bédéiste des mains de cette grande dame qu'est Anthea Bell. 


Lecture supplémentaire :

Good Gaul: Asterix illustration sells for record €1.4m in Paris
The Guardian, 13 October 2017

Des aventures d'Astérix à l'univers fantastique d'Alice au pays des merveilles

Asterix is off on his travels again in a new album

Asterix 3

 

Le Papyrus de César 
publiée le jour même de la parution du nouvel album d'Astérix
L'interview suivante, publiée le jour même de la parution du nouvel album d'Astérix, Le Papyrus de César , traduit en anglais par Anthea Bell, (Asterix and the Missing Scroll) a été menée en anglais par Julian Maddison, et traduite par Pascale Tardieu-Baker.
publiée le jour même de la parution du nouvel album d'Astérix
L'interview suivante, publiée le jour même de la parution du nouvel album d'Astérix, Le Papyrus de César , traduit en anglais par Anthea Bell, (Asterix and the Missing Scroll) a été menée en anglais par Julian Maddison, et traduite par Pascale Tardieu-Baker.
L'interview suivante, publiée le jour même de la parution du nouvel album d'Astérix, Le Papyrus de César , traduit en anglais par Anthea Bell, (Asterix and the Missing Scroll) a été menée en anglais par Julian Maddison, et traduite par Pascale Tardieu-Baker.
le jour même de la parution du nouvel album d'Astérix, Le Papyrus de César , traduit en anglais par Anthea Bell, (Asterix and the Missing Scroll)

Quand le Soleil a rendez-vous avec la Lune …

Voici la deuxième partie de notre article consacré à deux phénomènes géographiques récents : l'ouragan et l'éclipse de soleil.

 

Astronomes

Astronomes étudiant une éclipse
(Tableau d'Antoine Caron de 1571)

Une éclipse du Soleil (telle qu'on l'observe de la planète Terre) est un type d'éclipse qui se produit quand la Lune passe entre le Soleil et la Terre, et qu'elle occulte partiellement le Soleil. Ce phénomène ne peut se produire qu'à la nouvelle lune quand, pour un observateur terrestre, le Soleil et la Lune sont en conjonction, ce que l'on appelle une syzygie. Lors d'une éclipse totale, le disque solaire est totalement occulté par la Lune. Lorsqu'une partie seulement du Soleil est occultée, on parle d'éclipse partielle ou annulaire.

Pendant des milliers d'années, les astronomes ont mis à profit les éclipses solaires pour étudier la Lune et le Soleil. Les premières observations d'éclipses dont on ait conservé la trace remontent à 6.000 avant J.C.

 

Total eclipse image

Si vous vous trouvez dans la zone d'ombre de la Lune, vous observerez une éclipse totale de soleil pendant laquelle la totalité du disque solaire est recouverte par la Lune, ne laissant apparaître que la pâle couronne entourant le Soleil.


Eclipse globeLe 21 août dernier, une éclipse totale s'est produite, la première depuis le
26 février 1979. 
La NASA (Administration nationale de l'aéronautique et de l'espace) l'avait annoncée à grand renfort de trompes.

 

banner for 2017 August 21 eclipse
 

 

Le phénomène a provoqué une chasse à l'éclipse d'ampleur nationale. Les chasseurs d'éclipse s'appelles umbraphiles en anglais ou amateurs d'ombre.[1] Ceux-ci se déplacent pour observer les éclipses en utilisant toutes sortes d'instruments pour mieux voir le soleil, notamment des lunettes d'observation solaire (ou lunettes d'éclipse) ainsi que des télescopes. 

     

 

Les États-Unis, ont émis des timbres pour marquer l'événement.

Eclipse stamps

 

Coté linguistique : Le mot eclipse, en tant que substantif et verbe, est utilisé en anglais depuis le treizième siècle. Il dérive du vieux français eclipse (sans accent), lui-même, entré dans la langue française vers 1150, en provenance du latin eclipsis et du grec ancien ékleipsis (abandon, disparition), dérivé du verbe ékleipen : abandonner l'endroit habituel, disparaître, être éclipsé, de ek : hors de.  Vers 1570, le verbe to eclipse a acquis le sens figuré de surpasser, faire pâlir. (source : etymonline.com)

Il semble que, même dans des domaines comme les ouragans et les éclipses, vos fidèles blogueurs soient capables de dénicher un lien avec la langue et l'étymologie ! 

Jonathan G. & Jean L.

[1] En français, ombrophile est employé comme adjectif, mais pas (encore) comme substantif. Ainsi, la forêt ombrophile est la forêt des régions très pluvieuses des zones équatoriale et tropicale. (Grand Larousse encyclopédique).  

À la une – le Man Booker International Prize remporté par David Grossman et Jessica Cohen

JessicaCette année, le prestigieux Man Booker International Prize a été décerné au grand écrivain israélien David Grossman, l'un des six auteurs présélectionnés pour le Prix, et à sa traductrice d'hébreu en anglais, Jessica Cohen, pour le livre "A Horse Walks into a Bar".
 
Pour les versions en langues etrangères, Grossman a collaboré avec ses traducteurs du monde entier. Pour cela, il les a réunis dans un centre de traduction littéraire situé en Allemagne afin de travailler intensément le texte avec eux. Jessica Cohen raconte: «Nous étions huit – avec David – autour de la table, pendant trois jours. Nous avons discuté de la façon dont les choses s'ordonneraient dans les différentes langues. Il a lu la plus grande partie du livre à haute voix. Cela nous a beaucoup aidés. Ses intonations et ses inflexions nous révélaient des choses que nous n'avions pas toujours perçues à la lecture page à page.»
 
La version française de l'ouvrage primé s'intitule : Un cheval entre dans un bar, traduction de Nicolas Weill.
 
Comme Amos Oz, un autre finaliste dans ce concours et concitoyen de Grossman (voir l'article que nous avons récemment 
De Lange - publié : Les traductions littéraires reconnues comme des œuvres à part entière), celui-ci est né à Jérusalem. (Oz est né avant la création de l'État d'Israël, Grossman après celle-ci). Comme nous l'avons annoncé, le traducteur d'Oz en anglais, Nicholas de Lange, sera le mois prochain le linguiste invité du Mot juste.
 
En France, Grossman a été fait Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. L'Allemagne lui a décerné la Buxtehuder Bulle, Rome le Premio per la pace e l’azione umanitaria, et Francfort le Prix de la paix.
 
 

Fabienne Lemahieu, La Croix :
"Avec la spectaculaire mise à nu d'un comique de seconde zone, David Grossman embrasse tous les thèmes d…"
Norbert Czarny, La Qunzaine :
"Qui a lu Le Théâtre de Sabbath de Philippe Roth, livre auquel on a envie de comparer ce roman, sait que …"
Oriane Jeancourt Galignani, Transfuge :
"Une des voix les plus humaines qu'il nous ait été donné de lire depuis longtemps."

L’auteur Antoine Volodine et le traducteur J.T. Mahany remportent le prix Albertine

Une collection de vignettes surréalistes a remporté un prix et une bourse de 10 000 $ US récompensant la traduction d'une oeuvre française aux États-Unis.

BardoBardo or Not Bardo, d'Antoine Volodine, a remporté le tout premier prix Albertine, annoncé jeudi par les services culturels de l'ambassade de la France aux États-Unis. Antoine Volodine et le traducteur J.T. Mahany recevront le prix le mois prochain à la librairie Albertine de New York.

La librairie a été nommée en hommage à l'un des personnages principaux d'À la recherche du temps perdu, de Marcel Proust.

Les lecteurs étaient invités à voter pour leur favori parmi la liste de 10 oeuvres sélectionnées par le personnel de la librairie.

Antoine Volodine est le pseudonyme d'un écrivain français qui a publié sous différents noms. Ses autres livres incluent Des anges mineurs et Terminus radieux.

 

Antoine Volodine

J.T. Mahany