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A la une : L’édition 2013 du championnat d’orthographe des Etats-Unis a été remportée par un Américain d’origine indienne pour la sixième année consécutive


Bee logo   Des jeunes américains d'origine
   indienne dominent le championnat
   d'orthographe

   Washington D.C., le 30 mai 2013

Certaines langues, comme l'espagnol, s'écrivent comme elles se prononcent. Ce n'est pas le cas d'autres, telles que l'anglais ou le français. Si l'on présentait à une personne qui connaît très mal l'espagnol un texte rédigé dans cette langue, qu'elle ne comprendrait évidemment pas, et si elle le lisait à haute voix, les sons qu'elle produirait seraient dans l'ensemble compréhensibles pour un locuteur espagnol (si ce n'est que l'accent risquerait d'être mal placé dans le cas d'un grand nombre de mots). Il n'en serait pas de même pour le français notamment parce que dans un grand nombre de mots la dernière lettre ne se prononce pas (toit, aux, quand, janvier, etc.) ou que, dans certains cas, la dernière syllabe est muette (assurent, veille, fesses, etc.). En anglais, l'écart entre la prononciation des mots et leur orthographe est encore beaucoup plus important.

Le dramaturge irlandais George Bernard Shaw aurait dit, par boutade, que le mot "fish" pourrait s'écrire "ghoti" si l'on utilise les lettres "gh" telles qu'elle sont prononcée dans le mot "enough", la lettre "o" telle qu'elle est prononcée dans le mot "women" et les lettres "ti" telles qu'elles sont prononcées dans le mot "action". En fait, ce raisonnement facétieux ne serait pas dû à Shaw et aurait en outre été réfuté. [1] 

Le grand nombre d'orthographes irrégulières en anglais et la grande étendue du vocabulaire de cette langue (même si un très grand nombre de mots sont rarement utilisés) est à l'origine d'une tradition américaine : le championnat d'orthographe (spelling bee, en anglais). Le Collins English Dictionary, Complete and Unabridged, définit spelling bee comme suit : a contest in which players are required to spell words according to orthographic conventions (une compétition au cours de laquelle les joueurs doivent épeler des mots conformément aux conventions typographiques). Pour connaître l'origine de cette expression, cliquez ici Noah Webster (1758-1843) écrivit le premier dictionnaire anglais d'orthographe en 1783.[2]
 

 

Une découverte littéraire


Dernièrement, nous sommes tombés par hasard sur un site Internet intitulé Poetry in Translation  qui donne gratuitement accès à des œuvres poétiques traduites en anglais à partir d'une douzaine de langues dont le français. Le site héberge un énorme choix d'œuvres en  anglais, avec par exemple une anthologie de 1.400 citations de Shakespeare, classées par thèmes. La section française propose des traductions anglaises des œuvres de Guillaume Apollinaire, de Charles Baudelaire, de François de Chateaubriand, de Pierre Corneille et de bien d'autres.

Le site annonce d'emblée : « Bienvenue aux archives poétique gratuites d'A.S. Kline ». Toutes les traductions du chinois classique, du grec ancien, du géorgien (kartvel), de l'allemand, de l'italien, du latin, du russe et de l'espagnol sont l'œuvre d'A.S. Kline, agissant seul ou en collaboration. Nous avons tenté d'en savoir plus de ce poète et traducteur. Une notice biographique affichée sur le site nous apprend que M. Kline est britannique, qu'il détient un diplôme de mathématiques de l'Université de Manchester, et qu'après avoir réussi dans les affaires, il se consacre à des travaux littéraires très divers sans que faiblisse pour autant son vif intérêt pour la science et les mathématiques. Il traduit de la poésie, des ouvrages critiques, des biographies en rapport avec la poésie et écrit lui-même des poèmes, tout en traduisant à partir des différentes langues précitées.

Anthony Kline continue à écrire, essentiellement pour l'Internet, en format téléchargeable, tout en accordant une attention particulière au domaine des livres électroniques, actuellement en plein essor. Ses œuvres majeures sont des traductions complètes des Métamorphoses d'Ovide et de la Divine Comédie de Dante, toutes deux publiées en version électronique, accompagnées d'un index très détaillé en hyperlien avec le texte. Ces traductions ont également été publiées en édition papier chez Borders Classics.

Nous avons écrit à M. Kline pour solliciter sa collaboration. Non seulement il nous a immédiatement répondu de façon positive mais, en l'espace de quelques jours, il nous a envoyé un texte rédigé à notre intention. Nous publierons cet intéressant article au début du mois prochain.


 

Interview with James Nolan
Translator/Interpreter of the Month, May 2013

 

Nolan portrait
 

LMJ : You come from a cosmopolitan family and you grew up in several countries, before you settled down in the United States. Tell us about that.

James N : My father, a US Navy officer, came from Nova Scotia and my mother, an artist, from Asturias. I was born in the US at the end of World War II and shortly thereafter my family moved to Mexico City where my father did his Masters in Spanish. Both my parents were bilingual and I was raised speaking both languages. Later we lived in Venezuela and Chile before settling in California, where Spanish is also widely spoken. While at the University of California, I also spent summers in Guadalajara, where my parents lived during most of their retirement years.

LMJ : You are a qualified lawyer and you practiced law for a short period in New York. But your career began and continued in the field of interpreting, with a strong focus on legal interpreting. Your language strengths would presumably have stood you in good stead for either of those professions, but what induced you to choose interpreting over law.

James N : In New York City I did linguistic work for several law firms and worked as a lawyer with one of them, but as a lawyer I was one among Noloan lawthousands of lawyers in an overpopulated and extremely competitive field. However, as an interpreter I was among the best, so I decided to remain one. At the UN, I concentrated on international law and human rights issues, volunteering each year to interpret in the General Assembly's Legal Committee. I was promoted to head the language service of an international tribunal and later became Deputy Director of my division, where I also assumed some legal and administrative duties.

 

Appel aux lecteurs et lectrices


European-UnionNous cherchons parmi nos lecteurs quelqu’un qui soit prêt à écrire un  essai sur le rôle de l’anglais dans les pays de l'Union Européenne. Nous pouvons fournir des éléments pertinents.

Nous sommes également en quête d'un(e) linguiste chevronné(e) qui
Gopnik
veuille bien rédiger une analyse  du livre The Table Comes First: Family, France, and the Meaning of Food par Adam Gopniken l'assortissant d'un commentaire. Dans ce cas aussi, nous pouvons fournir des éléments (en anglais) de nature à aider le collaborateur ou la collaboratrice. 
  
En outre,  nous invitons nos lecteurs a soumettre une analyse du livre Does Science Need a Global Language?, qui vient de paraitre . 



MontgomerySi l'un des ces projets (ou plus d'un) vous intéresse(nt), écrivez-nous, en joignant un c.v. sommaire (sauf dans le cas où vouz avez deja contribué au blog).

Dans chaque cas le travail de l’auteur sera dûment crédité, et nous donnerons, le cas échéant, le lien de son site ou de son blog. Notre adresse mail est Le.mot.juste.en.anglais@gmail.com

 

Journalisme à la une

Hot Off the Press 

Dans une annonce récente (Le mot juste n'est pas en reste !), nous nous sommes (modestement) permis de nous flatter d'avoir couvert
l'expédition franco-sud-africaine de recherche des cœlacanthes dans les
profondeurs de l'Océan Indien et d'avoir ainsi devancé Le Figaro et le New
York Times
d'une semaine. La vocation essentiellement linguistique et
culturelle de notre blog ne nous empêche de serrer l'actualité d'aussi près que
possible !

Il y a deux  expressions en anglais qui équivalent à l'expression française "à la une" : "breaking news" et "hot off the press". Tous deux sont figuratifs. La première suggère que les actualités dont il s'agit sont en train de "break out",  c'est-à-dire qu'elles s'éclatent dans l'instant [1], ce qui crée la métaphore d'un événement diffusé presque au même moment qu'il a lieu. La deuxième expression, "hot off the press", remonte à l'époque où les journaux et la radio étaient les seules sources d'informations et où les vendeurs de journaux les distribuaient (au moins dans les pays anglo-saxons) aux coins des rues. Ils criaient aux passants : "read all about it", faisant ainsi allusion au reportage le plus sensationnaliste des journaux qu'ils vendaient. 

 

En ce qui concerne l'expression "hot off the press", cela veut dire, non sans un grain d'humour, que les journaux viennent de sortir des presses, et sont encore chauds, comme des petits pains sortant du four.

Il existe un troisième terme dans le domaine du journalisme qui pourtant n'est pas synonyme des deux autres examinés ci-dessus, mais qui use, lui aussi, d'une métaphore pour traduire l'urgence et la hâte avec lesquelles on traque les nouvelles dès lors qu'il existe une concurrence acharnée entre les médias. C'est le mot "scoop" qui s'emploie comme substantif et comme verbe.

L'American Heritage® Dictionary of the English Language donne plusieurs définitions du substantif, entre autres « A shovel like utensil, usually having a deep curved dish  and a short handle », mais la signification qui nous intéresse dans ce contexte (et que dictionnaire qualifie d'«informelle ») est la suivante :

An exclusive news story acquired by luck or initiative before a competitor.
(Une nouvelle exclusive, obtenue par hasard ou par initiative, avant la concurrence).

Ici, le verbe "to scoop" veut dire « l'emporter sur le média concurrent dans l'acquisition et la diffusion d'une actualité ». Ex. :
The New York Times scooped the Los Angeles Times in its coverage of the event.

En s'adressant à nos lecteurs et lectrices, vos serviteurs n'ont heureusement plus besoin de se poster aux coins des rues et de crier les dernières nouvelles à la cantonade. Le titre prestigieux de  
« bloggeur » nous dispense de cette mission.

À ce propos, il convient de noter l'étymologie du mot anglais « blogger » d'où dérive l'équivalent français. En anglais, « blogger » signifie une personne qui anime un blog, ce qui est la forme abrégée de « web log » (maintenant désuet). Littéralement, « Web log » désigne l'historique d'activités sur la Toile.

Pour achever cet article sur la diffusion des nouvelles, nous voudrions citons les propos [2] très sages et même prescients d'A.J. Leibling (1904-1963), ancien journaliste très distingué du célèbre journal, The New Yorker. (Liebling avait fait des études de littérature médiévale à la Sorbonne).

"…and the expert, who says what he thinks is the meaning of what he hasn't seen. [This] category never stops growing. We are now a nation of experts, with millions of people who know the meaning of everything that they haven't actually experienced."

——————–

Lexique de journalisme :

actualités

news [3]

annonces

small advertisements

correspondant
permanent

staff reporter

diffusion

distribution

directeur de la
rédaction

managing editor

doubler (avec un
scoop)

to scoop

édition numérique

digital edition

en feuilleton  
       

in instalments, serialized

fil conducteur,
piste

lead

groupe de
journalistes

pool of reporters

journal

newspaper

journalisme de
recommandation

advocacy journalism

journalisme
d'enquête

investigative journalism

journalisme
équilibré

balanced journalism,

journalisme jaune

yellow press

journaliste
stagiaire

cub reporter

pigiste, 

stringer, freelancer

publicité, pub

advertising

quatrième
pouvoir 

fourth estate

rédacteur (en chef)

editor (in chief)

reportage

report, reporting, coverage  

rubrique

column


[1] Le verbe anglais « to break out » a une
signification supplémentaire,
à savoir, « s'évader », ex.: The prisoner broke out of jail.

[2] Les propos de Liebling sont cités dans The New Yorker du 19 avril par un autre journaliste américain, lui aussi de premier plan, Adam Gopnik, ancien correspondant à Paris de ce journal et auteur de plusieurs livres, dont « Paris to the Moon » et « The Table Comes First : Family, France and the Meaning of Food » (Vintage, August 21, 2012).

[3] A priori, le terme anglais "news"
(qui dérive du mot français "nouvelles") équivaut à
"actualités", mais en fait son usage est un peu plus compliqué.
D'abord, bien que "news" porte la marque du pluriel, le mot s'emploie
au singulier, au moins depuis 1923, époque à laquelle on a commencé à
l'employer dans les médias. Avant cela, le mot signifiait 
"nouvelles". 

L'usage au singulier s'observe dans les phrases
suivantes : "Today's news is promising", "London
is the place where the news is made"


Ensuite, en anglais, il n'existe pas un mot unique qui veuille dire
"actualité" ou "information (d'actualité)". Le plus proche
est peut-être "a news item."
L'expression "no news, good news"
remonte aux années 1640.

Jonathan J. & Jean L.


 

Reading Law: The Interpretation of Legal Texts

Nous souhaitons la bienvenue à Cynthia Hazelton qui a bien voulu analyser « Reading Law, The Interpretation of Legal Texts », à notre intention. Ce livre
a été écrit par
Antonio Scalia, juge à la Cour suprême des États-Unis, et Bryan
A. Garner
, avocat, auteur (
« Garner's Modern American Usage »),
lexicographe et rédacteur de nombreux ouvrages juridiques (dont
« Black’s
Legal Dictionary
», la bible des juristes américains).

Ciynthia Hazelton-photo200x250

Cynthia Hazelton


Cynthia Hazelton (qui connaît M. Garner et a assisté à plusieurs de ses conférences
pendant ses séminaires de rédaction juridique). est née et a grandi
aux États- Unis. Elle est diplômée de la faculté de droit de l'Université
d'Akron et est membre du barreau de l'État de l'Ohio. Cynthia a un mastère en
français du
Middlebury College ainsi  qu'un  mastère en traduction
de l
'« Institute of Applied Linguistics » de Kent State University.
Elle enseigne la traduction juridique, commerciale et diplomatique à cette
université.

Voir aussi la préface de cette analyse, intitulée « La common law  (anglo-américano-canadienne)  et le droit civil (français-québécois) » et publi é e sur ce blog la semaine passée. 

 

 

Do legal documents change their meaning over time? This question is the opening line of Reading Law: The Interpretation of Legal Texts, co-written by Senior Associate Supreme Court Justice Antonin Scalia and Bryan Garner, the Editor-in-Chief of Black's Law Dictionary and author of more than 20 books on legal writing. Published by West, Reading Law is not for the casual reader. But it is an invaluable reference book for lawyers, legal writers, law professors, legal translators and "word nerds" as Garner likes to say during his legal writing seminars.

Statutory interpretation is the process by which courts interpret and apply legislation. Weighing in at 567 pages, Scalia and Garner's work lists and explains 57 canons of legal construction, organized under the following categories: Semantic, Syntactic, Contextual, Expected-Meaning, Government-Structuring, Private-Right and Stabilizing. Following each title, the authors explain and discuss the particular rule, using 630 interesting and often entertaining legal cases throughout the book as examples. As daunting as this may seem, the book is also filled with some wonderfully funny remarks, such as referring to President William Henry Harrison's death from pneumonia after giving a two hour inauguration speech as "a lesson to all bloviators."

    Following the legal canons, the authors expose thirteen "falsities" regarding judicial interpretation. All case names are listed in the Table of Cases. A forty-one page bibliography and an exhaustive Index section complete the book.     

    The following is a brief review of Reading Law:

    The authors begin by introducing Sound Principles of Interpretation and highlight five fundamental principles that apply to all texts. They then move on to specific legal canons.

    Semantic Canons. The authors list 11 canons under this heading. Most seem obvious: the Ordinary-Meaning Canon: General terms are to be given their general meaning; the Presumption of Nonexclusive "Include"
Canon: The verb 'to include' introduces examples, not an exhaustive list; and the Unintelligibility Canon: An unintelligible text is inoperative. But others, like the Omitted-Case Canon: Nothing is to be added to what the text states or reasonably implies, are particularly pertinent for legal translators.

    Syntactic Canons. This category lists seven canons, most of which are also relevant for translators. For example, the Last-Antecedent Canon provides that a pronoun, relative pronoun or demonstrative adjective generally refers to the nearest reasonable antecedent. The authors cite a 2003 U.S. Supreme Court ruling to illustrate this canon: "Parents warn a teenager, 'You will be punished if you throw a party or engage in any other activity that damages the house.' The Court ruled that 'if the son nevertheless throws a party and is caught, he should hardly be able to avoid punishment by arguing that the house was not damaged. The relative pronoun that attaches only to other activity, not to party as well."

    Contextual Canons. The
14 canons listed here are also of interest to the legal translator: the Surplusage Canon provides that Every word and every provision is to be given effect. None should be ignored. None should needlessly be given an interpretation that causes it to duplicate another provision or to have no consequence. And the Presumption of Consistent Usage Canon reminds us that A word or phrase is presumed to bear the same meaning throughout a text; a material variation in terms suggests a variation in meaning. Terminology consistency is critical in all translations, but especially so in a legal document.

    The final four categories apply specifically to governmental prescriptions.

    Expected-Meaning Canons. The seven canons in this category include the Constitutional-Doubt Canon: A statute should be interpreted in a way that avoids placing its constitutionality in doubt and the Extraterritoriality Canon: A statute presumptively has no extraterritorial application. These concepts may seem obvious, but they are critical theories for statutory interpretation.

    Government-Structuring and Private Right Canons. The seven canons discussed in these categories are illustrated by interesting case law. Two of the major canons are the Mens Rea Canon: A statute creating a criminal offense whose elements are similar to those of a common-law crime will be presumed to require a culpable state of mind (mens rea) in its commission and the Rule of Lenity: Ambiguity in a statute defining a crime or imposing a penalty should be resolved in the defendant's favor. In the event you're wondering what lenity means, it's a common law doctrine designed to avoid violation of the accused's due process rights by requiring courts to interpret ambiguous statutes in favor of the defendant. It's synonymous with leniency.

    Stabilizing Canons: The final category deals with canons designed to prevent statutes from being interpreted as changing the common law, unless such changes are clearly indicated. For example, Canon 52 sets forth the Presumption Against Change in the Common Law, requiring that any change must be clearly indicated in the statute. The Canon of Imputed Common-Law Meaning states that undefined words in a statute are to be interpreted and applied according to their common-law meanings.

    In the final section of the book, the authors set forth thirteen "falsities" regarding judicial interpretation. They conclude that a textual approach must be used for interpreting statutes and other legal documents, one that focuses on the originally intended meaning of the text.

    In the Afterword, Justice Scalia and Mr. Garner explain that their intent was to use "the best available approach to textual interpretation, i.e., one that is both linguistic and historical." For readers who are interested and/or working in the field of legal translation, this makes for a fascinating and highly useful reference work.

Cynthia Hazelton, J.D.

Commentaire sur “Proust at the Majestic”

 

    

  Richard Davenport-Hines

                                                                          

rédigé par Madame Nicole Dufresne, Senior Lecturer Emeritus  (professeure emerita), Département de français et des études francophones, à l'Université de Californie, Los Angeles (U.C.L.A.), qui a bien voulu rédiger l'analyse suivante à notre intention. Nous avons montré ce commentaire à l'auteur, qui, semble-t-il, l'a bien apprécié. Sa réponse suit l'analyse de Madame Dufresne.

Prof. Nicole Dufresne

La parution de Proust at the Majestic : The Last Days of the Author Whose Book Changed Paris [i] par Richard Davenport-Hines en 2006 et sa traduction en français [ii] en 2008 ont suscité grand nombre de critiques enthousiastes d'experts en Proust. [iii] Entre le fameux souper au Majestic en mai 1922 au premier chapitre et la mort de Proust en novembre de la même année au dernier, Davenport-Hines examine avec finesse, érudition et humour la vie personnelle de l'auteur, les personnages et les thèmes de La Recherche, faisant ainsi émerger toute la société qui entourait Proust au début des années 20.

Davenport-Hines encadre son essai de deux lieux intérieurs – le Majestic, le palace moderniste de l'avenue Kléber et la chambre caverneuse de Proust, rue Hamelin – connectés par deux trajets extérieurs –de la chambre au Majestic et de la chambre au cimetière du Père Lachaise. Ces endroits délimitent l'acheminement de Proust à la fin de sa vie, le sanctuaire de la rue Hamelin étant le centre de travail et de souffrance de l'auteur. Je voudrais ici me concentrer sur la réunion nocturne au Majestic afin de démontrer son caractère à la fois exceptionnel et banal. C'est une soirée mondaine parmi bien d'autres à l'époque – sans doute l'équivalent aujourd'hui d'une post-Oscar party; cependant elle atteint une dimension mythique en rassemblant after-hours les grands du modernisme.

Le 18 mai 1922, un souper fin a lieu au Majestic pour fêter la première du ballet Le Renard de Stravinski interprété par les Ballets russes de Diaghilev avec une chorégraphie de Nijinska, la sœur de Nijinski. La soirée est donnée par un couple d'Anglais, Violet et Sydney Schiff, juifs fortunés, grands amateurs d'art, de musique et de littérature, mais elle est organisée par le célèbre impresario des Ballets russes Diaghilev, lui-même invité d'honneur. Une quarantaine de personnes sont invitées, soit par Diaghilev, soit par les Schiff : des femmes du monde (la princesse Edmond de Polignac qui avait commandité le ballet à Stravinski), le demi-monde des émigrés russes – danseurs, musiciens, peintres, Stravinski bien sûr et Picasso, très investi dans la création des décors des ballets russes, bref le tout-Paris du moment. Misia Sert, la mécène des Ballets russes, surnommée « Madame Verdurinska » par son amie Gabrielle Chanel, doit certainement assister à la soirée, car elle assure avec Diaghilev la médiation de ce nouveau gotha artistique, mais la liste des invités n'est pas publiée. [iv] Cette soirée si soigneusement élaborée reste pourtant très tendue : Diaghilev est l'invité d'honneur, mais c'est aussi lui qui paie. Les critiques d'art (dont Clive Bell) observent, jugent et se moquent des amateurs d'art et autres invités. Amis et ennemis se toisent. Picasso s'ennuie. Diaghilev et Stravinski, bien que collaborateurs artistiques, entretiennent un rapport antagoniste depuis des années.[v] L'imprésario est aussi enragé de la présence de Nijinska car elle lui rappelle Nijinski son ancien amant qui l'a laissé tomber pour se marier. La présence de Diaghilev doit exercer une tension érotique, lui qui a fait de la scène des Ballets russes un écrin public pour les beaux danseurs et chorégraphes – ses amants ou ses muses.[vi] Alors qu'on sert le café, James Joyce arrive l'air minable en titubant. Les Schiff ont sans doute du mal à cacher leur angoisse : l'ami intime qu'ils ont personnellement invité viendra-t-il ? Il s'agit évidemment de Marcel Proust. Celui-ci arrivera finalement vers deux heures trente du matin,  élégamment vêtu ; malgré sa maladie, il ne peut laisser passer une telle occasion de se mêler au tout-Paris. La soirée est en effet l'apogée mondaine de la dernière année de sa vie.

Cette réception restreinte aux initiés, se situe hors du quotidien et de la normalité, puisqu'en pleine nuit, et chacun va y échanger conversations spirituelles ou mots acerbes en anglais, français ou russe. Les Schiff et Diaghilev facilitent les rencontres qui ne peuvent avoir lieu que dans un tel endroit, un tel « entre-deux » exclusif, toutefois des personnalités aussi monumentales que Stravinski, Picasso, Joyce et Proust peuvent-elles trouver un terrain d'entente ? Ainsi, la rencontre tant attendue de Proust et Joyce sera un fiasco : ils n'ont aucune appréciation pour leurs œuvres respectives.

A la fin de la soirée, Proust retourne chez lui en taxi avec les Schiff qui s'accrochent amoureusement à lui suivis de Joyce, l'indésirable, dont on arrivera difficilement à se débarrasser. La chambre de Proust est ce lieu caché, refuge pour écrire et souffrir, où seuls les intimes sont admis. Proust s'y cloîtrera durant les six mois à venir jusqu'à sa mort, le 18 novembre 1922. Trois jours plus tard, ce sera le passage de la mort privée à la mort publique et le cercueil de Proust sera amené au cimetière du Père-Lachaise accompagné du tout Paris. Au cimetière, en plein jour, se retrouveront ceux-là mêmes qui se trouvaient à la fête nocturne du Majestic.

En mai 1885, Paris donnait à Victor Hugo des funérailles nationales et la belle époque allait commencer avec une liberté artistique et culturelle inconcevable jusqu'alors. [vii] La culmination de cette ère de « banquets » et de fêtes fut la création par Diaghilev du ballet de Stravinski, Le Sacre du printemps, avec une chorégraphie de Nijinski en 1913. (Pour fêter le centenaire de l'œuvre, le Joffrey Ballet reprend en 2013 la chorégraphie originale.) On a comparé le scandale du Sacre à la bataille d'Hernani en 1830. Par ailleurs, la célébration du Renard peut se voir comme un coda à toute l'exubérance créatrice du début du vingtième siècle. Ceux qui accompagnèrent Proust à sa dernière demeure pensaient-ils à leur rencontre du 18 mai ? Etait-ce l'enterrement d'une époque  révolue? Toujours est-il qu'avec sa mort Proust entrait vraiment dans le domaine public, lui qui avait toujours préféré vivre dans le privé et le nocturne, comme l'atteste la soirée au Majestic.

[1] L'édition originale a été publiée en Angleterre sous le titre A Night at the Majestic, Faber et Faber, 2006.

[ii] Davenport-Hines, Richard. Proust at the Majestic, Bloomsbury Press, 2006.

Proust French

[iii] La traduction française de André Zavriew a été publiée sous le titre « Proust au Majestic » (Grasset & Fasquelle, 2008).

[iv] Voir "Misia, Reine de Paris". Exposition au Musée d'Orsay, 12 juin-9 sept. 2012.

[v] Joseph, Charles M. Diaghilev and Stravinsky, The Ballets Russes and Its World, Yale University Press, 1999.

[vi] Garafola, Lynn. "Reconfigurating the Sexes", The Ballets Russes and Its World, Yale University Press, 1999.

[vii] Shattuck, Roger. The Banquet Years, Vintage Books, 1955. Traduit en français sous le titre Les Primitifs de l'avant-garde, Rousseau, Satie, Jarry, Apollinaire.

Réponse de M. Davenport-Hines

I am grateful for this masterly yet playful summary of the opening and closing chapters of my book, with its mischievous and perceptive comparison of the Schiff dinner at the hotel Majestic to a post-Oscar party.  My book is also a biographical essay which celebrates some of the supreme themes in A la recherche du temps perdu.  I scrutinise the extent to which Proust and his contemporaries considered that he had a Jewish identity; the tremendous impact of Proust on literary London in the 1920s, and especially of his startling candour about sexual inversion;   the spiritual masochism that led him to refuse medical treatment; and the passionate reaction of Parisians to the news of his death.  I hope that readers will recognise that it is a book written with grateful pleasure by a lifelong and loving Proustien.

Lecture supplémentaire :

Proust : The Race Against Death, Graham Robb
The New York Review of Books, October 19, 2006

Langue anglaise et héritage britannique à Malte


Malta 3

Malte, tout comme sa voisine la Sicile ainsi que les îles méditerranéennes en général, a vécu un passé mouvementé où se sont rencontrées diverses cultures. Phéniciens, Carthaginois, Romains, Byzantins, Arabes, Normands, Français et Britanniques, tous ont laissé une trace de leur passage sur l'île, donnant lieu à une culture unique et particulière. L'héritage britannique, toujours notable, y est d'ailleurs d'une grande importance. En effet, Malte est devenue avec les années une destination touristique par excellence pour quiconque souhaite faire un séjour linguistique. On dénombre pas moins de 40 écoles de langue sur l'île, telle que Maltalingua, dont l'enseignement de l'anglais est l'activité principale. Mais comment cette essence britannique s'est-elle développée au cours des années? Remontons un peu le temps afin de mieux comprendre les évènements historiques et l'héritage que les Britanniques y ont laissé.

HISTOIRE

En 1798, Bonaparte expulsera les Chevaliers de Saint-Jean de l'île de Malte au nom de la République française. Cependant, la présence française sur l'île sera de très courte durée car, après avoir aidé les Maltais à expulser les Français, les Britanniques se retrouvèrent officieusement souverains de l'archipel en 1800. Malgré que le traité d'Amiens en 1802 stipulait que Malte reviendrait de nouveau aux Chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean, la majeure partie de la population demanda à rester sous protection britannique. Les guerres napoléoniennes reprirent cependant de plus belle et les Britanniques s'engagèrent dans la défense de Malte. Le traité de Paris établira finalement de façon définitive la souveraineté britannique sur l'archipel en 1814.



Malta 5

Tableau des chevaliers de l’ordre de St-Jean

À partir de ce moment, de par sa position stratégique en Méditerranée, Malte occupera une place d'importance au sein de l'Empire britannique. Lors de la Première Guerre mondiale, l'archipel deviendra une base de ravitaillement et un lieu de convalescence pour les blessés et malades. Puis, durant la Deuxième Guerre mondiale, l'archipel jouera un rôle primordial dans les opérations de guerre en Méditerranée, notamment en gênant l'approvisionnement des troupes de l'Axe en Afrique du nord.

Après la Seconde Guerre mondiale, le mouvement indépendantiste de Malte prendra de l'ampleur et Malte se verra enfin accorder son indépendance le 21 septembre 1964. L'archipel fait alors partie du Commonwealth. Dix ans plus tard, en 1974, Malte deviendra une république démocratique indépendante. Les forces britanniques resteront cependant postées à Malte jusqu'au 31 Mars 1979, date de la fermeture définitive de leurs bases militaires.

HÉRITAGE

Même si Malte est une île tout à fait unique, l'influence britannique se fait sentir dans bien des domaines. Malte fit partie intégrante de l'Empire britannique pendant plus de 150 ans et, durant cette période, la Grande-Bretagne a imposé sa langue ainsi que son pouvoir politique et économique. Les Maltais ont, de ce fait, adopté le système britannique en matière d'administration, d'éducation et de législation. Il existe d'ailleurs encore de nos jours des liens très forts en matière de commerce et de tourisme entre la Grande-Bretagne et Malte.

Malta 1

D'autres aspects plus pratiques étonneront aussi le visiteur. Par exemple, la conduite s'effectue à gauche, comme en Grande-Bretagne, et un peu partout sur les routes, il est possible de croiser de vieux modèles automobiles britanniques des années cinquante, soixante et soixante-dix. La cuisine maltaise a également adopté quelques usages de la cuisine britannique tels les petits déjeuners et les brunchs typiquement anglais. Puis, dans les bars, la bière est servie en pintes et est, ici aussi, la boisson favorite. En se promenant à La Valette, la capitale de l'île, on peut remarquer les nombreuses boutiques et les cafés portant des noms typiquement anglais. Aussi, les touristes amusés profitent généralement de leur séjour à Malte afin de se faire photographier aux cotés des fameuses boîtes aux lettres et cabines téléphoniques londoniennes peintes en rouge.


Malta 4

LANGUES

L’origine du terme Malte est encore incertain,
cependant la version moderne dériverait du langage maltais et aurait été
introduite durant la période du Royaume de Sicile. L’étymologie la plus commune
et acceptée du mot Malte viendrait du grec « Meli » qui signifie
miel. Les Grecs auraient vraisemblablement donné cette appellation due à la grande
production de miel sur l’île ainsi qu’à la présence d’espèces endémiques d’abeilles.
Par la suite, les Romains auraient utilisé une version latine de ce terme
« Melita ». Une autre théorie suggère cependant que le nom Malte
viendrait du phéniciens « Maleth », qui signifie havre, puisque
de nombreuses baies et criques sont présentes sur l’île offrant ainsi des ports
naturels.

Malte possède deux langues officielles, le maltais et l'anglais. La langue maltaise trouve ses origines dans la langue arabe, puis elle fut influencée par le sicilien et l'italien et finalement, dans une moindre mesure, par le français et l'anglais. Le maltais a été reconnu langue officielle au côté de l'anglais en 1934 mais au prix de l'Italien qui fut abandonné.

Grâce aux efforts fournis par le régime d'instruction publique lors de la colonisation britannique, l'anglais est parlé couramment et largement sur l'île. Les Maltais peuvent passer très souvent du maltais à l'anglais, naturellement, même au beau milieu d'une phrase. L'anglais a d'ailleurs un impact dans l'élaboration du maltais parlé de tous les jours. On a même développé le mot « maltish », pour désigner les mots ou expressions combinant à la fois le maltais et l'anglais.

Après qu'elle ait gagné son indépendance, l'industrie et le tourisme se sont développés à vive allure sur l'île. Malte possède donc aujourd'hui une économie d'industries et de services et des entreprises de tourisme prospères et diversifiées. Par son charme méditerranéen et son histoire, ayant ainsi permis à l'anglais de se tailler une place de choix dans cette petite île, on comprends donc pourquoi de plus en plus de gens choisissent Malte comme destination favorite pour leur séjour linguistique.


Malta 2

Source :

http://www.visitmalta.com/fr/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Malte

http://fr.wikipedia.org/wiki/Maltais

http://en.wikipedia.org/wiki/Malta


 

La common law (anglo-américano-canadienne) et le droit civil (français-québécois)

Scalia

Antonio Scalia

Nous avons demandé à Cynthia Hazelton d'analyser "Reading Law, The Interpretation of Legal Texts", le livre écrit par Antonio Scalia, juge à la Cour suprême des États-Unis, et Bryan A. Garner, avocat, auteur ("Garner's Modern American Usage"), lexicographe et rédacteur de nombreux ouvrages juridiques (dont "Black’s Legal Dictionary", la bible des juristes américains).

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Cynthia Hazelton

Cynthia Hazelton (qui connaît M. Garner et a assisté à plusieurs de ses conférences) est née et a grandi aux États- Unis. Elle est diplômée de la faculté de droit de l'Université d'Akron et est membre du barreau de l'État de l'Ohio. Cynthia a un mastère en français du Middlebury College ainsi qu'un mastère en traduction de l'« Institute of Applied Linguistics » de Kent State University. Elle enseigne la traduction juridique, commerciale et diplomatique à cette université.

Garner

Bryan A. Garner

Étant donné que cette œuvre de Scalia et Garner,  travail très approfondi et exhaustif (608 pages), traite de l'interprétation des textes dans le cadre de la common law (anglo-américano-canadienne), et que nos lecteurs et lectrices sont majoritairement plus familiers du droit civil (français-québécois), nous avons choisi de faire précéder l'analyse de Me Hazelton d'une explication de la différence entre ces deux systèmes juridiques. L'explication qui suit est empruntée au site du Réseau Ontarien d'Éducation Juridique. Cette source nous a été fournie, ainsi que plusieurs autres, par Monsieur Jean Delisle, professeur émérite à l'Université d'Ottawa. Nous l’avons choisie parce que l'explication qu'elle donne des deux systèmes est extrêmement claire et exempte de termes techniques.

Nous croyons que ceux de nos lecteurs qui ne connaissent pas très bien le système de la common law en auront une compréhension plus précise après la lecture du texte ci-joint et qu'ils pourront ainsi mieux apprécier les thèmes traités dans le livre "Reading Law, The Interpretation of Legal Texts" et commentés par notre distinguée collaboratrice. Nous publierons l’analyse de Madame Hazelton dans une semaine.

 

LES TRADITIONS JURIDIQUES DU DROIT CIVIL ET DE LA COMMON LAW

 

La volière d’Audubon :
Première partie de la volée

Exposition
à New York, du 8 mars au 19 mai 2013

New-York Historical Society


170 Central Park West, at Richard Gilder Way
(77th Street), New
York, NY 10024

 

Nous souhaitons la bienvenue à notre nouvelle collaboratrice, Renée Elizabeth Kimble. Renée, 24 ans, est née à Lafayette (dans l'État de Louisiane), ce qui a peut-être présagé de son grand intérêt pour la langue française. Pendant ses études à l'Université de Tulane, elle s'est fiancée, après avoir accepté une demande en mariage au Parc Audubon, à la Nouvelle-Orléans. Son futur poussa la délicatesse jusqu'à lui déclarer sa flamme près de l'Arbre de Vie, jadis planté comme cadeau fait à la mariée, lors des noces d'un riche planteur, selon la legénde. Renée fait ses études de doctorat ès littérature française. Sa maîtrise de la langue française, son amour de la Nature et celui de l'homme qui sut si bien choisir l'endroit propice se conjuguent pour donner l'excellente analyse qui suit.


Arbre de vie

Renee final

Renée et son fiancé      L'arbre de vie, Parc Audubon,
                                          New Orleans

        
                

Les épithètes abondent : « Il était passionné, c'était un sacré personnage […], il était perfectionniste […], c'était génie du marketing […il], tentait de donner à ses abonnés ce facteur de surprise. » Mais de qui parle donc Roberta Olson, conservatrice à la New York  Historical Society ? Il s'agit de Jean-Jacques
(John James) Audubon (1785-1851), un être cosmopolite, ayant voyagé de sa terre natale de Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti) jusqu'en France, en Angleterre et aux États-Unis.  C'était un artiste et ses aquarelles sont sans pareilles.  De plus, c'était aussi un naturaliste méticuleux et un innovateur.  Finalement, avec ses observations d'animaux malheureusement disparus depuis, c'était aussi l'un des premiers écologistes.