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Les empires seraient-ils de retour?

Par Dr. Soner Cagaptay,

Directeur du Programme de recherche sur la Turquie au
Washington Institute for Near East Policy, Washington D.C.

 

                                            Soner Capagtay

Traduit par Jean Leclercq, et publié avec la permission de l’auteur.

Bataille-daboukir-1799-antoine-jean-gros Turkey (Aboukir map)

Les armées françaises et ottomanes à la bataille d’Aboukir (1799) « Victoires et Conquêtes des Armées Françaises », vers 1860

Alors que Tunisiens et Égyptiens votent pour remplacer les despotes délogés, et que le régime syrien est sur le point de tomber, deux vieilles puissances impériales se disputent l'exercice d'une influence politique sur les pays arabes en crise. Et ce n'est ni l'Amérique, ni la Russie. Après des années de rivalité sur fond de guerre froide au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ce sont maintenant la France et la Turquie qui se disputent de juteux liens commerciaux et la possibilité de modeler une nouvelle génération d'élites dans des pays qu'ils ont naguère dominés.

Cette rivalité n'est pas nouvelle. Dès que Napoléon eût envahi l'Égypte en 1798, la France et la Turquie se sont disputées l'hégémonie en Orient. L'ascension de la France en tant que puissance méditerranéenne a eu pour corollaire le déclin de la Turquie dans la même région. À mesure que l'Empire ottoman se désagrégeait, la France s'emparait de l'Algérie, de la Tunisie et, pendant un certain temps, de l'Égypte. Les Français arrachèrent même un dernier lambeau de l'empire moribond en obtenant, après la première guerre mondiale, le mandat sur la Syrie et le Liban.

Cette rivalité a subsisté au XXe siècle, lorsque la Turquie est devenue une nation  repliée sur elle-même. À l'époque de la décolonisation, la France perdit la maîtrise  politique de pays s'étendant du Maroc à l'ouest jusqu'à la Syrie, à l'est. Mais, Paris conserva une influence économique et politique dans la région, en soutenant de grandes entreprises françaises qui tissèrent des liens juteux avec les dirigeants de la région. La Turquie elle-même en vint un moment à considérer la France comme un modèle. En effet, lorsque Mustafa Kemal Ataturk fonda la Turquie moderne en 1923, il se fit le chantre du modèle français de stricte laïcité, laquelle exclut la religion de l'État, de la politique et de l'éducation.

 

Turkey - Ataturk
Mustafa Kemal Ataturk,
premier Président
de la République turque.

Prime Minister Turkey
Premier ministre de Turquie
Recep Tayyip Erdogan

 

Si la France a dominé une grande partie de la région au cours des deux derniers siècles, les choses sont en train de changer. Et si la Turquie joue bien ses cartes, elle pourrait égaler la France en influence ou même devenir la puissance dominante dans la région.

Au cours de la dernière décennie, la Turquie a connu une croissance économique record. Ce n'est plus un pays pauvre cherchant par tous les moyens à entrer dans l'Union européenne. Elle possède une économie de 1,1 billion de dollars, une puissante armée, et elle aspire à modeler la région à son image. Alors que la tourmente politique paralyse l'Afrique du Nord, la Syrie et l'Irak, et que la crise  économique dévaste une grande partie de l'Europe méditerranéenne, la Turquie et la France ont été dans une large mesure épargnées. Leur rivalité grandissante est une des raisons pour lesquelles la France s'est opposée à la demande d'admission de la Turquie dans l'Union européenne.

Cela s'ajoutant aux efforts de la France pour créer une Union Europe-Méditerranée, que Nicolas Sarkozy conçut en 2008 comme un moyen de placer la France à la tête du monde méditerranéen, une conviction s'est imposée aux Turcs: Paris n'admettra jamais la Turquie dans l'Union européenne ou ne la laissera jouer un rôle important dans une région méditerranéenne menée par la France.

La nouvelle politique étrangère militante de la Turquie s'est donc écartée de l'Europe. Le Parti de la justice et du développement (connu sous le sigle A.K.P.), actuellement au pouvoir, tisse désormais des liens avec les pays anciennement ottomans, plus ou moins oubliés pendant une bonne partie du XXe siècle. Des 33 nouvelles missions diplomatiques turques ouvertes au cours de la dernière décennie, 18 l'ont été dans des pays africains et musulmans.

De ce fait, de nouveaux liens politiques et commerciaux ont été établis, souvent  au détriment de ceux qui existaient avec l'Europe. En 1999, l'Union européenne représentait plus de 56% du commerce extérieur turc; en 2011, seulement 41%. Au cours de la même période, la part des pays islamiques dans le commerce turc est passée de 12 à 20%. 

Dans les affaires, ces nouveaux circuits commerciaux ont conduit à l'apparition d'une élite socialement plus conservatrice, implantée en Turquie centrale, qui tire sa force du commerce extra-européen et utilise sa nouvelle richesse à promouvoir une redéfinition de la conception turque traditionnelle de la laïcité. Depuis 2002, le modèle kémalien, d'inspiration française, s'est effondré. L'A.K.P. et ses alliés lui ont substitué une forme plus douce de laïcité qui autorise davantage d'expression religieuse dans le gouvernement, la politique et l'éducation. Cela a rendu le modèle turc plus attirant pour les pays arabes qui, pour la plupart, considèrent la laïcité à la française comme un anathème.

Si les deux pays ont naguère choyé les dictateurs – en 2007, M. Sarkozy a autorisé le colonel Mu'ammar al-Kadhafi à occuper le centre de Paris et à planter sa tente près du Palais de l'Élysée et, en 2010, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a accepté le Prix international Kadhafi – la Turquie a très tôt soutenu les révoltes arabes, récoltant  ainsi des sympathies dans toute la région.

Avant d'appuyer les rebelles libyens l'année dernière, la France avait misé sur la pérennité des dictatures et n'avait jamais frayé avec les forces démocratiques d'opposition. La Turquie l'a fait, peut-être sans s'en apercevoir, en étendant son pouvoir « doux » dans les pays arabes, en bâtissant des réseaux commerciaux et en fondant des hautes écoles dernier cri, dirigées par le mouvement Gulen, d'inspiration Sufi, pour former les futures élites arabes. Maintenant, le Printemps arabe fournit à la Turquie une occasion sans précédent d'étendre davantage encore son influence dans les sociétés arabes nouvellement libérées.

À mesure que s'effilochent les liens d'affaires de la France avec la vieille élite laïque, son influence s'amenuise. Certes, elle reste une puissance militaire et culturelle, et elle continuera à attirer les élites arabes, même islamistes, en quête d'armes et de produits de luxe. Toutefois, la France aura du mal à exporter son modèle laïque dans la région ou à rivaliser avec les réseaux d'affaires implantés localement par la Turquie, notamment en Syrie, au Liban et en Irak, où elle est déjà très puissante.

Mais, tout n'est pas gagné d'avance. La Turquie a dominé le Moyen-Orient arabe jusqu'en 1918, et il lui faut aujourd'hui prendre garde à la façon dont ses messages y seront perçus. Les Arabes pourront être tentés de suivre des coreligionnaires mais, comme les Français, les Turcs sont aussi d'anciens maîtres. Les Arabes revendiquent la démocratie mais, si la Turquie se comporte comme un nouvel empire, sa démarche se retournera contre elle. Lors d'une récente conférence à l'Université Zirve[1], rutilant  établissement privé de Gaziantep, financé par les milieux d'affaires locaux qui ont fait de la Turquie une puissance économique régionale, des Arabes libéraux et des islamistes de différents pays n'ont été d'accord que sur un point, à savoir que la Turquie est la bienvenue au Moyen-Orient, mais qu'elle ne doit pas le dominer.

En septembre, lorsque M. Erdogan est arrivé dans la nouvelle aérogare du Caire (construite par des entreprises turques), il y a été chaleureusement accueilli par des foules joyeuses, mobilisées par les Frères musulmans. Toutefois,il a vite irrité ses hôtes dévots en prônant l'importance d'un gouvernement laïque qui assure la liberté religieuse, utilisant à cette occasion le mot turc laiklik – dérivé du français laïcité. En arabe, ce terme a été traduit librement par « irréligieux ». Le message de M. Erdogan peut avoir pâti de la traduction, mais l'incident illustre bien les limites de l'influence de la Turquie dans des pays socialement beaucoup plus conservateurs qu'elle.

Si la Turquie peut dominer en douceur, la France a la main plus lourde, comme l'ont montré les opérations menées récemment en Libye et l'exercice de son droit de veto à l'ONU. Malgré la phénoménale croissance de la Turquie depuis 2002, l'économie française reste plus de deux fois supérieure à la sienne, et la France occupe encore une position dominante en Afrique du Nord.

 

  Turkey (Cyprus)      Turkey (division of Cyprus)

La stabilité relative de la Turquie dans une région en crise attire les investissements en provenance de voisins moins stables comme l'Irak, l'Iran, le Liban et la Syrie. En fin de compte, la stabilité politique et la puissance régionale sont les atouts de la Turquie et les deux clés de sa croissance économique.

Si la Turquie veut devenir un modèle de la démocratie au Moyen-Orient, sa constitution doit accorder des droits individuels plus étendus à ses citoyens, et notamment aux Kurdes. Il lui faudra aussi concrétiser le rêve de son ministre des affaires étrangères, M. Ahmet Davutoglu, d'une politique étrangère « sans problème ». Cela suppose, une fois dépassé l'épisode de la flottille (2010), que l'on rétablisse des liens solides avec Israël, et que l'on soit en bons termes avec les Chypriotes grecs qui habitent la partie méridionale de l'île de Chypre (les Chypriotes turcs tenant le nord). Le conflit y dure depuis deux décennies; les Chypriotes turcs, plus pauvres, veulent une fédération assez lâche, et la majorité chypriote grecque veut un gouvernement central fort.

La découverte récente de gaz naturel au large du sud de Chypre est une occasion à saisir. La Turquie pourrait émerger de la mêlée en proposant une réunification de l'île en échange d'un accord de partage des recettes gazières. Un tel marché, joint à une amélioration des relations turco-israéliennes, pourrait faciliter la coopération dans l'exploitation de gisements de gaz peut-être même plus importants encore au large des côtes d'Israël; la Turquie est l'aboutissement le plus logique d'un gazoduc vers les marchés étrangers.

La Turquie ne s'affirmera comme puissance régionale que si elle donne un véritable exemple de démocratie libérale et qu'elle noue des liens solides avec tous ses voisins. C'est le défi que M. Erdogan doit relever s'il entend abolir l'héritage napoléonien.

Commentaire    

Paru dans le New York Times du 15 janvier dernier, cet article est doublement intéressant. D'abord, parce qu'il expose la thèse originale d'une lutte d'influence dont personne ne parle; et, surtout, parce qu'il est l'œuvre de quelqu'un qui connaît intimement la question. En France, la Turquie est très mal connue et les journalistes qui y vont, ne connaissant ni la langue, ni l'histoire de ce pays, n'en rapportent le plus souvent que d'affligeantes banalités.

Rappelons que la France a été la première nation occidentale à nouer des liens avec les Ottomans lorsque François 1er,cherchant à rompre l'encerclement des Habsbourg, fit alliance avec Soliman le Magnifique. Entretenue par la monarchie pendant trois siècles, l'alliance turque fut rompue (comme bien d'autres) par Bonaparte lorsqu'il décida de débarquer en Égypte.

            Le reste est expliqué dans l'article, mieux que je ne saurais le faire. Aussi me bornerai-je à ajouter que la Turquie a toujours conservé une certaine aura dans le monde arabe. S'ils n'ont pas pardonné à Ataturk d'avoir laïcisé le pays et romanisé l'écriture, les musulmans de tout l'Orient restent attachés à ce que le pays a naguère représenté pour eux. À cet égard, il ne faut pas oublier que le sultan (le padişah, en turc) détenait un pouvoir à la fois temporel et spirituel. Il était le chef de l'État et le descendant du Prophète, le « pape » des musulmans. D'ailleurs, lorsque le dernier sultan (Mehmet VI) fut déchu, en 1922, son cousin Abdülmecit II fut investi du pouvoir spirituel qu'il conserva jusqu'à l'abolition du califat, le 3 mars 1924. Cette autorité spirituelle du sultan sur l'Oumma, la communauté des croyants, conférait à la Porte ottomane un très grand prestige que la Turquie contemporaine retrouvera peut-être si, comme l'explique M. Cagaptay, elle sait jouer judicieusement ses atouts.

Soner Cagaptay

 

Note linguistique

La langue turque est asiatique. Elle a évolué au gré de la longue migration vers l'ouest des populations qui la parlent, s'enrichissant au passage de termes persans et arabes. Mais, structurellement, le turc conserve des caractéristiques asiatiques et l'on prétend même que les Japonais l'apprennent facilement. Il a été romanisé en 1926, si bien qu'il existe en Turquie des traducteurs de turc ancien en turc moderne, pour tous les textes antérieurs à la romanisation. À cet égard, la Turquie est vraiment un pays de traducteurs!

Relations France – Grande-Bretagne

 

 

Dans le précédent article, nous avons traité de l'histoire d'amour entre le français et l'anglais. Toutefois, dans le domaine politique, l'histoire des relations entre la Grande-Bretagne et la France n'a pas toujours été un « long fleuve tranquille ».

     l’Entente Cordiale

Cameron 2


 

 

 

Jusqu'ici, nous avons publié deux séries d'articles, rédigés spécialement pour notre blog, sur le thème de ces relations : La Guerre de Cent Ans, par Danielle Bertrand, et France et Angleterre, une histoire d’amour, par Jean Leclercq.

     l’entente frugale >

Capture d’écran 2011-03-31 à 23.54.22

 

 

 

Dans le cadre de la crise de la zone euro,  nous allons maintenant envisager un de ces épisodes tempétueux, par l’intermédiaire des articles qui ont paru dans la presse française et anglaise pendant le mois précédent.
 

     l’entente inamicale 

Cameron

 

 

A worsening of Anglo-French relations
over the Euro crisis

Slate.fr :
« Contesté chez lui sur l'Europe, Cameron se fait reprendre par Sarkozy»

The Guardian : 
Nicolas Sarkozy tells David Cameron: shut up over the euro 

The Telegraph :
Sarkozy tells Cameron: 'We’re sick of you telling us what to do

The Economic Times : 
"David Cameron slams Europe's transaction tax plan" 

 

Si vous trouvez ce sujet trop sérieux, bornez-vous à lire uniquement des articles humoristiques :

The Guardian/The Observer,
“ OK, if the French play up, the croissant gets it”

The Times :
To insult Monseiur le Frog is a vice anglaise

L’incroyable histoire d’amour entre le français et l’anglais

Honni soit qui mal y pense

L’incroyable histoire d’amour entre le français et l’anglais

  Honni soit qui mal y pense

  Henriette walker

 

364 pages

Edition Le Livre de Poche

 

Collection Littérature

& Documents

 

L’auteur : Henriette Walter, professeur émérite a l’université de Haute-Bretagne, directrice du laboratoire de phonologie a l’école pratique des hautes études et membre du conseil supérieur de la langue française.

Critique de Marie Tran auteur-journaliste française 

 

MarieTran

 

« Depuis bientôt mille ans, la langue française a eu des contacts si fréquents, si intimes et parfois si passionnels avec la langue anglaise qu’on est tenté d’y voir comme une longue histoire romanesque où se mêlent attirance et interdits… ». C’est ainsi que la linguiste française Henriette Walter commence son « incroyable histoire d’amour entre le français et l’anglais ». Une histoire qu’elle déroule sur plus de trois cents pages (dans le format de poche), entrecoupée de « récréations » et d’un dictionnaire des « très bons amis » soit tous ces mots que l’on peut dire en anglais comme en français sans se tromper, des homographes au nombre de 3 221 (une bonne base). L’ensemble est riche, très riche, entre histoire des relations franco-anglaises et linguistique, à tel point que l’on peut avoir parfois un peu tendance à se perdre. Plongé sous le flot d’une telle érudition. Synthétiser l’ensemble n’est pas évident. Voilà donc, très arbitrairement deux ou trois choses que l’on pourra retenir.

 

Où l’on apprend que les toasts et le bacon sont français…

La bataille d’Hastings, en 1066, n’aura pas que signer la victoire de Guillaume le Conquérant (Guillaume The Bastard pour les Anglais !) sur les troupe d’Harold.

Guillaume de Normandie, intronisé roi d’Angleterre, au début du XIXe siècle, place ses fidèles à la tête de son royaume. Des barons et des hommes d’église qui parlent français, et plus spécifiquement le normand. A compter de là, la langue française ne va plus arrêter de s’inviter dans l’anglais qui, juste avant, avait déjà subi les assauts des langues viking.

C’est pour ces raisons, nous explique Henriette Walter que le mot anglais « toast » vient de l’ancien français « toster », soit « griller, rôtir ». Que le bacon anglais est en fait la reprise de l’ancien français « bacon » qui signifie « chair de porc salé »… Ces mots en provenance directe de Normandie, ce sont aussi « canvas », (« toile » en français), qui tire ses racines du normanno-picard « canevas », venant lui-même de « cannabis » (chanvre). Autre exemple : « captain », à savoir « capitaine », qui vient de l’ancien français « chieftain ». L’anglais « proud » (fier) signifiant autrefois « vaillant » avec, pour origine, le vieux-français « prud » devenu « preux ».

 

… que les accents circonflexes sont des « T » anglais.

Henriette Walter note en passant que l’on peut dater d’avant le XIIIe siècle ces séries d’emprunt de l’anglais au français. Notamment parce que c’est à cette période que le français va remplacer les « t » placés après une voyelle en accent circonflexe… d’où « roast » tiré de « rôtir ». Mais aussi pastry (pâtisserie), priest (prêtre), forest (forêt). Sa conclusion : l’anglais est une bonne introduction pour qui voudrait s’initier à l’ancien français !

Ces échanges linguistiques vont cependant prendre fin en 1204 avec Philippe Auguste, puis la guerre de Cent ans. Pour ce qui est de la France, il faudra attendre le XVIIIème siècle pour que notre langue emprunte des mots au vocabulaire anglais (aujourd’hui les emprunts du français à l’anglais sont de l’ordre de 4 %).

 

Pourquoi une Library n’est pas une librairie

C’est parce que le « library » anglais vient de l’ancien français « librairie », dans le sens où  Montaigne l’entendait, à savoir une bibliothèque, que le mot est devenu un faux ami et ne désigne pas un magasin de livre (« bookshop »). Mais cette hégémonie du français sur l’anglais ne va pas durer. L’Angleterre va prendre le dessus au milieu du XIVème. L’enseignement outre-manche à cette période passe à l’anglais qui, avec Henry IV, devient la langue officielle. Ce n’était pas le cas auparavant.

Henriette Walter date ensuite avec Chaucer et ses Contes de Cantorbéry, le premier texte littéraire important et vulgarisateur de la langue anglaise. Chaucer écrit dans un anglais de la région de Londres – le « moyen-anglais »- qui va se répandre à travers la création des universités prestigieuses d’Oxford (milieu du XIIème siècle) et Cambridge (XIIIe siècle). Petit à petit, la langue va se construire. Plus tard, vont naître les dictionnaires rédigés en anglais, alors que le latin est encore très présent.

 

La différence entre pâte à dents et dentifrice

Mais bientôt, la langue anglaise ne va plus se contenter de son île. A la fin du XVIe siècle, elle « prend le large », signale Henriette Walter, notamment en Amérique du Nord où elle débarque en 1584. Cette fois-ci, ce sont des Français (ceux de Québec, d’Acadie) qui vont traduire de l’anglais vers le français pour créer de drôle d’associations… le toothpaste devenant de la pâte à dents. A partir du XIXe siècle, les savants de langue anglaise vont participer à son rayonnement dans le monde. C’est encore le cas aujourd’hui. Mais que l’on se rassure. L’anglais a tellement puisé dans le français que l’on y participe aussi un peu. 2/3 du vocabulaire anglais est issu du français, estime Henriette Walter.

 

Présentation de l’éditeur :

Quand on aime, on donne sans compter…, et quand on sait que plus des deux tiers du vocabulaire anglais vient du français ou du latin, que le mushroom anglais est en fait le mousseron français assaisonné à la mode anglaise et que le bol français est à l'origine le bowl anglais prononcé à la française, on comprend alors qu'entre ces deux langues, c'est une véritable histoire d'amour qui a commencé il y a plusieurs siècles… et qui dure.

Bien sûr, les peuples ont connu tour à tour une guerre de Cent Ans ou une Entente cordiale, mais les langues, de leur côté, ont constamment mêlé leurs mots pour donner parfois naissance à des " faux amis ", voire bien souvent aussi à de nombreux " bons amis " : il y en a plus de trois mille dont la forme graphique est parfaitement identique dans les deux langues, parmi lesquels anecdote, caricature, garage, horizon, jaguar, moustache, silicone, structure, unique… 

C'est l'histoire peu commune de deux langues voisines et néanmoins amies qu'Henriette Walter conte ici en parallèle, au fil de multiples traversées de la Manche dans les deux sens, interrompues par un grand voyage à la conquête du Nouveau Monde. En revivant cette aventure sentimentale au pays des mots, ponctuée d'une foule d'exemples, de jeux insolites et de piquantes anecdotes, on découvre que l'érudition n'est pas forcément ennuyeuse, et que l'on peut apprendre tout en s'amusant. Et honni soit qui mal y pense.

 

Humour, dites-vous ? Lost in translation.

Le journal britannique The New Statesman a récemment publié un article intitulé « Down the Tube? Up the social ladder », concernant le prix prohibitif du ticket de métro londonien.

 

 

Le premier syntagme joue avec les mots. En effet, si le mot anglais « tube » a la même signification que « tube » en français, lorsqu'on l'écrit avec un T majuscule, il fait référence au métro londonien : « the Tube » est le nom populaire qui lui est donné (le nom officiel étant « the Underground »). Et si vous avez déjà voyagé dans the Tube, emprunté ses couloirs et escaliers roulants, vous avez certainement eu l'impression de vous déplacer à l'intérieur d'une sorte de tube ou de conduit géant.

 

  London Underground London Underground Map from Zuti

 

Cependant, l’expression « down the tubes » (avec un « s ») a un tout autre sens, le même que « down the drain ». Elle signifie qu'un projet n'aboutit à rien, qu'il finit en queue de poisson ; on pourrait dire en quelque sorte qu'il tombe à l'eau, dans les égouts, dans la tuyauterie. L'expression consacrée en français est d'ailleurs assez curieuse : on dit « tourner en eau de boudin » ou « s'en aller en eau de boudin[1] ». L’expression « down the Tube » est donc ici à double sens, car elle implique « the Tube » (le métro londonien) et « down the tubes » (un échec).

 

Quant au deuxième syntagme « Up the social ladder », il indique purement et simplement une ascension sociale. Le titre du New Statesman ne manque donc pas d'humour : en descendant dans le métro, on grimpe l'échelle sociale, proclame-t-il, sous-entendant une situation vouée à l'échec. 

       Ladder

 

"Vous trouverez ci-dessous l’article en question, publié le 23 novembre 2011 ; sa traduction française a été publiée le 28 décembre dans Le Courrier International. " Le titre de l'article a été traduit par : « À Londres, prendre le métro est devenu un luxe ». Les traducteurs n'ont apparemment trouvé aucun équivalent qui puisse rendre le double sens de « Down the tube(s) ». Autant dire que cette expression tarabiscotée a dû leur donner du fil à retordre et a fini par tourner en eau de boudin. 

[1]          Si l'expression « tourner en eau de boudin » vient, paraît-il, de l'eau de cuisson du boudin, ou de l'eau souillée, bonne à jeter aux égouts, dans laquelle on nettoie les boyaux qui servent à la fabrication de ce mets, d'autres s'accordent à lui donner une origine moins ragoûtante. Attention, donc, à la traduction de « tourner en eau de boudin » dans le sens français → anglais. 

Jonathan Goldberg

Ces commentaires  ont bénéficié des précieux conseils de Nathalie Nédélec-Courtès, traductrice littéraire anglais, espagnol et italien vers le français.

 

Down the Tube? Up the social ladder

Rowena Davis, 23 November 2011 15:52

Public transport by name is increasingly exclusive by nature

Next time you're on the Tube take a look around you. If you think that it's increasingly full of white, business class professionals, it's because it is. According to newly-analysed data from Transport for London, slipping down the underground escalator means taking a step up the social ladder.

The data paints a stark picture of a growing social divide in our city. While richer groups speed to work underground, poorer and more diverse ethnic groups are forced to take the bus. Public transport by name is increasingly exclusive by nature.

The latest figures show that almost four in five of London's Tube users are now managerial and professional workers, and the situation is getting worse.

In 2003, Londoners in the bottom half of the income spectrum made up 28 per cent of Tube users, but in the latest data from 2009, this dropped to 22 per cent.

It is hard not to link these divides to a difference in fares (the cash price for a Zone 1 single fare is now £4). This week I've been talking to cleaners and caterers who cannot afford to use the Tube in the city they call home. Instead they flock to the bus, which remains expensive and problematic.

Take Elena, a cleaner from Columbia who works for £6.08 an hour. She holds down two part time jobs. Without access to the Tube or train, she has to leave her North London home at 5am. Together with hoards of other workers on the minimum wage, she gets a chain of buses before dawn breaks. Her need to travel between jobs means that she spends almost five hours a day travelling for six hours work.

At present Elena pays £68.40 for her monthly bus pass. If she were to buy a full travelcard with Tube access, it would cost £106, approximately one fifth of her monthly wage after tax.

The mayor doesn't seem to get the problem. Since Boris Johnson was elected, the cost of a weekly zone 1-4 travelcard has increased by 23 per cent, and he remains committed to 20 years of above inflation fare increases.

Migrant workers like Elena are particularly likely to be affected. According to TfL's figures, some 39 per cent of bus users are from black and ethnic minority communities compared to 29 percent of Tube users.

Bus dependency also continues to cause massive problems for families. Alberto, another cleaner, says his daughter has to leave the house at 5am with his wife. She waits at her mum's work reading until school opens, and she always arrives tired. Meanwhile Alberto makes his anxious journey across London. If he misses one of his busses or falls asleep, he risks being fired.

"I've seen the transport prices rise like crazy but the salary never increases," he says, "For a salary increase you have to fight. Throughout the years my money buys less and less so I'm encouraging the workers to get organised … The problem is getting worse."

There are economic consequences too. Transport is the circulatory system of our economy, but workers like Elena have been known to turn down jobs because they are too expensive to get to. It also makes it difficult to make English classes, and it hits women hardest.

London Transport figures

According to the figures — unavailable online but released by TfL to the New Statesman — some 78 per cent of Tube users are now from managerial and professional groups, defined as ABC1s.

In contrast, just 22 per cent of Tube users come from C2DE groups associated with the bottom half of the income spectrum. This compares to 37 per cent of bus users who are from this category.

When the Greater London Assembly estimates that roughly half of London's population is in each group, something is clearly out of synch.

Although this decline in diversity was visible when Ken Livingstone was mayor, he's developing policies to buck the trend. If he is elected next year, he says he'd cut fares by 5 per cent in 2012 and freeze them until 2013.

As for Boris Johnson, we don't know what the consequences would be if he won another term in office. Under his watch, TfL have suspended the Underground Users Survey until further notice.

If such a move saves costs, it also buries bad news.

traduction en français:

Au meme sujet:

Bientôt places dans le train selon le prix de son billet
LeMonde Économie, 16.03.2012

The Metro is 150 years old
The World, Januarfy 9, 2013

 

 

À tout seigneur, tout honneur…

Nous avons publié sur le blog trois analyses du livre de Grant Hamilton, Les trucs d’anglais qu’on a oublié de vous enseigner, et maintenant nous lui donnons le dernier mot.

 

 

Grant Hamilton 3

 

L’auteur, Grant Hamilton, Président d’Anglocom, Inc., bureau de traductions, Québec, rédacteur-traducteur agréé-réviseur de langue, vice-président de la division Entreprises de traduction de l’American Translators Association (ATA), membre du conseil de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec, président de la division du Québec du programme Le Prix du Duc d’Édimbourg et formateur en traduction.

 

A few thoughts by Grant Hamilton

English is a wonder and a joy, a simple language in some respects, but full of twists and turns and fine distinctions that make it very difficult to master. As a translator I have noticed how opaque it can be for non-native speakers. English contains so many exceptions and oddities that even those who speak the language well get tripped up by it. Often clients point out things I would never notice, but which are truly strange when you stop to consider them—like the expression “every other day.” How can you count “other days”? Translate it literally into French, and you realize how unusual it must sound to francophone ears. That was the inspiration for Les trucs d’anglais qu’on a oublié de vous enseigner. It fills the knowledge gap that virtually all francophones seem to share. Most every lesson in it is inspired by a particular person or event. Some of the subjects are very practical and business oriented, such as when to put an accent on Quebec. Others are drawn from life events, such as a francophone friend of mine who inadvertently used “paf” instead of “bang” to describe walking into a wall, despite speaking otherwise unaccented and exceptionally fluent English. An article on onomatopoeia was born! My favorite chapter is “L’Amérique à table.” It was inspired by an offhand comment by a friend about how “American” all the menus sound in the United States. I started nosing around on the Internet, and it’s true—menus are quite different in the United States! They reflect a whole other culture and approach to food. Another fun chapter to write was the one on the use of the word “French” in English. The book does not seek to target Quebec readers in particular. In fact, I made a conscious effort to find examples from Europe when I could. But there is no denying that the raw materials were drawn from Quebec, my home and linguistic environment. Les trucs d’anglais qu’on a oublié de vous enseigner has another goal: explaining the underpinnings of English, the basic way we think and speak. For instance, it’s all very well to know that English uses phrasal verbs, but if you have never grasped how the word “up” changes the meaning of the root verb, you will never instinctively feel the difference between “write a report” and “write up a report” as anglophones do. So without giving magic formulas or one-size-fits-all solutions, the book attempts to convey the spirit of English—how concrete and informal and verb-packed it is. Just explaining the philosophy of a language can be enough to lift second language speakers to new heights of proficiency. One spinoff from the book has been Anglocom’s @anglais Twitter feed, which now offers more than 1,000 English translation and writing tips to browse. It’s like a collection of little knowledge capsules you digest one a time, twice a day. A complete indexed compendium of past tweets will be coming out in book form in 2012, combined with tweets by François Lavallée of Magistrad fame. If readers care to see any other materials I have produced, I would urge them to visit the FYI page of my firm’s website, www.anglocom.com, which offers downloadable translation tools as well as articles such as “Creative Thinking: Doing What a Machine Cannot,” “The Value of Conferences,” and “Translation in Canada.” I also anticipate having in article in an upcoming issue of ATA’s The Chronicle entitled “Translating for Quebec: 8 Essential Rules to Follow.”

Les trucs d’anglais qu’on a oublié de vous enseigner

troisième analyse

La maison d'édition québécoise, L'instant même, nous a transmis une copie numérique du livre récemment publié de Grant Hamilton « Les trucs d'anglais qu'on a oublié de vous enseigner », afin qu'une critique en paraisse dans Le Mot Juste en anglais. Trois de nos lectrices fidèles, Cindy (américaine), Marie et Martine (françaises) ont accepté notre invitation (publiée sur le blog), d'analyser le livre et nous ont fourni leurs réflexions, l’une en anglais et, les deux autres, en français. Voici la troisième analyse, de la plume de Martine Mifsud.

 

Auteur du livre : Grant Hamilton

Ouvrage analysé par : Martine Mifsud.

 

 Martine Mifsud

 

Les trucs d’anglais qu’on a oublié de vous enseignerDès le titre, on pressent qu’en entrant dans ce livre on va sortir des sentiers battus. Ni grammaire austère, ni lexique laconique, ce bouquin généreux, copieux, se dévore presque comme un roman. Grant Hamilton y marie avec brio chaleur et saveur, complicité et simplicité… Une pédagogie efficace servie par un ton enjoué, une aimable connivence avec le lecteur, des titres plaisants, des anecdotes, des brèves historiques, des encadrés vedettes, des tableaux comparatifs, et surtout par des phrases et des mots simples assaisonnés juste-ce-qu’il-faut de termes plus soutenus à but éducatif (« contronyme », « complétude », etc.). Deux cents et quelques pages d’un « récit de voyage en Angloland méconnu » qui répertorie allègrement une foule de curiosités « à ne pas manquer », ou plutôt « à ne plus manquer ».

Et comme il ne s’agit pas seulement d’écrire anglais, même les éventuelles indications de prononciation sont aussi originales que simplissimes. Foin des barbares signes phonétiques pour initiés ! Il suffit de savoir que spur « rime avec her, fir, purr et were » (chapitre 14), que «le  verbe to wind ne rime pas avec le nom wind (vent), mais plutôt avec to find (trouver) » (35), que la « première syllabe » de phalanx « rime avec day, bay, may et say et sa deuxième avec banks et thanks » (54), que mite, slew, spate et autres wand, cower, cough et tough… ne riment pas avec ce qu’on croit, et le tour est joué !

L’auteur nous propose cet objectif exaltant : atteindre « le bilinguisme intégral » pour mieux communiquer, voire « épater notre entourage », notamment grâce à une meilleure maîtrise. Maîtrise de quoi ? En vrac, des phrasal verbs, des nuances entre les termes en apparence identiques, des seconds sens, des « mots qui se déguisent en périphrases » (18), des onomatopées, des locutions imagées, des contextes culturels, des différences de goût pour l’abstrait ou le concret, et de mille autres joyeusetés… Viser le naturel en parlant un anglais vrai, bannir les « traductions réflexes » et « boiteuses » (56), autrement dit cesser de former nos phrases en collant des mots anglais sur un schéma de pensée francophone, cesser d’employer spontanément ou en priorité les mots anglais les plus ressemblants aux nôtres (63).

Certes, cet ouvrage se veut un outil à l’intention du francophone canadien qui souhaite mieux traduire sa pensée en anglais dans un certain cadre professionnel. Mais il est conçu de telle sorte qu’il peut avoir un rayonnement bien plus grand. Le traducteur de l’anglais vers le français peut, lui aussi, en faire ses choux gras ! En effet, entre autres moyens de bien traduire, n’y a-t-il pas celui de toujours mieux comprendre la langue de départ, d’entrer dans les rouages de son génie, de parvenir à une sorte d’« empathie linguistique » ? Car mieux on maîtrise l’« idiomatique » d’une langue source, plus sûrement et spontanément on arrive à trouver des solutions idiomatiques dans la langue cible.

Les trucs - book cover

Or, sur 65 chapitres, 43 énumèrent des termes anglais avec leur traduction française assortie d’explications et de commentaires fort instructifs. (Seuls 13 chapitres proposent l’inverse, dans le sens français-anglais.) On glane donc au fil des pages un précieux lexique découpé en parties thématiques. Quelle surprise, par exemple, d’apprendre que crush n’est pas que béguin et pride pas qu’orgueil, mais qu’ils sont au nombre de la palanquée de mots (au moins 20) dont l’anglais dispose « pour désigner les groupes de personnes, d’animaux ou de choses » ! Ailleurs, les éclaircissements sur « more or less » valent de l’or (64).

Question grammaire, on en avale sans indigestion au gré d’explications passionnantes sur les genres traîtres (08, 09), les collectifs (36, 46, 47), les verbes anglais à la souplesse légendaire et à la particule multicolore (02, 03, 29, 50, 51), les adverbes et les adjectifs (10, 44, 45), et même sur la désuétude du subjonctif (11). On scande et on fredonne de la stylistique avec les expressions chaloupées (« réduplicatives ») des chapitres 31 à 33, ou même 34.

Les « faux » sont démasqués et hachés menu comme chair à pâté : les faux amis (07, 13, 17, 24, 56, 64), les faux contraires (35), les faux synonymes (35), les faux singuliers (36), les faux pluriels (47)…

Sept chapitres parlent utilement de typographie (39 à 45). On y fait le point sur l’écriture des nombres, mais aussi sur l’emploi des virgules, des tirets (limpide !), des traits d’union (fabuleux !) et des majuscules : le « camp » anglais et dans le « camp » français ne manient pas leurs armes de la même façon.

Le passage des termes géographiques d’une langue à l’autre n’est pas une mince affaire. Quelques chapitres nous mettent en garde et en appétit sur le sujet (04, 05, 22, 60, 61). Les surnoms des villes (61) ont un charme fou !

N’ayant nullement la prétention de nous proposer un livre exhaustif, l’auteur nous le présente comme un tremplin vers d’autres horizons d’étude et d’enrichissement : il encourage vivement à chercher par soi-même, à « se cultiver », à « surveiller », à rester « à l’affût », à « dénicher », à « puiser », à « répertorier », à « se familiariser », à « intégrer »… Pour cela, il donne le pli d’aller vers d’autres ressources, en montrant comment faire une lecture fructueuse de romans (55) et de journaux (63), en suggérant des mots clés pour des recherches sur Internet (54…), en fournissant des adresses de sites, des titres d’ouvrages de référence, et tant et plus. Il est vrai que les pistes fournies sont surtout canadiennes, mais en les explorant le Français peut aboutir à des données françaises. Ainsi, dans le chapitre 60, le renvoi à geonames.nrcan.gc.ca/info/tra_f.php mène, via Ressources naturelles Canada> Secteur des sciences de la Terre> Priorités> Direction de l'information cartographique> Toponymie du Canada, à la page Information cartographique : Renseignements pertinents pour les traducteurs. Flûte ! les traducteurs canadiens… Oui, mais la colonne de gauche, sous « Education » contient un lien vers « Autres sites intéressants du Web », qui donne accès, outre à des données canadiennes ou américaines, à des données d’organismes internationaux tels que le GENUNG ou la DGLFLF, riches de renseignements. Bref, Grant Hamilton ne se contente pas de nous mettre de bons poissons sous la dent, il nous fournit la canne, le fil et l’hameçon pour en pêcher d’autres !

Les trucs etcetera ? Un sésame vers un certain génie de la langue la plus apprise en France. La première fois, on le lit ; la deuxième, on l’étudie ; la troisième, on le consulte régulièrement ! On se prend à souhaiter un tome 2, pour continuer à remédier avec bonheur et délectation aux amnésies de nos (très respectés sinon regrettés) professeurs d’anglais…

Martine Mifsud

 

Le film de la semaine – Tintin

  "The Adventures of Tintin", 2011

Le héros belge présenté (en anglais) aux spectateurs américains

Réalisateur :  Stephen Spielberg

Tintin - Sony ©Sony Pictures Releasing France

 


 

 

 

Le livre –
versions anglaises et françaises


Tintin - girl reading

Le film
(Paramount Pictures & Columbia      Pictures)

Tintin  - film

   

The Art of the Adventures of Tintin
(formats relié et e-book)

 Les aventures de Tintin :
L’album du film

The Adventures of Tintin:
The Secret of the Unicorn


 

Les éditions HarperCollins et Moulinsart ont publié le 1 novembre 2011 The Art of the Adventures of Tintin, un livre grand format qui retrace les grandes étapes du tournage de Les Aventures de Tintin : le secret de la Licorne. La version française a été publiée le 26 octobre 2011 par Casterman.  Signé Chris Guise, et avec une préface du duo Steven Spielberg/Peter JacksonThe Art of the Adventures of Tintin compte 168 pages et revient sur tout les aspects du tournage, pour lequel les employés de WETA Workshop Joe Letteri et Richard Taylor ont signé l'introduction.  

Écrit par Steven Moffat, Edgar Wright et Joe CornishLes Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne est basé sur Le Crabe aux pinces d'or, Le Secret de la Licorne et Le Trésor de Rackham le Rouge de Georges “Hergé” Remi. Tintin (Jamie Bell) y fera la rencontre du capitaine Haddock (Andy Serkis). Le duo partira à la recherche d'un trésor qu'aurait posséder Sir Francis Haddock… tout comme les détectives Dupont et Dupond (Nick Frost et Simon Pegg).  

Site du film de Tintin en anglais

Bande annonce

  

 

Tintin à Hollywood – FRANCE AMERIQUE

 

Présentation de l'édition du livre:

The Art of 'The Adventures of Tintin' is the beautifully presented book that will accompany the new film from Paramount Pictures and Columbia Pictures, The Adventures of Tintin. This animated film, based on the universally popular series of books The Adventures of Tintin by Hergé, is directed by Steven Spielberg, and produced by Peter Jackson and Kathleen Kennedy.

The animation, visual effects and conceptual design for the movie are being created by Weta, the multi-Academy Award winning company based in New Zealand that helped create global blockbusters such as The Lord of the Rings, King Kong and Avatar. The Art of ‘The Adventures of Tintin' was created by the actual Weta artists who brought Hergé's wonderful Tintin characters to the big screen.

From early concept illustrations, to final shots from the film and everything in between, this book gives fans a rare glimpse of the creativity that goes into making a film like this a reality. The book even includes special pieces of artwork produced exclusively for this book.

The Art of ‘The Adventures of Tintin' features forewords from Steven Spielberg and Peter Jackson. Oscar winners Joe Letteri and Richard Taylor also share their insights into the filmmaking experience in their introductions for this outstanding book.

Moulinsart, the official organization that looks after the world of Tintin, has contributed an introductory chapter on the comic's creator George Remi, aka Hergé, and has kindly provided examples of his inspirational artwork for reproduction in the book.

Chris Guise, the author of The Art of ‘The Adventures of Tintin', provides a unique perspective on the film, both as a lifelong Tintin fan and as the film's lead conceptual designer on the film. Guise interviewed many of his colleagues about the production of the movie and lets them tell their stories and inspiration behind their work in their own words.

The Art of ‘The Adventures of Tintin', published by HarperCollins Publishers in the US, UK, Australia and New Zealand simultaneously in two exciting formats; a visually dynamic 200-page hardcover book and a ground-breaking digital e-book. The e-book  includes wonderful additional imagery, special audio commentary from the filmmakers, character animations and extra content.

Copies of the book, including an exclusive gift, are  available  from the Weta online shop at www.wetaNZ.com. You can also keep up to date with more news about The Adventures of Tintin movie, the The Art of ‘The Adventures of Tintin' and Tintin merchandise by signing up to Weta's free e-mail newsletter at www.wetaNZ.com .

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En plus:

Tintin DVDs

Coffret collector 10 DVD, édition limitée (français, anglais)
Région 2 (Ce DVD ne pourra probablement pas être visualisé en dehors de l'Europe.) 

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Review in New Yorker, December 12, 2011

Download New Yorker – Review of The Adventures of Tintin – December 12, 2011

George Remi ; Reading his Lines
New York Times, 22 January, 2011

Adventures on Tintin's Turf, Los Angeles Times, January 1, 2011

La justice belge refuse d'interdire "Tintin au Congo"
LeMonde.fr 10.02.2012 

La couverture de "Tintin en Amerique" à 1,3 million d'euros
FRANCE-AMERIQUE, 07 juin 2012

© Jonathan Goldberg

 

Prochainement sur votre blog

La traduction en anglais du roman de Michel Houellebecq, « La carte et le territoire », lauréat du Prix Goncourt 2011, est parue en septembre 2010. Le journal Britannique, The Economist, en a publié une critique le 5 janvier 2012. [1]

 

Michel Houellebecq                                        Carte Book Cover
Michel Houellebecq

Le traducteur, le Dr Gavin Bowd, maître de conférences de français à l’Université écossaise de St Andrews, a eu la gentillesse de rédiger un article pour ce blog, afin de nous relater les pièges linguistiques qu’il a dû déjouer dans le cadre de sa traduction.

   Gavin Bowd                   The Map & the territory book cover

     Dr Gavin Bowd                                                Version anglaise de
                                                                                « La carte et le territoire »
                                                                                (The Map and the Territory


Nous attendons son article avec impatience et espérons être en mesure de le publier prochainement.

 

Houellebecq & Bowd

Bowd et Houellebecq

[1] Michel Houellebecq's fiction – Nasty, brutish and in translation

À la une – 3 Frenchmen in Hollywood

Après avoir remporté le Prix du meilleur film et celui du meilleur réalisateur lors de la cérémonie organisée par le Cercle des critiques de cinéma de New York, « The Artist » vient d'obtenir le Prix du meilleur film, ainsi que ceux du meilleur réalisateur, de la meilleure musique et des meilleurs costumes,  gagnant trois statuettes appelées Golden Globes, aux Critics’ Choice Movie Awards, qui a eu lieu à Los Angeles ce dimanche soir.

 

 
 
Ces récompenses font de « The Artist » l'un des mieux placés  pour remporter un ou plusieurs Oscars lors de la cérémonie qui aura lieu le 26 février 2012.  

Le réalisateur du film est le français, Michel Hazanacius, l’acteur français Jean Dujardin joue le rôle principal de « George Valentine », alors que la comédienne française Bérénice Bojo est l’actrice principale.  On ne sait pas si le chien, Huggie, qui a démontré un talent dramatique très developpé, est francais ou non. Ce qui est certain, c'est qu'une carrière cinématographique prometteuse lui tend  les pattes.

 

3 Frenchmen (Artist)

La cérémonie de remise des Oscars a lieu chaque année, non loin de chez moi, au Kodak Theatre d'Hollywood. (J'ai vu « The Artist » dans un cinéma tout proche du Kodak Theatre, et je l'ai littéralement adoré.) Toutefois, la société Kodak, propriétaire des lieux, est au bord de la faillite et il se peut qu'on décide à la dernière minute d'organiser la cérémonie ailleurs. 

 

Kodak 1

Ma propre conjecture est que le nom « George Valentine » est basé sur celui de l’acteur Rudolph Valentino (1895-1926), version américanisée et raccourcie de son nom italien complet Rodolfo Alfonso Raffaello Piero Filiberto Guglielmi di Valentina d'Antoguolla (surnom « The Great Lover »). Valentino était une star à l’époque des films muets, alors que le film  « The Artist » est une parodie des films romantiques muets. En plus, l’acteur Jean Dujardin ressemble étonnamment à  Rudolph Valentino .

 

Jean Dujardin           Rudolph Valentino

“George Valetine”                           Rudolph Valentino,

   (Jean Dujardin)                             "The Great Lover"


Cartoon (The Artist)

Cartoon (Mix & Remix)
L'HEBDO, Lausanne
24 janvier 2012

Golden Globes :" Dans les coulisses du triomphe de "The Arist"
Le Ben Franklin Post, 16/01/2011

 BBC News – Can Hollywood's top dogs really act?

"The Artist" nominé dix fois pour les Oscars 
LeMonde.fr 24.01.12

  

….il y a 50 ans cette semaine :

 a paru

An American in Paris

(avec les danseurs, l'Américain Gene Kelly  et la Française, Leslie Caron)

 

 


 

© Jonathan Goldberg

 

250ème anniversaire de la naissance d’Albert Gallatin

 

Préface

 Dans le courant de l'année 2012, nous nous proposons de publier une série d'articles sur trois francophones à peu près contemporains qui, chacun à leur manière, ont contribué à l'édification des États-Unis d'Amérique. 

Nous commencerons par Albert Gallatin (1761-1849), qui fut Secrétaire au Trésor, diplomate, financier et ethnologue; suivront Pierre Charles  L'Enfant (1754-1825), l'ingénieur et l'architecte qui conçut le plan directeur de la capitale fédérale; et, enfin, Eleuthère Irénée Dupont de Nemours (1771-1734), le chimiste qui fonda près de Washington une poudrerie à l'origine de la puissante société qui porte toujours son nom.        

    

Albert Gallatin,
fils des Lumières et père de la Nation américaine.

 

 

Timbre américain
de 1961

 Billet de banque américain daté du 10 mars 1862,
à l'effigie d'Albert Gallatin, Secrétaire au Trésor  

 

À l'occasion du 250ème anniversaire de sa naissance, la Bibliothèque et la Ville de Genève rendent hommage à Albert Gallatin en organisant (du 24 octobre 2011 au 17 mars 2012) une exposition et un cycle de manifestations sur le thème : « Albert Gallatin, un Genevois aux sources du rêve américain ».[1]

Ville de Genève

© Ville de Genève, Musée d’art et d’histoire

Genève, vue des hauteurs de Saint-Jean.
Huile sur toile de Simon Malgo (1778).

(Document obligeamment fourni par le Service photographique du Musée d'art et d'histoire de la Ville de Genève.)

Depuis 1536, Genève est une république indépendante qui doit se protéger des convoitises savoyardes et françaises. À l'époque de Gallatin, la ville est encore enserrée dans d'imposantes fortifications qui ne disparaîtront qu'en 1850

Mais, qui est donc Abraham, Alphonse, Albert Gallatin? C'est un Genevois qui naît le 29 janvier 1761, dans une maison patricienne de la rue des Granges, au cœur de la vielle ville et à une centaine de mètres de celle (plus modeste) où Jean-Jacques Rousseau avait vu le jour, cinquante ans plus tôt.

Gallatin place natale              Gallatin with signature

La maison natale d'Albert Gallatin, au n°7 de la rue des Granges, au cœur du Vieux-Genève.

      Edited Appletons Encyclopedia,
      Copyright © 2001 VirtualologyTM

         Il appartient à une vieille famille de la bourgeoisie genevoise, de celles qui président alors aux destinées de la République et lui fournissent des magistrats, des pasteurs et des banquiers. Autre point commun avec Rousseau, il est orphelin très tôt et connaît une enfance malheureuse que vient seulement adoucir la présence de sa grand-mère paternelle, Louise-Suzanne Gallatin, voisine et amie de Voltaire. Grâce à elle, il s'imprègne dès le plus jeune âge de la philosophie des Lumières, empreinte qui jouera par la suite un rôle déterminant dans son engagement politique. Qui sait si, plus tard, ce propos de Voltaire: « Oui, si la mer ne me faisait pas un mal insupportable, ce serait dans ton sein, ô Pennsylvanie, que j'irais finir le reste de ma carrière » [2]  n'a pas inspiré son installation là-bas?   

            Le jeune Albert, intelligent et studieux, fait de bonnes études à l'Académie (fondée par Jean Calvin) où il acquiert une solide formation scientifique et littéraire qui sera tout le capital intellectuel dont il disposera pour accéder ensuite aux postes les plus prestigieux de la jeune nation américaine. À dix-neuf ans, renonçant à l'appel des fanfares – sa grand-mère voulait qu'il devienne officier –  Albert Gallatin quitte secrètement Genève en avril 1780, avec son ami Henri Serre. Les deux compères s'embarquent à Lorient le 27 mai 1780, et foulent le sol américain à Cape Ann, le 14 juillet suivant. Peu attiré par la politique, Gallatin entend réussir dans les affaires, mais il veut surtout découvrir les grands espaces qui lui ont tant manqué jusqu'ici

            On est en pleine guerre d'Indépendance et les États-Unis d'Amérique n'existent pas encore. Le combat est encore incertain; les Insurgés viennent d'éprouver un revers à Camden et d'être trahis par Benedict Arnold. Les deux immigrants commencent par occuper de petits emplois et sont bûcherons dans les forêts du Maine où ils ont un premier contact avec des indiens Abénakis. Cela, on le verra, laissera des traces. En juillet 1782, Gallatin obtient un poste d'enseignant de français au Collège d'Harvard, à Cambridge.

            Mais, les terres vierges l'attirent et, avec quelques amis, il acquiert un domaine de 185 hectares aux confins occidentaux de la Pennsylvanie, Friendship Hill.

 

Galltin (Friendship Hill 1)

Friendship Hill – aujourd'hui un site historique national des Etats Unis

 

 

 

Gallatin (Friendship Hill 2)

 

          Après divers  mécomptes et le décès de sa première épouse, Sophie, Gallatin se lance dans la politique, et entame une carrière exceptionnelle, marquée par la diversité des domaines d'intérêt (politique, diplomatie, économie et ethnologie).

         Dès l'origine de la nation américaine, deux tendances s'affrontent: les Fédéralistes, partisans d'un pouvoir central fort, et les Anti-Fédéralistes, défenseurs des droits des États fédérés. Les premiers se concentrent dans le Nord, et les seconds, se recrutent surtout dans le Sud. Cet antagonisme sera tenace et aboutira, quelques décennies plus tard à la guerre civile que l'on sait. Gallatin est anti-fédéraliste et c'est à ce titre qu'il fait son entrée dans l'arène politique en représentant son comté à un congrès qui se tient à Harrisburg, en 1788. Détail qui intéressera les traducteurs, il rédige bien, et c'est ce qui le distinguera à ses débuts. Or, « qui tient la plume, tient la salle ». Il travaille énormément et a le souci du détail. Du coup, c'est lui qui participe à la rédaction des dix premiers amendements apportés à la Constitution dans le but de mieux garantir les droits des citoyens et qui s'inspirent du célèbre Bill of Rights de James Madison.

            En 1794, Gallatin est élu à la Chambre des Représentants et il œuvre à la  création d'une Commission des ressources budgétaires (House Ways and Means Committee) afin de mieux encadrer l'action du Trésor. Très vite, Gallatin s'impose comme le porte-parole de l'opposition républicaine, c'est-à-dire de la tendance qui deviendra plus tard le Parti Démocrate. Lorsque ce mouvement d'idées arrive au pouvoir avec l'élection de Thomas Jefferson, Gallatin devient Secrétaire au Trésor  et le demeure pendant treize ans, ce qui constitue un record jamais été battu jusqu'ici. Il fera même si bien que deux présidents Madison (en 1816) et Tyler (en 1843) lui demanderont vainement de reprendre son poste.

            Gallatin est le champion de la rigueur budgétaire et de l'allègement de la dette publique. Les circonstances ne lui sont pourtant pas favorables puisque la guerre de 1812 avec la Grande-Bretagne obère lourdement le budget fédéral. Entretemps, il lui a fallu financer l'achat de la Louisiane, en 1803, pour 15 millions de dollars.

            Ayant réussi à financer la guerre de 1812, il va aussi savoir honorablement y mettre fin en négociant avec les Anglais la Paix de Gand (1814). En cela, il fait montre d'un indéniable talent de négociateur. Peut-être parce qu'il est, selon l'un de ses biographes: « le plus extraordinaire mélange d'entêtement et de souplesse ». Cette guerre, dans laquelle certains ont voulu voir une seconde manche de la guerre d'Indépendance, s'achève par un statu quo ante bellum, à savoir une confirmation du traité de Paris de 1783. Surtout, ce traité scelle entre la jeune république et l'ancienne puissance coloniale une alliance durable qui résistera même à la crise de la guerre de Sécession.

            Mais Gallatin, s'il se retire alors de l'arène politique, continue de créer et d'entreprendre. Dans le domaine bancaire, il fonde avec son ami John Astor , la National Bank of New York dont descend l'actuelle JP Morgan Chase Bank. Dans celui de l'éducation supérieure, il est l'un des cofondateurs de l'Université de New York et le président de la Société d'histoire de New York. Il s'intéresse de plus en plus aux Amérindiens et à leurs langues, au point de dresser le premier atlas linguistique du continent américain et de figurer (en 1842) parmi les fondateurs de la Société américaine d'ethnologie.

            Homme d'action et d'étude, Gallatin mène encore un dernier combat pour s'opposer à la guerre contre le Mexique à propos du Texas. Il ne parvient pas à empêcher les hostilités, pas plus qu'il n'empêchera les déplacements massifs de populations indiennes.

            Albert Gallatin meurt le 13 août 1849. Il repose dans le petit cimetière de Trinity Church, au milieu de la forêt d'édifices de la pointe de Manhattan, à deux pas de son grand adversaire politique, Alexander Hamilton.

Gallatin tombTombe d'Albert Gallatin,
dans le petit cimetière de Trinity Church, à Manhattan.

 

Gallatin Trinity ChurchyardLe cimetière de l'église de la Trinité est l'un des plus anciens de New York. D'aucuns disent avoir entendu, la nuit, des rires fuser d'une tombe, mais sans pouvoir identifier celle-ci avec précision.

 

  Gallatin plaque               Gallatin Memorial statue

Nouvelle plaque commémorative, dévoilée à Genève, le 17 octobre dernier. Elle remplace celle, apposée en 1961, qui qualifiait abusivement Albert Gallatin de « principal rédacteur de la Constitution des États-Unis d'Amérique »!  

 

L'Albert Gallatin Memorial,
statue de bronze peinte en noir, œuvre de James Earle Fraser (1876–1953). Haute de huit pieds, elle repose sur un socle de granite de quatre pieds.

 

Quel fut donc le secret de ce destin étonnant s'il en est? Tour à tour bûcheron, enseignant, agriculteur, arpenteur, député, Secrétaire au Trésor, diplomate, financier, ethnologue, Gallatin a réussi dans tout ce qu'il entreprit. C'est, dit-on, la marque du  génie. Mais, surtout, Gallatin possédait des qualités de sérieux et d'application qui tenaient tout entières dans sa devise: Age quod agis, ce que tu fais, fais-le bien!

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 [1]     L'exposition est réalisée en partenariat avec la New York Historical Society et la Fondation pour l'histoire des Suisses dans le monde, sous la coordination de Mme Fabienne Finat, Commissaire de l'exposition. Madame Finat a bien voulu nous fournir quelques-unes des illustrations du présent article et nous l'en remercions sincèrement.

             En 2012, cette  exposition traversera l'Atlantique pour être présentée à la Bobst Gallery de l'Université de New York ainsi qu'au site historique national de Friendship Hill, en Pennsylvanie.

[2]     Voltaire. Questions sur l'Encyclopédie. Genève, 1777, Vol.6. Note sur les Quakers.

Jean Leclercq          

Bibliographie:

– Albert Gallatin, un Genevois aux sources du rêve américain. Guide français-anglais réunissant des textes de l'exposition. Publié par la Bibliothèque de Genève, octobre 2011.

– Adams, Henry. The Life of Albert Gallatin. J.B. Philadelphia  and London, Lippincott & Co, 1879.

Dungan, Nicholas. Gallatin: America's Swiss Founding Father. New York and London, New York University Press, 2010.

Gallatin - Nicholas Dungan

(Référence obligeamment fournie par Son Excellence Monsieur l'Ambassadeur de Suisse aux États-Unis d'Amérique, que nous  remercions vivement).

– Tscharner, Bénédict de. Albert Gallatin (1761-1849), Genevois au service des États-Unis d'Amérique. Genève, Éditions Infolio & Éditions de Penthes, 2008.