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Pourquoi l’anglais est-il (presque) sans accents?

Isabelle (shortened)L'article qui suit à ete traduit,  a partir d'un texte paru sur le site Word Genius, par notre fidèle collaboratrice, Isabelle Pouliot. Isabelle est membre de la NCTA et ancienne résidente de la région de San Francisco. Elle est traductrice agréée de l'anglais vers le français de l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ). http://traduction.desim.ca

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Bien des langues ont des accents pour guider la prononciation, mais l’anglais fait bande à part. Sauf pour quelques exceptions, l’anglais utilise peu d’accents. Pourquoi l’anglosphère est-elle si frileuse lorsqu’il s’agit d’utiliser des accents? 

Exercer son esprit diacritique

Ce qu’on appelle des accents dans la langue courante sont des « signes diacritiques ». Ce sont de petits signes ajoutés aux lettres pour en modifier le son.

Certains mots anglais ont des accents et la plupart sont des emprunts d’une langue étrangère, entre autres, de l’allemand ou du français. Voici quelques exemples des principaux accents en usage en anglais :

Accent aigu

Accent grave

Tréma

Accent
circonflexe

Cédille

Tilde

café

à la carte

doppel-
gänger

château

façade

jalapeño

fiancé
(et fiancée au féminin)

crème

naïve

crêpe

façade

piñata

résumé

vis-à-vis

Brontë

maître d’

açai

quinceañera

Emploi des accents en anglais

L’usage est flottant selon les dictionnaires ou guides de rédaction, mais, dans la plupart des cas, l’orthographe standard accepte les deux versions, avec ou sans accents. Parfois, la préférence va à l’orthographe sans accents.

En anglais, l’accent est généralement abandonné sauf si l’accent aide à distinguer un mot d’un autre ayant la même orthographe, mais un sens différent. Un bon exemple est resume et résumé. Le premier mot signifie « reprendre » alors que le second est un synonyme de curriculum vitae. Les accents permettent de distinguer le sens des mots et la prononciation.

Examinons la phrase suivante :

Zoe and Chloe ordered a souffle with a rose while discussing the latest expose at the cafe.

L’ajout d’accents faciliterait-il la lecture? Pour les mots Zoe, Chloe, souffle et cafe, l’ajout d’accents ne clarifierait rien pour un anglophone, alors que des accents pourraient aider les lecteurs à faire la distinction entre rose (une fleur) et rosé (un vin) et entre expose (« révéler ») et exposé (« rapport »).

Zoë and Chloë ordered a soufflé with a rosé while discussing the latest exposé at the café.

C’est pourquoi de nombreux mots ont perdu leur accent lorsqu’ils ont été intégrés à l’anglais si cet accent n’est pas « utile », notamment élite, début et hôtel. Par contre, le magazine The New Yorker emploie le tréma pour faciliter la ponctuation de voyelles doubles, comme dans coöperate et reëlect.

Pourquoi l’anglais est-il sans accents?

Alors, pourquoi l’anglais est-il encore sans accents pour ce qui est des mots qui ne sont pas des emprunts? L’origine de cet usage remonte probablement à l’invention de l’imprimerie à caractères mobiles au 15e siècle. Les premiers imprimeurs ont laissé tomber les accents pour de nombreux mots et les accents ont été abandonnés à mesure que la prononciation s’est standardisée.

De nos jours, les claviers anglais ne sont pas configurés pour ajouter facilement des accents et des trémas (même si la fonction de correction automatique peut résoudre cet obstacle). C’est pourquoi la plupart des dictionnaires et guides de rédaction permettent l’orthographe sans accents à moins qu’il n’y ait un motif évident de les laisser. Aujourd’hui, comme hier, la technologie change la donne.

Étapes dans l’apprentissage de la langue française

– l'apercu d'un anglophone


Un grand nombre de nos lecteurs se sont sans doute heurtés aux obstacles à l’apprentissage de l’anglais, tant écrit que parlé, et ont parfois eu du mal à établir un lien entre les deux. Dans le texte qui suit, nous présentons un aperçu des réflexions inspirées à un Anglo-Saxon (en l’occurrence un Sud-Africain), Denis Hirsten, par ses contacts avec la langue française, telles qu’elles ressortent de son livre   
Ma Langue au Chat, Tortures et délices d'un anglophone à Paris (Éditions Points, 2017), avec l’autorisation de l’auteur.

  Ma langue au chat  

Photo of Denis Hirson with cat 102 megabites ©Adine Sagalyn akg-imagesDenis Hirson est né en 1951 à Cambridge en Angleterre. Il a vécu jusqu’à l’âge de 22 ans en Afrique du Sud, où son père a passé 9 ans en prison pour ses activités contre le régime de l’apartheid. Il a fait des études d’anthropologie avant de s’installer définitivement en France en 1975. Il a été acteur pendant dix ans, et enseignant d’anglais dans plusieurs établissements, y compris l’École polytechnique pendant vingt ans.

En tant qu’écrivain, il a publié sept livres qui portent sur la mémoire des années d’apartheid, dont, en français, La maison hors les murs  (éd. Autrement, 1988) et un recueil de poèmes, Jardiner dans le noir (Le Temps qu’il fait, 2007). Il a dirigé trois anthologies en français, Poèmes d’Afrique du Sud (Actes sud, 2000), Afrique du sud, une traversée littéraire (Philippe Rey/ Institut français 2010) et Pas de blessure, pas d’histoire (Maison de la poésie Rhône-Alpes/ Biennale internationale des poètes en Val-de-Marne, 2013).  Son roman The Dancing and the Death on Lemon Street a été publié par Jacana (Johannesburg) en 2011. Ma langue au chat, le premier livre qu’il a écrit directement en français, est sorti aux éditions Points en octobre 2017. Footnotes for the Panther, dix conversations avec l’artiste William Kentridge, paru fin 2017 en Afrique du Sud, a été traduit en français comme À pas de panthère aux éditions Dilecta en 2021. 

Photo :  Adine Sagalyn.  

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  1. À la fin d’une journée entière passée à s’efforcer de parler français, on a mal à la bouche.

  2. On se rend compte que la prononciation du u dans tu n’est vraiment pas la même que celle du ou dans vous.

  3. Sans connaître le genre du mot pizza, on s’obstine à construire une phrase toute entière pour en commander une au restaurant.
  4. Débordé par tout ce qu’il y a à apprendre, on se blottit contre sa langue maternelle comme contre un parent. On lui trouve des qualités jusque-là insoupçonnées que ne possède évidemment pas la langue française.
  1. En regardant un film documentaire sur Sartre et Beauvoir, dont on ne comprend pas grand-chose, on remarque tout de même que les deux protagonistes se vouvoient. On se dit qu’on a encore du chemin à faire dans la compréhension des codes linguistiques.
  1. On ressent un plaisir libérateur à jurer en français avec une violence dont on serait incapable en anglais.
  1. On tombe amoureux en français.
  1. On ne veut plus entendre des gens parler anglais. Devant des touristes qui cherchent leur chemin dans cette langue, on fait semblant de ne pas comprendre.
  1. On tombe des nues en découvrant un jour que même un enfant de trois ans peut se servir du subjonctif.
  1. On réalise à quel point les Français sont affligés dès qu’on commet une faute de grammaire : ils font une grimace à peine dissimulée, comme s’ils venaient de mordre dans un ver au cœur d’une châtaigne grillée.
  1. On comprend, grâce à des commentaires sur les prouesses linguistiques du président Mitterrand, à quel point les français admirent celui qui sait utiliser l’imparfait du subjonctif. Voilà donc ce qu’il faut pour devenir président de la République française, l’équivalent, disons, d’un triple axel en patinage artistique.
  1. Suite à un entretien télévisé de Jane Birkin, on se demande si l’accent d’un anglophone en français peut être aussi chic que celui d’un francophone en anglais. Puis on se résigne à l’idée que, finalement, même en étant anglophone soi-même, on n’aura jamais l’allure de Jane Birkin, ni son accent non plus.
  1. On se rend compte que son anglais s’appauvrit, le français est en train de le grignoter de l’intérieur, on ouvre la bouche et il en sort du franglais.
  1. On remplit un constat d’accident en français.
  1. On réussit sans rougir à convaincre un policier de ne pas poser un papillon sur son pare-brise, en revenant essoufflé du tabac où l’on vient d’acheter une nouvelle carte de parking.
  1. On rêve en français.
  1. On compte en français sans y penser.
  1. On se fait corriger en français par son enfant de cinq ans.
  1. Les années passent.
  1. On parvient de temps à autre, mais rarement, à corriger le français de son enfant.

Expressions idiomatiques de Trinité-et-Tobago


GML’article qui suit a été dirigé par Gennike Mayers, notre linguiste du mois d'août 2021.

Gennike a enseigné l’anglais dans des écoles primaires et secondaires de la Martinique, pendant trois ans, où elle a étudié pendant un semestre à l’Université des Antilles-Guyane ; elle possède une licence en français et un diplôme d'études universitaires supérieures en interprétariat de l’Université des Antilles (UWI), St. Augustine, Trinité ; une maîtrise en communication de l'Université de Versailles St. Quentin-en-Yvelines, Paris, France; et elle vient d’achever ses études de maîtrise de diplomatie à l’université de Malta.

Gennike est l’entrepreneuse d’une agence de services linguistiques, Interpreting Your Needs (Interprétation adaptée à vos besoins) qu’elle a commencé en octobre 2011 en Guadeloupe et a été enregistrée à Trinidad en 2015.

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T & TTrinité-et-Tobago est une ancienne colonie ayant changé de mains à plusieurs reprises depuis l'arrivée de Christophe Colomb en 1498 au nom de la reine Isabelle d’Espagne, jusqu’à la déclaration d’indépendance de l’Angleterre en 1962. En 1783, suite à la Cédula de población (invitation à peupler le territoire de la part du Royaume d’Espagne), la Trinité fut une terre d’accueil pour les planteurs des Antilles françaises notamment de la Martinique et de la Guadeloupe.

Ce mélange de colons espagnols et français a laissé une empreinte sur la langue. Les noms espagnols furent traduits en français ou adaptés à une prononciation française ou kwéyol. Par exemple, La Luna est devenue La Lune, Punta de Piedra est devenue Pointe-à-Pierre, et Río Grande s’est transformé en Grand(e) Rivière.

En outre, certains noms sans racine française ont adopté une prononciation française ou kwéyol. Par exemple, La Brea se prononce La Brée, Laventilla est devenue Laventille, et tout nom avec Petit(e) s’est transformé en kwéyol Piti comme Petit Bourg.

De ce fait, il y aussi beaucoup d’expressions idiomatiques qui reflètent cette influence française. Le langage est très riche, humoristique avec une dose de satire à la française.

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1. Yuh fadder is a glassmaker or wha? Ton père est vitrier, ou quoi?

Autrement dit, tu m’empêches de voir.

Équivalent français : Ton père n'est pas vitrier !

GM 1

 

 

 

 

 

 

 

 

2. Crapaud smoke yuh pipe. Crapaud fume ta pipe.

Lorsque le crapaud fume ta pipe, tu sais que tu as de gros ennuis !

Équivalent français : Tu es dans la mouise.

GM 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3. Every bread have a cheese. Chaque pain a son fromage.

Autrement dit, toute personne peut trouver son âme sœur malgré son apparence physique.

Équivalent français : Trouver chaussure à son pied OU chaque pot a son couvercle.

GM 3

 

 

 

 

 

 

 

 


4. Playing dead to ketch ‘corbeau’ alive.

A la Trinité on utilise le mot français “corbeau” pour désigner un vautour. Alors, si vous prétendez être mort pour attirer un « corbeau », vous pouvez l’attraper dans l’acte. Aussi si vous prétendez être naïf vous pouvez avoir des informations intéressantes.

Équivalent français : Faire l'âne pour avoir du son.

5. Corbeau doh eat sponge cake.

Les gens sans classe ne savent pas apprécier les plaisirs de la vie.

Équivalent français : La caque sent toujours le hareng.

GM 4

 

 

 

 

 

 

 

 

6. Better belly buss than good food waste. Il vaut mieux se gaver plutôt que gaspiller un bon repas !

Équivalent français : Manger à s'en faire péter la sous-ventrière.

7. Dog doh make cat. Un chien ne fait pas de chat… autrement dit, les enfants se comportent exactement comme leurs parents.

Équivalent français : Les chiens ne font pas des chats ; bon sang ne saurait mentir.

GM 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8. Hush yuh mout’. Tais-toi.

Équivalent français : Clouer le bec
GM 12 clouer

 

 

 

 


9. All skin teeth eh laugh.
Quand quelqu’un sourit avec toi, cela ne veut pas dire qu’il est ton ami ou quelqu’un de confiance.

Équivalent français : Ami à prêter, ennemi à rendre.

10. Any time is Trinidad time. L’heure trinidadienne c’est n’importe quelle heure. Voici l’excuse le plus souvent utilisée par les Trinidadiens qui sont en retard au travail.

Équivalent français : Arriver comme les carabiniers ; arriver comme des figues après Pâques
GM 13

11. Monkey know which tree to climb. Le singe sait à quel arbre grimper. C'est-à-dire, les gens savent exactement qui manipuler.

Équivalent français : On n’apprend pas au singe rouge à monter des arbres.

12. Monkey see, monkey do. Les personnes insensées copient les idées des autres.

Équivalent français : Faire le mouton de Panurge.
GM 15

 

 

 

 

 

 

13. What sweet in goat mouth sour in he bam bam. Manger ce qui a bon goût peut provoquer une diarrhée grave. Le plaisir parfois entraîne des conséquences douloureuses.

Équivalent français : Comme on fait son lit, on se couche.
GM 7

 

 

 

 

 

 

 

14. To break biche. Manquer l’école, délibérément et sans excuse légitime.

Équivalent français : Faire l’école buissonnière.

GM 16 french-playing-hooky

15. When you have cocoa in de sun, look out for rain. Lorsque tu as du cacao au soleil, fais attention à la pluie. Autrement dit, quand vous avez fait du mal, vous devez vous attendre à l’inattendu.

Équivalent français : Qui sème le vent récolte la tempête.
MG 8

 

 

 

 

 

 

16. Carry yuh own bag ah cocoa! Portez vos propres fardeaux.

Équivalent français :  À chacun sa peine.
GM 9.jpg

 

 

 

 

 

 

17. Bush have ears. Attention aux commérages, quelqu’un pourrait vous entendre.

 Équivalent français : Les murs ont des oreilles.

GM 10

 

 

 

 

 

 

 

18. Tanto tanto yuh go see. Cette créolisation du mot français “tantôt” veut dire qu’un jour le temps vous rattrapera.

Équivalent français : Traîner des casseroles.
GM 10.gif

 

 

 

 

 

 

19. Yuh spinning around like a mama poule! Tu tournes en rond comme une maman poule. Autrement dit, tu perds du temps.

Équivalent français : Tourner en rond.

10. Buss out laughing like a Jamette. Se mettre à rire comme une femme aux mœurs légères.

Équivalent français : Rire comme une baleine.

Merci aux éditeurs  https://www.simplytrinicooking.com/trini-sayings/ et https://matadornetwork.com/life/19-trinidad-sayings-everyone-start-using/ qui ont servi comme les sources principales de cet article.