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Professeur Nicholas de Lange – linguiste du mois de juillet 2017

Nicholas-de-LangeYanky Fachler a aimablement accedé a notre demande de se rendre à Cambridge pour s'entretenir avec le Professeur Nicholas de Lange, traducteur en anglais d'une bonne douzaine de livres de l'écrivain israélien Amos Oz, et notamment de Judas, titre présélectionné pour le Man Booker International Prize de 2017. Le Professeur de Lange, rabbin ordonné du judaïsme réformé, est Membre honoraire et Professeur d'hébreu et d'études juives à la Faculty of Divinity and Faculty of Asian and Middle Eastern Studies de l'Université de Cambridge. Il a occupé des fonctions d'enseignant invité au Centre d'Oxford pour les études hébraïques et juives, au Séminaire théologique juif de Hongrie (Budapest), à l'École pratique des hautes Études à Paris, à l'Université libre de Berlin, à l'Université de Toronto et à l'Université Princeton. C'est un traducteur prolifique de romans contemporains en hébreu, et il a présidé l'Association israélienne des traducteurs. Dans les extraits qui suivent, le Professeur de Lange nous livre quelques réflexions sur l'art de la traduction littéraire.

 

Yanky FaschlerNotre intervieweur, Yanki Fachler est écrivain, traducteur, homme de radio, formateur aux techniques de communication et auteur de plusieurs livres dans les domaines des affaires et de l'histoire juive moderne. Yanky est né et a fait ses études au Royaume-Uni, il a passé près de trente ans en Israël et habite actuellement en Irlande où il préside la Société d'histoire juive d'Irlande.

 

Interview traduite de l'anglais par Jean Leclercq.

ORIGINAL ENGLISH VERSION

 

 

Le 200ème anniversaire de la mort de Jane Austen

Hasard du calendrier, l'écrivaine mythique anglaise, Jane Austen, mourut à 41 ans, le 18 juillet 1817, quatre jours après la mort de Germaine de Staël. (voir notre article précédent). 

Austen 10 pounds

En septembre 2013, nous avons annoncé que le Gouverneur de la Banque d'Angleterre (alias « la vieille dame de Threadneedle Street ») venait de decider qu'un nouveau billet de 10 livres serait émis en 2017 en l'honneur de l'écrivaine anglaise, orné d'une citation de Miss Bingley, dans « Orgueil et Prejuges »

« J'estime qu'il n'y a finalement aucun plaisir qui vaille la lecture »…

Austen declare

Par coïncidence, dix livres sterling est la somme que reçut Jane Austen pour sa première publication.

Au début, la Banque projetait de dédier cette nouvelle coupure à Sir Winston Churchill ou à Charles Darwin (selon les différentes sources), mais le choix de Jane Austen répond à la revendication des cercles féministes qui s'étaient émus de ce qu'aucun portrait de femme n'ait jamais figuré sur un billet de banque britannique (oubliant ainsi que l'effigie de la Reine Elisabeth orne chaque billet, pièce ou timbre émis au Royaume-Uni !). Le Trésor hésitait – serait-ce un acte discriminatoire à l'égard des hommes que d'admettre un tel argument ? Finalement, Jane l'a emporté sur Winston et Charles.

Austen portrait Cette semaine, en ce 200ème anniversaire de la mort de Jane Austen, le billet à son effigie est devenu monnaie britannique. En fait, si 2016 a appartenu à Shakespeare (Deux géants de la littérature meurent à la même date il y a 400 ans),  2017 est l'année d'Austen. On a déjà assisté à un déluge de livres, d'articles, de festivités et d'autres manifestations tendant à célébrer l'Année Austen. Des revues comme The Economist ("Jane Austen, 200 years on") et des journaux comme le New York Times ("Charting Literary Greatness with Jane Austen"; "The Austen Legacy: Why and How We Love Her, What She Loved") viennent de publier de fascinants articles replaçant Jane Austen dans ses contextes littéraire et sociologique. Même la presse française [1] a rendu hommage à cette écrivaine mythique qui mourut à 41 ans, le 18 juillet 1817.

[1] Voir, par exemple, «En lisant Jane Austen, notre époque avoue sa nostalgie pour l’authenticité du sentiment » – Revue Des Deux Mondes ou Un thé à Bath, avec Jane AustenLa Vie, Version papier, 3 au 9 août 2017, pp. 66 à 68 

 

 Jean Leclercq & Jonathan Goldberg

JA

Austen quote 2  

Timbres britanniques en honneur de Jane Austen :

6 Jane Austen Stamps

Lectures supplémentaires :

La recontructioin scientifique de Jane Austen
Jane Austen peut-elle être un produit marketing et un grand écrivain ?

Celebrate Jane Austen’s Birthday With A 360-Degree, Interactive Tour Of Her House
Smithsonian.com – 14.12.2020

 

 

 

 

 

Germaine de Staël, femme de lettres passionnée, est morte le 14 juillet 1817.

De_StaëlL'écrivaine et femme de lettres de tout premier plan, Germaine de Staël, est morte il y a deux cents ans, le 14 juillet 1817, a l'âge de 51 ans. Anne-Louise Germaine Necker, devenue par mariage baronne de Staël-Holstein, est née à Paris en 1766. Elle est la fille adorée de Jacques Necker qui fut ministre des finances de Louis XVI. Fils cadet d'une famille genevoise d'origine allemande, on l'avait envoyé à Paris afin qu'il s'initiât à la banque. Il le fit si bien qu'il amassa une coquette fortune en spéculant sur les céréales. Mais, pour être riche, il n'en demeure pas moins citoyen d'une république et pétri d'éthique protestante. Aussi conseille-t-il à Louis XVI des réformes qui, si elles avaient été appliquées, auraient peut-être évité la Révolution. Mais, Louis XVI, cédant aux pressions de la Cour, renvoie Necker et certains historiens ont vu dans ce renvoi l'une des causes immédiates des événements de juillet 1789.

Juliette_Récamier_(1777-1849)

Juliette Récamier en 1805. Détail du tableau de François Gérard.

    Tout cela pour dire que la jeune Germaine (Minette, pour ses parents) reçut une éducation de choix dans le milieu très privilégié du salon où sa mère (née Curchot) accueillait tout ce que la capitale française comptait de beaux esprits. D'ailleurs, ses parents veulent que leur fille unique soit élevée comme un garçon et qu'on l'initie très tôt aux sciences, aux lettres et aux arts. Nourrie de l'esprit des Lumières, Germaine s'enthousiasme d'abord pour la Révolution, puis s'émeut des dérives et des excès du nouveau régime. Elle est même obligée de quitter Paris et saluera donc, comme beaucoup à l'époque, l'arrivée au pouvoir de Bonaparte, restaurateur de l'ordre. Elle se dit même qu'un tel génie a besoin d'une inspiratrice, d'une égérie, et elle se voit bien jouant ce rôle. Hélas, Bonaparte n'en a cure et finit même par l'exiler en 1803 lorsque, dépitée, elle est devenue gênante. Germaine se retire donc à l'orée de la France, à Coppet, dans le canton de Vaud (Suisse), où son père a acheté un château en 1784. Cet endroit deviendra le rendez-vous de l'élite intellectuelle européenne. Elle entend y réunir les états généraux de l'intelligence. Lord Byron, Chateaubriand, Benjamin Constant, François Guizot, le prince royal de Prusse, pour n'en nommer que quelques-uns, séjournent à Coppet et y échangent des idées. Ils y sont attirés par l'esprit de la maîtresse de maison autant que par la présence de la belle Juliette Récamier dont Germaine a su faire sa complice. Coppet devient une forteresse de l'anti-absolutisme et du libéralisme, mais aussi le creuset du romantisme littéraire. L'influence de Germaine et de son cercle d'amis et d'amants devient telle qu'on en viendra à dire « qu'en Europe il faut compter trois puissances : l'Angleterre, la Russie et Mme de Staël ».

  PLAQUE  
 
Dans son livre, indiqué en référence ci-dessous, Ghislain de Diesbach raconte comment s'est déroulée cette première rencontre avec Bonaparte. Germaine de Staël était très fière de sa poitrine et de ses bras. Lorsqu'elle fut présentée à Napoléon par Lucien Bonaparte, le 3 janvier 1798, elle s'attendait que le Premier Consul lui dise : « Madame, pourquoi me combattez-vous ?» ou quelque chose du même genre. Aussi avait-elle préparé quelques réponses cinglantes. Devant Napoléon, elle fit une profonde révérence, découvrant ses opulents appas. Napoléon lui dit : « Madame, avez-vous nourri vos enfants vous-même ?». Interloquée, Germaine ne sut rien répondre. Napoléon s'éloigna en disant à son frère : « Vous voyez, elle ne sait dire ni oui, ni non !».

     Mais, parallèlement à l'action politique, elle produit une œuvre littéraire qui exercera une grande influence sur son siècle. Elle débute avec un essai intitulé : De l'influence des Passions sur le bonheur des individus et des Nations, paru en 1796. Tout Germaine est dans ce titre. Les passions comme la quête du bonheur individuel et collectif vont l'occuper jusqu'à la fin de ses jours. Elle produit des romans comme Corinne et Delphine, mais elle influera surtout profondément sur ses contemporains en écrivant De l'Allemagne, livre dans lequel elle prône l'édification d'une Europe des libertés intellectuelles et philosophiques, tout en révélant l'âme allemande à une intelligentsia jusque-là plutôt tournée vers le monde méditerranéen. Comme son voisin Jean-Jacques Rousseau, elle est très en avance sur son temps et on la redécouvre actuellement à la faveur des événements contemporains. [1]

    Germaine ne survécut guère à la chute du « tyran », puisqu'elle mourut deux ans après la disparition de l'Empire. Elle repose près de ses parents, dans un mausolée édifié dans le parc du château de Coppet, toujours propriété de ses descendants, la famille d'Haussonville. Ces temps-ci, l'harmonie du lieu de sa dernière demeure est menacée par un projet immobilier qui modifierait le cachet du petit bourg des bords du Léman. [2] Mais, les Suisses disposent d'une arme absolue : le droit d'initiative au niveau municipal qui permet aux citoyens de se prononcer par référendum sur tous les sujets touchant à leur cadre de vie. Un ultime combat pour Germaine ?

 

GDS
 

Exposition : Germaine de Staël et Benjamin Constant. L'esprit de liberté. Fondation Martin Bodmer, Cologny (Genève), du 20 mai au 1er octobre 2017. Renseignements : info@fondationbodmer.ch  


Jean Leclercq

[1] Témoin, cette réponse faite par l'historien Michel Winock, dans Libération du 12 mai dernier, à la question de savoir de qui Emmanuel Macron était-il l'héritier : « Pour vous faire sourire, je vous dirais qu’il est un héritier de la lointaine Mme de Staël . Elle aussi, en son temps, voulait concilier une partie de la droite (les monarchistes constitutionnels) et une partie de la gauche (les républicains antirobespierristes) pour mettre en place une république stable, fondée sur la liberté. Mais, nous ne sommes plus sous le Directoire, et Macron est un nouveau-né de l’histoire, qui est en train de s’inventer. » 

 

 

[2] Querelles en série chez Mme de Staël. Le Figaro, 2 juin 2017, p.32.

Lectures complémentaires :

Madame de Staël. Œuvres complètes. Gallimard, La Pléiade, 2017.

Michel Winock & Laurent Theis. Madame de Staël. La passion de la liberté. Paris, Laffont, 2017.

De Stael cover

Ghislain de Diesbach. Madame de Staël. Paris. Librairie Académique Perrin,1983.

Madame de Stael

    

Match nul entre Paris et Los Angeles

En 2012, la Grande-Bretagne a accueilli les Jeux olympiques d'été. Pour Sa Majesté la Reine, alors âgée de 86 ans, ce fut l'occasion d'un premier rôle dans un clip vidéo dans lequel on la voit quittant le palais de Buckingham en compagnie de Daniel Craig (James Bond), avant que l'un et l'autre (ou plutôt leurs doublures) sautent en parachute dans le stade olympique.

 

Queen parachuting

Le Comité olympique, réuni à Lausanne (Suisse), vient de décider que les Jeux de 2024 et 2028 seraient attribués à Paris et à Los Angeles, sans toutefois préciser le millésime revenant à chacune des deux villes. C'est une situation gagnant-gagnant dont nous avons tout lieu de nous réjouir. Si Paris remporte l'organisation des Jeux de 2024, cela marquera le 100e anniversaire des premiers Jeux olympiques d'été, tenus à Paris en 1924. Mais, si Los Angeles gagne, les Jeux de 2024 auront lieu 40 ans après les Jeux organisés dans cette ville en 1984.

Paris LA logos

En effet, en 2024, Donald Trump ne sera plus Président des États-Unis, si bien que nous ne pouvons savoir quel futur Chef d'État tentera de rééditer l'exploit de la Reine en 2024 ou 2028. Peut-être attribuera-t-on ce rôle aux maires de Paris et de Los Angeles – actuellement Anne Hidalgo (58 ans) et Eric Garcetti (46 ans).

Garcetti       Hidalgo
                  Eric Garcetti                                           Anne Hidalgo

Le nom de famille de Garcetti trahit ses origines italo-mexicaines. Son grand-père a été pendu pendant la Révolution mexicaine. Eric a grandi dans un quartier de Los Angeles situé dans la vallée de San Fernando. Il parle couramment l'espagnol et pimente même ses propos en anglais d'expressions espagnoles. C'est de bon ton chez le maire d'une ville qui a conservé son nom espagnol (Los Angeles = Les Anges) 

Traite HidalgoLe patronyme espagnol de Mme Hidalgo tient au fait qu'elle est née à San Fernando, près de Cadix (Espagne). Son grand-père paternel s'était réfugié en France après la guerre civile espagnole. Autre point commun entre les deux maires et leurs villes : Los Angeles et le reste de la Californie ont été acquis par les Etats-Unis d'Amérique aux termes du traité de Guadalupe Hidalgo, signé avec le Mexique le 2 février 1848.

Ces derniers temps, Paris et Los Angeles se sont affrontés pour l'attribution des Jeux de 2024. Mais, à la suite de ce jugement rendu par le Comité olympique, une solution pacifique a été trouvée. Les deux cités-États n'auront donc pas à en venir aux mains. Les deux premiers magistrats échapperont ainsi aux horreurs de la guerre qu'ont connues leurs grands-pèresPuisque l'harmonie règne désormais, peut-on envisager que les deux maires sautent en parachute dans les deux stades en se tenant par la main ? Por qué no ?

 Parachuting H&G

 

 

 

 

 

 

 

Hidalgo et Garcetti sur la terre ferme,
                       en 2017
Leurs doublures parmi les anges,
                en 2024 & 2028 ?



Jean Leclercq & Jonathan Goldberg

Lectures supplémentaires sur ce blog :

La flamme olympique – une perspective linguistique

120ème anniversaire des Jeux olympiques modernes

Les Jeux Spéciaux :  école de courage, de persévérance et de ténacité

Un micro-Macron ?

Recension –  Jean Leclercq
Jean cropped

Nous connaissions Le Petit Simonin illustré (dit le Littré de l'argot), nous consultons journellement Le Petit Robert, et voici que, coïncidant avec une certaine élection présidentielle, nous arrive Le Petit Macron de la langue française. [1]  Certes, tout ce qui est petit est gentil et l'auteure (à beau nom de théorème), se propose de nous apprendre à « parler Macron » autour de quatre grands thèmes : 1) le lexique de ma grand-mère, 2) les jurons et insultes de la macronie, 3) les mots rares et macronismes à égrener dans le discours, et 4) in latino veritas (quelques formules latines). Notons bien que si l'utilisation de certaines expressions est datée et documentée, certains bons mots et formules – tels que « craquer le marmot » ou « les yeux de Chimène » – n'ont jamais été prononcés par le Président et lui sont tout simplement prêtés. Autrement dit, il aurait pu les dire et, après tout, on ne prête qu'aux riches ! Dans ce genre d'exercice, Le Petit Macron rejoint les deux ouvrages qu'avaient publié Marianne Tillier [2] et Bernard Pivot [3], en 2008, mais sans que le prétexte en soit la langue présidentielle.


Petit Macron   Petit Simonin     

  Nous-mêmes, le 6 juin dernier, avions relevé l'expression la « poudre de Perlimpinpin », mais Le Petit Macron, à la page 16, analyse plus doctement encore l'expression qu'il fait remonter au XVIIe siècle. En revanche, nous en avons débusqué une autre qui ne figure pas dans le Petit Macron mais que nous avons trouvée à la page 56 de Révolution : « un pays d'ateliers nationaux financés par l'opération du Saint-Esprit ». Formule doublement désuète puisqu'elle renvoie aux fameux ateliers que la IIème République (1848-1852) avait institués pour (déjà) conjurer le chômage, ainsi qu'à l'action de l'Esprit-Saint, un intervenant dont il n'est plus guère question, à notre époque, dans les traités d'économie financière ! 

            Comme il nous est dit dans la préface : « Le style Macron, fleuri et parfois désuet, signe bel et bien un retour à l'autorité présidentielle et verticale tant souhaitée par notre président », mais aussi, peut-on ajouter, par un électorat qui l'a confortablement porté à la magistrature suprême ! Pourquoi serait-il fleuri et désuet ? Peut-on reprocher au sémillant président de rompre avec le misérabilisme langagier ambiant et de donner à quelques bonnes expressions bien de chez nous l'occasion de sortir, et même d'esquisser un dernier tango ? D'autant plus que ledit Président a été, tel Descartes, « nourri aux lettres  dès son plus jeune âge ». Et cela, grâce à une grand-mère qui appartenait à cette génération d'admirables enseignants qui fut l'honneur de la République. Comment dès lors s'étonner que la fréquentation des bons auteurs ait enrichri son vocabulaire, lui fournissant les savoureuses tournures dont il émaille ses propos ? Avant lui, le général de Gaulle n'a-t-il pas redonné vie à quelques mots comme la « chienlit » (pour désigner les événements de 1968) ou l'expression « sauts de cabri » pour stigmatiser la gesticulation des européistes un peu trop pressés. Cette expression-là, le Président l'a bien utilisée, et dans des circonstances qui sont relatées à la page 73 du Petit Macron.

            Mme Cécile Alduy, qui enseigne à l'Université de Stanford, a passé à la moulinette 1.300 discours prononcés par des personnalités politiques françaises au cours de ces dernières années, dans le cadre d'une interview, citée par Le Figaro dans un article du 17 juin 2017 : Parlez-vous le Macron?   

Parlez-vous Macron

 

           Son analyse fait apparaître un net clivage droite/gauche dans le vocabulaire des deux candidats à l'élection de 2012. En revanche, chez les candidats non issus d'élections primaires en 2017 (Le Pen, Macron et Mélenchon) apparaissent des discours transversaux où abondent des couplages de mots très significatifs. Ainsi, liberté et protection vont souvent de paire chez Emmanuel Macron, soucieux qu'il est de se montrer autant de droite que de gauche, autant de son temps que de celui de sa grand-mère. Et s'il relance de bonnes vieilles expressions, il en emploie aussi de toutes neuves, parodiant le Yes, we can d'Obama ou empruntant « avoir l'envie » à Johnny Halliday. Mais, à force de ménager la chèvre et le choux, on risque de tourner à vide – pour user de deux expressions qui pourraient être macroniennes !         

———–   

« Commençons par un retour sur cette extraordinaire année électorale. On peut la qualifier à la fois de « macronesque » et de riche en » macronneries ». Macronesque dans le sens de dantesque, puisqu’elle a sérieusement chamboulé le paysage politique, auquel on était habitués. Et puis, on a entendu beaucoup de « macronneries », puisque la plupart des commentateurs expérimentés  pensaient impossible l’accession à la fonction suprême dès 2017, d’un homme de moins de 40 ans.  »

La politique expliquée aux jeunes
12 octobre 2017

[1] Sophie de Thalès. Le Petit Macron de la langue française. Décryptage savoureux des bons mots et formules prononcés (ou pas) par notre Président. Paris, Éditions Tut-tut, 2017. 189 pages.

[2] Marianne Tillier. Les expressions de nos grands-mères. Paris, Éditions Points, 2008. 170 pages.

[3] Bernard Pivot. 100 expressions à sauver. Paris, Albin Michel, 2008. 145 pages.

Lectures supplémentaires sur ce blog :

Note culinaire et presidentielle

Un faux ami du Président de la République française

Connaisez-vous ces expressions saugrenues de nos hommes politiques?
LE FIGARO  22/97/2017