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John Olsson – linguiste du mois d’août 2014

 

   JoelleL'interviewer :  

Notre correspondante à Genève, Joëlle Vuille, Ph.D., une juriste-criminologue, est maitre-assistante à l'Université de Neuchâtel et chargée de cours à la  faculté de droit, des sciences criminelles et d'administration publique de l'Université de Lausanne. 

 

 

A Olsson
L'interviewé :
FL WC
Le Professeur  Olsson,

de l'Université de  Bangor, Pays de Galles, éminent spécialiste mondial de la linguistique légale, auteur notamment de "Word Crime. Solving Crime Through Forensic Linguistics".

 

 

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Bangor,  Pays de Galles

Le Professeur Olsson a bien voulu répondre aux questions que Madame Vuille lui a posées en anglais et qu'elle a traduites en français. Nous en remercions tous les deux pour jeter la lumière sur un domaine linguistique peu connu.

 

 

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JV: Comment êtes-vous devenu linguiste forensique ?

JO: J'ai commencé à m'intéresser à l'attribution de la paternité d'un écrit lors de mes études de littérature, à l'âge de 22 ans, mais c'est demeuré un intérêt plutôt passif pendant longtemps. Après cela, j'ai étudié la psychologie et je me suis intéressé au comportement, en étudiant Watson et Skinner, mais le behaviorisme ne me semblait pas apporter de réponses aux questions que je me posais. Les théories behavioristes du langage meFL Chomsky  paraissaient peu convaincantes et j'ai aimé lire Noam Chomsky et sa   réfutation des théories de Skinner sur le langage. Au début des années 1990, j'ai décidé d'étudier la linguistique, et j'ai fait un master à l'Université de Bangor. Après avoir entendu parler des travaux menés par le professeur Malcolm FL Malcolm CoulthardCoulthard sur les aveux fabriqués à l'Université de Birmingham, j'ai décidé de faire mon mémoire de master sur ce sujet, puis une thèse de doctorat sur l'attribution de paternité des écrits à l'Université de Glamorgan, où ils développaient une nouvelle section en sciences forensiques.

JV : Quels sont les principes de la linguistique forensique, en trois mots ?

JO: La linguistique forensique est un terme général recouvrant plusieurs disciplines en lien avec le langage et l'application de la loi. Certains chercheurs s'intéressent au langage juridique et à la compréhension qu'en ont les profanes. Je viens d'évaluer une thèse de doctorat écrite par un étudiant des Caraïbes sur le décalage existant entre le langage employé par les avocats et leurs clients. C'est fascinant de voir que le problème ne vient pas tellement du langage employé par les avocats, mais plutôt du fait que FL attorney clientces derniers ne savent pas communiquer. Si le client ne comprend pas ce que son avocat lui dit, c'est la faute de l'avocat, on ne peut rien reprocher au client ; malheureusement, la mauvaise compréhension d'un mot peut avoir des conséquences fâcheuses pour le citoyen lambda. Prenez l'affaire suivante, par exemple : tout tourne autour du sens à donner au mot « deed », un acte de propriété. Une dame âgée, très religieuse, avait compris le mot « deed » dans son sens biblique, soit une action, un acte religieux. L'avocat, quant à lui, ne s'est pas rendu compte du fait que sa cliente avait compris ce mot dans ce sens précis – car on n'enseigne plus la littérature ni le latin aux avocats. La cliente était en conflit avec son mari au sujet d'une propriété, et elle pensait que le mot « deed » faisait référence au fait de se séparer de son mari, et que cette séparation assurerait qu'elle pourrait garder la propriété en question. Pendant vingt minutes, l'avocat et la cliente se sont parlé sans se comprendre. Le problème ici n'est pas uniquement une question de terminologie juridique ; le problème, c'est l'arrogance de l'avocat qui prend le client de haut. Les avocats talentueux savent comment parler à leurs clients ; ils comprennent qu'ils ont un point de vue différent de celui de leur client, et que le décalage ne provient pas uniquement du langage utilisé par les uns et les autres, de la culture des protagonistes, mais de leur compréhension des mécanismes légaux. Les avocats ne se rendent souvent pas compte que la majorité de leurs clients ne comprennent pas les concepts légaux si on ne les leur explique pas.

La linguistique peut enseigner aux avocats comment mieux communiquer avec leurs clients. C'est autant un problème de communication qu'un problème de vocabulaire. Malheureusement, la plupart des linguistes forensiques ne connaissent pas grand-chose au droit. En Europe et aux États-Unis, il n'y a qu'une demi-douzaine de linguistes qui possèdent des qualifications juridiques.

Cela dit, j'ai rencontré des avocats qui communiquent admirablement bien, aussi bien au tribunal qu'au dehors. Ce sont les avocats les plus talentueux, qui traitent des affaires de meurtre et des grosses affaires d'escroquerie.

L'étude du langage et du droit inclut aussi le fait d'étudier le langage juridique lui-même, notamment comment les termes légaux sont interprétés par les profanes, et le fait d'étudier le langage des lois.

Une part importante du travail du linguiste forensique consiste dansJoelle image change l'attribution d'écrits à leurs auteurs. Il peut s'agir de textes complets, comme savoir qui a écrit la Bible, ou évaluer si Shakespeare a effectivement écrits toutes les pièces qui lui sont attribuées. Les linguistes forensiques, quant à eux, doivent travaillent avec des textes beaucoup plus courts, parfois quelques phrases seulement. Il est, par exemple, très intéressant d'essayer d'attribuer des textos à un auteur. Il n'est pas rare, notamment, que les proches d'une personne disparue reçoivent des messages sur leur téléphone portable, supposément de la personne disparue et expliquant son absence. Dans un certain nombre de cas, toutefois, la victime était déjà décédée lorsque les textos ont été envoyés, et ceux-ci avaient en fait été écrits par le tueur. Parfois, il s'agit pour le linguiste forensique de repérer un testament falsifié, ou d'identifier les auteurs d'une menace terroriste ou d'autres types de menace ou de tentatives d'extorsion.

JV : Parlez-nous d'un cas dans lequel la linguistique forensique a fait la différence dans une poursuite judiciaire.

JO: Je suis spécialisé dans l'attribution d'écrit à un auteur, même si on me FL 2 phillipmartin.infodemande parfois d'interpréter le langage de gangs ou de déchiffrer des codes. Il y a quelques années, un jeune homme était emprisonné à Manchester pour tentative de meurtre. Il a écrit une lettre à sa petite amie, en lui indiquant qu'il y avait des chiffres sur le dos de la page, mais qu'elle devait les ignorer. Au Royaume-Uni, comme dans d'autres pays d'ailleurs, l'administration de la prison censure le courrier sortant, et ce courrier a été transmis à la police. Lorsque je l'ai reçu, je n'en ai tout d'abord pas compris le sens. C'était  court, environ 80 mots. Il n'y avait même pas 26 symboles différents, et certains de ces symboles se sont révélés être des signes de ponctuation, et certains signes de ponctuation se sont révélés être des symboles. C'était bizarre. Après avoir essayé plusieurs choses, je me suis souvenu que l'un des gardiens m'avait dit que l'auteur était très poli, très courtois, à tel point que cela en était louche. Je me suis donc demandé si le mot « please » apparaissait dans son texte, et j'ai cherché des groupes de six lettres ou symboles. J'ai déchiffré le code à partir de cela : le jeune homme demandait à sa copine d'amener une grosse somme d'argent à la victime et d'essayer de la convaincre de ne pas témoigner. C'était une offre très généreuse ; heureusement, elle n'est jamais parvenue à destination. De toute façon, la victime se serait sentie plus en sécurité avec le tireur en prison. Celui-ci a d'ailleurs été condamné très sévèrement, car, en plus de la tentative de meurtre, il avait essayé de faire obstacle à la procédure.

La plupart du temps, j'attribue toutefois des écrits à des auteurs potentiels.Fl alphabet Et ce ne sont pas toujours les affaires de meurtre qui sont les plus importantes. Parfois, cela fait plaisir de savoir que, grâce à mon travail, j'ai aidé quelqu'un à remonter la pente. J'ai récemment travaillé sur un cas de harcèlement, et je suis persuadé que, si l'auteur des lettres n'avait pas été identifié dans ce cas, il aurait continué à tourmenter sa victime.

JV : La linguistique forensique est-elle fiable ? Les tribunaux l'admettent-ils en général comme mode de preuve ?

JO: Au Royaume-Uni, la linguistique forensique a fait ses preuves dans les tribunaux. Mes collègues et moi-même avons témoigné dans plus d'une centaine d'affaires. Personnellement, j'ai témoigné dans 70 ou 80 cas, dans toutes sortes de tribunaux, depuis les magistrates' courts jusqu'à la Court of Appeal. J'ai aussi témoigné auprès de juridictions étrangères, en personne ou par vidéoconférence.

 

FL JudgeLorsqu'on témoigne au Royaume-Uni, le juge nous pose souvent des questions. Les juges mettent la main à la pâte, ils souhaitent comprendre la force probante de la preuve apportée. C'est totalement différent de ce qu'il se passe aux Etats-Unis. Honnêtement, je préfère le système britannique, car le juge contrôle la procédure. Il connaît le cas aussi bien que les avocats, si ce n'est mieux qu'eux, et c'est le juge qui est capable d'évaluer les preuves. Si le juge trouve que les preuves apportées par l'expert sont faibles, il influencera les jurés dans ce sens. Je ne suis pas adepte d'un ensemble compliqué de règles dictant ce que le juge peut ou ne peut pas faire. Les juges incompétents sont quand même rares.

JV: Comment les nouvelles technologies de la communication ont-elles changé votre métier ?

JO: Tout va plus vite. Avant, les officiers de police vous amenaient les textes en personne. On vous contactait par téléphone et on commençait par vous demander si la tâche qu'on allait vous confier relevait vraiment de votre compétence. Aujourd'hui, les policiers sont très bien informés ; ils savent exactement qui contacter, et ils comprennent très bien les nuances entre les différentes disciplines. Donc, au lieu de devoir attendre une semaine avant de recevoir les documents liés à un certain cas, aujourd'hui vous commencez à travailler sur une certaine affaire quelques heures seulement après avoir été contacté, car tout est envoyé par courriel sécurisé. On peut accéder à des corpus de texte sur internet afin de connaître la fréquence relative de certains mots, de certaines phrases ou de FL encryptioncertaines orthographes particulières. Si vous faites vos recherches soigneusement, vous pouvez localiser géographiquement l'origine d'un auteur, ce que j'ai fait dans plusieurs affaires. Et finalement, les gens publient des bêtises sur eux-mêmes sur internet, se rendant ainsi vulnérables. Tant pis. La stupidité n'est pas un crime, et même si elle l'était, je ne suis sûr qu'on saurait comment la combattre.

JV : La linguistique forensique fonctionne-t-elle de la même façon dans différentes langues ? Ou y a-t-il des spécificités à chaque idiome ?

JO: Je suis convaincu que certains aspects du langage sont universels – FL English Frenchpeut-être pas dans le sens que Chomsky donne à ce mot, cela dit. J'ai travaillé en anglais et en français, et j'ai constaté beaucoup de similarités entre ces deux langues. Il est cependant intéressant de noter que les francophones utilisent la ponctuation de façon différente que les anglophones, et tous les francophones n'utilisent pas la ponctuation de la même façon. Dans un cas récent, j'ai pu montrer que, si l'auteur était certainement de langue maternelle française, il n'utilisait pas la ponctuation d'une façon typique pour un Français. Je pensais, aussi sur la base de son orthographe, qu'il provenait d'Alsace, et il se trouve que j'avais raison. Finalement, tout est dans le détail, même s'il y a des similitudes entre différentes langues.

JV : Comment pensez-vous que votre discipline va évoluer durant les prochaines décennies ?

JO: La linguistique forensique a beaucoup à offrir dans la résolution des affaires criminelles et dans la prévention du crime. Malheureusement, les gouvernements ne se rendent pas compte de son potentiel. En fait, c'est presque entièrement grâce aux avocats que nous avons fait les progrès que nous avons faits jusqu'à présent. Récemment, le gouvernement britannique FL FSSa fermé le Forensic Science Service pour économiser quelques millions de livres sterling par année, au lieu de diminuer le nombre de banquets officiels et de réduire la flotte des voitures de fonction. Je ne suis donc pas persuadé que notre discipline se développe beaucoup ses prochaines années – malgré l'enthousiasme d'une poignée de linguistes, la persévérance de certains avocats épris de justice et la perspicacité d'un ou deux juges. Je suis assez pessimiste ; le budget des forces de l'ordre est entièrement affecté à l'achat d'armes, à la construction de nouveaux bâtiments et à l'installation de systèmes de surveillance. Aucune ressource n'est attribuée à l'étude des interactions humaines et des différences interpersonnelles.

JV : Vous avez enseigné la linguistique forensique durant de nombreuses années avant d'étudier le droit ; avez-vous apprécié le fait d'être de nouveau un étudiant après avoir été un professeur durant tout ce temps ?

JO: Je recommande cette expérience à tout le monde. En fait, je suis d'avis que tous les professeurs devraient retourner sur les bancs de l'université FL studenttous les 10 ou 15 ans. Il ne faut pas les envoyer en année sabbatique ; ils doivent fréquenter les étudiants et se rendre compte de ce que sont les conditions d'étude actuelles. De nombreux étudiants travaillent à côté de leurs études, certains ne vivent pas dans des conditions optimales, les bibliothèques ne sont pas toujours idéales, etc. C'est aussi une période de la vie qui est difficile : il y a le choc d'être loin de la maison et toutes ces décisions importantes qu'il faut prendre. Les professeurs qui retournent sur les bancs de l'université ne devraient d'ailleurs pas toucher leur salaire, mais devraient être forcés de vivre comme les étudiants.

Bangor UniversityPour ma part, j'ai beaucoup apprécié cette période. Tout d'abord, Bangor est mon université préférée – j'apprécie l'atmosphère qui y règne et les gens y sont très abordables. J'ai eu de très bons enseignants, des collègues étudiants très sympathiques, et j'avais toujours eu envie d'étudier ce sujet. Depuis que j'ai obtenu mon diplôme, j'ai passé beaucoup de temps dans les tribunaux à observer ce qu'il s'y passait, et j'étudie actuellement pour passer l'examen du barreau l'an prochain. Les études peuvent être addictives, et je pense que tous les professeurs devraient s'y remettre régulièrement.

 

Note du blog:

« La science forensique, ou la forensique, applique une démarche scientifique et des méthodes techniques dans l’étude des traces qui prennent leur origine dans une activité criminelle, ou litigieuse en matière civile, réglementaire ou administrative. Elle aide la justice à se déterminer sur les causes et les circonstances de cette activité.

Forensique veut dire qui appartient, qui est lié ou qui est utilisé dans les cours de justice, vient du latin forum, la place publique, lieu du jugement chez les anciens (forensis : du forum). Science forensique est un néologisme, traduction de l’anglais forensic science, rendu nécessaire par la confusion des termes et de leurs traductions qui désignent la contribution des sciences, en particulier des sciences de la nature, à la justice (Margot 1999). »

 

Lecture supplémentaire :

La linguistique judiciare

 

La reconstruction scientifique de Jane Austen

Agathe HamelNous souhaitons la bienvenue à notre nouvelle contributrice, Agathe Hamel.
Agathe est née à Paris.
Elle fait ses études de droit entre Bourges (2 ans) et Orléans (3 ans), et obtient un master en droit de la communication.
Ensuite elle passe une année à Londres.
Elle habite à présent à Lyon avec son petit garçon de 3 ans et demi, Timothée. Elle travaille comme juriste dans l'immobilier.
Agathe  est une adepte de littérature, surtout anglaise et américaine, mais également cinéphile.
Elle anime son propre blog sur les traces de Jane Austen à travers l'Angleterre : http://lookingforjaneausten.fr.over-blog.com
 
———————————–

Jane Austen est un écrivain admiré par de nombreux adeptes de littérature anglaise grâce à des œuvres tels "Orgueil et préjugés", "Raison et sentiment", "Emma", "Mansfield Park" mais également grâce à son importante correspondance.


Des images des livres de Jane Austen sur les timbres britannniques

Cependant il est difficile de mettre un visage sur son nom. En effet le seul portrait "officiel" de Jane Austen est exposé à la National Portrait Gallery de Londres et il s'agit d'une aquarelle dont sa sœur aînée Cassandra est à l'origine. Elles étaient toutes deux très proches et c'est à elle que la plupart de ses lettres sont adressées.

Malheureusement, le cercle d'intimes de l'écrivain s'accorde pour dire que ce portrait est peu ressemblant.

Un autre portrait "plus flatteur" dessiné par Mr Andrews of Maidenhead  a été utilisé pour illustrer les différentes éditions de ses livres mais également les articles de souvenir vendus à son effigie. Cependant, ce dessin est lui-même inspiré de celui de Cassandra et ne peut donc être fiable quant à la ressemblance.

C'est dans ce contexte que le directeur du Jane Austen Center de Bath, David Baldock, a missionné Mellissa Dring afin de réaliser un portrait de Jane Austen du temps où elle vivait à Bath (1801-1806)


4:49 minutes

Melissa Dring a eu une double formation de portraitiste à la Royal Academy Schools de Londres ainsi que d'artiste au sein du service de police de médecine légale du FBI à Washington et a également réalisé, suivant les mêmes procédés, un portrait de Vivaldi. Donc sa profession est celle de "forensic portraitist" (portraitiste légale).

Jane Austen and artist Melissa Dring.
Melissa Dring avec son portrait de Jane Austen

Il lui a fallu trois années avant que le nouveau visage de l'écrivain puisse être dévoilé. Afin de le réaliser Melissa Dring a pris plusieurs points en considération : tout d'abord, le portrait réalisé par Cassandra qu'il a fallu rajeunir, celui-ci datant de 1810.

Ensuite, les témoignages de ses proches notamment celui de son neveu James Edward Austen-Leight qui écrivit dans ses mémoires que "son visage était plutôt long et mince, sa démarche légère et affirmée, et son apparence respirait la santé et la vivacité. Elle était châtain clair, avec des joues rondes, une bouche et un nez joliment dessinés, des yeux marrons brillants, et ses cheveux formaient des boucles naturelles autour de son visage"

De même Caroline Austen, sa nièce, la décrivait comme jolie, avec un visage rond, un teint clair, des yeux noisettes et des boucles brunes encadrant son visage.

De plus, elle s'est basée sur les autres représentations picturales des membres de la famille de Jane Austen (ses parents, ses frères et sœurs) afin de définir les caractéristiques physiques communes : long nez, grands yeux marrons, cheveux bruns bouclés.

Enfin, elle a souhaité que le portrait révèle le tempérament vif et enjoué de la femme qui se devine à travers ses écrits.

C'est ainsi que grâce à sa formation très spécifique et à des techniques scientifiques, Melissa Dring a pu reproduire le visage de Jane Austen dont le personnage en cire vient d'être présenté à Bath et qui selon la BBC est "le plus proche de la vraie Jane Austen depuis 200 ans".

 

 

Étude supplémentaire :

200e anniversaire de "Orgueil et Préjugés"

Portraits of Jane Austen

All Roads Lead to Jane Austen

Jane Austen Waxwork

Celebrate Jane Austen’s Birthday with a 360-Degree, Interactive Tour Of Her House

Smithsonian.com – December 14, 2020

 

 
4:14 minutes

 56 minutes


(bande annonce)


(bande annonce)


56 minutes

Le Grand Frère a de longues oreilles…

George Orwell fut-il un « lanceur d'alerte » ?

 

MAG



Magdalena Chrusciel
 

Orwell 1984 - 1
 

 

 

 

 

 



analyse de livre par                                           

«  Nous nous rencontrerons là où il n'y a pas de ténèbres, lui avait dit O'Brien. » (1984)

En 1949, George Orwell a écrit "1984", un roman qui met en scène un personnage fictif, Big Brother, mais aussi le concept d'un régime dont les citoyens sont constamment espionnés. Sans vouloir comparer l'État d'Océanie décrit dans l'œuvre orwellienne au gouvernement des États-Unis, il convient de noter que le scandale des surveillances exercées par la NSA qui éclata cette année s'est produit 30 ans exactement après 1984. C'est pourquoi le moment nous a semblé venu de nous pencher sur la vie et l'œuvre de l'auteur de "1984", dont les prémonitions peuvent maintenant nous sembler troublantes.

 

La Toile élimine-t-elle le livre ou peut-elle ramener à lui ?

Un universitaire anglais propose une solution

FigesProfesseur d'histoire à Birkbeck College (Université  de Londres), Orlando Figes s'est aperçu que ses étudiants lisaient de moins en moins et pêchaient de plus en plus sur la Toile les informations dont ils avaient besoin pour leurs travaux    écrits et oraux. [1]  Birkbeck logo

 

Interrogeant à ce sujet une étudiante de troisième année, il s'est attiré la réponse suivante : « Nous n'avons pas le temps de lire des livres entiers. Il existe des moyens plus rapides de trouver ce que l'on cherche pour rédiger un devoir ou faire un exposé. »  

Surpris de cette réponse, le professeur Figes a interrogé d'autres étudiants et obtenu sensiblement la même réponse. Quel intérêt y-a-t-il à perdre son temps à lire Figes sparknotesdes livres quand on peut consulter SparkNotes, Wikipedia ou autres sur la Toile ? Pourquoi se priver des articles et des enquêtes de la bibliothèque numérique JSTOR et ne pas lire des résumés d'articles préparés par leurs enseignants ? Après tout, c'est la façon dont ils ont appris à étudier à l'école, ces méthodes ont fait leurs preuves et il n'y a pas lieu d'en changer. Bref, comme l'écrivait Walter Benjamin à propos des médias, les étudiants ont de plus en plus tendance « à lire verticalement plutôt qu'horizontalement ».

    Tout le système éducatif est désormais axé dans ce sens. On apprend aux étudiants à « traiter » un livre plutôt qu'à le lire, feuilleter l'index, lire l'introduction et la conclusion, le parcourir en diagonale et s'en faire une idée d'après les analyses publiées à son sujet. On gagne en efficacité et on réussit aux examens. On fait des têtes bien pleines, mais sont-elles bien faites ?

    « Avaler des livres en entier peut transformer nos vies », écrit Figes. « Nous nous immergeons en eux et nous en ressortons intellectuellement enrichis, avec de nouvelles idées et de nouvelles questions sur le monde. Lire un livre de a à z, c'est comprendre la structure de son argumentation, en apprécier la valeur littéraire, s'imprégner de sa lecture. Cela aide certainement l'étudiant à allonger la durée de son attention, à appréhender des textes difficiles et à assimiler des connaissances. » Du reste, quel site, aussi raffiné soit-il, présentera jamais l'intérêt pédagogique d'un livre de Jules Michelet, d'Arnold Toynbee ou de Marc Bloch ?

     D'autant que l'information en ligne est stéréotypée et réductrice. Loin d'être objective, elle contribue puissamment à propager la « pensée unique ». Comme l'écrit Patrick Pelloux, « Lire et relire des articles, recouper les témoignages. Une fois de plus, ' Vivent les bibliothèques et les livres! ' Les informations sur Internet, en particulier sur certains sites qui usurpent les mots des encyclopédies, sont truffées d'erreurs ». [2]Le professeur Figes n'en veut pour exemple que la Révolution russe, domaine qu'il connaît bien. Se référant à SparkNotes et à Wikipedia, il y a relevé un nombre inquiétant d'erreurs et de contre-vérités qui n'auraient jamais trouvé leur place dans un livre écrit par un spécialiste.

   Ainsi, l'étudiant qui se fiera à SparkNotes pour « lire » les événements de 1917 en Russie, aura l'impression : 1) que le régime impérial était aussi répressif que le régime soviétique qui lui a succédé ; 2) que les bolcheviks étaient la seule solution socialiste possible ; et 3) que la Révolution d'Octobre a permis à la Russie de rattraper son retard industriel et économique sur l'Occident.

    Triple contre-vérité : 1) Certes, la Russie impériale était une autocratie dont le bras armé, la police politique, la redoutable Okrana, possédait une gendarmerie innombrable et une nuée d'agents secrets infiltrés dans toutes les classes de la société. Mais, il y a des degrés dans l'oppression et dans l'horreur, et l'Okrana n'eut jamais ni les moyens, ni l'efficacité de la Tchéka ou du Guépéou (GPU) qui lui succédèrent. 2) Les bolcheviks n'étaient pas la seule force socialiste agissante en 1917. S'ils représentaient la fraction majoritaire (d'où leur nom), il n'en existait pas moins un courant minoritaire (les menchéviks) et d'autres partis de gauche comme les travaillistes de Kerensky ou les socio-démocrates de Tchéïdzé qui auraient pu donner une autre orientation au régime. 3) Enfin, le mythe de la Révolution « industrialisatrice » est probablement plus trompeur encore. En réalité, la Russie s'est industrialisée à marche forcée depuis les dernières décennies du XIXe siècle. Sous le règne d'Alexandre III, elle se dote d'un grand nombre d'établissements d'enseignement supérieur qui ne tardent pas à produire des promotions entières de scientifiques et d'ingénieurs indispensables à la mise en place d'un potentiel industriel. Le pays connaît une industrialisation rapide et massive. L'exploitation pétrolière débute à Bakou en même temps qu'aux États-Unis. Le comte Witte [2], ministre des  finances et habile diplomate, favorise ce processus, mais il estime aussi que « la Russie a besoin de cinquante ans de paix ». Hélas, il ne sera pas entendu et la conjugaison de cette industrialisation trop rapide et de guerres malheureuses (1905 et 1914) conduira finalement aux événements de 1917.

    Cela ne veut pas dire qu'il faille bannir Internet, loin de là. Nous nous en servons tous et la Toile nous permet quotidiennement de mobiliser immédiatement telle ou telle information dont nous avons besoin. De leur côté, les livres continueront à jouer leur rôle, à condition qu'ils soient succincts, d'un prix abordable, accessibles aux étudiants et capables de retenir leur attention par une argumentation intéressante, élaborée par de bons communicateurs. Parallèlement, il faut aussi améliorer la qualité de l'information en ligne qui est mise à la disposition des étudiants dans les principaux domaines de l'enseignement scolaire et universitaire.

    Pour cela, le professeur Figes lance une initiative. Il crée le site http://orlandofiges.info qui vise à aider étudiants et enseignants à réfléchir aux moyens d'aborder les grands thèmes de la Révolution russe et de l'histoire de l'Union Figes book coversoviétique. Les 18 rubriques du site correspondent aux chapitres de son livre Revolutionary Russia, 1891-1991 (publié chez Penguin Books) et contiennent des commentaires détaillés sur les questions que les étudiants doivent connaître, des extraits de livres, des photographies et des vidéos, des suggestions de lectures et des conseils sur la façon de répondre aux questions d'examen les plus courantes. Le but est d'établir une nouvelle forme de dialogue et de ramener les étudiants à la lecture des livres, non pas de s'y substituer.

    Certes, le professeur Figes eut probablement préféré que ses étudiants n'empruntent pas de raccourcis vers l'acquisition des connaissances et qu'ils lisent des livres en entier. Mais il a suffisamment les pieds sur terre pour savoir qu'un tel objectif est trop ambitieux. Il propose donc une démarche qui tient compte de leur attachement à l'Internet et qui vise à l'adapter en vue d'une mise en commun du savoir qui soit à la fois créatrice et novatrice. Ce faisant, il ne fait qu'appliquer le vieux dicton : "Faute de les vaincre, ralliez-vous à eux" !  [3]  
 

[1] Orlando Figes est professeur d'histoire au Birkbeck College de l' Université de Londres. Il est l'auteur de Revolutionary Russia, 1891-1991. Le présent texte est très largement inspiré d'un article  paru sous sa signature dans le TES Magazine du 23 mai 2014, et dans lequel le professeur Figes nous a obligeamment autorisés à puiser de nombreux éléments. La rédaction du Mot juste l'en remercie très vivement.    

[2] Patrick Pelloux. On ne meurt qu'une fois et c'est pour si longtemps. Robert Laffont, Paris, 2013, p.8.

[3] Figes witteSergeï Iouliévitch Witte (1849-1915), homme politique russe, l'un des plus compétents et des plus clairvoyants de son temps. Il acheva le chemin de fer transsibérien et s'employa à industrialiser la Russie.  

[4] en anglais : « If you can’t beat them, join them ! »

 

Lecture supplementaire :

Let's Stop Trying to Teach Students Critical Thinking

 

 

Jean L.

On nous prie d’insérer


Pour tous ceux qui se trouvent à Los Angeles au mois d'a
ôut :

Manet gettyLe J. Paul Getty Museum de Los Angeles a fait l’acquisition du Portrait de Julien de la Rochenoire (1882), un pastel d’Édouard Manet (1832–1883), l’un des plus grands artistes français de la fin du XIXe siècle. Il s’agit du premier pastel de Manet à intégrer la collection du musée Getty.

Au cours de sa carrière, Édouard Manet a réalisé près de 89 pastels connus, dont un grand nombre sont des portraits d’amis. Le sujet du pastel acquis par le musée Getty, Émile Charles Julien de la Rochenoire (1825–1899), était un peintre animalier et paysagiste qui connaissait Manet depuis de nombreuses années. Il se rendait souvent au dernier atelier de Manet, rue d’Amsterdam, et le pastel fut vraisemblablement réalisé au cours de l’une de ces visites.

Manet

Ce Manet nouvellement acquis vient enrichir la collection du musée Getty qui compte déjà deux peintures de l’artiste : 

Manet rue mosnier

La Rue Mosnier aux drapeaux (1878)

Manet brunet


et le Portrait de Madame Brunet (1860–63),

ainsi qu’une aquarelle, le Combat de taureau (1865).

 

Manet taureau 2

Il complète également la collection de pastels du XIXsiècle du musée, qui comprend l’Attente d’Edgar Degas (vers 1882)et le Portrait de la Baronne Robert de Domecy d’Odilon Redon (vers 1900), ainsi qu’une collection d’aquarelles et dessins majeurs de Renoir, Van Gogh, Gauguin et Seurat.

Le Portrait de Julien de la Rochenoire (1882) est exposé dans le pavillon ouest du musée jusq'au 24 août 2014.

Lecture supplémentaire :

J. Paul Getty Museum

L’albatros et le pélican

 

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           L’albatros
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         Le pélican

Dans un précédent article intitulé : « Alcatraz et Saint Quentin » consacré aux deux îles qui servent de prisons dans la baie de San Francisco, nous avons fait allusion au film « Le prisonnier d'Alcatraz », qui raconte l'histoire de Robert Stroud (« The Birdman of Alcatraz »), un dangereux tueur. Ayant trouvé un oiseau dans la cour de la prison où il était initialement détenu, ce prisonnier s'intéressa sérieusement à l'élevage des oiseaux. On lui attribua deux autres cellules dans lesquelles il installa un laboratoire. Il écrivit deux ouvrages sur les canaris, leur physiologie et leurs mœurs, et mit au point des médicaments pour les ornithoses.


Photographie aérienne de l'île
d'Alcatraz dans la baie de San Francisco


Livre de Stroud sur les maladies
des oiseaux

 

 

Mais le mot alcatraz a d'autres sens, ornithologiques, mais aussi étymologiques, historiques et littéraires. D'abord, il conviendrait d'aborder le lien entre les termes « albatros » et « alcatraz ». Alcatraz est la forme la plus ancienne qu'on trouve du mot albatros en français. François de Belleforest, (1530-1583) poète et traducteur français, auteur de "La Cosmographie universelle de tout le monde", le reproduit d'après un traité italien, lui-même traduit de l'espagnol. Le mot passe, sans changement, d'un traité à l'autre.

 


       Buste de François de
Belleforest à Samatan (Gers)

Note etymologique

La forme moderne albatros a été empruntée à l'anglais au milieu du XVIIIe siècle. L'anglais avait en effet altéré bizarrement le mot espagnol ou portugais alcatraz en albatros. [1] Selon une explication plus détaillée du site Online Etymology Dictionary : "albatros (n.) 1670, probablement de l'espagnol ou du portugais alcatraz (pélican), peut-être dérivé de l'arabe al-ghattas "aigle de mer" [Barnhart]; ou du portugais alcatruz "godet de noria" [OED], de l'arabe al-qadus "noria, cruche" (du grec kados, cruche), par allusion à la poche du pélican. Le nom en est venu à désigner, par erreur, chez certains marins anglais, un oiseau plus grand (dont l'envergure peut dépasser 3 m 50), appartenant aux Procellariiformes, un ordre d'oiseaux de mer constitué de quatre familles et de plus de 130 espèces vivantes.

 

Tout en demeurant sur le thème de oiseaux, constatons le lien historique entre alcatraz (aujourd'hui pelicano, en espagnol) et albatros, et entre alcatraz et pelican en anglais, il convient de noter l'évolution de celui-ci. Le mot pélican vient de l'ancien grec pelekan (πελεκάν), lui-même dérivé du mot pelekys (πελεκυς) signifiant « hache ». À l'époque classique le mot s'entendait à la fois du pélican et du pic vert [2]. Revenant au site Online Etymology Dictionary, nous y trouvons une explication plus complète : pelican (n.) du vieil anglais pellicane, du bas latin pelecanus, du grec pelekan (utilisé ainsi par Aristote dans son Histoire des animaux), étymologiquement proche de pelekas (pic vert) et de pelekys (hache), peut-être à cause de la forme du bec de l'oiseau . En anglais moyen, la prononciation a subi l'influence du vieux français pélican. 

Note historiqueL'Œuf de Pâques impérial au pélican

Dans la tradition russe, toute empreinte de symboles, il est d'usage d'offrir des œufs à l'occasion de la fête de Pâques. En effet, l'œuf est associé à la

Faberge

Carl Fabergé (1846-1920)
Œuf de Pâques impérial au pélican. Photo Katherine Wetzel © Virginia Museum of Fine Arts.

fécondité et au renouveau de la nature. Mais, en Russie, le pélican incarne aussi le dévouement maternel – la femelle allant jusqu'à s'arracher les chairs pour nourrir ses petits. De ce fait, le pélican est également associé à la fête de Pâques puisque son geste rappelle le sacrifice du Christ.

C'est sans doute pour ces deux raisons que l'empereur de Russie Nicolas II commanda au célèbre joaillier Carl Fabergé (1846-1920) l'Œuf de Pâques impérial au pélican qu'il offrit à sa mère, l'impératrice douairière Maria Feodorovna, à l'occasion de la Pâques orthodoxe de 1898. Intention  d'autant plus délicate que le pélican était l'emblème personnel de l'impératrice douairière. Cet œuf d'or rouge, contenant un pélican en émail nourrissant ses deux petits, est l'un des joyaux de l'exposition Fabergé,  joaillier des tsars qui se tient actuellement (et jusqu'au 5 octobre prochain) au Musée des Beaux-Arts de Montréal.   Faberge ticket rotated On peut y admirer les plus belles pièces de la collection  Pratt,
prêtées par le Virginia Museum of Fine Arts de Richmond (Virginie), ainsi que de nombreux documents d'archives photographiques et cinématographiques sur les dernières années de la monarchie russe. 
   

Note littéraire

Notons le poème « The Rime of the Ancient Mariner " du poète anglais célèbre, Samuel Taylor Coleridge (1772-1834).

   

Samuel Taylor Coleridge

Livre illustré par Gustave 
Doré, le graveur, peintre 
et sculpteur français

 

At length did cross an Albatross,

Through the fog it came;

As if it had been a Christian soul,

We hailed it in God's name.

It ate the food it ne'er had eat,

And round and round it flew.

The ice did split with a thunder-fit;

The helmsman steered us through!

And a good south wind sprung up behind;
The Albatross did follow,
And every day, for food or play,
Came to the mariner's hollo!

 

Enfin passa un albatros :

il vint à travers le brouillard ;

et comme s'il eût été une âme chrétienne,

nous le saluâmes au nom de Dieu.

Nous lui donnâmes une nourriture
comme il n'en eut jamais.
Il vola autour de nous. Aussitôt la glace se fendit avec un bruit de tonnerre,
et le timonier nous guida à travers les blocs.


Et un bon vent du sud souffla par derrière le navire.
L'albatros le suivit, et chaque jour,
soit pour manger, soit pour jouer,
il venait à l'appel du marin. [3]

 
Vingt trois ans plus tard, en 1857, Charles Baudelaire écrirait  Fleurs du Mal: 

Caudelaire2

L'Albatros
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
 
 


Pour conclure, choisissons un poème plus léger sur le thème du pélican, rédigé par le poète et humoriste américain, Dixon Lanier Merritt (1879–1972) :
 


The Pelican

Pelican 8A wonderful bird is the pelican,
His bill will hold more than his belican,[4]
He can take in his beak
Enough food for a week
But I'm damned if I see how the helican! [5]
——————————————————-
[1] Les mots français dans l'histoire et dans la vie,
p.44, George Gougenheim, (éditions Omnibus.), p.185.

[2] La source de cette affirmation est très convenablement l'étymologiste, Eric Partridge, (A Short Etymological Dictionary of Modern English. New York, New York: Greenwich House. p. 479) dont le nom de famille veut dire perdrix.

[3] Source de traduction : www.archive.org

[4] = belly can

[5] = hell he can

Jonathan G. & Jean L.