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Àlvaro Mira, linguiste du mois de mai 2018


Alvaro MiraNous avons choisi notre linguiste du mois suite à une rencontre fortuite avec lui lors d'un récent séjour à Barcelone. Àlvaro travaille comme guide touristique au
Gran Teatre del Liceu (Opéra de Barcelone), situé sur la Rambla, haut-lieu culturel de la ville depuis 1847, et centre d'arts. L'Opéra propose aux groupes et particuliers d'excellentes visites guidées en catalan, espagnol, anglais et français de ses magnifiques bâtiments. Lorsque je suis allé réserver une visite pour moi et mon épouse, c'est Àlvaro qui m'a accueilli, et j'ai été immédiatement impressionné par le haut niveau de son anglais oral. En conversant avec lui, j'ai appris que son amour des langues remontait à un très jeune âge, et que dans son CV impressionnant figurait une année d'études à l'Université Lumière Lyon 2.

À l'âge de 21 ans seulement, Àlvaro Mira possède déjà (en plus de sa langue maternelle le catalan), une solide connaissance de l'espagnol, de l'anglais et du français, et je pense pouvoir lui prédire une brillante carrière dans le domaine linguistique qu'il choisira.

Jonathan G.

ORIGINAL ENGLISH TEXT.  TRADUCTION: Nadine Gassie

J.G.: Où êtes-vous né et quelle langue parliez-vous à la maison ?

A.M. : Je suis né à Barcelone. Enfant, je parlais catalan avec mes parents et espagnol avec mes grands-parents et ma grand-tante.


J.G. : À quel âge avez-vous été exposé à une autre langue ?

A.M. : À 3 ans, à l'école maternelle : on nous enseignait des rudiments d'anglais. Mais l'enseignement véritable n'a commencé qu'à l'âge de 12 ans. J'ai aussi pris des cours particuliers.


J.G.: Qu'est-ce qui vous motivait, à cet âge, pour apprendre l'anglais ?

A.M. : Au départ, l'anglais m'intéressait beaucoup parce que j'étais fan de Bruno Mars, de Joe Jonas et d'autres artistes américains. Ensuite, je suis passé à autre chose, mais mon amour pour l'anglais est resté.


J.G.: Avez-vous pu aller à l'étranger pratiquer votre anglais ?

A.M. : Oui. Après avoir reçu un étudiant suédois à Barcelone, j'ai moi-même été accueilli deux fois en Suède, à Forsheda, en 2013 et 2014, une semaine entière à chaque fois. Je communiquais en anglais avec mon correspondant suédois et avec ses parents. Entre les deux séjours, j'ai obtenu le Cambridge English First, attestant que mon niveau d'anglais est suffisant pour vivre dans un pays anglophone. J'ai aussi fait deux séjours linguistiques en immersion en Californie avec Cultural Homestay International. Nous avions cours le matin et participions à des activités l'après-midi. Je pouvais aussi dialoguer en anglais avec ma famille d'accueil américaine. C'est tellement plus facile d'apprendre une langue quand on s'amuse. Ensuite, j'ai donné des cours d'anglais à des élèves de 12 à 18 ans.

J.G.: D'où vous vient votre aisance en français ?

A.M. : J'ai trouvé le français relativement facile quand j'ai commencé à l'étudier au lycée. Cela tient en partie à ses racines communes avec le catalan, qui rendent français et catalan plus proches, sur certains plans, que français et espagnol. Pour approfondir mes connaissances de base, j'ai candidaté pour une bourse Erasmus, que j'ai obtenue, pour aller étudier la traduction français-espagnol en France, avec un cours spécial de Grammaire contrastive pour hispanophones. J'étudie actuellement la traduction et l'interprétariat vers l'anglais et le français.


J.G. : Quel est votre niveau d'études et qu'avez-vous prévu pour la suite ?

A.M. : J'ai intégré le cursus de licence en traduction et interprétariat vers l'anglais et le français à l'Universitat Pompeu Fabra de Barcelone en 2015. Après ma licence, j'ai l'intention de poursuivre avec un Master, mais je n'ai pas encore choisi la spécialité. Je trouve la traduction juridique et la traduction multimédia particulièrement intéressantes, mais l'interprétariat est aussi une activité dans laquelle je me sens très à l'aise.

J.G. : Que pensez-vous de la traduction automatique ?

A.M. : Je ne crois pas qu'elle remplacera jamais les humains, compte tenu des subtilités et des nuances propres à chaque langue et de la nécessité de réduire leurs écarts. D'un point de vue professionnel, il est certain qu'un logiciel de traduction automatique peut être considéré comme un outil de travail. Mais on ne devrait jamais considérer la traduction automatique comme l'unique moyen de traduire.


J.G.: Dans un numéro récent de The Economist, un article sur la Catalogne se termine par ces mots : « Ce qui apparaît plus clairement, c'est que la société catalane reste fracturée par le milieu. » Croyez-vous que la composante linguistique joue ? La situation serait-elle pire si la langue catalane ne jouait pas un rôle unificateur entre les deux camps ?

A.M. : Des études récentes ont montré que les citoyens dont le Catalan est la langue maternelle sont plus enclins à souhaiter l'indépendance de la Catalogne. Pour ma part, j'aimerais que la langue catalane soit un outil pour tout le monde, et pas seulement pour quelques-uns. Je pense que tout un chacun devrait pouvoir utiliser les deux langues quelles que soit ses origines ou son orientation politique.

Paris, May 1968: a personal reminiscence.

Prof Kopelman Our newest contributor, Michael Kopelman, is  a distinguished  British neuropsychiatrist. Almost exactly fifty years ago, while in Paris studying French at the Alliance Française, he became caught up in the student riots. We asked him to give our readers the perspective of a Brit who experienced these historic events at close range.  His account follows below.

 

Fifty years later, Michael Kopelman is Emeritus Professor of Neuropsychiatry at King’s College London. He formerly ran a clinical service at St Thomas’s Hospital, London. His research has been on the neuropsychology of memory disorders, including aspects of autobiographical memory and confabulation.

Paris, 1968: It was chilly in March, but the sun came out in April, and Paris blossomed.  In May, the city erupted.  I was studying French at L’Alliance Française in Boulevard Raspail.  I was in my ‘gap year’ (though the term was not then used) staying, together with a school friend, at the top of a small hotel at the crossroads between Montparnasse and the St Michel – a superb location, but the room was cheap because (in those days) the hotel lacked a lift and we were staying for several weeks. 

Walking along Boulevard Saint-Germain one afternoon at about 3 p.m. [from subsequent histories, I think that this must have been Thursday 2nd, or possibly Wednesday 1st,  May], we heard shouts ahead of us, whistles, and drumming that appeared to be coming from the St Michel. As we approached, the noise became louder and, as the St Michel came into view, we saw that marchers were processing from North to South towards the Sorbonne, waving banners and flags, and blowing whistles and horns. Soon the marchers were gone, the sounds becoming more distant, but, as we turned into the St Michel, we could hear still the marchers ahead of us. Suddenly, there was what sounded like an explosion, the shouting intensified; there was screaming and the thumps of running. It was not clear what was going on ahead, but it sounded as if the marchers had clashed with the police. Then, out of nowhere, we were enveloped in a fog of tear gas. Our eyes were sore, we coughed and spluttered, but we bent our heads down and proceeded forward till it had cleared. As we emerged, we found ourselves at another junction. The marchers had disappeared. The police stood in the middle of the crossroads in their helmets, truncheons and shields, shouting angry commands at passers-by and observers, a large mingling crowd, now mainly elderly people and tourists. Across the road, we saw our French teacher from l’Alliance Française, but she was too distant in the melange for us to speak to her. 

The next morning, as we walked through the Luxembourg gardens, all was utterly calm. Another beautifully sunny day. There was no sign that anything unusual had happened the day before, but the events of the previous day were the ‘hot’ topic of discussion at L’Alliance Francaise that morning. There were more protests that afternoon and evening, and when we arrived at L’Alliance the next time, we saw that the iron gates to the entrance were closed and chained with padlocks. A placard on the gates read: ‘À cause des événements recents, l’école est fermée aujourd’hui’. The school remained ‘fermée’ for the rest of the month.

Jpeg - Torn up street with police looking on

photos by Michael Kopelman
Paris -May 1968

 

That Friday evening was eventful. Early in the evening, there was shouting and drumming from the sports centre/student accommodation two doors to the right of us, as students taunted the police who had amassed outside the building.  The students started to throw projectiles down at the police, who angrily threw them back, and we heard the smashing of glass.  This lasted an hour or more.  Later that night, we heard the shouts and bangings of the protesters, who had lit a bonfire in the middle of the crossroads between Montparnasse and the St Michel.  From our room, we could observe the students watching the fire excitedly, singing and chanting, until the approach of police sirens.  The police arrived, attempted to put out the fire (which was now huge), and then stood in line passively observing the fire until it died away. Eventually, the police departed, but we were awakened several times that night, as this cycle (students starting a fire, then fleeing, the police arriving and attempting to put it out) repeated itself twice more during the course of the night. 

Jpeg - Police watching a fire burn down at the crossroads between Montparnasse and the St Michel

During the next few days and weeks, the police massively over-reacted to what had commenced as relatively minor protests – charging at groups of students with their heavy batons, themselves protected by their Romanesque shields and helmets. Onlookers were arrested (including many foreigners and elderly people), and taken off in black police vans, which were everywhere to be seen.  The entrance to the Sorbonne was sealed off by a line of police wielding their truncheons.  All this fanned the flames of protest. L’Odeon was seized by protesters, and became the forum for ideological debate and revolutionary declamation. The cobbled streets were torn up, and the cobbles piled on to street barricades. In the mornings, burnt-out cars were seen on the side-streets. Trade unions joined the protesters, culminating in a general strike in which two million people marched down Boulevard Saint-Michel, observed by two English ex-schoolboys from their hotel balcony. 

Jpeg - The general strike

One day, walking down the St Michel, we found ourselves in the middle of another demonstration. People were milling around, holding posters and placards, shouting and blowing whistles in the middle of a busy crossroad.  Then the police appeared to the north, carrying their batons, bearing their shields and helmets, eyes covered with masks. They grouped themselves together, then charged southward down Boulevard Saint-Michel, and we found ourselves in the middle of a street battle beneath the blossoming Parisian trees. I pulled out my Yashica-Mat, and photographed a policeman as he pulled his truncheon back behind his head, about to smash it down on a young man, who held up his arm limply in self-defence as he tried to flee. All around, young people were running, some with head in hands, as the police advanced with angry determination.  Just after I had taken the shot, I myself was confronted by a red-faced policeman, screaming at me to hand over my camera, and gesticulating towards a black police van, which I remember as being located off to my right [or is this detail a confabulation in my memory?]. I knew perfectly well what he was saying but, as he grew angrier, I kept repeating in English: “I’m English.  I don’t understand!”  Fortunately, after what seemed like several minutes, but was probably less than a minute, he let me go. As I resumed my walk briskly southward towards Montparnasse, I experienced tingles of relief, as I left the shouting and screaming behind me.

 

Jpeg - Police not wanting to be photographed

                                                     photos by Michael Kopelman
Michael D Kopelman

Additional reading:

"L'héritage" Is in the Streets: The Text, Images and Legacy of May 1968

 

1968: Radical Protest and Its Enemies by [Vinen, Richard]   ParisRiots - Beauty book cover
Richard Vinen, 2018  Johan Kugelberg, 2011

 

Quand la littérature et l’histoire se conjuguent

Trois réfugiés – trois livres

 

KoestlerDans un article publié sur ce blog le 6 mai 2016, intitulé Témoin, écrivain, multilingue et inspirateur : Qui est-il ?’, nous avions brièvement évoqué l’histoire d’Arthur Koestler, grand intellectuel juif, qui écrivit en hongrois, en allemand et en anglais. Parmi ses multiples ouvrages, Sonnenfinsternis (Le Zéro et l’Infini) est devenu le manifeste de l'anti-totalitarisme et a influencé toute une génération d'intellectuels.

En 1938, Koestler se réfugie en France où il écrit Sonnenfinsternis en allemand (c'est le deuxième volume d'une trilogie commencée en hongrois). Après son arrestation par les Nazis et son internement au camp du Vernet-d'Ariège, Koestler est libéré et projette de fuir la France. Sa compagne britannique, avec laquelle il vit à Paris, traduit le livre en anglais. Ensemble, ils établissent un premier jet complet en anglais qu'ils envoient à son éditeur londonien le 1er mai 1940. Alors qu’il fuit vers le sud pour échapper à l'avancée des troupes allemandes, Koestler s'aperçoit qu’il a perdu le manuscrit allemand, avant même d'être parvenu à le faire publier. (Il en a cependant laissé une copie carbone à Paris, et une autre chez un ami à Limoges.) Il s'installe outre-Manche et adopte l'anglais comme langue d'écriture. Il actualise la traduction anglaise qui sera publiée en 1940. Le livre sera ensuite traduit en allemand, langue dans laquelle avait été rédigée la toute première version. Voilà donc un livre qui n'existe qu'en traduction. Il sera ensuite traduit dans des dizaines de langues, mais toujours à partir de la version anglaise, elle-même en grande partie traduite. Toutefois, 75 ans plus tard, en août 2015, on apprit qu'un éditeur suisse avait reçu une copie carbone du manuscrit allemand dactylographié, resté enfoui et inconnu dans une bibliothèque de Zurich… Affaire à suivre.

 

Francoise FrenkelRien où poser sa tête, Françoise Frenkel. (Édition Folio, février 2018)

Ce livre, écrit en français (et traduit pour la première fois en anglais – No Place to Lay One’s Head – ,  par Stephanie Smee; Pushkin Press, January 2018 ) est également l'œuvre d’une réfugiée de la Seconde Guerre mondiale, une Juive polonaise qui elle aussi dut fuir, et choisit plus tard de s’exiler en Suisse.

 

Magdalena newUne recension de la traduction anglaise est parue récemment dans l’hebdomadaire britannique The Economist. Notre fidèle contributrice, Magdalena Chrusciel, traductrice jurée français-anglais-polonais – qui a elle aussi adopté le français comme langue maternelle –, a bien voulu adapter cette recension en français, en hommage à l'auteure du livre.

« En 1921, Françoise Frenkel, jeune femme polonaise de confession juive, ouvre la première librairie française de Berlin. Elle en parle comme de sa "vocation" alors qu’un ami ose le mot de "croisade". L'aventure attire auteurs, artistes, diplomates et célébrités. À bien des égards, à ses débuts, la librairie est une plaque tournante intellectuelle. Pendant les années sombres, elle deviendra pour certains un refuge, un lieu où se reposer l'esprit – une bouffée d’air frais. Mais en juillet 1939, Frenkel doit se rendre à l’évidence : les auteurs sur liste noire et les journaux confisqués ne lui permettent pas d'assurer sa subsistance et les persécutions et violences croissantes deviennent une menace pour sa vie.

Frenkel ferme alors sa librairie et quitte l'Allemagne pour la France occupée, où elle passera quatre ans. Miraculeusement, elle y a survécu, et a ainsi pu raconter son histoire. Rien où poser sa tête a été écrit et publié alors que Frenkel s’était exilée en Suisse. Le livre a ensuite disparu pendant des décennies, pour réapparaître en 2010, dans un marché aux puces. Il a alors été réédité en français. Frenkel est décédée à Nice en 1975.

Le chapitre d'ouverture traite de l’enfance remplie de livres de Frenkel et de ses études à Paris, avant de couvrir ses années de libraire, avec ses hauts et ses bas. Toute la suite – en fait, la plus grande partie du récit –, est consacrée à sa lutte pour la survie dans le sud de la France. C’est grâce à son tempérament plein de ressources, et à l’aide d’inconnus, que Frenkel a pu se cacher, passant d’un abri à un autre. Elle décrit la difficulté d’obtenir un permis de résidence et l'injustice de l'arrestation. Elle évoque la souffrance d’avoir été coupée de sa famille et de ses amis, de même que l’horreur des répressions et des rafles nazies. La tension monte lorsque traquée, risquant la déportation, elle n'a d’autre choix que de fuir en traversant la frontière.

Une préface de Patrick Modiano, prix Nobel de littérature, et un dossier de 30 pages ajoutent un contexte supplémentaire au récit. Mais l'histoire de Frenkel pourrait se passer de tout commentaire. Elle est tout à la fois une peinture lumineuse de la France en temps de guerre, et un récit poignant de la résistance et du défi propres à son auteure. Tout du long, Frenkel dresse un tableau candide de ses peurs et de ses épreuves (envisageant même, à un moment, de prendre « la sortie ultime »), alors qu'elle poursuit son combat, refusant d'être vaincue. Qu'elle soit évacuée ou réfugiée, fugitive ou captive, le lecteur est rivé à chacune des étapes de son parcours. »

Irene NemirovskySuite française (Édition Denoël, 2004est une autre œuvre, posthume celle-là, à avoir connu une destinée extraordinaire. Le manuscrit d’Irène Némirovsky, écrivaine juive ukrainienne de langue française, morte en déportation en 1942, ne fut découvert par ses filles qu’en 1990. Elles ne commenceront qu'en 1995 à en transcrire certains passages.

Le roman a reçu le prix Renaudot en 2004, faisant connaître l’écrivaine à nouveau. Émigrée en France dès 1919, elle y avait publié des romans à succès, tels David Golder, dans lequel elle brosse un portrait sans concession de la bourgeoisie de l’entre-deux-guerres. Roman inachevé en raison de la mort de son auteure, Suite française devait comporter cinq parties ; il n’en paraîtra que deux.

De Saint-Pétersbourg à Paris, en passant par Kiev et Nice, entre une mère défaillante issue de la grande bourgeoisie et un père self-made-man francophile, nouvelliste et critique, la vie d’Irène est un roman à part entière. Portée par son succès littéraire, Irène se croira protégée par la France. Mais interdite de publication par Vichy, et sa naturalisation française lui ayant été refusée, elle sera déportée à Auschwitz où elle mourra en l’espace d’un mois…

Dans les deux parties du roman publiées – « Tempête en juin » et « Dolce » –  elle dépeint la fuite de Paris vers le sud de quelques personnages, presque tous y perdant leur vernis de civilisation. Dans « Dolce », c’est la vie sous l’Occupation, avec les différences, mais aussi les sympathies, entre soldats et habitants de la campagne française.

Suite française a été adapté au cinéma en 2015, avec notamment Michelle Williams, Kristin Scott Thomas et Lambert Wilson.

Suite_Francaise

D'autres articles sur le thème de livres perdus, parus sur ce blog :

Un nouveau livre crée l'événement

Actualités litteraires aux États Unis

La découverte d’un livre inconnu de l’auteure prodigieuse et prolifique, Pearl Buck

 

Les livres, librairies et bibliothèques

Le Biblioburro: l'étonnante bibliothèque mobile de Colombie.

Au fil des ans, nous avons publié plusieurs articles sur les livres, les librairies et les bibliothèques. Parmi ceux-ci, citons Une querelle d'auteurs prend fin dans une biblioville (20.07.2011), Mes bibliothèques: rendez-vous du livre et des beaux-arts... (1.12.2011) [1], Les livres sont mon truc (13.09.2013) La seule bibliothèque au monde qui soit à cheval sur deux pays !, (03.09.2016)  et Sa salle des urgences de l'esprit  est ouverte 24h/24 (05.12.2017), la touchante histoire d'Hamzeh Al-Maaytah, ce libraire d'Amman (Jordanie) qui décrit son travail en ces termes: «Je gère une salle des urgences de l'esprit.»  Aujourd'hui, c'est de Colombie que nous parvient une autre histoire, celle de quelqu'un qui s'emploie à propager le savoir par la lecture. Il se nomme Luis Soriano et a inventé le biblioburro (un terme à ajouter au lexique ci-dessous). Son vécu est une action persévérante, menée dans les conditions difficiles que nous montre le premier clip vidéo, mais aussi son heureux dénouement, que nous révèle le second clip.

L'article qui suit s'inspire largement d'un texte paru récemment sur BBC.com – "Biblioburro: The amazing donkey libraries of Colombia".

Depuis plus de vingt ans, parcourant la campagne colombienne avec ses deux ânes, Luis Soriano répand la joie de lire parmi les enfants des communautés rurales .

Enseignant d'espagnol à La Gloria, dans la campagne colombienne, Luis regrettait que ses élèves n'aient rien à lire chez eux. Il décida d'y remédier avec les moyens dont il disposait.

En adaptant l'arçon de ses deux ânes, Alfa et Beto, au transport non plus de l'eau mais de livres, Luis improvisa une bibliothèque mobile. Il prit ensuite la route afin de mettre ses livres à la disposition d'enfants qui, chez eux, n'avaient aucun accès à la lecture. Néologiste malgré lui, Luis avait inventé le biblioburro. [2]

Biblioburro

« Les gosses s'éveillent en ouvrant un livre. C'est la rencontre de la surprise et de l'imagination. Vous les voyez qui se mettent à rire, juste en voyant le livre » dit-il.

Comme le libraire de Hamzeh Al-Maaytah à Amman [3], Luis Soriano est un défenseur du livre qui mériterait d'être reconnu et honoré par l'UNESCO. En outre, il recourt à des moyens simples et traditionnels. L'âne, ce cheval du pauvre, est un vecteur rustique et sobre. Bien des projets entrepris dans le tiers-monde échouent parce qu'ils ont fait appel à des moyens techniques trop complexes et d'un entretien coûteux.

Visionnez donc les vidéos ci-dessous afin d'en savoir davantage sur l'aventure inspirante de Luis et ses deux acolytes.

Biblioburro 1 – 5:19 minutes

Biblioburro 2 – 1:23 minutes

Jean Leclercq

[1] Dans l'article susmentionné, nous avions offert un lexique de termes relatifs aux livres.

English

français

bible

Bible

bibliographer

bibliographe

bibliography

bibliographie

bibliophile

bibliophile

bibliophobe, bibliophobia

bibliophobe, bibliophobie

bibliotown

la biblioville

book

le livre

bookish

studieux (-euse), livresque

booklet

la brochure

bookmark

le marque-page, signet

bookmobile

la bibliothèque itinérante

bookseller (secondhand)

le bouquiniste

bookstore, bookshop

la librairie

bookworm

dévoreur (-euse) de livres,
le rat de bibliothèque,
le bouquineur (-euse)

editor

rédacteur (-trice)

hard cover (book)

le livre (relié)

lexicographer

lexicographe

librarian

bibliothécaire

library

la bibliothèque

paperback

le livre de poche

pocketbook

le carnet, portefeuille

publisher

l’éditeur

tome, volume

le tome, volume

yearbook

l'annuaire

Attention aux faux amis :

bookstore, bookshop

la librairie

Library

la bibliothèque

Publisher

l'éditeur

Editor

le rédacteur (-trice)

[2]  Contraction de biblioteca (bibliothèque) et de burro (âne en espagnol)