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Traductrice du mois d’avril 2012 –

Nathalie Reis

 

Jonathan Goldberg, votre bloggeur (lui-même traducteur), pose des questions à Nathalie Reis, traductrice professionnelle (anglais-français), née en Corse et habitant Londres depuis 1991. Nathalie est mariée, mère de deux enfants, elle fait de la Zumba (programme de conditionnement physique), prend des leçons de danse indienne et aime se promener avec son chien.

Jonathan : Comment en êtes-vous arrivée à la traduction ?

Nathalie : J'ai commencé à apprendre l'anglais au collège comme la plupart des jeunes de ma génération. J'ai tout de suite adoré cette langue et dès 13 ans, je faisais régulièrement des séjours linguistiques en Angleterre pour me perfectionner. À 16 ans, je me débrouillais déjà très bien, et la traduction est devenue une évidence assez rapidement. À titre d'anecdote, quand je m'ennuyais en classe, je traduisais ce que disaient mes professeurs et prenais mes notes en anglais ou, quand un livre me plaisait, j'en traduisais un chapitre…pour le plaisir. Cette gymnastique cérébrale me fascinait ! Puis j'ai quitté ma Corse natale pour faire une licence d'anglais à Aix-en-Provence, suivie d'une maîtrise en économie (avec anglais) à Paris pour me spécialiser. Dans le cadre de cette maîtrise, j'ai effectué un stage de 6 mois à Londres et c'est à ce moment-là que j'ai rencontré mon mari et décidé que l'Angleterre serait ma nouvelle patrie. La traduction était toujours ma priorité et pour conclure mes études universitaires, j'ai passé le Diploma in Translation du Chartered Institute of Linguists. Un vrai bonheur !

Jonathan : Avez-vous trouvé difficile de trouver des clients et de vous établir en tant que traductrice professionnelle ?

Nathalie : J'ai eu beaucoup de chance. Quand je suis arrivée à Londres en pleine récession (1991), pour gagner ma vie, j'ai enseigné le français économique et commercial à l'Alliance française de Londres, une expérience très enrichissante qui m'a ouvert les yeux sur le monde des affaires d'une part et fait rencontrer des gens intéressants, de l'autre. Un de mes élèves était directeur d'une agence de traduction et m'a donné l'opportunité de faire mes vrais débuts en traduction. Je n'avais même pas d'ordinateur à cette époque et travaillais à son bureau. Puis, ma carrière a progressivement pris de l'ampleur et j'ai aujourd'hui plus de 16 ans d'expérience.

Jonathan : Quels sont vos domaines de spécialisation ?

Nathalie : Je travaille essentiellement sur des textes économiques et commerciaux, en particulier dans les domaines de la finance, des ressources humaines et du marketing. J'ai traduit de nombreux sites Internet dans des domaines aussi variés que la mode, le commerce de détail, le tourisme, l'éducation. Je travaille également beaucoup pour des organisations internationales comme l'UNDP, l'UNESCO et la Banque mondiale. Pour trancher avec ces domaines « sérieux », comme je suis passionnée d'art, j'ai eu la chance de pouvoir traduire deux livres d'art. J'aimerais pouvoir en traduire d'autres, mais le monde de l'édition est très fermé et faut-il l'ajouter, la traduction littéraire pas toujours très bien rémunérée.

Jonathan : Travaillez-vous pour des agences ou pour des clients privés ?

Nathalie : Les deux. Mes traductions proviennent à 70% d'agences et le reste de clients privés. Les deux présentent leurs avantages et leurs inconvénients et cette situation me sied parfaitement.

Jonathan : La traduction est un métier très solitaire. Souffrez-vous de cet isolement ?

Nathalie : Parfois, mais j'avoue être ravie de pouvoir travailler dans la tranquillité. Je ne m'ennuie jamais et mais s'il m'arrive de me sentir seule, je sais comment y remédier. Les plateformes de traduction, les webinaires, les formations pratiques organisées par le Chartered Institute of Linguists et par I'Institute of Translation and Interpreting (dont je suis respectivement membre et associée) ainsi que Facebook et Twitter sont autant de moyens qui facilitent le contact avec d'autres traducteurs et l'entraide. Il est important d'être membre d'organismes professionnels dont les différents réseaux permettent de participer à des événements sociaux et de rencontrer des collègues.

Jonathan : Avez-vous des projets professionnels pour l'avenir ?

Nathalie : J'aimerais traduire d'autres livres d'art pour mêler travail et plaisir. Je passe beaucoup de mon temps libre à peindre ou dessiner et habitant Londres, j'ai la chance de pouvoir voir des expositions très variées. C'est un domaine que j'aimerais certainement explorer davantage.

Un autre projet serait d'écrire un blog sur la traduction dans le domaine de l'art, mais j'ai besoin de bien plus d'expérience…et de temps.

Vous pouvez contacter Nathalie par courriel à n.reis@btinternet.com et consulter son site à l'adresse URL suivante http://www.strictlytranslations.co.uk

Son CV est ci-joint

 

DU FRANÇAIS ET DES JEUX

Olympic logo 2012Voici le premier article dans une série d'articles que nous avons l'intention de presenter à nos lecteurs avant l'ouverture des Jeux Olympiques qui se dérouleront  à partir du 27 juillet 2012. 


FrancoiseCet article a bénéficié du concours érudit de notre collaboratrice,
Françoise la Plume de Dussert .  Françoise est une traductrice professionnelle, diplômée en littérature française, née en France, vivant en Angleterre  depuis de longues années. Imprégnée des deux cultures, elle est adepte du grand écart linguistique.

 

Du français et des Jeux

Ma propre fille, toute française qu’elle soit, n’est peut-être pas seule à s’être demandé, lors des derniers Jeux Olympiques, pourquoi on parlait tant le français à Pékin…

CoubertinL’honneur en revient à un Français peu ordinaire à qui les Jeux Olympiques modernes doivent beaucoup. Le Baron Pierre de Coubertin, un aristocrate que ses origines autant que ses dispositions promettaient à une carrière toute tracée dans les armes, la politique ou la diplomatie devait investir dans la réinvention des Jeux toute la pugnacité, l’ambition et la souplesse qu’il aurait pu déployer ailleurs.

 

 

À la une : le vingtième anniversaire des émeutes de Los Angeles

Des agents accusés d'avoir brutalisé un homme noir, Rodney King, à Los Angeles, en 1991, ont été acquittés des charges retenues contre eux le 29 avril 1992, soit il y a  exactement 20 ans !

Le verdict déclencha aussitôt des émeutes à Los Angeles, occasionnant d'importants incendies volontaires (quelque 7.000 départs de feu), des pillages et des dégâts matériels de toutes sortes. On dénombra un total de 53 morts. L'ordre ne fut rétabli qu'avec l'intervention de la police, de l'armée, des troupes de marine et de la Garde nationale.   

Rodney King Riots
1992                                         2012  – le même lieu
(Kirk McKoy / Los Angeles Times / April 24, 2012)

 

 

 

entretien avec Rodney King:  

 

Le glossaire des émeutes, selon Le Mot Juste:

agitation

agitation, troubles

arson, incendiarism, torching, setting fire

incendie volontaire, action de bouter le feu par malveillance

anarchy

anarchie

assault 

agression, attentat

attack, onslaught

attaque

battery

coups et blessures, voies de fait

beating 

raclée

bedlam

chahut

brawl, fight, scuffle

rixe

burglarizing, burglary

cambriolage

clashes, confrontations

affrontements

clubbing

frappe à coups de massue

commotion, din, uproar

fracas, tapage

crimes

crimes

defacement

mutilation, défiguration

destruction

destruction

disturbance, turmoil

chambardement

fighting

combat, bagarres

fire-bombs

bombes incendiaires

fires

incendies

hooligan, yob, thug

vandale, voyou

free-for-all

pagaille, rixe,
mêlée, bagarre

injuries

blessures

lawlessness, disorder

anarchie, chienlit

loot

butin

looting, pillaging,
sacking, trashing

pillage, saccage

marauding

en maraude

mayhem 

désordre, grabuge

mugging

agression

uproar, tumult

tumulte

pandemonium

tohubohu, charivari

plunder

pillage

pyromania

pyromanie

ravaging, sacking

saccage

ruination, wrecking

ruine

riots, rioting

émeutes, bagarres

robbery

brigandage, braquage

rowdiness, rumpus, racket

chahut

ruckus

grabuge

shambles

pagaille

shooting

fusillade, coups de feu

smash and grab

cambriolage

smashing

bris

trash

déchets, ordures

unrest

agitation, troubles,
embrasement

vandalism

vandalisme

violence

violence

 

Un livre rédigé par Rodney King :

Riot Within

paru le 24 avril 2012 – HarperOne

 

Lecture supplementaire :

Lessons for L.A. from 1992
Los Angeles Times, April 25, 2012

audio clip

J.G. & J.L

Monde en transition, métiers en perdition…

Le 30 mars dernier, le site OpenCulture.com a publié deux remarquables vidéoclips, présentés ci-dessous, traitant de derniers survivants de leurs professions respectives – deux habitants de Los Angeles dont l'un vend du papier et l'autre imprime manuellement, et un Parisien qui répare des pianos. Avec l'évolution des techniques, ces gens sont devenus des sortes d'espèces en voie de disparition. OpenCulture.com, nous a aimablement autorisés à publier le texte qui suit (traduit de l’anglais) et les clips qui l'accompagnent.

Dans un monde de biens toujours plus éphémères, de produits en plastique et d'informations numérisées, quelques artisans de la vieille école survivent encore. Mais, ils se font de plus en plus rares. Deux courts métrages, nous permettent d'en rencontrer des deux côtés de l'Atlantique. Ceux-là se cramponnent à leur métier, en dépit des mutations technologiques. C'est d'abord Ink & Paper, réalisé par Ben Proudfoot, un élève de l'École des Arts cinématographiques de l'Université de Californie du Sud. Le film raconte l'histoire de celui qui gère le dernier atelier de typographie dans le centre-ville de Los Angeles et de son collègue qui tient la plus vieille papeterie de la ville. Ensuite, c''est La mer de pianos de Tom Wrigglesworth  et Mathieu Cuvelier, consacré à un artisan qui a passé 28 ans (dont 15 comme propriétaire) dans le plus ancien atelier de réparation de pianos de Paris. 

 

 

Nous voudrions ajouter deux autres vidéoclips.

Le premier nous présente le dernier fabricant français de bérets.

Le deuxième nous montre un appareil qui fabrique et livre des pains baguettes.

 

   

 

 

 

 

 

 

La fabrication des bérets et la vente des baguettes à la boulangerie du coin seront-ils bientôt des choses du passé ?

Et pour terminer, voici  un appareil qui livre automatiquement du lait frais, 24 heures sur 24. Ce genre de distributeur va-t-il se généraliser et dispenser les Français d'aller chez le commerçant de leur quartier?

  Milk_Dispenser-inhabitat  

J.G. & J.L.

Le penny canadien n’est plus

Le penny (au pluriel : pence pour l'argent et pennies pour les pièces) est l'unité monétaire minimale du Royaume-Uni, de l'Irlande, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.  Aux États-Unis, la monnaie de la moindre valeur s’appelle le cent ou le penny.

Jusqu’à maintenant, le Canada émettait aussi des cents ou pennies, mais le Parlement d'Ottawa vient de décider d'y mettre fin, parce que la frappe de ces pièces coûtait trop cher (1,5 cent par pièce).

Canadian_Penny

 

Les premiers pennies canadiens (que les francophones appelaient des sous) ont été émis en 1858. En bronze, ils portaient, sur la face, l'effigie de la Reine Victoria et, sur le revers, deux rameaux d'érable. Dans les premiers temps, cette monnaie était frappée en Angleterre et expédiée au Canada. À partir de 1908, le Canada a frappé ses propres pennies.  

 

Le premier penny a été frappé en Angleterre. Avant que la Grande-Bretagne adopte le système décimal, en 1971, la monnaie britannique, comme plusieurs autres monnaies européennes, comportait trois unités : le pound (la livre), le shilling et le penny. C'était le système dit du denier. 

 

Unité monétaire

 

symbole

Terminologie latine

 

 

singulier

Pluriel

 

livre

£ or l

libra

librae

= 20 shillings

shilling

s. or /-

solidus

Solidus

 

solidi

= 12 pennies

penny

d.

Denarius

Denarius

 

denarii

 

Pour les écoliers de Grande-Bretagne et de l'Empire britannique, les conversions de pounds en shillings et en pennies étaient un élément important du programme d'arithmétique. Voici quelques questions typiques posées aux élèves apprenant à multiplier et à diviser:  

Question : Quelle est la valeur en pounds, shillings et pence de 2.000 pennies ?

Méthode de calcul : 2000 divisés par 12 = 166 shillings et 8 pence. 166 divisés par 20 = 8 livres et  6 shillings.

Réponse: 8 pounds (livres), 6 shillings et 8 pennies – £8-6-8d.

Question : Combien y-a-t-il de pence dans £2-5-10d?

Méthode de calcul : (10) + (5 x 12) + (2 x 240) = 10 + 60 + 480 

Reponse : 550 pence.

 
Glossaire du Mot Juste:

 

a bad penny

Un drôle de type

a penny for your thoughts

À quoi penses-tu ?

A penny saved is a penny earned

Un sou est un sou

I need to spend a penny

Je dois aller à la toilette

in for a penny, in for a pound

Autant faire les choses jusqu'au bout

It costs a pretty penny

Cela coûte un beau sou

pennies from Heaven

De l'argent qui tombe du ciel

pennies on the dollars (USA)

Beaucoup moins cher que le prix
initial; en droit, être payé « au marc le franc », c'est-à- dire d'une certaine proportion de la créance. 

penniless

Sans le sou

penny arcade

Salle de jeux (avec machines à sous)

penny dreadful

Roman à quatre sous

penny pincher

Pingre, radin

penny-wise, pound-foolish

Économiser un franc et en prodiguer mille

The penny dropped

Le déclic s'est produit

 

Note historique :

Charlemagne, roi des Francs (768 à 814) et Empereur d'Occident (800 à 814), institua un nouvel étalon, la livre carolingienne (du latin libra), basée sur une livre d'argent (et qui servait d'unité  monétaire et pondérale), laquelle valait 20 sous (du latin solidus) ou 240 deniers (du latin denarius, le shilling moderne). À cette époque, la livre et le sou étaient des unités de compte; seul le denier était frappé comme monnaie du royaume.

 

Charlemagne's denier
Le denier de Charlemagne

En Grande-Bretagne, le système dit du denier a été instauré par le roi Henri II (1519-1559). Il se fondait sur le système du poids de Troyes, utilisé pour peser les métaux précieux. Le penny était égal à 1,5 gramme d'argent fin. Une livre valait donc 240 x 1,5 g, soit une livre d'argent fin. Une « couronne » était initialement une pièce d'or émise pendant le règne d'Henri VIII, en 1544. Elle devint une pièce d'argent sous son fils Édouard VI, en 1551. Plus tard, la couronne en vint à s'appeler le shilling (en vieil anglais « scilling »), terme également utilisé  dans d'autres langues, tel le schilling qui est, aujourd'hui encore, l'unité monétaire de l'Autriche. En français, on a dit aussi schelling, terme que l'on trouve, par exemple, chez Victor Hugo.    

Lecture supplémentaire :

Colganology 

British Culture, British Customs and British Traditions

Waiting for Change: The Battle Over the U.S. Penny

J.G. & J.L.

 

 

Comment faire s’envoler les ventes des dictionnaires ? En en cessant la publication !

 

Brittanica 1Le 13 mars dernier, les éditeurs de l’Encyclopædia Britannica annonçaient qu'ils cessaient la publication de la version imprimée de leur ouvrage en 32 volumes, du jamais vu en 244 ans d’existence, depuis la première édition publiée à Edimbourg en 1768. Désormais, seule la version électronique sera disponible, avec les mises à jour ad hoc.

Cette annonce a eu pour effet immédiat la ruée des acheteurs sur l'édition imprimée de 2010.

Les ventes sont passées de 60 à 1 000 encyclopédies complètes par semaine. À ce rythme, les stocks, qui seraient de 4 000 exemplaires, vont être vite épuisés.

Non sans humour, Associated Press fait le commentaire suivant : « Finalement, il suffisait de tuer la version imprimée de l’Encyclopædia pour ressusciter les ventes ‘papier’ ! »

Tout laisse à penser que l’édition imprimée deviendra un objet de collection.

     Britannica 3 Britannica 2

 

 

 

J.G.

P.S. Newspaper advertisement :

FOR SALE BY OWNER. Complete set of Encyclopedia Britannica, 45  volumes. 
Excellent condition, $200 or best offer. 
No longer needed,  got married, wife knows everything. 

Cent raisons moins une !

  

Bienvenue a notre nouvelle contributeur, Caroline Smailes

Préface du blog :

Certains lecteurs aiment utiliser un cyberlivre, d'autres préfèrent toucher les feuilles du doigt. Mais le livre numérique présente deux avantages incontestés: d'abord, il se charge instantanément n'importe où, pourvu que l'on dispose d'un ordinateur ou de tout autre dispositif de lecture numérique; et ensuite, le lecteur qui voyage peut emporter autant de livres qu'il le désire, sous un minimum de volume et de poids. Mais la technique offre désormais une nouvelle possibilité, encore expérimentale, celle de choisir différentes versions d'un même livre. L'auteur britannique Caroline Smailes (Black Boxes, Like Bees to Honey, In Search of Adam) a ouvert de nouvelles perspectives à l'édition en offrant onze fins différentes à son livre 99 Reasons Why. Dans l'article qui suit, spécialement rédigé à notre intention, Madame Smailes a aimablement accepté de nous exposer la logique et la finalité de ce nouveau « service à la clientèle ». 

 

Cent raisons moins une !

Dans la narration d'une histoire, nous autres écrivains en arrivons toujours à un point où plusieurs fins sont possibles et, comme nous tenons la plume, sans doute sommes-nous mieux que quiconque à même de discerner celle vers laquelle le personnage va s'orienter. Ce que je veux dire, c'est que la fiction offre un certain nombre d'itinéraires possibles, mais que nous risquons de choisir celui qui a notre préférence. Le choix que nous faisons alors, nous autres écrivains, pourra même refléter nos propres états d'âme, notre vécu ou ce que nous croyons être le désir du lecteur. Nous réagissons, nous prenons cette importante décision, en fonction de la force du sentiment qui nous anime ce jour-là et à ce moment précis.

Le mot anglais de la semaine – crowdfunding

 

  Crowd-funding Crowfunding 1

 

Le mot crowdfunding veut dire, littéralement, « financement par la foule ». Il désigne la collecte de sommes, généralement modestes, provenant d’un public de sympathisants. C'est une pratique très répandue dans les domaines culturel, politique ou commercial.  Ainsi, le Président Obama, par exemple, mène actuellement sa campagne électorale en sollicitant des contributions (à partir de $3) de tous ceux qui figurent sur ses listes d’adresses numériques.

Le Congrès américain vient d'adopter une loi, The Jumpstart Our Business Startups (JOBS) Act,  et le Président l’a signée, qui permettra  à toutes les  petites affaires de vendre leurs actions par l’intermédiaire de la Toile, sans passer par la Bourse.

JOBS ACTJobs Act 2     
Le Président Obama signe le Jobs Act

Le crowdsurfing peut être indirectement lié à la conception d’une « grassroots campaign », expression que nous avons analysée dernièrement dans le cadre de notre article intitule «Le mot anglais de la semaine – astroturfing ».

Dans Wikipedia, la version française de l’article sur crowdfunding emploie l'expression « production communautaire » en précisant :

« Les expressions production communautaire, production participative ou financement participatif désignent l’application des méthodes combinées du crowdsourcing (expertise et production de contenu par la foule  et du crowdfunding (financement par la foule) à des projets de tous types (entreprise, production artistique ou culturelle, etc..). La mise en commun des apports individuels est facilitée aujourd’hui par le développement des réseaux sociaux et des communautés sur Internet. »

Le site FORBES, mis à jour au 30/03/2012, annonce que pendant les deux dernières années, le marché soutenu par le crowdfinancing a progressé de 32 millions de dollars pour atteindre 123 millions de dollars.

Lecture supplémentaire :

The Crowfunding Revolution – Social networking meets venture financing
iPeopleFINANCE

Crowd-Funding Industry Braces for Regulation, April 5, 2012
CFO Journal, Wall Street Journal

 

J.G. & J.L.

Qui a peur de la traduction automatique?

redigé par notre collaborateur, Robert Killingsworth,
traducteur financier français-anglais

 

Killingsworth photo
traduit de l'anglais par Danièle Heinen

 

Ma profession – traducteur indépendant (« freelance » ou « pigiste » selon les pays et n’exerçant pas dans le domaine littéraire) – est menacée, du moins si l’on en croit les rumeurs et les borborygmes de la blogosphère traduction.

Selon le commentaire du blog Translation Tribulations [1], le traducteur serait désormais prisonnier, condamné à la post-éditique de traductions produites par un système automatique (TA), payé de manière minable à la pièce, à des tarifs déterminés par l’utilisation qui sera faite du texte en langue cible, selon qu’il doive être simplement lisible ou parfait. Pire encore, le traducteur ne serait plus qu’un salarié, esclave chez un fournisseur de services linguistiques, alias agence ou cabinet de traduction. On se rappellera le travail à la chaîne dans le film de Charlie Chaplin, Les temps modernes. 

À la une : Modification législative de l’usage anglais en Californie

 

La législature de la Californie, s'alignant sur l'usage d’autres États de l'Union, vient de remplacer l'expression mentally retarded , jugée péjorative, par intellectually challenged dans la totalité des lois et règlements de l’État. 

En fait, les termes employés en anglais pour désigner les personnes mentalement retardées ont évolué bien avant cette initiative officielle. Selon le blog The Old Jarhead, ils ont suivi  la trajectoire suivante :

Moron/idiot  >             feeble-minded

Feeble-minded  >       retarded

Retarded  >                 mentally challenged

De même, et dans le souci d’être politiquement correct, ce qu’on appelait naguère  “lunatic asylum” ou « insane asylum », (ou encore, en argot : « cuckoo’s nest, loony bin, nuthouse etc.) s’appelle aujourd’hui « mental home/hospital » ou « psychiatric institution/hospital ».

Comme on le sait, les changements d'usage linguistique se font majoritairement dans le cadre d'un processus évolutionniste, sauf dans le cas des régimes totalitaires où l'on s'efforce d'imposer des changements dans le but d'enrégimenter les individus en influant sur leur façon de penser et de se conduire.

C'est  l'écrivain britannique, George Orwell  [1], qui,  dans son livre  "Nineteen Eighty-Four",  a inventé tout un vocabulaire appelé le Newspeak  (en français la « novlangue »), notamment Big Brother, doublethink, thought crime, etc. pour imposer une telle politique totalitaire.

1984

Dans le cas de la Californie  et d'autres États américains, il s'agit, heureusement, d'une démarche éclairée dans le but d'éviter la stigmatisation d'un groupe de personnes défavorisées.

Lecture supplémentaire  : Les bons mots de George Orwell