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L’invasion russe – aperçu langagier

L’article qui suit est inspire par un article paru dans le hebdomadaire américain, Newsweek. Il est rédigé par René Meertens, notre contributeur fidèle et auteur du Guide anglais-français de la traduction. René a été notre linguiste du mois de janvier 2019.

Ceci fait partie d’une série de textes que nous consacrons à l’actuelle invasion de l’Ukraine par la Russie (ainsi qu’à l’occupation de la Crimée en 2014). Les médias publient de nombreuses analyses politiques et historiques  sur ces questions, mais celles-ci ne portent guère, voire pas du tout, sur les aspects linguistiques de la crise internationale actuelle provoquée par la Russie. 

 

La Lettonie, pays qui faisait autrefois partie de l’Union soviétique et est aujourd’hui limitrophe de la Russie, pourrait prochainement limiter l’usage de la langue russe dans les lieux de travail, ce qui serait peut-être un coup dur pour Vladimir Poutine, selon le vice-Premier ministre de la Lettonie, Janis Bordans.

Ce dernier, qui est aussi le ministre de la Justice de son pays, a indiqué au site Delfi News que son ministère préparait une loi relative à la limitation du bilinguisme. Il a affirmé que « les conséquences à long terme de la russification sont telles que le recours parallèle au letton et au russe dans les communications quotidiennes, dans les bureaux et sur les autres lieux de travail était bien établi. »

LettonieDu fait de la législation en cours d’élaboration, la Lettonie pourrait s’éloigner encore davantage de la Russie et de son propre passé de république de l’URSS, dont l’éclatement a eu pour conséquence que plus de 25 millions de personnes de souche russe vivent en dehors de leur pays, selon le Wilson Center, qui a son siège à Washington. Cette prise de distance pourrait représenter un revers pour Poutine car, selon des informations diffusées par BelTA, l’agence de presse du Bélarus, Poutine et un important allié, le président du Bélarus Alexander Lukashenko, souhaitent placer la relation entre leurs deux pays à un niveau de coopération renforcée, grâce à une initiative qui rappelait l’URSS, et veulent inciter d’autres pays issus de l’ex-URSS à faire de même.

La loi portant restriction du bilinguisme réduirait la présence du russe dans les activités publiques en Lettonie. Bordans a déclaré à Delfi que « la société doit savoir qu’il convient d’utiliser le letton dans les relations d’affaires et la communication sur le lieu de travail. »

« Cette loi pourrait exclure le russe dans les conversations téléphoniques et les messages utilisé dans les communications bancaires, et avoir des effets sur l’attribution d’emplois requérant la connaissance du russe ou privilégiant les candidats russophones », a-t-il aussi déclaré.

« Il est nécessaire d’interdire l’utilisation d’une langue qui n’est pas une langue de l’Union européenne, en plus de la langue de l’État considéré lors de la vente de marchandises ou la prestation de services. Il se peut que le russe soit aussi exclu des communications téléphoniques et bancaires », a ajouté Bordans.

Ce n’est pas la première fois que la Lettonie a abordé le statut du russe dans la société. En février 2012, lors d’un référendum national, 75 % des Lettons ont voté contre l’adoption du russe comme seconde langue nationale, a indiqué la BBC.

Malgré cette forte opposition, des restrictions portant sur le russe pourraient avoir des effets sur une grande partie de la population. Environ 25 % de la population russe parlent principalement le russe, a indiqué Politico. 

La Lettonie, qui, contrairement à la Russie, est membre de l’Union européenne et de l’OTAN, a vivement critiqué l’invasion de l’Ukraine voulue par Poutine.

Le président de la Lettonie Egils Levits a condamné fermement la guerre que mène la Russie et n’a cessé de soutenir pleinement l’Ukraine.

Samedi, Levits a indiqué sur Twitter que la Lettonie avait cessé de délivrer des visas à des citoyens russes après l’invasion de l’Ukraine par la Russie et a affirmé qu’il « n’était pas politiquement ni moralement justifiable » que d’autres pays européens continuent de le faire.

Plusieurs jours avant que Bordans ne parle à Delfi d’éventuelles restrictions concernant le russe, le parlement letton, appelé « Saeima », a adopté une déclaration aux termes de laquelle les violences que la Russie aurait infligées à des civils ukrainiens constituaient des actes de terrorisme et faisaient de la Russie un État soutenant le terrorisme.

La Saeima a également demandé aux autres pays de l’Union européenne de cesser immédiatement de délivrer des visas touristiques et autres à des citoyens de la Russie et du Bélarus.

Lecture supplémentaire :

Madame Brink contre Monsieur Poutine

Annonce d’emploi sur un site ukrainien

Mots anglais liés à l'invasion russe – aperçu langagier

 

 

Réflexions zoologiques et linguistiques – aperçu personnel

Reene Meertens 2L'analyse qui suit a été rédigée par notre contributeur fidèle, René Meertens, linguiste du mois de janvier 2019 et auteur du Guide anglais-français de la traduction.

Cette fois-ci René partage avec nous ses intérêts zoologiques.

Le jardin qui entoure ma maison n’est pas une pelouse tondue deux fois par semaine, mais une friche urbaine. En d’autres termes, je ne l’entretiens pas, ce qui favorise la biodiversité. Divers animaux y ont élu domicile, pour l’essentiel des renards, des écureuils et des oiseaux.

Les renards

Ce sympathique animal qu’est le renard ne s’est pas toujours appelé ainsi en français. Jusqu’au XIIIe siècle, il était appelé « goupil », mot est dérivé du latin populaire « vulpiculus », lui-même dérivé du latin « vulpes ».  Ce mot a été détrôné par « renard » au milieu du XIIIe siècle en raison de l’énorme succès, en France et dans d’autres pays européens, du Roman de Renart, dont le héros était dénommé « Reinhart » ou « Reginhart » en ancien allemand.

Il y a quelques années, j’ai dû enterrer deux renards qui ont terminé leur vie chez moi, à un an de distance, sans que je sache pourquoi. Ont-ils été victimes d’un empoisonnement ?

Depuis quelques semaines, quatre renards vivent dans mon jardin, où ils ont repris un terrier à deux issues probablement creusé par l’un de leurs congénères des années plus tôt. Je vois souvent les renardeaux jouer devant la baie vitrée de mon bureau.

Dans notre quartier, les renards ont mauvaise réputation car, la nuit, ils déchirent les sacs-poubelles pour y trouver de la nourriture. Les autorités de la commune ont exigé des résidents qu’ils placent ces sacs dans des poubelles en dur.

En anglais, renard se dit « fox » et renarde, « vixen ». Cependant, ce dernier mot peut aussi désigner une mégère ou une bombe sexuelle de sexe féminin. Quant à l’adjectif « foxy », il s’utilise pour qualifier une personne physiquement attirante. [1]


RENE Fox

Pour vivre heureux, vivons cachés

Photo: René Meertens

 

Les écureuils

Les écureuils sont très agiles. On les voit rarement à l’arrêt et ils sont trop vifs pour se laisser photographier. White squirrel

Celui qui cultive des légumes doit s’attendre à devoir les partager avec ces bestioles.

En anglais, écureuil se dit « squirrel ». Un genre particulier d’écureuil, le spermophile, se dit « gopher » ou « ground squirrel » en anglais. « Gopher » désigne aussi d’autres animaux et, souvent orthographié « gofer », un garçon de course ou, avec une majuscule initiale, dans le domaine d’Internet, un gopher ou protocole de navigation et de récupération de documents (Jacques Hildebert, Dictionnaire de l’anglais de l’informatique). Dans ce dernier sens, il semble que ce terme soit tombé en désuétude.

 

Les chats

Des chats me rendent souvent visite dans mon jardin, mais ils ne font que passer. Ils sont tous farouches et on ne peut les caresser sans risquer un coup de griffe. Ils sont amateurs de restes de poisson.

Bien que ces chats soient, je pense, habitués à l’humain, ils ne se laissent pas approcher. Je l’ai appris à mes dépens quand le chat noir aux extrémités de patte blanches m’a griffé. J’ai souvent attiré les chats en posant sur une assiette des restes de poissons qui, sinon, risquent de vite sentir mauvais dans le sac-poubelle. Certains oiseaux se servent aussi.

RENE Cat 1

Le vrai maître ici, c’est moi

Photo: René Meertens

 

Les hérissons


Jacquie-bridonneauN’ayant pas de hérissons dans mon jardin, j’ai demandé à Jacquie Bridonneau d’en parler. Voici ce qu’elle nous en dit.

Venant du Wisconsin où il fait très froid en hiver, je n’ai personnellement jamais vu d’hérissons quand j’étais plus jeune.  Ce n’est que lors de mon déménagement en Normandie que j’ai eu le plaisir de rencontrer cette petite bête, l’ami des jardiniers.  Depuis, je fais tout pour les attirer chez moi, et cela marche.

Tous les soirs une demi-gamelle de croquettes pour chien, ils semblent préférer cela aux croquettes pour les chats, sans oublier une gamelle d’eau juste à côté.  Le matin, plus de croquettes, et l’eau a bien diminué. Ils ne sortent que la nuit, donc si vous voyez un hérisson en journée, c’est qu’il est malade.  Ils ont le surnom d’ami des jardiniers, car ils mangent beaucoup de nuisibles : pucerons, limaces, escargots etc. Chaque hérisson a sa petite personnalité, il y en a qui n’ont pas du tout peur quand on les prend (en faisant attention, ils piquent quand même !) et qui au contraire sont curieux de savoir ce qui se passe dans une maison.  D’autres se roulent en boule, on ne voit ni queue ni tête, d’autres font de petits bruits.  Au début du printemps ils n’ont ni tiques ni puces, cela semble venir plus tard en été, les pauvres.  Je retire les tiques quand j’en vois avec un tire-tique.

Le hérisson est un mammifère, les mamans les nourrissent de leur lait et restent à côté quand ils sont petits. Les hérissons hibernent en hiver, mais avant ils mangent tout ce qu’ils trouvent pour s’engraisser et survivre pendant le froid. 

Mais surtout ils sont inoffensifs pour l’homme et tellement mignons !

En anglais, hérisson se dit « hedgehog », c’est-à-dire « cochon des haies », pour des raisons assez obscures. La dénomination française est descriptive et met en évidence le moyen de protection de cet animal, hérissé de piquants.

 

Les taupes

Ces insectivores n’ont pas bonne réputation car ils vivent sous terre, où ils creusent des galeries. Je n’en ai pas chez moi. Ils sont la terreur des propriétaires de terrains de golf. Au sens figuré, une taupe (« mole » en anglais) est une personne, en particulier un espion, qui travaille dans une organisation pour récolter des informations qu’elle transmet à un ennemi de cette dernière. Un des romans de John Le Carré s’intitule La taupe (en anglais Tinker, Tailor, Soldier, Spy, allusion à la comptine Tinker, Taylor).

Eastern-mole

Les tortues

Enfant, j’avais un jardin fréquenté par quelques tortues. Tortue se dit « tortoise » en anglais, mais « turtle » pour les tortues marines.

 

Tortoise_

Galapagos-giant-tortoise-

[2] & [3]

Les oiseaux

Je recense en particulier les pigeons, les corneilles et les pies. Ils déchirent les sacs-poubelles pour se nourrir. Un jour, j’ai entendu un remue-ménage dans mon insert. J’ai libéré une pie et découvert un pigeon mort. Les deux volatiles étaient certainement tombés par la cheminée. J’ai eu le plus grand mal à laisser sortir la pie, qui semblait ne pas comprendre pourquoi elle ne parvenait pas à traverser la vitre.

Les oiseaux se disputent parfois entre eux, ce qui produit un vacarme désagréable.

2 humingbirds

RENE birdComment sortir d’ici ?
Photo: René Meertens

Les escargots et les limaces

Ma maison est précédée d’une allée en pierre d’une bonne dizaine de mètres. A la belle saison, pour peu qu’il ait plu, les escargots et les limaces se rassemblent sur cette allée, ce qui m’oblige à faire des acrobaties quand je sors ou rentre pour ne pas les écraser, ce qui arrive cependant de temps en temps. Mes escargots sont petits et jaunes.

Snail


S’il vous plaît, ne m’écrasez pas !

Photo: René Meertens


Les insectes

Si les papillons animent agréablement mon jardin, les fourmis me plaisent moins. Il y a un an environ, j’ai découvert une fourmilière dans la partie arrière du jardin. Ces insectes peuvent envahir une maison et il est alors difficile de s’en débarrasser. Il me semble que mes fourmis ont changé de domicile.


 

  Insects 2  

NDLR:

[1] Un rénard a réussi a se glisser dans l'enclos des flamants roses du zoo de Washington. Ces oiseaux étaient tres vulnérables car leurs gardiens leur rognent les ailes pour les empêcher de s'envoler. Vingt cinq d'entre eux sur soixante-quatorse ont malherusement peri.

JG[2] Il ne faut pas confondre votre blogueur fidèle avec un Jonathan encore plus ancien – la tortue (âge de 190 ans aujourd'hui, l'animal le plus âgé du monde dont l'âge est connu), en confinement sur l’île de Sainte Hélène, comme Napoléon Bonaparte autrefois. Les deux (Jonathan et Jonathan, non Jonathan et Napoléon)  se sont rencontrés lors d’une visite de l’île effectuée par votre blogueur.
Voir le reportage : https://bit.ly/39091qe

[3} D'après le site ThoughtCo.com, etablir une distinction entre « turtles » et « tortoises » est une question tout autant linguistique que biologique. Aux États-Unis, turtles désigne généralement les deux espèces alors qu'au Royaume-Uni, turtles désigne spécifiquement les tortues d'eau douce et les testudinidés (la famille animale qui englobe les tortues aquatiques et terrestres). De manière générale, le mot tortoise s'applique aux testudinidés qui vivent sur terre, tandis que turtle est plus communément réservé aux espèces qui vivent en mer ou dans les cours d'eau. En outre, la plupart (mais non la totalité) des tortoises sont végétariennes, alors que la plupart (mais non la totalité) des turtles sont omnivores, se nourrissant à la fois de végétaux et d'animaux.

Lectures supplémentaires :  

The Dogs of War -  expression inventée par Shakespeare

Arrêtons d'avoir d'autres chats à fouetter (pour rendre des expressions « végétaliennes »)

Le parc de Yellowstone – un aperçu géographique, historique, zoologique et linguistique

 

Mots anglais liés à l’invasion russe – aperçu langagier

Balaclava : du passe-montagne au masque 

L’article qui suit est rédigé par René Meertens, notre contributeur fidèle et auteur du Guide anglais-français de la traduction, dont une nouvelle édition (2021) vient de paraître.  René a été notre linguiste du mois de janvier 2019.

Ceci est le premier d’une série de textes que nous avons l’intention de consacrer à l’actuelle invasion de l’Ukraine par la Russie (ainsi qu’à l’occupation de la Crimée en 2014). Les médias publient de nombreuses analyses politiques et historiques [1] sur ces questions, mais celles-ci ne portent guère, voire pas du tout, sur les aspects linguistiques de la crise internationale actuelle provoquée par la Russie. Nous espérons que nos lecteurs apprécieront notre contribution au débat.

 

  Rene Meertens 2 Guide  

 


Balaclava 1Le mot anglais balaclava est traduit par le Robert & Collins Super Senior par passe-montagne, mot défini par le Petit Robert comme suit : Coiffure de tricot qui enveloppe complètement la tête et le cou, ne laissant que le visage découvert. Le mot voisin cagoule est défini par le même dictionnaire comme suit : Passe-montagne, porté surtout par les enfants. On pourrait ajouter « et par les malfaiteurs qui ne souhaitent pas être identifiés quand ils commettent des forfaits ».
Balaclava 3
Selon le dictionnaire Encarta, le / la balaclava est une sorte de grand bonnet couvrant la tête et le cou, laissant à découvert une partie du visage, généralement les yeux et le nez. Ce dictionnaire indique également l’origine de ce terme, le village de Balaklava, en Crimée.

Balaclava town Balaclva map_of_crimea
Le village de Balaclava               Balaclava
sur une carte de la Crimée

L’article « Crimée » du Petit Mourre nous en apprend davantage. Cette péninsule de la côte septentrionale de la mer Noire fut intégrée à la république socialiste soviétique de Russie à l’issue de la guerre civile qui suivit la révolution de 1917.

Nikita Khrouchtchev fut nommé premier secrétaire du Parti communiste en Ukraine en 1938, avec pour mission principale de réduire le nationalisme ukrainien. En 1954, sous Khrouchtchev [2] , la Crimée fut rattachée à l'Ukraine. [3]  En 1995, la Russie a reconnu officiellement l’appartenance de la Crimée à l'Ukraine. En 2014, la Russie a occupé et annexé la Crimée.

Remontons dans le temps jusqu’à la guerre de Crimée. Elle mit la Russie aux prises, de 1853 à 1856, avec quatre pays : la France, la Grande-Bretagne, l’Empire ottoman et le royaume du Piémont. Ses origines sont multiples : la volonté de la France et de la Russie de protéger les Lieux saints, chacune pour ses propres coreligionnaires, le souhait de la Russie de passer librement par les détroits et de démembrer l’Empire ottoman et l’hostilité de l’Angleterre à l’égard de l’expansionnisme de la Russie en Europe. La guerre fut centrée sur la Crimée.

La Russie subit deux défaites, à Balaklava et à Inkerman (1854), mais surtout dut abandonner la forteresse de Sébastopol en 1855. Le tsar Alexandre II fut obligé de signer le traité de Paris (1856), qui prévoyait la neutralisation de la mer Noire, la liberté de navigation sur le Danube, et l’autonomie de la Moldavie, de la Valachie et de la Serbie.

Balaclava 2

Un soldat suedois portant un balaclava

Mais quel est le rapport entre le mot balaclava et le passe-montagne qu’il désigne en anglais ? Sans doute le fait que cette coiffure était portée par les fantassins lors de la guerre de Crimée. Pour faire le siège de Sébastopol, les Britanniques s’installèrent à Balaklava, un port de Crimée où ils se trouvaient à l’étroit et ne pouvaient manœuvrer que difficilement, tandis que les Français s’établirent sur la baie de Kamiech. Ce siège dura onze mois. Les Russes tentèrent de briser l’encerclement, mais ils furent repoussés à Balaklava et à Inkerman. En somme, si Balaklava laissa son nom dans l’histoire, cela est dû à une erreur de stratégie des Britanniques.

On peut conjecturer que les fantassins français portaient, eux, des cagoules, mot qui, en plus de son sens littéral, a une signification particulière en français. C’était en effet le surnom donné par l’Action française au mouvement d’extrême droite Comité secret d’action révolutionnaire, actif de 1936 à 1940 : la Cagoule. Ses membres étaient appelés « cagoulards ».

Pour leur part, les membres du Ku Klux Klan, organisation raciste aux Etats-Unis portaient eux aussi une cagoule, mais Balaclava - Klu Klux Klan de couleur blanche, alors que la cagoule traditionnelle a généralement une couleur foncée. Le Ku Klux Klan fut fondé en 1865 et a pratiquement disparu de nos jours, si l’on exclut quelques nostalgiques. Le costume des membres comprend une longue robe, et leur visage est masqué par une cagoule pointue qui comporte uniquement deux ouvertures pour les yeux. Les Klansmen ne peuvent être reconnus et sont effrayants.

La cagoule se rapproche ainsi du masque, qui a souvent les deux mêmes fonctions : dissimuler les traits et terroriser. Ainsi, dans le film Scream, une innocente jeune fille, incarnée par Neve Campbell, est poursuivie par un homme masqué et armé d’un poignard. La malheureuse pense plusieurs fois avoir échappé au tueur mais celui-ci réapparaît sans cesse sous ses dehors effrayants.

Balaclava - Greek masks.jpgLe masque n’est pas un nouveau venu dans le monde du spectacle. Dans le théâtre de la Grèce antique, les acteurs étaient masqués. Le masque servait à exprimer de façon exagérée les émotions des personnages. Il était loisible à un acteur d’incarner successivement plusieurs personnages en changeant de masque. De plus, comme les femmes n’étaient pas admises sur scène, les acteurs pouvaient porter des masques féminins.

Le théâtre japonais comporte un très grand nombre de formes. Le gigaku était un genre consistant en drames dansés Balaclava Japanese mask d’origine coréenne utilisant des masques. Il s’agissait de farces. En fait, de nos jours, on les connaît principalement par leurs masques, appelés gigaku-men, qui étaient des masques en bois colorés. Ils couvraient la tête entière et avaient des expressions souvent comiques.

La pièce de no quant à elle est représentée par un acteur principal et un acteur assistant, qui peuvent être masqués, et d’autres acteurs, non masqués. Dans ce cas également, les personnages féminins sont joués par des hommes. On utilise des masques issus du gigaku. « Certains d’entre eux avaient une mâchoire inférieure mobile. Ils représentent pour la plupart des divinités indiennes » (Louis Frédéric). Un musée en possède 223, taillés dans du bois de camphrier.

Peu de gens savent que des masques sont utilisés dans des films d’action. Quand une scène est acrobatique, l’acteur censé la jouer est souvent remplacé par un cascadeur qui porte un masque en silicone qui reproduit assez fidèlement les traits de l’acteur.

Le masque atteint son point de perfection grâce au deepfake (mot-valise composé de deep learning et de fake). Cette technique permet notamment de reproduire le visage d’une personnalité connue et de lui faire dire n’importe quoi grâce à un imitateur. Il est ainsi possible de représenter un Premier ministre avouant qu’il passe son temps à tromper le peuple. Dans un registre plus drôle, Nicolas Canteloup utilise le deepfake pour brocarder ses têtes de Turc sur TF1 vers 21 heures.

Le président Zelensky a été victime d’une tentative de tromperie reposant sur le deepfake. Dans la vidéo qui suit, un faux Zelensky exhorte les militaires ukrainiens à déposer les armes. Voici l’avis d’un expert, selon lequel le montage n’est pas convaincant : « Le corps ne ressemble pas à celui de Zelensky, son cou n’est pas celui de Zelensky. La voix n’est pas celle de Zelensky et son visage semble un peu bizarre. »

 

 

Sources :

Robert & Collins Super Senior
Encarta World English Dictionary
Petit Robert
Encyclopedia Universalis
Petit Mourre, Dictionnaire d’histoire universelle
Wikipedia
Louis Frédéric, Le Japon, Dictionnaire et civilisation

[1] Le mot français « historique » peut se traduire de deux façons en anglais : historical et historic. Le premier de ces deux termes signifie « à caractère historique » (un roman historique, par exemple), tandis que le second met l’accent sur la portée historique d’un événement (réforme historique, par exemple).

[2] Mark Polizzotti. Why Mistranslation MattersWould history have been different if Krushchev had used a better interpreter?N.Y.T. 28/06/2018

L'histoire aurait-elle été autre sans certaines traductions erronées ?
Traduit d'un article paru dans le New York Times

[3] Je me souviens qu’un collègue russe m’a dit, il y a une vingtaine d’années, que cette décision était incompréhensible. R.M.

Lectures supplémentaires

Behold the balaclava: Why a 19th-century army accessory has taken over social media
CNN December 28, 2021

 

Le mot anglais de l’année 2021, selon le dictionnaire d’Oxford : vax

L'analyse qui suit a été rédigée par notre contributeur fidèle, René Meertens, linguiste du mois de janvier 2019 et auteur du Guide anglais-français de la traduction, dont une nouvelle édition (2021) vient de paraître. 

VAX Word of the Year Rene Meertens Guide

Vers la fin de chaque année, les éditeurs de plusieurs dictionnaires anglo-saxons désignent le « mot de l’année ». [1] C’est l’épidémie de covid-19 qui a fait du mot vax le mot de l’année 2021 pour Oxford Languages, éditeur de l’Oxford English Dictionary. « Le mot vax  s’est injecté plus qu’aucun autre dans les veines de la langue anglaise en 2021 », indique cet éditeur dans un communiqué de presse.

Il ne s’agit pas d’un mot nouveau, puisque son apparition date des années 1980 selon le New York Times. Son utilisation dans la presse a cependant augmenté de façon exponentielle pendant l’année écoulée en raison de l’épidémie de covid-19.

VAX Edward_JennerRemontons un peu dans le temps. Le père de la vaccination est Edward Jenner (1749-1823). C’est le 14 mai 1796 qu’il a expérimenté le vaccin contre la variole.

Dès leur invention, les vaccins se sont heurtés à une vive opposition dans certains milieux, comme en témoigne une lettre de 1812 d’Edward Jenner :

« The Anti-Vacks are assailing me … with all the force they can muster in the newspapers » (Les anti-vaccins m’attaquent dans les journaux avec toute l’énergie dont ils sont capables.)

Le mot vaccine (vaccin) est entré dans la langue anglaise en 1799, et ses dérivés (to) vaccinate (vacciner)  et vaccination (vaccination) sont apparus en 1800. Ont suivi peu de temps après vaccinator (vaccinateur), vaccinist (partisan de la vaccination), anti-vaccinist (adversaire de la vaccination),  anti-vax (anti-vaccin),  anti-vaccination (mouvement contre la vaccination) et unvaccinated » (non vacciné). Les mots  vaccinationist (partisan de la vaccination) et anti-vaccionist (adversaire de la vaccination) datent quant à eux du milieu du XIXe siècle.

L’abréviation vax est une forme familière du mot  vaccine  ou  vaccination, mais peut aussi être un verbe :  to vax signifie « vacciner ».

VAX - double vaxxedDes dérivés de cette abréviation (tous familiers) se sont aussi imposés à l’attention des lexicographes. Ce sont des participes passés ou des adjectifs : vaxxed  (vacciné), unvaxxed  (non vacciné) et double- VAX - Relaxvaxxed  (ayant reçu deux doses du vaccin). Ils sont surtout utilisés aux Etats-Unis et en Australie, mais s’observent de plus en plus dans les médias britanniques.

Ces mots se caractérisent par le doublement atypique de la lettre  « x », que l’on ne retrouve pas dans le pluriel de mots tels que box ou tax.

D’autres néologismes ont été créés : vaxxie  (selfie d’une personne se faisant vacciner),  vaxinista » (personne qui montre qu’elle est vaccinée en sortant beaucoup et en voyageant).

VAX inoculatiLes néologismes vaccinaux ne sont limités que par l’imagination de leurs auteurs. Oxford mentionne aussi les inoculati (inoculés), sur le modèle de literati, terme latin qui désigne en anglais les personnes cultivées qui s’intéressent à la littérature. Citons encore  halfcinated  (ayant reçu une des deux doses requises pour une vaccination complète) et fullcinated (entièrement vacciné).

Un vaccine resister est un réfractaire au vaccin. VAX no-vax

VAX vax-a-thonUne campagne de vaccination de masse à Philadelphie a été baptisée vax-a-thon. Ce néologisme s’est répandu au Canada et en Nouvelle-Zélande.

L’expression Fauci ouchie  (notez la rime interne) signifie vaccination.  Anthony Fauchi est un VAX Fauci Ouchie immunologue américain très médiatisé, tandis que ouchie  est un dérivé de l’interjection ouch (aïe).


La crise sanitaire met en évidence d’autres mots : variant (variant), wave  (vague), lockdown  (confinement), working from home et home-working  (télétravail).

Les pays francophones se sont montrés créatifs dans le domaine des mots de la vaccination et de la lutte contre le coronavirus. Le plus beau mot est sans doute « jauge », qui désigne le nombre de personnes qui peuvent se rassembler dans un lieu donné (restaurant, bar, centre commercial, salon de coiffure, funérarium, salle de mariage, musée, centre de fitness, salle de spectacle, etc.). Le néologisme le plus répandu est « vaccinodrome » (en anglais vaccination center), construit sur le modèle d’hippodrome (grec « dromos », champ de courses). Il désigne un vaste centre de vaccination. L’adjectif « primo-vacciné » désigne pour sa part une personne qui a reçu la première dose d’un vaccin. Si elle a reçu les deux doses requises, elle a un « schéma vaccinal complet ». La couverture vaccinale (immunization coverage) est la proportion de personnes vaccinées. On parlera aussi d’efficacité vaccinale et de défiance vaccinale.

VAX  MobileVaccinesSi vous n’allez pas vers le vaccin en vous rendant dans un vaccinodrome, le vaccin viendra à vous, dans un « vaccibus » (mobile vaccination unit en anglais).

Une vaccination complète permet normalement d’obtenir un « pass sanitaire », sésame exigé pour la participation à certaines activités ou l’accès à certains lieux.

Il est aussi question de « panachage vaccinal » (fait d’injecter des vaccins de laboratoires différents à une même personne), de « parcours vaccinal », de « schéma vaccinal complet » et d’« obligation vaccinale » (vaccine mandate), très impopulaire dans les Antilles, notamment.

I VX herd immunitydéalement, la vaccination permettrait d’atteindre l’immunité de groupe (herd immunity), qui entraîne une faible circulation du virus et, idéalement, sa disparition progressive. Elle peut être difficile à obtenir si, à la suite d’une mutation, le virus se transmet plus facilement, ce qui est le cas du fameux variant Delta. Le tout dernier variant est Omicron, découvert en Afrique australe. Initialement appelé « B.1.1.529 », Omicron a surgi dans la province de Gauten (Afrique du Sud). On craint qu’il ne contourne la protection vaccinale. On obtiendrait alors des breakthrough infections, des infections qui laissent les vaccins plus ou moins impuissants.

VAX - booster shotsLa majorité des vaccins doivent être injectés deux fois. Au fil du temps, leur efficacité diminue, ce qui nécessite l’injection d’une troisième (ou deuxième) dose, dite « dose de rappel » ( booster shot ).

Il n’est pas nécessaire d’injecter une dose de rappel en utilisant le vaccin initial. On peut recourir à une mix-and-match strategy (stratégie de panachage), par exemple en injectant un vaccin Pfizer à une personne qui a reçu initialement le vaccin Janssen.

Ainsi, les personnes ayant reçu un vaccin Janssen auxquelles on injecte une dose de rappel du même vaccin présentent-elles un taux d’anticorps quadruplé. En revanche, après l’injection initiale du vaccin Jansen, un rappel effectué au moyen du vaccin Pfizer multiplie le taux d’anticorps par 35 et un rappel réalisé à l’aide du vaccin Moderna multiplie ce taux par 76.

VAX - get vaxxedS’il ne fait pas l’unanimité, le slogan Get vaxxed ! est populaire. Même les chefs de gangs néozélandais sont d’accord, comme nous l’apprend un article du Guardian.

'Get vaxxed': New Zealand gang leaders unite to urge community to get vaccinated – video | World news | The Guardian

[1] Le choix d'autres dictionnaires :

Dictionary.com : Allyship;
Cambridge University : perseverance
Collins Dictionary: NFTs (non-fungible tokens)
—————–

Par le meme auteur :

Vers un vaccin contre la Covid-19

 

Lectures supplémentaires :

Vax — Oxford Dictionary's Word of the Year
Washington Post

Les mots anglais qui ont fait la une en 2020 – quarantine, lockdown, pandemic

Parler en anglais pourrait propager plus de coronavirus que ne le font certaines autres langues

 

 

Termes français utilisés dans les restaurants et les cuisines des États-Unis

L'analyse qui suit a été rédigée par notre contributeur fidèle, Rene Meertens, linguiste du mois de janvier 2019 et auteur du Guide anglais-français de la traduction, dont une nouvelle édition (2021) vient de paraître. 

Rene Meertens Guide

Si vous vous rendez dans un restaurant aux États-Unis ou visitez les cuisines de ce pays, vous pourriez avoir des surprises, car certains mots n’ont pas la même signification des deux côtés de l’Atlantique.

Le serveur vous donnera la carte, qu’il appellera « menu ». Or, en français, un menu est une liste de plats à prix fixe.

Si vous voulez commander une entrée, n’utilisez pas ce mot, car il désigne aux États-Unis le plat principal. Vous souhaitez sans doute « an appetizer ». Mais n’hésitez pas à demander un hors-d’œuvre : vous serez compris. En France, le hors-d’œuvre est généralement servi avant l’entrée. Il en va de même aux Etats-Unis.

Les Américains connaissent aussi les canapés.

Un « crudité platter » est une assiette de crudités.

Si vous désirez un apéritif, vous pouvez utiliser ce dernier mot, même si en anglais il n’y a pas d’accent sur le « é ».

Si vous voulez des tripes, ne commandez pas ce que les Anglo-Saxons appellent « tripe », qui signifie selon Merriam-Webster «  stomach tissue especially of a ruminant (such as an ox) used as food ».

Une « French dressing » n’est pas un dressing français, mais une vinaigrette.

Un martini n’est pas un vermouth mais un cocktail à base de gin et de vermouth blanc.

Si le repas vous a semblé délicieux et que souhaitez emporter les restes, demandez un « doggy bag », même si vous n’avez pas de chien.

Passons à quelques termes culinaires.

Le verbe to sauter ou to saute signifie «  sauter ». Du « sautéed calf liver » est du foie de veau sauté.

Le « roast beef au jus » est un sandwich couramment servi.

L’apple pie à la mode est une part de tarte aux pommes avec une boule de glace à la vanille.

Pour terminer, mentionnons quelques mots et expressions français utilisés aux États-Unis :

bechamel, roux, petit-four, vol-au-vent, au gratin, chicken liver pâté, pork rillettes, pâté de campagne, filet mignon, Béarnaise sauce, Sauce Lyonnaise, herbed beurre blanc, mustard-laced vinaigrette, court bouillon, crème brûlée, macaron.

Certains des mots et expressions qui précèdent m’ont été communiqués par Laurence Murphy et Anne Dobigeon. D’autres proviennent de Joy of Cooking, de Irma Rombauer, Marion Becker, Ethan Becker, John Becker et Megan Scott.

Lectures supplémentaires sur des thèmes culinaires :

The Language of Food – recension

Note culinaire, présidentielle et linguistique

Carmella Abramowitz Moreau – linguiste du mois de février 2019 – un entretien à savourer 

À la une - Les oies californiennes fêtent encore une fois une décision judiciaire en leur faveur

The Edible Monument : The Art of Food for Festivals

Langue PLUS Cuisine : Stages linguistiques pour adultes

 

 

Le terme anglais nitty-gritty a-t-il des origines esclavagistes?

Le mot anglais « nitty-gritty » est, en linguistique anglaise, un exemple de rhyming reduplication (redoublement rimé), à l’instar de namby-pamby, hanky-panky, wee-wee, okey-dokey, boogie-woogie ou ship-shape.

L’Oxford English Dictionary (OED) définit nitty-gritty comme suit : « The fundamentals, realities or basic facts of a situation or subject. The heart of the matter. » (Les éléments fondamentaux, les réalités ou les faits essentiels d’une situation ou d’une question. Le vif du sujet.)

  Nitty-gritty 1  

Fin 2020, un auditeur de la BBC s’est plaint parce que Laura Kuenssberg, journaliste politique primée, avait utilisé ce terme. Selon lui, ce dernier est raciste, fondé sur la traite des esclaves. Les producteurs de l’émission ont rejeté sa plainte. Cependant, cet auditeur a persisté et sa réclamation est remontée jusqu’aux responsables du service des réclamations, qui ont soutenu la décision des producteurs et ont donc écarté l’objection.

On peut lire dans The Phrase Finder, un site Web réputé, ce qui suit : [https://www.phrases.org.uk/meanings/nitty-gritty.html]

« … il a été affirmé que « nitty-gritty » est un terme péjoratif qui renvoie à la traite des esclaves pratiquée par les Anglais au XVIIIe siècle. […] Il désignerait des débris sans importance qui restaient dans le fond de la cale d’un navire une fois que les esclaves avaient été débarqués, et ce sens aurait été étendu aux esclaves eux-mêmes.

Rien ne permet de dire que « nitty-gritty » ait un lien avec les navires utilisés pour le transport d’esclaves. Ce mot a probablement été forgé par des Afro-Américains, mais il s’agit là du seul lien avec l’esclavage. Il n’est attesté dans des textes imprimés qu’à partir des années 1930, longtemps après la disparition des navires de transport d’esclaves, et près de cent ans après l’abolition de l’esclavage.

  Slave Ships - Slave Ships (History Today).jpgSource : History Today  

Il a aussi été affirmé que « nitty-gritty » désigne des poux (aussi appelés « nits ») ou du maïs moulu (aussi appelé « grits »), mais ici encore ces hypothèses ne reposent sur aucune preuve solide.

Cependant, The Scotsman, dans son édition du 26 janvier 2021, prend une position différente :

« De nombreuses publications font état d’un manque de preuve d’utilisation de ce mot pendant la période de l’esclavage pour écarter tout lien avec la traite des esclaves, mais il n’est pas difficile de voir qu’il désignait autrefois des débris se trouvant dans un navire transportant des esclaves.

Le mot « nit » désigne la lente d’un pou, insecte qui pullulait dans les mauvaises conditions dans lesquelles les esclaves étaient transportés.

Et, aux Etats-Unis, « grits » désigne une céréale grossièrement moulue, ce qui devait être une nourriture bon marché tout juste capable de sustenter des esclaves pendant leur longue traversée de l’Atlantique.

Des lentes de poux et des céréales moulues se trouvaient presque certainement dans le fond de la cale d’un navire de transport d’esclaves.

The Scotsman poursuit :

« Nitty-gritty » n’est pas le seul mot apparemment anodin d’origine raciste ou sexiste.

La prochaine fois que vous qualifiez quelqu’un d’ « uppity » (présomptueux), [1] vous utiliseriez un terme à connotation raciste : pendant la période de ségrégation, des sudistes racistes auraient employé ce mot pour désigner des Noirs « qui n’acceptaient pas leur condition socioéconomique inférieure », selon The Atlantic.

Nitty-grittyL’expression « rule of thumb » (qui signifie littéralement « règle du pouce », mais désigne en fait une « règle empirique ») proviendrait d’une ancienne loi anglaise qui autorisait un homme à battre sa femme à l’aide d’un bâton à condition que ce dernier ne soit pas plus épais que son pouce.

Il est même soutenu que l’expression « hip hip hooray » (hip hip hip hourra) a un relent antisémite. On pense que les Allemands lançaient l’interjection « hep hep » (qui sert à rassembler le bétail dans leur langue) lorsqu’ils faisaient sortir de force des juifs de leurs habitations lors de manifestations au XIXe siècle.

[1] Le substantif one-upmanship (ou upmanship), en revanche, décrit l'acte d'une personne qui fait de la surenchère sur les autres. (Voir : " Manship, suffixe anglais à tout faire"). 

Jonathan Goldberg.
Traduction (anglais>français) : René Meertens

BloggerVotre blogueur fidèle est traducteur et interprète assermenté auprès du Judicial Council of California (hébreu/anglais, français/anglais). Il a vécu sur quatre continents et a passé un an à Paris, où il a obtenu un diplôme en Civilisation française de la Sorbonne – un cas de opsimathie, vu le fait qu'il n'a jamais appris le français à l'école ni pendant ces années d'études précédentes en droit.  Il a été membre du Barreau d'Afrique du Sud et du Barreau d'Israël. Il a traduit en anglais RÉVOLUTION d'Emmanuel Macron. Il ne faut pas le confondre avec un autre Jonathan encore plus ancien – la tortue (âgée de 188 ans) en confinement sur l'île de Sainte Hélène  (comme Napoléon autrefois). [*]  Les deux (Jonathan & Jonathan, non Jonathan & Napoléon) se sont rencontrés lors d'une visite de l'île effectuée par votre blogueur. Voir le reportage : https://bit.ly/2KS6Wxe

Lecture supplémentaire :

Liverpool’s Slave Trade Legacy
History Today, March 3, 2020

 

“We’re going to walk down to the Capitol”

 

L'analyse qui suit a été rédigée par notre contributeur fidèle, Rene Meertens, linguiste du mois de janvier 2019 et auteur du Guide anglais-français de la traduction, dont une nouvelle édition (2021) vient de paraître. 

Rene Meertens Guide

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Capitol 0 Capitol 2 Capitol 19

Le 6 janvier 2021, à l’instigation de Donald Trump (« Nous allons nous rendre au Capitole »), des milliers d’émeutiers ont marché sur le bâtiment du Congrès et y ont fait irruption, chassant députés et sénateurs.

  Capitol Picture15

 

Le Capitole (« Capitol » en anglais) est le bâtiment qui abrite le Congrès, c’est-à-dire la Chambre des représentants et le Sénat. Le mot « capitol » (souvent sans majuscule) peut aussi désigner le bâtiment occupé par l’assemblée législative d’un État fédéré des États-Unis. Selon Wikipedia, c’est Thomas Jefferson qui aurait choisi cette dénomination, sans que l’on sache pourquoi, si ce n’est que cet immeuble fut construit sur une petite colline.

Ce mot provient du latin « Capitolium », l’une des sept collines qui entourent Rome, sur laquelle se trouvait le temple de Jupiter Capitolin et la citadelle de la ville. Le Capitole était le centre de la vie politique et religieuse. D’autres villes ont désigné sous le même nom « leurs citadelles ou leurs temples les plus magnifiques » (Félix Gaffiot).

  Capitol 8  

Le mot latin provient de « caput » (tête), car le Capitole était la principale des collines et le lieu le plus en vue de la ville (F.E.J. Valpy). Le mot « caput » est à l’origine d’un grand nombre de mots français (chef, capiteux et capital, par exemple).

Le président élu Biden a invité Trump à s’exprimer à la télévision « to demand an end to this siege », pour exiger de ses partisans qu’ils mettent fin à cette occupation. De même, le Times de Londres a titré plus tard « Congress confirms Joe Biden’s victory after siege of Capitol ». Il s’agit bien d’une occupation et non d’un siège, même si, selon les dictionnaires, le mot anglais siege  a le même sens que le mot « siège » en France. L’usage lui en donne un autre.

Je me souviens d'avoir traduit en 2004 un texte sur l'occupation de l'école de Beslan (Russie) par des terroristes. A cette occasion aussi, il fut question du « siege of Beslan ». Mais les terroristes ne faisaient pas le siège de l’école : ils se trouvaient à l’intérieur, où ils retenaient plus d’un millier d’otages.

  Capitol 11  

Cela illustre le décalage qui existe entre les dictionnaires et l’usage. Cela résulte parfois, comme dans ce cas, de la transformation du sens d’un mot en son contraire.

Quant à « Democracy under siege », ce titre peut à la rigueur se traduire littéralement, car le mot est utilisé dans un sens figuré (« La démocratie en péril » conviendrait sans doute mieux).


Capitol 7

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diffusion audio: Épisode :Insurrection au Capitole : le populisme américain a-t-il dit son dernier mot ?

Notes du blog :

Dans un autre contexte (la situation chaotique régnant au Parlement de Londres au debut de 2019), nous avons publié le passage qui suit :

« Après notre publication récente d'un article intitulé « Shambles, mayhem, bedlam – Londres, Paris, même chienlit? », nous avions décidé de laisser de côté la situation chaotique de la politique britannique (et des rues françaises en fin de semaine), pour nous intéresser à l'état tout aussi chaotique des États-Unis, aux prises avec le shutdown (la paralysie partielle des services fédéraux gouvernementaux provoquée par le blocage budgétaire). Mais, nous ne saurions nous priver de l'occasion qui s'offre de relever ce cluster shambles qui a les allures d'un tout récent néologisme. Nous supposons qu'il est calqué sur l'expression cluster fuck-up, plus grossière encore. Pour les chastes oreilles qui peuvent ne pas connaître ses acceptions les plus récentes, fuck-up, substantif, se traduit par bordel, fiasco, chienlit, lorsqu'il s'applique à une situation, et « raté(e) », appliqué à une personne. Quant à cluster, il joue le rôle d'augmentatif et s'inspire de cluster bomb, la bombe à fragmentation qui fait tant de ravages dans les conflits contemporains. L'effet explosif d'une telle bombe est tel qu'il est plus meurtrier que celui d'une bombe ordinaire. » (From shambles to snafu to shutdown).

Pour en revenir a l'assaut contre le siège [1] du Congrès, il convient de rappeler que la dernière attaque contre le Capitole de Washington D.C. [2]  avait eu lieu au début du XIXe siècle. Celle-ci, communément appelée "Burning of Washington" (l'incendie de Washington), se déroula le 24 août 1814 pendant la guerre anglo-américaine.  Le bâtiment fut pris d'assaut avant d'être incendié par les troupes britanniques seulement quatorze ans après son ouverture et alors qu'il était encore en construction. On le présente généralement comme la réponse à l'incendie de la capitale de la colonie britannique du Haut-Canada, York (aujourd'hui Toronto en Ontario), alors synonyme de traumatisme pour les Canadiens et d'humiliation pour le gouvernement britannique. 

[1] René Meertens : Le Capitole est le siège (seat) du Congrès. Ce dernier est l’un des sièges (seats) du pouvoir. Les sièges (seats) sont remportés de haute lutte. Les élus siègent (sit) comme tout un chacun sur leur siège (bottom), lui-même posé sur un siège (seat).

[2] District de Columbia (en  anglais : District of Columbia), souvent appelée Washington, D.C.The District, ou simplement D.C. (pour éviter la confusion avec l’État de Washington, est une ville indépendante des Etats-Unis dont elle est la capitale. En tant que capitale fédérale, elle ne fait pas partie des cinquante États de l’Union et dépend directement du Congrès. Son statut spécial vaut à ses habitants de ne pas disposer de députés ni de sénateurs. La ville est le siège de nombreuses institutions américaines et internationales, telles que la Maison-Blanche (résidence officielle du président), le Capitole, siège du Congrès ainsi que le siège de la Banque mondiale (BM)  du Fonds monétaire international (FMI) de la Cour Suprême  et d'autres organismes fédéraux, comme la Réserve fédérale des Etats-Unis (Fed.) Elle accueille en outre 176 ambassades et représentations diplomatiques.

Lecture supplémentaire

Assaut du Capitole « insurrection, putsch, exorcisme ?
REVUE DES DEUX MONDES Jan 8, 2021

Le glossaire du blog – anglais – français :

agitation

agitation, troubles

arson, incendiarism, torching, setting fire

incendie volontaire, action de bouter le feu par malveillance

anarchy

anarchie

assault 

agression, attentat

attack, onslaught

attaque

battery

coups et blessures, voies de fait

beating 

raclée

bedlam

chahut

brawl, fight, scuffle

rixe

burglarizing, burglary

cambriolage

clashes, confrontations

affrontements

clubbing

frappe à coups de massue

commotion, din, uproar

fracas, tapage

crimes

crimes

defacement

mutilation, défiguration

destruction

destruction

disturbance, turmoil

chambardement

fighting

combat, bagarres

fire-bombs

bombes incendiaires

fires

incendies

hooligan, yob, thug

vandale, voyou

free-for-all

pagaille, rixe,
mêlée, bagarre

injuries

blessures

lawlessness, disorder

anarchie, chienlit

loot

butin

looting, pillaging,
sacking, trashing

pillage, saccage, mise à sac

marauding

en maraude

mayhem 

désordre, grabuge

mugging

agression

uproar, tumult

tumulte

pandemonium

tohubohu, charivari

plunder

pillage

pyromania

pyromanie

ravaging, sacking

saccage

ruination, wrecking

ruine

riots, rioting

émeutes, bagarres

robbery

brigandage, braquage

rowdiness, rumpus, racket

chahut

ruckus

grabuge

shambles

pagaille

shooting

fusillade, coups de feu

smash and grab

cambriolage

smashing

bris

trash

déchets, ordures

unrest

agitation, troubles,
embrasement

vandalism

vandalisme

violence

violence

Comment traduire « level playing field » ?

L'analyse qui suit a été rédigée par notre contributeur fidèle, Rene Meertens, linguiste du mois de janvier 2019 et auteur du Guide anglais-français de la traduction, dont une nouvelle édition (2021) vient de paraître. 

Rene Meertens Guide

Depuis quelque temps, l’expression « level playing field » est à la « une » de l’actualité dans la perspective d’un éventuel accord entre le Royaume-Uni et l’Union européenne au sujet du « Brexit », la sortie de la nation britannique du giron européen.

Les négociations achoppent sur trois questions principales : la pêche, le mécanisme de règlement des différends et le « level playing field ».

  Level playing fields

 

Qu’entend-on par là ? C’est simple : l’UE ne souhaite pas une distorsion de concurrence qui pourrait surgir si le Royaume-Uni accordait des aides d’Etat à ses entreprises ou assouplissait la réglementation en matière de pesticides, d’environnement, de droits des travailleurs, etc.

Le « level playing field » est une situation dans laquelle aucune des parties n’est injustement désavantagée. Au sens propre, il s’agit d’un terrain de sport plat, qui ne pénalise aucune équipe. Au sens figuré, c’est une situation qui ne désavantage aucune partie dans l’exercice d’une activité donnée, en particulier dans le domaine économique.

Plusieurs traductions ont été proposées. Certaines d’entre elles peuvent convenir en fonction du contexte, mais la plus précise me paraît être « conditions de concurrence équitables ». On peut certes la raccourcir et parler de « concurrence équitable » ou même de concurrence tout court.

Citons Le Figaro du 6 décembre dernier : « Samedi, après leur visioconférence, Ursula von der Leyen et Boris Johnson ont admis dans un communiqué commun qu’il subsistait toujours des « différences importantes » dans les trois domaines clés que sont la concurrence, le mécanisme de règlement des différends et la pêche. » (Si le Royaume-Uni veut recouvrer sa pleine souveraineté, c’est notamment pour reprendre la maîtrise de ses eaux poissonneuses. Pour l’Union européenne, ce motif est spécieux, car en l’absence d’accord il ne pourra vendre sa pêche aux Européens qu’en supportant des droits de douane très élevés. Mais pour nos amis Britanniques, cet argument est lui-même spécieux, … ou fishy pour utiliser un mot anglais plus familier.)

Termium propose « règles du jeu équitables ». Dans certains cas, cette traduction est acceptable. De même, l’expression « garanties en matière de concurrence » peut être retenue, mais le « level playing field » n’est pas un ensemble de règles ou de garanties. Des règles ou des garanties peuvent assurer des conditions de concurrence équitables, mais elles ne sont pas synonymes de ces dernières.

Si déjà on s’écarte du sens précis, autant privilégier la concision.

Une fois qu’il aura été établi que le terrain de jeu est plat, il suffira de veiller à ce que nul ne change les règles du jeu pendant la partie (to move the goalposts during the game). Littéralement, « déplacer les montants du but pendant la partie ».

 

  Moving-goalposts  

Lecture suppleméntaire

Brexit: What is a level playing field? – BBC 9 December 2020

Ministre, secrétaire d’État et autres titres dans deux pays anglo-saxons

Au début de novembre 2016, juste avant les élections américaines que Donald Trump a remportées, nous avons publié des notes linguistiques et historiques contenant une analyse de l’expression anglaise too close to call  trop serré pour se prononcer.

A cette époque nous avons également publié « L'orthographe des débats présidentiels en ligne : la rigueur syntaxique correspond-elle à l'orientation politique ? », article dans lequel nous avons posé la question suivante : La syntaxe des gens de gauche est-elle plus rigoureuse que celle des gens de droite ? 

Biden Trump 1En prévision des élections présidentielles et législatives qui auront lieu au mois de novembre prochain aux États-Unis, nous avons commencé à présenter une série d’explications concernant des termes politiques tout en les replaçant dans leur contexte historique à l'intention de ceux de nos lecteurs qui ne connaissent pas parfaitement la terminologie politique américaine.

Dans un article intitulé « Terminologie de la politique américaine », nous avons examiné les mots impeachment, brinkmanship et jingoism, ainsi que le suffixe -ism

Cette fois-ci, nous abordons les termes Ministre, secrétaire d’État et autres titres dans deux pays anglo-saxons.

Rene MeertensLe texte qui suit a été rédigé par notre fidèle contributeur René Meertens. Il a été notre Linguiste du mois de janvier 2019.

René Meertens est également l’auteur du Guide anglais-français de la traduction, notamment disponible en version numérique.

Ses contributions précédentes sont accessibles ici.

Aux États-Unis, un membre du gouvernement fédéral n’est pas appelé « Minister » mais « Secretary ». Ainsi, le ministre des Transports a-t-il le titre de « Secretary of Transportation ». 

  Trump-cabinet-2019-WH  
  Les "secrétaires" dont le "Cabinet" américain
est composé
 

Au Royaume-Uni, il y a bien des « ministers » mais leur titre complet commence par « Secretary of State ». Le ministre de la Santé a ainsi pour titre « Secretary of State for Health ». Ce que l’on appelle en France un « secrétaire d’État » est appelé chez nos amis britanniques « minister of state ».

Pour en revenir aux États-Unis, le Secretary of State n’est pas, à proprement parler, un secrétaire d’État, mais le ministre des Affaires étrangères. En fait, dans la presse française, on le désigne souvent sous l’appellation « secrétaire d’État ».

Quant à l’Attorney General, il s’agit du ministre de la Justice aux États-Unis.

L’expression a un sens différent en Angleterre et au pays de Galles, où l’Attorney General exerce les fonctions de conseiller juridique du gouvernement. On peut traduire ce titre par « procureur général ».

Lord ChancedllorAu Royaume-Uni, le ministre de la justice s’appelle « Secretary of State for Justice ». Il porte aussi le titre « Lord Chancellor ». Il est en outre « Lord Keeper of the Great Seal ».

En France, le ministre de la Justice a également un titre similaire, celui de « Garde des sceaux ». C’est une tradition due au fait qu’autrefois ce ministre était en possession des sceaux de l’État.

  Sceau_de_Philippe_Auguste (Garde de Sceau)  
  Sceau royal de Philippe Auguste  

Le ministre des Finances du Royaume-Uni s’appelle « Chancellor of the Exchequer ». En France, pour le désigner, on a généralement recours à l’expression « chancelier de l’Échiquier ». Il s’agissait à l’origine d’une allusion au motif en damier de la nappe sur laquelle on établissait les comptes en se servant de jetons.

À la une, un néologisme anglais – virtual walkout

Rene Meertens (CROPPED)Nous avons demandé à notre contributeur fidèle, René Meertens, traducteur de  langue française, et notre « Linguiste du mois de janvier 2019 »,  de commenter le néologisme virtual walkout (grève virtuelle en francais), qui a paru dans la presse américaine le 1 juin 2020. René a bien voulu rédiger l'article suivant à notre intention. 

René a été  employé par l'ONU, l'Unesco, la Commission européenne et l'Organisation mondiale de la santé. Il est l'auteur, notamment, du « Guide anglais-français de la traduction », dont une édition numérique et une nouvelle édition papier sont parues récemment.  

Les contributions précédentes de René sont accessibles à https://bit.ly/2XlSaWq

Le New York Times a publié hier un article intitulé « Facebook Employees Stage Virtual Walkout to Protest Trump Posts ». Ce titre peut se traduire comme suit : Des salariés de Facebook se mettent en grève virtuelle pour protester contre les publications de Trump.

Si le terme « walkout » est souvent utilisé pour désigner une grève, il semble que l’expression « virtual walkout » soit nouvelle. Ce néologisme nous intéresse donc dans une optique linguistique.


Facebook 2Si cette grève est dite « virtuelle, c’est parce que la plupart des employés de Facebook travaillent à domicile, ce qui donne un caractère original à leur mouvement. Habituellement, les grèves évoquent d’autres images que celles de salariés se croisant les bras dans leur salon.

De quoi s’agit-il ? Donald Trump a publié sur Twitter et Facebook des messages qui peuvent être interprétés comme des appels à des actes de violence.

L’un d’entre eux, publié sur Facebook, s’achève ainsi : « A la moindre difficulté, nous prendrons les choses en main mais quand le pillage commence, les coups de feu commencent. Merci ! »

Trump tweet

En fait, le titre du New York Times est un peu trompeur car c’est surtout contre la politique d’inaction du directeur général de Facebook que ces salariés veulent protester. Alors que Twitter s’est démarqué de publications agressives de Trump en invitant les internautes à consulter des sources d’information fiables, Mark Zukerberg refuse de faire quoi que ce soit, en se retranchant derrière la liberté d’expression du président.

Chacun jugera.

Facebook a récemment informé ses salariés que désormais ils travailleront en permanence à domicile. Comme nous l’avons signalé dans un article précédemment publié sur ce blog (voir la citation ci-dessous), le mot « télé-travail » n’est pas nouveau mais il est maintenant d’usage courant en raison de la pandémie de coronavirus. Celle-ci a aussi donné naissance à une expression entièrement nouvelle : virtual walkout.

Facebook

Post scriptum :

Le policier blanc qui a tué le Noir Floyd George au Minnesota, acte qui a provoqué des émeutes à travers les États-Unis et ailleurs, émeutes qui faisaient l'objet du tweet du président Trump mentionné ci-dessus, s’appelle Derek Chauvin. Nous avons écrit sur ce blogue « Le chauvinisme désigne une manifestation excessive de patriotisme ou de nationalisme, résultant d'une admiration exagérée ou exclusive de son pays. Ce terme est issu d’une légende militaire qui remonte au Premier Empire et qui met en scène le soldat français Nicolas Chauvin. …Le terme « chauvinism » existe en anglais mais s'utilise davantage dans le cadre des rapports entre les sexes, à savoir « male chauvinism » (en français  « machisme »). Mais le dictionnaire Merriam-Webster offre une signification supplémentaire : « undue partiality or attachment to a group or place to which one belongs or has belonged. » À la suite de cet homicide raciste commis par l'agent Chauvin, sera-t-il permis d’élargir la définition du « chauvinism » pour qu’elle inclue le racisme ? Notons, à ce propos, que depuis cet homicide, la femme de Derek Chauvin a déposé une demande de divorce et de changement de nom de famille.
 

D. Chauvin

Chauvin
Derek Chauvin Nicolas Chauvin

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télé-travail –
en anglais
t
elecommuting, telework, teleworking, working from home (WFH), mobile work, remote work, flexible workplace

WFHLe journal Le Monde, 23.4.2020, fait allusion au « télé-travail ». Ce terme est à la mode suite au confinement, mais il n'est pas nouveau. Selon Wikipedia :  « Promu dès les années 1970 (via le téléphone et surtout le fax), dont en France par les pouvoirs publics français qui y voyaient un mode d'aménagement du territoire, c'est en 1972 que le terme " telework " apparaît pour la première fois dans un article du Washington Post signé par le journaliste Jack Schiff et, à la même époque, Jack Nilles, considéré comme le père du télétravail lance ses premiers travaux sur ce qu’il baptisa, en 1975, le "telecommuting". »