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Maimiti Elkain – linguiste du mois de décembre 2018

L'entretien qui suit a été mené par Skype
entre Los Angeles et Papetee, Tahiti.

 

Maimiti - cropped Jonathan preferred
  Maimiti Elkain – l'interviewée Jonathan G. – l'intervieweur


Papeete communeJG :
Vous avez passé votre vie entre Nice, où vous êtes née, Papeete, une commune sur l'ile de Tahiti en Polynésie française, où vous avez grandi et où vous êtes retournée, et San Diego en Californie où où vous vous êtes mariée.
[1]

 

Avant que l'on aborde votre vie et votre carrière, on devrait souligner que vous avez toujours vécu près de la mer, ce qui rend votre prénom d'autant plus approprié. 
 

ME : C’est exact, Jonathan, mon prénom est d’origine tahitienne, il représente « ce qui vient de la mer » et signifie “l’appel de la mer”.

Selon la signification profonde, Maimiti développe une personnalité en étroite affinité avec le milieu marin, elle est inspirée par la mer et possède les mêmes attributs que la mer au niveau de son caractère (calme, houleuse, forte, nourricière, dangereuse, mystérieuse, inquiétante, purificatrice…, etc.) (tahititourisme.pf)

Mon père en est tombé amoureux et a insisté auprès de ma mère pour que cela soit mon premier prénom. Il a perdu… Mon premier prénom est Elodie, mais je porte celui de Maimiti depuis ma naissance. Maimiti était le nom de la Tahitienne dont était amoureux le lieutenant Christian, incarné par Marlon Brando, dans « Les Révoltés du Bounty ». [2] Aujourd’hui, je suis bien contente que mon père se soit imposé, je suis fière de porter un prénom tahitien qui me permet de transporter cette culture partout où je vais. Ce n’est que récemment que je me suis aperçue que ma vie s’était imprégnée de mon prénom au point que je n’ai jamais vraiment quitté la mer. La mer m’apporte énormément, comme un équilibre émotionnel, une perspective d’avenir positive et rassurante. C’est aussi le respect des forces naturelles et de la création de D… nous rappelant que notre place sur cette terre est sa volonté… je pense que l’humilité est la valeur dont je m'imprègne lorsque je regarde la mer.

 

JG : Après votre naissance à Nice, vous êtes partie à Tahiti avec vos parents. Qu'est-ce qui a poussé vos parents à s'installer là-bas? 

ME: Ma mère est née en Algérie et mon père en Espagne. Leur destin les a menés tous les deux à Tahiti. Mon père y était depuis plusieurs années lorsque le bonheur frappa à sa porte, littéralement. Un jour, un de ses amis tape à la porte de son appartement accompagné de cette jeune vacancière d’origine juive. Mon père étant juif, il a pensé qu’ils s’entendraient. Donc mes parents se sont mariés à Tahiti. Pour son accouchement, ma mère est rentrée en métropole près de sa mère jusqu'à mes trois mois. J’ai vécu à Tahiti jusqu’à mon baccalauréat.

 

JG : Où avez vous poursuivi vos études? 

SophiaME : J’ai passé mon bac en 2000, à 18 ans. A cette époque, l’Université de la Polynésie Française venait à peine d’ouvrir et n’offrait pas un large choix. Il était courant de partir pour étudier. Nice fut ma destination et le Droit mon sujet. J’ai obtenu un DEUG de Droit à la Faculté de Droit de l'université Nice Sophia Antipolis. Puis je suis revenue à Tahiti pour obtenir ma Licence de Droit. Mes études se sont clôturées à Nice par l’obtention d'un deuxième  Master, en Droit économique ainsi qu’un second Master en Droit privé et sciences criminelles en 2006.

 

JG :  Qu'est-ce qui vous a amenée en Californie et que faisiez-vous la-bas? 

ME : À mon retour de France, j’ai obtenu un poste de fonctionnaire (catégorie A) en remplacement, à la Direction des Affaires Foncières en Polynésie. À chaque congé, je partais à Los Angeles afin d’assouvir mon attirance obsessionnelle pour les États Unis. J’y ai rencontré l’homme qui est devenu mon mari en 2010. Nous nous sommes installés à San Diego où j’ai obtenu un LL.M. qui m’apporte une équivalence en Droit américain. 

Je dirai que l’amour m’a menée en Californie. Lors de mon Master de Droit américain, je me suis passionnée pour le Droit de l’immigration, sujet brûlant aux États-Unis faisant partie de ma propre expérience, étant moi-même passée par les étapes requises pour devenir résidente en Californie. Par la suite, j’ai travaillé pour un excellent cabinet d’avocats spécialisés en droit de l’immigration à San Diego. J’ai énormément appris en travaillant avec cette équipe d’avocates et de juristes exceptionnellement talentueux et passionnés. Mon centre d’intérêt s’est avéré être le droit de l’immigration appliqué aux entreprises multinationales, aux investisseurs étrangers et professionnels qualifiés, leur permettant ainsi d’étendre leur activité en territoire américain.

Je n’ai pas passé le Barreau en Californie, donc je ne suis pas avocate mais j’ai acquis une connaissance solide du droit international et des affaires d'un point de vue français et américain.

 

JG : Quelles langues avez vous étudiées à l'école? Il est évident que vous maîtrisez parfaitement le francais, votre langue maternelle ainsi que l'anglais. Qu'en est-il de l'espagnol? 

Français, anglais et espagnol et un peu d'hébreu. Mon espagnol parlé n'est pas très fort, car je n'ai jamais eu l'occasion de le pratiquer. Dans mon travail à San Diego, j'ai traduit des documents et manipulé des documents dans différentes langues, dont l'espagnol. J'adore les langues et j'ai pris beaucoup de plaisir à comparer des versions d'un document donné dans différentes langues.

JG : Comment passez-vous votre temps libre?

J'aime courir et pratiquer d'autres sports, ainsi que le yoga, l'entraînement fractionné de haute intensité et la musculation. J'apprécie les bons vins et la nourriture saine.

 

JG : Où est-ce que vous voyez votre avenir? 

Ma mère est décédée et je suis maintenant divorcée. Mon père, qui a 84 ans (mais en pleine forme) vit ici sur l'île. Tant qu'il aura besoin de moi, je resterai ici. Après cela, je voyagerai et choisirai où je veux m'installer.


Pink San DiegoJG :
Finissons cet entretien là où nous avons commencé, sur le sujet de la mer. Le fait d'avoir vécu à San Diego, Nice et Tahiti indique clairement un attachement fort à la mer.
[3] Tahiti et ses îles offrent des kilomètres de littoral, avez-vous l'occasion d'en profiter?

Papetee X

Maimiti Nice

Papetee Nice


Vivre près de l'océan est extrêmement important pour mon bien-être et ma stabilité. J'apprécie le coucher de soleil sur la mer pour son intensité autant que voir le lever de soleil pour sa douceur et la sérénité que cela procure. C’est une source d’énergie incommensurable et surtout inépuisable.

—————-

[1] Note linguistique (Jean Leclercq) :

Les mots anglais “island” et “isle” ont la même signification. Selon l'Online Etymology Dictionary, “isle” est entré dans la langue anglaise au 13e siècle, par l'intermédiaire du vieux français isle, lui-même dérivé du latin insula, signifiant “île”, peut-être la forme féminine de l'adjectif en-salos, signifiant “dans la mer”, de salum, “mer”C'est un terme plus littéraire, utilisé dans la toponymie: Isle of Man,  Isle of Wight. Remarquons qu'en français la vieille graphie isle a survécu dans des patronymes (Rouget de Lisle, Leconte de Lisle) et des toponymes (L'Isle-Adam, L'Isle-Jourdain, L'Isle-en-Dodon).

Le mot anglais « island » est entré dans la langue anglaise par un cheminement plus complexe.

Le mot anglais « islet », désigne un îlot. Il est entré dans la langue anglaise vers 1530, en provenance du français « islette ».

L'adjectif « insular » (insulaire, en français, dans son sens littéral, géographique), est couramment employé en anglais dans un sens métaphorique que l'on pourrait, dans ce cas, rendre en français par étriqué(e).

Enfin, en anglais, insularn'est pas employé comme substantif, de la façon dont les Français emploient insulaire, dans le sens d'îlien, d'habitant d'une île. L'équivalent anglais serait le mot islander”.

[2] Tarita, l'actrice interprétant Maimiti dans le film, deviendra sa troisième épouse et donnera naissance à la lignée tahitienne des Brando
.

[3] Note personnelle du blogeur (J.G.):

J'ai vécu, moi aussi, dans trois villes côtières – Durban (Afrique du Sud), Haifa (Israël) et Los Angeles.

Mon bureau est décoré de la tapisserie ci-dessous, tissée dans les années 1970 par un groupe de femmes originaires de Rorke's Drift, un village du Zoulouland (haut-lieu de la guerre anglo-zouloue de 1879). Elles avaient été invitées à Durban (la ville riveraine de l'Océan Indien où je suis né et où j'ai grandi) pour exposer leur artisanat. Jusque-là, ces femmes n'avaient jamais vu la mer. Elles tissaient leurs motifs représentant la ville côtière de Durban et son front de mer d'après l'idée qu'elles s'en faisaient avant même d'être venues jusqu'aux rivages de l'océan.

Tapestry
 
"When the Weavers Came to the Beach"
 
Note littéraire du blog :
 
Le poème "Sea Fever" a été composé par le romancier et poète lauréat britannique, John Edward Masefield (1878-1962).
 
I must go down to the sea again, to the lonely sea and the sky,
And all I ask is a tall ship and a star to steer her by;
And the wheel’s kick and the wind’s song and the white sail’s shaking,
And a grey mist on the sea’s face, and a grey dawn breaking.
 
I must go down to the seas again, for the call of the running tide
Is a wild call and a clear call that may not be denied; 
And all I ask is a windy day with the white clouds flying,
And the flung spray and the blown spume, and the sea-gulls crying.
 
I must go down to the seas again, to the vagrant gypsy life,
To the gull’s way and the whale’s way where the wind’s like a whetted knife;
And all I ask is a merry yarn from a laughing fellow-rover,
And quiet sleep and a sweet dream when the long trick’s over.

Note musicale du blog :

La chanson « La mer » a été composée par Charles Trenet (1913-2001), auteur-compositeur-interprète français. 

 

La version anglaise : Beyond the Sea

 

Le texte de cet entretien a bénéficié de l'aide de Jean-Paul DESHAYES qui a bien voulu le peaufiner.

 

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Le 31 decembre – l’anniversaire d’un grand chanteur américain

Elsa Wack 2Nous sommes heureux de retrouver Elsa Wack, notre linguiste du mois de janvier 2014. Elsa, née à Genève, est traductrice indépendante de l'anglais et de l'allemand vers le français. Titulaire d'une licence ès lettres, ayant aussi fait de la musique, du théâtre et du cinéma, elle aime écrire et sa préférence va aux traductions littéraires. 

D'autres contributions d'Elsa sur des thèmes musicaux:

Aznavour rejoint Bennett sur le Walk of Fame à Hollywood

Hendrix et Händel ont cohabité dans l’espace-temps

À la uneun nouveau timbre rend hommage à John Lennon, musicien et philatéliste

 

John_Denver_album_coverJohn Denver (31 décembre 1943, – 12 octobre 1997) était un auteur-compositeur-interprète américain, également producteur de disques, acteur, militant et actif dans le domaine humanitaire.

Denver a enregistré environ 200 chansons de sa composition et 109 chansons composées par d’autres. Ses disques se sont vendus à plus de 33 millions d’exemplaires dans le monde. Il se produisait et enregistrait surtout en s’accompagnant à la guitare acoustique et chantait les joies que lui procuraient la nature, son mépris de la vie urbaine, son enthousiasme pour la musique et ses amours parfois difficiles.

En 1974, Denver a été nommé poète lauréat de l’État de Denver.

Parmi les belles chansons qu’il a écrites, il y a Perhaps Love, qu’il a chantée en duos avec Placido Domingo et Sissel Kyrkjebø, soprano norvégienne.

 

 

J.G. MageeEn août 2010, nous avons publié un article intitulé « John Gillespie Magee, Jr. 1922 – 1941, Antoine de Saint-Exupéry 1900 – 1944 », dans lequel nous rendions hommage à un Français et à un Américain, tous deux grands hommes de lettres et tous deux morts dans des accidents d’avion pendant la Seconde Guerre mondiale. Avant d’être tué, Magee écrivit un magnifique poème sur la sensation du vol, High Flight. John Denver, qui était pilote amateur, le mit en musique et le chante dans ce clip. 

 

 

Denver reçut la Médaille du service public de la NASA en 1985 pour « avoir fait mieux connaître aux peuples du monde l’exploration spatiale » ; cette médaille est d’ordinaire réservée aux ingénieurs et concepteurs en aéronautique. La même année, Denver passa l’examen physique très rigoureux de la NASA et se trouva sur les rangs des finalistes pour le premier voyage d’un civil avec la Navette Spatiale en 1986, mais il ne fut pas choisi. Après l’explosion de cette navette spatiale Challenger, Denver dédia sa chanson Flying for Me à tous les astronautes.

Denver collectionnait les biplans d’époque. Malheureusement, il périt un jour aux commandes d’un nouvel avion qu’il venait d’acheter. Il volait vers la Californie et semble avoir manqué de carburant.

John-Denver-plane-crash-

Dans le parc « Rio Grande » à Aspen, Colorado, une localité où Denver avait vécu, une stèle lui a été consacrée et porte les paroles de Rocky Mountain High.

Denver  Rocky Mountain High Memorial Stone

Voici ces paroles, avec ma traduction en français :

ROCKY MOUNTAIN HIGH

He was born in the summer of his 27th year
Coming home to a place he'd never been before
He left yesterday behind him, you might say he was born again
You might say he found a key for every door

When he first came to the mountains his life was far away
On the road and hanging by a song
But the string's already broken and he doesn't really care
It keeps changing fast and it don't last for long

But the Colorado rocky mountain high
I've seen it rainin' fire in the sky
The shadow from the starlight is softer than a lullabye
Rocky mountain high (Colorado)

Il est né l’été de ses 27 ans,
Revenant, revenu, dans un foyer qu’il n’avait jamais connu
Laissant derrière le passé, on pourrait dire qu’il est rené,
Qu’il a trouvé pour toutes les portes une clé

Quand il est venu aux montagnes
Sa vie avait pris la route, accrochée à une chanson,
Mais la corde est déjà cassée, et peu lui importe,
Tout est si éphémère et changeant

Mais les crêtes du Colorado sont là haut,
Et moi j’ai vu leur ciel flamboyer
L’ombre d’une branche d’étoile est plus douce qu’une berceuse
À la hauteur des Rocheuses (Colorado)

He climbed cathedral mountains, he saw silver clouds below
He saw everything as far as you can see
And they say that he got crazy once and he tried to touch the sun
And he lost a friend but kept his memory

Now he walks in quiet solitude the forest and the streams
Seeking grace in every step he takes
His sight has turned inside himself to try and understand
The serenity of a clear blue mountain lake

And the Colorado rocky mountain high
I've seen it raining fire in the sky
You can talk to God and listen to the casual reply
Rocky mountain high

Il a gravi ces cathédrales et vu la mer de brouillard à ses pieds
Il a tout vu, si loin qu’on puisse voir
On dit qu’il est devenu fou, qu’il s’est brûlé les ailes
Il a perdu un ami mais préservé sa mémoire

Maintenant, il marche seul ; calme, forêts, ruisseaux,
Cherchant la grâce partout où il passe
Son regard tourné vers l’intérieur, pour tenter de comprendre
La sérénité d’un lac limpide et bleu

Et les crêtes du Colorado, là-haut,
Moi j’ai vu leur ciel flamboyer
On peut parler à Dieu, qui vous répond, à l’occasion,
À la hauteur des Rocheuses

Elsa Wack

nomophobia – le mot anglais de l’année 2018 choisi par le Cambridge Dictionary


Dans le dernier numéro de The Economist (6-14 décembre 2018), l'érudit chroniqueur linguistique de cette revue (qui signe : Johnson) écrit :

« Le Cambridge Dictionary vient d'élire nomophobia mot de l'année… Avant cela, votre serviteur n'avait jamais entendu parler de ce terme.»

Il apparaît que ce chroniqueur linguistique n'est pas un lecteur régulier du Mot juste en anglais. En effet, le 21/07/2014, nous avions publié un article intitulé : « Les termes anglais du mois : nomophobia, digital detox  [1] » :

Nomophobia 3Comme nous l'écrivions alors : « Ceux qui arrivent par chance ou au prix d'efforts surhumains à se détacher de leur portable risquent de souffrir de nomophobia, une contraction des mots no mobile phobia (en français, nomophobie), terme qui désigne l'angoisse née de l'absence de téléphone portable. Selon le site linguistique, World Wide Words : « C'est épouvantablement pseudo-grec, mais il n'existe pas de terme classique désignant le fait d'être sans téléphone. »

Nomophobia 1
Nous voulons espérer que l'article soit tout aussi pertinent et d'actualité qu'il l'était lors de sa publication, il y a quatre ans. Nous invitons nos lecteurs à survoler les quelque 1.270 articles parus au cours des huit dernières années, parmi lesquels ils trouveront peut-être de quoi titiller leur dada linguistique. (À titre de comparaison, notre jeune consœur CLIO-Histoire.com n'a jusqu'ici publié que 32 articles).

Pour conclure, nous voudrions ajouter qu'à l'occasion du concours du mot 2018 du Cambridge Dictionary, «nomophobia» l'a emporté face à « gender gap » (une différence dans la manière dont les hommes et les femmes sont traités dans la société, ou entre ce que les hommes et les femmes font et réalisent), « ecocide» (destruction du milieu naturel d'une région ou très grande atteinte portée à celui-ci) et «no-platforming» (pratique consistant à refuser à quelqu'un la possibilité d'exprimer publiquement ses idées ou ses croyances, parce qu'on les juge dangereuses ou inacceptables. Un synonyme politiquement correct du mot censure !).

 


[1] digital detox = la désintoxication numerique. L'Oxford Dictionnaries: "A period of time during which a person refrains from using electronic devices such as smartphones or computers, regarded as an opportunity to reduce stress or to focus on social interaction in the physical world. Example: Break free of your devices and go on a digital detox."

 

Jonathan G., Jean L.

Le 9 decembre – le 70eme anniversaire de l’approbation de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide

 
L'origine du mot « génocide » 


Raphael LemkinLa Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (CPRCG) est un traité de droit international approuvé à l'unanimité le 9 décembre 1948  par l'Assemblée général des Nations unies.  Elle est entrée en vigueur le 12 janvier 1951. Son inspirateur et principal rédacteur est Raphael Lemkin, un juriste américain  d'origine juive polonaise, qui a créé le néologisme « génocide » dans les dernières années de la Deuxième Guerre mondiale.

 

Défintion de Genocide selon Article II de la Convention :  :

 « Le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : a) meurtre de membres du groupe; b) atteinte à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe; c) soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle. d) mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe. e) transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe. » 

 

Il  existait déjà en français le néologisme populicide créé sous la Révolution française  par Gracchus Babeuf pour désigner les massacres des populations civiles de Vendée perpétrés sur ordre de la Convention, terme qui était tombé dans l'oubli.

Le terme génocide est un néologisme forgé  à partir de la racine greque γένος génos, « naissance », « genre », « espèce », et du suffixe -cide, qui vient du terme latin  caedere, « tuer », « massacrer ».

Axis RuleLe terme génocide est apparu pour la première fois dans son étude Axis Rule in Occupied Europe publié en 1944  par la Fondation Carnegie pour la Paix Internationale, il est introduit au chapitre IX intitulé « Génocide » pour tenter de définir les crimes perpétrés par le gouvernement des Jeunes-Turcs  de l'Empire ottoman  à l'encontre des Arméniens pendant la Première Guerre mondiale  ceux dont furent victimes les Assyiens en Irak en 1933, puis ceux commis par les nazis  à l'encontre des peuples juif, slaves et tzigane  durant la Seconde Guerre mondiale. 

Appliquant ensuite cette qualification aux crimes contre l'humanite  perpétrés par les nazis contre les peuples juif et tzigane  durant la Seconde Guerre mondiale, Raphael Lemkin écrit : « De nouveaux concepts nécessitent de nouveaux mots. Par génocide, nous entendons la destruction d'une nation ou d'un groupe ethnique. » Il précisera ailleurs que par génocide, il entend autant les actions concertées pour détruire des groupes dans leur dimension physiques ou raciale, que dans leur existence religieuse, linguistique ou culturelle. Il sera repris dans cette conception par Claude Lévi-Strauss.

Selon le Dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey, le mot se fait jour en français en même temps qu'il apparaît en anglais. D'abord employé à propos des nazis et de leur « Solution finale » du « problème juif », il se dit de la destruction méthodique ou de la tentative de destruction d'un groupe ethnique, et par extension, vers 1970, de l'extermination d'un groupe en peu de temps.

 Source : Wikipedia

Lecture supplémentaire :

Lemkin book cover
Raphael Lemkin and the Concept of Genocide
(Pennsylvania Studies in Human Rights)  – November 4, 2016

 

 

 

Raphael Lemkin and Creation of the word “Genocide”

6 minutes

 

 

 
  47 minutes

 

 

Des néologismes anglais

Océane Bies  (cropped photo)L'article qui suit a été publié dans le journal britannique « The Times », sous le titre "Oxford English Dictionary introduces the idiocracy to its wider fam".   Notre contributrice, Océan Bies, traductrice littéraire, a bien voulu le traduire.

 

Reflets des bouleversements politiques actuels et de l'importance de la culture populaire, fam, nothingburger et idiocracy sont parmi les derniers mots ajoutés à l'English Oxford Dictionary.

OED 2

Le dictionnaire, mis à jour quatre fois par an, a publié une liste de près de 350 nouveaux mots de langue anglaise.

Apparu pour la première fois au 16ème siècle, fam, abréviation de famille, est plus communément utilisé de manière argotique à partir des années 1990, principalement dans le hip-hop américain. Rapidement, son sens s'est élargi pour englober les membres d'un groupe et amis Lethak Bizzle proches. Il peut à la fois désigner un individu et des groupes de personnes. L'OED affirme que le mot est plus couramment utilisé en Grande-Bretagne, en particulier à Londres. Fam apparaît par exemple dans les paroles de chanteurs de rap et de grime londoniens tels que Shakka, Stormzy et Lethal Bizzle.

Nothingburger, utilisé pour la première fois par un chroniqueur people hollywoodien en 1953, est un terme souvent repris en politique ou dans la presse pour désigner quelque chose qui semble important à première vue mais n'a en réalité aucune substance.

Nothing burgerL'OED note également un changement dans notre manière de parler de cinéma, notamment pour décrire des jeux d'acteurs et des choix de réalisation particuliers. Apparaissent ainsi les adjectifs bergmanesque et spielbergian, faisant référence au jeu d'actrice d'Ingrid Bergman et au style de réalisation de Steven Spielberg. Tarantinoesque, terme renvoyant au travail de Quentin Tarantino, a été utilisé pour la première fois en 1994 après la sortie de Pulp Fiction. Il décrit notamment l’utilisation par le réalisateur de violences graphiques et stylisées, de dialogues corrosifs et d’intrigues sinueuses.

Quentin_tarantino S. Spielberg Ingmar Bergman
Quentin Tarantino Steven Spielberg     Ingmar Bergman

Alt rrightEntre autres ajouts notables, on peut citer alt-right, abréviation de alternative right (que l'on peut traduire par droite alternative, terme désignant la frange la plus virulente de l'extrême droite américaine). Idiocracy (idiocratie en français) décrit une société d'idiots gouvernée par des idiots, ou un gouvernement de personnes considérées comme stupides ou ignorantes.