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Lucien d’Azay – linguiste du mois d’octobre 2021

e n t r e t i e n   e x c l u s i f 

L. d'Azay

 

S.Kadiu

Lucien d'Azay
écrivain, romancier et traducteur
l'interviewé 
  Silvia Kadiu, Ph.D., traductologue, traductrice, universitaire – l'intervieweuse


L'entretien qui suit a été mené par Silvia Kadiu, dont ses contributions a ce blog nous accueillons toujours chaleureusement.
Silvia Kadiu est une traductrice et universitaire française. Née en Albanie, elle est arrivée en France à l’âge de sept ans. Après avoir effectué des Masters de Littérature Comparée et d’Anglais à l’Université Sorbonne Nouvelle, elle a vécu à Londres pendant plus de dix ans, travaillant dans l’édition, la traduction et l’enseignement supérieur.

Book coverElle est titulaire d’un Master et d’un Doctorat de Traduction de la University College London. Sa thèse de doctorat sur la traduction des textes traductologiques a été publiée par UCL Press en 2019 sous le titre Reflexive Translation Studies : Translation as Critical Reflection. Elle est également l’auteure de plusieurs articles de traductologie, de traduction littéraire et de didactique de la traduction, et co-traductrice de plusieurs poèmes depuis l’albanais vers l’anglais (via le français) pour le recueil de poésie Balkan Poetry Today 2017, dirigée par Tom Phillips.

Silvia est actuellement Maîtresse de conférences invitée à University of Westminster London. Elle travaille en parallèle comme traductrice indépendante pour différentes agences de l’ONU, des ONG et de grandes marques internationales.

 

——————————————————

S. KadiuVous êtes écrivain, romancier et traducteur. Vous avez publié une vingtaine de livres [1] dont Un sanctuaire à Skyros (2020) et Trois excentriques anglais (2011). Vous avez également traduit une trentaine de livres depuis l’anglais et l’italien. Comment êtes-vous venu à l'écriture puis à la traduction ?

Lucien d'AzayAdolescent, j’ai commencé par écrire de la musique. J’ai composé plusieurs morceaux exclusivement pour le piano. J’étais surtout L. d'A. - Scott Joplin inspiré par Frédéric Chopin et Scott Joplin. J’écrivais même soigneusement les partitions — en plusieurs exemplaires — de ces morceaux. Vers vingt ans, faute d’être encouragé peut-être, j’ai eu l’impression de m’enfermer dans un genre qui n’intéressait que moi. Les morceaux que je composais étaient d’ailleurs trop complexes pour que je les interprète moi-même. Comme je lisais des romans et des essais avec de plus en plus d’intérêt, insensiblement, cette impulsion créative s’est tournée vers la littérature. J’ai commencé à écrire de la poésie en prose et quelques récits vers vingt-deux ou vingt-trois ans. Et j’ai envoyé mes premiers textes à des écrivains que j’aimais plutôt qu’à des éditeurs. Deux d’entre eux m’ont encouragé, J.M.G. Le Clézio et Jean Échenoz. Les lettres que j’ai reçues d’eux ont été déterminantes.

L. d'A. - J.M.G. Le Clézio L. d'A. - Jean Échenoz

Quant à la traduction, j’y suis venu naturellement, beaucoup plus tard, en raison, bien sûr, de mon amour des langues que je pratiquais, mais surtout parce que je souhaitais faire connaître à un lectorat français des textes qui m’avaient enthousiasmé en anglais ou en italien.
C’est ainsi que ma première traduction littéraire importante, celle du Serpent des blés, le premier roman d’un ami américain, T.M. Rives, a paru chez Zulma en 2005. (Je l’avais effectuée trois ans auparavant.)

 

  L. d'A. & T.M. Rives gettyimages
Lucien d'Azay et T.M. Rives

Gettyimages Raphael GAILLARDE

 

Mais, dans un cadre plus mercenaire, j’avais déjà traduit beaucoup de textes pour des galeries d’art, des musées et diverses entreprises.

Lucien Book 1 Lucien Book 3 Kucien Book 4

 

S.KadiuVous parlez le français, l’anglais et l’italien. Vous avez une bonne connaissance du grec et vous vous intéressez à la structure des langues en général. Comment expliquez-vous cette passion pour les langues ?


Lucien d'AzayLe cinéma et l’admiration de certains personnages ont beaucoup compté dans mon amour des langues. Pour l’italien, les films des années 1950 et 1960 — des réalisateurs comme Federico Fellini, Ettore Scola, Vittorio De Sica, Luchino Visconti, Mario Risi, Mario Monicelli, etc. —, et des actrices surtout — Gina Lollobrigida, Sofia Loren, Claudia Cardinale, etc. — m’ont donné envie non seulement de vivre en Italie, mais de parler italien.

L. d'A. - Gina-Lollobrigida.jpg L. d;A. - Sophia Loren (2) L. d'A. - Claudia_Cardinale (2)
Gina L. (1927 -) Sofia L. (1934 -) Claudia C. (1938 -)

C’était leur façon d’aborder la vie, la comédie, la sensualité et le sens de la dérision qui me plaisaient. J’ai commencé à apprendre l’italien seul, avec une méthode, comme je l’ai fait plus tard quand je me suis mis au grec, à peu près pour les mêmes raisons, outre une passion pour la civilisation grecque encore plus forte que pour la civilisation latine et italienne. Mon rapport avec l’anglais est plus lié à la littérature et à quelques figures emblématiques de l’Angleterre que j’admirais et qui m’ont tenu lieu de modèles. Celle du gentleman aventurier m’a toujours fasciné. Je me suis rendu compte, longtemps après, qu’il y avait là, à mes yeux, un idéal auquel j’aspirais. Des écrivains comme Robert Louis Stevenson, Lawrence Durrell, Patrick Leigh Fermor, Lafcadio Hearn incarnent cet idéal. C’est aussi une question d’état d’esprit L. d;A. - Anthony Sattinet de sens de l’humour. Un de mes meilleurs amis, l’écrivain Anthony Sattin, est un Anglais modèle de ce genre ; je l’admire beaucoup, comme j’admire les héros de la bataille d’Angleterre, les pilotes de spitfire, mais aussi les joueurs de cricket. Il y a là un rapport direct avec la chevalerie. Un code d’honneur et un esprit qui me séduisent et qui ont eu une grande influence morale sur mon éducation. Il en est allé de même, plus tard, pour la Grèce. Il était naturel que je veuille parler la langue de mes héros.

 

S. KadiuDans vos écrits, la frontière entre récit, roman, essai et (auto-)biographie est souvent trouble. Comment décririez-vous la nature de vos textes ?

Lucien d'AzayJ’ai toujours eu une prédilection pour les genres hybrides, polymorphes et expérimentaux, ce qui m’a notamment amené à « L. d'A. - Keatrs  keepsake ressusciter », dans Keats, keepsake (Les Belles Lettres, 2014), celui du keepsake, sorte d’album qui, dans ma version
personnelle, comporte à la fois des portraits imaginaires du personnage auquel il est consacré (le poète anglais John Keats en l’occurrence), des notices sur son lexique préféré, des traductions de certains de ses poèmes et de ses lettres, un schéma synoptique des personnes qu’il a rencontrées au cours de sa vie, la reconstitution de sa bibliothèque personnelle et d’autres éléments évocateurs de sa personnalité. Mon prochain livre, La Belle Anglaise (vie de « Perdita » Robinson), qui paraîtra aux Belles Lettres en mars 2022, est articulé autour d’un dispositif similaire, sur lequel sont venus se greffer deux essais sur la condition de la femme en Angleterre à la fin du xviiie siècle, des « mises en abyme biographiques », sous forme de monologues, de cette égérie de la mode et de la littérature, ancienne comédienne et maîtresse du prince de Galles, qui fut magnifiée par les plus grands peintres anglais de son époque. Il s’y trouve aussi des notices sur des accessoires emblématiques de sa vie et de son temps et sur ses portraits les plus célèbres ainsi qu’une brève anthologie de ses œuvres.

Quelques autres de mes livres relèvent de genres non répertoriés, comme À la recherche de Sunsiaré  (Gallimard, 2005), une enquête biographique, Trois excentriques anglais (Les Belles Lettres, 2011), un essai sous forme de triptyque biographique, ou Ode à un bernard-l’ermite (Les Belles Lettres, 2015), constitué de variations en tous genres (essais, récits, poèmes, aphorismes et même un haïku, outre l’ode proprement dite) sur le thème.

Lucien Book 2 L. d'A. - Trois ecentiriques anglais L. A'z. - Ode

 

S. KadiuVos textes contiennent également de nombreuses digressions linguistiques, notamment sous forme de références étymologiques, réflexions sur la langue ou traduction de termes étrangers. Quelle fonction ces détours remplissent-ils dans vos écrits ?

Lucien d'AzayJ’aime beaucoup l’étymologie. Elle me permet de mettre en relief des mots-talismans qui jouent un rôle de catalyseur,
mais aussi purement symbolique dans mes livres. Ce sont des emblèmes, des concentrés de devises, des blasons même : on pourrait parler, à cet égard, d’héraldique linguistique. Je m’attarde longuement sur le mot steadfast, par exemple, dans Keats, keepsake ; et les personnages que je décris dans le roman intitulé Ashley & Gilda, autopsie d’un couple (Les Belles Lettres, 2016) sont en partie définis par le vocabulaire spécifique qu’ils emploient, dont le narrateur se veut l’exégète. Comme j’aime les langues étrangères, il s’agit le plus souvent de mots anglais, italiens, grecs, latins, allemands, espagnols, arabes même (dans Sur les chemins de Palmyre, La Table Ronde, 2012, par exemple). Un de mes grands plaisirs dans la vie est de compulser des dictionnaires. J’en possède beaucoup et m’y plonge volontiers, plusieurs fois par jour. Il est d’ailleurs rare que je sorte sans un dictionnaire de poche (grec-italien, par exemple : j’en ai quatre ou cinq).

 

S. KadiuVous êtes par ailleurs traducteur littéraire depuis une vingtaine d’années. Dans quelle mesure et de quelle manière votre activité de traducteur influe-t-elle sur votre travail d’écrivain ?

 Lucien d'AzayD’un point de vue purement pratique, la traduction, comme pratique littéraire quotidienne, vous astreint à une discipline salutaire et féconde en vous obligeant à réfléchir à la pertinence de votre propre langue ou du moins de celle dans laquelle vous écrivez. La question de la voix est fondamentale à mes yeux. C’est pourquoi je préfère traduire des écrivains dont la voix est proche de la mienne. Même si j’ai inévitablement tendance à les amener sur mon terrain, je suis plus sûr de restituer un texte homogène dans un français qui ne se ressent pas d’une influence étrangère. Le fait de traduire enrichit d’autre part votre vocabulaire, c’est une évidence. Un grand nombre de mots que j’ai adoptés par la suite me sont venus par la traduction. Il m’arrive même d’adopter des mots anglais ou italiens en version originale dans mes propres textes.

 

S. KadiuInversement, comment définiriez-vous la différence entre votre travail de traducteur et votre activité d’écrivain ?

Lucien d'AzayDeux ou trois heures de traduction par jour, quatre au grand maximum, sont un bon exercice pour un écrivain. Quelle que soit la difficulté du texte qu’il traduit, cette activité le met en train, et il est d’autant plus agréable de s’y atteler qu’on est d’emblée sur des rails et que l’on sait où l’on va puisque le texte est déjà tracé. Mais il ne faut pas en abuser. Le travail de traducteur relève de la maçonnerie ; l’écriture d’un livre, en revanche, de l’architecture. Il me semble qu’en traduisant trop, on risque d’être affecté d’une espèce de myopie : on ne regarde plus que les mots et les phrases et perd le recul nécessaire à la compréhension d’une œuvre, aux points de vue narratif, dramaturgique, psychologique et poétique. On ne voit plus que les briques et finit par oublier la structure. C’est pourquoi je préfère commencer mes journées de travail par la traduction, sans jamais dépasser les limites horaires que j’ai indiquées ci-dessus. Je ne m’y consacre jamais après midi. Enfin, pour conclure sur une note positive, la traduction, comme un exercice athlétique quotidien, vous permet de développer certains « muscles », la mémoire avant tout, mais aussi la clarté et surtout la précision dans le choix du vocabulaire, qualités fondamentales dont ne saurait se passer un écrivain. Sur le plan poétique, elle favorise aussi votre capacité de mettre les mots en résonance les uns avec les autres et de créer des analogies.

S. KadiuVous traduisez majoritairement depuis l’anglais, et dans une moindre mesure depuis l’italien. Comment choisissez-vous les textes que vous traduisez ? Vous est-il arrivé de refuser des traductions et, si oui, pourquoi ?

Lucien d'AzayIl y a d’une part les propositions que me font des éditeurs. Quand ils veulent bien me confier un texte à traduire, c’est en général parce qu’ils voient une affinité entre moi et l’auteur en question, qu’il s’agisse du style, du sujet ou de la manière de le traiter. Mais il arrive aussi qu’on me propose des textes sans grand rapport avec mon univers, par défi, mettons. C’est à moi d’évaluer si je peux relever ce défi en imitant le mieux possible la voix qu’il me faut restituer. Cette question de la voix, fondamentale à mes yeux, comme je l’ai dit, me conduit parfois à refuser de traduire certains textes car je pressens que je n’y arriverais pas, ou du moins pas assez bien, ayant, somme toute, de modestes talents d’imitateurs. Un bon traducteur doit parvenir à s’effacer pour restituer le mieux possible dans sa propre langue la voix qu’il a entendue dans une autre langue. C’est une question de registre aussi, et d’interprétation, comme on pourrait le dire de l’opéra : si votre répertoire est celui d’une mezzo-soprano, par exemple, mieux vaut ne pas vous aventurer à interpréter l’air de la Reine de la nuit dans La Flûte enchantée

D’autre part, il y a les textes, inédits en français, que je propose à des éditeurs parce que je les aime et voudrais les faire partager à un L. d'A. - William_Hazlitt_self-portraitlectorat français qui ne parle pas assez bien la langue dans laquelle ils ont été écrits. Ainsi ai-je par exemple proposé à Alice Déon, qui dirige Quai Voltaire, deux recueils d’essais de William Hazlitt, un auteur assez méconnu en France. Ou bien, aux éditions de La Table Ronde, les mémoires de l’aventurière anglaise Lesley Blanch, la première femme de Romain Gary. J’ai convaincu aussi Serge Safran de publier ma traduction de deux romans d’un ami écrivain et artiste américain que j’aime beaucoup, Alain Arias-Misson. Ma première traduction littéraire publiée, évoquée précédemment (Le Serpent des blés, de T.M. Rives, Zulma, 2005), était un défi d’autant plus grand que le texte n’avait pas paru en anglais, mais j’aimais tant l’écrivain et ce beau roman que je n’ai pas été dissuadé de poursuivre l’aventure après avoir reçu quatorze ou quinze refus, si mon souvenir est bon, avant qu’un éditeur n’accepte enfin de publier ma traduction. Si je tiens à un texte que j’ai traduit de mon propre chef, je me bats avec beaucoup plus de persévérance pour sa publication que s’il s’agissait de mon propre texte et me transforme en quelque sorte en agent français de l’auteur.

S. KadiuParmi vos multiples activités figure aussi celle de critique littéraire pour des revues comme la Revue des Deux Mondes et Transfuge. Comment ce travail s’articule-t-il avec vos professions d’écrivain et de traducteur ?

          Lucien d'AzayDepuis quelques années, j’écris en effet de plus en plus souvent dans les deux revues que vous mentionnez — et d’autres aussi, sans compter quelques préfaces ou postfaces. On me commande des articles d’une à huit ou dix pages : critiques littéraires, comptes rendus d’expositions, essentiellement. Il arrive aussi, pour la Revue des Deux Mondes, que les articles qu’on me suggère s’inscrivent dans un dossier à thème. On m’en a récemment demandé un sur le cognac et la spiritualité, par exemple. De sorte que j’écris en moyenne quatre ou cinq articles par mois. Il n’est pas rare non plus que je propose des articles à ces revues, sur des livres, des expositions ou des sujets qui m’intéressent. Dans ce cas, ces textes peuvent faire partie d’un Lucien Florenceprojet plus ambitieux ou s’inscrire en marge d’un projet. À titre d’exemples, comme je termine en ce moment des Variations sur la Grèce que m’ont commandées les éditions Cospomole (pour qui j’ai déjà écrit deux « dictionnaires insolites », sur Venise et Florence), j’ai proposé à la Revue des Deux Mondes un long article sur le sanctuaire de Delphes et à Transfuge un compte rendu de l’exposition Paris-Athènes qui se tient actuellement au Louvre.

Cette activité de critique a pris plus de place dans ma vie depuis environ trois ans, aux dépens de la traduction. En 2021, j’ai en effet peu traduit. Quelques pages uniquement, dont un texte du français à l’anglais pour une galerie d’art parisienne.

 

S. Kadiu Vous préparez actuellement un livre sur l'écrivaine britannique Mary Robinson. Que pouvez-vous nous dire sur ce projet? 

Lucien d'AzayCe livre — La Belle Anglaise (vie de « Perdita » Robinson), à paraître aux Belles Lettres en mars prochain —  est achevé depuis un an, en réalité. Mais en raison de la crise sanitaire et de programmes de publication plus lents que de coutume, outre la pénurie de papier que connaît la France en ce moment, sa parution a été deux fois reportée. Comme je l’ai évoqué précédemment, il s’agit d’un livre hybride qui tient à la fois de la biographie, de la fiction, de l’essai, du récit historique, de la critique d’art et de l’anthologie : son dispositif est compartimenté ; toutes les parties sont rattachées les unes aux autres par un système de renvois. On y trouvera aussi beaucoup de notes en bas de page (165). L’ensemble constitue environ 300 pages, auxquelles viendra s’ajouter une iconographie de vingt à trente illustrations en couleur.

J’ai déjà articulé un livre de cette manière, À la recherche de Sunsiaré (Gallimard, 2005) — autour d’une enquête sur la vie d’une égérie du monde de la mode et de la vie intellectuelle parisienne pendant la Guerre d’Algérie — ; l’idée est de déployer toute une variété de réflexions autour d’un personnage qui fait office de prisme pour décrire une époque en recourant à plusieurs formes littéraires. La période qui va des dernières années de l’Ancien Régime à la fin de la Régence anglaise, c’est-à-dire de 1775 à 1820, mettons, m’a toujours beaucoup intéressé. J’ai déjà publié, il y a longtemps, un essai sur le Verrou de Fragonard qui évoque cette époque (La Volupté sans recours, Climats, 1996, repris chez Klincksieck L. d'A. - Mary Robinson_'Perdita' (Sir Joshua Reynolds 1782) en 2018). Mary Robinson est née en 1757 et morte en 1800. À travers elle, c’est la fin du xviiie siècle et la condition de la femme que j’analyse tout au long de ce livre. En Angleterre, mais aussi en France, car elle y a séjourné plusieurs fois, avant et après la Révolution.

——————

[1] 

BIBLIOGRAPHIE

A Sentimental Journey (à travers Chaillot et Passy), Climats, 1995

Nouveaux exercices de style : pastiches, Castelnau-le-Lez, France, Éditions Climats, coll. « Arc-en-ciel », 1996, 167 p.

La volupté sans recours : autour du "Verrou" de Fragonard, Castelnau-le-Lez, France, Éditions Climats, coll. « Arc-en-ciel », 1996, 136 p.

Florence, Castelnau-le-Lez, France, Éditions Climats, coll. « Micro-Climats », 1999, 124 p.

Les Cendres de la Fenice : choses vénitiennes, Castelnau-le-Lez, France, Éditions Climats, coll. « Micro-Climats », 2000, 140 p.

Ovide, ou l'amour puni, Paris, Éditions Les Belles Lettres, coll. « Eux & nous », 2001, 302 p.

Histoires de Toscane, Paris, Éditions Sortilèges, 2001, 336 p.

Sonia Stock, Castelnau-le-Lez, France, Éditions Climats, 2002, 173 p.

Tibulle à Corfou, Paris, Éditions Les Belles Lettres, coll. « Eux & nous », 2003, 300 p.  Prix Mottart de l'Academie francaise 2004

Trésor de la nouvelle de la littérature italienne, Paris, Éditions Les Belles Lettres, coll. 2004, 2 vol., 254-256 p.

À la recherche de Sunsiaré, Paris, Éditions Gallimard, 2005, 391 p. + 8 pl.

Le Faussaire et son double. Vie de Thomas Chatterton, Paris, Éditions Les Belles Lettres, 2009, 304 p.

Trois excentriques anglais, Paris, Éditions Les Belles Lettres, 2011, 330 p. Prix de la Revue des deux mondes 2012

Les Grands personnages de l'Histoire
, Gennevilliers, France, Géo éd., 2011, 320 p.

Sur les chemins de Palmyre
, Paris, Éditions de La Table Ronde, coll. « Vermillon », 2012, 151 p.

Dictionnaire insolite de Venise, Cosmopole, 2012

Keats, keepsake, Les Belles Lettres, 2014

Ode à un bernard-l'ermite, Les Belles Lettres, 2015

Dictionnaire insolite de Florence, Cosmopole, 2015

Ashley & Gilda, autopsie d'un couple, Les Belles Lettres, 2016

Florence aquarelles, éditions du Pacifique, 2016

Un sanctuaire à Skyros
, Les Belles lettres, 2020. Médaille de vermeil, Académie française

Astérix et le Griffon

GRIFFON 1Scénario : Jean-Yves Ferri  Dessins : Didier Conrad
Éditeur : Les Éditions Albert René
Première édition en album : 21 octobre 2021

Le 21 octobre 2021, Astérix, Obélix et Idéfix sont de retour pour une 39e aventure en bande dessinée. Accompagnés de Panoramix, ils s’apprêtent à partir pour un long et mystérieux voyage en quête d’une créature étrange et terrifiante.

« Mais quelle est donc cette créature ? »

Didier Conrad a fait parvenir un dessin aux Éditions Albert René. Un dessin étrange et mystérieux…  Celui-ci montre nos deux héros – créés il y a plus de 60 ans par les géniaux René Goscinny et Albert Uderzo – grimpant le long d’un grand tronc d’arbre pour tenter de récupérer Idéfix qui semble vouloir leur échapper…

 

Destination : Froid !

Un totem de Griffon planté dans un paysage enneigé, sauvage et apparemment désertique, Astérix aux aguets sur son cheval affichant lui-même un regard inquiet, Idéfix dans tous ses états, appelé par un Obélix troublé… Par Toutatis, où sont donc nos héros ?!?

Promesse d’aventure aux confins du Monde Connu, au pays des Sarmates, l’illustration de la couverture laisse augurer d’un Western transposé dans le grand froid… Didier Conrad, auteur du dessin, nous en dit plus : « C’est un Eastern ! Vous retrouverez dans l’album tous les codes classiques du Western : de grands espaces, des héros venus de loin aider des innocents, des « sauvages » qui subissent l’arrivée conquérante d’une armée… mais à l’Est ! »

  Griffon 2  

Et le griffon dans tout ça ?

Jean-Yves Ferri nous en dit plus sur l’animal mystère du titre de l’album : « A la recherche du griffon, cet animal mythique dépeint dans des textes d’auteurs grecs antiques, les Romains ne sont pas au bout de leurs surprises ! Le Griffon dans l’album est l’animal-totem d’un Chaman sarmate. Il cristallise un peu l’ignorance des Romains et la manière fantaisiste dont ils imaginent la faune dans un monde, pour eux, encore largement inexploré. Même doté d’un corps de lion et d’une tête d’aigle, le Griffon ne leur parait au départ pas plus improbable que la girafe ou le rhinocéros. Après tout, Jules César a lui-même évoqué la licorne dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules (authentique !) Mais, au fur et à mesure de leur progression aux confins du Barbaricum, le doute va s’insinuer. Leur mentalité de conquérants va alors commencer à faiblir… Surtout qu’Astérix et Obélix (sans oublier Idéfix !) venus en renfort des Sarmates, ne vont pas leur faciliter le voyage ! »

 

Les secrets des druides sur l’album

« Pourquoi le griffon ? »

Jean-Yves Ferri nous en dit plus « Pour ma part, concernant le nouvel album Astérix et le Griffon, tout est parti d’une représentation sculptée de la Tarasque : un animal terrifiant des légendes celtiques … Nos ancêtres croyaient-ils vraiment en l’existence réelle de ces monstres bizarres ?

Il faut dire que dans l’Antiquité romaine, les explorateurs étaient rares et que la terra restait en grande partie incognita. Cependant, éléphants ou rhinocéros, animaux extraordinaires, avaient déjà été montrés à Rome. Dès lors, pourquoi les Romains auraient-ils douté de l’existence de créatures tout aussi improbables ? Certaines (méduse, centaure, gorgone…) n’avaient-elles pas été décrites très sérieusement, avant eux, par les anciens Grecs ?

Dans le bestiaire mythologique, restait à choisir l’animal qui serait au centre de l’intrigue. Mi-aigle, mi-lion (et oreilles de cheval), énigmatique à souhait, j’ai opté pour le griffon !
Les Romains allaient marcher, c’est sûr. Mais les Gaulois ? Comment Astérix, Obélix et Idéfix, accompagnés du druide Panoramix, allaient-ils être entraînés dans la quête épique et semée d’embûches de cet animal fantastique ?
C’est ce que vous saurez en lisant l’album. Je ne vais pas non plus faire comme la déesse Wikipédia et tout vous raconter … »
Voilà qui intrigue, et donne envie d’en savoir plus…
Réponse dans Astérix et le Griffon, dès le 21 octobre 2021 dans toutes les bonnes échoppes gauloises !

Une expédition en terre sarmate

À l’Ouest de l’Europe, Rome et sa civilisation dominent (même si, bien sûr, un village gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur !). À l’Est, se trouve le Barbaricum, ce vaste territoire inconnu, sauvage et inexploré, qu’occupent des peuples aux noms étranges (du moins du point de vue des Romains !) Parmi eux, LES SARMATES !

 

 

Les Sarmates formaient un peuple nomade qui vivait au Nord de la mer Noire du VIIe siècle avant J.-C. jusqu’au VIe siècle de notre ère, remplaçant les Scythes en Ukraine, occupant la plaine hongroise et dominant toutes les steppes entre l’Oural et le Danube. Ce qui fait d’eux les ancêtres des Slaves.

« Je voulais suggérer un territoire lointain, une sorte de « royaume sarmate » imaginaire. D’où le choix d’une zone située entre Russie, Mongolie et Kazakhstan. Des traces de sépultures de guerriers nomades ont été retrouvées dans ces régions de l’extrême Est de l’Europe. Et il se trouve qu’un certain Aristée de Proconnèse, poète Grec né vers 600 avant J.-C, y a situé ses étranges récits de voyages. Ça m’a donné l’idée de suivre ses traces et de placer là-bas mon petit peuple sarmate et son folklore de yourtes et de chamans. »

 

Le coin du libraire

N° ISBN : 978 2 86 497 349 2
Format : 228 x 294
Pages : 48

Gennike Mayers – linguiste du mois d’août 2021 (suite)

e n t r e t i e n    e x c l u s i f

(deuxième partie)

Gennike 2

Jonathan blue shirt snipped

Gennike Mayers
L'interviewée

 

Jonathan G. [1]
L'intervieweur

  La première partie est accessible ici.  

L’interview qui suit a été réalisée en anglais par Skype entre Los Angeles et Hope Bay (Tobago)*. Il fut traduit en français par notre invitée, avec l'aide preciéuse de René Meertens, auteur du Guide anglais-francais de la traduction. La deuxième partie de l'entretien sera publiée par la suite.

Map of Tobago

LOS ANGELES

Map of la


L’archipel des Caraïbes est une chaîne d’îles situées entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, entourée par la mer des Caraïbes. Essentiellement, les Caraïbes comprennent Anguilla, Antigua-et-Barbuda, la Barbade, les Bermudes, les Bahamas, les îles Caïmans, la Dominique, la Grenade, la Jamaïque, Montserrat, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, les îles Turks et Caïques, Trinité-et-Tobago, les Îles Vierges britanniques et les Îles Vierges américaines (avec l’anglais comme langue prédominante), la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélémy (principalement francophones), Aruba, Bonaire, Curaçao, Saba, Sint Eustatius, Sint Maarten et Suriname (néerlandophones), Haïti (créolophone et francophone) et la République dominicaine, Porto Rico et Cuba (hispanophones).

  Carte-antilles.jpg  

Initials JJGIl semble que votre décision de créer votre propre agence de traduction et d’interprétation était très judicieuse, car depuis l’apparition de la COVID-19, les plateformes qui permettent l’interprétation à distance aux personnes et aux groupes sont devenues très répandues.

Gennike snipAbsolument ! Interpreting Your Needs (Interprétation adaptée à vos besoins) a son propre parcours qui a commencé en IYN octobre 2011 en Guadeloupe, où elle a été créée. Puis, lorsque j’ai déménagé à Trinidad en 2015, j’ai enregistré une personne morale du même nom, bien que d’autres postes à temps plein aient retenu mon attention. Cette entreprise est donc restée inactive jusqu’en 2020, année où je suis rentrée du Zimbabwe au milieu de la pandémie, déterminée à travailler à domicile. Pour des raisons personnelles, je ne me sentais pas en sécurité et j’ai décidé de quitter un emploi à temps plein aux Nations Unies pour rentrer chez moi, même si, avec la fermeture des frontières de T&T, je n’étais pas tout à fait sûre du moment où je serais autorisée à rentrer chez moi.

En faisant cet acte de foi, j’étais déterminée à ressusciter Interpreting Your Needs et à en faire mon entreprise. Avec la COVID qui faisait rage partout dans le monde, je n’avais plus d’intérêt pour les voyages et le travail à l’étranger. Après toutes ces années passées à vivre un peu comme une étudiante dans un logement partagé avec des collègues, à dormir dans des tentes, des conteneurs rénovés et des chambres d’hôtel, je voulais juste être à la maison, profiter du confort de ma maison, gagner ma vie à la maison.

Dans le contexte de la COVID-19, de nombreuses entreprises ont été prises au dépourvu et forcées de passer en ligne. Dans mon cas, j’étais prête à m’épanouir en ligne parce que j’avais déjà fait l’expérience des études en ligne et du réseautage avec des collègues partout dans le monde depuis de nombreuses années. C’est donc une progression naturelle pour moi et mes services aux entreprises.

Initials JJGAyant maintenant votre propre entreprise depuis 2020, quelles nouvelles opportunités se présentent pour la coopération avec d’autres entités dans le domaine ?

Gennike snipAvoir ma propre entreprise signifie que je porte différentes casquettes tous les jours. Je suis plus qu’une interprète indépendante. Je suis également responsable de la commercialisation de mes services, des aspects financiers, de l’administration de mes activités, de l’assurance de la qualité, du service à la clientèle et de la gestion de projets. En même temps, travailler à la maison signifie que je peux profiter de la compagnie de mes chiens et passer beaucoup de temps dans mon jardin à cultiver des aliments biologiques pour garder mon esprit et mon corps en bonne santé. C’est un choix de vie qui est très différent de la vie que j’avais vécue pendant des années où je me rendais dans des zones sinistrées, désireuse de servir les autres mais finalement j’ai négligé mes propres besoins, ce qui a conduit à l’épuisement.

Depuis que j’ai changé d’orientation et créé ma propre entreprise, j’ai eu la possibilité de fournir de nombreux services, mais maintenant ceux-ci visent à surmonter les barrières linguistiques. Mes compétences linguistiques aident les gens à établir des liens, à communiquer et à collaborer à la résolution de problèmes. C’est ma passion. C’est ce qui me motive au quotidien.

En élargissant mon réseau via des plateformes comme Linkedin, j’ai eu la chance de rencontrer des personnes très intéressantes avec lesquelles j’ai établi de grandes synergies, vous par exemple. Nous nous soutenons mutuellement dans notre démarche entrepreneuriale, échangeons des compétences et des services, nous recommandons et promouvons l’expertise de l’autre et entretenons généralement de bonnes relations. Grâce à ces relations en ligne, de nombreuses portes se sont ouvertes pour moi : invitations à participer à différents forums, interprétation simultanée à distance, traduction pour les clients lointains, etc.

J’ai également été en mesure d’affiner mes compétences en interprétation à distance. J’ai notamment poursuivi la certification professionnelle avec la plate-forme multilingue KUDO. Cette technologie est novatrice et arrive à point nommé. Elle a révolutionné la façon de travailler des interprètes et a créé un marché que les clients potentiels peuvent exploiter pour réserver des services d’interprétation sur demande pour des réunions multilingues. J’ai décroché le certificat la veille de mon 45e anniversaire. Comme quoi, il n’est jamais trop tard pour commencer quelque chose de nouveau.

Initials JJGVous avez récemment publié un livre intitulé « CARICOM: GOOD OFFICES, GOOD NEIGHBORS » dans lequel vous expliquez la diversité des méthodes des membres de la Communauté des Caraïbes face à la crise vénézuélienne. Quels sont les États membres de la CARICOM ?

Gennike snipLa Communauté des Caraïbes (CARICOM) est une organisation créée en 1973 par le Traité de Chaguaramas, signé par les membres fondateurs (Barbade, Jamaïque, Guyana et Trinité-et-Tobago) pour promouvoir l’intégration économique et la coopération. L’organisation se compose actuellement de 15 nations des Caraïbes et de dépendances. Ces États membres sont Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, la Barbade, le Belize, la Dominique, la Grenade, le Guyana, Haïti, la Jamaïque, Montserrat (un territoire britannique d’outre-mer dans les îles Sous-le-Vent), Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, le Suriname et Trinité-et-Tobago. En plus des membres à part entière de la communauté, il y a cinq membres associés et sept observateurs. Les cinq membres associés sont Anguilla, les Bermudes, les îles Vierges britanniques, les îles Caïmans et les îles Turks et Caïques. Le rôle des membres associés, qui sont tous des territoires britanniques d’outre-mer, n’est pas encore défini. Les observateurs sont des États qui participent à au moins un des comités techniques de la CARICOM.

Initials JJGVous êtes l’un des traducteurs de référence pour le Bureau d’interprétation et de traduction des Caraïbes (CITB) de l’Université des Antilles (UWI). 

Gennike snipLe CITB est une branche de l’Université des Antilles qui fournit, comme son nom l’indique, des services d’interprétation et de traduction à des clients publics et privés. Puisque l’UWI offre un diplôme d’interprétation, les diplômés qui réussissent le cours sont engagés comme pigistes pour des clients. J’ai eu la chance de travailler comme pigiste au CITB depuis 2007, année où j’ai obtenu mon diplôme d’études supérieures. Ce qui est le plus gratifiant, c’est que les professeurs du programme de troisième cycle sont devenus des mentors et des amis avec qui je travaille encore aujourd’hui.

Initials JJGQuelle est la principale activité économique de Trinité-et-Tobago et quel est le mode de vie de ses habitants ?

Gennike snipTrinidad est un centre commercial et industriel animé, tandis que Tobago est une île touristique décontractée et presque somnolente. Ensemble, Trinité-et-Tobago offre aux visiteurs un équilibre entre affaires et plaisir. Trinité-et-Tobago est considérée comme le centre économique des Caraïbes anglophones en raison de sa production de pétrole et de gaz et de son solide secteur manufacturier qui exporte une grande partie de ses marchandises vers ses voisins de la CARICOM, ses partenaires commerciaux sud-américains et les États-Unis.

Initials JJGQuelles sont vos activités extra-professionnelles préférées?

Gennike snipJ’ai eu différents passe-temps à différentes étapes de ma vie parce que j’essayais toujours de nouvelles activités dans les pays où j’ai eu la chance de vivre, d’étudier et de travailler. En Haïti, j’ai commencé le kick-boxing pour remédier au stress. En République dominicaine, j’ai appris à danser la salsa et le merengue. En Martinique, j’ai appris à danser le zouk et des danses traditionnelles telles que le Gwo Ka, le Biguine et la mazurka. En Guadeloupe, je me suis inscrite à un club de cyclisme et j’ai pratiqué une gamme de sports nautiques facilement accessibles (kayak, snorkeling, natation). À la Barbade, j’ai suivi des cours de surf. Maintenant, avec les restrictions liées à la COVID-19 imposées dans mon pays, y compris la fermeture des plages, je passe beaucoup plus de temps dans le jardin à faire de l’agriculture de subsistance et à lire dans un hamac. Je fais aussi des expériences culinaires avec des recettes d’algues sargasses. Jusqu’à présent, j’ai créé des lasagnes aux sargasses, de la pâte à pizza aux sargasses et des brownies aux sargasses. Tous délicieux!

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[1] Votre blogeur fidèle est traducteur et interprète assermenté aupres du Judicial Council of California (hebreu/anglais, francais/anglais). Il a vecu sur quatre continents et a passé un an a Paris, où il a obtenu un diplome en Civilisation française de la Sorbonne – un cas d'opsimathie, vu le fait qu'il n'au jamais appris le français a l'école ni pendant ces annees d'etudes précédentes en droit. Il a ètè membre du Barreau d'Afrique du Sud et du Barreau d'Israel. Il a traduit en anglais RÉVOLUTION d'Emmanuel Macron.

Tortoise 1Il ne faut pas le confondre avec un autre Jonathan encore plus ancien – la tortue (agée de 188 ans) en confinement sur l'ile de Sainte Hélène (comme Napoléon autrefois). Les deux (Jonathan & Jonathan, non Jonathan et Napoléon) se sont rencontrés lors d'une visite de l'île effectuée par votre bloggeur. Voir le reportage : https://bit.ly/2KS6Wxe  

 

Underground – l’usage en anglais et français

Le Comité régional du tourisme Paris-Île-de-France organise le printemps prochain  un « weekend hors du commun », un événement « Paris face cachée », ou encore « Paris Underground ». Comme on le sait, le mot anglais  « underground » (substantif ou adjectif) veut dire « souterrain ». C’est pour cela qu’il désigne officiellement le métro de Londres. (Aux États-Unis, le terme habituel est « subway ».)

   

Mais, pendant la deuxième guerre mondiale, le mot a pris un nouveau sens lorsqu'il en est venu à désigner les mouvements de résistance à l'occupation de l'Europe par les nazis.

Après la guerre, “The Underground” a désigné un mouvement de contre-culture, né en Grande-Bretagne et associé à la culture hippie aux États-Unis.

Dans cette acception, “underground” peut être traduit en français par « clandestin » (adjectif) et « mouvement clandestin » ou « clandestinité » (substantif).

Parmi les expressions désignant des activités clandestines ou parallèles, citons l'économie « underground », le cinéma « underground ”, la musique “ underground », l'art « underground » et la presse « underground ». Dans le domaine économique, on a beaucoup utilisé les adjectifs « souterraine » ou « parallèle » pour qualifier tout un pan de l'économie italienne ou russe s'exerçant en marge des structures commerciales officielles.   

 

Le journal britannique The New Statesman a publié en 2011 un article intitulé « Down the Tube? Up the social ladder », concernant le prix prohibitif du ticket de métro londonien.

Le premier syntagme joue avec les mots. En effet, si le mot anglais « tube » a la même signification que « tube » en français, lorsqu'on l'écrit avec un T majuscule il fait référence au métro londonien : « the Tube » est le nom populaire qui lui est donné (le nom officiel étant « the Underground »). Et si vous avez déjà voyagé dans the Tube, emprunté ses couloirs et escaliers roulants, vous avez certainement eu l'impression de vous déplacer à l'intérieur d'une sorte de tube ou de conduit géant.

 

  Underground map  

Cependant, l’expression « Down the tubes » (avec un « s ») a un tout autre sens, le même que « down the drain ». Elle signifie qu'un projet n'aboutit à rien, qu'il finit en queue de poisson ; on pourrait dire en quelque sorte qu'il tombe à l'eau, dans les égouts, dans la tuyauterie. L'expression consacrée en français est d'ailleurs assez curieuse : on dit « tourner en eau de boudin » ou « s'en aller en eau de boudin[1] ». L’expression « down the Tube » est donc ici à double sens, car elle implique « the Tube » (le métro londonien) et « down the tubes » (un échec).

Quant au deuxième syntagme « Up the social ladder », il indique purement et simplement une ascension sociale. Le titre du New Statesman ne manque donc pas d'humour : en descendant dans le métro, on grimpe l'échelle sociale, proclame-t-il, sous-entendant une situation vouée à l'échec. 

Ladder

Ci-dessous se trouve l’article en question, publié le 23 novembre 2011 ; sa traduction française a été publiée dans Le Courrier International. " Le titre de l'article a été traduit par : « À Londres, prendre le métro est devenu un luxe ». Les traducteurs n'ont apparemment trouvé aucun équivalent qui puisse rendre le double sens de « Down the tube(s) ». Autant dire que cette expression tarabiscotée a dû leur donner du fil à retordre et a fini par tourner en eau de boudin. 

 

[1]          Si l'expression « tourner en eau de boudin » vient, paraît-il, de l'eau de cuisson du boudin, ou de l'eau souillée, bonne à jeter aux égouts, dans laquelle on nettoie les boyaux qui servent à la fabrication de ce mets, d'autres s'accordent à lui donner une origine moins ragoûtante. Attention, donc, à la traduction de « tourner en eau de boudin » dans le sens français → anglais. 

Initials JJG Jonathan Goldberg
Ces commentaires ont bénéficié des précieux conseils de Nathalie Nédélec-Courtès, traductrice littéraire anglais, espagnol et italien vers le français. Nathalie Nédélec-Courtès

 

 

Down the Tube? Up the social ladder

Public transport by name is increasingly exclusive by nature

Next time you're on the Tube take a look around you. If you think that it's increasingly full of white, business class professionals, it's because it is. According to newly-analysed data from Transport for London, slipping down the underground escalator means taking a step up the social ladder.

The data paints a stark picture of a growing social divide in our city. While richer groups speed to work underground, poorer and more diverse ethnic groups are forced to take the bus. Public transport by name is increasingly exclusive by nature.

The latest figures show that almost four in five of London's Tube users are now managerial and professional workers, and the situation is getting worse.

In 2003, Londoners in the bottom half of the income spectrum made up 28 per cent of Tube users, but in the latest data from 2009, this dropped to 22 per cent.

It is hard not to link these divides to a difference in fares (the cash price for a Zone 1 single fare is now £4). This week I've been talking to cleaners and caterers who cannot afford to use the Tube in the city they call home. Instead they flock to the bus, which remains expensive and problematic.

Take Elena, a cleaner from Columbia who works for £6.08 an hour. She holds down two part time jobs. Without access to the Tube or train, she has to leave her North London home at 5am. Together with hoards of other workers on the minimum wage, she gets a chain of buses before dawn breaks. Her need to travel between jobs means that she spends almost five hours a day travelling for six hours work.

At present Elena pays £68.40 for her monthly bus pass. If she were to buy a full travelcard with Tube access, it would cost £106, approximately one fifth of her monthly wage after tax.

The mayor doesn't seem to get the problem. Since Boris Johnson was elected, the cost of a weekly zone 1-4 travelcard has increased by 23 per cent, and he remains committed to 20 years of above inflation fare increases.

Migrant workers like Elena are particularly likely to be affected. According to TfL's figures, some 39 per cent of bus users are from black and ethnic minority communities compared to 29 percent of Tube users.

Bus dependency also continues to cause massive problems for families. Alberto, another cleaner, says his daughter has to leave the house at 5am with his wife. She waits at her mum's work reading until school opens, and she always arrives tired. Meanwhile Alberto makes his anxious journey across London. If he misses one of his busses or falls asleep, he risks being fired.

"I've seen the transport prices rise like crazy but the salary never increases," he says, "For a salary increase you have to fight. Throughout the years my money buys less and less so I'm encouraging the workers to get organised … The problem is getting worse."

There are economic consequences too. Transport is the circulatory system of our economy, but workers like Elena have been known to turn down jobs because they are too expensive to get to. It also makes it difficult to make English classes, and it hits women hardest.

According to the figures — unavailable online but released by TfL to the New Statesman — some 78 per cent of Tube users are now from managerial and professional groups, defined as ABC1s.

In contrast, just 22 per cent of Tube users come from C2DE groups associated with the bottom half of the income spectrum. This compares to 37 per cent of bus users who are from this category.

When the Greater London Assembly estimates that roughly half of London's population is in each group, something is clearly out of synch.

Although this decline in diversity was visible when Ken Livingstone was mayor, he's developing policies to buck the trend. If he is elected next year, he says he'd cut fares by 5 per cent in 2012 and freeze them until 2013.

As for Boris Johnson, we don't know what the consequences would be if he won another term in office. Under his watch, TfL have suspended the Underground Users Survey until further notice.

If such a move saves costs, it also buries bad news.

staycation – anglicisme ! néologisme ?

  Staycation 6  

Voici la définition de "staycation" fournie par Lexico.com, le dictionnaire numérique de l'Edition britannique Oxford Press :

"A vacation spent in one's home country rather than abroad, or one spent at home and involving day trips to local attractions."

Ce mot est-il un néologisme ? Pas exactement. Le journal Le Monde a publié un article deja en 2009 sous le titre « Cet été, vous restez chez vous ? Non, vous êtes en "staycation" ».

Néanmoins, Wiktionnaire soutien : « (Néologisme) Vacances passées à la maison. », et ajoute une explication étymologique :

Staycation 5« Apparu dans le sillage de la crise de 2007, le globe-trotteur d’appartement s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle pratique ­dénommée « staycation » – contraction de to stay (« rester ») et vacation  (« vacances »). — (Nicolas Santolaria, Typologie de l’estivant : le globe-trotteur d’appartement sur LeMonde.fr.. Mis en ligne le 21 août 2017, »


Lewis_carrollNeologisme ou non, nous ajouterons notre grain de sel : Staycation est une mot valise, à savoir un mot formé par la fusion d'au moins deux mots existant dans la langue de telle sorte qu'un de ces mots au moins y apparaisse tronqué, voire méconnaissable. [1] ) « Mot valise » se traduit en anglais par un mot à consonance française – "portmanteau word", [2] inventé par l'auteur et mathématicien britannique, Lewis Carroll (Charles L. Dodgson).[3] » 

  Staycation 4  
  AIRBNB [4]   

Le site Vie Bureau, publié par Eurecia.com, dans sa rubrique « Management et bien-être » du 03 aout 2018, prodigue, de façon humoristique, des conseils utiles. Voici l’article dont il s’agit : https://www.eurecia.com/blog/staycation-si-restiez-chez-les-vacances/. Nous le republions avec l’autorisation précieuse d’Eurécia. L'article offre une traduction astucieuse : vacadom.

Staycation : et si vous restiez chez vous pour les vacances ?

Staycation, quesako ?

Vous voulez être in ? Pratiquez le staycation ! C’est LA nouvelle tendance aux Etats Unis qui arrive en France ! Stay pour rester et cation pour vacation donc vacances. En Français nous pourrions le traduire par « vacadom », vacances à domicile. Eh oui, vous l’aurez compris, le staycation consiste à passer ses vacances à la maison ! Mais alors quel est l’intérêt ? Et quels sont les avantages ? La rédaction fait le point.

Cet été, je reste à la maison !

Vous allez dire « c’est un truc pour ceux qui n’ont pas les moyens ». Eh bien non ! Le staycation est de plus en plus assumé et pas toujours contraint. En effet, plusieurs Français témoignent des avantages à faire le touriste dans sa propre ville. Pourquoi partir loin quand on a tant de jolies choses à découvrir en bas de chez soi ? Vous n’êtes pas convaincus ? Voici les 10 raisons de pratiquer le staycation :

 

  Staycation 1  

 

Le staycation, ça ne s’improvise pas !

Disons-le ! Le staycation ça ne s’improvise pas. Voici les 5 conseils pour le faire bien :

Image

 

Attention, le staycation n’est pas sans risques !

Effectivement en faisant du staycation vous courrez un risque. Oui, oui ! Celui de ne pas faire de véritable coupure. Attention donc de ne pas céder à la tentation d'ouvrir votre ordinateur pour consulter vos mails ou bien répondre au téléphone à un collègue de travail. Tenez-vous en plutôt à votre planning vacances : lundi musée, mardi resto gastro et balade à vélo, mercredi repas avec les cousins, jeudi balade au bord de l'eau… Ne vous imposez aucune obligation ! Oubliez la chemise cravate ou les talons hauts et optez pour les tenues légères et les tongs. Détendez-vous, profitez et déconnectez !

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Voir aussi : Vaccication. Contraction anglaise de «vaccine» et «vacation» vacances»). Voyage qui permet de se faire vacciner contre le Covid-19. Les Maldives ont ainsi lancé un forfait qui permet aux vacanciers de recevoir deux doses de vaccin s’ils viennent dans le pays, afin de faire revenir les touristes. (07.11.21)

[1] Définitions  lexicographigues et étymologiques de « mot-valise » dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales : « Création verbale formée par le télescopage de deux (ou trois) mots existant dans la langue. »

[2] Portmanteau words in English

[3] Des aventures d'Astérix à l'univers fantastique d'Alice au pays des merveilles – paru sur ce blog.

[4] Wiktionnaire: AIRBNB : Abréviation fantaisiste de l'anglais air bed and breakfast (matelas pneumatique et petit déjeuner). Le nom a été inventé par les deux créateurs du concept en 2007.