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Comment parle-t-on français aujourd’hui?
(2 ième partie)


NicoleMadame Nicole Dufresne
, Senior
Lecturer Emeritus  (professeure honoraire), Département de
français et des études francophones, à l'Université de Californie, Los Angeles
(U.C.L.A.), a bien voulu rédiger à notre intention un article intitulé « 
Comment
parle-t-on français aujourd’hui? » La première partie a été publiée sur
ce blog le 8 novembre. Nous en présentons ici la deuxième partie. Étant donné que ce blog traite aussi des
affaires d’outre-Manche, nous avons également invité la Dr. Trista Selous,
linguiste anglaise, à exposer aux lecteurs ses réflexions sur l’état actuel de
l’anglais en Grande-Bretagne, et nous espérons que la parution de son article
complétera la contribution de Madame Dufresne.

Calques anglo-saxons

L’utilisation de
l’anglais dans le monde des affaires semble inévitable aujourd’hui, même si
l’idiome du « management » crée souvent des angoisses chez les
employés.

Les PDG parlent
de leur « business plan » [plã,
prononcé à la française]. Pourtant, ils pourraient dire leur plan affaires
(déjà un anglicisme de structure), mais cela ne correspondrait pas sans doute
aux méthodes de planification américaines qu’ils veulent évoquer.

Les experts en
commerce parlent de « marchés de niche » (niche markets) à la
place d’utiliser le terme français « créneau ». J’ai entendu dans
l’émission télévisée Capital, des
techniciens français expliquer le « process » d’assemblage de
meubles et le « process » 
de cuisson des chips, ignorant le terme français
« processus ».  L’utilisation
de termes anglo-saxons indique certainement la modernisation de l’entreprise
française, mais aussi la perte de repères linguistiques et de références
culturelles.

Au Journal
télévisé, les journalistes nous informent que les soldats démobilisés ou les
otages libérés sont heureux de rentrer « à la maison ».  Il me semble que le français dirait chez
eux, dans leur famille, au pays, ou en
France. À la maison est ici un calque de « home ». (Pourquoi alors ne
pas utiliser le mot anglais puisque tout le monde le comprend ?) En
français, on rentre à la maison quand on en est sorti quelques heures plus tôt.
De même, des phrases telles que « le trafic a été impacté » ou
« l’avion a crashé » semblent à présent bien ancrées dans le vocabulaire
quotidien. Ma formation professionnelle me fait remarquer ces calques,
cependant, cela ne semble étonner personne, surtout ceux qui ne parlent pas
anglais.

 

C’est tendance !

Longtemps les
professeurs ont recommandé aux apprenants d’éviter les adverbes de plus de
trois syllabes pour leur lourdeur. 
Maintenant, on ne peut prononcer une phrase sans y  ajouter « effectivement ». Cet
adverbe qui signifie « véritablement, réellement, vraiment » (Le
Petit Robert), ne veut à présent plus rien dire. Il s’utilise simplement pour
étoffer les phrases et pallier à une pauvreté de vocabulaire. «Franchement là,
le mélange rouge et orange, effectivement, c’est tout à fait tendance»,
annonçait récemment un jeune créateur dans une émission de décoration,
décrivant la chaise qu’il avait « désignée » [designed].  À quand donc le retour des adverbes qui modifient
« effectivement » le sens – tels éperdument, impunément ou
opiniâtrement !

Pour finir sur
une note bien française, certains termes un peu oubliés sont  remis au goût du jour. L’expression
« dans le collimateur » par exemple. Les médias en raffolent,
d’autant plus que, en ces temps de crise, 
tout est sous surveillance. Ainsi, Peugeot est dans le collimateur des
partenaires sociaux et les PDG sont dans le collimateur du
gouvernement ! Et que dire de la renaissance populaire de
« jouissif » qui s’entend souvent dans la publicité dans le sens
de l’anglais « so much fun » ?

Le français
évolue quoiqu’en disent les romantiques américains.  Qu’il s’agisse de mondialisation, de
politique ou de mode, les façons de parler se renouvellent. Trouvailles
judicieuses, calques négligents, euphémismes frileux, la langue subit des
changements que certains trouvent dérangeants et d’autres … jouissifs, sans
doute.

De  leur part, les Américains revendiquent de
plus en plus des mots français pour faire valoir leurs produits. Peut-être
obtiendrons-ils le feu vert de l’Union européenne pour utiliser le mot  « château »
sur leurs étiquettes de vin californien. 
Inversement, nos « boutiques wineries » bordelaises dirigées
par des investisseurs chinois ou qataris créeront-elles un jour un créneau –
que dis-je, un marché de niche – pour notre célèbre
« Castle of Yquem» ?

 

Traductrice du mois de novembre 2012 –
Anne Anstice


Anne - latestAnne Anstice
, qui habite Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), est notre traductrice du mois. 
Française d'origine, elle a  étudié et vécu en Angleterre  pendant plus de dix ans. De retour en France, elle a commencé à offrir  un service de traduction et formation en anglais aux particuliers et entreprises du sud-ouest de la France. Son mari et ses enfants sont tous britanniques. Le bilinguisme et le mélange de deux cultures bien différentes est au cœur de leur vie de famille.
Diplômée de l'Université de Bristol en 2002 (Postgraduate certificate in Education in MFL), elle est enseignante de formation. Pendant les dix années passées en Angleterre, elle a enseigné le français langue étrangère et, depuis son retour en France, Anne met à profit les compétences acquises pendant ces années formatrices et en tire l'inspiration nécessaire à son activité de formatrice d'anglais et de FLE.
 
Bristol
        Bristol University
 
Anne s’est inscrite à un cours de maîtrise (MA2) en traduction de l’Université de West of England, et elle a obtenu son diplôme en 2012 « with distinction ». Son mémoire, intitulé « New Words to Translate a New World », portait sur les néologismes dans le domaine de l'environnement.
Lorsqu'elle ne traduit pas, Anne passe son temps avec sa famille, se promène sur les plages ou dans la campagne, surfe sur l'océan Atlantique et fait de la planche à neige dans les Pyrénées où elle a grandi.
 
Biarritz
                   Biarritz
——————

 

LMJ : Quelles études avez-vous suivies ?

Anne : J’ai toujours aimé l’anglais et ma mère était d’ailleurs professeur d’anglais. C’est pourquoi, depuis mon plus jeune âge, j’ai souvent voyagé en Grande-Bretagne et aux États-Unis, avec mes parents.

C’est après une année d’hypokhâgne (aussi appelée « Lettres supérieures », cursus axé sur l’étude des langues anciennes, du français et de la philosophie) à Bordeaux que j’ai choisi de me lancer dans des études d’anglais et d'obtenir ma licence en 1997. Attirée par la culture anglo-saxonne, j’ai décidé d’aller voir le monde et, sac au dos, je suis partie explorer la Californie et passer six semaines à descendre la Highway 101 de San Francisco à L.A., sans oublier de faire un détour par le parc national de Yosemite et Las Vegas.

À mon retour et forte de mon expérience, je décidai de quitter la France et de partir faire ma maîtrise en Angleterre et ainsi perfectionner mon anglais.

 

LMJ : Qu’avez-vous fait après?

Anne : C’est comme cela (et un peu par hasard) que j’ai débarqué à Bristol en 1998 : férue de cinéma, je choisis comme sujet de mémoire le cinéma contemporain britannique et l’intitulai « Fiction and reality in British contemporary cinema ». La période qui m’intéressait couvrait les années 80 et 90. Mon idée était d’étudier les événements historiques et politiques à travers le prisme du cinéma et de comprendre comment la réalité influençait la fiction et comment le cinéma arrivait à traduire une certaine réalité, celle de l’Angleterre thatchérienne. J’ai donc passé cette année à regarder et étudier les films de Mike Leigh, Ken Loach et bien d’autres.

Ces années ont bien évidemment été excitantes mais aussi formatives, j’ai surtout noué de formidables amitiés et découvert une nouvelle culture. Mon choix de Bristol fut, je le crois, judicieux car cette ville bouillonne de vie et les scènes artistique et musicale y sont tout aussi vibrantes.

 Après un petit intermède de trois mois en Australie, Nouvelle-Zélande et Inde, je décidai de rester en Grande- Bretagne et de me former au métier d’enseignante en langues étrangères. J’ai ainsi travaillé dans un nombre de collèges et de lycées du sud-ouest de l’Angleterre.

Ce n’est qu’en 2009 – soit dix ans après mon arrivée à Bristol – que j’ai ressenti le désir et l’envie de m’essayer à la traduction, ce métier me paraissait offrir ce dont j’avais toujours rêvé : la possibilité d’utiliser mes compétences et connaissances dans les deux langues que j’affectionne tant, mais aussi une certaine liberté. En outre, c’était  une activité que je pouvais entreprendre à la fois en Angleterre et en France. Pour permettre cette reconversion, j’entrepris un master 2 à l’université de UWE, à Bristol, qui offrait la possibilité d’une formation à distance. C’est ainsi que notre retour en France fut possible.

 

LMJ : Votre mémoire, intitulé New Words to translate a New World, portait sur les Néologismes dans les textes environnementaux. Pouvez-vous en quelques mots nous décrire ses objectifs principaux ?

Anne : J’y présente les résultats d'une étude contrastive des néologismes français et anglais dans les textes environnementaux d'un point de vue lexicogénique. Mon but visait à découvrir les mécanismes utilisés par les deux langues lors de la création de nouveaux termes.

L'objectif était double: dans un premier temps, il s’agissait de construire une base de données terminologiques bilingue pour ensuite étudier la formation de ces néologismes environnementaux en utilisant un corpus de textes collectés sur l’Internet. Je me suis également servie du corpus du COCA (Corpus of Contemporary American) et des principaux dictionnaires français et anglais comme points de référence pour essayer de dater ces nouveaux termes que j’ai appelés « écotermes ».

Cette étude m’a aidée à découvrir un grand nombre de mots et collocations à la mode en ce début de millénaire comme, par exemple, les mots formés avec les préfixes éco- et bio-, mais m’a aussi aidée à découvrir bon nombre de nouveaux mots composés, centrés sur les mots-clés de « carbone, vert, global ou durable ».

Elle m’a aussi amenée à comparer la façon que les deux langues avaient de créer des néologismes et à tirer des conclusions sur les changements de mentalité et de conception du monde dans les deux pays. Les deux langues semblent évoluer pour pouvoir traduire des questions d'actualité dans un monde en constant mouvement où l’écolangage est devenu roi.

 

LMJ : Qu’est-ce qui vous a amenée à choisir le sujet de votre master : votre intérêt pour les néologismes ou celui pour l’environnement ou les deux ? Votre intérêt pour ce sujet s’en trouve-t-il renforcé à la fin de ces années d’études?

Anne : En arrivant en France, je me suis d’abord portée volontaire pour traduire la veille politique que publiait l’association Surfrider Foundation, une sorte de lettre d'information résumant toute l’actualité politique européenne ainsi que les directives de l’Union Européenne. C’est comme cela que je suis devenue traductrice en charge du pôle environnement de l’association. La question de l’environnement et l’importance de sa protection et plus particulièrement de celle du littoral et des océans, sont des sujets qui me tiennent à cœur. Je me sens, d’autant plus, concernée par cette question maintenant que je me suis mise au surf…

C’est cet engagement pour l’association qui a guidé le choix de mon sujet de mémoire. C’est avant tout en traduisant pour Surfrider que j’ai découvert les nouveaux termes qui foisonnent dans les textes environnementaux et forment ce que j’ai appelé, « l’écolangage ». Intriguée par cette nouvelle terminologie, j’ai décidé d’étudier les mécanismes et stratégies mis en place par le français et l’anglais pour former ce qu’on appelle des néologismes Le premier problème était avant tout de définir ce qu’était un néologisme, puis de trouver une méthode pour les extraire. Je me suis donc tournée vers la création et l’étude de corpus « the corpus based approach ». Cette recherche a été pour moi fascinante et très enrichissante et je continue, bien sûr, à m’intéresser à la question alors même que mon master est terminé.

 

LMJ : Comment avez-vous avancé dans votre profession de traducteur?

Anne :  J’avoue qu’il n’est pas toujours facile de changer de cap et de carrière ainsi que de pays car, comme dans toute profession, on vous demande une certaine expérience; mais faut-il encore que l’on vous donne la possibilité de l'acquérir ! J’ai décidé de faire le saut au début 2011, et de m’inscrire en tant qu’auto-entrepreneur, je suis ainsi parvenue, malgré les difficultés, à trouver quelques clients basés dans le sud-ouest de la France. Hélas, les progrès sont lents et la concurrence est rude ! Ce n’est que récemment, alors que je terminais mon master qu’avec un ami webmaster, nous avons eu l’idée d’un blog, et c’est ainsi que TransAT vit le jour. C’est à la fois pour moi une plateforme d'échange d'idées mais aussi, je l’espère, un moyen de tisser des liens et d’attirer de nouveaux clients. Je publie un billet par semaine en moyenne et m’intéresse à des sujets ayant trait au monde des langues, à leur apprentissage, à la traduction bien évidemment, et récemment à la linguistique et à la formation de nouveaux termes en français et anglais. Rendez-vous sur http://www.trans-atlantic.fr.

Note linguistique : Ce special qui n’est pas toujours spécial…

En mai dernier, pour protester contre l'augmentation annoncée des frais de scolarité, les étudiants (universitaires et cégépiens [1]) du « Printemps érable », arborant le carré rouge [2], ont organisé quotidiennement du chahut dans les rues des grandes villes du Québec. Face à cette situation, le gouvernement provincial a adopté une loi d'exception (la loi 72, interdisant les manifestations de plus de 50 personnes) qui a été qualifiée de « loi spéciale ». Les jeunes
y ont même répondu par des banderoles vengeresses du genre « La loi
spéciale, on s'en câlisse » [3].
Lorsque, par mesure d'économie, le gouvernement de l'Ontario a prétendu geler les traitements des enseignants du secondaire au mépris des conventions collectives, il a également adopté une « loi spéciale ». Enfin, lorsque les agences de presse ont rendu compte de ces mesures, il ne s'en est trouvé qu'une pour parler de « loi d'exception ». Pourtant, dès lors que, face à une situation grave et hors du commun, on adopte des mesures qui dérogent aux droits fondamentaux ou restreignent les libertés publiques, on parle de lois d'exception, de tribunaux d'exception, voire de mesures d'exception. "Spécial" n'est donc pas, il s'en faut, la seule traduction en français possible, même si c'est la première qui vienne à l'esprit. D'une manière générale, special signifie particulier, extraordinaire, unique, exceptionnel, parfois même catégoriel (special interests), voire promotionnel (special offer). Sans parler de « trucages » pour special effects ou de « par exprès » pour special delivery. Il arrive que l'adjectif se traduise par « spécial », comme dans « forces spéciales », special forces (euphémisme pour commandos), ou « droits de tirage spéciaux » pour Special Drawing Rights,

Dans ma petite ville de résidence, il est d'usage d'accueillir chaque année les nouveaux arrivants autour d'un verre de l'amitié. Cette fois-là, une dame anglaise, fort gracieuse et voulant dire qu'elle se sentait particulièrement bien chez nous, déclara tout de go: «  Vivre en France, c'est agréable mais, vivre à D., c'est spécial ! ». Ce qui fut salué par un léger murmure dans l'assistance. En effet, spécial, en l'occurrence, serait plutôt péjoratif et synonyme de bizarre (pour tout dire, odd). Comme quoi, avec la meilleure volonté du monde, les faux amis sont parfois perfides!

[1] Élève d'un CEGEP (Collège d'enseignement général et professionnel), cycle d'études se situant entre le secondaire et l'université qui constitue l'un des éléments les plus intéressants du système scolaire québécois.

[2] Lire à ce sujet et sur le mode fictif : Printemps spécial. Collectif, Héliotrope, Montréal, 2012, 114 pages.

[3] Québécisme pour « on s'en fiche ».

Jean Leclercq

Les menaces de 2012 (humour anglais)

Alerts to threats in 2012 Europe

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The English are feeling the pinch of recent events in Syria and have therefore raised their security level from "Miffed" to "Peeved." Soon security levels may be raised yet again to "Irritated" or even "A Bit Cross."

The English have not been "A Bit Cross" since the blitz in 1940 when tea supplies nearly ran out.
Terrorists have been re-categorized from "Tiresome" to "A Bloody Nuisance." The last time the British issued a "Bloody Nuisance" warning level was in 1588, when threatened by the Spanish Armada.
—————————
The Scots have raised their threat level from "Pissed Off" to "Let's get the Bastards." They don't have any other levels. This is the reason they have been used on the front line of the British army for the last 300 years.
—————————-
Italy has increased the alert level from "Shout Loudly and Excitedly" to "Elaborate Military posturing." Two more levels remain: "Ineffective CombatOperations" and "Change Sides."
—————————–
The Germans have increased their alert state from "Disdainful Arrogance" to  "Dress in Uniform and "Sing Marching Songs." They also have two higher levels: "Invade a Neighbour" and "Lose."
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The Belgians, on the other hand, are all on holiday as usual; the only threat they are worried about is that of 
NATO pulling out of Brussels.

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The Spanish are all excited to see their new submarines ready to deploy. These beautifully designed subs have glass bottoms so the new Spanish navy can get a really good look at the old Spanish navy.
———————————
Australia, meanwhile, has raised its security level from "No worries" to "She'll be all right, Mate."
Two more escalation levels remain: "Crikey! I think we'll need to cancel the Barbie this weekend!" and "The barbie is cancelled." So far no situation has ever warranted use of the last final escalation level.

— John Cleese – British writer, actor and tall person.
——————————–
 A final thought –
————————–
"Greece is collapsing,
the Iranians/Persians are getting aggressive,
and Rome is in disarray.
Welcome back to 430 BC."

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Le texte ci-dessus circule sur la red. L'identité de son auteur n'est pas connue.

Analyse d’un article paru dans la revue «Travail, Genre et Sociétés»

Voici une analyse, redigée par notre collégue Britannique, Juliette Scott,  du dernier article de la sociologue française-américaine, la Prof. Abigail Saguy. Une version anglaise de cette analyse paraît également  sur le blog  "Words to DeedsBuilding bridges – between academia and practice and between translators, interpreters and legal professionals", sous le titre "Before & after the DSK affair – Review". Elle est  traduite ici par Jean Leclercq. Ce travail collaboratif a  été facilité avec l'aide precieuse de la Professeur Saguy. Les images ci-dessous ont  été  fournies par Juliette Scott que nous remercions vivement pour sa contribution intéressante.

Qui règne sur le Facebookistan ? ‎

MorriNous sommes fiers de présenter à nos lecteurs et lectrices notre nouveau collaborateur, M. Johann Morri . Johann est juge au tribunal administratif de Versailles. Il a étudié le droit en France et aux Etats-Unis, où il a notamment effectué un stage de plusieurs mois auprès d'un juge fédéral du District Nord de Californie. Il a travaillé également au Ministère français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, où il a dirigé le bureau du droit international de la Direction des affaires juridiques.

L'article qui suit, rédigé exclusivement pour Le Mot Juste, est le compte-rendu en français d'un article du Professeur Anupam Chander (Université de Californie, Davis) paru dans la revue North Carolina Law Review. La présentation française de cet article est publiée ci-après avec la permission du Professeur Chander, qui est l'auteur de ce très intéressant travail sur le régime juridique de Facebook, et à qui nous adressons nos vifs remerciements pour son autorisation.

 

Facebookistan

« Qui règne sur le Facebookistan ? » : c'est la question légèrement provocatrice du Pr Anupam Chander (Université de Californie, King Hall School of Law, Davis) dans un article publié dans le North Carolina Law Review, Vol. 90, p. 1807, 2012 et consacré au célèbre réseau social. Avec 845 millions d'usagers, le réseau Facebook dispose d'une population qui en ferait un des premiers pays du monde par la démographie. En « ferait », car si l'usage du vocabulaire étatique pour désigner certaines des activités ou des caractéristiques du réseau social –comme l'utilisation d'une monnaie utilisable sur le réseau, l'envoi de « diplomates » pour le représenter auprès des gouvernements, etc. – se développe, il lui manque, à l'évidence, certains des attributs essentiels de l'État dans le droit international : à commencer par un territoire. Mais, s'il n'est pas un État-nation, Facebook pose cependant des questions inédites en termes de gouvernance et de rapports avec la souveraineté étatique.

 

Chronique des prix littéraires 2012

 

le 11 octobre 2012 

Mo Yan (Chine)
remporte
le Prix Nobel de Littérature

lecture

 
 

 

le 16 octobre 2012

Hilary Mantel
wins 
Man Booker Prize

lecture

  Photo: CFP

le 7 novembre 2012

 

Prix Goncourt

lecture

 

 

 Jérôme Ferrari

—–

le 14 novembre 2012

Prix Goncourt des Lycéens

lecture

Dicker

Joel Dicker

le 14 novembre 2012

 

National Book Awards


lecture

Erdrich

Louise Erdrich

 

Le glossaire de Le Mot Juste relatif aux livres :

English

français

bible

bible

bibliographer

bibliographe

bibliography

bibliographie

bibliophile

bibliophile

bibliophobe, bibliophobia

bibliophobe, bibliophobie

bibliotown

biblioville

book

livre

bookish

studieux (-euse), livresque

booklet

brochure

bookmark

marque-page, signet

bookmobile

bibliothèque itinérante

bookseller (secondhand)

bouquiniste

bookstore, bookshop

librairie

bookworm

dévoreur (-euse) de livres,
rat de bibliothèque,
bouquineur (-euse)

editor

rédacteur (-trice)

hard cover (book)

livre (relié)

lexicographer

lexicographe

librarian

bibliothécaire

library

bibliothèque

paperback

livre de poche, livre broché

pocketbook

carnet, portefeuille

publisher

éditeur

tome, volume

tome, volume

yearbook

annuaire

Attention aux faux amis :

bookstore, bookshop

librairie

library

bibliothèque

publisher

éditeur

editor

rédacteur (-trice)

 

Note: En vieux français, la "librairie" était ce que nous appelons maintenant la "bibliothèque". Montaigne disait « "Ma librairie est des belles entre les librairies de village" (Essais II, xvii). C'est de sa bibliothèque qu'il s'agit, et l'on sait qu'elle était située dans une des tours de son château. En anglais, le vocable normand, corps étranger, n'a pas évolué et il a même engendré un faux amis.


 

Elections américaines, épilogue :
quand un geek décroche l’or

 

 


Anne (2)Bienvenue à notre nouvelle contributrice, Anne Antice, traductrice et linguiste française. Anne a bien voulu se plier à notre demande de rédiger un article traitant des élections américaines qui viennent d'avoir lieu, vues sous l'angle linguistique. L'article qui suit parait aujourd'hui également sur le blog transAT qu'Anne anime.

Nous avons choisi Anne comme « Traductrice du mois de novembre ». Un entretien avec elle paraîtra vers la fin de ce mois. À la même occasion nous dresserons au bénéfice de nos lecteurs et lectrices une exposition plus détaillée des talents et de la carrière de notre collaboratrice douée, qui habite Biarritz (Pyrénées-Atlantiques).
Lorsqu'elle
ne traduit pas, Anne passe son temps avec sa famille, se promène sur
les plages ou dans la campagne, surfe sur l'océan Atlantique et fait
de la planche à neige dans les Pyrénées où elle a grandi. Chez
elle, Anne aime lire un bon livre ou regarder un film.


Le numéro hors–série du Figaro sur la Langue Française, édition 2012 a sélectionné pour nous un échantillon de nouveaux mots apparus cette année. Ces nouveaux mots naissent des besoins d'une langue qui évolue sans cesse et doit s'adapter à de nouvelles réalités et répondre aux questions d'actualité: l'environnement et le réchauffement climatique, le monde de l'informatique et de l'internet qui font partie intégrante de notre quotidien et bien sûr, la politique.

Un de ces mots fait l'actualité, ces derniers jours, à la suite de la réélection du président américain, Barack Obama. Ce mot n'est autre que geek. Le « geek » en question, c'est le jeune Nate Silver dont les prédictions et le blog sur le site du NYTimes ont créé le buzz.[1] Au soir des élections présidentielles, il aurait généré 20 % du trafic total du NYTimes. Le journal du Monde a, lui aussi, choisi de faire de Nate Silver le héros de ces élections dans son article « Election americaine : Nate Silver, la revanche du geek ».


Jour du Souvenir –
11 h, le 11e jour du 11e mois

Le 11 novembre 1918, à 11 heures, un armistice mit fin à la Première Guerre mondiale, surnommée en anglais The Great War ou The War to End all Wars [1] Cet anniversaire, commémoré chaque année dans les pays alliés, s'appelle Veterans Day, Remembrance Day ou Poppy Day dans les pays anglo-saxons.

Pourquoi ce jour de souvenir s'appelle-t-il, entre autres noms anglais, Poppy Day (le Jour du Coquelicot)? Parce que les champs de bataille de la Belgique, de la France et de Gallipoli (les Dardanelles) étaient couverts de sang et cette fleur rouge est devenue le symbole de cette saignée.

Poppy fieldLe coquelicot est une plante annuelle qui fleurit chaque année dans les champs de mai à août. Dispersées par le vent, ses graines peuvent subsister longtemps dans le sol. Lorsque la terre est remuée au début du printemps, les graines germent et les fleurs ne tardent pas à s'épanouir.
C'est ce qui s'est produit dans des secteurs du front, en Belgique et en France. Le sol étant labouré par les obus, les graines de coquelicot qui y étaient enterrées se sont mises à germer et à pousser pendant les mois de printemps et d'été de 1915, 1916,1917 et 1918. La vue de ces délicates fleurs rouge vif, jaillissant des sols ravagés, attira l'attention d'un militaire canadien du nom de John McCrae.

 

  

John McCrae – Canadien

McCrae aperçut comment les coquelicots avaient fleuri dans la terre où ses camarades étaient enterrés près du canal de Ypres-Yser. Il a composé un poème, intitulé au début « We Shall Not Sleep », à la memoire d'un ami tombé au champs d'honneur. Les premières lignes du poème sont comptées parmi les poésies de guerre les plus célèbres en anglais.

In Flanders Fields [2]

Au champ d'honneur*

In Flanders fields the poppies blow
Between the crosses, row on row,
That mark our place; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.
 

We are the Dead. Short days ago
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved and were loved, and now we lie
In Flanders fields.
 

Take up our quarrel with the foe:
To you from failing hands we throw
The torch; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields.

Au champ d'honneur, les coquelicots

Sont parsemés de lot en lot

Auprès des croix ; et dans l'espace

Les alouettes devenues lasses

Mêlent leurs chants au sifflement

Des obusiers.

Nous sommes morts,

Nous qui songions la veille encor

A nos parents, a nos amis,

C'est nous qui reposons ici,
Au champ d'honneur.

A vous jeunes désabuses,

A vous de porter l'oriflamme

Et de garder au fond de l'âme

Le gout de vivre en liberté.

Acceptez le défi, sinon

Les coquelicots se faneront

Au champ d'honneur

 

* Cette traduction officielle canadienne, rédigée par Jean Pariseau, historien militaire, ne fait aucune allusion au lieu de la bataille, les Flandres.

 

 

Une femme américaine, Moina Belle Michael, a donné une réponse à ces dernières lignes dans un poème qu'elle a écrit, intitulé "We Shall Keep the Faith" :

Oh! you who sleep in Flanders Fields,
Sleep sweet – to rise anew!
We caught the torch you threw
And holding high, we keep the Faith
With All who died.

      

Moina Michael – Américaine

Cette même femme s'est escrimée pour que le coquelicot devienne le symbole de la guerre et se vende au bénéfice des anciens combattants de toutes les guerres étrangères. Cette idée a été adoptée par une Française, Anna Guérin, qui a organisé la vente aux Etats-Unis des coquelicots français artificiels. Les revenus ont été employés pour réhabiliter les régions de la France dévastées par la Première Guerre mondiale.

         Crosses and poppies

« Decoration Day 1921 –
Poppy Lady from France
 »

 

Moina Michael a rédigé son autobiographie :
The Miracle Flower, The Story of Flanders Fields Memorial Poppy.

Note :

[1] La guerre s'est terminée officiellement avec la signature du Traité de Versailles, le 28 juin 1919.

[2] Les plaines de Flandres étaient les champs de batailles féroces entre les deux alliances : d'une part, la France, le Royaume-Uni, la Russie, la Belgique, le japon, l'Italie, le Portugal et les Etats-Unis, de l'autre part l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, l'Empire ottoman et le Royaume de Bulgarie.

—-

Notons que le premier vidéoclip ci-dessus ajoute au poème de McCrae un fragment d'un autre texte (« For the Fallen ») sur le même thème dû à Laurence Binyon (1869-1943) :

 They went with songs to the battle, they were young.

 Straight of limb, true of eyes, steady and aglow.

 They were staunch to the end against odds uncounted,

 They fell with their faces to the foe.

 They shall grow not old, as we that are left grow old

 Age shall not weary them, nor the years condemn
 

 At the going down of the sun and in the morning,

 We will remember them.

Laurence Binyon, Anglais

 

Les quatre dernières lignes, elles aussi, sont devenues très célèbres comme symbole de l'hommage que nous rendons aux soldats tombés sur les champs de guerre. Elles figurent sur beaucoup de  cénotaphes dans les pay anglo-saxons.

     For the fallen

Le poème "In Flanders Fields", écrit à la main par McCrae :

 

Flanders handwritten

Mise a jour :

Florence_GreenVoici les derniers combattants, survivants de la Grande Guerre. Le dernier survivant de la 1ère Guerre mondiale (28 juillet 1914 – 11 novembre 1918) fut un Britannique, Florence  Green, (photo au-dessus) qui avait servi dans les forces alliées et qui mourut le 4/02/2012, âgé de 110 ans. Le dernier ancien combattant Harry-Patch-001 engagé dans des opérations militaires fut Claude Choules, qui avait servi dans la Marine royale britannique (et, par la suite, dans la Marine royale australienne) et qui mourut le 5/05/2011, à l'âge de 110 ans. Le dernier combattant des tranchées fut Harry Patch  (photo à droit) qui mourut le 25/06/2009, à l'âge de 111 ans. Le dernier ancien combattant des Empires centraux fut Franz Künstler (Autriche-Hongrie) qui mourut le 27/05/2008, à l'âge de 107 ans. 

Lecture supplémentaire :

The Great War, 1914-1918

The War to End All Wars, BBC News

Armistice Day – Remembrance Sunday

Campaign to plant poppies for First World War Centenary  goes global 
Centenary News, 5 September 2013

The Penguin Book of First World War Poetry (paperback)
George Walter, Penguin Classics, May 2007
Penguin

Jonathan G.

Comment parle-t-on français aujourd’hui?

 


Nicole DufresneMadame Nicole Dufresne
, Senior Lecturer Emeritus  (professeure honoraire), Département de français et des
études francophones, à l'Université de Californie, Los Angeles (U.C.L.A.), a
bien voulu rédiger à notre intention un article intitulé « 
Comment
parle-t-on français aujourd’hui? » Nous en présentons ici la première
partie. La deuxième partie paraîtra d’ici deux semaines.  Étant donné que
ce blog traite aussi des affaires d’outre-Manche, nous avons également invité
la Dr. Trista Selous, linguiste anglaise, à exposer aux lecteurs ses réflexions
sur l’état actuel de l’anglais en Grande-Bretagne, et nous espérons que la
parution de son article complétera la contribution de Madame Dufresne, qui
commence ci-dessous.


Un ami américain
me disait récemment que, contrairement à d’autres langues, le français se
refusait au changement et que grâce à un strict mécanisme légal et à la
surveillance sans relâche de l’Académie française, la langue pouvait ainsi
maintenir sa pureté contre les invasions anglo-saxonnes et autres barbarismes
néologiques.  En réalité, malgré toutes
les barrières élaborées pour le protéger, le français évolue comme toutes les
autres langues vivantes.

Voici quelques
changements que j’ai remarqués lors d’un récent séjour à Paris.

Euphémismes,
calques, néologismes -  des nouveaux
termes qui dénotent soit une expression médiatique ou populaire, soit un
vouloir  politique ou une stratégie
économique.

Banlieues et quartiers

Il y a cinquante
ans, habiter en banlieue,  avoir son
pavillon à Champigny ou à Meudon, ou encore son appartement à Rueil-Malmaison, ne
signifiait pas un niveau de vie médiocre, mais plutôt que l’on avait les moyens
d’être propriétaire et de « s’installer ».  Les nantis, quant à eux, continuaient à  vivre à Neuilly ou à Boulogne – la banlieue
ouest ayant toujours été la « belle » banlieue.  L’afflux de l’immigration, la construction
des HLM et cités,  les problèmes de la
pauvreté ont créé les banlieues indésirables que nous connaissons aujourd’hui
au nord et à l’est de Paris, vite dénommées par les autorités banlieues
« sensibles », puis « banlieues » tout court par les
Parisiens et les Français en général. 
Ainsi,  habiter dans « les
banlieues » (au pluriel) va signifier vivre dans un lieu malsain et
dangereux. Le glissement linguistique  –
habiter en banlieue  →
habiter dans les banlieues –  relève donc
d’une réalité socio-culturelle.

Cependant,
aujourd’hui – et je l’ai vraiment noté cet été -  les gens ne parlent plus de banlieues, mais
de « quartiers ». D’où provient donc ce changement ? Le mot  quartier  permet de cibler un endroit
plus précis en ville ou en banlieue  – et
comme pour l’évolution du mot « banlieue», on est passé de quartiers sensibles
à simplement quartiers. Dans le département du 93 (le neuf-trois comme on
l’appelle familièrement pour sa mauvaise réputation), certaines villes (comme
Les Lilas) ont perdu leur appellation de banlieue sensible, grâce peut-être à
l’investissement de jeunes professionnels qui veulent vivre près de Paris, à un
coût moindre dans des appartements de construction récente. (Une migration
similaire s’opère d’ailleurs dans les grandes villes américaines, mais là le
mouvement s’opère vers les inner-cities.) Pourtant, dans ce renouveau
immobilier, il reste toujours des points chauds. Alors, dans les médias, dans
la rue, on ne parle plus maintenant de « banlieues », mais de
« quartiers » (au pluriel) pour designer les lieux « où ça craint »
en argot populaire, ce qui s’oppose à la spécificité du singulier – un quartier
bobo, ou un quartier commerçant, par exemple. Il ne s’agit pas d’un changement
sanctionné par les autorités, quoique celles-ci aient accepté l’euphémisme.


Social, sociaux

Aujourd’hui, tout
est devenu social : il faut adoucir toute phrase conflictuelle, donner
l’impression d’entente cordiale. Le mot « social » fut longtemps lié
à la lutte des classes : syndicats, 
grèves, manifestations, licenciements restent des termes indicateurs de
crise et d’opposition. Mais dès 2007, la Commission européenne a recommandé une
nouvelle terminologie vite adoptée par l’état français.[i]  Ainsi, les « partenaires sociaux »
(les syndicats des salariés et du patronat) et les représentants politiques se
réunissent en « conférence sociale » pour discuter avec civilité de
« plans sociaux » (c’est-à-dire, de plans de restructuration, de
fermetures d’usine et de réductions d'effectifs ). Finis les échanges
hostiles, c’est l’avènement du dialogue social et de la neutralité officielle.
Il faut aussi éviter les grèves et les manifestations– excusez-moi, les
« mouvements sociaux », ce qui semble beaucoup plus consensuel.
L’état propose également la création de « logements sociaux » (HLM
eux-mêmes descendants des HBM) pour remédier au manque d’habitations salubres
dans les « quartiers », justement.

Cette innovation
linguistique est-elle le fruit d’une nouvelle pensée politique?  S’agit-il seulement d’euphémismes
politiquement corrects ? Est-ce un retour à une véritable civilité, pour
montrer à « la rue », comme on appelle aujourd’hui le peuple, que les
acteurs du pouvoir se conduisent mieux qu’autrefois ?[ii]
Ou est-ce pour minimiser les problèmes d’une crise qui n’en finit
pas ?  Toujours est-il que cela
constitue un fort contraste avec « la rue » qui, elle, continue de
manifester ses revendications et son indignation avec sa verdeur accoutumée.


[1]        
définition partenaires sociaux
welcomeurope
fr.welcomeurope.com/…/definition/partenairessoc

                Les partenaires sociaux sont le regroupement,
dans certains comités de travail et réunions, des principaux  syndicats professionnels, c'est-à-dire des principaux syndicats de salariés et des principales   organisations patronales . Le concept est essentiellement utilisé en France    où les « partenaires sociaux » sont
responsables de la gestion de certains organismes paritaires, comme l'Unedic ou l'assurance retraite

[ii]        
La rue: concept exploité par le blog Rue89 ,  site d'information et de débat sur l'actualité,
indépendant et participatif. Selon Pascal Riché, le nom « Rue89 »
a été choisi car la rue est un lieu de rencontre et de discussion, et
que 89 est un nombre chargé de valeur, qui évoque notamment la liberté et la  chute du mur de Berlin.  Cette explication se retrouve en des termes
semblables sur la FAQ du site, qui met aussi en avant la  Révolution francaise et l'invention du Web.