La petite amie des combattants britanniques de la Seconde Guerre mondiale
Alors que la vie était dure pour les soldats, marins et aviateurs ainsi que pour la population civile britanniques aux prises avec les puissances de l'Axe pendant la Seconde Guerre mondiale, deux personnalités contribuèrent à entretenir leur moral : le Premier Ministre Winston Churchill et la chanteuse Vera Lynn.
Lynn a donné des concerts en plein air pour les troupes alliées qui combattaient dans des contrées aussi lointaines que l'Inde et la Birmanie.
En 1941, Lynn a lancé son émission radiophonique, « Sincerely Yours », au cours de laquelle elle adressait des messages aux troupes britanniques servant hors de la métropole. Des auditeurs de toute l'anglophonie ont alors écouté des titres comme The White Cliffs of Dover, We'll Meet Again…
Avec les années, Lynn a consacré beaucoup de temps et d'énergie à des œuvres caritatives en faveur des anciens combattants, des enfants handicapés et des malades du cancer du sein. En 2000, on lui a décerné le titre de Britannique ayant donné le meilleur exemple de l'esprit du 20ème siècle.
Elle a reçu de nombreuses distinctions, allant d'un doctorat honoraire de la Memorial University de Terre-Neuve à la médaille de la Liberté de la Cité de Londres. Une rue de la capitale et un train portent son nom. La Reine d'Angleterre l'a faite Dame Commander of the Order of the British Empire
En 2009, à 92 ans, elle a été l'artiste la plus âgée à figurer parmi le palmarès des 20 de l'U.K. Official Albums Chart. [1]
En 2014, au jour anniversaire du débarquement de Normandie (D-day) [2], à l'âge de 97 ans (et après avoir été active dans le monde du spectacle pendant 90 ans), elle a sorti un nouvel album.
Cette semaine, Vera Lynn fête son centième anniversaire en lançant encore un nouvel album. Il contient certains de ses plus grands succès, réorchestrés pour la circonstance, mais avec son interprétation originale.
À l'approche de ce grand jour, Lynn a confié : « il est vraiment touchant de penser que des gens aiment encore des chansons aussi anciennes, faisant revivre les sentiments de l'époque. C'est si merveilleux pour moi de réécouter mes chansons si joliment présentées d'une façon complètement nouvelle. »
En plus du nouvel album, son centenaire sera également marqué par un concert organisé au London Palladium, le 18 mars 2017, au profit de son œuvre pour les enfants.
À son avis, devenir centenaire est « une incroyable aventure de chansons, de danse et d'amitié. »
Joyeux anniversaire – Madame Vera Lynn !
——–
[1] Un palmarès de vingt albums classés selon les ventes, tant matérielles que numériques, réalisées au Royaume-Uni. Publié pour la première fois en 1956 et dressé chaque vendredi par l'Offical Charts Company (OCC), il est diffusé par BBC Radio 1 et publié par Music Week ainsi que sur le site Web de l'OCC.
[2] Le 6 juin 1944.
Jonathan G. & Jean L.
Note personnelle d'Elsa Wack, traductrice anglais/allemand > français : http://www.wack.ch/
Traductrice du mois de janvier 2014
Très jolies chansons. Cela me rappelle un souvenir de mon retour de Paris après deux mois en 1984-1985, et la chanson "Lili Marlène", une chanson qui changea de camp je crois pendant la Seconde Guerre. Je n'avais plus rien à perdre à Paris. Je me sentais à moitié folle. C'était comme si toutes les barrières étaient tombées. Une terrible et hilarante liberté s'ouvrait à moi. Je naviguais dans les rues et dans les couloirs du métro, sentant à peine le poids de ma guitare. A la station Nation, il me vient à l'esprit que je pourrais chanter une chanson. J'en choisis une en allemand, une chanson de guerre dont je n'ai traduit que le dernier couplet. Je commence donc en allemand: "Vor der Kaserne, vor dem grossen Tor…" Sur l'immense tapis roulant, sans avoir pris la peine de déballer ma guitare, je chantais a capella, à la sourde oreille de mes voisins. Ils me percevaient dans leur indifférence, leurs lassitudes, leurs solitudes troublées; pareil pour ceux qui arrivaient en sens inverse, tous ces gens arrêtés ou marchant, répartis sur deux colonnes sur leur tapis roulant à eux. Eux ne me voyaient chanter que l'espace de quelques instants, tandis qu'ils me croisaient. "Wie einst Lili Marlène" A mi-chemin, j'entonne le couplet traduit: "De partout, de l'air et de la terre battue, Je sens comme en rêve ta bouche tendue…" Je ne sais même pas si je chantais juste, mais apparemment les mots se détachaient bien. "Quand la nuée sera sur nous…" Qui donc… Dans la file d'en face, un jeune type arrivait. Je ne l'avais pas remarqué, mais tout à coup, je vois son visage qui s'illumine. Il a saisi le clin d'œil du destin: il va me croiser au moment précis où je vais chanter le mot "rendez-vous". Alors, il me sourit, et ce mot, il le chante avec moi. "Qui donc ira au RENDEZ-VOUS…" Et il continue en sens inverse sur son tapis roulant. Quant à moi, je finis la chanson. "…Vers toi, Lili Marlène, Vers toi, Lili Marlène".
Comments
4 responses to “Vera Lynn fête son 100ème anniversaire”
Très jolies chansons.
Cela me rappelle un souvenir de mon retour en 1985 après deux mois à Paris, et la chanson “Lili Marlène”, une chanson qui changea de camp je crois pendant la Seconde Guerre.
Je n’avais plus rien à perdre à Paris. Je me sentais à moitié folle. C’était comme si toutes les barrières étaient tombées. Une terrible et hilarante liberté s’ouvrait à moi.
Je naviguais dans les rues et dans les couloirs du métro, sentant à peine le poids de ma guitare.
A la station Nation, il me vient à l’esprit que je pourrais chanter une chanson. J’en choisis une en allemand, une chanson de guerre dont je n’ai traduit que le dernier couplet. Je commence donc en allemand:
“Vor der Kaserne, vor dem grossen Tor…”
Sur l’immense tapis roulant, sans avoir pris la peine de déballer ma guitare, je chantais a capella, à la sourde oreille de mes voisins. Ils me percevaient dans leur indifférence, leurs lassitudes, leurs solitudes troublées; pareil pour ceux qui arrivaient en sens inverse, tous ces gens arrêtés ou marchant, répartis sur deux colonnes sur leur tapis roulant à eux. Eux ne me voyaient chanter que l’espace de quelques instants, tandis qu’ils me croisaient.
“Wie einst Lili Marlène”
A mi-chemin, j’entonne le couplet traduit:
“De partout, de l’air et de la terre battue,
Je sens comme en rêve ta bouche tendue…”
Je ne sais même pas si je chantais juste, mais apparemment les mots se détachaient bien.
“Quand la nuée sera sur nous…”
Qui donc…
Dans la file d’en face, un jeune type arrivait. Je ne l’avais pas remarqué, mais tout à coup, je vois son visage qui s’illumine. Il a saisi le clin d’oeil du destin: il va me croiser au moment précis où je vais chanter le mot “rendez-vous”. Alors, il me sourit, et ce mot, il le chante avec moi.
“Qui donc ira au RENDEZ-VOUS…”
Et il continue en sens inverse sur son tapis roulant. Quant à moi, je finis la chanson.
“…Vers toi, Lili Marlène,
Vers toi, Lili Marlène”
Très jolies chansons.
Cela me rappelle un souvenir de mon retour en 1985 après deux mois à Paris, et la chanson “Lili Marlène”, une chanson qui changea de camp je crois pendant la Seconde Guerre.
Je n’avais plus rien à perdre à Paris. Je me sentais à moitié folle. C’était comme si toutes les barrières étaient tombées. Une terrible et hilarante liberté s’ouvrait à moi.
Je naviguais dans les rues et dans les couloirs du métro, sentant à peine le poids de ma guitare.
A la station Nation, il me vient à l’esprit que je pourrais chanter une chanson. J’en choisis une en allemand, une chanson de guerre dont je n’ai traduit que le dernier couplet. Je commence donc en allemand:
“Vor der Kaserne, vor dem grossen Tor…”
Sur l’immense tapis roulant, sans avoir pris la peine de déballer ma guitare, je chantais a capella, à la sourde oreille de mes voisins. Ils me percevaient dans leur indifférence, leurs lassitudes, leurs solitudes troublées; pareil pour ceux qui arrivaient en sens inverse, tous ces gens arrêtés ou marchant, répartis sur deux colonnes sur leur tapis roulant à eux. Eux ne me voyaient chanter que l’espace de quelques instants, tandis qu’ils me croisaient.
“Wie einst Lili Marlène”
A mi-chemin, j’entonne le couplet traduit:
“De partout, de l’air et de la terre battue,
Je sens comme en rêve ta bouche tendue…”
Je ne sais même pas si je chantais juste, mais apparemment les mots se détachaient bien.
“Quand la nuée sera sur nous…”
Qui donc…
Dans la file d’en face, un jeune type arrivait. Je ne l’avais pas remarqué, mais tout à coup, je vois son visage qui s’illumine. Il a saisi le clin d’oeil du destin: il va me croiser au moment précis où je vais chanter le mot “rendez-vous”. Alors, il me sourit, et ce mot, il le chante avec moi.
“Qui donc ira au RENDEZ-VOUS…”
Et il continue en sens inverse sur son tapis roulant. Quant à moi, je finis la chanson.
“…Vers toi, Lili Marlène,
Vers toi, Lili Marlène”