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A la une : Jour du Souvenir –

11 h, le 11e jour du 11e mois

“The blood-swept lands and seas of red, where angels fear to tread.”
(testament d’un soldat britannique inconnu)


A l'occasion du centenaire de la première Guerre Mondiale, nous adressons nos lecteurs à l'article publié sur ce blog le 10 novembre 2012

et à l'article Le coquelicot, Ypres et l'Yser publié sur ce blog le 2 decembre 2012.

Poppies

Sea of poppies commerating WW1 – 2014
(1 : 30 minutes)

 


Lecture supplémentaire
:

WWI centenary: The 100 year old trenches of Flanders Fields, in pictures
The Telegraph, 11 November, 2014

The Great War, 1914-1918

The War to End All Wars, BBC News

Armistice Day – Remembrance Sunday

1914, le début de la Grande Guerre et la fin d'un monde

La Canada dans la première Guerre mondiale

Guilaume Apoliinaire, le « flaneur des deux rives »


Prochainement sur ce blog:

Wilfred Owen – poète anglais de la première Guerre Mondiale

Albert-Paul Granier, poète-soldat inconnu

Alfred Nobel: «Vous dites que je suis une énigme»

 

Pierre-AndreSuite aux annonces Nobel photo de l'attribution des prix Nobel de 2014, dont deux à des Français (littérature et économie), notre nouveau collaborateur, Pierre-André Rion, revient sur des aspects insolites de la vie d'Alfred Nobel, ce chimiste suédois qui légua sa fortune à l'Institut Nobel. Le 23 octobre est l'anniversaire d'Alfred Nobel.

Le saviez-vous ? Contrairement à ce que racontent les sites francais et anglais de Wikipedia, ce n'est pas la lecture d'une nécrologie annoncant  – de manière prematurée – sa propre mort qui aurait incité Alfred Nobel à leguer sa fortune. Les sites suédois et allemand n'en soufflent mot. Et la Bibliotèque nationale de France n'en conserve aucune trace.

Le saviez-vous ? Son père lui avait fait promettre de renoncer à une carrière d'écrivain. Alfred Nobel est pourtant l'auteur de poèmes, d'un roman de critique sociale «Dans l'Afrique la plus brillante», et d'une tragédie scandaleuse: «Nemesis».

Une nécrologie introuvable

«Le marchand de la mort est mort. Le Dr. Alfred Nobel, qui fit fortune en trouvant le moyen de tuer plus de personnes plus rapidement que jamais auparavant, est mort hier». S'il faut en croire les versions anglaises et française des sites de Wikipedia consacrés à Alfred Nobel, c'est en ouvrant l'édition du 12 avril 1888 du journal «L'Idiotie Quotidienne» (ou «Idiotie Quotidienne») qu'Alfred Nobel apprend qu'il serait déjà mort. Ce choc l'aurait fait réfléchir, et il aurait alors décidé de léguer sa fortune à l'humanité.

Nobel Ludvig EmannuelConfusion tragique: en réalité, ce même jour, c'est son frère jalousé Ludvig Nobel qui est mort à Cannes le 12 avril 1888 selon les sites allemand et anglais de Wikipedia. Mais le mystère s'épaissit: selon le site français de Wikipedia, Ludvig Nobel est mort en mars 1888 (et non en avril). Et si Ludvig n'est pas mort le 12 avril, l'histoire de la nécrologie ne tient pas.

Or selon la Bibliothèque Nationale de France (BNF), le journal «L'Idiotie Quotidienne» n'y est pas conservé. La BNF ignore le nom du reporter qui aurait rédigé cette nécrologie. Si cette histoire a pour avantage d'expliquer l'origine du geste généreux d'Alfred Nobel, il pourrait aussi s'agir d'un canular.

Nobel Wayback MachineUn moyen simple de le vérifier serait de consulter les archives Alfred Nobel. En effet, selon la « Way Back Machine » d'un ex-site web de l'UNESCO, il était initialement prévu qu'elles soient gérées par l'UNESCO en tant que documents inscrits au patrimoine de l'humanité. Mais ces archives sont finalement restées en Suède. Seuls ces originaux permettraient d'en savoir plus.

Une mère éprise de littérature

Si son influence est souvent minimisée dans les biographies traditionnelles d'Alfred Nobel, par ses vifs goûts littéraires, il se pourrait que la mère d'Alfred soit à l'origine de ses ambitions de poète. Caroline Andriette, née Ahlsell, a donné le jour à six enfants. Alors que le couple Nobel vit encore chichement à Stockholm, ses deux premiers enfants, Rolf et Betty, meurent en bas âge. Robert, l'aîné, naît en 1829. Ludvig, pour sa part, naît en 1831. Alfred Nobel vient au monde en 1833, deux ans après son frère Ludvig.

 

Immanuel Nobel Karolina Nobel

Immanuel Nobel & Caroline Andriette

Son frère cadet meurt dans une explosion

Nobel Emil_NobelLe cadet de la famille, Emil Oskar, naît en 1843. Avec quatre autres personnes, il meurt en 1864 lors d'une grosse explosion à l'usine Nobel de Stockholm. Cyniquement dit: l'efficacité de la dynamite, inventée par Alfred, est ainsi prouvée. Nullement impressionné, trois mois plus tard, Alfred Nobel fonde à Stockholm, avec deux associés, une S.A.: la «Nitroglycerin Aktienbolaget». Il crée bientôt des usines Nobel en Allemagne, France, Espagne, Italie, Autriche-Hongrie, Grande-Bretagne et Etats-Unis, avec le succès que l'on sait.

Un père ingénieur, inventeur et endetté

En 1833, année de naissance d'Alfred, son père, Immanuel Nobel, propriétaire d'une entreprise de construction, doit déclarer faillite suite à des accidents de bateaux et à une catastrophe due à un incendie. Il fonde ensuite en 1835 la première fabrique suédoise d'articles en caoutchouc, mais cette entreprise fait aussi faillite. Jusqu'en 1837, Immanuel Nobel a accumulé des dettes d'un tel montant qu'il ne peut échapper à ses créanciers qu'en s'enfuyant en Finlande.

Dettes remboursées à Saint-Pétersbourg

À partir de 1849, il séjourne à Saint-Pétersbourg. Déjà inventées en Suède par Immanuel Nobel, les premières véritables mines maritimes suscitent un grand intérêt auprès des militaires russes, de sorte qu'il se voit offrir, en 1842, 3'000 roubles d'argent de prime de développement, ce qui lui permet de rembourser ses anciennes dettes, de détenir une fabrique de mécanique, puis de faire venir femme et enfants à Saint-Pétersbourg.

Immanuel Nobel ayant trouvé l'aisance, il n'envoie pas ses fils à l'école publique. Deux brillants professeurs de chimie (l'un deux attirera l'attention d'Alfred sur les propriétés de sa future invention: la dynamite) viennent à domicile pour leur dispenser les mathématiques, la physique et les sciences naturelles. Instruits en suédois, en russe, en français, en allemand et en anglais, cinq langues qu'ils maîtrisent remarquablement à l'oral comme à l'écrit, ils apprennent la poésie, l'histoire, la philosophie et les belles lettres.

Polyglotte fasciné par Byron et Shelley

Alfred Nobel apprend le français en traduisant Voltaire, d'abord vers le Nobel Wordsworthsuédois, puis du suédois vers le français, puis il contrôle le tout sur la base de l'original. Il étudie les romantiques anglais, en particulier Wordsworth, Byron et Shelley, son poète favori qui l'impressionne durablement. Il lit en russe Tolstoï, «Eugène Onéguine», l'épopée en vers de Pouchkine, et «Nid de Gentilhomme», de Tourgueniev.

Ses goûts littéraires

Il affectionne les contes d'Andersen et se sent proche des dramaturges Nobel walter scottnorvégiens Ibsen et BjØrnson. Musset, Walter Scott, Goethe et Schiller sont des auteurs familiers qu'il cite aisément. Lors de sa première visite à Paris, en 1851, il publie son poème «Vous dites que je suis une énigme», qui résume à lui seul toute son existence.

Plus tard, à Paris, il rencontrera Victor Hugo chez lui, fréquentera le salon littéraire de Juliette Adam-Lamber. Les auteurs de la «Nouvelle Revue» et ceux de la «Revue des Deux Mondes» feront partie de son cercle de connaissances, et sans doute aussi de jeunes écrivains comme Pierre Loti, Paul Bourget et Maupassant.

Philosophie et théorie de la connaissance

Nobel spinozaÀ l'instar de Leibniz, il écrit parfois jusqu'à 20 lettres par jour. Il étudie le positivisme d'Auguste Comte, annote l'histoire de la philosophie d'Alfred Schwegler, lit Descartes, Spinoza, Giordano Bruno, Gibbon.

Il commente Platon, Aristote, Démocrite, mais aussi Newton, Darwin et Haeckel. Luthérien libre-penseur, Nobel darwinfoncièrement sceptique, il est inspiré par la thèse de Locke selon laquelle «le cerveau est un enregistreur très fiable de nos impressions», mais aussi par la théorie de la connaissance d'Alexandre de Humboldt.

Un poète contrarié

Le père d'Alfred le considère comme trop introverti et lui fait promettre de ne jamais se destiner à la carrière d'écrivain. Comparé à son frère Ludvig Nobel, le «Rockefeller russe», futur roi du pétrole de Bakou, Alfred n'a pas les pieds sur terre. Son père l'envoie en Italie, à Paris et aux Etats-Unis pour y apprendre le métier de chimiste, d'inventeur et d'entrepreneur.

Le père continue à expérimenter tout seul dans sa cuisine, mais il se trompe, par manque de méthodes de mesures. Le fils, en revanche, a inventé un gazomètre, un appareil à mesurer les liquides ainsi qu'un manomètre. La rivalité père-fils prend un tour violent lorsque le fils remarque que son père avait soumis l'une de ses inventions à un embargo.

A l'âge de 35 ans, alors que certains de ses projets vont à vau-l'eau, Alfred envisage sérieusement d'abandonner les affaires et les inventions pour consacrer toute sa vie à l'écriture. Mais il reste finalement fidèle à sa promesse.

La vengeance d'Alfred

Enfin, pas tout à fait: Alfred Nobel a rédigé une pièce de théâtre considérée Nobel Beatricecomme blasphématoire, «Nemesis» (ou la vengeance des dieux), une tragédie romaine en prose en 4 actes sur la vie de Béatrice Cenci inspirée en partie du style de Shelley dans sa tragédie en vers intitulée «The Cenci». Un groupe de religieux suédois aurait influencé la décision d'en brûler tous les manuscrits. En 1896, au moment où Alfred Nobel est en train de mourir, et alors qu'il vient de déshériter ses héritiers en léguant ses biens à une fondation encore inexistante, tous les manuscrits de «Nemesis» vont être détruits immédiatement après
sa mort. Tous ? Non, trois exemplaires seront épargnés.

«Nemesis» n'a été publiée qu'en 2003, et dans une édition bilingue suédois-espéranto.
La pièce a été traduite en slovène (2004) via la version en espéranto, en italien (2005), en français (2008) et en espagnol (2008). En 2010, elle a été publiée en Russie dans une autre édition bilingue (russe-espéranto).

Le 8 septembre 2005, «Nemesis» est jouée en première mondiale à l'Intima Theatre de Stockholm. Il s'agit de la tentative d'une jeune femme d'assassiner son père abusif avec l'aide d'un prêtre débauché. Selon son metteur en scène, Rikard Turpin, «c'est une parade sinistre de torture, de viol et d'inceste qui présente une vision de toxicomane de la Vierge Marie, une conversation avec Satan, et se termine sur une scène de torture d'une durée de 40 minutes».

Quant aux autres secrets d'Alfred Nobel, ils reposent aux archives Nobel, à Stockholm.

Pierre-André Rion

Lecture supplémentaire :

http://www.nobelprize.org/

Churchill, Shakespeare et Cervantes

Nobel book

 

 

 

 

 

 

 

The Nobel Peace Prize: What Nobel Really Wanted
Fredrik S. Heffemehl
Praeger (August 19, 2010)

 

Nobel Book 2

 

 

 

 

 

 

 

Alfred Nobel:  A Biography
Kenne Fant
Arcade Publishing (August 5, 2014)

 

Semaine de la langue française et de la francophonie 2014

par Jean Leclercq

Dans le cadre de la Semaine de la langue française et de la francophonie, et pour la quatrième année consécutive, le Service culturel de la ville de Divonne­-les­-Bains a organisé, jeudi dernier, une dictée de la francophonie. Cette manifestation conviviale a attiré une trentaine de participants auxquels Madame Marie­-Laure Berchtold a lu, avec le talent qu'on lui sait, les 302 mots du texte spécialement composé par l'écrivain et humoriste Vincent Roca [1].

En toute franchise, ce texte a  davantage surpris qu'il n'a véritablement plu. L'auteur a réalisé le tour de force d'accumuler les calembours ­ "cette fiente de l'esprit qui vole", comme disait Victor Hugo tout en insérant les dix mots retenus cette année pour le concours de textes. Il en est résulté une sorte de pastiche de Pierre Dac, relu par Marcel Proust. Votre serviteur (qui a fait cinq fautes) ne vous cachera pas que, regrettant la belle dictée proposée l'année dernière par Carole Dagher, il s'est demandé si cet exercice convenait vraiment à la  francophonie « sans frontières » et ce qu'il pouvait bien signifier en dehors de l'Hexagone initiatique. Mais enfin, jugeons sur pièce :  

La dictée de Vincent Roca

Nous ne vivons pas en France, nous avons un passeport français, hérité du berceau ou  acquis  de  haute  lutte,  ou  peut­être sommes­nous  tout simplement  de  passage, mais  nous  vivons  ailleurs. Dans  un  pays riche. Un  pays  de  connaissance,  un  pays ouvert, sans frontières, éparpillé et par milliers, nous habitons… la langue française.

Un pays où les corneilles ne mangent pas les vers, elles les écrivent, où les racines sont du caviar, où le mot lierre grimpe aux murs des maisons, où tous les hommes naissent  Hugo,  où  les  banlieues s’appellent  Guitry­sur­scène,  Trénet­sous­bois  ou Villon ­le­ Bel. Un pays où travaillent de concert artisans parleurs timbrés, sculpteurs sur mots, souffleurs de vers et fariboles, un pays où les âmes s’enflamment, où les larmes slament, où des tourneurs­phraseurs oufs ambiancent la vie d’un charivari de tournures  alambiquées, d’un tohu­bohu  d’expressions  colorées,  un  pays  où les agents sont à la circonvolution, les docteurs sont ès­lettres, et les plumitifs esbroufe.

Une terre d’accueil où les mots sans papier circulent de bouche à oreille, où le droit au  chapitre  est inaliénable, où l’on s’enlivre à tire­larigot, où l’on ne paie pas la syntaxe à la valeur ajoutée, où les partitions ne sont que des tissus de notes qu’on pose sur  les  pupitres,  où  l’on se  chauffe  aux  pianos solaires,  où  la  lune  fait  des ellipses, un pays fertile où poussent les verbes aromatiques et la ligne vierge, où des hurluberlus parlants, diplômés des  arts­dico, nous offrent de magnifiques zigzags au  lexique,  un  pays  où  l’on  couche sur  le  papier  et  l’on s’endort  dans  les  tiroirs, quand le marchand de syllabes  est passé. Un pays où l’on se nourrit d’ailerons de refrains,  un  pays  bordé  d’allégories  où  l’on  mène  une  vie  de  poème,  les  vaches regardent  passer  les quatrains,  la bise devient  baiser,  la licorne muse et la cata…strophe.

[1] Lauréat du Prix Raymond Devos.
Voir aussi : www.spectacles.fr/artiste/vincent­roca

 

Tennis – la connexion franco-britannique et l’origine du mot “tennis”

 

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Tennis – l’histoire du jeu et l’étymologie du mot

Le tournoi de Roland Garros s’est récemment achevé à Paris, et à quelques jours de la finale de Wimbledon, le contexte était propice pour revenir sur l’origine du mot « tennis » et sur l’histoire de ce sport né entre la France et l’Angleterre.

En anglais, les premières traces du mot tennis étaient les formes tenets, teneys et tenes. Ces termes dérivaient probablement de « tenez », du verbe français « tenir » à la deuxième personne pluriel de l’impératif. Il s’agissait sans doute de ce que le serveur criait à son adversaire au début d’un échange. En anglais, « tenez » se traduit parfois par take heed ou take this (« prend ça »).

Si les Égyptiens, les Grecs et les Romains jouaient probablement déjà une forme primitive de tennis, la plupart des historiens estiment que l’ancêtre de ce sport est né en France au XIIe siècle. Le jeu se pratiquait alors avec une balle que l’on se renvoyait à main nue, sans raquette, d’où son nom : le jeu de paume (également appelé courte-paume par la suite).

Ce n’est qu’au XVIe siècle que les raquettes ont fait leur apparition et que le jeu s’est pratiqué dans un espace clos. On utilisait alors une raquette en bois, avec des cordes en boyaux de mouton, ainsi que des balles en liège. Les premiers terrains étaient aussi bien différents des courts actuels. Malgré l’apparition des battes, puis des raquettes, le sport a gardé son nom de jeu de paume en France et de tennis outre-Manche.

Le jeu de paume se répand alors dans toute l’Europe, à commencer par la France et l’Angleterre, bien que le Pape et Louis IV aient essayé de l’interdire. Henri VIII d’Angleterre était quant à lui un grand amateur de ce sport que les historiens appellent real tennis (« vrai tennis »). On raconte d’ailleurs que sa seconde femme, Anne Boleyn, assistait à une partie lorsqu’elle fut arrêtée, et qu’Henri lui-même était en plein match lorsqu’on lui annonça l’exécution de son épouse.

De l’autre côté de la Manche, François Ierétait un joueur passionné qui apporta beaucoup au jeu de paume, en faisant notamment construire des courts pour ses courtisans, mais aussi pour les roturiers.

L’ancêtre du tennis a également joué un rôle majeur dans la Révolution française, lorsque les députés du Tiers état signèrent le serment du Jeu de paume, dans la salle du même nom à Versailles.

  3  

Esquisse de Jacques-Louis David du Serment du jeu de
p
aume. En 1972, David fut élu député de la Convention nationale.

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Jeu de paume au XVIIème siècle

 Sous le règne de la Reine Victoria, le « vrai tennis » connut un certain renouveau en Angleterre. Mais c'est la nouvelle pratique de ce sport en extérieur et sur gazon qui devint de plus en plus populaire, jusqu'à devenir le sport le plus populaire, un sport que les femmes se mirent alors également à pratiquer.

 

Étonnant Versailles :
Le jeu de paume, ancêtre du tennis ?

 

Le tennis moderne – la connection franco-britannique:

Les joueurs français les plus célèbres:

Suzanne Rachel Flore Lenglen (1899 – 1938) remporta 31 titres entre 1914 et 1926.

Jean Robert Borotra (1898–1994) était l'un des " Quatres Mousquetaires " français qui dominèrent le tennis à la fin des années 1920 et au début des années 1930. Les autres Mousquetaires étaient Jacques Brugnon (1895–1978), Henri Cochet (1901–1987) et René Lacoste (1904–1996).

  5  

Jacques Brugnon et Henri Cochet, partenaires de doubles (en haut), Jean Borotra, « le Basque bondissant » (en bas à gauche), René Lacoste (en bas à droite).

  6  

Roland Garros, aviateur français
1888-1918

Les joueurs britanniques les plus célèbres: 

William "Willie" Charles Renshaw (1861 –1904) est l'un des plus grands joueurs de tennis britanniques de tous les temps, et l'un des meilleurs joueurs de l'histoire du tennis. Il a remporté le tournoi de Wimbledon à douze reprises, donc six victoires consécutives.

Fred Perry est considéré comme le meilleur joueur britannique de l'histoire. Il fut trois fois vainqueur de l'US Open et de Wimbledon et remporta une fois l'Open d'Australie ainsi que Roland Garros.

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William Renshaw (avec son frère jumeau, Ernest) était l'un des "pères fondateurs"
du tournoi de Wimbledon

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Fred Perry 

 

1Les Internationaux de France de tennis

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 Le court Suzanne Lenglen du stade Roland Garros

Les vainqueurs du tournoi de Roland Garros 2011:

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Les Internationaux de Grande-Bretagne de Wimbledon

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Court central de Wimbledon

 

Les nouvelles stars de Wimbledon:

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 Sources:

35 Amazing Health Benefits of Tennis (+10 Tips for Beginners)

The Origins and Early History of Tennis: Ancient Egypt or Medieval France?

Sorry, U.S. Open: Tennis is Way Rowdier 16th-Century Style
The Atlantic, 9 September 2013

Love Game: A History of Tennis
The Irish Times, November 12, 2014

 

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Jonathan Goldberg. 

Traduit par Laurent Laget, traducteur dont le blog est http://www.anothertranslator.eu

L’île de Sainte-Hélène (troisième partie)

Napoléon apprend l'anglais à Sainte-Hélène;
il y décède:  mort naturelle ou assassinat?

 

Voici le dernier d'une série de trois articles sur Napoléon Bonaparte. Le premier article traitait de sa défaite à Waterloo qui amena les vainqueurs britanniques à l'exiler dans l'île de Sainte-Hélène, perdue au milieu de l'Atlantique sud et, à l'époque, colonie britannique.

Le deuxième article donnait une description générale de l'île où les Anglais devaient déporter plus tard le roi des zoulous, Dinuzulu kaCetshwayo. J'y parle aussi de ma visite à Sainte-Hélène, à l'occasion d'un voyage en bateau au départ de l'Afrique du Sud, et d'une îlienne célèbre, la tortue Jonathan, âgée de 179 ans, et toujours vivante.     

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Ce troisième et dernier article traitera de la vie de Napoléon dans l'île et des circonstances de sa mort, ainsi que de la thèse de l'empoisonnement à l'arsenic.

 À son arrivée à Sainte-Hélène, en octobre 1815, Napoléon passa d'abord deux mois dans la famille Balcome, puis fut ensuite logé à Plantation House, à Longwood.  

Craignant que Napoléon puisse être délivré par des militaires français et réédite l'épisode de l'île d'Elbe, la Grande-Bretagne dota Sainte-Hélène d'une garnison de 2.500 soldats et marins (et en positionna d'autres dans l'île inhabitée d'Ascension). Napoléon disposait lui-même d'une suite constituée de collaborateurs et de domestiques.

La fille des Balcome, Élisabeth (surnommée Betsy), âgée alors de 14 ans, passa de nombreuses heures à bavarder avec Napoléon. Elle consigna les pensées et les états d'humeur de l'exilé, ainsi que les attitudes de ceux qui le gardaient. Trois ans après l'arrivée de Napoléon, Betsy et sa famille quittèrent Sainte-Hélène pour l'Australie. Lorsqu'elle mourut, on rassembla les souvenirs qu'elle avait laissés des moments  passés avec Bonaparte et ceux-ci furent plus tard publiés sous la forme d'un livre intitulé: « To Befriend an Emperor » (Ravenhall Books, 17 mars 2005).          

 Image004 

L'une des choses les plus étonnantes que fit l'Empereur pendant son exil fut son apprentissage de l'anglais. Son professeur, le comte de Las Cases, faisait partie de l'entourage; il avait vécu en Angleterre pendant la Révolution française.    

Selon l'Agence-France Presse (5 juin 2011):

"Qu’es qui étoit arrivé?  What was it arrived ?", s'interroge l'empereur défait à Waterloo en juin 1815, dans un anglais douteux. "Combien étoint-ils ? How many were they ? ‘".

"To run. Courir", poursuit l'élève débutant.

C'est sur le vaisseau anglais qui l'emmenait à Sainte-Hélène, entre août et octobre 1815, que Napoléon avait manifesté le désir d'apprendre la langue de ses ennemis.

En janvier 1816, Napoléon souhaita reprendre les leçons sérieusement. "Il est venu à remarquer qu’il était honteux qu’il ne sût pas encore lire l’anglais", écrit le comte de Las Cases, dans son Mémorial de Sainte-Hélène, publié en 1823.

L’acquisition de l’anglais devint pour lui une véritable conquête. Napoléon travailla régulièrement jusqu’en avril 1816, au point de pouvoir lire l'anglais et de l'écrire plus ou moins bien. Parler était une autre affaire.

Au début du mois juin 2011, les manuscrits des leçons d'anglais de Napoléon ont été vendus pour plus de 90.000 €, lors d'une vente aux enchères organisée à Paris.

 Image005

Photo datée du 3 juin 2011 d'un fragment de cours d'anglais
écrit de la main de Napoléon (AFP, Fred Dufour)

 

Napoléon mourut le 7 mai 1821, à l'âge de 51 ans, entouré de médecins français et anglais. Il fut enterré dans la propriété de Longwood. Mais, par la suite, ses restes furent exhumés et déposés à Paris, sous le dôme des Invalides. Agissant au nom du gouvernement français, Napoléon III acheta à la Reine Victoria tout le domaine de Longwood, ainsi que la tombe de Napoléon. L'ensemble est placé à perpétuité sous souveraineté française. Aujourd'hui encore, le drapeau tricolore flotte sur le domaine, enclavé en territoire britannique.    

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Plantation  House,
Sainte-Hélène   
Tombeau de Napoléon,
église Saint-Louis des Invalides, Paris

La cause officielle de la mort de Napoléon fut un cancer (squirre) de l'estomac, affection dont auraient péri son père et l'une de ses sœurs. Mais une théorie du complot soutient qu'il a été empoisonné par de l'arsenic mélangé à son vin ou à sa nourriture pour l'empêcher de s'échapper et de regagner la France. À partir de 1955, cette thèse s'est trouvée confortée par la découverte de concentrations élevées d'arsenic dans des échantillons de cheveux, lors d'analyses menées par le stomatologiste suédois Sten Forshufvud. D'autres ont fait valoir qu'au XIXe siècle, les lotions capillaires pour hommes contenaient normalement de l'arsenic.     

Au cours des recherches faites pour cet article, j'ai lu les rapports de différentes analyses effectuées depuis 2007 et dont certaines montrent que les cheveux de Napoléon, de même que ceux d'autres membres de sa famille, recélaient des quantités inhabituelles d'arsenic, datant semble-t-il de son enfance en Corse. Certaines de ces analyses ont été faites à l'aide d'un réacteur nucléaire de l'Université de Milan, à Pavie (Italie). 

  Image005  
  Le réacteur de Pavie,
vue extérieure.
Crédit : INFN
 

 J'ai aussi lu les résultats d'analyses publiés en 2007 dans Nature Clinical Practice Gastroenterology & Hepatology et d'autres publiés en 2011 dans Advanced Anatomical Pathology par plusieurs équipes de scientifiques. Ces travaux constituaient la première  recherche pluridisciplinaire sur la mort de Napoléon. 

Pour tenter de résoudre le problème, l'équipe internationale qui mena l'étude de 2007 appliqua les techniques médicales actuelles à l'analyse des écrits des médecins de Napoléon, des dossiers médicaux de sa famille et des témoignages de son entourage dont certains n'ont été mis au jour que récemment.

Dans les données historiques, les chercheurs n'ont trouvé aucun signe d'intoxication arsenicale, telle qu'une hémorragie intracardiaque.

En revanche, ils ont trouvé des signes très probants de cancer de l'estomac: perte rapide de poids, présence d'une substance brunâtre (dite marc de café) dans l'estomac, révélatrice d'un saignement gastro-intestinal. 

Les médecins du XIXe siècle avaient décrit une grande lésion dans l'estomac de Napoléon.    

En recoupant les descriptions anciennes et les images modernes de 50 ulcères non cancéreux et de 50 cancers de l'estomac, les chercheurs ont abouti à une conclusion.  

« Il y avait une énorme masse, de l'entrée à la sortie de l'estomac » déclare Robert Genta, professeur de pathologie et de médecine interne à l'Université du Texas. «  Elle mesurait au moins dix centimètres de long. La taille à elle seule incite à penser que la lésion était un cancer », dit le professeur. 

 

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Pour avoir une vue d'ensemble des différents travaux menés au cours de ces dernières années, et déterminer si leurs conclusions vont dans le même sens ou se contredisent, j'ai d'abord écrit, de la part du blog, au Dr Genta qui a été associé à ces travaux, tant en 2007 qu'en 2011. Il m'a adressé à un autre membre de l'équipe scientifique, le professeur Alessandro Lugli, actuellement attaché à l'Institut de pathologie de l'Université de Berne (Suisse). Le Dr Genta considère le professeur Lugli comme « le véritable spécialiste des pathologies de Napoléon ».  

Répondant très rapidement et obligeamment, le professeur Lugli m'a donné l'explication suivante:

En 2004, il y avait trois hypothèses quant à la cause de la mort: intoxication arsenicale, arythmie cardiaque et cancer de l'estomac. L'un des principaux arguments contre le cancer était le surpoids de Napoléon. 

En 2005, nous avons donc publié dans la revue Human Pathology un article montrant que la surcharge pondérale de Napoléon ne contredisait pas le diagnostic de cancer et qu'il avait même perdu plus de 10 kg au cours des derniers mois de sa vie, constatation qui évoque un cancer de l'estomac. (Selon la littérature médicale, la perte de poids n'est pas à 100% spécifique du cancer de l'estomac, mais elle lui est très fréquemment associée).

En 2007, dans l'article que nous avons publié dans Nature Reviews, Gastrenterology & Hepatology, nous avons déterminé le stade de la tumeur gastrique dont souffrait Napoléon, soulignant qu'il était avancé.  

En 2008, de leur côté, des physiciens italiens ont analysé des cheveux de Napoléon, montrant que celui-ci n'avait pas été empoisonné et confortant indirectement le diagnostic de cancer de l'estomac.

En 2010, plusieurs groupes d'étude soutenant le diagnostic de cancer de l'estomac ont rédigé un article pluridisciplinaire dressant un bilan des travaux sur la cause du décès de Napoléon. En conclusion, nous estimons que Napoléon est mort d'un cancer avancé de l'estomac, compliqué d'un saignement des voies digestives supérieures que l'on peut considérer comme la cause du décès.   

Je suis certain que dans 50 ou 500 ans, lorsque des historiens traiteront de la cause du décès de Napoléon, ils citeront l'article intitulé: The medical mystery of Napoleon Bonaparte: an interdisciplinary exposé, 2011 (référencé ci-après), et que les conclusions tirées par le professeur Lugli, le Dr Genta et leurs collaborateurs seront considérées comme définitives. La rédaction du blog remercie ces sommités scientifiques des réponses rapides et des clarifications obligeantes qu'elles lui ont fournies.    

Nous les considérons comme les mots justes à ce sujet. 

Initials JJG Jonathan Goldberg

Sources:

The medical mystery of Napoleon Bonaparte: an interdisciplinary exposé.
Advanced  Anatomical  Pathology. 2011 March ; 18(2):152-8.
Lugli A, Genta RM et coll., Institut de pathologie, Hôpital universitaire de Bâle (Suisse).

Napoleon’s Mysterious Death Unmasked, Science News, January 16, 2007

Napoléon empoisonné ? Probablement pas…

Napoleon used years on St Helena to learn English, Reuters, June 5, 2011

 

50ème anniversaire de la Royal Shakespeare Company

 

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Le 14 avril 2011, la Royal Shakespeare Company célébrera son 50e anniversaire en représentant une nouvelle série de pièces dans ses quatre théâtres situés à Stratford-upon-Avon, la ville d'Angleterre du nord où William Shakespeare naquit en 1564 et mourut en 1616i.  Ces théâtres sont The Royal Shakespeare Theatre, The Swan Theatre, The Courtyard Theatre et The Other Place.

 

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 Le 12 avril 2011, la poste britannique émettra six timbres et un feuillet-miniature pour commémorer cet anniversaire.

 

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Autres sources:

Royal Shakespeare Theatre – Wikipedia

Royal Shakespeare Company (français)

 

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Le feuillet-miniature comprend quatre timbres et s'inspire des quatre théâtres de Stratford-upon-Avon dans lesquels la Royal Shakespeare Company donne des représentations sur un fond inspiré par le thème de la scène (décors, acteurs, etc.).

Un autre théâtre britannique est lié à William Shakespeare : le Globe Theatre, construit en 1599, sur la rive méridionale de la Tamise à Londres. Des pièces de Shakespeare y furent représentées de son vivant. Détruit par un incendie en 1613, il fut  reconstruit en 1997, à environ 230 mètres de l'emplacement initial. 

 

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Le Globe Theatre, à Londres, reproduit l'architecture du théâtre du XVIe siècle

 

 

 


Adam, John Cranford.
The Globe Playhouse: Its Design and Equipment.
New York: Barnes & Noble, 1942.


Shapiro, James.
A Year in the Life of William Shakespeare 1599.
New York: Harper Collins, 2005.

 

Shakespeare’s Globe – Wikipedia

Théâtre du Globe – Wikipedia

 

Il est prévu de construire The New Globe Theater à Governors Island (New York).

 

  

 

Quelques acteurs shakespeariens :

 

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Ouvrages publiés récemment :

 

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Articles antérieurs publiés sur ce blog:

Hugo, Shakespeare et l’enseignement des langues vivantes
La piece bidon de Shakespeare « Double Falsehood » s’avère être authentique
Shakespeare goes to Paris
Churchill, Shakespeare et Cervantes  

 

i le même jour que Cervantes