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Nicole Nolette – linguiste du mois de juin 2017

 

NN profileL'interviewéeNicole Nolette est professeure adjointe en études françaises à l’université de Waterloo en Ontario, au Canada, depuis juillet 2017. Pour son livre Jouer la traduction. Théâtre et hétérolinguisme au Canada francophone (2015), elle était lauréate du prix Ann-Saddlemyer de l’Association canadienne pour la recherche théâtrale et du prix du meilleur ouvrage en théâtre remis par la Société québécoise d’études théâtrales pour la période 2014-2016. Elle a publié de nombreux articles dans les domaines de la traductologie, du théâtre et des littératures franco-canadiennes. De 2014 à 2016, elle était chercheuse postdoctorale du Conseil de recherches en sciences sociales associée au Cultural Agents Initiative de l’université Harvard.

 

GBL'intervieweuse :  Geraldine Brodie est maître de conférence en théorie de la traduction et en traduction du théâtre, et responsable de la maîtrise en théorie et pratique de la traduction à l'University College London. Geraldine a imaginé et co-organisé la série de conférences Translation in History et le Theatre Translation Forum et elle a été co-rédactrice en chef de la revue en ligne New Voices in Translation Studies de 2012 à 2015.

Ses recherches portent sur les pratiques de traduction du théâtre dans le Londres contemporain, y inclus la collaboration du traducteur dans la production du spectacle, ainsi que l'intermédialité et l'interlinéarité des surtitres. Elle donne fréquemment des présentations sur ces sujets au Royaume-Uni et à l'international et son travail figure dans de nombreuses publications. Geraldine est membre du panel de partenaires d'ARTIS, une nouvelle initiative de formation en recherche dans le domaine des études de traduction et d'interprétation. 

Geraldine est détentrice d'une maîtrise en littérature comparée du University College London et d'un diplôme de premier cycle à Brasenose College, Oxford, où elle s'est spécialisée en linguistique, vieil et moyen anglais et vieux français. Elle a aussi un Diploma de Español como Lengua Extranjera de l'Instituto Cervantes. Les intérêts de recherche de Geraldine comprennent les voix multiples en traduction, la traduction théâtrale directe, indirecte et littérale, l'adaptation et la version, l'intermédialité des surtitres et l'éthique de la traduction. Geraldine est membre de l'Institute of Chartered Accountants in England and Wales et membre du Chartered Institute of Taxation. Sa première monographie, The Translator on Stage, sera publié en décembre 2017 par Bloomsbury. 

Elle a été notre linguiste du mois d'août 2016.

 
L'interview suivante a été menée  par Skype entre Londres et Ottawa.
CLICK HERE FOR ENGLISH TRANSLATION BY GERALDINE BRODIE


GB : Votre récent livre, Jouer la traduction, [1] interroge le théâtre traduit et bilingue issu de contextes canadiens où le français est une langue minoritaire. Comment vous êtesvous intéressée à ce sujet? Quelle était votre expérience du français au Canada?

NN book cover

NN :Je me suis intéressée au théâtre bilingue (français-anglais) et à sa traduction vers 2005, en étudiant avec Louise Ladouceur au campus francophone de l'Université de l'Alberta (Campus Saint-Jean). Je m'intéressais alors au théâtre bilingue de l'Ouest canadien, et je considérais qu'au lieu d'envisager la traduction de ce théâtre comme une impossibilité (comme une intraduisibilité), on pourrait l'envisager comme un jeu. J'ai ensuite voulu voir si ce jeu de la traduction pourrait se produire ailleurs, dans d'autres conditions postcoloniales ou diglossiques, par exemple. J'ai choisi d'étudier deux autres études de cas semblables à celle de l'Ouest canadien : la province de l'Ontario, à l'ouest du Québec et la région de l'Acadie à l'est du Québec. La ville de Montréal et l'Université McGill me semblaient être les lieux idéaux d'où observer l'évolution et la circulation des productions théâtrales d'un peu partout au Canada. J'y ai travaillé avec Catherine Leclerc, spécialiste du plurilinguisme littéraire et auteure de Des langues en partage? Cohabitation du français et de l'anglais en littérature contemporaine (2010).

J'ai aussi pu voyager sur les lieux de la production de ce théâtre et de ses traductions au fil des ans. Au cours des trois dernières années, j'ai habité aux États-Unis pour poursuivre un stage postdoctoral avec Doris Sommer au Cultural Agents Initiative de l'université Harvard grâce à une subvention du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Et depuis un an, j'enseigne en Nouvelle-Écosse, à l'extrême frontière (et aux origines) du territoire de l'Acadie. Mes études en traductologie se sont faites en français dans des universités de langue anglaise, et c'est dans un contexte semblable que j'enseigne maintenant.  

 

GB : Avez-vous des exemples de manières de présenter le théâtre d'expression française dans des contextes où le français est une langue minoritaire? Quelles sont les approches de la traduction, et quelles sortes de publics sont visés?

NN : Il y a une différence assez importante entre le théâtre produit à l'ouest du Québec (Ontario, Manitoba, Saskatchewan, Alberta, Colombie-Britannique) et celui produit à l'est (Acadie). En Ontario et au Manitoba, par exemple, les francophones forment environ 4 % de la population; en Alberta et en Saskatchewan, ce pourcentage ressemble davantage à 2 %. En Acadie du Nouveau-Brunswick, par contre, le français est la langue principale de 30 % de la population. Cette divergence dans la démographie des groupes minoritaires semble aussi trouver une place dans les pratiques de production et de traduction du théâtre bilingue.

En Acadie, la population francophone, pourtant en grande partie bilingue, crée peu de théâtre bilingue, mais investit toute une gamme de variétés du français dans sa production artistique. Certaines de ces variétés locales du français (dont le chiac de la région de Moncton) comprennent également des emprunts et des alternances codiques. C'est le cas, par exemple, du spectacle futuriste Empreintes, présenté par le Collectif Moncton-Sable d'après un texte de Paul Bossé, dans lequel figure une interprète cyber-sapienne du chiac qui s'amuse bien avec les traductions qu'elle nous offre.

En Ontario et encore plus dans l'Ouest canadien, les artistes de théâtre prisent davantage le théâtre bilingue. Ceux de l'Ouest canadien lui donnent souvent une vocation identitaire, ou communautaire, alors que ceux de l'Ontario ont un penchant pour l'exploration artistique, et parfois postdramatique, du bilinguisme sur scène. Je pense, par exemple, au spectacle Le Rêve totalitaire de dieu l'amibe de Louis Patrick Leroux, dans lequel le personnage de La Commentatrice pose des jugements ironiques en anglais sur l'action dramatique qui se déroule en français. Dans un autre spectacle, celui de L'Homme invisible/The Invisible Man, deux interprètes se partagent le récit : l'un raconte, l'autre traduit, puis le sens de la traduction s'inverse de sorte qu'il n'y a plus vraiment de langue de départ et de langue d'arrivée.

De manière similaire aux pratiques plurilingues, c'est vers l'ouest que les théâtres explorent plusieurs stratégies de traduction. Le surtitrage, par exemple, apparaît au Théâtre français de Toronto vers 2005 et est rapidement intégré dans plusieurs des institutions théâtrales minoritaires de l'Ontario et de l'Ouest. Par contre, il n'y a pas encore de politique de surtitrage en Acadie; quand elles circulent vers l'ouest, cependant, les productions théâtrales acadiennes peuvent être surtitrées.

Je m'intéresse à ces différences régionales par rapport au bilinguisme et à la traduction, mais j'envisage également comment les productions théâtrales circulent et sont légitimées dans les grands centres de théâtre au Canada : Montréal en français et Toronto en anglais. Comme les spectateurs de ces métropoles ne partagent pas nécessairement le bilinguisme des communautés minoritaires productrices des formes théâtrales qui nous intéressent, les créations se métamorphosent pour ces nouveaux publics. Ainsi, un même spectacle bilingue peut devenir plus ou moins bilingue en se rapprochant de spectateurs qui n'ont pas les capacités d'en comprendre le français ou l'anglais.

Ce sont ces deux niveaux (l'inscription première du bilinguisme et ses traductions subséquentes) que j'appelle la traduction ludique. Dans le livre, je fais part de certains paradoxes dans la réception des productions théâtrales bilingues ou surtitrées à Toronto et à Montréal. D'une part, à Toronto, les surtitres en anglais servent non seulement à attirer des spectateurs dont il s'agit de la langue première, mais aussi des spectateurs francophones déshabitués au français en raison du contexte minoritaire. D'autre part, les spectateurs francophones de Montréal sont eux aussi souvent bilingues, et résistent moins que prévu à la présence de l'anglais sur leurs scènes.  

 

GB : Votre livre explore le concept de la « traduction ludique ». Pouvez-vous expliquer comment ce concept fonctionne en relation au théâtre d'expression française au Canada? Comment ce concept peut-il s'appliquer à d'autres formes de théâtre en traduction?

NN: J'ai parlé de traduction ludique à deux niveaux : celui d'une inscription ludique du bilinguisme dans un spectacle de théâtre, et celui de sa réinscription dans les traductions ultérieures de ce spectacle pour d'autres publics. Dans ces deux cas, la traduction ludique peut prendre la forme de personnages traducteurs, de répliques redistribuées ou de surtitres au-dessus de la scène.  L'idée du jeu me semble particulièrement porteuse : elle traverse la langue (les jeux de mots, par exemple) comme le théâtre (où on parle de jeu de l'acteur). Considérer le théâtre franco-canadien sous l'angle du jeu est également assez innovateur : on déplore souvent l'assimilation en cours qui se manifesterait dans le bilinguisme des groupes minoritaires.  Il me semble que le concept du jeu nous permet également d'ouvrir des possibilités par rapport à la traduction. Se donner du « jeu » (au sens de l'espace nécessaire au mouvement) dans l'activité de la traduction, c'est suivre le filon du jeu de mots et du jeu du plurilinguisme. C'est cesser d'envisager ces pratiques comme fondamentalement intraduisibles.  
Je crois également que le concept de la traduction ludique pourrait s'appliquer à d'autres formes de théâtre issues de groupes minoritaires au seuil de différentes langues. Les travaux de Tace Hedrick sur la poésie bilingue (espagnole-anglaise) d'Amérique du Nord et sa traduction, par exemple, me font penser qu'il y a des liens hémisphériques à tracer par la traduction ludique. Il y aurait aussi d'autres contextes plurilingues où ce serait intéressant de tester le concept, comme Hong Kong ou Iakoutsk.  

 

GB : Je remarque que votre livre intègre des sources théoriques de langue anglaise et française. Comment envisagez-vous une traduction de votre propre livre en anglais?

Pic NoletteNN : En écrivant ce livre, j'avais pour but de traverser les frontières linguistiques et culturelles de la théorie de la traduction, des littératures minoritaires et du spectacle. Le concept du jeu, par exemple, me permet de tirer de chez Johan Huizinga et Roger Caillois, mais aussi de la French theory retravaillée par les études culturelles américaines. J'ai voulu piger dans un répertoire interdisciplinaire et interculturel pour faire parler des objets qui traitaient de traduction et qui étaient encore en processus de traduction.  Faire parler ces objets était peut-être plus évident en français : le livre s'adresse surtout à un public qui connaît déjà un peu le théâtre franco-canadien. La traduction de ce livre vers l'anglais demanderait une meilleure présentation du contexte qui anime les enjeux du théâtre franco-canadien afin d'y initier ce nouveau public.  

 

GB : Où vous mènera votre recherche à l'avenir?

Depuis la publication de ce livre, je poursuis plusieurs pistes de recherche. L'une d'entre elles est l'apport de la technologie, omniprésente dans les productions théâtrales plurilingues et leur traduction. Le personnage de l'interprète cyber-sapienne dans Empreintes montre que le dialecte chiac et la traduction de style Babelfish peuvent aller de pair. L'utilisation des surtitres est un autre exemple de l'apport des technologies à la traduction du plurilinguisme. J'aimerais creuser davantage ce lien, peut-être même en enquêtant les manières par lesquelles on perçoit les technologies de la scène.  Je cherche également à pousser plus loin la théorie du théâtre plurilingue : au-delà de la tragédie de l'assimilation, au-delà du jeu tout de même partiellement dénonciateur de la traduction ludique, il me semble qu'une autre forme de théâtre bilingue pousse encore plus loin pour viser la rencontre interculturelle. En ce sens, elle est porteuse d'espoir et de rencontres possibles. Au Canada, le jeu relève d'abord des artistes de théâtre franco-canadiens, l'espoir des artistes anglo-canadiens. Un examen plus complet prendrait en compte ces deux formes possibles du théâtre bilingue au Canada. Il reste à théoriser ces moments où la rencontre – et la traduction – semblent possibles.

[1] Jouer la traduction
Théâtre et hétérolinguisme au Canada francophone

Les Presses de l'Université d'Ottawa
27 mai 2015

   

Entretien avec Nicole Nolette

 

NN profileL'interviewéeNicole Nolette est professeure adjointe en études françaises à l’université de Waterloo en Ontario, au Canada, depuis juillet 2017. Pour son livre Jouer la traduction. Théâtre et hétérolinguisme au Canada francophone (2015), elle était lauréate du prix Ann-Saddlemyer de l’Association canadienne pour la recherche théâtrale et du prix du meilleur ouvrage en théâtre remis par la Société québécoise d’études théâtrales pour la période 2014-2016. Elle a publié de nombreux articles dans les domaines de la traductologie, du théâtre et des littératures franco-canadiennes. De 2014 à 2016, elle était chercheuse postdoctorale du Conseil de recherches en sciences sociales associée au Cultural Agents Initiative de l’université Harvard.

GBL'intervieweuse :  Geraldine Brodie est maître de conférence en théorie de la traduction et en traduction du théâtre, et responsable de la maîtrise en théorie et pratique de la traduction à l'University College London. Geraldine a imaginé et co-organisé la série de conférences Translation in History et le Theatre Translation Forum et elle a été co-rédactrice en chef de la revue en ligne New Voices in Translation Studies de 2012 à 2015.

Ses recherches portent sur les pratiques de traduction du théâtre dans le Londres contemporain, y inclus la collaboration du traducteur dans la production du spectacle, ainsi que l'intermédialité et l'interlinéarité des surtitres. Elle donne fréquemment des présentations sur ces sujets au Royaume-Uni et à l'international et son travail figure dans de nombreuses publications. Geraldine est membre du panel de partenaires d'ARTIS, une nouvelle initiative de formation en recherche dans le domaine des études de traduction et d'interprétation. 

Geraldine est détentrice d'une maîtrise en littérature comparée du University College London et d'un diplôme de premier cycle à Brasenose College, Oxford, où elle s'est spécialisée en linguistique, vieil et moyen anglais et vieux français. Elle a aussi un Diploma de Español como Lengua Extranjera de l'Instituto Cervantes. Les intérêts de recherche de Geraldine comprennent les voix multiples en traduction, la traduction théâtrale directe, indirecte et littérale, l'adaptation et la version, l'intermédialité des surtitres et l'éthique de la traduction. Geraldine est membre de l'Institute of Chartered Accountants in England and Wales et membre du Chartered Institute of Taxation. Sa première monographie, The Translator on Stage, sera publié en décembre 2017 par Bloomsbury. 

Elle a été notre linguiste du mois d'août 2016.

 
L'interview suivante a été menée  par Skype entre Londres et Ottawa.
CLICK HERE FOR ENGLISH TRANSLATION BY GERALDINE BRODIE


GB : Votre récent livre, Jouer la traduction, [1] interroge le théâtre traduit et bilingue issu de contextes canadiens où le français est une langue minoritaire. Comment vous êtesvous intéressée à ce sujet? Quelle était votre expérience du français au Canada?

NN book cover

NN :Je me suis intéressée au théâtre bilingue (français-anglais) et à sa traduction vers 2005, en étudiant avec Louise Ladouceur au campus francophone de l'Université de l'Alberta (Campus Saint-Jean). Je m'intéressais alors au théâtre bilingue de l'Ouest canadien, et je considérais qu'au lieu d'envisager la traduction de ce théâtre comme une impossibilité (comme une intraduisibilité), on pourrait l'envisager comme un jeu. J'ai ensuite voulu voir si ce jeu de la traduction pourrait se produire ailleurs, dans d'autres conditions postcoloniales ou diglossiques, par exemple. J'ai choisi d'étudier deux autres études de cas semblables à celle de l'Ouest canadien : la province de l'Ontario, à l'ouest du Québec et la région de l'Acadie à l'est du Québec. La ville de Montréal et l'Université McGill me semblaient être les lieux idéaux d'où observer l'évolution et la circulation des productions théâtrales d'un peu partout au Canada. J'y ai travaillé avec Catherine Leclerc, spécialiste du plurilinguisme littéraire et auteure de Des langues en partage? Cohabitation du français et de l'anglais en littérature contemporaine (2010).

J'ai aussi pu voyager sur les lieux de la production de ce théâtre et de ses traductions au fil des ans. Au cours des trois dernières années, j'ai habité aux États-Unis pour poursuivre un stage postdoctoral avec Doris Sommer au Cultural Agents Initiative de l'université Harvard grâce à une subvention du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Et depuis un an, j'enseigne en Nouvelle-Écosse, à l'extrême frontière (et aux origines) du territoire de l'Acadie. Mes études en traductologie se sont faites en français dans des universités de langue anglaise, et c'est dans un contexte semblable que j'enseigne maintenant.  

GB : Avez-vous des exemples de manières de présenter le théâtre d'expression française dans des contextes où le français est une langue minoritaire? Quelles sont les approches de la traduction, et quelles sortes de publics sont visés?

NN : Il y a une différence assez importante entre le théâtre produit à l'ouest du Québec (Ontario, Manitoba, Saskatchewan, Alberta, Colombie-Britannique) et celui produit à l'est (Acadie). En Ontario et au Manitoba, par exemple, les francophones forment environ 4 % de la population; en Alberta et en Saskatchewan, ce pourcentage ressemble davantage à 2 %. En Acadie du Nouveau-Brunswick, par contre, le français est la langue principale de 30 % de la population. Cette divergence dans la démographie des groupes minoritaires semble aussi trouver une place dans les pratiques de production et de traduction du théâtre bilingue.

En Acadie, la population francophone, pourtant en grande partie bilingue, crée peu de théâtre bilingue, mais investit toute une gamme de variétés du français dans sa production artistique. Certaines de ces variétés locales du français (dont le chiac de la région de Moncton) comprennent également des emprunts et des alternances codiques. C'est le cas, par exemple, du spectacle futuriste Empreintes, présenté par le Collectif Moncton-Sable d'après un texte de Paul Bossé, dans lequel figure une interprète cyber-sapienne du chiac qui s'amuse bien avec les traductions qu'elle nous offre.

En Ontario et encore plus dans l'Ouest canadien, les artistes de théâtre prisent davantage le théâtre bilingue. Ceux de l'Ouest canadien lui donnent souvent une vocation identitaire, ou communautaire, alors que ceux de l'Ontario ont un penchant pour l'exploration artistique, et parfois postdramatique, du bilinguisme sur scène. Je pense, par exemple, au spectacle Le Rêve totalitaire de dieu l'amibe de Louis Patrick Leroux, dans lequel le personnage de La Commentatrice pose des jugements ironiques en anglais sur l'action dramatique qui se déroule en français. Dans un autre spectacle, celui de L'Homme invisible/The Invisible Man, deux interprètes se partagent le récit : l'un raconte, l'autre traduit, puis le sens de la traduction s'inverse de sorte qu'il n'y a plus vraiment de langue de départ et de langue d'arrivée.

De manière similaire aux pratiques plurilingues, c'est vers l'ouest que les théâtres explorent plusieurs stratégies de traduction. Le surtitrage, par exemple, apparaît au Théâtre français de Toronto vers 2005 et est rapidement intégré dans plusieurs des institutions théâtrales minoritaires de l'Ontario et de l'Ouest. Par contre, il n'y a pas encore de politique de surtitrage en Acadie; quand elles circulent vers l'ouest, cependant, les productions théâtrales acadiennes peuvent être surtitrées.

Je m'intéresse à ces différences régionales par rapport au bilinguisme et à la traduction, mais j'envisage également comment les productions théâtrales circulent et sont légitimées dans les grands centres de théâtre au Canada : Montréal en français et Toronto en anglais. Comme les spectateurs de ces métropoles ne partagent pas nécessairement le bilinguisme des communautés minoritaires productrices des formes théâtrales qui nous intéressent, les créations se métamorphosent pour ces nouveaux publics. Ainsi, un même spectacle bilingue peut devenir plus ou moins bilingue en se rapprochant de spectateurs qui n'ont pas les capacités d'en comprendre le français ou l'anglais.

Ce sont ces deux niveaux (l'inscription première du bilinguisme et ses traductions subséquentes) que j'appelle la traduction ludique. Dans le livre, je fais part de certains paradoxes dans la réception des productions théâtrales bilingues ou surtitrées à Toronto et à Montréal. D'une part, à Toronto, les surtitres en anglais servent non seulement à attirer des spectateurs dont il s'agit de la langue première, mais aussi des spectateurs francophones déshabitués au français en raison du contexte minoritaire. D'autre part, les spectateurs francophones de Montréal sont eux aussi souvent bilingues, et résistent moins que prévu à la présence de l'anglais sur leurs scènes.  

GB : Votre livre explore le concept de la « traduction ludique ». Pouvez-vous expliquer comment ce concept fonctionne en relation au théâtre d'expression française au Canada? Comment ce concept peut-il s'appliquer à d'autres formes de théâtre en traduction?

NN: J'ai parlé de traduction ludique à deux niveaux : celui d'une inscription ludique du bilinguisme dans un spectacle de théâtre, et celui de sa réinscription dans les traductions ultérieures de ce spectacle pour d'autres publics. Dans ces deux cas, la traduction ludique peut prendre la forme de personnages traducteurs, de répliques redistribuées ou de surtitres au-dessus de la scène.  L'idée du jeu me semble particulièrement porteuse : elle traverse la langue (les jeux de mots, par exemple) comme le théâtre (où on parle de jeu de l'acteur). Considérer le théâtre franco-canadien sous l'angle du jeu est également assez innovateur : on déplore souvent l'assimilation en cours qui se manifesterait dans le bilinguisme des groupes minoritaires.  Il me semble que le concept du jeu nous permet également d'ouvrir des possibilités par rapport à la traduction. Se donner du « jeu » (au sens de l'espace nécessaire au mouvement) dans l'activité de la traduction, c'est suivre le filon du jeu de mots et du jeu du plurilinguisme. C'est cesser d'envisager ces pratiques comme fondamentalement intraduisibles.  
Je crois également que le concept de la traduction ludique pourrait s'appliquer à d'autres formes de théâtre issues de groupes minoritaires au seuil de différentes langues. Les travaux de Tace Hedrick sur la poésie bilingue (espagnole-anglaise) d'Amérique du Nord et sa traduction, par exemple, me font penser qu'il y a des liens hémisphériques à tracer par la traduction ludique. Il y aurait aussi d'autres contextes plurilingues où ce serait intéressant de tester le concept, comme Hong Kong ou Iakoutsk.  

GB : Je remarque que votre livre intègre des sources théoriques de langue anglaise et française. Comment envisagez-vous une traduction de votre propre livre en anglais?

Pic NoletteNN : En écrivant ce livre, j'avais pour but de traverser les frontières linguistiques et culturelles de la théorie de la traduction, des littératures minoritaires et du spectacle. Le concept du jeu, par exemple, me permet de tirer de chez Johan Huizinga et Roger Caillois, mais aussi de la French theory retravaillée par les études culturelles américaines. J'ai voulu piger dans un répertoire interdisciplinaire et interculturel pour faire parler des objets qui traitaient de traduction et qui étaient encore en processus de traduction.  Faire parler ces objets était peut-être plus évident en français : le livre s'adresse surtout à un public qui connaît déjà un peu le théâtre franco-canadien. La traduction de ce livre vers l'anglais demanderait une meilleure présentation du contexte qui anime les enjeux du théâtre franco-canadien afin d'y initier ce nouveau public.  

GB : Où vous mènera votre recherche à l'avenir?

Depuis la publication de ce livre, je poursuis plusieurs pistes de recherche. L'une d'entre elles est l'apport de la technologie, omniprésente dans les productions théâtrales plurilingues et leur traduction. Le personnage de l'interprète cyber-sapienne dans Empreintes montre que le dialecte chiac et la traduction de style Babelfish peuvent aller de pair. L'utilisation des surtitres est un autre exemple de l'apport des technologies à la traduction du plurilinguisme. J'aimerais creuser davantage ce lien, peut-être même en enquêtant les manières par lesquelles on perçoit les technologies de la scène.  Je cherche également à pousser plus loin la théorie du théâtre plurilingue : au-delà de la tragédie de l'assimilation, au-delà du jeu tout de même partiellement dénonciateur de la traduction ludique, il me semble qu'une autre forme de théâtre bilingue pousse encore plus loin pour viser la rencontre interculturelle. En ce sens, elle est porteuse d'espoir et de rencontres possibles. Au Canada, le jeu relève d'abord des artistes de théâtre franco-canadiens, l'espoir des artistes anglo-canadiens. Un examen plus complet prendrait en compte ces deux formes possibles du théâtre bilingue au Canada. Il reste à théoriser ces moments où la rencontre – et la traduction – semblent possibles.

[1] Jouer la traduction
Théâtre et hétérolinguisme au Canada francophone

Les Presses de l'Université d'Ottawa
27 mai 2015

   

Les plus belles bibliothèques des États-Unis (1re partie)

USA library 1

North Reading Room, University of California Berkeley 
Berkeley, California, USA (photograph by Sharada Prasad CS)  

 

USA LIbrary 2

Harper Library at University of Chicago
Chicago, Illinois, USA (photograph by Rick Siedel)  

 

USA library Yale

Beinecke Rare Book and manuscript Library, Yale University
New Haven Connecticut, USA (photograph by Laura Manning)  

 

USA Library 6

Walker Library of the History of Human Imagination
Ridgefield, Connecticut, USA (photograph by Aaron Tang) 

 

USA Library 7

 George Peabody Library
Baltimore, Maryland, USA (photograph by Matthew Petroff)  

 

 A lire :


Les mystérieuses origines du livre

Mes bibliothèques: rendez-vous du livre et des beaux-arts…

À la une – le Man Booker International Prize remporté par David Grossman et Jessica Cohen

JessicaCette année, le prestigieux Man Booker International Prize a été décerné au grand écrivain israélien David Grossman, l'un des six auteurs présélectionnés pour le Prix, et à sa traductrice d'hébreu en anglais, Jessica Cohen, pour le livre "A Horse Walks into a Bar".
 
Pour les versions en langues etrangères, Grossman a collaboré avec ses traducteurs du monde entier. Pour cela, il les a réunis dans un centre de traduction littéraire situé en Allemagne afin de travailler intensément le texte avec eux. Jessica Cohen raconte: «Nous étions huit – avec David – autour de la table, pendant trois jours. Nous avons discuté de la façon dont les choses s'ordonneraient dans les différentes langues. Il a lu la plus grande partie du livre à haute voix. Cela nous a beaucoup aidés. Ses intonations et ses inflexions nous révélaient des choses que nous n'avions pas toujours perçues à la lecture page à page.»
 
La version française de l'ouvrage primé s'intitule : Un cheval entre dans un bar, traduction de Nicolas Weill.
 
Comme Amos Oz, un autre finaliste dans ce concours et concitoyen de Grossman (voir l'article que nous avons récemment 
De Lange - publié : Les traductions littéraires reconnues comme des œuvres à part entière), celui-ci est né à Jérusalem. (Oz est né avant la création de l'État d'Israël, Grossman après celle-ci). Comme nous l'avons annoncé, le traducteur d'Oz en anglais, Nicholas de Lange, sera le mois prochain le linguiste invité du Mot juste.
 
En France, Grossman a été fait Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. L'Allemagne lui a décerné la Buxtehuder Bulle, Rome le Premio per la pace e l’azione umanitaria, et Francfort le Prix de la paix.
 
 

Fabienne Lemahieu, La Croix :
"Avec la spectaculaire mise à nu d'un comique de seconde zone, David Grossman embrasse tous les thèmes d…"
Norbert Czarny, La Qunzaine :
"Qui a lu Le Théâtre de Sabbath de Philippe Roth, livre auquel on a envie de comparer ce roman, sait que …"
Oriane Jeancourt Galignani, Transfuge :
"Une des voix les plus humaines qu'il nous ait été donné de lire depuis longtemps."

Les traductions littéraires reconnues comme des œuvres à part entière

Reportage de Magdalena Chrusciel avec l'aide précieuse d'Elsa Wack – nos contributrices fidèles

 

Man bookerLe Prix international Man Booker existe depuis 2004. Il est décerné chaque année à un auteur, britannique ou étranger, pour un ouvrage en anglais ou largement diffusé en traduction anglaise. En 2016, son montant a été porté à 50 000£ et, dans le cas d'une traduction, il est équitablement partagé entre l'auteur et le traducteur. [1]

En 2016, le prix a été décerné à l'auteure sud-coréenne Yi Chong-jun et à sa traductrice anglaise, Deborah Smith. En juillet 2017, nous publiions une interview intitulée  « Deborah Smith – linguiste du mois de juillet ».

Le lauréat du Prix international Man Booker 2017 sera annoncé le 13 juin. Voici les six candidats qui ont été nominés dans une première étape [2]:

Mathias Enard (France), Charlotte Mandell (États-Unis), Boussole
(Compass)
David Grossman (Israël), Jessica Cohen (États-Unis),
A Horse Walks Into a Bar
Roy Jacobsen (Norvège), Don Bartlett, Don Shaw (Grand Bretagne),
The Unseen
Dorthe Nors (Danemark), Misha Hoekstra (États-Unis),

Mirror, Shoulder, Signal
Amos Oz (Israël), Nicholas de Lange (Grand Bretagne),
Judas
Samanta Schweblin (Argentine), Megan McDowell (États-Unis),

Fever Dream

 

 

Nicholas-de-LangeNicholas de Lange, professeur d'hébreu et d'études juives à l'Université de Cambridge, Grande-Bretagne, traducteur du livre « Judas », d'Amos Oz, a bien voulu nous accorder un entretien, qui se déroulera fin juin. Que « Judas » soit ou non couronné du prix international Man Booker, nous présenterons le Professeur Lange à nos lecteurs à ce moment-là.

En attendant, voici une brève présentation de l'écrivain Amos Oz. Oz est un auteur, romancier, journaliste et intellectuel israélien. Il enseigne également la littérature à l'université Ben-Gourion à Beersheba. Il est considéré comme l'écrivain israélien vivant le plus renommé.

Oz a été publié en 42 langues, y compris l'arabe, et dans 43 pays. De nombreux prix et distinctions lui furent décernés, Amos Ozparmi lesquels la Légion d'honneur en France, le prix Goethe, le prix de littérature du Prince des Asturies, le prix Heinrich Heine ainsi que le prix Israël. Des extraits de la traduction chinoise d'«Une histoire d'amour et de ténèbres» constituent depuis 2007 les premiers textes littéraires contemporains en hébreu à figurer dans un recueil officiel en chinois. En 2007, Oz avait fait partie des nominés pour le prix Man Booker. Un film realisé par Nathalie Portman a été inspiré par son autobiographie.

 

Depuis 1967, Oz s'est prononcé en faveur d'une solution à deux États du conflit israélo-palestinien.

Nous souhaitons bonne chance aux six auteurs ainsi qu'à leurs traducteurs pour le 13 juin.

D. SmithEn attendant, voici quelques commentaires intéressants sur l'intérêt des lecteurs pour la littérature traduite, exprimés par Deborah Smith et rapportés dans l'édition du 28.4.2017 du British Financial Times.

Selon Deborah, si ces dernières années des romans traduits ont été honorés par le prix Man Booker International (MBI) et d'autres prix, c'est que la littérature traduite est en train de monter en puissance auprès des lecteurs. Selon Nielsen BookScan, en 2015, 1,5% seulement des œuvres de fiction publiées au Royaume-Uni étaient des traductions alors qu'elles représentaient 5% du total des ventes de fiction", constate Smith. "La rapide expansion de la gamme des traductions, y compris de certains des auteurs contemporains les plus prisés dans la fiction littéraire et la fiction populaire, contredit la croyance selon laquelle les traductions sont des œuvres particulièrement difficiles ou d'un haut degré d'intellectualisme", explique Smith. "En revanche, le fait que seule la crème de la crème passe la barrière de la langue constitue une assurance de l'originalité et de la qualité de ces ouvrages – comme en témoignent ceux listés par MBI cette année", dit-elle. Smith voit également de manière optimiste l'attribution pour la première fois cette année du prix Warwick des Femmes en traduction, compte tenu de la sous-représentation endémique des traductions d'écrivaines. "Les traducteurs sont à bien des égards des auteurs – tout au long d'une traduction, nous nous escrimons contre certains mots, rêvons des personnages, malmenons notre dos et nos yeux et nous coupons de nos relations en restant rivés à nos ordinateurs quatorze heures par jour", ajoute Smith. "Mais tout cela, les auteurs le font aussi – cadence, ténacité, rythme et registre, avec en plus l'intrigue, le personnage et la création ex nihilo. Comment ne pas en être épaté?

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(1) « En élevant le statut des traducteurs, le prix relève celui du multilinguisme et des traductions, assez déconsidérées dans le monde anglo-saxon. Celles-ci ne seront plus de simples dérivés ou adaptations : les traductions publiées seront considérées comme des œuvres à part entière » (commentaire de Rebecca Walkowitz, auteure de Born Translated: The Contemporary Novel in an Age of World Literature, sur le nouveau prix Man Booker pour les œuvres de fiction traduites).

(2) Pour une critique de la sélection de six finalistes, voir :

The Man Booker International prize shortlist is only half right — this is what it gets wrong
The Sunday Times, 11 June 2017

 

Un faux ami du Président de la République française

“…le monde attend de nous que nous soyons forts, solides et clairvoyants. »
Emmanuel Macron, 14/05/2017

Lorsque j'entendis le nouveau président de la République française s'adresser à ses concitoyens du palais de l'Élysée, mon oreille anglophone fut quelque peu écorchée par l'emploi de l'adjectif clairvoyant, dans lequel je flairais un faux-ami. Cliquant immédiatement sur OxfordDictionaries.com j'eus les définitions suivantes de l'anglais clairvoyant :

Ab Clairvoyant-noun

  • A person who claims to have a supernatural ability to perceive events in the future or beyond normal sensory contact.

adjective

  • Having or exhibiting clairvoyance.

 

Pour avoir confirmation qu'il s'agissait effectivement d'un faux ami, je consultai l'édition intégrale du Robert & Collins, en commençant par la partie anglais-français et en allant ensuite dans la partie français-anglais. Voici les 

Clairvoyant (adj.) 
anglais > français

Clairvoyant/e (adj.)
français > anglais 

Clairvoyant (substantif), voyant, extralucide

Clear-sighted, perceptive, far-sighted [1]

Donc aucune mention dans la définition français > anglais du mot anglais qui décrit celles (ou ceux) qui lisent l'avenir dans des boules de cristal, ce qui est le sens de "clairvoyant" en anglais.

Si j'avais interprété le discours de Monsieur Macron, j'aurais traduit «clairvoyants» par far-sighted.

(Un autre synonyme est “perspicacious”, bien que ce terme soit généralement utilisé en anglais pour qualifier une personne et non un gouvernement ou ses politiques.)

Il s'ensuit que si le mot anglais dérive directement de son homologue français, il n'en a pas moins suivi son propre chemin linguistique : à la différence du terme français qui est utilisé dans un sens positif, comme l'a fait le Président, le mot anglais a acquis le sens d'une qualité attribuée à des gens qui font semblant de prévoir l'avenir. 

À cet égard, on peut observer qu'en anglais un clairvoyant s'apparente à un vendeur de poudre de perlimpinpin. Voir à ce sujet la note que nous avons publiée dernièrement.

 

 

Signification :
Traitement extraordinaire mais inutile

Origine :
Cette expression française date du XVIIe siècle. Le mot perlimpinpin aurait la même signification que la formule magique abracadabra. Il s'agissait de diverses poudres sans aucun effet réel, vendues à l'époque comme des remèdes miraculeux par des charlatans.   L'internaute

en anglais : snake oil

L'huile de serpent, nom initialement donné à un liniment frauduleux sans extrait de serpent, en est venu à désigner tout produit dont la qualité ou les effets bénéfiques sont incertains ou invérifiables. Par extension, « marchand d'huile de serpent » se dit de quelqu'un qui vend sciemment des produits frauduleux ou qui est lui-même un escroc, un charlatan, un marchand d'illusions. Wikipedia

 

Ab snake_oil_

 

 

L'AUTHENTIQUE
GUÉRIT-TOUT

« Soulage instantanément et guérit les maux de tête, la névralgie, la toux, le rhume, l'éternuement, le hoquet, la goutte, la blennorragie, la diphtérie, les oreillons, la rougeole, la coqueluche, la tuberculose, et même la maladie de Bowden. »   

 [1] Notons que le Petit Robert dit de la clairvoyance qu'elle est une vue exacte, claire et lucide des choses (page 433).g

 

Jonathan G. avec l'aide précieuse de Jean L.

L'auteur de ces lignes vient de se voir confier la traduction en anglais de Révolution, le livre – mi-autobiographie, mi-profession de foi – d'Emmanuel Macron, paru en 2016.