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Robert Killingsworth – traducteur du mois de février 2012

 

  Killingsworth photo

  

Robert Killingsworth, traducteur financier, travaillant uniquement du français vers l’anglais, est interviewé par votre blogueur, Jonathan Goldberg (lui-même traducteur professionnel français-anglais). Robert est né à New York. Il vit en  Californie depuis 1994, et habite actuellement à Oakland.

 

English version:

 

Photo  prise à l’entrée de la Rue du Cardinal Lemoine, Paris (5e), là où Robert a loué un appartement, sans savoir que James Joyce y avait écrit « Ulysse ». et qu'Ernest Hemingway avait vécu en face.  (Voir en bas l’image de la plaque dédiée à Joyce, posée sur la clôture de l'immeuble).

English version

 

Jonathan : Vous êtes né aux États-Unis. Où et quand avez-vous appris le français ?

Robert : Dans le secondaire, j’ai fait quatre ans d’apprentissage du français. Des années plus tard, je me suis rendu compte que j’avais appris là tout ce dont j’avais besoin en grammaire et encore. (Je n’ai jamais eu besoin de traduire le plus-que-parfait du subjonctif !) Mais, à l’oral, ce n’était pas brillant. Je n’ai été capable de pratiquer le français à un niveau correct qu’après ma sortie de l’université, alors que je me trouvais au Sénégal, ancienne colonie française, comme volontaire du Corps de la Paix. J’ai oublié le peu de wolof que j’y avais appris, mais le français est resté.

 

Jonathan : Comment êtes-vous devenu traducteur ?

Robert : Par hasard, et assez tard dans ma vie. En 1990, ma femme s’est vue offrir une affectation de deux ans à Paris. C’était lune trop belle occasion qu'il ne fallait pas  laisser passer! J’ai abandonné mon emploi salarié, nous avons déménagé en France avec nos deux filles, alors toutes jeunes, et je suis resté à la maison pour m’occuper d’elles. Je suis devenu « homme au foyer ».

Après quelques mois, j’ai commencé à chercher à m’occuper sur le plan  professionnel, pendant que les filles étaient à l’école. J’avais un ordinateur, je savais bien me servir du clavier, et je connaissais bien le logiciel MS Word. Une relation avait ouvert un cabinet de traduction à Paris, et j'ai eu l'audace de penser que je pouvais traduire du français vers l’anglais. J’ai demandé à faire un  essai; et c’est ainsi que j’ai commencé, à 35 centimes (de franc, à cette époque) le mot. J’étais généraliste alors, je traduisais tout ce que l’on me donnait.

 

Jonathan : Quelles sont vos spécialisations ?

Robert : Je n’en ai qu’une seule : la finance (ou plutôt « le financier », avec ses composantes bancaires, juridiques, comptables, etc.). Au bout de six mois, je me suis rendu compte que je pouvais me spécialiser dans le domaine de ma «  vie antérieure ». J’avais un diplôme universitaire en sciences économiques et une accréditation professionnelle en analyse financière comme CFA (Chartered Financial Analyst). J’avais encore beaucoup à apprendre en technique bancaire, en droit, en comptabilité et autres matières connexes, mais j’étais bien mieux placé que d’autres pour me mettre au courant.

 

Jonathan : Préférez-vous traduire ou interpréter ? 

Robert : Je ne fais pas du tout d’interprétariat. Je n’en serais pas du tout capable, et cela ne me convient pas. S’il y a une chose que j’aime dans le métier de traducteur, c’est de ne pas avoir à sortir de chez soi pour l’exercer !

 

Jonathan : Quels sont vos clients ?

Robert : Actuellement je n’en ai que deux. Ce sont de petites agences de traduction parisiennes, pour qui je travaille depuis 15 ans. Mon marché est en Europe, pas en Amérique du Nord. Je suis très content de ne PAS travailler pour des clients directs. Au vu des neuf heures de décalage horaire, je n’ai pas du tout envie d’être debout en même temps que les Parisiens ; je suis très heureux de passer par un intermédiaire.

 

Jonathan : Utilisez-vous des logiciels d’aide à la traduction (TAO) ? 

Robert : Oui, pour chaque traduction. J’ai tellement l’habitude de travailler avec un logiciel de mémoire de traduction, qu’il me serait difficile maintenant de m’en passer. Pour la traduction, j’utilise depuis neuf ans le même logiciel de TAO. Pour faire de l’alignement de textes et produire des bi-textes, j’utilise un autre logiciel. J’ai l’intention, au cours des prochains mois, d'apprendre à maîtriser un des nouveaux logiciels qui permettent de bien exécuter ces deux tâches. J’ai acheté ce nouveau logiciel il y a plusieurs mois, mais je n’ai pas encore trouvé le temps de me familiariser avec lui.

 

Jonathan : Quel est pour vous le plus grand défi de la traduction de textes financiers ?

Robert : Je répondrai, sans hésitation : trouver la bonne terminologie !.Trouver les termes appropriés et les utiliser à bon escient. C’est aussi, de mon point de vue, la description de la tâche du traducteur spécialisé, quel que soit son domaine.

 

Les plus grandes difficultés de la terminologie financière concernent souvent des termes et des mots d’usage courant. Prenons, par exemple, le mot consolidation, avec une acception comptable. Ce mot est utilisé aussi bien en français qu’en anglais, très souvent avec le même sens, mais il y a pourtant une différence clé dans ce que ce mot est supposé vouloir dire en France. Dans ce cas particulier, je n’ai aucun moyen de donner l’équivalent en anglais en moins de huit mots, ce qui est problématique car, justement dans ce cas particulier, une erreur de traduction entraînerait une grossière erreur de compréhension.

 

Le terme « franchissement de seuil[s de détention] », qui est courant dans les questions de lois et de réglementation concernant les valeurs mobilières, pose aussi un véritable défi de traduction. Dans ce cas, le terme équivalent en anglais est “notification of major holdings” qui, du point de vue sémantique, n’a pas beaucoup de rapport avec son homologue français. De fait, il ne s’agit pas stricto sensu d’une traduction, mais c’est pourtant là le terme que le traducteur devra utiliser dans presque tous les cas faisant référence au sujet en question. Dans les deux langues, le terme est un raccourci utilisé dans un contexte d’une obligation de divulgation d’information financière, mais, selon la langue, on met en valeur un point différent de ladite obligation.

 

Jonathan : Très intéressant. Merci infiniment, Robert.

Robert : Je vous en prie.

– réponses traduites par Danièle Heinen

James Joyce plaque

                   Photo: Douce France (Conall Hamil)

 

Commentaire sur la traduction anglaise de “Un lieu incertain” de Fred Vargas

   

       Fred Vargas - Un certain lieu bookcover                 Fred vargas - portrait 1                              

                        livre de Fred Vargas

                          Sian Reynolds

                       traduit en anglais par Siân Reynolds

An Uncertain Place

 


                Dufresne

Critique de la plume de Nicole Dufresne, Senior Lecturer Emeritus   (ancienne professeure),
Department of French and Francophone
Studies, University of California, Los Angeles

 Rédigé spécialement pour Le-mot-juste-en-anglais.com

 

Les “contes policiers” de Fred Vargas semblent captiver deux sortes de lecteurs. Ceux qui sont friands de crimes insolites,  d’intrigues pulpeuses truffées de loups garous,  d’êtres malveillants, et de mystères moyenâgeux –  car n’oublions pas que l’auteur est spécialiste en archéologie médiéviste – et ceux qui raffolent tout simplement de son style. Car, si brutaux et odieux soient-ils,  les crimes n’éclipsent pas  les mots. Au delà de l’argot traditionnel des flics et des truands,  la langue de Vargas raconte le quotidien des policiers de la Brigade criminelle parisienne – l’esprit méandreux du commissaire Adamsberg, le « Rompol » de la série, l’érudit commandant Danglard, ainsi que les autres flics avec leurs travers et leurs penchants.

 

Dans Un lieu incertain des meurtres sanguinaires nous ramènent au XVIIIe siècle et à des règlements de comptes entre deux familles de vampires.  Les romans de vampires étant très prisés, cette intrigue pourrait suffire pour attirer un large public.  Pourtant, c’est bien le style de l’auteur, son humour, sa manière de camper les personnages et de les faire parler qui font que l’on tourne les pages avec plaisir. La traduction de Siân Reynolds, An Uncertain Place,  rend hommage à la finesse évocatrice des descriptions  de Vargas. La version anglaise se lit elle aussi avec grande satisfaction.  Il faut noter que Reynolds a enseigné à l’université de Stirling en Ecosse et qu’elle a traduit des œuvres de Fernand Braudel avant de se concentrer sur les romans policiers.

 

Ce commentaire voudrait suivre la traduction des registres de langue et des équivalences utilisées pour l’interprétation du culturel. Un des attraits du roman est qu’il expose des flics bien parisiens à des langues – l’anglais, l’allemand et le serbe – qu’ils ne comprennent pas , ce qui apporte au lecteur une bonne dose d’humour. Langues et cultures se croisent partout créant ainsi des « lieux incertains » pour les personnages.

 

Ce polar ne s’ouvre pas sur la découverte d’un crime comme le dicterait la convention, mais sur une scène toute domestique – Le commissaire Adamsberg  repasse ses chemises dans sa cuisine en préparation à un voyage à Londres. Le Directeur de la Brigade criminelle nous est présenté comme un flic casanier et nous comprenons tout de suite que la conférence londonienne est une corvée, d’autant plus qu’il ne parle pas un mot d’anglais. Vargas utilise généralement le mot « flic » qui  évoque familièrement l’agent de police en argot « classique ». Ainsi, la conférence ressemblera  une centaine de flics haut de gamme…des flics et rien d’autre (7), ce qui fait sourire le lecteur français – l’expression « haut de gamme » étant réservée aux produits de  luxe. Reynolds choisit  d’abord de préciser qu’il s’agit de police forces  et de  top brass , avant d’utiliser le mot « cop » (1), une traduction correcte, mais qui ne peut rendre le jeu de mots.  Il est dommage que « rien d’autre » ne soit pas traduit car cela impliquait le rabaissement moqueur du « produit flic haut de gamme ».

 

Tout au long du roman, Reynolds choisit judicieusement de garder les grades des policiers en français —Commissaire, Commandant, Brigadier, Lieutenant  pour rappeler au lecteur anglophone qu’il se trouve en culture policière française. Les policiers aux noms superbement évocateurs pour le lecteur francophone– Mordent (celui qui mord), Lamarre (celui qui en a marre), Danglard (l’inversion de glandeur, celui qui perd son temps) perdent malheureusement leur ironie en anglais.

En Angleterre. nos flics, à l’exception de Danglard l’anglophile (prononcé Denglarde par les Anglais), ont un rapport conflictuel avec la culture de Scotland Yard. Le texte français prend alors des tournures anglaises : Sale histoire. Faites votre job, Radstock, allez voir ça (19), tandis que l’anglais britannique de Reynolds insiste sur le côté « old school » si bien que l’on pourrait croire qu’il s’agit en fait de l’original : Nasty business. Go on Radstock, old chap, it’s your department (19).  De plus, Vargas infuse la conversation de mots anglais : Let down, il est bourré, Denglarde (20), rendant ainsi littéralement l’expression française « Laissez tomber ».  La traduction de Reynolds rectifie en Leave it, Donglarde, he’s been seeing things (160) et interprète astucieusement l’état d’ivresse ( bourré ) en vision fantastique.   Par ailleurs, la prononciation de l’anglais reste un mystère pour Adamsberg – le cimetière Highgate devient dans sa bouche « Higegatte » en français , ce qui donne en traduction « Higg-Gate ». L’intérêt d’Adamsberg  pour ce pays si étranger se limite en fait à savoir si la Tamise avait la même odeur de linge moisi que la Seine (7).  Whether The Thames smelt of damp washing the way the Seine did (1). Cependant, damp washing  n’évoque pas l’odeur nauséabonde  « musty – moldy » de l’adjectif « moisi » et cette nuance est perdue.

 

Un des grands problèmes de traduction du français familier est de trouver un équivalent au tutoiement.  Généralement, le traducteur s’efforcera de compenser la perte du « tu » par un lexique et des tournures plus idiomatiques dans le texte d’arrivée. Dans Un lieu incertain, le tutoiement opère à plusieurs niveaux de familiarité dont je donnerai trois exemples. D’abord, entre les flics, il indique la camaraderie professionnelle et cela se complique lorsque l’interlocuteur est une femme, dans ce cas le lieutenant Violette Retancourt : Avec Retancourt, Adamsberg alternait sans y penser le tutoiement et le vouvoiement (49).  Il faut noter que cette réflexion sur la langue se situe au moment même où Adamsberg arrive sur la scène d’un crime abominable, servant ainsi d’écran à la violence.  Pour la traductrice, cette mention arrive à point : With Retancourt, Adamsberg alternated between « tu » and « vous » without thinking about it (46).  La mention de « tu » et « vous » dans le texte anglais suppose donc que le lecteur anglophone connaît la différence et peut donc l’apprécier without thinking about it.  Passons à mon deuxième exemple dans le premier chapitre. La rencontre d’Adamsberg avec son voisin Lucio, un vétéran de la guerre d’Espagne (l’anglais doit spécifier « the Spanish Civil War ») introduit une humanité tendre dans le roman qui va contraster avec les crimes inhumains qui seront décrits plus tard. Lucio veut qu’Adamsberg l’aide à accoucher sa chatte. (Nous apprendrons à la fin que l’un des chatons sera crucial à l’identification du criminel.) Le tutoiement de longue date entre les deux voisins signifie aussi que c’est le vieux Lucio qui mène la situation, pas le commissaire. Lucio lui donne des instructions pour « l’accouchement »: Et tu ne vas pas t’en foutre, hombre.  Moi je pousse en massant et toi tu extirpes. Gaffe, ne va pas serrer comme une brute quand tu les sors. Un chaton, ça te craque entre les doigts comme un biscuit sec. (9). L’anglais, trop correct et poli, ne permet pas  au lecteur anglophone de discerner la langue rude et imagée de Lucio. : And no way will you not care. I’ll massage her belly, and you can pull them out. And be careful, gently does it. A kitten, you can break it in half like a biscuit if you’re too clumsy (3). Cet adoucissement des termes d’argot se retrouve fréquemment, particulièrement dans la traduction de « je m’en fous », rendu par « I don’t care », plutôt que « I don’t give a damn ». (En fait, il s’agirait d’un choix délibéré de la part de Reynolds, car selon elle, les termes de « slang »  paraissent trop forts dans la traduction.)  Mon troisième exemple se trouve au chapitre XXX quand Adamsberg rencontre celui qu’il croit être le meurtrier.  Le tutoiement dans cette scène se veut l’expression de la peur et de la haine, et la traduction compense la perte du tutoiement en s’appliquant résolument à rendre la violence des insultes que s’adressent les deux hommes. Néanmoins, ailleurs dans le roman traduit, le lecteur ne peut savoir si les personnages se disent « tu » ou « vous ».

 

S’agissant d’expressions idiomatiques, je voudrais mentionner une trouvaille impressionnante qui  démontre la dextérité linguistique de la traductrice. A  la fin de l’épisode de la chatte avec Lucio, quand Adamsberg invoque son départ à Londres, il précise: Mon adjoint se ronge d’inquiétude (10), ce qui est rendu par My deputy is having kittens himself (4), une métaphore géniale où la traduction paraît meilleure que l’original. Néanmoins, le langage du flic  «Français moyen »  s’avère quelquefois difficile à rendre. Prenons, par exemple, le mot « truc » omniprésent dans la conversation familière française. Dans certains cas, cela ne pose pas problème : Un truc est passé sur mon chemin  (12). Something crossed my path (6). Mais,  ailleurs, « truc » indique l’incompréhension d’Adamsberg pour la langue et la culture anglaises : L’idée très britannique d’aller pêcher des trucs dans un lac là-haut, selon Danglard qui comprenait tout et traduisait tout (14). L’anglais se veut plus spécifique : the very British notion of spending his time fishing in some northern loch , according to Danglard who understood everything and translated everything (9) et  ignore donc la double frustration d’Adamsberg vis à vis de l’anglais et de l’intérêt qu’y porte le dandy Danglard. Autre détail, Adamsberg, ce flic si ancré dans ses habitudes françaises, boit du café dans un bol. A plusieurs reprises, le bol de café devient bowl of coffee – le seul contresens que j’ai relevé. Un bol est tout simplement  une grande tasse sans anses utilisée pour le petit déjeuner, un terme un peu désuet, mais qui correspond bien au quotidien petit-bourgeois d’Adamsberg. Pour les Anglais et les Américains le café ne se boit pas dans un « bowl », on dit « mug » ou « cup ».  En francais « bowl » se dit saladier.

 

D’autre part, les ambiguïtés  linguistiques ne sont pas toujours traduisibles.  Ainsi au chapitre XIX, un quiproquo s’installe digne de Ionesco.

— Urgence, commissaire, Il y a Vienne qui vous veut.

–  Qui veut que je vienne, Lamarre ?

— Vienne. (151)

(Il s’agit d’un commissaire de Vienne,  qui désire une vidéoconférence)

–Urgent, commissaire ! Vienna wants to talk to you.

–Who’s Vienna ?

–Vienna, the place. (156)

Evidemment le jeu de mots sur « Vienne – que je vienne » ne pouvant être transposé en anglais, la traductrice se doit donc d’expliciter l’équivoque. Dans le dialogue qui s’ensuit, le Kommissar viennois insiste pour parler français avec Adamsberg : Je sois désolé pour vous, commissaire, j’espère que vous gardez l’enquête en charge, oui ? (152) I am regretful for you, commissaire, and I hope you keep the inquiry, yes ? (157)  On peut se moquer des fautes du Komissar dont le français et l’anglais sont approximatifs (j’imagine qu’il s’agit de traductions littérales de l’allemand), mais cela souligne également le manque de connaissances linguistiques d’Adamsberg qui ne se risquerait jamais à dire une phrase dans une autre langue.

 

A partir du chapitre XXX, l’enquête amène Adamsberg dans un petit village de Serbie pour retrouver les vampires liés aux meurtres.  Alors que le commissaire s’en remet à son traducteur Vladislav pour déchiffrer la langue, l‘histoire de l’affrontement entre deux familles de vampiri est décryptée par  Vargas, l’archéologue, à travers les explications du vieux Serbe Arandjel.  Malgré la complexité de l’intrigue,  la traduction ne pose pas de problèmes.  Et finalement on apprend la signification du titre du roman : le lieu incertain (304) est cet endroit tabou, le cimetière où règne les vampires, a place of uncertainty (322). Le titre en anglais nous donne An Uncertain Place.  Il s’agit, me semble-t-il, du seul roman de Vargas traduit en anglais dont le titre peut calquer l’original.

 

De retour à Paris, il reste à Adamsberg à arrêter le meurtrier, dernier descendant de « la lignée des vampires damnés », à apaiser les débats sur l’existence des vampires  à la Brigade, mais aussi,  d’un point de vue personnel, à retrouver un fils dont il ignorait l’existence.  Il a surtout la satisfaction de récupérer ses repères culturels et d’entendre les mouettes crier en français (381) –  the seagulls mewing in French (407).  Ces mouettes font écho au début du roman où notre Adamsberg , dépaysé, se promenait dans la rue St Johns Mews à Londres en se demandant comment  prononcer quelque chose comme « Mews ». Là, un groupe de mouettes s’était échappé en criant en anglais (13). A flock of seagulls had flown up in the air, calling (mewing indeed) in English (9). Avec ce  dernier clin d’œil linguistique, la boucle est bouclée et Adamsberg, ce franco-francais incorrigible, retrouve les lieux bien certains de sa bonne ville.

~~~~~~~~~~

Rozovsky, Peter. « Siân Reynolds : An Interview with Fred Vargas’ translator, Part I and II ».  Blog : Detectives without borders, March 15, 2011.

Vargas, Fred. Un lieu incertain , Editions Viviane Hamy, 2008.

Vargas , Fred. An Uncertain Place. Penguin Books, 2011. Translated by Siân Reynolds.

(Les numéros de pages dans le commentaire se rapportent à ces deux éditions)

A la une – The Artist remporte cinq Oscars

Oscar stage
Here in Hollywood, the 8th Annual Oscar Ceremony has just ended ended (9 p.m. local time) with five awards to The Artist :

 "The Artist"  won the Oscar for the best movie of the year.


 
 

Acceptance speeches of Director Michel Hazanavicius and Producer Thomas Langmann


Michel Hazanavicius won the award for the best director.

Jean Dujardin won the Oscar for the best male actor in a leading role.

Mark Bridges won the Oscar for the best costume design.

Ludovic Bource won the Oscar fofr the best musical score.


Full cast

"The Artist" rêve d'un happy end a la 84e ceremonie des Oscars
Le nouvel Observateur  26-02-2012

Oscars 2012 : le sacre de "The Artist"
Le Monde, Cinema, 27.02.2012

 

Our previous articles :

3 Frenchmen in Hollywood

Les amis français des chiens à la joie

 

PS. Producer Thomas Langmann is the son of the late Clause Berri.

La musique et l’histoire – États-Unis et Venezuela – sur fond d’Europe

La semaine dernière, nous avons publié un article intitulé: « Les mots valise de la semaine : Beatlemania, Dudamania ».  Le terme anglais « Dudamania » se rapporte à Gustavo Dudamel, ce Vénézuélien de 31 ans qui dirige l'Orchestre philharmonique de Los Angeles, avec la participation de l'Orchestre symphonique Simon Bolivar

Nous signalions que, le 18 février dernier, la Huitième symphonie de Mahler, dite « Symphonie des mille » entièrement pour soli, chœurs et orchestre, devait être diffusée, en direct de Caracas, dans 500 salles de spectacle du Canada, des États-Unis et d'Amérique latine.   

 

Ma femme et moi sommes allés assister à ce concert dans un cinéma de Los Angeles.  J'ai peine à décrire l'émotion ressentie. Nous étions littéralement transportés. Voir un orchestre américain et un orchestre vénézuélien jouer à l'unisson (à une époque de relations politiques extrêmement tendues entre les deux pays) était un plaisir sublime.  C'était extraordinaire de voir le grand nombre de musiciens des deux orchestres, de même que le bon millier de choristes adultes et jeunes, jouant et chantant ensemble comme un seul exécutant. Certes, ce n'était pas une manifestation élitiste comme certains concerts classiques pourraient sembler l'être, mais plutôt un événement à la portée de tous et de chacun. (À Caracas, les gens ont fait la queue à partir de 3 heures du matin et, à 8 heures, tous les billets étaient vendus.) [1]

Ce concert en « relayé cinématographique » présente deux nets avantages :

D'abord, il y eut 30 minutes de présentation du concert, au cours desquelles on donna la parole à Gustavo Dudamel et à des musiciens des deux formations – L'Orchestre philharmonique de Los Angeles et l'Orchestre symphonique Simon Bolivar. On nous expliqua comment l'idée avait germé ; comment fonctionnait le programme d'enseignement musical El Sistema ; ainsi que les problèmes de logistique  qu'avait posé le transport des instruments, grands et petits, de Los Angeles à Caracas, les préparatifs du concert, etc. Du coup, après un entracte, lorsque le concert a commencé, nous autres spectateurs avions déjà l'impression  d'être personnellement associés à ce grand projet culturel, impliquant des Vénézuéliens et des Américains, jeunes et vieux musiciens.

Le second avantage d'assister à un concert cinématographié est la possibilité de gros plans sur les différents instrumentistes, ce qui permet au public de les voir jouer de très près, et ce qui n'est pas possible dans une salle de concert, aussi bien placé soit-on.

Il semble que les deux orchestres prévoient des tournées communes en Europe. Leurs concerts pourront être relayés dans toute l'Europe. Si vous aimez la musique classique et s'il vous est possible de voir un de ces concerts dans une salle de cinéma locale,  c'est une occasion à ne pas laisser échapper! 

Le compositeur autrichien Gustav Mahler n'est un inconnu pour personne. Chacun sait qu'il est issu d'une famille juive germanophone de Bohème. Par la suite, il s'est converti au catholicisme afin de pouvoir briguer la direction de l'orchestre de l'Opéra de Vienne. À la fin de sa vie, il s'est installé aux États-Unis où il a dirigé le Philharmonique de New York. 

Mahler
           Gustav Mahler

Note personnelle :

Si vous me permettez une note personnelle, je voudrais vous présenter un parent   vivant de Gustav Mahler, mon bon ami Gerry Watkins, né Gerhard Mahler. Il vit le jour à Vienne et habite maintenant à Los Angeles.  L'arrière-arrière-grand-père de Gerry était le frère  du grand-père de Gustav. Gerry, comme son célèbre ancêtre, eut à pâtir de l'antisémitisme. Quatre jours après l'Anchluss (l'annexion de l'Autriche à l'Allemagne nazie, en 1938), son père se suicida pour ne pas être déporté dans un camp de concentration. À l'âge de 11 ans, Gerry fut envoyé en France par le Kindertransport. 

Kindertransport 1   Kindertransport 3
                                                                       source : http://next-stage.co.uk

Il fut hébergé au château de La Guette, en Bourgogne, avec d'autres enfants de 9 à 14 ans. Lorsque la France fut à son tour envahie, les enfants furent évacués. Après être passés par l'Espagne, le Portugal et les États-Unis, Gerry et sa sœur reçurent des autorités australiennes l'autorisation de s'installer en Australie. Il leur fallait une autorisation parce que l'Australie, étant en guerre aux côtés des Alliés, ils étaient considérés comme des « étrangers ennemis ».  Les deux enfants traversèrent sur le dernier navire à quitter San Francisco pour Sydney  avant l'attaque japonaise de Pearl Harbour. Gerry fit ensuite une belle carrière dans le corps diplomatique australien.

 

Tout cela, bien sûr, n'est qu'indirectement lié à Dudamel ou à Caracas (via Gustav Mahler). Toutefois, je voudrais ajouter, en marge de cet article, qu'à l'occasion des prochaines élections présidentielles au Venezuela, Hugo Chavez a pour rival Henrique Capiles Radonski dont les arrière-grands-parents ont péri au camp d'extermination de Treblinka et dont les grands-parents maternels ont quitté l'Europe pendant la deuxième guerre mondiale. Comme Mahler, Radonski s'est converti au catholicisme.    


Radonski

Henrique Capiles Radonski
Le leader de l'opposition au Venezuela

 

Glossaire anglais-français de musiqueinstruments et de voix

[1]  Gustavo Dudamel and the L.A. Phil start things in Caracas,
Los Angeles Times 

El Sistema for all, U.S. kids too
Los Angeles Times, February 26, 2012

 

Redigé  par Jonathan, traduit par Jean

 

Un étudiant anglais de 20 ans parle 11 langues

21 February 2012 


 


Twenty-year-old Alex Rawlings has won a national competition to find the UK's most multi-lingual student.

The Oxford University undergraduate can currently speak 11 languages – English, Greek, German, Spanish, Russian, Dutch, Afrikaans, French, Hebrew, Catalan and Italian.


Language tongue

Entrants in the competition run by the publishers Collins had to be aged between 16 and 22 and conversant in multiple languages.

Alex drew on all his skills to tell BBC News about his passion for learning languages and how he came to speak so many.

Source : BBC News UK

 

Read also:

Adventures of a Teenage Polyglot
New York Times, March 9, 2012

Charles Dickens – 200 ème anniversaire de sa naissance

 

Le 8 février 2012 était le 200ème anniversaire de la naissance de l'écrivain britannique Charles Dickens. Nous avions espéré consacrer un article à la vie et à l'œuvre de Dickens, mais d'autres sujets l'ont évincé et nous avons laissé passer cette date.

Une analyse approfondie du sujet, qui permette d'en appréhender toutes les facettes, prendrait plus de temps que nos fidèles rédacteurs n'en disposent ces jours-ci. Nous limiterons donc notre célébration de l'anniversaire de Dickens à un entretien mené par Charlie Rose, personnalité du petit écran américain, avec Salman Rushdie et 

d'autres lettrés.

Mais d'abord, 

voici une brève introduction visuelle, avec de la musique de Tchaïkovski, Chopin et Rossini.

 

 

 

 

 

 

 
Les clips vidéos proviennent de You Tube et appartiennent au domaine public.

Première Partie:

 
suite:
 
suite:
 
suite:
 

 

Note linguistique de la BBC :

trois expressions qui deviennent de l'oeuvre de Dickens :

 

 

 

Lecture supplémentaire :

Which miser makes the most?
The Economist, 25 December 2012

"Not to Put Too Fine a Point Upon It":
How Dickens Helped Shape the Lexicon

Vocabulary.com
Ben Zimmer
February 3, 2012

La Journée internationale de la langue maternelle – le 21 février 2012

Langue maternelle

« La langue de nos pensées et de nos émotions est notre bien le plus précieux. Le multilinguisme est notre allié pour assurer l’éducation de qualité pour tous, favoriser l’inclusion et lutter contre les discriminations. »

Mme Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO
Journée internationale de la langue maternelle, 21 février 2012

 

 

La Journée internationale de la langue maternelle a été proclamée par la Conférence générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'education, la science ey la culture (UNESCO) en novembre 1999 (document 30 C/DR.35 ).

 

Le 16 mai 2007, l'Assemblée générale des Nations Unies, dans sa résolution 61/266, a « demand[é] aux États Membres et au Secrétariat d’encourager la conservation et la défense de toutes les langues parlées par les peuples du monde entier ». Elle a aussi, par cette même résolution, proclamé 2008 Année internationale des langues, pour favoriser l’unité dans la diversité et l’entente internationale grâce au multilinguisme et au multiculturalisme.

 

 

La Journée internationale de la langue maternelle est célébrée chaque année depuis février 2000 afin de promouvoir la diversité linguistique et culturelle ainsi que le multilinguisme. La date du 21 février a été choisie en hommage aux étudiants tués par la police à Dhaka (aujourd'hui la capitale du Bangladesh) alors qu'ils manifestaient pour que leur langue maternelle, le bengali, soit déclarée deuxième langue nationale du Pakistan de l'époque.

 

Les langues constituent les instruments les plus puissants pour préserver et développer notre patrimoin matériel et immatériel. Tout ce qui est fait pour promouvoir la diffusion des langues maternelles sert non seulement à encourager la diversité linguistique et l'éducation multilingue mais aussi à sensibiliser davantage aux traditions linguistiques et culturelles du monde entier et à inspirer une solidarité fondée sur la compréhension, la tolérance et le dialogue.

 

 

International Mother Language Day was proclaimed by the General Conference of the United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO) in November 1999 (30C/62).

On 16 May 2009 the United Nations General Assembly in its resolution A/RES/61/266 called upon Member States "to promote the preservation and protection of all languages used by peoples of the world". By the same resolution, the General Assembly proclaimed 2008 as the International Year of Languages, to promote unity in diversity and international understanding, through multilingualism and multiculturalism.

International Mother Language Day has been observed every year since February 2000 to promote linguistic and cultural diversity and multilingualism. The date represents the day in 1952 when students demonstrating for recognition of their language, Bangla, as one of the two national languages of the then Pakistan, were shot and killed by police in Dhaka, the capital of what is now Bangladesh.

 

Languages are the most powerful instruments of preserving and developing our tangible and intangible heritage. All moves to promote the dissemination of mother tongues will serve not only to encourage linguistic diversity and multilingual education but also to develop fuller awareness of linguistic and cultural traditions throughout the world and to inspire solidarity based on understanding, tolerance and dialogue.

 

Terreur, terrorisme, terroriste –

analyse linguistique

Bienvenue à notre nouveau collaborateur,
le Professeur Ronen Steinberg

Ronen SteinbergLe Professeur Steinberg est un historien de l'Europe moderne, spécialiste  de l'époque de la Révolution française. Il est titulaire d'un doctorat d'histoire de l'Université de Chicago. Ses principaux centres d'intérêt sont l'histoire de la violence, la justice en période de transition et la théorie sociale. Il a publié des articles sur la terreur au XVIIIe siècle et sur la commémoration de la violence révolutionnaire en France. Actuellement, il travaille à un ouvrage intitulé : « Les survivances de la Terreur: Surmonter les séquelles de la violence dans la France post-révolutionnaire, 1794-1830. » Il dirige également un séminaire sur la justice en période de transition qui s'attache à la façon dont les sociétés surmontent les séquelles de la violence collective.

Terror reign of terror            Terrorist 

Many people have heard of the Reign of Terror in revolutionary France. Fewer people realize perhaps that the English word "terrorism" originated in the French Revolution. It appeared for the first time in the Dictionnaire de l'Académie française in 1798, four years after the fall of Robespierre, and was defined as "a system, a regime of terror." The dictionary included another new word, terroriste, which was defined as "an agent or partisan of the regime of terror, which has taken place through the abuse of revolutionary measures." [1]

Terror dictionnaire

What did terror mean before the Revolution, how did this new definition come about, and what, if anything, does this tell us about our own understanding of terrorism today?

First, a little etymology: The term "terror" is related to the Latin adjective terribilis, which refers to objects or people that inspire dread or awe. The Encarta World English Dictionary [North American Edition] defines awe as "a mixture of wonder and dread: a feeling of amazement and respect mixed with fear that is often coupled with a feeling of personal insignificance or powerlessness."  This mixture of dread and wonder, respect and a feeling of powerlessness, suggests that the term "terror" is quite complex. On the one hand, it has a clearly negative meaning. Powerlessness and personal insignificance are, for most people, negative experiences, and after all, intense feelings of fear and powerlessness are among the triggers of posttraumatic stress disorder. [2] On the other hand, terror has positive meanings too, as can be seen in the allusion to such terms as amazement, respect and wonder. This brief etymology of the term "terror" already contains some interesting implications for our own understanding of terror and its derivative term, "terrorism," for it shows that the word had both positive and negative meanings, and it is the tension between these two poles which makes the term, and the experience, so complex.

The same holds true for the theological roots of the term. In the Old Testament, God inspires awe but also terror, a duality that is captured in the Hebrew term for the fear of God, yir'at ha-shem, the fear of and respect for the name of the Lord. The definition of terror in French before the Revolution retained traces of this etymology. The Dictionnaire de l'Académie française defined the term in 1762 as "an emotion caused in the mind by the sight of great evil or of an immediate threat; great fear." [3] The allusion to evil or mal in the French – a metaphysical category – suggests the theological roots of the term terror.

As a side note, it is interesting to observe that in the case of terror, English rather than French retains the Latin spelling of the term. Whereas the Latin terrorem has become terror in English, it was transformed into terreur in French. Normally it is the other way around. That is, normally it is the French language rather than the English that remains closer to Latin, so this presents a somewhat unusual case. It would be interesting to examine the reason for this, but that lies beyond the scope of our inquiry here.

Another thing that is made clear by the etymology of "terror" is that before the Revolution, it was understood mostly as an emotion, a specific state of the mind. As such, it drew the attention of the philosophes and scientists of the Enlightenment. The eighteenth century compendium of scientific knowledge, the encyclopédie, saw terror as an extreme species of fear. Its entry on the subject distinguished between peur, which referred to a general apprehension of coming danger, frayeur, which meant a more immediate sense of alarm, and terreur, which was the most extreme experience of fear and as such was capable of "destroying our mind." [4] The French naturalist, the Comte de Buffon, developed a hierarchical typology of fear based on his observations of human physiognomy.

Comte de Buffon    Histoire Naturelle

Le Comte de Buffon

As he put it in his Histoire naturelle, which was published in 36 volumes between 1749 and 1788,  "in fear, in terror, in dread, the forehead wrinkles, the eyebrows are raised, the pupils are widened as much as possible… the mouth is open widely." [5] In pre-revolutionary French thought then, the term terror referred to the most extreme form of fear.

This form of fear was so devastating because often its source remained unclear, vague, operating on the imagination rather than on the senses. Another entry on terror in the encyclopédie related the term to panic, and defined both words as "those forms of dread that have no foundation in reality because they are believed to have been inspired by the god Pan." [6] The reference here is to the story of the Gallic invasion of the Balkans (280-279 BC) as recounted by the second century Greek geographer Pausanias in his work, Description of Greece. According to Pausanias, the god Pan struck terror into the hearts of the Gallic warriors, so that in a collective frenzy they turned on each other and decimated their own army, hence the term panic.

 

Pausanius

 

We can draw several conclusions from this brief survey of the concept of terror in France on the eve of the Revolution. First and foremost, the term referred to an emotional experience. It was the most extreme form of fear and as such was understood to have the ability to overpower reason, to paralyze the mind. Second, the etymology of the term suggests its inherent ambiguity, as a reaction to divine power, which is simultaneously positive and negative. Third, terror was a particularly insidious form of fear because its source was often unclear. Whereas fear is a sensory reaction to danger, terror operates mostly on the imagination and as such is capable of augmenting itself indefinitely and of influencing the mind long after its real source is gone. Finally, and this is most revealing, the relation of the term to panic means that in the eighteenth century terror was seen essentially as a contagious form of fear. In this sense, terror was a collective phenomenon, pertaining to groups and whole societies more than to individuals.

The shift from this surprisingly sophisticated understanding of terror to terrorism, that is, from terror understood as a kind of emotion to terrorism understood as political violence, can be traced back to the Reign of Terror in revolutionary France.

 

    Estampe de la guillotine                         Sans-culottes

 Estampe de la Guillotine, « Et la garde qui veille aux Barrières du Louvre n'en défend pas les rois… », durant la Terreur.  Sans-culottes
Représentation populaire (1789).

 

Historians disagree on when exactly the Reign of Terror began but a common starting point is September 5 1793, when France's legislative assembly, the National Convention, declared "terror is the order of the day." [7] The most immediate result of this declaration was the passing of the Law of Suspects (September 17 1793,) that authorized local authorities to arrest and try anyone deemed as possessing counter-revolutionary dispositions, a vague accusation at best. Eventually, about seventeen thousand people were sentenced to death during the eleven months of the Reign of Terror, and about half a million citizens were thrown into makeshift prisons on various, unclear charges of political crimes.

The revolutionary authorities that led this campaign under the argument that it was necessary in order to save the young Republic from its internal and external enemies did not define it as a coherent political program. The closest thing to a definition that we have from this period comes from a speech delivered by Maximilien Robespierre, the Jacobin leader, in February 1794.

Terror Robespierre

Maximilien Robespierre

Robespierre argued that "Terror is nothing other than justice, prompt, severe, inflexible." Robespierre meant by this popular justice, the justice of the people who were putting their collective will into effect by defending the goals of the Revolution and the interests of the Republic. As Robespierre put it, "If virtue be the spring of a popular government in times of peace, the spring of that government during a revolution is virtue combined with terror: virtue, without which terror is destructive; terror, without which virtue is impotent."  [8]

The new terms terrorisme and terroriste did not appear during the Reign of Terror but rather in its aftermath. The Reign of Terror was brought to an end on July 27, 1794, or 9 Thermidor according to the republican calendar developed by the revolutionaries, when the National Convention overthrew and executed Robespierre as well as many members of his closest circle. The men who had orchestrated this coup d'état were nicknamed Thermidorians and the period that followed this event is called the Thermidorian Reaction. It was the Thermidorians who first elaborated a definition of terror as a unique form of power, a political system. Jean-Lambert Tallien, a Thermidorian leader who had been personally involved in the events of 9 Thermidor, defined terror as a political principle, a system of government designed to inspire chronic, general fear in the hearts and minds of citizens so as to ensure their obedience.

Jean-Lambert Tallien

Jean-Lambert Tallien

 

The art of terror according to Tallien consisted in knowing how to "set a trap under each step, place a spy in every home, a traitor in every family," and in using the public death of the few in order to terrify the many. This was achieved by an ever-increasing application of the death penalty. The result of this policy according to Tallien was the division of French society into two classes: "those who are afraid, and those who make others afraid." Whereas revolutionary leadership argued that terror was necessary in order to protect the principles of liberty, equality and fraternity, Tallien argued that it actually ensured their destruction, for as he put it, terror "de-fraternizes, de-socializes, and de-moralizes." [9]

 

The term terrorisme as it was defined in the Dictionnaire de l'Académie française in 1798 probably derived from this Thermidorian analysis of terror as a political system. As for the term terroriste, it was applied quite liberally during the Thermidorian Reaction in order to single out certain individuals or groups as having allegedly collaborated with the repressive regime of Robespierre. Those who were labeled as terrorists were subsequently persecuted, and there was even a short-lived wave of popular vengeance against them, mostly in the South of France (the Midi,) which came to be known as the White Terror, in contrast to the Red Terror of the Jacobins.[10]

 

What can this history of the terms terror, terrorism and terrorist tell us about the phenomenon as we see it today? First, whereas most people today identify terrorism with non-state actors who make use of violence illegitimately in order to achieve particular political goals, in its origins the term referred precisely to violence directed by the state against its own citizens. Second, the origins of the term terrorism present a challenging test case for current understandings of the concept in the social sciences. Political scientists today distinguish between terrorism and terror. The former term refers to subversive terror, which is aimed at transforming the political status quo. The latter term refers to state terror, which is aimed at preserving the existing status quo. [11]  Yet the Reign of Terror in late eighteenth century France challenges these understandings of terror, for here we have a case of a state that resorted to terroristic tactics precisely in order to transform, and transform radically, the social, economic and political order of things. Finally, while the term terror today has almost exclusively negative connotations, tracing its origins allows us to see that it possesses, or at least used to posses also positive dimensions. As a form of power in can inspire dread and paralyze the mind, but it can also inspire wonder and raise the human imagination to new levels. It can destroy individuals and societies, but it is also an intrinsic, basic feature of the social and political organization of human life. It would be interesting to trace these changes in the meaning of terror from the French Revolution to our own times, but that is another story, perhaps a terrifying one.

© Ronen Steinberg 2011

 

Ronen Steinberg
Department of History
Michigan State University

ronens@msu.edu


[1] Dictionnaire de l'Académie française, 5th Edition (1798), at http://artflx.uchicago.edu/cgi-bin/dicos/pubdico1look.pl?strippedhw=terreur (accessed November 27, 2011)

[2] See N. C. Andreasen, "Posttraumatic Stress Disorder," in Comprehensive Textbook of Psychiatry, 4th ed., edited by H. I. Kaplan and B. J. Sadock (Baltimore: Williams and Wilkins, 1985), 918-24

[3] Dictionnaire de l'Académie française, 4th Edition (1762), at http://artflx.uchicago.edu/cgi-bin/dicos/pubdico1look.pl?strippedhw=terreur  (accessed November 27 2011)

[4] Chevalier de Jaucourt, "Peur, frayeur, terreur," at http://artflx.uchicago.edu/cgi-bin/philologic/getobject.pl?c.11:1091.encyclopedie0311 (accessed on March 25 2010.) The entry is from the Encyclopédie, ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, etc., eds. Denis Diderot and Jean le Rond D'Alembert. University of Chicago: ARTFL Encyclopédie Project (Spring 2011 Edition), Robert Morrissey (ed), http://encyclopedie.uchicago.edu/.

[5] Buffon, Histoire naturelle, générale et particulière: avec la description du Cabinet du Roy, 36 vols. (Paris: Imprimerie Royale, 1749-1789), 2: 532 at http://www.buffon.cnrs.fr/ice/ice_page_detail.php?lang=fr&type=text&bdd=buffon&table=buffon_hn&bookId=2&search=no&typeofbookDes=hn&facsimile=off&pageOrder=532 (accessed on March 15 2010)

[6] Chevalier de Jaucourt, "Panique, terreur," at http://artflx.uchicago.edu/cgi-bin/philologic/getobject.pl?c.10:2530.encyclopedie0311 (accessed on March 25 2010.)

[7] See "Terror is the Order of the Day," at http://chnm.gmu.edu/revolution/d/416/, accessed on November 27 2011.

[8] Maximilen Robespierre, "Report on the Principles of Political Morality," at http://www.fordham.edu/halsall/mod/1794robespierre.asp, accessed on November 27 2011.

[9] Réimpression de l'ancien Moniteur, seule histoire authentique et inaltérée de la révolution française depuis la réunion des États-généraux jusqu'au Consulat (mai 1789-novembre 1799), 32 vols. (Paris: Plon, 1858-70), 21: 613, 615 

[10] See Stephen Clay, "Vengeance, Justice and the Reactions in the Revolutionary Midi," French History, Vol. 23, No. 1 (2009): 22-46

[11] For the distinction between subversive and conservative terror, see Jeffrey A. Sluka, ed. Death Squad: the Anthropology of State Terror (Philadelphia: University of Pennsylvania Press, 1999)

Les amis français des chiens à la joie –

Les amis suisses des chats à la peine…

Chien français – top dog à Hollywood

Préludant à la cérémonie des Oscars, prévue pour le 26 février 2012, un autre événement médiatique s'est déroulé lundi dernier à Hollywood: la première remise des Colliers d’Or (1st Annual Golden Collar Awards), autrement dits les Oscars des canidés.


Uggie red collar
Tommaso Boddi/WireImage

 

Selon L’Express du 14/02/2012 :

«Uggie, qui partage avec Jean Dujardin l'affiche de The Artist, a été la star des premiers Colliers d'Or, ce lundi soir à Los Angeles, en remportant le prix de l'interprétation canine dans un film – un collier couvert de cristaux Swarovski, avec un pendentif en forme d'os. La soirée était dédiée aux quadrupèdes et à leurs dresseurs. 

Le Jack Russel s'est imposé face à Cosmo  (Beginners), Denver  (50/50) Hummer (Young Adult)  et le doberman Blackie (Hugo Cabret). Uggie était aussi nommé pour le film «De l’eau pour les éléphants». Il avait par ailleurs remporté la "Palme Dog" au dernier Festival de Cannes

UggieBlackie

Uggie, star de
« The Artist »

Blackie, star de
« Hugo Cabret »
(avec sa doublure)

       Artist                         Blackie Hugo Cabret

Aussi insolite soit-il, ce Collier d'Or est une récompense de plus pour The Artist, qui continue sa marche triomphale vers les Oscars – où il est en lice pour 10 statuettes -, après s'être imposé aux Golden Globes en janvier et aux BAFTA ce week-endà Londres. »

  

 

Golden Collar Awards 2012: Uggie, Dog Star of 'The Artist', Takes Top Prize
Huffington Post, February 14, 2012

Le chien de ''The Artist'' une nouvelle fois récompensé !
Yahoo actualités 15.02.2012

3 Frenchmen in Hollywood
Le mot juste en anglais

Can Hollywood's top dogs really act?
BBC News Magazine

Joie en France – deuil en Suisse

Si la France des fans de cinéma et des « dog-lovers » était en fête, la Suisse des « mères à chats » était en deuil à l’annonce du décès de  « Miez Maz », le doyen des chats suisses, victime de la vague de froid.

  Swiss cat

                     Miez Maz

Reprenant une nouvelle parue dans les colonnes de son confrère le St.Galler Tagblatt, le quotidien gratuit 20Minutes, sous la plume de son correspondant Adrian Müller, annonce le décès survenu à Tägerwilen (Thurgovie), de « Miez Maz », le doyen des chats suisses, à l'âge respectable de 33 ans. Et pourtant, la vie n'était pas tendre pour « Miez Maz ». Abandonné depuis six ans, il connaissait la rude existence des SDF et ne survivait que grâce à la compassion des voisines qui lui apportaient chaque jour sa pitance. Les températures sibériennes de ces derniers temps – on a enregistré jusqu'à – 42° C à Glattalp, en Suisse orientale – lui ont été fatales. « Il souffrait d'un cancer de l'oreille et son pelage, ses dents et ses griffes étaient en piteux état » a déclaré le vétérinaire local. « Une telle longévité est exceptionnelle chez un chat » estime le docteur Franck Fontaine, de l'Hôpital des Animaux de Berne. Pourtant, le record est détenu par un chat texan « Cream Puff », mort à 38 ans, en 2005. Mais, selon le Daily Mail, la doyenne mondiale serait, semble-t-il, « Lucy » qui avait 39 ans en 2011 et qui, aux dernières nouvelles, est toujours vivante.   

Et les chevaux ne sont pas oubliés…

Ces derniers jours, les informations  qui fusent d'Hollywood n'oublient pas les chevaux. La photo ci-dessous montre une écuyère qui manifeste près du théâtre Kodak, sur Hollywood Boulevard, là où  se déroulera la cérémonie des Oscars. Elle entend ainsi protester contre l'abattage commercial des équidés.

  Horse

Hollywood horse
Los Angeles Times, February 14, 2012

  

Note linguistique :

Des expressions et proverbes anglais avec le mot cat et dog

catnap

Un (petit) somme.

Curiosity killed the cat.

La curiosité est un vilain défaut.

Has the cat got your tongue?

Tu as perdu la langue ?

(en parlant à un enfant)

It’s raining cats and dogs.

Il pleut des cordes / Il pleut des hallebardes / Il tombe des hallebardes = Il pleut à verse.

Look what the cat dragged in.

Regarde donc un peu qui pointe son nez / Regarde donc un peu qui pointe le bout de son nez /
Regarde donc un peu qui arrive (là).

She/he thinks she/he is the cat's meow
/ the cat's pajamas/whiskers

Se prendre pour le nombril du monde.

She/he looks like the cat that ate the canary
/ like the cat that licked the cream

Avoir l'air content de soi.

to fight like cat and dog

 

Se battre comme des chiffonniers.

S'entendre comme chien et chat.

to let the cat out of the bag

Vendre la mèche.

to play cat and mouse with someone

Jouer au chat et à la souris avec quelqu'un.

When the cat's away, the mice will play

Quand le chat n'est pas là, les souris dansent.

Table rédigée avec l'aide précieuse de Nathalie Nédélec-Courtès, traductrice professionnelle

dog-eared

écorné

dogend

mégot

dogleg

coude/angle abrupt sur la route

dog's breakfast

foutoir, n’importe quoi

doggy bag

petit sac pour emporter les restes après un repas au restaurant

as quickly as a dog can lick a dish

très vite

call off the dogs

rappeler les chiens, arrêter un comportement grossier ou reprehensible

crooked as a dog's hind leg

frauduleux, malhonnête

dog-faced liar

menteur/euse invétéré/e

dog and pony show (US)

numéro de charme, poudre aux yeux, baratin

dog days (- of summer)

 

canicule (le mot français “canicule” dérive de “petit chien” qui est la constellation ou se trouve Sirius, associé au temps chaud.)

dog eat dog (prov.)

chacun pour soi, foire d’empoigne

dog in the manger

empêcheur de danser en rond

dog tired

épuisé, lessivé

every dog has its day

à chacun vient sa chance, à chacun son heure de gloire

go see a man about a dog

aller se soulager, aller voir le pape

gone to the dogs

aller à vau-l’eau

happy as a flea in a doghouse

être heureux comme poisson dans l’eau

Hair of the dog (that bit you)

Reprendre un verre (pour faire passer sa gueule de bois)

His bark is worse than his bite

Il aboie plus qu’il ne mord

If you lie down with dogs, you will get up with fleas

Qui se couche avec les chiens se lève avec des puces

in the dog house

ne pas être en odeur de sainteté

It’s a dog eat dog world

univers impitoyable

it's a dog's life

une vie de chien

It’s raining cats and dogs

Il pleut des cordes, il pleut à torrent

Let sleeping dogs lie

Il ne faut pas réveiller le chat qui dort.

dressed like a dog's dinner

être habillé de façon extravagante

love me, love my dog

Aimez-moi tel que je suis

mean as a junk-yard dog

très méchant/e (plus méchant qu’un chien dans un entrepôt de ferrailleur)

sick as a dog

malade comme un chien

The guilty dog barks the loudest. (prov.)

C'est la poule qui chante qui a fait l'œuf.

the tail wagging the dog

C’est le monde à l’ envers, la charrue avant les bœufs

to bark up the wrong tree

faire fausse route

top dog

gros bonnet, manitou, boss

why keep a dog and bark yourself

Pourquoi faire faire aux autres ce qu’on peut faire par soi-même

to work like a dog

ramer, travailler très dur

yellow dog contract

Un contrat dans lequel l’employé accepte de ne pas se syndiquer (maintenant illégal)

you cannot teach an old dog new tricks

Ce n'est pas aux vieux singes qu'on apprend à faire des grimaces.

Humour canin et félin


Cat e-bay

Dog greeting

source  http://www.fuffernutter.com/

J.G. & J.L.

Beatlemania, Dudamania – les mots valise de la semaine

 

 

Beatlemania

Lorsque les Beatles (John Lenon, Paul McCartney, Ringo Star and George Harrison) se rendirent pour la première fois aux États-Unis en 1964, leurs adorateurs leur réservèrent un accueil délirant. La “Beatlemania” était née.

 

Beatles foursome

Les Beatles en 1964

En haut : John Lennon (23), Paul McCartney (22)
En bas: 
George Harrison (21), Ringo Starr (24)

 

 

Entre autres concerts, les Beatles se produisirent à l'Hollywood Bowl de Los Angeles.

 

  Beatles hollywood bowl            Beatles ticket

Le premier concert américain des Beatles :

 

 

Les Beatles ont fait couler beaucoup d'encre. Un article intitulé: The Harmonic Language of the Beatles” a été rédigé par KG Johansson de l'Université technologique de Luleä (Suède).

L'interface entre langage et musique est un sujet intéressant, quoique trop vaste pour être traité dans ce bref article.

 

TheBeatlesPoster

 

Dudamania

Près de 50 ans plus tard, un musicien d'une autre nature est devenu la coqueluche, sinon des États-Unis, du moins de Los Angeles.

 

Beatles dudamel

Le chef d'orchestre vénézuélien Gustavo Dudamel, qui a maintenant 30 ans, est devenu l'enfant chéri de la scène musicale sud californienne où il a dirigé l'Orchestre philharmonique de Los Angeles depuis 2009. (Il est également chef principal de l'Orchestre symphonique de Göteborg (Suède) et directeur artistique de l'Orquesta Sinfónica Simón Bolívar de Caracas  (Venezuela). C'est un produit du sistema vénézuélien. Peu après que Dudamel eût accédé à ce poste à Los Angeles, le Guardian britannique écrivait: «  La Dudamania déferle sur Los Angeles depuis que le prodige est arrivé au Philharmonique ». Comme l'a annoncé le Los Angeles Times  dans son édition du 4 février 2012, Dudamel dirigera cette semaine le Philharmonique de Los Angeles et l'Orchestre symphonique Simon Bolivar du Venezuela, des chœurs  et des solistes locaux – en tout, plus de 1.000 exécutants – pour la Huitième symphonie de Gustave Mahler.

Le 18 février, Dudamel dirigera le même concert dans sa ville natale de Caracas (Venezuela) et il sera « simuldiffusé » en « son surround » de haute définition. Le concert sera diffusé simultanément dans 500 salles de spectacle de tous les  États-Unis, du Canada.et de l'Amérique latine.

 

 

Note linguistique :

Comme nous l'avons expliqué dans un précédent article, le substantif anglais simulcast est un mot-valise: la fusion de broadcast et de simultaneously. Jusqu'ici, simulcast désignait une émission diffusée simultanément à la radio et à la télévision mais, aujourd'hui, il s'agit généralement d'une manifestation diffusée (en direct ou non) simultanément en plusieurs endroits qui sont souvent des salles de cinéma ou des écrans géants en salle ou en plein air. Le verbe correspondant est to simulcast.


 

Un livre intitulé “Changing Lives : Gustavo Dudamel, El Sistema, and the Transformative Power of Music” vient de paraitre.

 

  Dudamel books

Auteur: Tricia 

Editeur : W.W. Norton & Company

 J.G. & J.L.

Mise à jour, le 10 mai 2012 :

The Beatles' No. 1 fan? Mexico,
The Christian Science Monitor, 10.05.2012