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Du hameau à la mégalopole

L'article qui suit,  rédigé par M. Dominique Mataillet, a paru dans FRANCE-AMÉRIQUE (numéro d'octobre 2019), la plus grande publication de langue française aux États-Unis et la seule à être diffusée à travers tout le territoire américain. Nous le reproduisons avec la précieuse autorisation de l'auteur.

  Dominique Mataillet  

Los Angeles est-elle une ville ? La question paraît incongrue. Elle ne l’est pas tant que cela.

Car, aujourd’hui plus que jamais, il est difficile de s’entendre sur les définitions. Se situe-t-on sur le plan géographique ou dans le registre administratif ? À partir de combien d’habitants peut-ton parler de ville ? Est-ce un ensemble d’un seul tenant ?

Selon les points de vue, Los Angeles est soit une agglomération, soit une conurbation, soit une mégapole, soit une aire urbaine. Tout comme New York, qui, en fonction du contexte dans lequel on l’évoque, compte entre 8 et 25 millions d’habitants.

Mais il faut commencer par le commencement : les zones rurales. Le territoire d’un pays comme la France était il y a peu encore constitué pour l’essentiel d’un maillage serré de « villages ». À ceux-ci- s’ajoutaient des « hameaux », regroupant quelques habitations, et des « lieudits » (ou « lieux dits »). Quand le village atteignait un certain niveau de population, on parlait de « bourg ».  

On utilise parfois le joli mot de « bourgade » pour désigner un village dont les maisons sont disséminées sur un assez grand espace. Quelques synonymes familiers ont passé l’épreuve du temps, tels « patelin » (de l’ancien français pastiz, « pacage ») et « bled », mot importé du Maghreb où il signifie « terrain », « pays ».

Quand on parle de « ville », on songe d’abord à la taille de la population. Le nombre d’habitants agglomérés (dont les résidences sont distantes de moins de 200 mètres) est en effet un critère déterminant. Encore varie-t-il fortement selon les pays : 200 personnes en Suède, 2 000 en France, 50 000 au Japon ! Les Nations unies, de leur côté, retiennent le seuil de 20 000 habitants.

La ville se distingue aussi du village par sa morphologie, qui se caractérise par un habitat dense et, souvent, vertical. Alors que, traditionnellement, les zones rurales étaient vouées aux productions agricoles, la ville était l’espace privilégié des commerces et des services. Elle cumulait également les fonctions politiques et administratives. Jusqu’à ce que l’industrie, souvent à l’origine du fait urbain lui-même, devienne une activité dominante et redessine les paysages.

On emploie souvent indifféremment les mots « cité » et « ville ». Ils ont pourtant des histoires fort différentes.

Le premier est dérivé du latin civitas, circonscription politique de l’empire romain avant de servir de cadre à l’administration de l’Église chrétienne. C’est pour cela que cité prit le sens de ville épiscopale et resta longtemps marqué par cette fonction religieuse.

Plus trivialement, la ville – du latin villa, « maison de campagne » ou « village »  –  est, au départ, «  un « assemblage de plusieurs maisons disposées par rues et fermées d’une clôture commune, qui est ordinairement de murs et de fossés ».  C’est du moins comme cela qu’elle est définie dans le Dictionnaire de l’Académie française de 1694.

Dès lors que, désormais, plus de 55 % de la population mondiale vit en zone urbaine – le taux devrait approcher 70 % en 2050 -, les indicateurs classiques ont forcément volé en éclats. Et le vocabulaire afférent a nécessairement été remis à jour.

Les plus grandes villes sont qualifiées de « mégapoles ». On utilise aussi les termes de « macropoles ». Si l’on retient le seuil de dix millions d’habitants, une trentaine d’agglomérations géantes peuvent être considérées comme des mégapoles. Avec plus de 42 millions d’habitants en 2014, le Grand Tokyo est la plus peuplée de toutes.

Ces cités gigantesques sont des « métropoles », c’est-à-dire des lieux de commandement (économique, politique…) de vastes espaces. Elles sont souvent des « capitales » dans la mesure où elles abritent le siège du gouvernement. Mais cette règle souffre de nombreuses exceptions. Au Brésil, la capitale est non pas Sao Paulo (plus de 10 millions d’habitants) mais Brasilia (2,5 millions). Au Nigeria, c’est Abuja (environ 2,7 millions d’habitants) et non Lagos (plus de 20 millions). Idem aux États-Unis, avec Washington, ville moyenne de quelque 700 000 habitants. On relèvera que dans ce même pays les capitales des États fédérés sont souvent de petite taille. Harrisburg (Pennsylvanie), Jefferson City (Missouri), Dover (Delaware), Annapolis (Maryland) comptent chacune moins de 50 000 habitants. Dans le Kentucky, État de quelque 5 millions d’habitants, Frankfort, la capitale, ne dépasse pas les 25 000 âmes alors que Pierre, capitale du Dakota du Sud, n’atteint pas les 15 000 et Montpelier (Vermont) les 8 000.

De nos jours, les villes se développent surtout par « périurbanisation » et « rurbanisation » *, c’est-à-dire par l’extension de leurs banlieues et des espaces plus lointains, à urbanisme plus aéré. En s’étendant démesurément, certaines villes finissent par se rejoindre et former des « conurbations ». C’est le cas, par exemple, de l’ensemble San Francisco-Oakland-San José en Californie et de celui constitué par Lille, Roubaix et Tourcoing dans le nord de la France.

Ce n’est pas tout ! Une série de conurbations peut former une « région urbaine », comme, aux Pays Bas, la Randstad, qui englobe Utrecht, Amsterdam, La Haye et Rotterdam. Certaines régions urbaines, enfin, font partie d’ensembles urbains encore plus vastes, auxquels on a donné le nom de « mégalopoles ». Ainsi en est-il de la vaste aire du Nord-Est américain s’étendant de Boston à Washington ainsi que du « Tokaido » japonais, axe de circulation qui va de Tokyo à Fukuoka en passant notamment par Kyoto, Osaka et Kobe. 

Si elles n’atteignent pas de telles dimensions, certaines villes abritent la plus grande partie de la population de leur pays. Les géographes parlent de « cités-États ». À l’exemple du Koweït, dont la capitale éponyme regroupe, avec quelque 2,4 millions d’habitants, plus de 90 % des habitants de l’émirat. Sans oublier Monaco (39 000 habitants sur 202 hectares) ni le Vatican (44 hectares, 1 000 habitants), où ce taux atteint 100 %.

 

Dominique Mataillet

  • Toutes ces notions sont développées dans l’excellent Dictionnaire de géographie, de Pascal Baud, Serge Bourgeat et Catherine Bras, publié par Hatier.

Article precedent paru sur ce blogue : Langages Yankees : Gringos, Turcos et autres Godos

 

 

Peter Hicks – linguiste du mois de novembre 2019


 E N T R E T I E N     E X C L U S I F

Peter Hicks   Silvia Kadiu

Peter Hicks, Ph.D.,
linguiste, historien, musicien – l'interviewé 
  Silvia Kadiu, Ph.D., traductologue, traductrice, universitaire – l'intervieweuse

L'entretien qui suit a été mené en anglais et traduit en français par notre nouvelle contributrice, Silvia Kadiu, que nous accueillons chaleureusement. Silvia Kadiu est une traductrice et universitaire française. Née en Albanie, elle est arrivée en France à l’âge de sept ans. Après avoir effectué des Masters de Littérature Comparée et d’Anglais à l’Université Sorbonne Nouvelle, elle a vécu à Londres pendant plus de dix ans, travaillant dans l’édition, la traduction et l’enseignement supérieur.

Book coverElle est titulaire d’un Master et d’un Doctorat de Traduction de la University College London. Sa thèse de doctorat sur la traduction des textes traductologiques a été publiée par UCL Press en 2019 sous le titre Reflexive Translation Studies : Translation as Critical Reflection. Elle est également l’auteure de plusieurs articles de traductologie, de traduction littéraire et de didactique de la traduction, et co-traductrice de plusieurs poèmes depuis l’albanais vers l’anglais (via le français) pour le recueil de poésie Balkan Poetry Today 2017, dirigée par Tom Phillips.

Silvia est actuellement Maîtresse de conférences invitée à University of Westminster London. Elle travaille en parallèle comme traductrice indépendante pour différentes agences de l’ONU, des ONG et de grandes marques internationales.

The original English version is accessible here.

SK : Vous avez suivi un cursus de lettres classiques à University College London, puis vous avez effectué un doctorat à l’université de Cambridge. Depuis 1997, vous êtes historien à la Fondation Napoléon. D’où vous vient votre intérêt pour l’histoire ?

University-college-london-ucl (1)

Cambrdge
University College London Cambridge University


PH :
Hadrians-Wall-Scottish-EnglandAprès avoir effectué des études d’Histoire à l’université, le père de mon père a travaillé comme missionnaire en Birmanie (l’actuel Myanmar) un peu avant la Seconde Guerre mondiale. Lorsque j’étais petit, nous lui rendions visite régulièrement : sa maison était remplie d’antiquités et de vestiges de l’Empire britannique. Le frère de mon père, qui vivait avec mes grands-parents et que j’adorais, était restaurateur de meubles, amateur de boîtes musicales et collectionneur de disques 78 tours. Pendant les vacances, mes parents avaient bien plus l’habitude de nous faire visiter des maisons historiques et des musées que de nous emmener à la plage (bien qu’ils le fissent également). J’ai grandi dans le Northumberland, à proximité du mur d’Hadrien [1] , que j’ai visité à de nombreuses reprises. J’ai baigné dans cet univers… L’Antiquité classique me passionne depuis l’enfance.

SK : Qu’est-ce que la Fondation Napoléon ? Quelles activités y exercez-vous ?

PH : Napoleon.orgLa Fondation Napoléon est une organisation à but non lucratif, qui encourage la recherche en Histoire des périodes napoléoniennes (Napoléon I et Napoléon III) et favorise l’accès aux connaissances dans ce domaine. Je supervise les relations internationales de l’organisation, ainsi que la ligne éditoriale de ses productions multimédias en anglais (telles que le site web napoleon.org, les comptes Facebook et Twitter, etc.). J’écris par ailleurs des livres et des articles sur l’Histoire du 19ème siècle et le rôle qu’y ont joué les Bonaparte. Je donne également des conférences en France et à l’étranger.

 

SK : En 2005, vous avez découvert le Mémorial d’Emmanuel de Las Cases, un des manuscrits les plus célèbres de l’Histoire de France, qui rapporte les conversations de Las Cases avec Napoléon lors de son exil à Sainte-Hélène. [2] Cette découverte a fait l’objet de plusieurs articles dans des journaux nationaux et internationaux.  Comment avez-vous fait cette découverte ?

Le manuscrit retrouvePH : À vrai dire, le manuscrit de Las Cases était « caché à la vue de tous ». Je faisais des recherches pour un article sur le gouverneur de Sainte-Hélène pendant la période de captivité de Napoléon. C’était en 2004. J’étais simplement en train de consulter le catalogue de la British Library lorsque je suis tombé sur le manuscrit de Las Cases. Plusieurs choses expliquent que personne ne l’ait trouvé plus tôt, la principale étant que ce manuscrit rédigé en français se trouvait dans une bibliothèque britannique. Sans oublier que l’archivage du texte dans cette collection publique est relativement récent (le texte a été prêté à la British Library dans les années 1960). C’est une découverte importante car elle montre que le manuscrit de Las Cases, qui décrit en détail l’idée que Napoléon se faisait de son propre règne, était prêt à être publié dès fin 1816. Le texte, qui contenait même des titres de chapitres, était sans doute sur le point d’être envoyé pour publication en Europe et avait très certainement été élaboré en étroite collaboration avec Napoléon. La publication finale, huit ans plus tard, avait quasiment triplé de volume par rapport au manuscrit initial et comprenait des documents qui n’avaient pas nécessairement été vus (et approuvés) par Napoléon. Ainsi, la première version témoigne de la forme que Napoléon voulait donner au Mémorial et révèle rétrospectivement le travail éditorial de Las Cases après la mort de Napoléon.

  Napoléon-dictant-ses-mémoires-à-Emmanuel-de-Las-Cases-  
  Napoléon dicte à Las Cases  

 

SK : Vous parlez couramment l’anglais, le français et l’italien. Vous avez des connaissances en allemand et vous apprenez actuellement le russe. Comment avez-vous été amené à apprendre toutes ces langues et quel rôle ont-elles joué dans votre carrière ?


Greek hebrewPH :
Les langues ont joué un rôle primordial dans ma carrière. J’ai toujours aimé les langues et j’étais un lecteur précoce à l’école primaire. J’adorais le latin ; j’ai appris le grec ancien par moi-même pour pouvoir étudier les lettres classiques à l’université et j’ai appris l’hébreu biblique pour le plaisir. Lorsque je dois faire des recherches pour un article, je commence souvent par consulter l’article Wikipedia sur le sujet, mais dans différentes langues. Cela donne une bonne vue d’ensemble des préoccupations nationales et des enjeux plus larges sur la question. J’ai travaillé en Europe continentale pendant la majeure partie de ma vie professionnelle. Parler plusieurs langues était une nécessité pour moi. Je remarque d’ailleurs qu’il me faudrait en maîtriser bien d’autres encore. J’aimerais beaucoup améliorer mon allemand, mais je n’ai jamais réussi à m’y atteler. Et le russe se révèle particulièrement difficile…

 

SK : Vous avez traduit plusieurs textes historiques (depuis l’italien vers l’anglais, mais aussi depuis le français et le latin). Quelles difficultés avez-vous rencontrées pendant la traduction de ces textes ?

PH : Le défi majeur de la traduction est d’atteindre l’adéquation parfaite, mais souvent impossible, entre la langue de départ et la langue d’arrivée. Sans oublier les exigences de style, de lisibilité, de rythme et de naturel. Les textes du 15ème et 16ème siècles que j’ai traduits présentaient une difficulté supplémentaire en ce qu’ils étaient remplis de coquilles et d’approximations, ce qui est habituel pour l’époque. En ce temps-là, il n’existait pas de texte officiel à proprement parler et les dictionnaires n’étaient pas d’une grande utilité puisque les premiers d’entre eux venaient à peine de voir le jour. L’usage de la langue n’était pas encore standardisé. Chaque écrivain avait le sien propre. [4]  Il me fallait donc être non seulement traducteur mais aussi lexicographe. Google se révèle un merveilleux outil à cet égard. Vous pouvez rechercher des segments entiers de mots latins ou italiens provenant de textes du 16ème siècle et ainsi créer votre propre glossaire, votre propre dictionnaire pour un auteur donné. C’est fascinant.

 

SK : Pour terminer cet entretien par un autre secteur de vos multiples activités, vous êtes également musicien semi-professionnel, chanteur et chef d’orchestre. Vous êtes actuellement le chef de chœur de la chorale de Paris Musicanti. Comment cela s’articule-t-il avec votre travail d’historien et votre passion pour les langues ?

Messe du Sacre de Napoléon 1PH : Récemment, j’ai commencé à jouer de la musique de l’époque napoléonienne. Cette musique est très peu jouée car elle n’est pas aussi prisée que les autres. Elle est souvent perçue comme médiocre et peu originale. C’est pourtant le son de l’époque. La meilleure manière d’apprécier la grandeur de Napoléon en 1804 est d’écouter la musique jouée pendant sa cérémonie de couronnement. L’idée de reconstituer un environnement musical me plaît beaucoup. La musique est un art puissant. Elle fonctionne comme une machine à remonter le temps ! Et étant donné que l’Empire français interagissait avec la majeure partie de l’Europe occidentale et centrale, les possibilités musicales et linguistiques sont quasiment infinies.

—-

[1] En l'an 120 apr. J.-C., l'empereur Hadrien vint en Bretagne et, renonçant à conquérir le Nord, fit édifier une ligne fortifiée allant de la Tyne au golfe de Solway et constituée de quatorze forts et d'une muraille de pierre, le fameux mur d'Hadrien.

[2] Emmanuel de Las Cases, Le Mémorial de Sainte Hélène: Le manuscript retrouvé,  Texte établi, présenté et commenté Thierry Lentz, François Houdecek and Chantal Prevot, Perrin 2017, p. 827.  Ouvrage publié avec le concours du Centre national du livre.

[3] Voir notre article sur ce blogue faisant allusion aussi aux articles précédents sur Sainte Hélène : 15 août 2019 – le 250e anniversaire de Napoléon Bonaparte

[4] Par exemple, Shakespere,  Shackspeare, Shakespear, Shakspere, Shakspere, Shaxspere, Shackespeare, Shakspeare, Shaxper.

 

Brève escale au pays des glaciers disparus

 

OkjokullLe 18 août dernier, une bonne centaine d'amis de la nature islandais ont installé une plaque à l'emplacement de l'Okjökull, un glacier qui a entièrement fondu sous l'effet du réchauffement climatique. L'épitaphe, composée par Andri Snær Magnason, se lit ainsi : « Nous savons ce qui se passe et ce qu'il faut faire. Toi seul sait si nous l'avons fait ». [1] L'Okjökull n'est pas un cas unique. Selon un rapport du Bureau météorologique islandais de 2017, 56 des quelque 300 glaciers répertoriés dans le pays ont déjà fondu. Mais, là comme ailleurs, on prend de plus en plus conscience des effets du dérèglement climatique. Un article sur le sujet, paru dans le Tages Anzeiger du 20 août 2019, nous a convaincus de faire une courte escale en Islande sur le chemin du Canada. [2]

Il faudrait bien plus de temps pour prendre le pouls de l'Islande. Nous nous contenterons donc de quelques impressions.

  IcelandPhoto The Reykjavik Grapevine  


Un espace vierge qui attire les naturophiles

Thule

Thulé, sous le nom de Tile, d'après la Carta Marina de Olaus Magnus (1539). Thulé est sur cette carte une île (imaginaire ?) située entre les îles Féroé et l'Islande.

La mythique Thulé dont Pythéas, Strabon et Pline l'Ancien, entre autres, pressentaient l'existence sans y être jamais allés, n'a connu de présence humaine permanente qu'à partir du 9e siècle de notre ère. Des Vikings norvégiens s'y sont alors installés, amenant avec eux des serfs et des femmes celtes provenant d'Irlande et d'Écosse. Aujourd'hui, l'Islande (ĺsland) couvre une superficie de 102.775 km2 et compte 358.780 habitants, soit un peu plus de trois au km2, une des plus faibles densités au monde. Il y a donc de la place, d'autant plus que la grande majorité de la population se concentre dans la région littorale du sud de l'île, celle qui a le climat le plus clément, notamment grâce au passage du Gulf Stream. Le reste du pays est désert et inhospitalier. S'ajoute aussi la nudité des plaines. À l'arrivée des Vikings, 70% du pays était planté d'arbres (saules et bouleaux, essentiellement). Mais, la construction des habitations et des bateaux entraîna des coupes claires. Depuis 50 ans, les autorités s'emploient vigoureusement à reboiser. Mais les, paysages grandioses, le volcanisme, les glaciers et les chutes d'eau attirent de plus en plus de visiteurs. À tel point que le tourisme est devenu la deuxième activité du pays, après la pêche.

Map of iceland

Une indépendance acquise en douceur

Longtemps dépendance du Danemark, au même titre que le Groenland, les circonstances de la Seconde guerre mondiale ont facilité l'émancipation du pays, survenue en 1944. Naguère sous l'influence culturelle de l'Allemagne – l'université et l'aéroport de Reykjavik ont été construits par les Allemands – l'île avait cependant échappé à l'invasion. Mais, sa position dans l'Atlantique nord, conditionnait la sécurité des transports entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Dès 1942, des forces américaines se sont installées en Islande. Les premiers arrivés furent des aviateurs. À l'époque, les besoins de la Grande-Bretagne en avions de combat étaient tels que le commandement aérien américain décida d'y envoyer des intercepteurs P-38 par leurs propres moyens. Dans ses carnets, le pilote américain Jack Ilfrey raconte comment, partant de Goose Bay (au Labrador), les P-38 gagnaient le Groenland, puis Reykjavik, en volant quatre par quatre, sous les ailes d'un B-27, à travers les brumes hyperboréennes. [3] Un vaste aérodrome fut construit à Keyflavik, à une cinquantaine de km de Reykjavik. Les États-Unis y disposèrent d'une base jusqu'en.2006. Aujourd'hui, Keyflavik est l'aéroport international de l'Islande. Le pays s'émancipa du Danemark sans coup férir et les liens économiques et culturels avec l'ancienne mère-patrie demeurent très étroits. Le danois continue d'être enseigné à l'école. 

Reykjavik Harpa Reykjavik - chute de Gullfoss
La salle de concerts et de congrès Harpa, aux 10.000 facettes de verre, domine le port de Reykjavik. Inaugurée en août 2011, elle tire son nom du vieux calendrier nordique. Harpa désignant le premier mois de l'été. Rien à voir avec la harpe ! Les chutes de Gullfoss, site classé, déclaré réserve naturelle en 1979. Deux niveaux successifs de  respectivement 11 et 20 mètres, suivis d'une gorge de 25 kilomètres de long. 
(Photos Lucette Fournier)


Une langue, trésor national

Ceci nous amène à parler de linguistique. La langue islandaise (íslenska), comme toutes les langues scandinaves, est issue du norois (old Norse, en anglais). Mais, à la différence de ses sœurs continentales, elle en est demeurée très proche par suite de l'isolement de son aire géographique. C'est un peu comme si, dans une île écartée de la mer Égée, on avait continué à parler le grec de Platon. Cette persistance permet aux Islandais de lire les sagas dans le texte original. Ils en sont très fiers et entendent préserver cet idiôme fossile. Comme pour l'hébreu moderne ou le mandarin, il faut sans cesse inventer de nouveaux vocables pour désigner les réalités nouvelles. C'est ce à quoi s'emploie le Comité islandais de terminologie. Constitué de spécialistes, il est chargé d'islandiser les nouveaux concepts. L'avion est devenu la « machine volante » (flugvélin), le téléphone, le « fil qui parle » (talsimi), l'ordinateur l'« oracle qui parle » (tölva). Mais, en matière de néologie, il faut tendre à la simplicité et à la concision. Ainsi, pour le mot banane, les gardiens de la langue ont proposé le « fruit courbe » (bjugaldin), mais le greffon n'a pas pris et les gens disent banani. L'islandais a enrichi toutes les langues du monde d'un mot nouveau : geyser, dérivé du verbe ajosa (jaillir). Mais, l'anglais est devenu la deuxième langue du pays. Presque tous les Islandais le comprennent et bon nombre d'entre eux le parlent couramment. C'est aussi la langue préférée des immigrants qui, comme en Suède, hésitent à investir dans le parler local. Enfin, l'anglais a la faveur des jeunes, bien plus tentés qu'auparavant d'émigrer. La langue des sagas au riche patrimoine culturel survivra-t-elle à la déferlante mondialiste ? L'avenir nous le dira.

Signe encourageant : sept Islandais sur dix reçoivent un livre comme cadeau de Noël, et un sur dix écrit un livre pendant sa vie.

 

Reykjavik Geyser
   Puffin

Selon la définition du Larousse,un geyser est une source d'où jaillit de façon intermittente de l'eau chaude ou de la vapeur d'eau, avec dégagement sulfureux. (Les geysers résultent du réchauffement jusqu'à ébullition de l'eau phréatique par des gaz volcaniques.)
Celui-ci est le Strokkur, à Geysir, localité qui a donné le mot geyser.
(Photos Lucette Fournier)
    Le macareu (puffin, en anglais) est l'oiseau fétiche de l'Islande. Ce      fraterculinae appartient à la famille des alcidés. Il est omniprésent dans les zones littorales. Mais, la surpêche menace sa démographie.

 

[1] https://grapevine.is/issue/issue-15-2019/

[2] La compagnie aérienne Icelandair permet aux passagers de ses vols transatlantiques de faire, dans chaque sens, une escale d'un maximum de quatre nuits à Reykjavik, sans majoration de prix.

[3] BuggyJack Ilfrey with Mark S. Copeland. Happy Jack's Go Buggy. A Fighter Pilot's Story. Aiglen, Schiller Military/Aviation History, 1998.

 

 

 

Quelques termes d'origine scandinave

réunis avec le soutien terminologique de J.-P. Brusselaars, spécialiste des langues nordiques.

Blue Tooth

Blue Tooth

Nom inspiré du roi danois Harald Blaatand (Harald à la dent bleue) dont le logo reprend, en les combinant, les deux runes correspondant au h de Harald et au b de Blaatand.

drakkar (masc.)

(Viking) long ship

Longue barque, mue à la voile et à la rame, qu'utilisaient les Vikings pour leurs expéditions.

édredon (masc.)

duvet cover, eiderdown

Enveloppe de tissu garnie de duvet ou de plumes d'eider, grand canard des pays nordiques. .

fjord (masc.)

fjord

Profonde échancrure dans le rivage résultant de l'inondation par la mer d'une auge glaciaire.

geyser (masc.)

geyser

Source d'eau chaude jaillissant par intermittence,

notamment en Islande et en Amérique du Nord.

rune (fém.)

rune

Du norois rûnar, écriture secrète. Caractère de l'ancien alphabet des langues germaniques orientales et septentrionales. Caractère runique.

saga (fém.)

saga

Ensemble de récits en prose composés en Islande au XIIe siècle. Synonyme de geste, d'épopée.

ski (masc.)

ski

Long patin permettant de glisser sur la neige ou sur l'eau (ski nautique)

troll (masc.)

troll

Dans la mythologie nordique, esprit malveillant des montagnes ou des forêts. De nos jours, troll désigne aussi une personne malfaisante qui perturbe les forums de discussion sur Internet..

walkyrie (fém.)

 

valkyrie

Du norois valkyria, chacune des trois divinités scandinaves envoyées par Odin pour choisir les héros promis au paradis des guerriers.


Jean Leclercq

Dans de précédentes éditions du blog, le même auteur a déjà livré ses impressions de voyages à Cuba, en Ouzbékistan et au Québec.

J 1 (3) Cuba :  
Hemingway fut-il, comme l'isthme de Panama, un pont entre ambos mundos ?
J 2 Ouzbékistan : Isteza, tout un défi !
J 3 QuébecLa Madeleine, battue des vents…

 

11/11 – Journée des anciens combattants aux États-Unis

Veterans Day (en français Journée des anciens combattants) est une journée commémorative observée aux États-Unis en l'honneur des anciens combattants. C'est un jour férié fédéral qui est observé le 11 novembre. Il est également célébré comme Armistice Day et est comparable au jour du Souvenir dans d'autres parties du monde, tombant à la date anniversaire de la signature de l'armistice qui a mis fin à la Première Guerre mondiale. (Wikipedia)

Voici une photo prise par votre serviteur d'une affiche multilingue dans un Tribunal de Los Angeles, pendant une mission d'interpretation.

Veterans Day

 

 

 

 

 

 


Jour du Souvenir – 11 h, le 11e jour du 11e mois

Le 11 novembre 1918, à 11 heures, un armistice mit fin à la Première Guerre mondiale, surnommée en anglais The Great War ou The War to End all Wars [1] Cet anniversaire, commémoré chaque année dans les pays alliés, s'appelle Veterans Day, Remembrance Day ou Poppy Day dans les pays anglo-saxons.

Pourquoi ce jour de souvenir s'appelle-t-il, entre autres noms anglais, Poppy Day (le Jour du Coquelicot)? [2] Parce que les champs de bataille de la Belgique, de la France et de Gallipoli (les Dardanelles) étaient couverts de sang et cette fleur rouge est devenue le symbole de cette saignée.

Poppy fieldLe coquelicot est une plante annuelle qui fleurit chaque année dans les champs de mai à août. Dispersées par le vent, ses graines peuvent subsister longtemps dans le sol. Lorsque la terre est remuée au début du printemps, les graines germent et les fleurs ne tardent pas à s'épanouir.

C'est ce qui s'est produit dans des secteurs du front, en Belgique et en France. Le sol étant labouré par les obus, les graines de coquelicot qui y étaient enterrées se sont mises à germer et à pousser pendant les mois de printemps et d'été de 1915, 1916, 1917 et 1918. 

La vue de ces délicates fleurs rouge vif, jaillissant des sols ravagés, attira l'attention d'un militaire John Maccrae canadien du nom de John McCrae (1872-1918) , qui aperçut comment les coquelicots avaient fleuri dans la terre où ses camarades étaient enterrés près du canal de Ypres-Yser. Il a composé un poème, intitulé « In Flanders Fields », à la mémoire d'un ami tombé au champs d'honneur. Les premières lignes du poème sont comptées parmi les poésies de guerre les plus célèbres en anglais.

In Flanders Fields [3]

Au champ d'honneur*

In Flanders fields the poppies blow
Between the crosses, row on row,
That mark our place; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.
 

We are the Dead. Short days ago
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved and were loved, and now we lie
In Flanders fields.
 

Take up our quarrel with the foe:
To you from failing hands we throw
The torch; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields.

Au champ d'honneur, les coquelicots

Sont parsemés de lot en lot

Auprès des croix ; et dans l'espace

Les alouettes devenues lasses

Mêlent leurs chants au sifflement

Des obusiers.

Nous sommes morts,

Nous qui songions la veille encor

A nos parents, a nos amis,

C'est nous qui reposons ici,
Au champ d'honneur.

A vous jeunes désabuses,

A vous de porter l'oriflamme

Et de garder au fond de l'âme

Le gout de vivre en liberté.

Acceptez le défi, sinon

Les coquelicots se faneront

Au champ d'honneur

 

* Cette traduction officielle canadienne, rédigée par Jean Pariseau, historien militaire, ne fait aucune allusion au lieu de la bataille, les Flandres.

 

Une femme américaine, Moina Belle Michael, a donné une réponse à ces dernières lignes dans un poème qu'elle a écrit, intitulé "We Shall Keep the Faith" :

Oh! you who sleep in Flanders Fields,
Sleep sweet – to rise anew!
We caught the torch you threw
And holding high, we keep the Faith
With All who died.

      

Moina Michael – Américaine


Cette même femme s'est escrimée pour que le coquelicot devienne le symbole de la guerre et se vende au bénéfice des anciens combattants de toutes les guerres étrangères. Cette idée a été adoptée par une Française, Anna Guérin, qui a organisé la vente aux Etats-Unis des coquelicots français artificiels. Les revenus ont été employés pour réhabiliter les régions de la France dévastées par la Première Guerre mondiale.

Crosses and poppies
« Decoration Day 1921 –
Poppy Lady from France
 »
 

          

 

 

Moina Michael a rédigé son autobiographie :
The Miracle Flower, The Story of Flanders Fields Memorial Poppy.

Notes :

[1] La guerre s'est terminée officiellement avec la signature du Traité de Versailles, le 28 juin 1919.

[2] Le coquelicot, Ypres et l'Yser

[3] La plaine de Flandres a été le théâtre de féroces affrontements entre les deux alliances : d'un côté, la France, l'Empire britannique, l'Empire russe, la Belgique, le Japon, l'Italie, le Portugal et les Etats-Unis d'Amérique; de l'autre, les trois empires centraux (allemand, austro-hongrois et ottoman) et le Royaume de Bulgarie.

—-

Notons que le vidéoclip ci-dessus ajoute au poème de McCrae un fragment d'un autre texte (« For the Fallen ») sur le même thème dû à Laurence Binyon (1869-1943) :

 They went with songs to the battle, they were young.

 Straight of limb, true of eyes, steady and aglow.

 They were staunch to the end against odds uncounted,

 They fell with their faces to the foe.

 They shall grow not old, as we that are left grow old

 Age shall not weary them, nor the years condemn
 

 At the going down of the sun and in the morning,

 We will remember them.

Laurence Binyon, Anglais

 

Les quatre dernières lignes, elles aussi, sont devenues très célèbres comme symbole de l'hommage que nous rendons aux soldats tombés sur les champs de guerre. Elles figurent sur beaucoup de  cénotaphes dans les pay anglo-saxons.

     For the fallen

Le poème "In Flanders Fields", écrit à la main par McCrae :

 

Flanders handwritten

Voici les derniers combattants, survivants de la Grande Guerre.

Florence_GreenLe dernier survivant de la 1ère Guerre mondiale (28 juillet 1914 – 11 novembre 1918) fut un Britannique, Florence  Green, (photo au-dessus) qui avait servi dans les forces alliées et qui mourut le 4/02/2012, âgé de 110 ans. Le dernier ancien combattant Harry-Patch-001 engagé dans des opérations militaires fut Claude Choules, qui avait servi dans la Marine royale britannique (et, par la suite, dans la Marine royale australienne) et qui mourut le 5/05/2011, à l'âge de 110 ans. Le dernier combattant des tranchées fut Harry Patch  (photo à droit) qui mourut le 25/06/2009, à l'âge de 111 ans. Le dernier ancien combattant des Empires centraux fut Franz Künstler (Autriche-Hongrie) qui mourut le 27/05/2008, à l'âge de 107 ans. 

Lectures supplémentaires :

The Great War, 1914-1918

The War to End All Wars, BBC News

Armistice Day – Remembrance Sunday

Campaign to plant poppies for First World War Centenary goes global
Centenary News, 5 September 2013


The Penguin Book of First World War Poetry
(paperback)

George Walter, Penguin Classics, May 2007
Penguin

Jonathan G.   Traduction Jean Leclercq

Rugby, cinéma, politique, poésie et zoologie

L'Afrique du Sud remporte la Coupe du monde de rugby
par sa victoire sur l'Angleterre (32-12)

  SPRINGBOKS  

« Le rugby ne se joue pas en deux, mais en trois temps : avant, la ferveur ; pendant, la bravoure ; après, la fraternité. »  

René Crabos (1899-1964), célèbre rugbyman français

 

Quelques mots de réconfort pour l'équipe d'Angleterre :
 

For when that One Great Scorer comes to mark against your name

He writes not that you won or lost but how you played the game.

(Grantland Rice: 1880 – 1954)

Invictus

I am the master of my fate

I am the captain of my soul

William Ernest Henley : 1849 – 1903)

 

InvictusInvictus est un poème de l'écrivain William Ernest Henley qui fut cité à de très nombreuses reprises dans la culture populaire et qui contribua à le rendre célèbre. Il est notamment repris dans le film Invictus qui retrace le rôle que Nelson Mandela, en tant que premier président noir de l’Afrique du Sud, a eu dans la Coupe du monde de rugby en 1995. Le poème avait  inspiré Mandela à tel point qu’il l’avait aidé à surmonter ses longues années en prison et a aidé  l’équipe sud-africaine à rester  invaincue en remportant la Coupe du monde de rugby cette année-là. Tel est le thème du film Invictus. William_Ernest_Henley

Le titre latin signifie « invaincu, dont on ne triomphe pas, invincible » et se fonde sur la propre expérience de l'auteur puisque ce poème fut écrit en 1875 sur son lit d'hôpital, suite à son amputation du pied. À l’origine, ce poème ne possédait pas de titre, mais celui-ci fut ajouté plus tard par le critique littéraire anglais, Sir Arthur Quiller-Couch.

William Henley disait lui-même que ce poème était une démonstration de la résistance à la douleur dont il a fait preuve à la suite de son amputation.

 

anglais]

traduction libre

Out of the night that covers me,
    Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
    For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
    I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
    My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
    Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
    Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
    How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
    I am the captain of my soul.

Depuis l'obscurité qui m'envahit,
Noire comme le royaume de l'enfer,
Je remercie les dieux quels qu'ils soient
Pour mon âme indomptable.

Dans l'étreinte féroce des circonstances,
Je n'ai ni bronché ni pleuré
Sous les coups de l'adversité.
Mon esprit est ensanglanté mais inflexible.

Au-delà de ce monde de colère et de larmes,
Ne se profile que l'horreur de la nuit.
Et pourtant face à la grande menace
Je me trouve et je reste sans peur.

Peu importe combien le voyage sera dur,
Et combien la liste des châtiments sera lourde,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.

 

Ces deux dernières lignes retentissantes sont fortement entrées dans le langage littéraire anglais.

Voici un vidéo clip réalisé à l’occasion du Tournoi des Six Nations en 2010 mettant en scène Morgan Freeman (qui a incarné Nelson Mandela dans le film Invictus) en train de lire le fameux poème d’Henley.

 

 

Note linguistique et zoologique

Springbok Springbok shirt
Les équipes sportives de l'Afrique du Sud s'appellent les « Springboks ». De l’afrikaans springbok, du néerlandais springen (« sauter ») + bok (« bouc, antilope ») (Wikidictionary)
 
 
 
Jonathan Goldberg

 

De la Ville Lumière à la Cité des Anges

Paris LA
Un régal pour les francophones et les francophiles

En 2007, le film français La Vie en Rose enthousiasma le public américain. C'est à Los Angeles [1] que Marion Cotillard, dans le rôle d'Edith Piaf, reçut l'Oscar de la meilleure actrice – la première fois qu'une interprétation en langue française était ainsi primée. (L'actrice française obtint également le BAFTA Award britannique de la meilleure actrice dans un rôle principal).

La-Vie-en-Rose Julia Migenes Douze ans plus tard, Edith Piaf est de retour à Los Angeles, ce mois-ci en la personne de Julia Migenes, soprano américaine issue d'une famille d'origine gréco-irlando-portoricaine. Elle tiendra le rôle d'Edith dans des représentations de La Vie en Rose à l'Odyssey Theater (qui fête son 50ème anniversaire). Accompagnée au piano par Victoria Kirch et sous la direction du chef Peter Medak, proposé pour l'Academy Award, La Vie en Rose s'inscrit dans la tournée d'adieux de Julia Migenes.      

En février 2017, nous avions fait état de la prestation de Julia Migenes à l'Odyssey Theater dans « Debussyses lettres et sa musique »

Aujourd'hui âgée de 70 ans, Julia Migenes n'a rien perdu de sa vivacité et de son charme.

Le spectacle tiendra l'affiche du 2 novembre au 14 décembre. Les francophones et les francophiles de Los Angeles, ainsi que tous les nostalgiques du Paris d'Edith Piaf, de Pablo Picasso et d'Ernest Hemingway aimeront cette soirée de chansons françaises de Charles Aznavour, Léo Ferré, Jacques Brel et Michel Legrand.


Odyssey Theatre
2055 S. Sepulveda Blvd.
Los Angeles CA 90025

• (310) 477-2055 ext. 2 or www.OdysseyTheatre.com
• Visit us on Facebook: www.facebook.com/OdysseyTheatre
• Follow us on Twitter: @OdysseyTheatre_

[1] Note historique

Selon l’une des explications, l’inventeur de l’éclairage au gaz, Philipse Lebon, promeut et développe son invention à Paris dans les années 1820. Dans les années 1830, le magnifique éclairage de Paris, en particulier de ses passages commerçants, fascine les Européens. Les Londoniens  baptisent Paris City of Lights, périphrase traduite en français par Ville Lumière.

Néanmoins, cette hypothèse est contestée.

Seconde hypothèse : Au XVIIIe siècle, à cause de la montée de la criminalité dans les rues et les coins sombres de Paris, le Préfet demande à tous les habitants de mettre des bougies ou des lampes à huile sur le rebord de leurs fenêtres, ceci afin d’éclairer entièrement la ville. Ce serait à ce moment là que Paris obtint le surnom de Ville Lumière. (Wictionary)