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«App» désigné mot de l’année

L'American Dialect Society a choisi le mot «app» (abréviation de «application» et traduit en français par «appli») comme “Word of 2010” (Mot de 2010). «App» a été retenu le 7 janvier 2011 par environ 150 linguistes, après deux jours de débats qui ont porté sur une liste de 33 mots.

L'objet de la désignation du mot de l'année est de mettre en évidence un mot ou une expression qui «caractérise le mieux l'année… [et] représente le mieux les idées, les événements et les thèmes qui ont retenu l'attention du monde anglophone et, en particulier, de l'Amérique du Nord.»

Les applis sont conçues en fonction de l'interface (clavier numérique, clavier tactile, télécommande, etc.) d'un appareil léger utilisant le Web, tel qu'un téléphone portable, un poste de télévision ou un Tablet PC. Le mot «app» tel qu'il est employé actuellement a été lancé par Apple, qui jouait ainsi sur les mots Apple et application. L'App Store d'Apple, créée en 2008, offre maintenant 300 000 applis. Elle est un prolongement du magasin en ligne iTunes et propose des applications gratuites et payantes pour l'iPhone, l'iPod et l'iPad.

Selon PC Magazine, le mot «app» est utilisé depuis des décennies par les informaticiens comme abréviation d'application, mais depuis quelque temps il est souvent employé pour désigner des applications mobiles, en particulier depuis la création de l'App Store d'Apple.

 

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 Les membres de l'American Dialect Society tiennent leur réunion annuelle en janvier pour choisir le mot nouveau qui a été le plus utilisé au cours de l'année précédente.

Le professeur Bill Kretzschmar, qui a proposé «app», a déclaré : «Ma mère, qui a 84 ans, utilise ce mot, alors qu'elle ne sait pas comment envoyer un texto.»

Christine Lindberg, lexicographe en chef chez Oxford University Press, a dit : «Je suis d'accord avec leur argumentation en faveur d'"app", car quand nous avons repris ce terme dans notre dictionnaire, nous avons simplement indiqué qu'il s'agissait d'une abréviation de «application». Cependant, il faut maintenant lui donner une véritable définition, car c'est devenu un mot à part entière que tout un chacun utilise.»

La deuxième place a été attribuée au mot «nom», défini comme suit : «onomatopée exprimant l'ingestion de nourriture, surtout si elle est agréable.» Ce mot provient du son produit par un personnage de 1, rue Sésame lorsqu'il dévore ses aliments favoris.

  

Plusieurs mots relatifs à la nappe de pétrole provenant de la plate-forme de forage de BP dans le golfe du Mexique ont été proposés (par exemple, «spillion», un nombre énorme qui représente les milliards de litres de pétrole qui ont pollué la mer), mais aucun d'entre eux n'a été retenu dans la liste de mots soumis au dernier tour de scrutin.

Un an plus tôt, «Tweet» et «Google» avaient été choisis comme mots de l'année et de la décennie, respectivement.

L'American Name Society a désigné «Eyafjalljökul» comme nom de l'année 2010. C'est le nom d'un volcan islandais qui a rejeté de telles quantités de cendre qu'il a gravement perturbé les transports aériens en Europe en 2010. 

                                                                                    

Jonathan Goldberg

Le présent billet a été traduit de l'anglais par René Meertens, dont le blog est  http://vieduguide.blogspot.com.

Post Scriptum: The Great Language Land GrabNew York Times, March 26, 2011

Stéphanie Soudais – traductrice du mois de janvier 2011

English version

Jonathan Goldberg pose des questions à Stéphanie Soudais, une traductrice professionnelle. Stéphanie habite Rezé dans la Loire-Atlantique. Ses passe-temps sont le théâtre et la course à pied.

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Jonathan : Comment êtes-vous devenue traductrice ?

Stéphanie : Assez jeune, j’ai su que je travaillerai dans un métier lié à l’écriture. Je voulais d’abord devenir journaliste, mais la découverte de l’anglais m’a passionnée, surtout à partir du lycée, et il m’est rapidement devenu évident que la meilleure façon d’allier l’écriture à cette langue étrangère serait de devenir traductrice. Après une licence d’anglais, j’ai effectué des séjours de plusieurs mois en Angleterre et en Irlande, mais aussi en Allemagne, avant d’intégrer l’ESIT (École supérieure d’interprètes et de traducteurs), à Paris. J’ai obtenu mon diplôme de traducteur anglais-français et allemand-français en 2006.  

Jonathan : Vous avez démarré votre carrière en 2005 en traduisant un livre intitulé « L’encyclopédie des arbres ». Aviez-vous déjà de l’expérience dans ce domaine ? Comment avez-vous abordé ce travail du point de vue terminologique ? Avez-vous eu besoin de consulter un spécialiste ?

Stéphanie : À l’époque, j’étais encore étudiante à l’ESIT, et l’un de mes amis m’a mise en relation avec une maison d’édition qui cherchait d’urgence un traducteur pour terminer la traduction d’une encyclopédie sur les arbres. Je ne possédais pas vraiment d’expertise dans ce domaine, mais le sujet m’intéressait beaucoup et j’ai donc sauté sur l’occasion. Le travail de traduction comporte souvent une très grande part de recherche, non seulement dans les dictionnaires, mais aussi sur Internet ou auprès de spécialistes. J’étais donc ravie de me documenter et d’en apprendre davantage sur ce domaine. En outre, l’ouvrage se composait de courtes descriptions au style et à la terminologie très similaires, ce qui m’a facilité la tâche, puisque d’une page à l’autre, je travaillais de plus en plus rapidement.

Jonathan : Vous avez ensuite traduit un livre sur les fleurs sauvages et un autre sur la réalisation de petits jardins. Les connaissances que vous aviez acquises sur les arbres vous ont-elles été utiles pour ces traductions, ou êtes-vous repartie de zéro ?

Stéphanie : Non, je ne suis pas repartie de zéro. Les connaissances et la terminologie propres aux arbres sont certes différentes de celles liées à la botanique et au jardinage, mais il s’agit de thèmes tout de même assez proches, qui s’entrecroisent même, parfois. Ce fut donc une occasion d’élargir mes connaissances dans un vaste domaine que l’on pourrait intituler « nature et environnement ».

Jonathan : Ces connaissances vous servent-elles encore aujourd’hui ?

Stéphanie : Oui. Aujourd’hui, je ne traduis plus de livres, mais on me confie souvent des textes d’actualité sur la déforestation, la gestion durable des forêts, le changement climatique, le développement durable, etc.

Jonathan : Vous ne traduisez plus de livres, est-ce un choix ? 

Stéphanie : Oui, c’est volontaire. Parallèlement à la traduction de livres, à mes débuts, j’effectuais également des traductions plus « techniques » pour des agences de traduction. Petit à petit, je me suis rendu compte que je m’épanouissais davantage dans cette forme de traduction dite « technique » que dans la traduction d’édition, car j’étais plus libre de choisir mes textes et de varier d’une semaine à l’autre (contrairement à la traduction d’un livre, qui suppose souvent des semaines, voire des mois, de travail sur un même sujet). Ayant fait un stage de traduction dans une agence spécialisée dans la finance, c’est naturellement vers ce domaine que je me suis tournée, puis peu à peu spécialisée.

Jonathan : La finance et l’environnement sont donc vos deux domaines de prédilection ?

Stéphanie : Oui, et même si au premier abord on peut penser qu’il s’agit de sujets très différents, j’y retrouve souvent des liens. Les questions telles que le changement climatique et le développement durable sont en effet de plus en plus importantes dans l’économie, les politiques de gestion des entreprises et sur les marchés financiers. Ce sont des sujets d’actualité qui sont passionnants et qui m’apprennent beaucoup. 

Jonathan : Vous arrive-t-il de refuser de traduire pour des questions de déontologie ?

Stéphanie : Cela m’est arrivé une seule fois. Il s’agissait d’un livre sur un sujet sensible dont les propos ne correspondaient pas du tout à mes convictions et dans lequel l’auteur s’exprimait d’une manière très virulente. J’ai essayé de traduire la première page et me suis sentie tellement mal à l’aise que j’ai immédiatement arrêté.

Jonathan : Utilisez-vous des logiciels d’aide à la traduction (TAO) ?

Stéphanie : Oui. Après de nombreuses réticences, j’ai rapidement compris le potentiel des mémoires de traduction, qui sont très utiles lorsque l’on travaille régulièrement sur des sujets similaires. Elles me permettent d’assurer une cohérence terminologique et de rapidement retrouver comment j’ai traduit telle ou telle expression il y a une semaine, ou il y a plusieurs années. Toutefois, certains domaines très rédactionnels tels que la littérature ou les textes marketing ne se prêtent pas du tout à leur utilisation. Comme leur nom l’indique, les mémoires de traduction mémorisent ce que je traduis, il ne s’agit pas du tout de traduction automatique.

 

Site Internet de Stéphanie : www.stephanie-soudais.fr

Courriel : stephanie@stephanie-soudais.fr

CV

Trois icônes britanniques du XXème siècle: Chaplin, Mason et Greene

 Qu'y-a-t-il de commun entre Charlie Chaplin (1898-1977) et James Mason (1909-1984) ? Pour le cinéphile, la réponse pourra être relativement facile. Quiconque s'est intéressé à la carrière des acteurs de cinéma britanniques, sait que Chaplin et Mason comptent parmi les célébrités. En cherchant un peu, on découvre aussi qu'ils étaient amis.

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Chaplin débuta sa carrière au temps du cinéma muet. Ses films les plus connus sont probablement le Pèlerin et les Temps modernes. Le thème mélodique de ce dernier film, Smile, dont il avait composé la musique, a été repris par des chanteurs aussi divers qu'Elvis Costello, Nat King Cole, Barbara Streisand, Josh Groban et Michael Jackson. Le frère de celui-ci, Germaine Jackson, l'a chanté lors des funérailles de Michael:

 

Parmi les citations que l'on attribue à Chaplin, figurent:

« En gros-plan, la vie est une tragédie, mais, en prise à distance, c'est une comédie »

 « Une journée sans rire est une journée fichue »

 « L'échec est sans importance. Il faut du courage pour faire l'idiot »

Il existe de nombreuses biographies de Chaplin, tant en français qu'en anglais, la plus récente étant: « Sir Charlie: Chaplin, the Funniest Man in the World », par Sid Fleischman et publiée par Greenwillow Books en juin 2010. Elle s'adresse aux enfants de 9 à 12 ans.

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Sa propre version, « My Autobiography », écrite en collaboration avec David Robinson, est parue chez Penguin Classics et, en édition française, sous le titre « Histoire de ma vie », aux éditions Robert Laffont.

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Pour des vidéos, des photos et un quiz sur Chaplin:

http://www.biography.com/featured-biography/charlie-chaplin

James Mason a fait une brillante carrière, tournant dans une cinquantaine de films. L'un des plus connus est « Lolita », sous la direction de Stanley Kubrick et lancé en 1962, d'après le roman éponyme de Vladimir Nabokov. Mason fut à trois reprises nommé pour un oscar.

Il n'a jamais écrit d'autobiographie et n'a fait l'objet que d'une seule biographie, « James Mason – A Personal Biography », par Diana de Rosso, publiée chez Queen Anne Press. Toutefois, il existe une « bio-bibliographie » de James Mason – un ouvrage de référence qui couvre l'ensemble de sa vie et de sa carrière, avec une bibliographie annotée de ses œuvres et des livres à son sujet. 

L'une de ses plus extraordinaires prestations a été son interprétation de Brutus dans la version filmée du « Jules César » de Shakespeare. Dans un clip video, il harangue la foule pour justifier l'assassinat de César:

 

Mais, imaginez qu'on vous demande ce que Charlie Chaplin, James Mason et Graham Greene (1904-1991) ont en commun (sinon d'être tous trois britanniques). Les choses se corsent!

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                                                           Graham Greene

Écrivain, dramaturge et critique littéraire de grand talent, Graham Greene a écrit des douzaines de livres de 1929 jusqu'à sa mort en 1991. Parmi ceux-ci figurent « La Puissance et la gloire », « Notre agent à La Havane », « Un Américain bien tranquille » et « Le Troisième homme », ce dernier popularisé par le film éponyme dans lequel jouait Orson Welles.Il n’existe aucun lien apparent entre Graham Greene, Chaplin et Mason, si ce n’est que ces trois personnages sont enterrés a Corsier-sur-Vevy, en Suisse (plus exactement, Greene à Corseaux, village limitrophe de Corsier). 

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Corsier-sur-Vevey
Switzerland

 

Jonathan Goldberg 

Le présent billet a été traduit de l'anglais par René Meertens, dont le blog est http://vieduguide.blogspot.com.

Jailbreaking

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Le nom jailbreak (ou jailbreaking*) et le verbe to jailbreak s'emploient normalement lorsqu'un détenu s'évade, mais ont acquis un sens technique nouveau. Selon Wikipedia, un "jailbreak" est une manipulation grâce à laquelle l'utilisateur d'un iPhone ou d'un iPod Touch peut exécuter n'importe quel code sur son appareil et non uniquement le code autorisé par Apple.

Le site Web http://computer.yourdictionary.com (Computer, Hacker, & Telecom Definitions) définit to jailbreak comme suit :

“Se libérer d'un mode de fonctionnement limité. Par exemple, le jailbreaking permet d'utiliser un contenu protégé par un dispositif anticopie sur un ordinateur quelconque ou d'utiliser des systèmes d'exploitation ou des applications d'un fournisseur autre que celui qui vend l'appareil considéré.

Ce verbe signifie aussi "accéder au système de fichiers d'un iPhone", ce qui est normalement impossible. Le jailbreaking permet de modifier l'aspect et le mode de fonctionnement de l'iPhone et d'installer des applications qui ne sont pas disponibles via l'App Store d'Apple. Il permet également de "déverrouiller" ce téléphone en vue d'une utilisation via un autre opérateur de téléphonie mobile."

Le 26 novembre 2010, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, qui relève du ministère français de la Culture et de la Communication, a proposé un équivalent français de to jailbreak dans le contexte numérique : débrider. Ce mot est défini comme suit : « Contourner les protections d'un système pour supprimer les restrictions d'utilisation mises en place par le constructeur. »

Sources:

http://en.wikipedia.org/wiki/Jailbreak_(iPhone_OS)
http://www.appleiphonereview.com/iphone-tutorials/iphone-jailbreak
http://www.franceterme.culture.gouv.fr/FranceTerme/recherche.html?NUMERO=COGE758


[1] A proprement parler un gérondif, c'est-à-dire un nom en -ing, formé à partir d'un verbe pour désigner une action

 

Jonathan Goldberg

Le présent billet a été traduit de l'anglais par René Meertens, dont le blog est http://vieduguide.blogspot.com.

To degift

Le verbe « to degift » s'insinue lentement dans la langue anglaise. L'Urban Dictionary (UrbanDictionary.com), qui présente souvent des mots inventés et des définitions humoristiques, définit “to degift” comme suit : “to take back a present (particularly if the recipient is unappreciative)” (reprendre un cadeau [en particulier si celui à qui on l'a donné ne l'apprécie pas]).

Cependant, ce mot pourrait se répandre, depuis qu'Amazon a obtenu un brevet sur un logiciel qui permet à un client d'apprendre qu'il est sur le point de recevoir un cadeau, ce qui lui donne la possibilité de l'échanger, avant son expédition, contre un autre article ou une note de crédit, sans que celui qui offre le cadeau en soit informé.

Il est trop tôt pour savoir si “to degift” désignera un acte du donateur (conformément à la définition de l'Urban Dictionary) ou du bénéficiaire, par exemple la personne à laquelle quelqu'un a offert un article vendu par Amazon.

Lisez des réflexions et écoutez un extrait d'émission de radio portant sur cette question en cliquant ici 

 

Jonathan Goldberg

 

Le présent billet a été traduit de l'anglais par René Meertens, dont le blog est http://vieduguide.blogspot.com.

Bonne année!

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Où que vous vous trouviez –

Jonathan et Laura vous souhaitent une Excellente Année 2011.

Wherever you are –

Jonathan and Laura wish you a Happy New Year from Los Angeles and from Paris. 

 


 


 

 

 

Pour le premier anniversaire du blog
www.le-mot-juste-en-anglais.com

Laura Vallet est une jeune Française qui fait son master à Paris ; Jonathan Goldberg est résident permanent américain, habitant Los Angeles, à peu près trois fois plus âgé que Laura, avocat à la retraite, anglophone. Les co-bloggeurs s’interviewent ici l’un l’autre.

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Laura : Nous célébrons le premier anniversaire de ce blog. Etes-vous satisfait de son progrès?

Jonathan : Lancer un blog, attirer des lecteurs et maintenir leur intérêt, c’est une tache digne de Sisyphe. Un nouveau blog doit nager dans la très vaste mer de l’internet, comme un pécheur perdu dans un océan tout en faisant appel aux sauveteurs pour survivre. Néanmoins, cette première année a été marquée par trois réussites. La première, c’est d’avoir été acceptés par le site www.tv5.org, qui appartient à la plus grande chaîne de télévision mondiale, TV5MONDE, et de se retrouver sur son blog. La deuxième est d’être arrivé a la 9ème place dans le concours « Top 100 Language Blogs 2010 (Section « Language Learning »). (Je me permets d’ajouter que, semble-t-il,  nous avons atteint la première place parmi les sites français dans cette rubrique qui s’occupent effectivement de la linguistique.) En outre, le prestigieux magazine « France-Amérique », qui est la publication en langue française la plus répandue aux Etats-Unis, a publié un article sur Le Mot Juste, qui se trouve ici .

Laura : A quoi attribuez-vous cette réussite ?

Jonathan : À part à mes efforts personnels, qui proviennent d’une passion pour l’usage des langues français-anglais, il y a trois facteurs qui peuvent expliquer les progrès faits jusqu'ici. Premièrement, ton soutien et ta dévotion en tant que co-bloggeuse, et la maîtrise de la langue française que tu apportes et qui vient compléter ma connaissance de l’anglais (ma langue maternelle), ainsi que ton habilité en informatique, une compétence essentielle pour gérer le blog. Et tu fais tout ça toujours très gracieusement et avec une grande volonté. Je pense donc  que nos points forts à tous les deux marchent de manière complémentaire.
Deuxièmement, je suis parvenu à faire participer au blog un groupe de contributeurs réguliers, de très haut niveau intellectuel et linguistique, comme Trista Selous, Dussert (pseudonyme) et Danielle Bertrand, ainsi que d’autres qui ont fait partagé au moins une fois leurs points de vue, comme par exemple les professeurs Jager et Dufresne de l’Université de Californie à Los Angeles, ainsi que Sarah Diligenti, la directrice pédagogique de l’Alliance française a Washington, D.C. Toutes ces personnes sont très occupées de par leurs professions et il faut parfois être astucieux (et persévérant) pour les persuader d’écrire des articles spécialement pour le blog.
Enfin, j’ai un arrangement très avantageux avec le lexicographe et traducteur belge René Meertens (dont le blog « Traduction anglais-français » se trouve à http://vieduguide.blogspot.com). J'écris des articles en anglais pour René, qui les traduit en français ou confie leur traduction à Jean Leclercq. René publie ces articles dans les deux langues sur son blog et je publie ensuite la version française sur mon blog. 

Laura : Que faut-il de plus pour maintenir le niveau du blog et l’ouvrir à un public plus vaste?

Je recherche des contributeurs supplémentaires. L’idéal serait de trouver des personnes prêtes à se joindre à notre équipe de rédaction de manière active et constante, ou bien à écrire des articles régulièrement – disons une fois par mois ou tous les deux mois. Un souhait plus modeste serait que plus de lecteurs commentent les articles publiés, pour le bénéfice des lecteurs mais aussi pour répondre à ceux qui ont bien voulu écrire des articles pour le blog.

Maintenant les rôles s’inversent dans cette interview.  

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Jonathan : Raconte aux lecteurs ce que tu étudies en ce moment.

Je suis inscrite en Master 2 dans une formation intitulée «Langues étrangères, relations et comparaisons internationales», mention «Civilisations anglophones et relations interculturelles anglophones et francophones». Dans les cours proposés, nous examinons par exemple la manière dont les livres voyagent d’une aire à une autre depuis le XIXème siècle (question de droits d’auteur/adaptation/ traduction, réception, influences réciproques etc… ), nous analysons les problèmes de traduction liés aux contraintes culturelles d’une langue à l’autre, ou encore le lien qu’entretiennent histoire et littérature. Mais qui dit Master 2 dit surtout mémoire à rédiger et mon séjour de 6 mois à Los Angeles l’an dernier m’a largement influencée dans le choix du sujet puisque j’étudie le vote Latino aux Etats-Unis.

Jonathan : Qu’est ce qui t’a fait accepter de jouer un rôle actif dans la gestion de ce blog, et ce avant même que nous ne nous soyons rencontrés (ce qui a eu lieu à seulement deux reprises, à Los Angeles) et de maintenir ton association une fois rentrée en France pour poursuivre tes études ?

Lorsque j’étais à la recherche d’un stage à Los Angeles il y a un an et demi, vous aviez généreusement proposé de m’aider et m’aviez suggéré de participer à ce blog. Même si l’idée de stage est tombée à l’eau, il me semblait normal de tout de même faire partie de cette aventure, d’autant plus que mon emploi du temps me le permettait largement. En plus du défi constant que la gestion d’un blog représente, il s’agit également d’un enrichissement sur le plan personnel et culturel, et qui me sera peut-être bénéfique plus tard au niveau professionnel. Un an après, la poursuite de mon Master implique un emploi du temps beaucoup plus chargé mais j’ai quand même tenu à conserver mon engagement envers le blog. Je tiens à préciser qu’il en serait probablement allé différement avec un autre partenaire. En effet, même si le travail que je fournis est bien moindre en comparaison au vôtre, votre générosité, votre reconnaissance et vos remerciements constants sont autant de raisons de poursuivre cette collaboration.

Jonathan : As-tu un message pour les lecteurs ?

Laura : Oui, je les prie de m’envoyer touts leurs messages, suggestions, idées, etc. On les lira soigneusement et les incorporera dans le blog, dans la mesure du possible. Merci pour votre soutien et votre fidélité. 

 

Joyeux Noël!

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Jonathan et Laura vous souhaitent un Joyeux Noël et une Excellente Année 2011.

Jonathan and Laura wish you a Merry Christmas and a Happy New Year. 

 

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La traductrice du mois de décembre:
Karen M. Tkaczyk

English version

Jonathan Goldberg, votre bloggeur (lui-même traducteur professionnel), pose des questions à la Dr. Karen M. Tkaczyk, traductrice freelance et membre de l'ATA. Elle traduit du français et de l'espagnol vers l'anglais (britannique et américain) et est à la tête d'un cabinet de traduction spécialisé dans la chimie, ses applications industrielles et la propriété intellectuelle. Karen est basée près du Lac Tahoe, dans le Nevada et a grandi au Royaume-Uni.

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Jonathan: Veuillez  nous donner une idée de votre parcours personnel et professionnel.

J’ai été élevée au Royaume Uni. J’ai obtenu un Master en Chimie avec Français à l’université de Manchester et un doctorat en Chimie à l’université de Cambridge. Dans le cadre de mon Master, j’ai passé une année à Lyon, France. L’expérience que j’ai acquise durant cette année où je travaillais pour une entreprise pharmaceutique française  (Rhône-Poulenc, qui fait maintenant parti du groupe Sanofi Aventis) s’est avérée cruciale lorsque j’ai changé de carrière. En sortant de l’université de Cambridge j’ai travaillé pour deux grandes compagnies pharmaceutiques en Irlande. En 1999 j’ai déménagé dans le Nevada près du lac Tahoe où j’ai travaillé pour une société de cosmétique et de fabrication de dispositifs médicaux jusqu’en 2001. Je traduis du français et espagnol vers l’anglais britannique et américain. J’ai rencontré mon mari français durant mon année à Lyon. J’ai appris l’espagnol à l’école et durant un séjour en tant que fille au pair en Espagne.

Jonathan: Comment et pourquoi êtes-vous devenue traductrice ? 

A vrai dire, la réponse est un peu banale. J’ai arrêté de travailler lorsque mon premier enfant avait neuf mois. Nous avions décidé qu’un style de vie avec deux carrières ne conviendrait pas pour notre famille. Nous avons eu ensuite deux autres enfants, et en 2005 je commençais à vouloir rejoindre la vie active mais je ne voulais pas retourner à un poste haute pression et en dehors de la maison. Maintenant c’est la partie banale. Mon mari pensait devenir indépendant dans sa profession et nous avons lu un livre qui s’appelle “What Business Should I Start?”. En faisant les exercices, il m’est arrivé tout à coup  « Eurêka ! »:  il existait un monde entier de traducteurs qui travaillaient en indépendant depuis leur domicile. Je maitrisais les compétences linguistiques nécessaires et j’écrivais assez bien en anglais. De plus, j’avais aussi un domaine d’expertise relativement rare. En partant de ce concept, mon cabinet de traduction s’est établi remarquablement rapidement.

Jonathan: À propos de vos débuts, auriez-vous une anecdote à me raconter ?

Oui – c’est à propos du pouvoir de « networking » et l’importance de quitter le confort de son petit chez soi et son bureau pour rencontrer d’autres traducteurs. Au premier événement du ATA où j’ai assisté, seulement quelques mois après avoir décidé de m’établir, j’ai fait la connaissance d’une traductrice très expérimentée et elle m’a donné les coordonnés de quatre clients potentiels. Deux d’entre eux sont immédiatement devenues des clients,  dont un qui est devenu un mentor et qui m’a enseigné le métier de la traduction pendant les deux années suivantes. Si je n’avais pas fait cet investissement initial pour assister à cette conférence à une époque où je gagnais encore relativement peu, ma société n’aurait jamais démarrée de la même façon.

Jonathan: Avez-vous un client typique ?

Environ la moitié de mes clients sont des agences de traduction de petite ou moyenne taille basées aux Etats-Unis, qui attendent un travail de haute qualité et qui me donnent des délais de livraison corrects. Ma vie personnelle ne me permet pas de tout arrêter à tout moment pour faire des travaux urgents. Le reste se compose d’un mélange d’agences et de clients directs en Amérique du nord et en Europe. 

Jonathan: Qu’est-ce qu’il y a de peu courant dans votre cabinet, en comparaison avec vos concurrents? 

Il y deux choses qui me viennent a l’esprit. La plus évidente est mon niveau de spécialisation. Je travaille dans la chimie, ses applications industrielles, et sa propriété intellectuelle. Rarement dois-je sortir de ceci. L’autre chose est que j’écris et je présente pour l’industrie de traduction. Il y a beaucoup de traducteurs et interprètes qui assistent à des congrès pendant des années sans proposer de parler à une conférence, et de la même façon, qui lisent les journaux et les publications sans soumettre un article. Outre le plaisir que ces activités m’amènent, ceci augmente ma visibilité, et par conséquent augmente le nombre de recommandations de bouche à oreille que je reçois.

Jonathan: Avez-vous une expérience ou des remarques d’un client dont vous êtes tres fière ? 

Oui. En l’année 2009 mon but annuel fût de travailler sur mon écriture technique pour l’améliorer. Durant l’automne de cette année, j’avais traduit un lot de procédures de validation pharmaceutique. Le client, qui n’était pas un expert dans le domaine, les a révisées et m’a dit, « Vous avez fait du travail merveilleux sur ces fichiers. Votre anglais est si clair que même moi, je peux comprendre le langage technique ! » Cela était très satisfaisant.

Jonathan: Votre compagnie a-t-elle une présence sur l’internet? 

J’ai un site web à www.mcmillantranslation.com et j’utilise LinkedIn pour développer et gérer mon réseau de contacts http://www.linkedin.com/in/karentkaczyk.

Jonathan: Faites-vous du travail bénévole pour la traduction? 

Je ne fais pas de travail pro bono, puisque les compagnies multinationales industrielles pour lesquelles je traduis les documents n’en ont pas besoin ! En revanche je fais beaucoup de travail pour les associations des traducteurs et des interprètes. Je suis la présidente pour 2009-2011de NITA (Nevada Interpreters and Translators Association) et je sers aussi comme Administratrice de la division de la Science et la Technologie de ATA (American Translators Association.)