Jonathan Goldberg, votre bloggeur (lui-même traducteur professionnel), pose des questions à la Dr. Karen M. Tkaczyk, traductrice freelance et membre de l'ATA. Elle traduit du français et de l'espagnol vers l'anglais (britannique et américain) et est à la tête d'un cabinet de traduction spécialisé dans la chimie, ses applications industrielles et la propriété intellectuelle. Karen est basée près du Lac Tahoe, dans le Nevada et a grandi au Royaume-Uni.
Jonathan: Veuillez nous donner une idée de votre parcours personnel et professionnel.
J’ai été élevée au Royaume Uni. J’ai obtenu un Master en Chimie avec Français à l’université de Manchester et un doctorat en Chimie à l’université de Cambridge. Dans le cadre de mon Master, j’ai passé une année à Lyon, France. L’expérience que j’ai acquise durant cette année où je travaillais pour une entreprise pharmaceutique française (Rhône-Poulenc, qui fait maintenant parti du groupe Sanofi Aventis) s’est avérée cruciale lorsque j’ai changé de carrière. En sortant de l’université de Cambridge j’ai travaillé pour deux grandes compagnies pharmaceutiques en Irlande. En 1999 j’ai déménagé dans le Nevada près du lac Tahoe où j’ai travaillé pour une société de cosmétique et de fabrication de dispositifs médicaux jusqu’en 2001. Je traduis du français et espagnol vers l’anglais britannique et américain. J’ai rencontré mon mari français durant mon année à Lyon. J’ai appris l’espagnol à l’école et durant un séjour en tant que fille au pair en Espagne.
Jonathan: Comment et pourquoi êtes-vous devenue traductrice ?
A vrai dire, la réponse est un peu banale. J’ai arrêté de travailler lorsque mon premier enfant avait neuf mois. Nous avions décidé qu’un style de vie avec deux carrières ne conviendrait pas pour notre famille. Nous avons eu ensuite deux autres enfants, et en 2005 je commençais à vouloir rejoindre la vie active mais je ne voulais pas retourner à un poste haute pression et en dehors de la maison. Maintenant c’est la partie banale. Mon mari pensait devenir indépendant dans sa profession et nous avons lu un livre qui s’appelle “What Business Should I Start?”. En faisant les exercices, il m’est arrivé tout à coup « Eurêka ! »: il existait un monde entier de traducteurs qui travaillaient en indépendant depuis leur domicile. Je maitrisais les compétences linguistiques nécessaires et j’écrivais assez bien en anglais. De plus, j’avais aussi un domaine d’expertise relativement rare. En partant de ce concept, mon cabinet de traduction s’est établi remarquablement rapidement.
Jonathan: À propos de vos débuts, auriez-vous une anecdote à me raconter ?
Oui – c’est à propos du pouvoir de « networking » et l’importance de quitter le confort de son petit chez soi et son bureau pour rencontrer d’autres traducteurs. Au premier événement du ATA où j’ai assisté, seulement quelques mois après avoir décidé de m’établir, j’ai fait la connaissance d’une traductrice très expérimentée et elle m’a donné les coordonnés de quatre clients potentiels. Deux d’entre eux sont immédiatement devenues des clients, dont un qui est devenu un mentor et qui m’a enseigné le métier de la traduction pendant les deux années suivantes. Si je n’avais pas fait cet investissement initial pour assister à cette conférence à une époque où je gagnais encore relativement peu, ma société n’aurait jamais démarrée de la même façon.
Jonathan: Avez-vous un client typique ?
Environ la moitié de mes clients sont des agences de traduction de petite ou moyenne taille basées aux Etats-Unis, qui attendent un travail de haute qualité et qui me donnent des délais de livraison corrects. Ma vie personnelle ne me permet pas de tout arrêter à tout moment pour faire des travaux urgents. Le reste se compose d’un mélange d’agences et de clients directs en Amérique du nord et en Europe.
Jonathan: Qu’est-ce qu’il y a de peu courant dans votre cabinet, en comparaison avec vos concurrents?
Il y deux choses qui me viennent a l’esprit. La plus évidente est mon niveau de spécialisation. Je travaille dans la chimie, ses applications industrielles, et sa propriété intellectuelle. Rarement dois-je sortir de ceci. L’autre chose est que j’écris et je présente pour l’industrie de traduction. Il y a beaucoup de traducteurs et interprètes qui assistent à des congrès pendant des années sans proposer de parler à une conférence, et de la même façon, qui lisent les journaux et les publications sans soumettre un article. Outre le plaisir que ces activités m’amènent, ceci augmente ma visibilité, et par conséquent augmente le nombre de recommandations de bouche à oreille que je reçois.
Jonathan: Avez-vous une expérience ou des remarques d’un client dont vous êtes tres fière ?
Oui. En l’année 2009 mon but annuel fût de travailler sur mon écriture technique pour l’améliorer. Durant l’automne de cette année, j’avais traduit un lot de procédures de validation pharmaceutique. Le client, qui n’était pas un expert dans le domaine, les a révisées et m’a dit, « Vous avez fait du travail merveilleux sur ces fichiers. Votre anglais est si clair que même moi, je peux comprendre le langage technique ! » Cela était très satisfaisant.
Jonathan: Votre compagnie a-t-elle une présence sur l’internet?
J’ai un site web à www.mcmillantranslation.com et j’utilise LinkedIn pour développer et gérer mon réseau de contacts http://www.linkedin.com/in/karentkaczyk.
Jonathan: Faites-vous du travail bénévole pour la traduction?
Je ne fais pas de travail pro bono, puisque les compagnies multinationales industrielles pour lesquelles je traduis les documents n’en ont pas besoin ! En revanche je fais beaucoup de travail pour les associations des traducteurs et des interprètes. Je suis la présidente pour 2009-2011de NITA (Nevada Interpreters and Translators Association) et je sers aussi comme Administratrice de la division de la Science et la Technologie de ATA (American Translators Association.)