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Parentèle trompeuse

Le même mot existe en français et en anglais – mais sans aucun lien linguistique

Dans un précédent article, nous avons vu qu’un faux ami, au sens propre du terme, est quelqu’un qu’on a considéré comme un ami, mais qui nous a trahis ou nous a laissés choir. Au sens figuré, et dans un contexte linguistique, un faux ami est « un mot ou une expression d’une certaine langue qui, parce qu’il ressemble à tel mot ou expression d’une autre langue, est souvent considéré à tort comme ayant le même sens » (Collins English Dictionary – Complete and Unabridged). À titre d’exemple de faux ami, nous avions pris le mot agenda qui, en anglais, signifie une liste ou un programme de choses à faire ou à examiner. Ce n’est donc pas le sens du mot français agenda que l’on traduirait en anglais britannique par diary et en anglais américain par calendar.

Nous avions aussi fait allusion aux faux amis partiels, tels que notorious et notoire, qui peuvent parfois être employés comme synonymes en anglais et en français, mais pas dans tous les cas.

Notons qu’il existe aussi des mots qui s’écrivent ou se prononcent de la même façon en anglais et en français (ou même qui s’écrivent et se prononcent de la même façon), mais par pure coïncidence (ou, assez rarement, à cause d’une racine commune), sans lien contemporain entre eux. Ceux-là pourront constituer la « parentèle trompeuse ». En voici quelques exemples :

 

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Le lien entre les mots français et anglais peut être encore plus ténu quand, par exemple, l’un est un adjectif et l’autre un substantif, ou l’un est un verbe et l’autre un adverbe. Tel est le cas dans les exemples suivants :

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Source: The Beginning Translator’s Workbook,or the ABC of French to English Translation, Michele H. Jones, University Press of America, Inc.

Le présent article est la traduction française, établie par Jean Leclercq, d’un article rédigé en anglais par Jonathan Goldberg et publié sur le blog http://vieduguide.blogspot.com

Truthiness, mot forgé par un humoriste

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 Merriam-Webster.com a annoncé en 2006 qu’à une majorité écrasante, les visiteurs de ce site avaient couronné un néologisme utilisé pour la première fois par l’humoriste Stephen Colbert dans sa rubrique "The Word" au cours de sa première émission pour le producteur Comedy Central, en octobre 2005.  

http://www.colbertnation.com/the-colbert-report-videos/24039/october-17-2005/the-word—truthiness

 « Comme nous le prévoyions, nous avons eu quelques surprises lorsque nous nous sommes penchés sur les mots que vous aviez proposés lors de notre première enquête en ligne sur le mot de l’année… Peu après, truthiness a été désigné 16e mot de l’année par l’American Dialect Society et défini comme suit : "le fait d’être une notion ou une réalité que l’on souhaite être vraie, par opposition à une notion ou une réalité que l’on sait être vraie." »

 

Truthiness est maintenant un véritable mot selon The AtlanticWire.com :

« Ce dimanche (17 octobre 2010) nous célébrons le cinquième anniversaire du premier "Colbert Report", l’émission au cours de laquelle Stephen Colbert s’est présenté pour la première fois devant une caméra et a prononcé le mot truthiness

Bien que Stephen Colbert affirme avoir simplement recherché "un mot idiot qui n’ait rien de naturel", ce terme a depuis lors été repris dans le lexique de l’anglais américain. »

Pour marquer le cinquième anniversaire de l’émission au cours de laquelle Stephen Colbert a prononcé pour la première fois le mot truthiness, le linguiste du New York Times, Ben Zimmer, a consacré sa rubrique On Language du 17 octobre dernier à ce mot.

Citons-le :

“Truthiness figurait déjà dans l’Oxford English Dictionary dans l’aricle consacré à l’adjective truthy. Certes, ce mot était extrêmement rare avant 2005, mais il s’agissait d’une variante humoristique du mot truthfulness attestée depuis le début du XIXe siècle.”

En revanche, selon l’Oxford English Dictionary publié avant 2005, ce mot était “rare ou dialectical, et synonyme de truthfulness, faithfulness.” En d’autres termes, truthiness signifiait alors authenticité.

Ben Zimmer ajoute :

“Indépendamment de ces sens antérieurs, le mot truthiness dans sa nouvelle acception satirique a plu à de nombreux membres de la wordinista (1).

“L’influence durable du mot truthiness s’est également révélée à l’Université de l’Indiana, où une équipe d’informaticiens a conçu un logiciel qui détecte la propagation d’information erronées de nature politique via Twitter. Le chef de projet, Filippo Menczer, s’est rappelé que, quand l’équipe se livrait à un remue-méninges pour baptiser cet outil de recherche, un de ses étudiants a proposé Truthy. Filippo Menczer a rapporté que tous avaient estimé que ce nom était parfait. Des collaborateurs s’emploient maintenant à séparer les messages politiques fiables de Twitter de ceux qui sont simplement truthy.”

Le mot truthiness figure maintenant dans l’Oxford Dictionary, qui le tient pour acceptable et accepté, et attribue son acception nouvelle à Stephen Colbert.


                                                                                        Jonathan Goldberg

Le présent billet a été traduit de l'anglais par René Meertens, dont le blog est http://vieduguide.blogspot.com.

(1)          “… et cela nous amène au mot dont il sera question ce soir : truthiness.

Je suis persuadé que certains éléments de la « wordinista » (Police du langage), les lexicographes de Webster, vont dire : « Ce mot n’existe pas. » Mais tous ceux qui me connaissent savent que je n’aime pas beaucoup les dictionnaires et autres ouvrages de référence. Ils sont élitistes. Ils s’obstinent à vous dire ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. De quel droit l’encyclopédie Britannica me dit-elle que le canal de Panama a été achevé en 1914 ? Si je veux affirmer que c’est en 1941, c’est mon droit. Je ne me fie pas aux livres. Ils présentent des faits secs, sans la moindre émotion. » 

Notorious – notoire: faux amis partiels

Un faux ami, dans le sens littéral de cette expression, est une personne que vous considériez comme un ami, mais qui vous a trahi ou s'est dérobé quand vous aviez besoin de lui. Dans le sens figuré, c'est "un mot ou une expression d'une langue déterminée qui ressemble tant à un mot ou à une expression d'une autre langue qu'on pense souvent à tort qu'il ou elle a le même sens" (Collins English Dictionary – Complete and Unabridged). Ainsi, le mot anglais agenda, qui désigne une liste de choses à faire ou à examiner (1), est un faux ami car le mot français agenda a un autre sens  que l’on traduirait en anglais britannique par diary  et en anglais américain par calendar.

Un faux ami partiel est un mot qui n'a que parfois le même sens qu'un autre assez semblable appartenant à une autre langue. C'est par exemple le cas du mot français abandon, que l'on ne traduit généralement pas en anglais par abandon mais, selon le contexte, par abandonment, neglect ou desertion, comme dans les expressions abandon du domicile (spousal desertion) ou jardin à l’abandon (neglected garden). Dans certains cas, cependant, le mot français abandon peut être traduit correctement par abandon, par exemple dans ses moments d’abandon (in his moments of abandon).

Notorious et notoire sont des faux amis partiels. Le mot anglais notorious a toujours une connotation négative, comme l'illustrent les phrases suivantes : "He is a notorious liar." "Al Capone was a notorious criminal". En français, le mot  notoire a parfois une connotation négative et, dans ces cas, notoire est synonyme de mal famé. Dans d'autres cas, cependant, ce mot est synonyme de célèbre, dans le bon sens de ce terme. Par exemple : De son temps, Paul Bourget était un écrivain notoire.

Bibliographie:

Les faux amis en anglais de Anne-Marie Pateau et William B. Barrie (Libraire Générale Française)
Vrais et faux amis en anglais de Michel Marcheteau et Lionel Dahan (Pocket Langues pour tous)
French False Friends de CWE Kirk-Greene (Routledge & Kegan Paul)
Dictionnaire des difficultés de la langue française de A.V. Thomas (Larousse)
Le bon mot – déjouer les pièges du français de Jacques Laurin (Les éditions de l'homme.)

(1) Agenda peut être le pluriel d'agendum mais, dans la plupart des cas, il est utilisé en anglais au singulier (voir  http://www.thefreedictionary.com/agenda). Ce mot a aussi pris le sens de plan visant un but. Dans ce sens, il est souvent péjoratif, comme dans l'expression hidden agenda (intentions cachées). 

Jonathan Goldberg

Le présent billet a été traduit de l'anglais par René Meertens, dont le blog est http://vieduguide.blogspot.com.

Chronique de la Guerre de Cent ans (quatrième partie)

Voici la quatrième partie de cet article, écrit spécialement pour ce blog par le professeur d’histoire Danielle Bertrand. Cliquez sur le lien pour voir les parties précédentes.

Préambule de l’auteur : Après cette longue trêve estivale, il est temps de reprendre les armes, en l’occurrence mon clavier ………..

À la fin de notre dernier chapitre, nous avions laissé l’Angleterre et la France en bien mauvais état, vers 1380, avec à leur tête des souverains très jeunes.Les deux royaumes connaissent une période troublée s’inscrivant dans la crise généralisée que vit l’Europe menacée par ailleurs par la poussée ottomane: crise religieuse avec un pape à Rome et un autre à Avignon, crise économique, crise financière et crise de civilisation.

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Dans la France, où le jeune souverain Charles VI est soumis au “gouvernement des oncles “, plus soucieux de leurs intérêts que de ceux du royaume, le peuple accablé d’impôts se livre à de fréquentes révoltes durement réprimées. Peut-être pour oublier ces soucis, le roi et sa cour se lancent dans un tourbillon frénétique de bals et de banquets. À partir de 1392, le roi Charles VI est atteint d’une sorte de folie sporadique qui permet à son épouse Isabeau de s’emparer du pouvoir.

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Cela ne met pas fin aux festivités qui finissent parfois tragiquement, tel le « Bal des Ardents », au cours duquel quelques seigneurs finirent rôtis dans la poix et les plumes.

 

La lutte entre Armagnac et Bourguignons déclenchée par l’assassinat du Duc d’Orléans (A) par Jean sans Peur (B) prend les allures d’une vraie guerre civile, opposant France du Nord (B)  et France du Sud (A) avec pour enjeu la capitale où gronde la révolte des Cabochiens.

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                                                    la révolte des Cabochiens

Armagnac et Bourguignons finissent par s’entendre pour rétablir le calme, mais ce n’est que provisoire. L’Angleterre a connu elle aussi des heures difficiles. Le jeune Richard II a étéconfronté à un soulèvement populaire causé par la “poll tax “ et à l’agitation religieuse des Lollards. Il esquisse une politique de rapprochement avec la France, négociant tantôt avec les Armagnac tantôt avec les Bourguignons, mais son cousin Henri de Lancastre qu’il avait exilé, débarque, rallie tous les mécontents, s’empare de Richard qui abdique et meurt d’inanition en prison. 

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Henri, devenu roi sous le nom d’Henri IV, et qui a ajouté à ses titres celui de Roi de France, affermit le pouvoir (campagne dans le Pays de galles et en Écosse, élimination des Lollards) qu’il transmet à son fils en 1413. Henri V est décidé à reprendre les ambitions sur la France, profitant des troubles intérieurs qu’elle connaît. En demandant la main de Catherine, fille de Charles VI (qui malgré sa folie avait réussi à faire à Isabeau une bonne douzaine d’enfants), il exige pour prix de sa renonciation à la couronne de France tout l’ancien “Empire Plantagenêt “(Guyenne, Normandie, Flandre et Bretagne). 

 

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Donc en juillet 1415 la guerre recommence. Débarqué sur les côtes normandes avec une bonne armée Heri V est, après quelques victoires lors de son avancée vers le Nord, en assez mauvaise posture.Mais sur le plateau d’Azincourt, les chevaliers français qui décidément ont la tête dure et s’obstinent à charger les archers anglais en s’empêtrant dans leurs armures, lui donnent l’occasion d’un véritable carnage (octobre 1415). Cependant Henri, qui a eu chaud, se rembarque à Calais.

 

En France, la guerre civile bat à nouveau son plein, ce qui permet à Henri de bien s’installer en Normandie. En effet les rapports entre le dauphin et sa mère Isabeau, soutenue par Jean sans Peur, sont si mauvais que le futur Charles VII a du se réfugier à Bourges où il s’est proclamé régent, en rival de sa mère. C’est là que Jean sans Peur est tué par un proche du Dauphin au cours d’une entrevue de réconciliation organisée par le pape. Le fils de Jean et Isabeau signent avec les anglais, au nom de Charles VI, toujours fou,  le traité de Troyes, en mai 1420. Heni V épouse (enfin!) Catherine de France.

 

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                                  Le mariage d'Henri V et de Catherine de France 

Le Dauphin est déclaré batard par sa propre mère, et Henri, nommé héritier de Charles VI, est chargé d’assurer le pouvoir à sa place. Pendant que Charles continue à faire la fête à l’Hôtel saint Pol, Henri s’installe au Louvre et lutte contre le Dauphin qui n’a pas reconnu le traité de Troyes. Mais Charles et Henri meurent en 1422, Henri V ayant quand même eu le temps de faire à Catherine un petit Henri qui se retrouve ainsi, malgré son jeune âge …………….. Roi de France et Roi d’Angleterre .Une Angleterre où le Parlement renforce son pouvoir, et une Francecoupée en trois.

La France “bourguignonne”, au nord est, qui s’étend vers la Lorraine et la Hollande, s’enrichit et joue les arbitres entre les deux autres, prête à se rallier au plus offrant.

La France anglaise, qui fait figure de France légitime (Guyenne, Normandie et ses confins, Calais, Picardie, Champagne, Ile de France), dirigée par le Duc de Bedford assez habile pour séduire les “français reniés “, satisfait de la reprise des échanges commerciaux, mais où subsistent quelques “bons Français “ ou “dauphinois “.

La France de Bourges, au sud, plutôt bien administrée et riche. Mais il lui manque un chef. Selon les chroniqueurs, le dauphin est un maigrichon sans prestance, apathique et méfiant, doutant de sa légitimité et manquant de confiance en lui…Jusqu’en 1427, la guerre se limite à des actions militaires dispersées, sans grands résultats, et à de fort compliquées tractations diplomatiques. Le cours de l’histoire change en 1428 quand l’armée Anglaise met le siège devant Orléans ……..

Clichés

  Cliché (également orthographié cliche en anglais) nom 

Définition 
1 expression banale ; également : l’idée qu’elle exprime
2 thème rebattu, personnage stéréotypé ou situation banale
3 chose (reprise dans un menu, par exemple) devenue trop familière ou trop courante  

Note : Le mot anglais cliché est emprunté au français, mais ne désigne jamais un négatif photographique ou une photo.

Exemples 

   1. a speech filled with clichés about “finding your way” and “keeping the faith” (un discours bourré de clichés tels que “trouver sa voie” ou “avoir foi en l’avenir”).

  2. the macho cop of Hollywood movies has become a cliché (le flic macho des films de Hollywood est devenu un cliché). 

Origine 

Mot français cliché, qui désigne une empreinte métallique d’une image, du participe passé du verbe clicher (impressionner une surface par la lumière), par analogie.
Première utilisation connue : 1892

Source :  http://www.merriam-webster.com

Les sept clichés les plus fréquents

1. At the end of the day (au bout du compte)
2. Split second (fraction de seconde)
3. About face ([faire] marche arrière)
4. Unsung heroes (héros méconnus)
5. Outpouring of support (soutien massif)
6. Last-ditch effort (tentative de la dernière chance)
7. Concerned residents (résidents préoccupés)

Source: news.com.au 

Pour un article intéressant sur les clichés, voir « Oxford Dictionaries: Try thinking outside the box!

 

On trouvera une satire de clichés anglais sur la France et les Français dans la vidéo “Cliché ! English version” : 

 

 

 

Jonathan Goldberg

 Le présent billet a été traduit de l'anglais par René Meertens, dont le blog est http://vieduguide.blogspot.com.

Prononciation américaine – starting from scratch


 

to build something from scratch – construire quelque chose à partir de rien
to start from scratch – partir de zero

D’autres usages de “scratch” (source : reverse.com)

 

scratch

nom substantif
(=small cut) (on skin) égratignure , (from claw) égratignure 
She had a large scratch on her cheek. Elle avait une grosse égratignure sur la joue. 
I got away without a scratch. Je m'en suis sorti sans une égratignure. 

(=mark) (on paintwork, CD, furniture, glass) éraflure
There were no scratches on the paintwork. Il n'y avait pas d'éraflures sur la peinture.

(to relieve itch) The dog had a good scratch. Le chien s'est gratté un bon coup.

(=sound) grattement
We heard a scratch at the door. Nous avons entendu un grattement à la porte.

(=beginning)
to be up to scratch, to come up to scratch être à la hauteur 
His work isn't up to scratch. Son travail n'est pas à la hauteur. 
The team didn't come up to scratch. L'équipe n'a pas été à la hauteur.

modificateur
scratch team
équipe de fortune, équipe improvisée

verbe transitif
(=mark) [+record, CD, furniture] rayer [+paint] érafler
Knives will scratch the worktop. Les couteaux rayeront le plan de travail.
to scratch one's name onto sth, People had scratched their names into their rock. Les gens avaient gravé leur nom dans leur rocher.

to scratch the surface (fig) rester à la surface des choses

Even this fairly complex analysis only begins to scratch the surface. Même cette analyse assez complexe commence tout juste à gratter la surface du sujet.

(=cut) [+skin, person, arm, leg] (with nail, thorn) égratigner , (with claw) griffer
I scratched my hand on the rosebush. Je me suis égratigné la main sur le rosier.
The cat scratched me. Le chat m'a griffé.

(to relieve itch) se gratter
He scratched himself under his arm. Il s'est gratté sous le bras.
to scratch one's head (lit, fig) se gratter la tête
you scratch my back, I'll scratch yours (fig) un service en vaut un autre

(COMPUTING) effacer

to scratch a living s'en sortir
At least in the city you can scratch a living selling bags of ice water

verbe intransitif
[person] (to relieve itch) se gratter
Stop scratching! Arrête de te gratter!

  [cat] se gratter

Deux maîtres du langage conjuguent leurs habiletés linguistiques pour éclairer un âge obscur

Le dernier duel d’Eric Jager, traduit par Laurent Bury

Eric Jager, Professeur à l'université de Californie, est spécialiste de littérature médiévale. 

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Laurent Bury, ancien élève de l’ENS de la rue d’Ulm, est Professeur de littérature anglaise du XIXème siècle à l’Université de Lyon II.

Le professeur Jager a écrit The Last Duel: A True Story of Crime, Scandal, and Trial by Combat in Medieval France, éditions Broadway, États Unis. Le Professeur Bury l’a traduit en français et il a été publié en 2010, sous le titre Le Dernier Duel : Paris, 29 décembre 1386, éditions Flammarion, collection Au fil de l’histoire.

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Histoire du duel judiciaire qui a opposé en 1386 sur ordre du roi Charles VI, les seigneurs normands Jacques Le Gris et Jean de Carrouges. Marguerite de Carrouges avait accusé Le Gris de l'avoir violée, et son époux n'ayant pu obtenir que son suzerain le comte Pierre lui fasse justice, l'affaire avait été portée jusqu'au roi.

En cette matinée glacée du 29 décembre 1386, la foule afflue vers le monastère parisien de Saint-Martin-des-Champs. Autour du champ clos, les curieux se pressent, attendant le roi Charles VI et, surtout, les deux hommes qui vont se battre à mort ce jour-là : Jean de Carrouges et Jacques Le Gris, seigneurs normands, ont résolu de porter devant Dieu leur querelle. Celui qui tuera l'autre verra sa cause reconnue et son honneur lavé ; le vaincu, lui, sera réputé menteur à la face de Dieu et des hommes, et son corps pendu à Montfaucon.

Voilà des années que l'inimitié a grandi entre Carrouges et Le Gris, attisée par des rancunes et des rivalités. Mais la haine atteint son comble quand l'épouse de Carrouges, la belle Marguerite, accuse Le Gris de l'avoir violée : profitant de l'absence de son mari, celui-ci, dit-elle, s'est introduit dans le château des Carrouges où il a abusé d'elle. Aucune cour n'ayant pu régler le différend, le Parlement de Paris a tranché en faveur du duel judiciaire – une issue sanglante qui sera la dernière de son espèce en France, et que maints contes, maints récits évoqueront des siècles durant. Cette histoire, Eric Jager la raconte à la manière d'un roman policier, s'appuyant sur les sources et les témoignages qui nous sont parvenus pour ressusciter un pan entier du Moyen Âge.

Aspects linguistiques

À la demande de ce blog, le professeur Jager explique, depuis son bureau au campus universitaire de Los Angeles, les pièges linguistiques inhérents dans une telle œuvre :

« L’un des défis posés par la rédaction de The Last Duel était que les sources originales – chroniques, documents juridiques, carnet de l’un des avocats, etc. – étaient écrites soit en latin, soit en français médiéval. En incorporant ce matériau de départ à un récit en anglais moderne, je franchissais les frontières linguistiques, mais je voyageais aussi dans le temps. Je souhaitais que les événements paraissent aussi neufs et frappants pour les lecteurs qu’ils avaient dû l’être pour ceux qui les avaient vécus.

« Je voulais éviter d’une part les « médiévismes » – du genre « oncques ne vit plus gente damoiselle» – et d’autre part, un style tellement moderne et transparent qu’il aurait semblé anachronique, car les gens du Moyen Age ne voyaient pas le monde et n’en parlaient pas de la même façon que nous : ils n’étaient pas « réactifs » face aux événements, ils ne « géraient » pas les crises. Même le progrès technique peut entraîner de petits problèmes : pas question de « renverser la vapeur » avant la Révolution industrielle, ou de « faire feu » sur l’ennemi pour un soldat de l’antiquité.

« Après avoir étudié les sources primaires et après avoir glané quelques détails supplémentaires chez les historiens et chez divers commentateurs, je me suis imaginé chaque scène et j’ai essayé de la recréer de la manière la plus vivante possible. Nous disposons de récits historiques détaillés pour la plupart des événements relatés dans The Last Duel, mais n’avons guère d’éléments personnels ou psychologiques. Et la mentalité d’une époque révolue – sans parler de la personnalité d’un individu mort depuis longtemps et qui n’a laissé ni lettres ni journal intime – est bien plus difficile à saisir ou à reconstituer que le monde extérieur. On avance donc avec la plus grande prudence, en évitant les expressions trop courantes, qui trahiraient notre distance historique par rapport aux personnages, ainsi que les mots trop rares, qui envelopperaient le passé dans un nuage d’obscurité. »

(propos traduits de l’anglais par le Professeur Bury).

Laurent Bury, pour sa part, ajoute son propre aperçu pour les lecteurs de www.Le-mot-juste-en-anglais.com:

« La traduction du livre d’Eric Jager posait un problème qui n’apparaissait pas aussi clairement dans le texte original : le rapprochement du français moderne et du français médiéval. Dans The Last Duel, les très nombreuses citations sont données en anglais moderne, puisqu’elles sont tirées de traductions récentes de documents français anciens. En revanche, dans Le Dernier Duel, il fallait revenir au texte-source, mais cela n’allait pas de soi. En effet, pour le lecteur francophone d’aujourd’hui, la langue du chroniqueur Froissart, par exemple, n’a rien d’immédiatement accessible. Il n’était donc pas envisageable de citer Froissart à l’état brut ; heureusement, divers érudits se sont chargés, au XIXe siècle, de le « traduire » dans un français plus moderne, pour le rendre à nouveau lisible. Mais, et c’est là que les choses se compliquent encore un peu plus, le degré de modernité adopté par les « traducteurs » du XIXe siècle est très variable : certains conservent la syntaxe de Froissart et ne modernisent que l’orthographe, d’autres changent le tout pour ne rendre que le sens. Et le français courant en 1830 n’est plus tout à fait le français d’aujourd’hui. Dans Le Dernier Duel, le résultat final est donc un texte écrit au XXIe siècle, avec incrustations de français du XIVe siècle revu par des « arrangeurs » du XIXe siècle… »

Il faut souligner que outre le français, ce livre a été traduit de l’anglais en plusieurs autres langues. Il a été vivement acclamé dans ses différentes versions  par les critiques :

« If THE LAST DUEL is any indication of his skill in the classroom, he must be the best kind of instructor — you learn something and have fun doing it.”  

                                           - Shannon McKenna, Bookreporter.com

“Sex, savagery, and high-level political maneuvers energize a splendid piece of popular history."

                                         — Kirkus Reviews (starred review)

"Succeeds brilliantly in combining page-turning intensity – the reader wants very much to know who wins – with eye-opening insights into the bizarre ritual of judicial combat…”

                                          — The Times (London)

"Breathes astonishing vigor, realism and a remarkable modernity into a celebrated trial by combat…. A taut page-turner with all the hallmarks of a good historical thriller…”

                                           — Orlando Sentinel

"A riveting account that will satisfy general readers and historians alike."

                                                                                       — Publishers Weekly

 "As enthralling and engrossing as any about a high-profile celebrity scandal today." — Booklist

 "A gripping account of sex and violence." — Pages

 "Genuinely suspenseful and well-written." — Spectator (London)

 "One of the year's most intriguing histories." — Santa Cruz Sentinel

"Sex, violence, political scheming that went to the highest levels…. Jager tells [the story] simply, yet with eloquence and some verve."

                      — Wichita Falls Times Record News

"If you read only one book about the Middle Ages, Eric Jager's thriller is the one to read."

                      — Steven Ozment, author of The Burgermeister’s Daughter

 "The riveting story of two men locked in mortal combat…”

                       — Margaret F. Rosenthal, author of The Honest Courtesan

"Enthralling … reads like fiction.”  

                       — Norman Cantor, author of Inventing the Middle Age

«Vif, érudit, synthétique… »  –– Livres Hebdo

 «Avis aux âmes sensibles: aucun détail n’est épargné au lecteur… » – Libération

Voici ci-dessous quelques liens aux critiques complètes aux Etats-Unis et en France :

Le Nouvel ObservateurLibérationL’Express /LireValeurs ActuellesBoojumOrlando SentinelBookreporterARMA

On peut écouter une interview avec Eric Jager sur la radio publique américaine (NPR) ici

Les droits cinématographiques du Dernier Duel ont été achetés par le célèbre réalisateur Martin Scorsese.

Un grand merci à l’auteur et au traducteur d’avoir bien voulu s’adresser directement aux lecteurs de notre blog.

 

Propos recueillis par Jonathan Goldberg

 

Truthiness – a word coined five years ago by a TV comedian

 

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Merriam-Webster.com announced in 2006 that by an overwhelming 5 to 1 majority vote, its visitors had awarded top honors to a word that comedian Stephen Colbert first introduced on "The Word" segment of his debut TV broadcast on Comedy Central back in October 2005.  

http://www.colbertnation.com/the-colbert-report-videos/24039/october-17-2005/the-word—truthiness

 “As expected, there were a few surprises in store for us as we pored through your submissions for our first Word of the Year online survey…. Soon after, this word was chosen as the 16th annual Word of the Year by the American Dialect Society, and defined by them as "the quality of preferring concepts or facts one wishes to be true, rather than concepts or facts known to be true." ”

'Truthiness' Is Basically a Real Word Now – The AtlanticWire.com:

“This Sunday (October 17, 2010) marks the five-year anniversary of the premiere of The Colbert Report, which means it will also be five years since Stephen Colbert first looked into a camera and intoned the word truthiness." …

Though Colbert says he plucked it out of the air, trying to find "a silly word that would feel wrong in your mouth," the term has since been accepted into the mainstream American lexicon.” 

To celebrate the fifth anniversary of Stephen Colbert’s first broadcast, in which he introduced the word “truthiness”, the New York Times linguist, Ben Zimmer, has devoted his October 17 column, “On Language” to Truthiness.

Zimmer writes:

“Truthiness already appeared in the Oxford English Dictionary under the adjective truthy. To be sure, it was exceedingly rare before 2005, but it had been recorded as a somewhat playful variant of truthfulness since the early 19th century.”

But the Oxford English Dictionary described it, prior to 2005, as “rare or dialectical, and to be defined more straightforwardly as truthfulness, faithfulness.”

Zimmer writes:

“Regardless of its pre-Colbert history, truthiness in its satirical new meaning charmed many a wordinista*. 

 “The enduring influence of truthiness has also been felt at Indiana University, where a team of information scientists has designed software to detect the propagation of political misinformation on  Twitter. The project leader, Filippo Menczer, recalled that while the team was brainstorming about a name for the research tool, one of his graduate students suggested  Truthy. “Everyone agreed it was perfect,” Menczer said. Contributors are now busy disentangling reliable political Twitter posts from those that are merely truthy.”

Truthiness now appears in the Oxford Dictionary as a legitimate, accepted word, attributed to Colbert.

Jonathan Goldberg

 

Wordinista, meaning “word police”, also appears to have been coined by Colbert, but has not acquired any popular use. To quote Colbert’s first broadcast: 

“(…) that brings us to tonight's word: truthiness.

Now I'm sure some of the Word Police, the wordanistas over at Webster's, are gonna say, "Hey, that's not a word." Well, anybody who knows me knows that I'm no fan of dictionaries or reference books. They're elitist. Constantly telling us what is or isn't true, or what did or didn't happen. Who's Britannica to tell me the Panama Canal was finished in 1914? If I wanna say it happened in 1941, that's my right. I don't trust books. They're all fact, no heart. “

Kelhorreur!

Spotted on an advertising hoarding in the Paris metro: the most extravagant mix of phoneticised French and franglais I have yet come across. It was an ad for Keljob (quel job), a recruitment agency, promising “le speed recrutement” and “des ateliers coaching” (atelier meaning workshop in French).

The number of French firms using phonetic spelling is proliferating. Alongside Keljob there is Kiloutou (qui loue tout, or who rents everything), a machinery-rental company, or Kelcoo (quel cout, or what price), a price-comparison internet service. Then there is Meetic (mythique) an online dating site, Sajoo (ça joue, or it’s playing), a web gambling site, and Amagiz (à ma guise, in my own way), an insurer. The phonetic shorthand of text-messaging in French—kdo for cadeau (present) and so forth—has certainly helped to overturn the traditional rules of the language, particularly for companies whose brand is all about upending conventions.

The intrusion of franglais into French advertising also continues apace. Examples that spring to mind include Livret BforBank, Crédit Agricole’s new online private bank, or Freebox, the digital television decoder from Free, a French telecoms firm. Many companies simply splash a slogan in English on their ads, and then translate it in small print on the bottom as is required by French law.

What makes Keljob’s ad stand out is the brazen mix of all of the above. The French have a body whose job it is to defend the purity of the French language. Article 24 of the statutes of the Académie Française state that “The principal function of the Académie is to work, with all possible care and diligence, to give clear rules to our language and to render it pure, eloquent and capable of treating arts and science.” While the académiciens toil away, the creatives of the French advertising world seem to be busy throwing out their rules with abandon.

The  Economist/Johnson blog

See also: The Death of French culture, The Economist 

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Jonathan Goldberg