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Chanson de la semaine – Ne me quitte pas

 

If you go away

 

Vidéo clips

 

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Jacques Brel                                         Barbara Streisand

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Julio Iglesias                                               Dusty Springfield

 

Paroles

 

 

Ne me quitte pas

Il faut oublier
Tout peut s'oublier
Qui s'enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le cœur du Bonheur
Ne me quitte pas (4x)

 

Moi je t'offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pas
Je creuserai la terre
Jusqu'après ma mort
Pour couvrir ton corps
D'or et de lumière
Je ferai un domaine
Où l'amour sera roi
Où l'amour sera loi
Où tu seras reine
Ne me quitte pas (5x)

 

Je t'inventerai
Des mots insensés
Que tu comprendras
Je te parlerai
De ces amants-là
Qui ont vue deux fois
Leurs cœurs s'embraser
Je te raconterai
L'histoire de ce roi
Mort de n'avoir pas
Pu te rencontrer
Ne me quitte pas (4x)

 

On a vu souvent
Rejaillir le feu
De l'ancien volcan
Qu'on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu'un meilleur avril
Et quand vient le soir
Pour qu'un ciel flamboie
Le rouge et le noir
Ne s'épousent-ils pas
Ne me quitte pas (5x)

 

Je ne vais plus pleurer
Je ne vais plus parler
Je me cacherai là
A te regarder
Danser et sourire
Et à t'écouter 
Chanter et puis rire
Laisse-moi devenir
L'ombre de ton ombre
L'ombre de ta main
L'ombre de ton chien
Ne me quitte pas (4x)

If you go away

If you go away 
on this summer day,
Then you might as well take the sun away;
All the birds that flew in the summer sky,
When our love was new and our hearts were high;
When the day was young and the night was long,
And the moon stood still for the night bird's song.
If you go away, if you go away, if you go away.

But if you stay, I'll make you a day
Like no day has been, or will be again;
We'll sail the sun, we'll ride on the rain,
We'll talk to the trees and worship the wind.
Then if you go, I'll understand,
Leave me just enough love to fill up my hand,
If you go away, if you go away, if you go away.

If I thought it might have kept me by your side.
If you go away, if you go away, if you go away.

 

If you go, as I know you will, you must tell the world to stop turning
Till you return again, if you ever do, for what good is love without loving you,
Can I tell you now, as you turn to go, I'll be dying slowly till the next hello,
If you go away, if you go away, if you go away.

 

But if you stay, I'll make you a night
Like no night has been, or will be again.
I'll sail on your smile, I'll ride on your touch,
I'll talk to your eyes that I love so much.
But if you go, go, I won't cry,
Though the good is gone from the word goodbye,
If you go away, if you go away, if you go away.

If you go away, as I know you must,
There'll be nothing left in this world to trust,
Just an empty room, full of empty space,
Like the empty look I see on your face.
I'd have been the shadow of your shadow

Références:

Ne me quitte pas –Wikipédia (français)

Ne me quitte pas –Wikipedia (anglais)

 

 

À la une – centenaire du vol de La Joconde

 

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Le rire 
par Eugène Bataille (Sapeck), 1883

 

Il y a un siècle, le 21 août 1911, la Joconde était volée au Louvre.

Le journal LePoint.fr est revenu sur cet événement historique (lien).

Pour sa part, le blog “20th Century History”, dans un article intitulé « The Mona Lisa Was Stolen!”,  cite l’affirmation du directeur du Louvre, Théophile Homolle, faite un an avant le vol :

« Voler Mona Lisa ? C’est comme penser que quelqu’un puisse voler la tour de la cathédrale Notre-Dame. »

Le site DIFFUZART offert un glossaire de termes en anglais employés, avec des explications en français,  dans le domaine de l’art et plus particulièrement en peinture décorative (lien).

 

À lire :

 

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Une femme disparaît « : le vol de la Joconde au Louvre en 1911 »par Jérôme Coignard

The Thefts of the Mona Lisa : on stealing the world’s most famous painting, Noah Charney, Derek Fincham, Ursa Charney

 

And you think you knew the 'Mona Lisa'New York Times, August 17, 2011 

Art theft, from the ‘Mona Lisa’ to today

The Truth about the Man Who Stole the Mona Lisa, New York Times, August 20, 2011



 

Site du Louvre sur La Jaconde (français et anglais)

 

Note linguistique:

 

La Joconde (français) = The Mona Lisa (English)

 

L’Elégance du hérisson, un commentaire

Commentaire sur la traduction anglaise
de L’Elégance du hérisson de Muriel Barbery

 

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Image003  de la plume de Nicole Dufresne, Senior Lecturer Emeritus (ancienne professeure), Department of French and Francophone Studies, University of California, Los Angeles,

Rédigé spécialement pour Le-mot-juste-en-anglais.com

 

Le lecteur qui s’aventure dans un livre traduit pénètre dans un univers de mots à l’apparence familière, mais qui représentent des signes étrangers, voire inconnus. Peut-on alors faire confiance à ce qui est traduit ?

Si le lecteur ne connaît pas la langue de départ, il devra bien accepter ce que le traducteur lui offre. Par exemple, la lecture d’un roman turc ou suédois traduit en français ou en anglais, ne me donne aucune base pour évaluer la traduction. Néanmoins, si le texte traduit se lit facilement, je le lirai comme un original, sans penser qu’il s’agit d’une traduction. Inversement, si la syntaxe semble bancale et le style maladroit, ma lecture est gâchée ; l’original même semble dévalué. Mon intuition me dira d’abord que la traduction doit être incorrecte, puis une question s’insinuera : la faute en serait-elle plutôt à l’original ?

S’agissant d’un texte dont le lecteur connaît la langue de départ, l’évaluation est plus facile, quoique  la lecture se complique par le fait que le lecteur cherche constamment à retrouver l’original dans la traduction.

Prenons pour exemple le roman de Muriel Barbery, L’élégance du hérisson. Je l’ai lu en français, puis récemment en anglais traduit par Alison Anderson.  Le titre anglais, The Elegance of the Hedgehog, simplement calqué sur l’original en garde tout le mystère.  J’ai choisi quelques citations pour illustrer certains aspects de cette traduction concernant des expressions culturelles, des références politiques et intellectuelles, le style et la syntaxe. (Les numéros de pages des citations correspondent aux deux éditions indiquées à la fin du commentaire.)

 Tout d’abord, la traductrice, Alison Anderson,  choisit souvent de garder les termes français  préservant ainsi une référence culturelle facilement compréhensible au lecteur avisé– hôtel particulier, pot-au-feu et cassoulet, restent donc en français dans la traduction.  Les références culinaires sont nombreuses et bien rendues. Elaborations pâtissières est ainsi « traduit » par haute pâtisserie,  clin d’œil amusant à la haute cuisine.  Par contre, cochonnaille et macaronis au beurre (17) deviennent macaroni and butter and pork  from the delicatessen, ce qui donne une fausse idée de ce que signifient ces deux expressions en français. Les macaronis au beurre sont une aberration dans la cuisine française, contrairement aux « pâtes cuisinées », c’est une victuaille de pauvre que l’on mange quand il n’y a rien d’autre à la fin du mois. « Plain macaroni » semblerait une modulation plus juste. La cochonnaille, par contre,  évoque la charcuterie campagnarde, goûteuse et grasse.   Pourquoi n’avoir pas utilisé le mot « charcuterie » bien connu du foodie américain ?  Pork from the delicatessen est une adaptation qui trahit la culture originale.

La tâche se complique lorsqu’il s’agit de références politiques  complètement étrangères à la culture anglo-saxonne : Mon père est député après avoir été ministre et il finira sans doute au perchoir, à vider la cave de l’hôtel de Lassay (20). La culture politique française s’avère intraduisible.  Le perchoir, ce bâton de bois où se perchent les poules dans leur poulailler, est ici le bureau du président de l’assemblée nationale et l’Hôtel de Lassay est la résidence dudit président. Cette phrase a dû poser un véritable dilemme d’adaptation à la traductrice. My father is a parliamentarian and before that he was a minister ; no doubt he’ll end up in the top spot, emptying out the wine cellar of the residence at the Hotel de Lassay  (23). La traduction garde le cynisme de l’original – le politicien une fois arrivé au « top spot » s’intéressant davantage aux bons vins à sa disposition dans la cave qu’à faire passer des lois – mais elle reste cryptique. Quel lecteur anglophone connaîtra l’hôtel de Lassay ? Aurait-il fallu préférer « the residence of the president of parliament » ? 

Considérons à présent le statut social de la concierge et le regard de la bourgeoisie sur la classe ouvrière.  Mme Michel correspond bien à ce que la croyance sociale a aggloméré en paradigme de la concierge d’immeuble (15) -  what social prejudice has collectively construed to be a typical French concierge (19).  L’addition de « typical French  » est nécessaire et indique bien au lecteur anglophone qu’il s’agit d’une spécificité française et non d’un concierge d’un grand magasin.  Renée Michel est en effet concierge d’une résidence de grand standing (16) – concierge of a very high-class sort of building (20). Aux yeux des résidents de l’immeuble, la vie de la concierge se cantonne à sa loge, cet espace mi-public où ils peuvent quelquefois entrer. Lieu si ancré dans la culture française (quoiqu’aujourd’hui il ait pratiquement disparu), la loge de concierge n’a pas d’équivalent en anglais.  Puisque Mme Michel vit vraiment dans son antre, la pièce du fond, la traductrice a choisi de traduire loge  par front room, en opposition au hideaway, the back room (21).

Mme Michel se décrit elle-même selon les normes de la concierge ordinaire pour bien montrer qu’elle connaît sa place dans l’univers de l’immeuble.  Je n’ai pas fait d’études (15)  nous annonce-t-elle.  I did not go to college (19)  est un bon exemple de transfert culturel.  Je crains d’être un peu …sauvage, dit-elle à Kakuro Ozu, le nouveau résident de l’immeuble qui devient son ami. Une sauvage très civilisée, répond-il (283).  I’m afraid I might be something of a noble savage, reads the English. A very civilized noble savage. (225).  La traduction s’écarte ici de l’original : sauvage signifiant dans ce cas solitaire, isolé, antisocial, non pas le noble sauvage de Rousseau.

Grâce à Renée, cette aristocrate de la langue qui doit sans cesse faire l’ignorante devant les résidents bourgeois, nous sentons bien le rôle majeur que la syntaxe et la grammaire jouent dans le roman. Mais c’est la perspicace Paloma, la fille du politicien, qui nous explique: la grammaire, c’est une voie d’accès à la beauté (194). Grammar is a way to attain beauty (158). La grammaire n’est pas un simple outil qui évite de faire des grosses fautes (« j’aurais bien venu chez vous plus tôt mais j’ai prenu la mauvaise route »)… (« I would of came to the party earlier but I tooked the wrong road »). En français, l’erreur d’auxiliaire (j’aurais venu) est  relativement courante, mais l’anglais (I would of came) est un non-sens implausible, ce qui  prouve que les fautes de grammaire  passent mal d’une langue à l’autre.

Par ailleurs, une phrase peut créer tout un monde de sérénité: Je prépare un café  que nous ne boirons pas mais des effluves duquel nous raffolons toutes deux et nous sirotons en silence une tasse de thé vert en grignotant nos tuiles. (30)  La phrase élabore subtilement de part sa construction l’atmosphère quasi rituelle de cette pause proustienne dans la journée de deux femmes, la concierge et Manuela, la femme de ménage, que d’autres jugent vulgaires. La phrase anglaise, quoiqu’élégante grammaticalement,  reste prosaïque et manque à traduire le moment de grâce vécu : I make coffee that we shall not drink, but its wafting odor delights us both, and in silence we sip a cup of green tea as we nibble on our tuiles. (32)

La langue, c’est aussi l’expression de l’humour. Le moment le plus drôle nous vient ainsi de Manuela. S’agissant de nommer une invention de la culture britannique, Renée suggère l’habeas corpus et on rit sans moquerie car Manuela a entendu  « la basse portouce » (336), une expression farfelue au délicieux accent portugais. La traduction « baby porpoise », s’efforçant de donner un sens à cette concoction linguistique qui n’en a pas, ne donne pas l’équivalence de l’humour original.

Finalement une longue phrase résume les méandres de la pensée de Renée. Voici la situation : moi Renée, cinquante-quatre ans et des oignons aux pieds, née dans la fange et destinée à y demeurer, me rendant à diner chez un riche Japonais dont je suis la concierge pour la seule faute d’avoir sursauté à une citation de Anna Karénine, moi , Renée, intimidée et effrayée jusqu’en ma plus intime moelle et conscience à m’en évanouir de l’inconvenance et du caractère blasphématoire de ma présence en ce lieu qui, bien que spatialement accessible, n’en signifie pas moins un monde auquel je n’appartiens pas et qui se garde des concierges…(247)

 L’anglais doit couper la phrase et changer la ponctuation, mais pour éviter de couper le rythme du monologue intérieur et pour maintenir l’équilibre de la phrase, la traductrice doit faire une modulation.  En français, le soliloque s’articule sur le pronom  « moi », un moi confessionnel répondant à ses propres accusations; en anglais, la phrase s’organise autour de l’adverbe « here ». Here am I  change donc la catégorie de pensée centrée sur le moi en insistant sur la seule position sociale. Ce qui donne : This is the situation : here am I, Renée, fifty-four years of age, with bunions on my feet, born in a bog and bound to remain there ; here am I going to dinner at the home of a wealthy Japanese man – whose concierge I happen to be – solely because I was startled  by a quotation from « Anna Karenina ; here am I, Renée, intimidated and frightened to my innermost core, and so accutely aware of the inappropriateness and blasphemous nature of my presence here that I could faint – here, in this place which, although it may be physically accessible to the likes of me, is nevertheless representative of a world to which I do not belong, a world that wants nothing to do with concierges… (198) – A translation  tour de force. 

 L’Elégance du hérisson est élégamment traduit, fidèle à l’original de part la langue, la structure et les idées. Cependant, comme dans tous les textes culturels, certains transferts restent impossibles sans adaptation – c’est le propre du hérisson  de résister au passage.
~~~~~~~~~~~~~~~~~

Barbery, Muriel. L’élégance du hérisson. Gallimard Folio, 2006.

Barbery, Muriel. The Elegance of the Hedgehog , translated Alison Anderson. Europa Editions, 2008.

A la une – des émeutes au Royaume-Uni

 

Glossaire

 

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agitation

agitation, troubles

arson, incendiarism, torching, setting fire

incendie volontaire ou criminel, torche

anarchy

anarchie

assault 

attentat

attack, onslaught

attaque

battery

coups et blessures

beating 

affrontements

bedlam

chahut

brawl, fight, scuffle

rixe

burglarizing, burglary

cambriolage

chaos, ruckus

chaos, remue-ménage

clashes, confrontations

affrontements

clubbing

à coups de massue

commotion, din, uproar

fracas, tapage

crimes

crimes

defacement

défiguration

destruction

destruction

disturbance, turmoil

chambardement

fighting

combat, bagarre

fire-bombs

bombes incendiaires

fires

incendies

hooligan, yob, thug

vandale, voyou

free-for-all

pagaille, rixe,

mêlée, bagarre

injuries

blessures

lawlessness, disorder

anarchie

loot

butin

 

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looting, pillaging,
sacking, trashing

pillage, saccage

marauding

en maraude

mayhem 

désordre, grabuge

mob

foule, populace

mugging

agression

uproar, tumult

tumulte

pandemonium

tohubohu, charivari

 plunder

pillage

pyromania

pyromanie

ravaging, sacking

saccage

ruination, wrecking

ruine

rriots, rioting

émeutes, bagarres

obbery

brigandage, braquage

rowdiness, rumpus, racket

chahut

ruckus

grabuge

shambles

pagaille

shooting

fusillade, coups de feu

smash and grab

cambriolage

smashing

bris

trash

déchets, ordures

unrest

agitation, troubles,
embrasement

vandalism

vandalisme

violence

violence

 

 

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La garde prétorienne                                         mob                   

Ochlocracy

government by the mob,  mob rule
Greek & Middle French; Middle French ochlocratie, from Greek ochlokratia, fromochlos mob + -kratia -cracy
First Known Use: 1584

Merriam Webster Online Dictionary

« [A] term coined in ancient Roman times, when grain prices or a celebrity murder could spark a riot. The Roman emperors’ Praetorian Guard used cavalry and swords against stone-throwers. Their latter-day counterparts (human and equine) are better protected, with goggles, shields and other kit made of lightweight, flame-resistant, unshatterable and stab-proof materials.”

The Economist, August 13, 2011

 

  

Google rend hommage au mathématicien français Pierre de Fermat

Fermat

Pierre de Fermat


Le logo de Google ("Google doodle*") remplacé par un tableau couvert de symboles pour rendre hommage au mathématicien français Pierre de Fermat. Pierre_de_fermat-2011-hp (1)

Google doodle*, le 17 aout 2011

Pierre de Fermat, né dans la première décennie du XVIIe siècle, à Beaumont-de-Lomagne, près de Montauban, et mort le 12 janvier 1665 à Castres, est un juriste et mathématicien français, surnommé « le prince des amateurs ». Il est en même temps un habile helléniste. Il s’est aussi intéressé aux sciences physiques ; on lui doit notamment le Principe de Fermat en optique. Son père, Dominique Fermat, était un marchand aisé de Beaumont, doué en calcul. Ce bourgeois et second consul de la ville est connu comme marchand de cuir (et autres denrées) ; il s’est marié successivement à Françoise Cazeneuve, fille d’un marchand aisé (et ce jusqu’en 1603 au moins), puis à Claire de Long, fille du seigneur Clément de Long de Barrès (et ce avant 1607). On ne sait cependant laquelle de ces deux femmes fut la mère du mathématicien. Plusieurs actes témoignent de la naissance d’un enfant Fermat du nom de Pierre, l’un baptisé le 31 octobre 1605, l’autre durant l’année 1608 La maison où est né le mathématicien, et qui abrite de nos jours l’office de tourisme, est une maison familiale sur laquelle il n’y a pas de doute car elle fut occupée, de 1577 à 1707, par quatre générations de Fermat. Pour autant, on ne sait pas davantage où Pierre de Fermat a effectué ses études primaires. Par la suite, il fait des études à Toulouse et de droit à Orléans.

Source: Linformatique.org

* doodle (substantive) : griffonnage, gribouillage ; (verbe) : griffonner, gribouiller Why Pierre de Fermat is the patron saint of unfinished business, Christian Science Monitor, August 17, 2010

Le film de la semaine : Le nom des gens (The Names of Love) – 2010

 

  Image001© Métropole Films Distribution

 

SYNOPSIS

Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie, se fait une haute idée de l'engagement politique puisqu'elle n'hésite pas à coucher avec ses ennemis pour les convertir à sa cause – ce qui peut faire beaucoup de monde vu qu'en gros, tous les gens de droite sont ses ennemis. En règle générale, elle obtient de bons résultats. Jusqu'au jour où elle rencontre Arthur Martin – comme celui des cuisines – quadragénaire discret, adepte du risque zéro. Elle se dit qu'avec un nom pareil, il est forcément un peu facho. Mais les noms sont fourbes et les apparences trompeuses… Césars 2011 du meilleur scénario original et meilleure actrice (Sara Forestier).

 

Bande annonce


 

 

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Sarah Forestier                                   Jacques Gamblin

 

Revues

A Love Affair of Sorts, Los Angeles Times (lien)

The Names of Love (2010), The New York Times, 23 juin 2011 (lien)

Le Nom des gens, Wikipédia (français) (lien)

Des traducteurs sont-ils des luddistes ?

Image001 L’article suivant (« Are Translators Luddites? »)  est écrit par John Milan john@gypsytranslations.com;, traducteur portuguais/espagnol – anglais, certifié par l’American Translators Association. M. Milan nous a donné son consentement pour publier son article.

Notre collaboratrice fidèle, Françoise Pinteaux-Jones, a bien voulu traduire le préambule en français.

 

 

 

One night, in 1811, a group of men from a village just north of Nottingham, England, gathered outside of a shop and made a collective decision: they were going to destroy the machines that were threatening their livelihood and way of life. As they burst into a room filled with a half dozen weaving machines, they imagined a future in which their actions might be the first step in turning the tide against a rising industrial revolution. They smashed the equipment. Then they ran off into the night, pleased with their deed, and emboldened by the thought that if enough people reacted in a similar way, these devices might be put into its proper place: subservient to men, rather than supplanting them.

 

The group claimed inspiration from a man they called “Captain Ludd” or “King Ludd” – a reference to Ned Ludd, a weaver from the region who had allegedly stood up to mistreatment a few decades earlier by destroying a pair of knitting frames. Their movement, though apolitical and at times disorganized, became known as the Luddites. For years they managed to wreak havoc throughout England. Their stated objective was to prevent “all machinery hurtful to commonality”, which meant, as a group of Luddites explained in a letter in 1812, not all machines or all technology; only that which could do harm to the common good.

 

 

They lived in a time of great social upheaval and economic distress. Their movement was about much more than technology, one of many factors enabling a revolution that was changing traditional ways of life and creating societal gaps. It was about growing inequality, poor working conditions, and the belief that their world was changing for the worse. But at the same time, technology was the most tangible of these factors, and as such, one that the average man could directly attack and hope to affect to some measure.

 

 

Fast forward to 2011. This “Luddite Bicentennial” seems a good opportunity for language-service professionals in general – and translators in particular – to pause and to take stock of their own modern technological reality. This is likewise a time of upheaval, with advances in artificial intelligence, software, and means of communication that threaten the way in which language services have been, and are being, rendered.

 

Le groupe d’hommes d’un village voisin de Nottingham, Angleterre, qui s’étaient retrouvés, cette nuit de 1811, aux abords d’un atelier prit la décision collective de détruire les machines qui menaçaient leur subsistance et leur mode de vie. Tandis qu’ils se précipitaient dans la pièce occupée par une demi-douzaine de métiers à tisser, ils imaginaient un avenir dans lequel leur action pourrait être le premier pas d’une marche-arrière de la révolution industrielle. Ils brisèrent le matériel puis disparurent dans la nuit, contents de leur haut-fait et excités à la pensée que si assez de gens réagissaient comme eux, ces mécaniques pourraient être remises à leur place : au service de l’homme plutôt qu’à son remplacement.

 

Le groupe tirait son inspiration d’un homme qu’ils appelaient le « Capitaine Ludd » ou « le roi Ludd » – une référence à Ned Ludd, un tisserand de la région qui avait, disait-on, bravé les mauvais traitements, quelques décades plus tôt pour avoir détruit une paire de tricoteuses (mécaniques s’entend). Leur mouvement, bien qu’apolitique et parfois désorganisé, se ferait un nom, celui de luddite. Pendant des années ils réussirent à causer des dégâts dans toute l’Angleterre. Ils se donnaient pour but d’empêcher « toute machinerie préjudiciable au bien commun », ce qui signifiait, comme l’expliquait dans une lettre de 1812 un groupe de luddites, non pas toutes les machines ou toute la technique ; seulement ce qui nuirait au bien commun.

 

Ils vivaient une époque de bouleversement social et de détresse économique considérables. Leur mouvement avait d’autres visées que le progrès technique, un parmi tant d’autres facteurs porteurs d’une révolution qui changeait les modes de vie traditionnels et creusait les écarts dans la société. Il se souciait de l’inégalité croissante, des mauvaises conditions de travail et avait le sens que leur monde allait de mal en pis. Il n’en restait pas moins que le progrès technique était le plus tangible de ces facteurs et en tant que tel, celui auquel l’individu moyen pouvait s’attaquer directement avec l’espoir d’influer dessus, au moins un peu.

 

Sautons deux siècles pour rejoindre 2011. Le bicentenaire du luddisme semble le moment opportun, pour les professionnels de la langue en général – et les traducteurs en particulier – de faire le point sur les réalités de leur propre modernité technologique. L’heure est aussi au bouleversement avec les progrès de l’intelligence artificielle, des logiciels et de moyens de communication qui menacent la façon dont les services linguistiques furent et sont encore rendus

 

 

Suite de l'article en anglais

 

New technologies seem to appear every day, such as the telephone software system that interprets in real time, or the application that can be downloaded onto a smart phone and uses the phone’s camera to provide a rough translation of simple text almost instantaneously. And of course, there is Google Translate, a free online service with enough capital and intellectual power behind it to make even the most stalwart of translators tremble.

 

Translation and interpreting are among the world’s oldest professions. They have been conducted in a fashion that varied little from generation to generation. From the solitary scribe toiling away over barely legible sacred texts to the bilingual envoy charged with delivering news that might very well result in his own demise, skilled polyglots were a limited bunch whose ability to do their job depended upon studying, memorizing, and faithfully reproducing communications among distinct groups. Yet now, with a few keystrokes on a laptop, or a camera phone with the right application, translation and interpreting are truly at the fingertips

of the masses. No longer must the monolingual wonder in a mixture of fear, distrust, and amazement about what “foreigners” are saying or thinking. With the technology now at their disposal, people are able to read and to hear and to gain a basic understanding of what is being said and written in another language. This is a major breakthrough.

 

For those in language services, it is an essential point to keep in mind, because while rightfully concerned about quality and accuracy, translators and interpreters are not terribly representative of the population at large. They may quibble over the right word, tone, or register, but these are the details, the trees in the forest, and not the larger communication picture. Despite their best intentions, “good enough” translations may often be just that: good enough for the purposes in question3. Far from perfect, with mistakes here and there, but they get the job done. Which raises the question: What, if anything, should translators and interpreters do?

 

Like the Luddites of the early 19th century, today’s language professionals face forces beyond their control, and with certain technologies, beyond their comprehension. Translation and interpreting technology is a small part of a much larger revolution in the way in which people communicate, do business, and interact on a global scale. It provides a means to an end: to understand what is going on in another part of the world, or to communicate with someone when a common language is not shared. This technology exists because it solves a problem in a useful way. Most people do not competently speak multiple languages and may not have the means, desire, or wherewithal to develop these skills. Thus, it is much easier for them to rely on imperfect technological solutions, which will continue to be developed and to improve. As more people become aware of and familiar with these technologies, they will adopt them and begin using them in novel ways, not just for chatting online or understanding a menu while on vacation, but eventually to make legal decisions and to conduct business.

 

This reality is quickly approaching, and language-service professionals need to prepare. How will they face this future? Will they recognize that technology has indeed changed the industry, and they will have to adapt their business models accordingly? Or will they seek to organize in the night and make plans to break the machines of the 21st century? There are, of course, plenty of possibilities in between; but the point is – the future for language services is now; and the sooner this future is embraced, the sooner translators and interpreters will be able to determine their roles in it.

————————————-

Définition du Luddisme du "Lexique d'Histoire et de Civilisation Britanniques"
(Philippe CHASSAIGNE, édition ellipses) :

Mouvement d'hostilité au machinisme, particulièrement actif dans le sud du Yorkshire entre 1811 et 1816. Il se caractérisait par des émeutes d’ouvriers, brisant les machines (surtout des métiers à tisser) qu’ils rendaient responsables du chômage. Leur meneur était un dénommé Ned Ludd, personnage probablement plus mythique que réel, qui aurait installe ses quartiers dans la forêt de Sherwood. Il y eut deux principaux accès de fièvre luddiste, en 1811-1813 (crise due au Blocus continental) et en 1816 (passage difficile a l’économie de paix après les French Wars.)

 

400e anniversaire de la première parution de « La Bible du Roi Jacques »

par Maria Cochraine, notre invitée

Capture d’écran 2011-08-07 à 11.52.18 Maria, américaine, enseigne le français et la logique dans une école secondaire classique chrétienne (Summit Christian Academy) à Yorktown, en Virginie. Elle est également très présente sur son blog : http://feedonhim.wordpress.com

 

 

Aux États-Unis, la notion de « Séparation de l’Église et de l’État » fait presque partie de notre ADN. Cette expression, utilisée pour la première fois par le troisième président américain, Thomas Jefferson, va de pair avec le Premier Amendement de la Constitution Américaine qui interdit au Congrès d'interférer dans le domaine des religions. Depuis les années 1960, le durcissement du système judiciaire américain a profondément modifié l'éducation à l'école publique. Actuellement, toute allusion à la Bible y est très mal perçue. Des générations de jeunes Américains ont donc récemment grandi sans aucune culture biblique. La Bible avait pourtant une très forte influence sur le milieu scolaire auparavant, et ce, depuis la traduction de la Bible « King James » (« Le Roi Jacques ») en anglais. En effet, tout au long de ces quatre cents dernières années, ce chef-d’œuvre épique a fortement influencé la littérature de langue anglaise.

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« La Bible du Roi Jacques » (« King James Version », souvent abrégé KJV en V.O.), un ouvrage paru pour la première fois en 1611, est une traduction de la Bible en anglais, réalisée sous le règne de Jacques Ier d'Angleterre. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bible_du_roi_Jacques) Cette année, on célèbre donc le 400e anniversaire de sa parution.

Il faut savoir que l'ouvrage de 1611 n’était pas une première traduction. En effet, William Tyndale (1494–1536) avait déjà relevé ce défi linguistique, traduisant la Bible originelle du grec vers l'anglais, payant de sa vie le sacrilège d'avoir traduit un texte sacré : il mourut étranglé et brûlé. Malgré son supplice, peu d'années s'écoulèrent avant qu'une version anglaise de la Bible soit acceptée par l’Église Anglicane (c'est-à-dire par le Roi Henri VIII) et commence à se répandre : il s'agissait de La Bible des Évêques (moins calviniste qu’une traduction de la Bible de Genève).

Deux générations plus tard, un comité de quarante-sept érudits se réunit pour entreprendre une nouvelle traduction qui donna naissance à la célèbre « King James Version ». En réalité, aucune nouvelle traduction des langues d'origine ne fut alors entreprise. Les membres du comité se contentèrent de lire la Bible des Évêques et de la comparer aux traductions française, italienne ou autre pour en vérifier le sens exact. À peine prêtèrent-ils attention au style littéraire. Pourtant, quatre cents ans plus tard, cette même Bible (KJV), autorisée par le Roi Jacques Ier, a de profondes répercussions sur la langue anglaise d'aujourd'hui.

En effet, l'œuvre de William Shakespeare (1564 ?–1616) et la Bible KJV ont considérablement influencé la langue et la littérature anglaises. Jusque dans les années 1970, les élèves américains connaissaient la Bible, même s'ils n'étaient pas issus d'une famille croyante. Ils avaient des bases solides en littérature, biblique ou non. Cependant, depuis que la nation américaine est devenue une société multiculturelle et laïque, la culture littéraire s'est appauvrie au sein du système scolaire. Les professeurs ne font pas toujours le lien entre certaines expressions actuelles et leur source historique. Les jeunes américains quittent l’école sans aucune connaissance de la Bible. Pourtant, l'influence biblique est présente dans les littératures américaine, anglaise, mais aussi dans toutes les littératures occidentales. Je me souviens d'un professeur de français, que j'ai rencontrée dans les années 1990, qui se désolait du manque de culture biblique de ses élèves ; n'ayant jamais étudié la Bible, ceux-ci ne comprenaient pas les références qui y étaient faites dans la littérature française.

Alors, peut-être croyez-vous qu'il nous reste l’influence de Shakespeare ? Eh bien non ! Dans un monde toujours plus twitterisé, les jeunes ne se concentrent jamais très longtemps, et les adeptes de la lecture sont — hélas ! — chaque jour moins nombreux. 

Vous trouverez ci-dessous un échantillon des plus de deux cent cinquante-sept expressions figées de la langue anglaise, provenant de la Bible KJV. Traduction française de « La Bible du Semeur ».  

 

Gird your loins

ayez autour de la taille la vérité pour ceinture, Éph 6 :14

White sepulchres

ces tombeaux crépis de blanc, Matt 23 :27

Feet of clay

les pieds en argile, Dan 2 :33

Land of milk and honey

un pays ruisselant de lait et de miel, Exod 3 :8

Reap what you sow

ceux qui sèment le malheur en moissonnent les fruits, Job 4 :8

3 score and 10 years

le temps de notre vie ? C'est soixante-dix ans, au mieux: (3 vingtaines et 10 ans) Ps 90:10

A house divided against itself cannot stand

aucune ville, aucune famille divisée ne peut subsister, Matt 12 :25

Sharper than a two-edged sword

elle est plus tranchante que toute épée à double tranchant, Héb 4 :12

A soft answer turns away wrath

une réponse douce apaise la colère, Prov 15 :1

Am I my brother’s keeper

suis-je le gardien de mon frère ? Gen 4 :9

An eye for an eye and a tooth for a tooth

œil pour œil, dent pour dent, Exode 21.24

Go the extra mile

(et si quelqu'un te réquisitionne pour porter un fardeau sur un kilomètre), porte-le sur deux kilomètres avec lui. Matt 5 :41

Fire and brimstone

une pluie de soufre enflammé par un feu qui venait du ciel, Gen 19 :24

Heart’s desire

les vœux de ton cœur Ps 37:4

A law unto themselves

ils se tiennent lieu de loi à eux-mêmes, Rom 2 :14

Letter of the law

la lettre de la loi, Rom 2 :29

Man does not live by bread alone

l’homme ne vit pas seulement de pain, Ex 8 :3

Put words in one’s mouth

j’ai mis mes paroles dans ta bouche, Ésa 51:16

Sources :

How the King James Bible shaped the English language
The King James Bible turns 400 next year, and even in multicultural, secular modern Britain its influence is still profound
Robert McCrum, The Observor, 21 November, 2010

La Bible « King James » fête ses 400 ans, Christianisme Aujourd’hui

Un exemplaire de la Bible King James vieille de 400 ans vendue aux enchères

Dans la nouvelle traduction de la Bible, Marie n'est plus vierge

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Film de la semaine : Potiche

Note linguistique de la plume de Céline Graciet, notre écrivain invitée. 

Cette revue a été orignellement publiée sur le blog de Céline, Naked Translations  

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Le week-end dernier, je suis allée voir « Potiche”. Dès le titre, j'ai eu une pensée émue pour la personne chargée des sous-titres. En effet, dans son sens imagé, le mot « potiche » n'a pas d'équivalent en anglais.

 

Que faire en l'absence d'un mot capturant ce concept de personne, femme ou homme, à la fonction purement décorative et ne détenant aucun pouvoir ? Sur l'affiche du film, il a été traduit par trophy wife, expression qui décrit une femme belle et jeune qu'un homme souvent plus vieux parade pour démontrer son pouvoir et sa richesse et qui, comble de l'ironie, n'a pas vraiment d'équivalent en français. On trouve bien « femme trophée » sur l'Internet, mais cette expression est trop proche de l'anglais pour ne pas être un calque, et je ne pense pas qu'elle soit couramment utilisée. Entre parenthèses, je pense que ce problème de traduction est reflété par le fait que les sous-titres utilisent trophy housewife. Peut-on y voir un choix visant à mieux capturer l'essence du personnage de la femme au foyer délaissée ? D'ailleurs, le trophy wife de l'affiche ne cadre pas vraiment avec la photo d'une femme entre deux âges portant un survêtement.

Revenons à nos moutons : dans une telle situation, trophy housewife n'est pas la pire des solutions. Elle a le défaut d'ajouter une idée d'apparat et de prestige qui vient presque contredire le sens de « potiche », mais on retrouve bien le concept de femme sans réel pouvoir. J'ai particulièrement apprécié la traduction de la réplique suivante, prononcée par le mari alors qu'il assiste à victoire de son épouse aux élections locales :

– C’est peut-être une potiche, mais c’est pas une cruche.
– She might be a trophy, but she’s not on the shelf.

Une traduction littérale donnerait : C'est peut-être un trophée, mais elle n'est pas sur l'étagère (to be on the shelf, qui signifie littéralement « être sur l'étagère », désigne quelqu'un qui est mis de côté, qui tombe dans l'oubli)

 

Pas mal, non ?

 


 

 

 

Voir aussi : Potiche, official site