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Chanson de la semaine –
The green, green grass of home

The Green, green grass of home –
Le toit de ma maison

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Elvis Presley         Nana Mouskouri
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Joan Baez Tom Jones

                               Paroles

Le toit de ma maison

The Green, green grass of home

 Ce long voyage est fini
 Je me retrouve au pays
 D'un pas léger je prends la route qui

 mène chez moi

 J'avais peur que tout me soit  étranger
 Mais rien ne semble changé
 C'est bon de voir le toit de sa maison

 Dans notre jardin tout est fleuri
 Et te voilà qui souris
 C'est bon de voir le toit de sa maison

 Les murs n'ont pas vieilli
 La maison se rit du temps
 Et le vieux chêne a mis son habit de  printemps

 J'avais peur que tout me soit  étranger
 Mais rien ne semble changé
 C'est bon de voir le toit de sa maison

 Je m'éveille soudain
 Entre quatre murs tout gris
 Dans le petit matin mon rêve s'est  enfui

Il faudra demain par le premier train
Que je me mette en chemin
Afin d'ouvrir la grille de ma maison

Je sais qu'au jardin tout est fleuri
Toi tu es là et qui souris
Demain je voix rentrer à la maison

 

 The old home town looks the same as I  step down from the train,
 and there to meet me is my Mama and my  Papa.
 Down the road I look and there runs Mary,  hair of gold and lips like cherries.
 It's good to touch the green, green grass  of home.
 Yes, they'll all come to meet me, arms  reaching, smiling sweetly.
 It's good to touch the green, green, grass  of home.
 The old house is still standing, though the  paint is cracked and dry,
 and there's that old oak tree that I used to  play on.

 Down the lane I walk with my sweet Mary,  hair of gold and lips like cherries.
 It's good to touch the green, green grass  of home.

 Yes, they'll all come to meet me, arms  reaching, smiling sweetly.
 It's good to touch the green, green grass  of home.

 Then I awake and look around me, at the  four grey walls that surround me
 and I realize, I was only dreaming.
 For there's a guard and there's a sad old  padre –
 arm in arm we'll walk at daybreak.
 Again I’ll touch the green, green grass of  home.
 Yes, they'll all come to see me in the  shade of an old, old oak tree
 as they lay me ‘neath the green, green  grass of home. 

 

 

Photos

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The Pleasures and Perils of Creative Translation, commentaire sur commentaire

 

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Le Britannique James Campbell est l’auteur de livres dont les sujets vont de son Écosse natale à la prison en passant par James Baldwin et autres exilés à Paris et le jazz. Il a écrit, entre autres «
Exiled in Paris: Richard Wright, James Baldwin, Samuel Beckett, and Others on the Left Bank ». Après avoir été rédacteur en chef pour la New Edinburgh Review, il écrit aujourd’hui pour le prestigieux Times Literary Supplement.

 

Françoise de la Plume est une traductrice professionnelle, diplômée en littérature française, née en France, vivant en Angleterre depuis de longues années. Imprégnée des deux cultures, elle est adepte du grand écart linguistique.

 

Le 9 juin, l’auteur Britannique James Campbell publiait dans le New York Times un essai intitulé The Pleasures and Perils of Creative Translation (‘ Les Plaisirs et les périls d’une traduction inventive’.) 

Une récente lecture en français des romans qu’il avait lus avec fascination dans les années soixante-dix en anglais le sensibilise au rôle du traducteur. Il compare pour ses lecteurs des passages de l’original avec leurs traductions et constate les empreintes laissées partout dans le texte par leur honorable             « passeur ». Nous avons demandé à Françoise de la Plume, une de nos précieuses collaboratrices, de partager avec nos lecteurs ses réactions à cet article. Voici son commentaire.

 

Aux mêmes livres lectures diverses ou les surprises de la traduction

Commentaires sur un commentaire

 

Dans son évocation pour le New York Times, de ses premiers contacts avec la littérature française, James Campbell réveille le monde endormi dans lequel il lisait les romans de Cocteau et de Camus (le même où je découvrais, à la même époque, D.H. Lawrence et Orwell). Un monde où l’Angleterre était encore industrielle et insulaire et où nos pays étaient si isolés l’un de l’autre que les mœurs de chacun paraissaient franchement exotiques à l’autre pour ne pas dire suspectes : ce que les uns appelaient (comme si l’anglais n’en avait même pas le concept) « risqué » et les autres « osé »

À le lire, je n’ai pu résister à réécouter ce tube élégiaque de l’époque : 


 

Mais, foin de nostalgie, quelle ne fut pas la surprise de notre auteur devant le dépaysement, dont il a souvenir si vif, qu’il éprouva en relisant tout simplement les œuvres qui avaient enchanté sa jeunesse… dans leur langue. Dans le cas de l’Étranger de Camus, la libre interprétation du traducteur, bouscule les données psychologiques. Dans le cas des "Enfants Terribles" de Cocteau, le ton, les rythmes de Cocteau n’ont pas semblé mériter le moindre écho. « Ce que j’avais lu, constate Campbell, c’était les romans anglais de Gilbert et Lehmann à partir d’une idée originale » de Camus et Cocteau respectivement.

Cette conclusion me rappelle ma lecture sidérée de Iron in the Soul (La mort dans l’âme, J-P. Sartre) quelques années après mon installation en Angleterre : il m’était impossible de croire à ces conversations (qui, à en juger par notre article, ont du nourrir bien des discussions dans les Union bars), tant leur langue ampoulée était méconnaissable… on était bien loin du café de Flore ! C’est qu’en effet les traducteurs se sont crus obligés, du moins à une certaine époque, de rendre le texte familier au lecteur cible. On est allé jusqu’à justifier la traduction du français, dans lequel les personnages de Tolstoï s’expriment à l’occasion, effaçant d’un coup une importante dimension socioculturelle, simplement pour ne pas déranger le lecteur anglais que froisse les langues étrangères… il ne faut pas décourager les bonnes volontés : les Anglais lisent déjà si peu de traductions…

Campbell exprime joliment le dilemme de « la fidélité des traducteurs aux œuvres qu’ils sont chargés de passer en contrebande » et s’interroge à bon escient sur ce que « les académiciens suédois primaient exactement en récompensant Gao Xingjang avec le prix Nobel 2000 ». Ce qui me fait réaliser avec une sorte de vertige que le Kafka que j’ai lu n’est peut-être pas du tout celui que « beaucoup d’entre nous avons lu pour la première fois »…. help ! Il ajoute cependant que les traducteurs aujourd’hui se permettent beaucoup moins de fantaisie, tombant dans l’autre extrême, celui de textes sans relief, obéissant à des lois de traductions universelles (et, qui sait ? aux logiques informatiques des outils de traduction).

Mais les orfèvres de la traduction existent : ils travaillent de longues heures, quand ils le peuvent avec l’auteur, et toujours en conversation avec d’autres. À ceux qui ne craignent pas les aspérités d’un texte qui rend compte au plus près des caractéristiques de l’original, en épouse le style et le rythme, et qui aspirent à l’univers autre, habité ailleurs, par nos semblables, je recommande les traductions du Russe de Robert Chandler : ils ne les trouveront pas « raplaties »

 

Françoise de la Plume 

 

Alcatraz et Saint Quentin

Ces derniers temps, j'ai rédigé une série d’articles sur l'île de Sainte-Hélène où Napoléon Bonaparte a été exilé et où il est mort. Vous pouvez lire ces articles en cliquant sur les liens suivants : partie 1, partie 2 et partie 3.

Isolée dans l'Océan Atlantique, Sainte-Hélène ne reçoit guère de visites. Je ne connais personne d'autre qui y soit allé. À la différence de Napoléon, j'ai pu poursuivre mon voyage!

Alcatraz

Alcatraz est une autre île où je me suis rendu. Elle se trouve dans la baie de San Francisco, à moins de trois kilomètres du rivage. Contrairement à Sainte-Hélène, des milliers de touristes s'y rendent chaque année afin d'y visiter la prison, installée en 1934 et utilisée jusqu'en 1963. Depuis, l'île est devenue une attraction touristique en raison de la place importante qu'elle occupe dans les annales du crime aux Etats-Unis. Amenés dans l'île en bateau, les touristes parcourent les vastes installations d’Alcatraz au cours de visites guidées. On leur montre les cellules et on leur raconte l'histoire des prisonniers qui ont essayé de s'en échapper, en bravant les eaux glaciales infestées de crocodiles.

AlcatrazL'île et la prison d'Alcatraz

 

 Lorsque je me suis rendu à Alcatraz, j'ai pris soin d'acheter un aller-retour.

 

Alcatraz inspire des films…

Al Capone et Robert Stroud furent deux pensionnaires célèbres d'Alcatraz. L'un et l'autre ont inspiré des films célèbres.

  Capone
Capone

Mettant en vedette Rod Steiger, « Al Capone » (1959), raconte la carrière du chef de bande Capone, dans le Chicago de la Prohibition.

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 « Le prisonnier d'Alcatraz », film qui valut à Burt Lancaster d'être désigné pour un Oscar, raconte l'histoire de Stroud, un dangereux tueur qui, ayant trouvé un oiseau dans la cour de la prison où il était initialement détenu, s'intéressa sérieusement à l'élevage des oiseaux. On lui attribua deux autres cellules dans lesquelles il installa un laboratoire. Il écrivit deux ouvrages sur les canaris, leur physiologie et leurs mœurs, et mit au point des médicaments pour les ornithoses.

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 … et un triathlon !

 

Chaque année, 2.000 des meilleurs triathlètes du monde se réunissent pendant un week-end à San Francisco pour l'une des compétitions sportives les plus ignominieuses  et les plus extrêmes qui soit: le Triathlon de l'évasion d'Alcatraz.

 

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Certificat de participation au Triathlon
affiché  par Fitness  Marlene , le 14/06/2009

 

St. Quentin

Mais San Francisco a aussi une autre prison en front de mer, celle de San Quentin que certains « visiteurs » n'ont jamais quittée, puisqu'ils y ont été exécutés pour les crimes  graves dont ils ont été reconnus coupables.

 

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Prison d'État de S. Quentin (cal.)                 Chambre d'exécution de S. Quentin

 

San Quentin est le seul endroit en Californie où des gens ont été exécutés à la suite de condamnations par des tribunaux californiens. Entre 1893 et 1937, 215 l'ont été par pendaison et, par la suite, 196 autres par gazage. Depuis 1995, les exécutions s'opèrent au moyen d'injections mortelles. Onze personnes ont été exécutées de la sorte entre 1996 et 2006. (Il y a eu aussi un petit nombre d'exécutions fédérales.)

 

Les « célébrités » de Saint-Quentin

 

La prison de San Quentin a inspiré des livres et des films. Et cela, dès 1937, avec le « San Quentin » dans lequel jouait Humphrey Bogart.

L'un des tueurs les plus tristement célèbres de l'histoire américaine, le gourou Charles Manson, condamné à la prison à vie, est interné à San Quentin. Parmi ses victimes, on peut citer Sharon Tate, l'épouse de Roman Polanski, assassinée à son domicile de Los Angeles, en 1969. Elle avait 26 ans et était enceinte de huit mois et demi.

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Charles Manson, Sharon Tate et Roman Polanski

 

Un clip vidéo reproduit un entretien avec Manson :


 

 

Depuis 2006, pour diverses raisons, aucune exécution capitale n'a eu lieu en Californie. Un nouveau rapport rédigé par deux éminents juristes et publié le 20 juin dernier, a révélé le coût exorbitant du maintien des prisonniers dans le « couloir de la mort ». Chacun d'entre eux coûte à l'État $184 millions de plus que s'il était condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle.

Cela revigorera peut-être le mouvement en faveur de l'abolition de la peine de mort, déjà effective dans un tiers des États de l'Union américaine.

 

Outre mes brefs passages à Alcatraz et à Sainte-Hélène, j'ai aussi visité Robben Island où Nelson Mandela a été emprisonné. J'aimerais recueillir les impressions de lecteurs qui ont visité ces prisons insulaires – ou toutes autres dans le monde.

 

Jonathan Goldberg

Cet article a bénéficié de la traduction et des précieux conseils de Jean Leclercq.   Jean a travaillé pendant 26 ans à l'Organisation mondiale de la Santé  en qualité de traducteur-réviseur. Il est de plus féru d'histoire.

Lecture supplementaire :

Death penalty costs California $184 million a year, Los Angeles Times, 20 juin 2011

Alcatraz Island (U.S. National Park Service)

Alcatraz History

50 ans apres, le mystere des evades d'Alcatrazdemeure – Yahoo le 13 juin 2012


MansonThe Life and Times of Charles Manson

Jeff Guin
Simon & Schuster; First Edition edition (August 6, 2013) 

 

 

100 Most Often Misspellled Words in English

Orthographe anglaise, interview audio, National Public Radio, 7 juillet 2011

http://www.npr.org/2011/07/07/137657833/affect-or-effect-grammar-girl-is-here-to-help

Là pour rendre service: Mignon Fogarty est la créatrice de Grammar Girl (voir lien ci-dessus) et la fondatrice du réseau Quick and Dirty Tips regroupant des spécialistes prêts à « vous aider à vous améliorer ».

GRAMMAR GIRL (Mignon Fogarty/Macmillan Holdings)

Image001  Further pour farther, compliment au lieu de complement, affect plutôt qu'effect — toujours complexe et souvent irrégulière, la langue anglaise est jonchée de pièges et de chausse-trapes. Mais, ne vous découragez pas, la petite grammairienne Mignon Fogarty vient au secours des masses perplexes.

Fogarty est le gourou grammatical des Grammar Girl podcasts hebdomadaires qui proposent des trucs et des leçons de bon usage de l'anglais. Son dernier livre: 101 Misused Words You'll Never Confuse Again, est un petit guide à l'intention de ceux d'entre nous qui n'arrivent pas, semble-t-il, à se rappeler la différence entre disinterested (désintéressé) et uninterested (indifférent).

 Quelle association de mots confondez-vous le plus souvent? Avez-vous un moyen mnémotechnique qui vous aide à utiliser chacun d'eux à bon escient? Si l'anglais est pour vous une seconde langue, quelles sont les associations dont la mémorisation vous a donné le plus de fil à retordre?

 

 

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Grammar Girl's 101 Misused Words You'll Never Confuse Again
 

By Mignon Fogarty 

Edition poche, 128 pages
St. Martin's Griffin
Prix catalogue: $5.99

5 juillet 2011

Grammar Girl's 101 Words Every High School Graduate Needs to Know

By Mignon Fogarty

Edition poche, 144 pages
St. Martin's Griffin
Prix catalogue: $5.99
 

5 juillet 2011

 

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100 Most Often Mispelled Misspelled Words in English
http://www.yourdictionary.com/library/misspelled.html

Grammar Girl Podcasts
http://grammar.quickanddirtytips.com/

 

Chanson de la semaine : Bridge over troubled waters

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par Paul Simon

 

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                              Nana Mouskouri                     Charlotte Church

 

 

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                   Simon & Garfunkel
                      Elvis Presley 

 

 

Si tu te sens fatigué
Sur le point de pleurer
Je peux te sauver
Je peux t'aider

Les temps sont durs
Et les amis sont rares
Comme un pont jeté sur l'eau trouble
Tu me trouveras
Comme un pont jeté sur l'eau trouble
Tu me trouveras

Quand tu n'en peux plus
Perdu dans la rue
Et quand la nuit revient
Il faut m'appeler

Je peux t'aider
Quand tu ne vois
Que peine autour de toi
Comme un pont jeté sur l'eau trouble
Tu me trouveras
Comme un pont jeté sur l'eau trouble
Tu me trouveras

Poursuis ton chemin rassuré
Le temps n'est plus très loin
Ton étoile va briller

 

Elle brille déjà
Si tu veux de moi
Je reste près de toi
Comme un pont jeté sur l'eau trouble
Tu me trouveras
Comme un pont jeté sur l'eau trouble
Tu me trouveras.

When you're weary
Feeling small
When tears are in your eyes
I will dry them all

I'm on your side
When times get rough
And friends just can't be found
Like a bridge over troubled water
I will lay me down
Like a bridge over troubled water
I will lay me down

When you're down and out
When you're on the street
When evening falls so hard
I will comfort you

I'll take your part
When darkness comes
And pain is all around
Like a bridge over troubled water
I will lay me down
Like a bridge over troubled water
I will lay me down

 

Sail on Silver Girl,
Sail on by
Your time has come to shine
All your dreams are on their way

 

See how they shine
If you need a friend
I'm sailing right behind
Like a bridge over troubled water
I will ease your mind
Like a bridge over troubled water
I will ease your mind

 

 

 

Fidélité en traduction – Commentaire de Sarah Diligenti

 Diligenti  


   

    

Directrice pédagogique et Directrice Adjointe  de l'Alliance française,
 Washington D.C.

   

 Voir la bio de l'auteur en bas

Il semble que seule la traduction littéraire ait été prise en compte pour cet article, or il eût été intéressant de présenter le défi de la traduction technique. Il est indispensable non seulement qu’une traduction technique fasse/ait du sens, mais aussi de lui  conserver une certaine  “littéralité”, car toute faute dans le choix d’un mot peut avoir des conséquences désastreuses : je pense ici aux traductions médicales ou de documents d’ingénierie. Il est même toujours judicieux d’inclure un glossaire dans ce type de traductions.

Dans les traductions linguistiques, le sens peut littéralement être transformé d’une langue à une autre. Par exemple, le CECR (Cadre Européen Commun de Références pour l'enseignement des langues étrangères, 2001) adopté par les 27 Etats de l’UE, dans la version originale en anglais, parle de "action-oriented approach" [à l’enseignement des langues étrangères], alors que le traducteur français a pompeusement traduit cela en: "approche actionnelle",  ce qui est pour le moins verbeux et dénué de sens pour tout professeur non formé à la linguistique.  Il aurait été plus humble (et plus simple) de traduire cela en : "approche orientée sur l'action", littéral mais porteur de sens, puisqu’il s’agit après tout d’enseigner une langue étrangère afin que l’apprenant puisse agir / produire des actions dans cette langue-cible.

Dans les traductions littéraires, un bon exemple est la traduction de  L'élégance du hérisson (le livre –phénomène écrit par Muriel Barbéry).  En soi cette traduction du français vers l’anglais est un coup de maitre (Europa Editions), mais elle contient deux erreurs majeures. La traductrice est hors pair, mais ces deux erreurs changent le sens du récit. Par ailleurs, la traductrice n’a pas toujours su traduire les connotations culturelles, ce qui, en soi, est extrêmement difficile, voire impossible. Dans ce cas, un glossaire est un outil meilleur qu’une traduction approximative. Prenons un exemple du  livre, celui du  bonbon Michoko. Tous les lecteurs et toutes les lectrices français, à la lecture de ce simple nom: Michoko, auront immédiatement à l’esprit l’image d’une marionnette, une pie très exactement, utilisée pour la promotion publicitaire du bonbon en question. Et leur reviendra peut-être aussi en mémoire un jingle, ou la façon dont une voix française japonisée prononçait “Mi-Cho-Ko” en détachant bien les syllabes. La traduction qui en a été faite, sous le générique "chocolate truffle", ne rend aucunement justice à l’original, ni à l’originalité de l’auteur dans l’utilisation qu’elle en fait, et dans la trame du roman (Le Japon est un élément important du livre)… Car le bonbon Michoko N’est PAS DU TOUT une truffe au chocolat….

Dans ma lecture d’œuvres traduites, j’ai trouvé une exception, et non des moindres, celle d’un “Couple en traduction”. Tous les traducteurs littéraires devraient s’inspirer d’eux avant d’entreprendre une traduction littéraire et au lieu de théoriser sur une traduction "mot-à-mot" ou une "traduction libre". Il s’agit de Richard Pevear  et Larissa Volokhonsky, un couple “réel” dans la vie qui a réussi la gageure de traduire (enfin et magistralement) la grande littérature russe en anglais. La traduction de Guerre et Paix leur a pris plusieurs années, car leur but était non seulement de rendre le plus fidèlement possible le style de Tolstoï, mais aussi le sens et les connotations culturelles.  Sans oublier que cette traduction fut un défi de taille puisque 75% du livre est écrit en français ou “parlé en français” (Tolstoï prévient le lecteur  que tel et tel personnage mènent leur conversation en français ; le texte est en russe mais la conversation en français dure pendant une vingtaine de pages…. J’ai écrit un article sur l’utilisation de la langue française par les auteurs russes, c’est un sujet que je connais bien. Ce couple de traducteurs a aussi brillamment traduit Anna Karénina, ainsi que les plus grandes œuvres de Dostoïevski et de Gogol.

Un autre traducteur  qui a fait un travail excellent en traduction littéraire est Geoffrey Strachan  qui traduit les livres d’Andrei Makine du français vers l’anglais. Il a réussi à préserver le style de l’auteur et le sens qu’il donne aux mots. Sa traduction est particulièrement fidèle  sans pourtant être mot à mot.

Quant à la poésie, hormis la superbe traduction que Nabokov fit de Pouchkine, je dois dire que je suis plutôt de l’avis de Joachim du Bellay et suggèrerait de ne pas la traduire. J’ai lu trop de mauvaises traductions des poèmes de Baudelaire, Hugo, Ronsard, du Bellay et quelques autres (du français en anglais). Les traducteurs avaient décidé de donner la priorité au sens sur la littéralité, si bien qu’une fois traduits, ces poèmes n’ont plus eu de sens. Dans la plupart des cas, Les traducteurs détruisent l’âme du poème… Il y a même des poètes qui s’essaient à traduire en anglais des poèmes originellement écrits dans une langue qu’ils ne parlent pas ou qu’ils n’ont même pas apprise –ce fut le cas de feu Anthony Hecht – un très grand poète américain, mais dont les traductions sont déplorables.  J’essaie encore de comprendre pourquoi quelqu’un qui n’a jamais parlé ou appris le grec, l’allemand, le russe, le bulgare ou le français traduit en anglais des poèmes originellement écrits dans des langues qui lui sont totalement inconnues.  J’ai assisté à un séminaire sur la traduction en  poésie il y a une dizaine d’années et j’ai été très choquée de la malhonnêteté intellectuelle de certains poètes, parfois très connus, qui expliquaient négligemment qu’ils traduisaient en utilisant simplement un dictionnaire et qu’ensuite ils réécrivaient le poème… Quel culot!

 

Sarah Diligenti :

Sarah a étudié le Droit et la Science Politique (Maitrise – LLM- de Droit International et Master 2  – Master of Ph.- en Science Politique), à l’Université de Toulouse-1. Elle a aussi enseigné l’Histoire, la Géographie, la Littérature française et l’anglais pendant ses études. Elle a passé le CAPES de français, puis celui d’anglais et a  enseigné en tant que titulaire de l’Education Nationale pendant deux ans avant de déménager aux Etats-Unis en 1995.

Lauréate du Prix des Jeunes Poètes, Académie des Jeux Floraux, Toulouse, 1984 (médaille de bronze pour un poème qu’elle avait d’abord écrit en anglais et ensuite traduit en français).

Co-organisatrice de deux  expositions à Toulouse: " Antisémitisme et Génocide: Déchiffrer les cendres", 1984 et "Les Juifs de Vienne" en 1986.

Productrice du programme culturel radiophonique: "Investigations" sur Radio Centre-Ville- Toulouse de 1984 à 1987

Présidente  de Washington Accueil Association de 1998 à 2000.

Membre fondateur et du Conseil d’Administration de Word Fest (Le Festival International Annuel de Poésie de Washington DC) de 2001 à 2006.

Traductrice freelance pour la Banque Mondiale, le FMI et d’autres entités privées de 1995 à 2005.

Sarah a rejoint l’Alliance Française de Washington au poste de Directeur Pédagogique en 1995 et a été nommée Directrice Adjointe en 2010.

Elle écrit de la poésie, des revues littéraires et des éditoriaux.

Mariée, deux enfants. Elle vit à Bethesda, MD, dans la banlieue immédiate de DC.

 

Fidélité en traduction – Commentaire de David Vaughn

« Les traductions, comme les femmes, pour être parfaites, doivent être à la fois fidèles et belles. » 

Faithfulness in translation. It's something I've thought about a lot. I can't tell you how often I've spent a considerable amount of time, or rather a considerably minimal bit of time (I'm not a desk-job jockey, I'm a freelancer, I don't get paid by the hour) tightening up text, only to realize that the original was not faithful to my translation.

Back when I was a beginner, I tried to deal with this in the logical manner. I called up the customer (We don't call customers “writers” or – God-forbid – “artists”. They are customers, like the people with smelly socks in a shoe store), and told him we needed to talk things over. In other words, I threatened to leave him. After I explained the situation, he would suggest, "I guess you will have to work on it some more".

I said "whoaaah, Mister. Me!? Why is this my problem? I thought we were in this relationship together. What kind of person do you think I am? Faithfulness ain’t no one-way street, you know. You expect me to be faithful – without you doing your part?”

This worked pretty well, and numerous clients (or “clents” as we call them in some translator circles. A client is a client without an “i”. No “eye” for translation) would recognize the superiority of my work. They’d rewrite their not-exactly up-to-par original to bring it into line, thanking me profusely for being allowed to benefit from my subtle formulations.

With dead writers this is a bit more awkward, and we are forced to put up with clunky unfaithful originals. Or better yet, find “old” corrected manuscripts. This is remarkably handy and satisfyingly satisfactory for religious texts. Somehow the original stone tablets always get both broken and irretrievably misplaced, just like the second sock.

But after I gained more experience as a translator, I realized the stupendelicious and essential advantage of our profession. When a doctor treats you, after a few days you know whether you got well or not. It may not be their fault if you're still hacking and nose-running, but you do tend to notice.

But even if my translation gives the original text bedsores and nosocomial infections, clients usually don’t notice. They just can’t tell the difference. (Explains why doctors get paid more?)

My clent-client-customers will complain that my version is missing the “the” where the French had the “le”.

But they miss that tough paragraph (or rather, happily they don’t miss it) that was just too much work, and no longer exists, my having accidentally trashed it.

So now, if I discern the slimmest hint (or even the fattest beer-bellied blubbery soupçon) of faithlessness in the original, I let it slide. Just like any understanding wife who wants to keep her charming faithful Dominique Strauss-Kahn.

« Les traductions, comme les femmes, pour être parfaites, doivent être à la fois fidèles et belles. » 

This is a striking boutade. (For those of you who don’t know French, boutade translates as – just as it sounds – “dumb obnoxious remark”. For those of you who do know French, well that’s not my problem, is it? But have a look into Lewis Carroll’s tantalizing theoretical writings on the art of translation, where he explicates, "When I use a word, it means just what I choose it to mean – neither more nor less. The question is, who is to be master”).

Translating the French into contemporary English, it gives something like:

“To be perfect, translations – just like bimbos – must be both true-blue and smoking hot.”

When I tried to google (or as they say in French, googler) to find the culprit culpable for this phrase, I came to the conclusion that the real original version was actually something more in the vicinity of, “Les traductions ressemblent aux femmes – lorsqu'elles sont fidèles, elles ne sont pas belles, quand elles sont belles, elles ne sont pas fidèles.”, [Translations are like women. When they’re faithful, they aren’t beautiful; when they are beautiful, they aren’t faithful.] In revenge, the author of this boutonnade was immediately accused of authoring translations which were “belles infidèles” – faithless beauties.

That accusation was made by a character from Molière, Vadius in Les Femmes savantes.

Or rather, Molière translated the “real” Gilles Ménage into his stage character Vadius, smearing in a fair degree of spite and thespian cattiness.

Mr Ménage, one of the original précieuses hobnobbing with Mme de Sévigné, really cleaned up at making enemies. First Jean-Baptiste Poquelin. And then, no less a figure than Racine was responsible for Gallic-coq-blocking Mr Ménage from entering the Académie Française. Forcing the shunned Gilles into penning his own etymological dictionary long before the Académie got around to theirs.

Comparing translation to womenfolk is pretty cool if you enjoy insufferably silly sexism. In my neck of the Tennessee woods, the perfect wife was “pregnant and barefoot”. And so the perfect translation logically must be “pregnant with meaning & barefoot with modesty.”

What I love most about all this theorizing about translation is everyone is always imagining they are translating Shake-Spear. Not all of us are lucky enough to translate noble works of transcendent literary value. Masterpieces like Dan Brown for example. In dealing with an “author” as lusciously stilted and cliché-bound, would faithfulness really be a virtue? Think of the havoc wrecked on the language gene pool. I’m willing to bet cold cash and a bottle of monastery wine that each one of the 136 translations of the Da Vinci Code is better written than the original.

Asking what is the perfect translation is like asking what is the perfect text. But who cares? Fact is, much of the text we deal with is perfunctory and careless at best. It’s more reasonable to ask can an imperfect text be morphed and transmogrified into a perfect translation? By faithfulness?

Why respect an original that doesn’t respect itself? Some of these originals would sleep with anyone.

So how about pontificating some useful theory about how to translate a lousy text? Isn’t that what translation studies should be focusing on?

Delusions of grandeur about our texts can lead smack into delusions of insignificance on the part of the poor unassuming translator. It may be gratifying to imagine ourselves translating masterpieces, but most of us spend more time bitching about the frogs we try to transform into princes. When you’re faithfully kissing toads, your translation just gets warts.

So another approach? How about stealing the journalist’s Six W’s? (I’ll get to the translator’s Three C’s later.) Why? Where? When? What? Who? How?

Why does this text exist? Where will it be read? When was it written? What is it really trying to say and do? Who is going to read it? How am I gonna get this done before my deadline?

If you don’t pay attention to that bunch of stuff, faithful fidelity is flimsy folly.

 

David Vaughn

David Vaughn, Dijon. Auto-Biography

Image001 Like most translators, I was never much good at anything. If I had been, surely that’s what I’d now be doing? And so I bumped around from racket to job, developing a marvelously varied résumé. Corollary to the Peter Principle, I rose through the ranks until they actually saw my finished work – leading them to generously offer me the opportunity to explore new horizons. My wealth of experience naturally led to translation, where my clients still haven’t realized my true capabilities. So I’m still working.

Oh yeah, I almost forgot. The translator’s Three C’s. Context. Context. And Context.

Jonathan's postscript: David omitted to mention that he has written for the Los Angeles Times, Newsweek and Time Magazine.

Fidélité en traduction – Commentaire de Julien De Vries

Le débat sur la fidélité en traduction dans notre société actuelle ne saurait oublier de prendre en compte les aspects économique et technologique.

Alors que la masse d’information disponible augmente de façon exponentielle, la décision de traduire un texte relève fréquemment d’une logique économique, tout du moins de façon partielle.

Il en est ainsi des manuels techniques et autres guides de l’utilisateur : pour augmenter la vente d’un certain produit, le fabricant décide de traduire la documentation dans la langue des utilisateurs susceptibles d’acheter le produit.  Aux États-Unis, par exemple, la traduction des manuels depuis l’anglais vers l’espagnol est de plus en plus une obligation économique pour augmenter les ventes à la communauté hispanique. Bien souvent, la traduction n’est qu’un aspect du but global de vendre le produit.

Même dans le cas de la traduction d’une œuvre littéraire, la décision de traduire dans une langue précise prend souvent en compte le nombre de lecteurs potentiels dans cette langue.

Ainsi, même si le critère économique n’est pas toujours décisif dans la décision de traduire un texte, le coût de la traduction entre souvent en compte. Indirectement, cela influe sur la question de la fidélité en traduction.

Au cours des dernières décennies, des solutions technologiques ont été développées dans le souci de réduire le cout de la traduction. Deux solutions sont dorénavant bien connues des traducteurs : la réutilisation des textes déjà traduits, et la traduction automatique.

Les « systèmes de gestion de contenu » identifient les documents déjà traduits dans le passé, et les « mémoires de traduction » sont capables d’identifier la traduction de phrases – voire même de segments de phrases – précédemment utilisées. Les programmes de traduction automatique essaient d’automatiser le processus de traduction, de la même façon que les chaines d’assemblage ont été robotisées.

La traduction doit se faire à moindre coût, et utilise des programmes de traduction assistée par ordinateur (TAO). La réutilisation automatique des traductions passées amènent les traducteurs à traduire uniquement les nouvelles phrases, parfois sans contexte. Dans le cas de la traduction automatique, la machine traduit, et l’humain se confine à un rôle d’éditeur qui rectifie les erreurs a posteriori.

Dans ce contexte, la traduction littérale prend bien souvent le pas sur la traduction « libre ».

 

Image001 Julien De Vries est né et a grandi dans le Nord de la France, où il a étudié les Sciences Politiques et le droit international et communautaire. Il a aussi vécu et étudié à Turku (Finlande) et à Kyoto (Japon) où il a développé sa maitrise des langues étrangères et de la communication internationale.

Après avoir travaillé à Bruxelles pour les programmes d’éducation de la Commission Européenne, Julien a débuté dans le domaine de la « localisation ». La localisation regroupe divers services linguistiques, tels que la traduction, mais aussi la mise en page, ou la gestion des formats informatiques; le but étant de produire une documentation multilingue pour faciliter l’expansion internationale des clients.

Ayant une expérience internationale de plus de dix ans, il travaille actuellement à Tokyo.

 

 

Fidélité en traduction – Commentaire de Jean Leclercq

Tres récemment nous avons publié un article de Mme Nassima El-Médjira, intitulé "Fidélité en traduction ou l'éternel souci des traducteurs" , avec le consentement de l’auteur.
Vous pouvez lire cet article en deux parties en cliquant sur les liens suivants: première partie et deuxième partie.

Nous souhaitons maintenant publier les opinions sur ce sujet de plusieurs traducteurs parmi nos lecteurs et contributeurs qui ont démontré dans le passé une maîtrise linguistique de très haut niveau.

Nous commencerons par la contribution de M. Jean Leclercq, traducteur chevronné, qui a commencé sa carrière il y a 45 ans, quand, ayant achevé des études de lettres et de droit, il a été orienté vers la traduction par les circonstances de la vie.
Image001 Après des débuts au Canada, Jean a été engagé au Siège de l'Organisation mondiale de la Santé, à Genève (Suisse) où, pendant 26 ans, il a essentiellement traduit depuis l'anglais et l'espagnol vers le français. À la retraite depuis 14 ans, il continue à traduire, le plus souvent bénévolement, et à s'intéresser à la linguistique, notamment grâce aux nombreuses possibilités offertes par l’Internet.

Photo : Jean Leclercq, dans son jardin à Divonne-les-Bains (France) 

 

Commentaires de Jean Michel Leclercq:

 

Traducteur de fortune, venu à ce métier par hasard, j'ai cependant fréquenté la traduction assez longtemps pour pouvoir dire tout l'intérêt qu'a éveillé en moi l'article de Madame El-Medjira où j'ai trouvé, brillamment passées en revue, les positions défendues par les uns et les autres quant à la fidélité en traduction. Faut-il privilégier le sens ou les mots? Faut-il traduire en serrant le texte original de très près (et en risquant le fameux mot-à-mot amphigourique) ou peut-on s'autoriser une certaine liberté dans la mise en forme, pourvu que le sens du message soit sauf ? Faut-il traduire ou transposer ? Quarante années de métier m'incitent à me ranger à l'avis de Saint-Jérôme et à opter tantôt pour le mot-à-mot, tantôt pour le sens par sens, selon la nature même du texte à traduire.

                Prenons le cas des résolutions d'une assemblée délibérante – celles que les traducteurs sont souvent appelés à traduire sous haute pression pendant des suspensions de séances. Chaque mot va peser d'autant plus lourd que chacune des versions linguistiques fait foi et qu'il ne saurait y avoir la moindre différence entre elles. Dans ce cas, la « balance du traducteur » dont parle Valéry Larbaud, devient un instrument de haute précision. Malgré cela, le texte se doit d'être lisible, voire élégant. À cet égard, les recueils de résolutions des institutions onusiennes sont de véritables morceaux choisis dont les auteurs restent à tout jamais anonymes !

 

                À l'autre extrême, je situerai la traduction publicitaire. Là, c'est le sens qui l'emporte sur toute autre considération. Dernièrement, en Suisse, un organisme regroupant les agences de publicité a lancé une campagne de promotion sur le thème « Keine Werbung, keine Ahnung! », traduit servilement en français par: « Pas de publicité, pas d'idée! » (sic). Ici, il fallait s'affranchir totalement des mots et ne retenir que le message: « Pas de publicité, pas de visibilité! » ou, tout simplement, « Ni vu, ni connu! ». Dans une organisation internationale que je connais bien (selon la formule consacrée), l'association du personnel publiait un petit bulletin satirico-humoristique intitulé Le Serpent enchaîné. Due à une talentueuse plume anglophone qui disposait d'un réseau d'informateurs à tous les niveaux de la hiérarchie, cette petite feuille de chou donnait périodiquement des crises d'urticaire à l'Administration. Là aussi, la plus grande liberté était de mise pour l'adaptation française… Et ceux qui la traduisaient bénévolement ne se le faisaient pas dire deux fois ! Longtemps après, j'ai appris qu'un enseignant de l'école de traduction et d'interprétation locale se servait de ce petit journal pour des séances de travaux pratiques !

 

                Entre ces deux extrêmes, entre des résolutions d'assemblées délibérantes ou des conventions internationales (c'est-à-dire des textes « religieux », au sens où l'entendait Philon d'Alexandrie) et des slogans publicitaires, la plupart des textes requièrent un juste équilibre entre les mots et le sens, entre littéralité et liberté, auquel le « peseur de mots » parvient peu à peu, au fil des lignes et des ans.

 

                Pour conclure, je serais tenté de dire que, faute d'une certaine marge de liberté, sans une once de créativité, le travail de traduction serait d'une parfaite insipidité. Heureusement pour les traducteurs de notre époque, la machine est maintenant là pour les dispenser du mot-à-mot. Avec les progrès de l'informatique, ils peuvent maintenant se consacrer entièrement à la transposition et à la recréation des textes. La machine les dispense d'être eux-mêmes des machines!

 

Jean Michel Leclercq