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Le 10ème anniversaire du décès de David Servan-Schreiber

au premier anniversaire de sa mort

Jean-Jacques Servan-SchreiberJean-Jacques Servan-Schreiber (1924-2006) (familièrement connu sous le sigle JJSS) fut un journaliste, un essayiste et un homme politique français de premier plan. Parmi les nombreux fleurons de sa carrière, figure la fondation de l'hebdomadaire L'Express qui ouvrit ses colonnes aux grands intellectuels des décennies cinquante et soixante tels qu'Albert Camus, Jean-Paul Sartre, André Malraux et François Mauriac.

Jean-Jacques a eu quatre fils, David, Édouard, Franklin et Émile, qui poursuivirent sur la voie des prouesses intellectuelles et professionnelles.

À partir du moment où Édouard a été admis à l'Université Carnegie Bellon à l'âge de 14 ans, les quatre frères y firent leurs études.

Récemment, j'ai eu l'occasion d'écouter une causerie de Franklin SS, au Consulat de France à Los Angeles. Le sujet en était son frère David, décédé le 24 juillet 2011 à l'âge de 50 ans, après s'être battu contre un cancer du cerveau décelé 19 ans plus tôt dans le cadre de ses propres recherches de neurologie.

David Servan-SchreiberDavid a accompli un important travail dans le domaine des sciences et de la médecine (à 22 ans, il était docteur en médecine en France, au Canada et aux États-Unis) et il contribua à la fondation de la section américaine dc « Médecins sans Frontières ». Par ses livres, il transmit ses idées et ses connaissances à un large public : « Guérir le stress, l'anxiété et la dépression : sans médicaments ni psychanalyse » (2003) qui eut un grand succès en France et fut traduit en anglais sous le titre de : The Instinct to Heal: Curing Depression, Anxiety and Stress Without Drugs and Without Talk Therapy, et dans plusieurs autres langues ; « Anticancer » (2007), traduit en 40 langues et vendu à plus d'un million d'exemplaires ; et son dernier livre, publié après sa mort, « On peut se dire au revoir plusieurs fois », traduit en anglais par : Not the Last Goodbye : Reflections on Life, Death, Healing and Cancer.

Franklin m'a obligeamment communiqué le texte de l'épilogue du dernier livre de son frère: On peut se dire au revoir plusieurs fois (2011). Il s'agit de l'hommage d'Émile à son frère David, prononcé lors des funérailles de celui-ci, en l'église Saint-Eustache de Paris.

Les titres et les livres de David Servan-Schreiber reflètent sa philosophie du cancer : comment essayer de l'éviter et, si ce n'est pas possible, comment lui faire face. Il propose une conception globaliste de la prévention et du traitement du cancer qu'il a transmise à des millions de malades cancéreux, notamment par ses livres. Ses frères poursuivent désormais cette mission sacrée.

Lecture supplémentaire :

Hommage à David Servan-Schreiber
Le Figaro

 

 

 

 

 

 

 

David Servan-Schreiber, Exponent of Cancer Treatments, Dies at 50
New York Times, July 29, 2011

 

Jonathan G.

Fidélité en traduction (suite et fin)

Ce billet est la deuxième partie d'un article publié avec l'autorisation de son auteur, Mme  Nassima El-Médjira, intitulé Fidélité en traduction ou l'éternel souci des traducteurs

Vous trouverez la première partie de cet article en cliquant sur ce lien.

 

Fidélité en traduction ou l'éternel souci des traducteurs
(suite et fin) 

 

Nous remarquons que les traducteurs s'attachent de moins en moins à l'aspect purement linguistique des textes à traduire. Ils prennent en considération d'autres éléments qui entrent en jeu dans la « construction » du texte source, et qui doivent trouver leur place dans le texte cible.

Ces éléments ont été très bien mis en lumière par l'équipe de Paris de l'ESIT, dans leur théorie interprétative de la traduction ou théorie du sens.

La théorie du sens affirme que la traduction est toujours possible pourvu qu'elle ne porte pas sur la langue mais sur le contenu des discours ou des textes. Les adeptes de cette théorie conseillent aux traducteurs de : « ne pas chercher à « traduire », mais de dire ce qu'ils (les traducteurs) comprennent. Pour comprendre correctement, il faut penser à la qualité en laquelle s'exprime l'orateur, penser aux interlocuteurs auxquels il s'adresse, aux circonstances dans lesquelles il parle…  ». La théorie du sens définit des unités du sens auxquelles le traducteur doit être fidèle. Une unité du sens peut être une simple onomatopée comme elle peut nécessiter tout un paragraphe pour s'éclaircir. Sa formation est fonction de plusieurs paramètres : contexte verbal, contexte cognitif, situation… .

Le traducteur doit se rendre compte de tous ses paramètres afin de bien comprendre et, donc, de bien rendre.

L'Ecole de Paris prône la fidélité au sens et rien que le sens. Bien que cette théorie ait fait appel à plusieurs disciplines pour se bâtir, on lui reproche néanmoins de ne pas accorder assez d'importance aux mots qui sont, qu'on le veuille ou non, les matériaux principaux dont dispose le traducteur (P..Newmark).

 

Conclusion

Après ce défilement, qui n'est, certes, pas exhaustif, des différentes conceptions de la notion de fidélité en traduction, la question se pose toujours: qu'est-ce que la fidélité en traduction?

Tout le monde est d'accord contre la littéralité, d'une part — et contre la liberté avec tous ses moyens, d'autre part. Car, on ne cesse de le répéter, les traductions, comme les femmes, pour être parfaites, doivent être à la fois fidèles et belles.

C'est un idéal qui est loin d'être atteint et qui laisse les traducteurs perplexes.

 

Que faire?

 Doit-on rendre la langue, la grammaire, le style?

 Doit-on « importer » le texte-source dans la langue et la culture du lecteur?

 Doit-on « exporter » le lecteur vers la langue et la culture de l'auteur?

 Ou bien doit-on s'efforcer d'assembler tous les processus différents et en faire un seul?

J'invite l'ensemble des traducteurs et traductologues à me donner la réponse.

 

En attendant, je continue de traduire à la manière qui me semble « fidèle ». Cette manière consiste à rendre le sens sans se détacher totalement des aspects linguistiques du texte source: les termes de spécialités, et même d'ordre général, la terminologie, la ponctuation — sauf usage différent dans la langue d'arrivée — et le style doivent, chacun, réapparaître dans le texte-cible, i.e. la traduction. En outre, la traduction doit être aussi lisible que l'original sinon, comme s'est interrogée C. Durieux: « à quoi servirait-elle si elle n'était pas lue? ».

 

 

Fidélité en traduction

Préface

Il y a plus d’un mois, nous  avions annoncé notre intention de remplacer notre entretien mensuel, dans le cadre de la série « Traducteur/Traductrice du mois », par une discussion sur la nature et les pièges de la traduction.

Nous prendrons comme point de départ pour cette discussion un article de Mme  Nassima El-Médjira, intitulé Fidélité en traduction ou l'éternel souci des traducteurs. Elle nous a autorisés à publier l’article sur ce blog.

Nous avons également contacté plusieurs  traducteurs parmi nos lecteurs et contributeurs qui ont démontré dans le passé une maîtrise linguistique de très haut niveau. Nous leur avons demandé de fournir  leurs commentaires et leurs remarques, à propos de Fidélité en traduction, et de développer leurs idées sur cette base.

Nous invitons nos lecteurs à lire l’article de Mme El-Médjira ci-dessous, et à commencer la discussion dans les commentaires.

Nous publierons très prochainement la première réponse, celle de M. Jean Leclercq, suivie par d’autres dans les jours à venir.

Mais tout d’abord, quelques mots pour présenter l’auteur de l’article sur lequel nous débattrons.

Nassima El-Médjira est née  à Alger. Elle a fréquenté les écoles primaires et secondaires à Alger et a reçu son baccalauréat en littérature en 1993.Elle a obtenu sa licence en traduction et interprétation, avec une thèse sur la théorie de la traduction (Understanding an Idea through its Expression, un article de Danica Seleskovitch de l'ESIT – École Supérieure d'Interprètes et de Traducteurs).
Débutant sa carrière professionnelle, elle a enseigné le français et l'anglais à l'Institut de Géologie de l'Université d'Alger. Par la suite, elle a travaillé comme traducteur au bureau du secrétaire d'État à l'environnement.
Depuis août 1998, elle occupe le poste de traducteur interne pour la gestion d'une compagnie pétrolière.

 Fidélité en traduction ou l'éternel souci des traducteurs

Nassima El Medjira 

Nassima 2019

Introduction

L’objectif de tout traducteur est de réaliser une traduction fidèle. Depuis que l'homme traduit, il n'a cessé d'émettre des réflexions sur la manière de traduire fidèlement. Cependant, qu'est ce que la fidélité en traduction ?

Commençons, d'abord, par voir comment les dictionnaires définissent-ils le mot « fidélité ».

Dictionnaire Hachette de la langue française :

« 1. Qualité d'une personne fidèle

« 2. Attachement constant (à qqn, à qqch)

« 3. Respect de la vérité. »

Dans les deux dernières définitions, on trouve les termes « attachement et respect ». C'est, en effet, en cela que consiste le travail du traducteur : s'attacher au texte de départ tout en respectant la destination de sa traduction.

Dans quel contexte les traducteurs abordent-ils la notion de fidélité ? Ils le font lorsqu'ils tentent d'expliquer leur conception de la traduction et leur(s) méthode(s) de traduire.

C'est en réfléchissant sur l'opération traduisante que les traducteurs, de tous temps, sont arrivés à exprimer des théories, et parfois des fragments de théories, de la traduction, et à chaque reprise, la querelle entre la traduction libre et la traduction littérale remet en question la fidélité en traduction.

 

La Fidélité en traduction à travers l'histoire.

La première réflexion sur ce que doit être une traduction fidèle nous vient de la version des Septante qui a été commentée par Philon le Juif (un rabbin juif). Il avait qualifié cette traduction de fidèle car il préconisait le mot-à-mot pour la traduction des textes religieux.

« Les traductions, comme les femmes, pour être parfaites, doivent être à la fois fidèles et belles. » Nicolas Perrot d'Ablancourt

A l'époque romaine, ère de la création de la culture romaine à partir de la culture grecque grâce à la traduction, le grand orateur Cicéron, depuis plus de deux milles ans, mettait en garde à ne pas traduire verbum pro verbo. Il rejetait le mot-à-mot et préconisait de rendre les idées (sens) plutôt que les mots : « … les idées restent les mêmes…je n'ai pas jugé nécessaire de rendre mot pour mot….  »  C'est ce qu'il avait confirmé en déclarant : « … il ne sera pas toujours nécessaire de calquer votre langage sur le Grec (ou toute autre langue) comme le ferait un interprète (ou traducteur) maladroit […] Quand je traduis les Grecs, si je ne puis rendre avec la même brièveté ce qui ne demande aux Grecs qu'une seule expression, je l'exprime en plusieurs mots  ».

Cicéron avait clairement tranché : il prônait le respect du sens au détriment des mots.

Quant à St Jérôme, le père des traducteurs,  il avait clairement défini son principe de traduction qui confirme la primauté de l'esprit sur la lettre : Non verbum e verbo sed sensum exprimere de sensu (c'est le sens qu'il faut rendre et tout le sens et non les mots). St Jérôme déconseillait la traduction mot-à-mot sauf pour traduire les Saintes Ecritures ; Homme d'Eglise, St Jérôme ne prétendait pas rivaliser avec la parole de Dieu. De là, il avait distingué deux types de traduction :

traduction sens par sens (libre) et traduction des Saintes Ecritures (littérale).

Au Moyen Age, et à la suite de la chute de l'empire Romain, les traducteurs continuaient de « théoriser  » sur la traduction : Boèce, traducteur du Grec au Latin, avait expliqué que : « pour que la traduction ne soit pas une corruption de la réalité, il faut traduire mot-à-mot ». C'est à dire, qu'il fallait recourir au mot-à-mot. Aussi, avait-il déclaré : « la propriété d'une bonne traduction n'est pas l'élégance, mais le degré dans lequel elle maintient la simplicité du contenu et les propriétés exactes des mots ».

C'était en cette période que le littéralisme s'accentuait, spécialement avec Boèce. Cependant, des hésitations à propos du littéralisme étaient nées. L'on peut citer l'exemple d'Anastase qui avait adressé une lettre au Pape Jean 8 où il abordait le littéralisme qui, selon lui : « porte atteinte à la langue d'arrivée et déconcerte le lecteur ». En outre, les hommes de religion pensaient que le littéralisme était à l'origine de la mauvaise traduction des textes sacrés ; c'est de là que St Thomas avait accusé les traducteurs littéralistes d'être à l'origine du schisme et d'entretenir des obscurités dans leurs traductions qui étaient opaques et inintelligibles, car ils essayaient de calquer des mots sous prétexte d'une fidélité illusoire.

En Orient, à l'époque Abbasside, la traduction a connu un grand essor grâce au Calife Ma’amun, fils de Hârûn Rashid. Parmi les traducteurs les plus distingués de l'époque abbasside, Hunayn Ibn Ishaq, dont la qualité de la traduction était, dit-on, incontestable. Il avait, avec la collaboration de ses disciples, élaboré une méthode de traduire qu'on pourrait résumer dans les points suivants :

rendre le sens sans le trahir;

prendre en considération le destinataire tout en sauvegardant l'essentiel du sens. Il fallait que la traduction soit lisible d'une manière très naturelle pour ne pas sentir la traduction.

Au 14ème siècle, Léonardo BRUNI avait contesté la traduction littérale et disait que « le respect de la grammaire et la linguistique n'aboutissent pas toujours au sens ».

Revenons en Occident. Etienne DOLET, le traducteur martyr de la Renaissance, définit ses fameux cinq principes de la traduction. Il avait déclaré que « il faut que le traducteur entende parfaitement le sens et la matière de l'auteur qu'il traduit. Sans cela il ne peut traduire sûrement et fidèlement ». Cette conception lui avait valu sa vie.

Joachim Du Bellay, traducteur du 16ème siècle, était le premier à parler du caractère ingrat de la traduction. Il pensait que la traduction n'était bonne que pour transmettre le sens sinon elle ne pourrait que rester secondaire par rapport au texte original. Il avait rejeté l'attachement au style surtout pour traduire la poésie. De là il avait prêché l'intraduisibilité de la poésie sauf si le traducteur a une inspiration égale à celle de l'auteur.

L'autre grand traducteur du 16ème siècle, Jacques Amyot, avait innové en matière de traduction. Il avait créé la notion d'adaptation en traduction. En effet en traduisant les œuvres antiques, il les avait adaptées aux goûts et mœurs du 16ème siècle. Il disait : « il ne suffit pas de traduire l'auteur, mais il faut s'ingénier à apporter une touche de créativité ». Il est à noter que cette méthode d'adaptation avait été vivement contestée.

L'âge classique (de la fin du 16ème siècle au début du 18ème siècle) fut l'âge d'or de la traduction des poèmes antiques grecs et latins. Dans toute l'Europe, les poètes se mirent à traduire. La pratique de la traduction libre, i.e. les « Belles Infidèles » de Nicolas Perrot d'Ablancourt et de ses émules, a contribué à former le goût classique. Avec la création de l'Académie Française en 1640, les traducteurs devenaient soucieux d'enrichir leurs langues des beautés de l'Antiquité et considéraient que le concept de Cicéron et Saint Jérôme de (livrer au lecteur non la même quantité mais le même poids) justifiait les additions et les suppressions opérées sur le texte original dans un but de cohérence, de beauté et de style.

A la fin du 18ème siècle, les poètes traduisant les antiques faisaient parler les héros la langue de leur époque (le 18ème siècle) (fidélité à la langue et culture d'arrivée).

Les traducteurs et traductologues contemporains ont, bien évidemment, abordé la notion de fidélité en traduction. A l'instar de leurs prédécesseurs, il distinguait deux façons d'être fidèle :

en traduisant mot à mot

en rendant le sens

Dans son ouvrage « Les Belles Infidèles », G.Mounin présente une série de condamnations de la traduction mot à mot qui régna jusqu'à ce qu'elle fût détrônée par « Les Belles Infidèles », elles-mêmes éliminées par le retour à la littéralité qui, selon les traducteurs du début du 19ème siècle, représentait la fidélité.

Leconte de Lisle créa un genre de littéralité qu'il appela « traduction-reconstitution historique ». Il s'agit de traduire en conservant les façons de penser, de parler, de vivre …des auteurs de textes originaux.

G.Mounin a distingué deux façons de traduire (d'être fidèle)

Les verres transparents : sont les traductions qui ne sentent pas la traduction. Le traducteur adoptant cette méthode se doit d'effacer l'originalité de la langue étrangère (fidélité à la langue d'arrivée)

Les verres colorés : sont les traductions mot à mot. Tout en comprenant la langue, le lecteur « sent » les différences temporelles, civilisationnelles et culturelles que la traduction véhicule (fidélité à la langue de départ).

Sur cette même lignée Ortega Y Gasset propose au traducteur d'aller soit vers la langue de départ soit vers la langue d'arrivée. Il préconise, cependant, de privilégier la langue de l'auteur avec tout ce qu'elle véhicule.

Pour l'allemand Walter Benjamin, la traduction n'est pas une copie de l'original. « La vraie traduction est transparente, elle ne cache pas l'original ». Il propose une réconciliation entre fidélité (=littéralité) et liberté.

Valéry Larbaud parle de « balance du traducteur » car le traducteur est un « peseur de mots » .Il s'est cependant, interrogé sur cette fidélité qui n'est ni servilité ni liberté.

Les nombreux points communs existants entre les traductions et certaines disciplines ont donné naissance à des concepts traductologiques divers : linguistiques, sociologiques, sémiotiques, interprétatifs. Chacun de ces concepts présente une vision de la façon de traduire et d'être fidèle.

Les adeptes de la théorie linguistique de la traduction (J.C.Catford) pensent que bien traduire c'est remplacer des unités lexicales d'une langue de départ par des unités lexicales d'une langue d'arrivée. J.C.Catford a écrit que la traduction est « The replacement of any textual material by equivalent textual material » (J.C 1967).

Pour Gerardo Vásquez Ayora, il n'y a pas de traduction libre car toute traduction doit être exacte. Tout élargissement, adaptation, commentaire ou paraphrase ne sont pas de la traduction. Parlant de la littéralité, Ayora a expliqué qu'on ne traduit pas la langue mais autre chose. Toutefois, il n'a pas défini cette autre chose.

A côté de ces traducteurs qui n'abordent que le côté linguistique de la traduction, d'autres chercheurs ont étudié la traduction en se basant sur le texte.

Pour Maurice Pergnier, un message puise son sens dans une situation précise. Les critères servant à juger la fidélité en traduction se trouvent dans cette situation et sont déterminés en fonction des destinataires (Pour être fidèle, le traducteur doit penser au destinataire de sa traduction).

Le traducteur biblique, J.C.Margot pense que la traduction est fidèle si son lecteur réagit de la même manière que le lecteur du texte original. Fidélité implique surmonter les difficultés de la langue de départ et fidélité à la langue et la culture d'arrivée.

J.R.Ladlmiral, parlant de la fidélité : dit que « Toute théorie de la traduction est confrontée au vieux problème du MEME et de L'AUTRE : à strictement parler, le texte cible n'est pas le MEME que le texte original, mais il n'est pas tout à fait un AUTRE ».

Parlant toujours du « MEME » et de « L'AUTRE », Georges Steiner assimile le processus de la traduction a un « parcours herméneutique », qui commence par un élan de confiance permettant d'aller vers l'autre afin d'essayer d'établir une cohérence entre mondes isolés, puis vient la phase de pénétration du texte pour une plus profonde compréhension, ensuite le traducteur incorpore la langue cible ce qu'il a compris afin de préparer une mise en forme et enfin, il restitue ce qu'il a incorporé dans la langue Cible, en investissant l'Autre pour l'habiter.

 

La deuxième partie de cet article est publiée dans un billet séparé. Cliquez sur ce lien pour lire la suite de l'article.

Chanson de la semaine: Imagine

Imagine  par John Lennon (1940-1980)

 

Cliquez sur les liens en légende des photos pour regarder les clips vidéo des différentes interprétations de la chanson de John Lennon sur Youtube.

 

Image001   Image002 
Mémorial Strawberry Fields (N.Y.)          Hollywood Walk of Fame
(clips vidéo de John Lennon)

 

Image003   Image004 
Nana Mouskouri                       Charlotte Church

 

 Image005
Liel Kolet, à l’âge de 14 ans, accompagnée par Bill Clinton,
 avec chanteurs juifs et arabes

 

Image006   Image007 
                      Lady Gaga                                    Sam Tsui

 

Paroles (anglais et français)

  Imagine qu’il n’y ait pas de paradis
  c’est facile si tu essaies
  pas d’enfer en dessous de nous
  au dessus de nous rien que le ciel

  Imagine tous les peuples
  Vivant pour aujourd’hui
  Imagine qu’il n’y ait pas de pays
  Ce n’est pas dur à faire

 

  Rien pour lequel tuer ou mourir
  Et pas de religion non plus
  Imagine tous les peuples
  Vivant leur vie en paix

 

  Toi, tu diras peut être
  Que je suis en rêveur
  Mais je ne suis pas le seul
  J’espère qu’un jour
  Tu te joindras à nous
  et le monde ne fera qu’un

 

  imagine plus de possessions
  je me demande si tu peux
  plus d’avarice ou de famine
  une fraternité de l’homme

  Imagine tous les peuples
  Partageant le monde
  tu diras que je suis en rêveur
  Mais je ne suis pas le seul

 

  J’espère qu’un jour
  Tu te joindras à nous
  Et le monde ne fera qu’un

Traduction fandeuxful

Imagine there's no Heaven 
It's easy if you try 
No hell below us 
Above us only sky 

  Imagine all the people 
  Living for today 
  Imagine there's no countries 
  It isn't hard to do 

 

  Nothing to kill or die for 
  And no religion too 
  Imagine all the people 
  Living life in peace 

  You may say that I'm a dreamer 
  But I'm not the only one 
  I hope someday you'll join us 
  And the world will be as one 

  Imagine no possessions 
  I wonder if you can 
  No need for greed or hunger 
  A brotherhood of man 

 

  Imagine all the people 
  Sharing all the world 

  You may say that I'm a dreamer 
  But I'm not the only one 

 

  I hope someday you'll join us 
  And the world will live as one 

 

 

Références

 

Imagine (song) – Wikipedia (English) (lien)

Imagine (chanson) – Wikipédia (français) (lien)

Une querelle d’auteurs prend fin dans une biblioville

Il existe des bibliovilles dans plusieurs villes réparties dans de nombreux pays: Hay-on-Wye (Pays de Galles), Bredevoort (Pays-Bas), Fjærland et Tvedestrand (Norvège), KampungBuku (Malaisie), Montereggio (Italie), Redu (Belgique) Sedbergh et Wigtown (Royaume-Uni), St-Pierre-de-Clages (Suisse), Sysmä (Finlande), Wünsdorf-Waldstadt (Allemagne) et  Urueña (Espagne).

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À Hay-on-Wye, pittoresque village du Pays de Galles, à la frontière de l'Angleterre, presque tous les magasins sont des librairies.  

 

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Plusieurs manifestations littéraires s'y déroulent chaque année: le Week-end hivernal de littérature (du 2 au 4 décembre), le Festival du Livre (du 31 mai au 10 juin) et le Week-end bière et littérature (du 22 au 25 septembre). 

 

Le village offre un choix infini de livres, tant neufs que d'occasion, certains exposés à l'intérieur des librairies, d'autres sur des rayonnages à l'extérieur, où les acheteurs sont cordialement invités à mettre le montant de leurs achats dans un tronc. 

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V.S. Naipaul et Paul Theroux

Le grand festival du livre qui s'est tenu dernièrement à Hay-on-Wye a reçu la visite de deux illustres auteurs: le Prix Nobel V.S. Naipaul et l'écrivain Paul Theroux. Depuis 15 ans, ces deux célébrités littéraires étaient à couteaux tirés, Theroux s'étant aperçu qu'un exemplaire d'un de ses romans, qu'il avait offert et dédicacé à Naipaul, avait été mis en vente. Se retrouvant à Hay-on-Wye le mois dernier, ils s'y sont réconciliés.

 

Image008V. S. Naipaul (à gauche) et Paul Theroux (à droite)
(Associated Press)


Image009Paul Theroux et  V. S. Naipaul
font les beaux jours du Festival de Hay

 

Je suis allé à Hay-on-Wye et je recommanderais à tout le monde de se rendre dans cet intéressant village gallois, sis dans un paysage magnifique. Mais, ceci étant dit, je me félicite de pouvoir compter sur les superbes librairies de Los Angeles, comme ces trois étages de Barnes & Noble, près de chez moi :

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Pour conclure, je voudrais indiquer que Buenos Aires a été choisie comme capitale mondiale du livre pour 2011. 

Image011La bibliotour de Buenos Aires


P.S. Dans un précédent article, j'ai fait allusion à la localité galloise de: Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch (*) où je me suis rendu récemment et qui peut s'enorgueillir du  plus long nom de localité du monde. Toutes les deux villes galloises ont fait la renommée du Pays.

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(*): Cela signifie: l'église de Sainte-Marie au creux du coudrier blanc, près des rapides de Saint-Tysillio de la caverne rouge.

Jonathan Goldberg

Annonce à nos lecteurs – Sexus Politicus – un avant-goût

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de la plume de Danielle Bertrand,
Gagnières (Gard)

 

 

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     Quand Jonathan m'a proposé de lire « Sexus Politicus » (à propos de l'affaire DSK), j'avoue ne pas avoir été emballée ! Je suis professeur d'histoire et je n'ai jamais été très attirée par ce que j'appelle la petite histoire ….et déjà quand j'étais lycéenne je n'avais pas eu envie de lire les « Chroniques de l'œil de bœuf » d'un certain Touchard Lafosse, racontant ce qui se passait dans les « petits appartements » du temps de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, ouvrage que certains garçons de ma classe se passaient "sous le manteau" et dont ils parlaient avec …. gourmandise, une gourmandise d'adolescents boutonneux ! Le terme même d'« œil de bœuf » me paraissait d'emblée évoquer un voyeurisme que je trouvais d'assez mauvais goût.

J'en ai quand même commencé la lecture, et les frasques et galipettes de nos présidents successifs ne m'ont pas passionnée .Je les connaissais pour la plupart puisque la presse ne s'était jamais privée d'en parler. Mais je ne trouvais pas les personnages plus intéressants pour autant ! Après tout, l'essentiel n'était-il pas la façon dont ils avaient gouverné le pays? Je me disais qu'il valait peut-être mieux un président « porté sur la bagatelle », mais compétent et honnête, qu'un imbécile vertueux? 

La suite du livre m'a apporté d'autres éléments, dont pour le moment je ne retiendrai qu'un seul, sur lequel « l'affaire » m'amène à réfléchir.

Les auteurs soulignent l'indulgence des français pour les entorses que font à la « morale de braves gens » les hommes (hé oui, il s'agit presque toujours d'eux !) qui nous gouvernent .Il semble même que nous soyons presque fiers de la virilité, de la puissance sexuelle de nos hommes politiques.

Ce que j'entends depuis ce matin à la radio ou à la télévision m'incite à penser qu'il y a du vrai là dedans …..Il n'est question que de la probable "innocence" de DSK .Donc, s'il est prouvé (?) qu'il n'a pas usé de violence pour avoir avec la « victime présumée » une relation sexuelle dont on ne semble pas douter, le voilà absous… et personne (son épouse en premier lieu….mais c'est leur affaire !) ne semble se formaliser qu'un homme marié se conduise de cette façon.

Bien sûr, personnellement cela ne me dérange pas, mais j'aurais peut être du mal à accorder ma confiance à un homme qui ne sait pas mieux que cela résister à ses pulsions, et a tendance à « sauter sur tout ce qui bouge », même dans le cas où il y aurait eu provocation .En tout cas, si je peux reconnaître la compétence du politicien, je n'ai guère d'estime pour l'homme .Sans le considérer comme « Le perv » ou le « cochon » dont en a fait une certaine presse américaine, je ne suis pas particulièrement fière qu'il soit, comme on dit gentiment chez nous un « chaud lapin ».

Dans un prochain billet je présenterai plus systématiquement la réflexion des auteurs du livre sur les liens entre le sexe et la politique .J'avais juste envie de faire un parallèle entre ce qui est affirmé dans l'ouvrage et ce qu'il me semble comprendre au vu des commentaires des médias et des personnes interrogées dans la rue. Oui, je dois l'admettre la plupart des français non seulement considèrent (et je suis d'accord avec eux) que la vie privée des hommes politiques leur appartient, mais de façon assez contradictoire, se régalent de leurs exploits !

Le film de la semaine : Transformers 3 – La Face cachée de la Lune

Transformers 3 : Dark of the Moon 

Transformers 3: La Face cachée de la Lune

Capture d’écran 2011-07-09 à 09.54.59

SYNOPSIS: 

Shia Labeouf revient dans le rôle de Sam Witwicky dans Transformers 3. Un événement mystérieux lié à notre passé éclate au grand jour. C’est la guerre qui menace aujourd’hui notre Terre.

 

Capture d’écran 2011-07-09 à 09.56.24

Capture d’écran 2011-07-09 à 09.56.16

 

Réalisateur

Michael Bay

Producteurs

 

Don Murphy
Tom DeSanto
Lorenzo di Bonaventura
Ian Bryce

Scénario

Ehren Kruger

Tiré des jouets

Transformers, de
Hasbro

Casting

 

Shia LaBeouf
Josh Duhamel
John Turturro
Tyrese Gibson
Rosie Huntington-Whiteley
Patrick Dempsey
Kevin Dunn
Julie White
John Malkovich
Frances McDormand

Musique

Steve Jablonsky

Photographie

Amir Mokri

Montage

 

Roger Barton
William Goldenberg
Joel Negron

Studio

DreamWorks Pictures

Distributeur

Paramount Pictures

Date de sortie

29 juin 2011 (Etats-Unis)

Durée

155 minutes

Pays

Etats-Unis

Langue

anglais

Budget

195 millions de dollars

Bénéfice brut

372 millions de dollars

Source: Wikipedia

 

Bande-annonce 



 

 

Sources: 

Wikipedia – Transformers : Dark of the Moon

Transformers 3: La Face cachée de la Lune 

New York Premier – Interview with the Stars

À la une : Los Angeles sauvé de l’Armageddon routier

Image001Embouteillages à Los Angeles

Depuis l’annonce de la destruction d’un pont de Los Angeles le week-end du 16-17 juillet par CalTrans (California Transport), et la fermeture à cet effet d’une autoroute formant un axe vital pour les habitants de Los Angeles, le mot Carmaggedon (car + Armageddon) a été sur toutes les lèvres.

CalTrans avait recommandé aux habitants de rester chez eux durant le weekend pour éviter les embouteillages records prévus.

Ce samedi soir, alors que le pont est toujours en cours de démolition (voir la vidéo de CNN ici), il y avait tellement peu de voitures sur les routes que le Carmaggedon a été rebaptisé Carmaheaven (car + Armaggedon + heaven), toujours selon CNN.

 

Image002Autoroutes en Californie
(Yann Arthus-Bertrand)

 

Carmageddon” ? Plutôt “Good Karmageddon” !


D’une île à l’autre, à travers l’océan Atlantique

« Si vous parlez à un homme dans une langue qu'il comprend, cela va dans sa tête. Si vous lui parlez dans sa langue, cela va dans son coeur."  Nelson Mandela ».

 

Dans un précédent article, j'ai raconté mon séjour dans la lointaine île de Sainte-Hélène, au milieu de l'Atlantique, où Napoléon a été exilé, il y a près de 200 ans. Vous pouvez lire l'article en cliquant sur ce lien. 

En rédigeant cet article, je me suis souvenu de ma visite, bien des années plus tard, dans une autre île (située dans le même océan) et qui est associée à une autre grande figure historique. Cet îlot, Robben Island, est situé à sept kilomètres au sud de la ville côtière du Cap (Afrique du Sud) et le personnage s'appelle Nelson Mandela, dirigeant de l'African National Congress (ANC), qui, pour avoir combattu la suprématie absolue des Blancs en Afrique du Sud, fut convaincu de trahison en 1963 et emprisonné à Robben Island pendant 27 ans.  

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Dans ma jeunesse, le chef de file de la lutte contre l'apartheid n'était pas Mandela, mais le Chef Albert Luthuli. À cette époque, j'ai assisté à une conférence donnée à Durban* par Luthuli qui dirigeait alors le « Congrès du Peuple », le précurseur de l'ANC.

Le Congrès avait adopté la « Charte de la Liberté » que Luthuli voulut bien me dédicacer à l'issue de sa conférence. La Charte déclare:

« Nous, peuple d'Afrique du Sud, faisons savoir à tout le pays et au monde: que l'Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, noirs et blancs, et qu'à moins d'être fondé sur la volonté du peuple, aucun gouvernement ne peut légitimement prétendre la régir… » 

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Mon exemplaire de la Charte de la liberté,
signé par le Chef Albert Luthuli

 

Luthuli devait recevoir le Prix Nobel de la Paix en 1960, tout comme Mandela, 33 ans plus tard.

Le poème Invictus avait à tel point inspiré Mandela qu’il l’aida à surmonter ses longues années de captivité à Robben Island.

Le titre latin signifie « invaincu, dont on ne triomphe pas, invincible » et se fonde sur la propre expérience de l'auteur puisque ce poème fut écrit en 1875 sur son lit d'hôpital, suite à une amputation du pied. À l’origine, ce poème ne possédait pas de titre, mais celui-ci fut ajouté plus tard par le critique littéraire anglais, Sir Arthur Quiller-Couch.

William Henley disait lui-même que ce poème était une démonstration de la résistance à la douleur dont il avait fait preuve à la suite de son amputation.

 

Anglais]

 Traduction libre

Out of the night that covers me,
    Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
    For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
    I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
    My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
    Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
    Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
    How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
    I am the captain of my soul.

 Depuis l'obscurité qui m'envahit,
 Noire comme le royaume de l'enfer,
 Je remercie les dieux quels qu'ils soient
 Pour mon âme indomptable.

 Dans l'étreinte féroce des circonstances,
 Je n'ai ni bronché ni pleuré
 Sous les coups de l'adversité.
 Mon esprit est ensanglanté mais inflexible.

 Au-delà de ce monde de colère et de larmes,
 Ne se profile que l'horreur de la nuit.
 Et pourtant face à la grande menace
 Je me trouve et je reste sans peur.

 Peu importe combien le voyage sera dur,
 Et combien la liste des châtiments sera lourde,
 Je suis le maître de mon destin,
 Je suis le capitaine de mon âme.

 

Ces deux dernières lignes retentissantes ont fortement imprégné le langage littéraire anglais.

 


En 2000, je suis retourné faire un tour en Afrique du Sud et j'ai pris le bac du Cap à Robben Island. Une visite guidée m'a permis de voir la cellule où Mandela a passé sa longue captivité, avant d'être libéré en 1990 et de gagner, en 1993, le Prix Nobel de la Paix. Mandela est devenu Président de l'Afrique du Sud en 1994. 

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Pendant ce voyage, j'ai acheté un tapis de souris (dont je me sers en écrivant cet article) sur lequel figure une citation d'Ahmed Kathrada, un autre prisonnier de Robben Island qui devait devenir plus tard député de l'ANC au Parlement. La voici: 

 

Capture d’écran 2011-07-08 à 20.36.32 « Sans pour autant oublier la brutalité de l'apartheid, nous ne voulons pas que Robben Island devienne un monument à nos épreuves et à nos souffrances. Nous souhaiterions qu'elle soit un triomphe de l'esprit humain sur les forces du mal; un triomphe de la sagesse et de la largeur d'esprit sur la petitesse et la mesquinerie; un triomphe du courage et de la détermination sur la fragilité humaine et la faiblesse. » 

 

Si Mandela continue d'inspirer et d'être un symbole du remplacement du régime d'apartheid par celui de la « Nation Arc-en-ciel », de nombreux observateurs ont jugé son héritage décevant. Aujourd'hui, l'Afrique du Sud est ravagée par la violence, le SIDA et la corruption.   

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En outre, le gouvernement sud-africain est resté en étroites relations avec les régimes répressifs de Mugabe, au Zimbabwe, de Castro, à Cuba, et de Kadhafi, en Libye. 


En conclusion, je souhaite relever une analogie historique entre Robben Island et Sainte-Hélène: 70 ans avant que le régime des Blancs d'Afrique du Sud emprisonne ses opposants noirs à Robben Island, le régime colonial britannique qui gouvernait la province du Natal (désormais le KwaZulu-Natal) déporta à Sainte-Hélène un autre rebelle noir, Dinuzulu kaCetshwayo, Roi des zoulous.  

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Pour terminer sur une note linguistique, on peut opposer la démarche intellectuelle de Mandela à Robben Island à celle de Napoléon à Sainte-Hélène. Bonaparte fit de gros efforts pour apprendre l'anglais, la langue de son ennemi, mais avec apparemment peu de succès. Mandela, quant à lui, maîtrisait parfaitement l'anglais et l'afrikaans (les deux langues officielles de l'Afrique du Sud de l'apartheid, et donc les langues de ses oppresseurs). Pendant sa détention à Robben Island, Mandela étudia le droit par correspondance à l'Université d'Afrique du Sud (UNISA), un établissement de téléenseignement d'avant l'ère électronique. Ses épreuves et examens étaient expédiés sur la terre ferme par le bac puis jusqu'à l'université par le service postal, et les diplômes revenaient par l'itinéraire inverse. Il obtint un diplôme de droit de l'UNISA et, par la suite, un doctorat honoraire.  

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Pauvre Napoléon – Les Anglais ne lui offrirent pas les mêmes possibilités de s'instruire. 

 

Cet article a bénéficié de la traduction et des précieux conseils de 

Jean Leclercq. Jean a travaillé pendant 26 ans à l'Organisation mondiale de la Santé où il a exercé les fonctions de traducteur-réviseur. Il est également féru d'histoire. Sa participation au blog va donc bien au-delà de ses traductions et nous aide à maintenir la qualité de ce blog.

 

Sources:

 Nelson Mandela et sa vie de combattant de la liberté 

Robben Island – Wikipedia (en anglais) 

Robben Island – Wikipedia (en francais) 

Liste des prix et distinctions conférés à Nelson Mandela – Wikipedia

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* Durban est un port de l'Océan Indien où je suis né et qui est devenu une ville lorsque des colons britanniques s'y installèrent en 1824; ils lui donnèrent par la suite ce nom en souvenir de Sir Benjamin d'Urban, un patronyme anglais d'origine française (Urban ou Urbain, en Languedoc).