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Une adolescente prodige du basket-ball est devenue la première Afro-Américaine à remporter le championnat d’orthographe des États-Unis.

Scripps_National_Spelling_Bee_Logo.svgLe 2 juin 2011, nous avons rapporté sur ce blog les résultats de la National Spelling Bee (concours d’orthographe national) des États-Unis par cette annonce : « Sukanya Roy, 14 ans, a remporté le Championnat d’orthographe des États-Unis après avoir épelé correctement le mot anglais « cymotrichous », dérivé du grec, qui veut dire « aux cheveux ondulés ».

Le 30 mai 2014, sur le même thème, nous avons écrit : « À la une : L’édition 2014 du championnat d’orthographe des États-Unis a été remportée par des Américains originaires d’Inde pour la septième année consécutive »

Zaila Avant-GardeJeudi, cette domination des Américains d’origine indienne a été rompue par une nommée Zaila Avant-garde, résidente de la Nouvelle-Orléans, 14 ans, la première Afro-Américaine à remporter cette compétition très médiatisée. C'est aussi la première fois depuis 2008 qu'au moins un champion ou co-champion du concours n'est pas d'origine sud-asiatique.

Pour en arriver là, elle a dû épeler « querimonious », « solidungulate », « murraya » et d’autres mots dont beaucoup de gens n’ont jamais entendu parler.

Lors de cet événement à Orlando, en Floride, Zaila a écarté les 11 autres finalistes en lice pour le titre et a remporté le premier prix de 50 000 $.

La jeune fille n’est jamais allée à l’école – elle a toujours été éduquée à domicile.

Son nom de famille, très inusité, a été choisi par son père en hommage au musicien d’avant-garde John Coltrane.

La plupart des compétiteurs dans ce concours d’orthographe (l’anglais spelling bee signifie littéralement « abeille d’orthographe ») semblent être des « rats de bibliothèque » qui se préparent pendant de longues années avec une assiduité extraordinaire.  Zaila soutient qu’elle a lu plus de mille livres dans sa courte vie. Fait non moins impressionnant, elle détient déjà trois records du monde comme basketteuse pour avoir dribblé plusieurs ballons à la fois et est apparue dans une publicité avec la mégastar de la NBA Stephen Curry.

 

 
 

 
 

 
JG2 Jonathan G.

avec la preciéuse aide d'Elsa Wack

Note langagière

Certaines langues, comme l'espagnol, s'écrivent comme elles se prononcent. Ce n'est pas le cas d'autres, telles que l'anglais ou le français. Si l'on présentait à une personne qui connaît très mal l'espagnol un texte rédigé dans cette langue, qu'elle ne comprendrait évidemment pas, et si elle le lisait à haute voix, les sons qu'elle produirait seraient dans l'ensemble compréhensibles pour un locuteur espagnol (si ce n'est que l'accent risquerait d'être mal placé dans le cas d'un grand nombre de mots). Il n'en serait pas de même pour le français notamment parce que dans un grand nombre de mots la dernière lettre ne se prononce pas (toit, aux, quand, janvier, etc.) ou que, dans certains cas, la dernière syllabe est muette (assurent, veille, fesses, etc.). En anglais, l'écart entre la prononciation des mots et leur orthographe est encore beaucoup plus important. [1]

ShawLe dramaturge irlandais George Bernard Shaw aurait dit, par boutade, que le mot "fish" pourrait s'écrire "ghoti" si l'on utilise les lettres "gh" telles qu'elle sont prononcée dans le mot "enough", la lettre "o" telle qu'elle est prononcée dans le mot "women" et les lettres "ti" telles qu'elles sont prononcées dans le mot "action". En fait, ce raisonnement facétieux ne serait pas dû à Shaw et aurait en outre été réfuté. [2] 

Le grand nombre d'orthographes irrégulières en anglais et la grande étendue du vocabulaire de cette langue (même si un très grand nombre de mots sont rarement utilisés) est à l'origine d'une tradition américaine : le championnat d'orthographe (spelling bee, en anglais). Le Collins English Dictionary, Complete and Unabridged, définit spelling bee comme suit : a contest in which players are required Noah_Webster_pre-1843_IMG_4412_Croppedto spell words according to orthographic conventions (une compétition au cours de laquelle les joueurs doivent épeler des mots conformément aux conventions typographiques). Pour connaître l'origine de cette expression, cliquez ici.  Noah Webster (1758-1843) écrivit le premier dictionnaire anglais d'orthographe en 1783.[3]

 

[1] Voir Contre la pensée unique, Claude Hagège, Édition Odile Jacob, p.142.

[2] Dans la Language Column du New York Times  datée du 27 juin 2010, le linguiste Ben Zimmer examine cette question et conclut comme suit : "La plupart des gens qui verraient le mot ghoti le prononceraient simplement goaty… On ne peut pas tout se permettre en anglais".

[3] Son titre initial était The First Part of the Grammatical Institute of the English Language. De son vivant, pas moins de 385 éditions furent publiées et le titre de l'ouvrage devint, en 1786, The American Spelling Book et, en 1829, The Elementary Spelling Book. Il s'agissait du livre américain qui eut le plus de succès à son époque ; en 1837, 15 millions d'exemplaires avaient été vendus et le chiffre atteint environ 60 million en 1890, de sorte que la majorité des élèves et des étudiants consultèrent ce livre pendant le premier siècle d'existence de la nation américaine. Pour mieux connaître le rôle de Webster dans l'évolution de l'anglais aux États-Unis, vous pouvez vous reporter à l'article de Wikipedia consacré à Noah Webster.

 

Sortie de nouveaux livres en anglais sur des themes linguistiques

 

J. Nolan

Grosjean

Depuis sa retraite de l'ONU en 2007, James Nolan travaille au renforcement de la communication internationale par l’écriture, la formation et les conférences. Il a maintenant le plaisir d'annoncer la publication de son deuxième livre sur la communication multilingue, Essays on Conference Interpreting, partant d'une vision humaniste du numérique dans notre avenir, tel qu'envisagé par Nikola Tesla, offrant une perspective sur le multilinguisme comme un prisme qui élargit les perspectives de l'humanité plutôt que de restreindre artificiellement leur champ d'action.

Essays (Nolan)

Ce livre condense les leçons importantes apprises à des
moments clés au cours d'une carrière de 30 ans en tant qu'interprète de conférence intergouvernemental et formateur, cherchant à définir ce qui constitue une bonne interprétation et comment développer les compétences et les capacités qui y sont propices, ainsi que favoriser des pratiques et des technologies qui aident à maintenir des normes professionnelles élevées. Il souligne l'importance de l'anglais comme lingua franca mondiale et comme langue relais utilisée dans les événements et les institutions multilingues. Le livre replace l'interprétation dans son contexte historique en tant que discipline séculaire et discute de l'effet de la technologie moderne sur la traduction et l'interprétation, identifiant les domaines où elle est la plus utile (médias de communication électronique, radiodiffusion) tout en soulignant que l'éducation et la formation professionnelles des linguistes sont plus importants que le recours à des raccourcis technologiques. C'est une ressource précieuse pour tous ceux qui travaillent ou se forment à l'interprétation et aux formes connexes de communication interculturelle.

James Nolan fut notre linguiste du mois de mai 2013

François Grosjean, bien connu pour ses travaux sur le bilinguisme et le biculturalisme, vient de sortir un nouvel ouvrage, Life as a Bilingual: Knowing and Using Two or More Languages chez Cambridge University Press. Entre 2010 et 2020, il a tenu un blog à succès chez Psychology Today qui a reçu pas moins de 2,2 millions de lecteurs. Le livre reprend la grande majorité des billets, organisés par thèmes, et ce dans quinze chapitres différents.

Life as  a Bilingual (Grosjean)

 

Les quatre premiers chapitres constituent la base du livre: description du bilinguisme, étendue du phénomène, utilisation de deux ou plusieurs langues, et le bilinguisme à travers les différentes étapes de la vie. Suivent des chapitres sur le devenir bilingue, le bilinguisme dans la famille, le bilinguisme chez les enfants ayant des besoins particuliers, et l'acquisition d'une langue seconde. Deux chapitres traitent du biculturalisme et de la personnalité, ainsi que des émotions chez les personnes bilingues. Viennent ensuite les aspects cognitifs et neuropsychologiques du bilinguisme ainsi que l'aphasie bilingue. Suit un chapitre sur les bilingues exceptionnels qui se distinguent par des attributs qui leur sont propres: traducteurs et interprètes, enseignants de langue seconde, polyglottes, écrivains bilingues, etc. Le livre se termine avec quelques souvenirs personnels de l'auteur telle que la discussion avec Noam Chomsky sur ce qu'est le bilinguisme. 

Le livre présente également 23 interviews de spécialistes reconnus mondialement et qui évoquent, avec l'auteur, leurs domaines de recherche ou d'activités. Afin de faciliter la tâche des lecteurs, chaque chapitre commence par une introduction qui présente les billets. De plus, ceux-ci sont précédés d'un bref aperçu, et offrent de nombreux renvois à d'autres billets.

Francois Grosjean fut notre linguiste du mois de janvier 2015

 

Les mots anglais de la mode : fascinator , bouffant

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Lors du mariage du Prince William et de Katherine, les femmes qui portaient des fascinator hats ont suscité beaucoup d'attention.

Le verbe to fascinate a commencé à faire partie du lexique anglais dans les années 1590 et signifiait alors "ensorceler" ou "enchanter". Il provenait du moyen français "fasciner" (XIVe siècle) et, en remontant plus haut, du latin fascinatus, participe passé de fascinare

Le substantive est fascination, le titre d’une chanson, chantée ici par Nat King Cole.

 

 

Selon le Merriam-Webster Dictionary, le mot fascinator a été utilisé pour la première fois en 1750, pour désigner un léger foulard pour dame, souvent en points de crochet ou en dentelle.

Fascinator

Cependant, les chapeaux sont devenus de plus en plus extravagants :

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Hat 1 Hat 2

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milliner 

"Modiste" se dit en anglais milliner, mot qui provient du nom de la ville italienne de Milan, où les meilleurs chapeaux étaient fabriqués au XVIIIe siècle.

La tradition des catherinettes

La fête des catherinettes est l'occasion pour les créateurs de mode de rendre hommage aux modistes et à leur sainte patronne, Catherine d'Alexandrie. Sainte Catherine, qui était au XIXe siècle la patronne des jeunes femmes célibataires, fut adoptée par la suite comme protectrice par les modistes, parce que de nombreuses jeunes femmes avaient pour profession de confectionner des chapeaux. A la Sainte-Catherine, le 25 novembre, les maisons de couture parisiennes organisaient des fêtes à l'occasion desquelles les catherinettes portaient des chapeaux compliqués, dans lesquels dominaient les couleurs de la Sainte Catherine, le jaune et le vert, qui symbolisaient la foi et la connaissance.

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Fascinators et bouffants 

Les fascinators remonteraient au moins au début des années 1960s, époque où les femmes les accrochaient au sommet de coiffures bouffantes. 

Le bouffant (du français "bouffer", dans le sens de "gonfler") est une coiffure caractérisée par sa hauteur et sa largeur, obtenues par crêpage. Il aurait été créé par Marie-Antoinette, qui avait des cheveux très fins et voulait donner l'impression qu'ils avaient beaucoup plus de volume que ce n'étatit le cas en réalité.

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Ce type de coiffure a commencé à avoir du succès dans les années 1960.                          

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[Le mot 
buffoon, l'équivalent anglais du français "bouffon", a la même origine que bouffant.]


On parle aussi de bouffant skirt (jupe bouffante).

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Les jupes bouffantes étaient à la mode dans les années 1950. Les femmes les portaient avec plusieurs jupons, qui leur donnaient du volume. Au XIXe siècle, un type de bouffant skirt, le tutu faisait partie du costume des ballerines. Les tutus à jupons multiples descendaient bien au-dessous du genou dans les années 1870. Edgar Degas les a représentés dans un grand nombre de dessins, peintures et sculptures qui ont immortalisé la ballerine. Aujourd'hui, on les appelle tutus en anglais également. De nos jours, les jupes bouffantes sont généralement portées lors des bals de fin d'année et des quinceañeras, ces fêtes qui célèbrent le quinzième anniversaire des jeunes filles chez les hispaniques.

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Bouffant cap: Une charlotte, c'est-à-dire une coiffure en plastique généralement portée dans un laboratoire.

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Note : Pour terminer par une observation littéraire en mentionnant un homme après avoir examiné toutes sortes de modes féminines, levons notre chapeau à Lewis Carroll, l'auteur d'Alice au pays des merveilles, dont l'un des personnages principaux est le chapelier fou.

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The Perched, the Frothy, the Fascinator

New York Times, May 6, 2011

Chapelier fou (Alice au pays des merveilles) – Wikipedia

JG2 Jonathan G.

Traduction de l'anglais par René Meertens, dont le blog est http://vieduguide.blogspot.com

Annonces

L'édition 2021 du Guide anglais-français de la traduction de notre contributeur fidèle René Meertens a été publiée en novembre 2020. Après une rupture de stock, l'ouvrage est à nouveau disponible, notamment sur Amazon.
 
 

Reene Meertens 2

Meert5ens guide latest edition 2021
 
René fut notre linguiste du mois de janvier 2019. L'entretien avec lui se trouve ici.
 
 
CONFERENCE À  DISTANCE EN ANGLAIS
– heure 17:30 d'été de New York
 
  American friends of the Louvrehttps://aflouvre.org/  
     
  Artists' Studios in France

You are invited to join American Friends of the Louvre and David V. Griffin of Landmark Branding LLC on May 18 for an online tour of artists’ studios in France. A sequel to the recent program on Parisian studios, this talk will expand horizons to take in sites from around France. From the famous garden of Monet in Giverny to the chateau where Leonardo de Vinci spent his final years, we will be visiting historic places that tell the history both of French art and art in France.

Enrégistrement

 
 

« Les Mots des autres » ,
Courrier International, Paris

À écouter

  Les mots des autres  

La langue du vêtement – hommes (1ère partie)

Pendant un championnat de tennis de Wimbledon, et pendant qu'un Français et un Écossais bataillaient pour une place en finale, nous avons publié un article intitulé : "La rivalité franco-britannique sur la pelouse de Wimbledon" qui s'attachait à l'histoire de ce sport et à l'étymologie du mot tennis.

Vest fingernails cropped

Dans son supplément Style, Le Monde a publié un article surd'autres événements sportifs organisés en Grande-Bretagne et qui attirent la haute société anglaise, sous le titre : « En Angleterre, la noblesse s'amuse."


 
Vesat ascot

« Chaque printemps, la haute société anglaise se retrouve pour une saison sociale, dont la régate royale de Henley est l'un des événements incontournables. Elle débute en mai avec le Chelsea Flower Show, un salon horticole où se presse toute la bourgeoisie anglaise autour des plus belles fleurs du monde. Elle se termine en août avec la semaine de Cowes, une régate entre l'île de Wight et Portsmouth. Entre les deux se déroulent notamment le tournoi de tennis de Wimbledon, les courses hippiques de  Royal Ascotet les matchs de cricket de Lord's… » [Le Monde]

 

Vest ascot

(L'image ci-dessus nous rappelle une paire de faux amis : melon (fr.) = bowler-hat, aussi que melon en anglais.)
L'article indique le code vestimentaire auquel il convient de se conformer en pareille occasion. Il y est question de cravate, pantalon, robe, jupe, chapeau et blazer.

Nous souhaitons présenter à nos lecteurs une brève analyse du mot anglais vest et essayer de clarifier les différences d'emploi de ce terme dans les différents pays de langue anglaise. Ainsi, en Angleterre, vest désigne un maillot de corps, alors qu'aux États-Unis, c'est un gilet. Autrement dit, vest (UK) et « veste » (FR) sont des faux-amis , comme montre le tableau suivant :

UK          USA

   

vest *  vest
[≠ veste en français]     [≠ veste en français]

 

    waistcoat          undershirt
      [ = gilet ]    [ = maillot de corps]

  

  jacket jacket
      [ = veste]       [ = veste]

                       
* En
Australie et en Nouvelle Zélande, un maillot de corps s'appele singlet.

Il convient de rappeler que les deux  mots « veste » et « vêtement » (ainsi que vest en anglais) découlent du mot latin vestis. L’accent circonflexe sur le premier e remplace le s du mot ancien vestement. Plus rare et littéraire, vêture, a le sens général d'habit ou de vêtement. En anglais le mot vestment existe, mais son usage, généralement dans le contexte de la tenue de cérémonie, est beaucoup moins répandu qu’en français. La traduction de « vêtement » sera "clothing".

En ce qui concerne des vêtements de femmes, on rencontre là aussi des faux amis, comme par exemple dans le tandem brassière (fr.) et brassiere (angl.), ce dernier plus communément abrégé en bra. Dans la deuxième partie de l'article, à paraître prochainement, nous étudierons ces deux mots et d'autres encore du vocabulaire de la lingerie féminine. Nous vous entretiendrons également de la découverte récente d'un soutien-gorge du 15e siècle dans un château autrichien.

Lecture supplémentaire :

Royal Ascot face fashion police
World in Fashion

Les elegant(e)s d'Ascot soumis a un "dress code" strict
Le Monde, Style, 21.06.2012

Un peu d'histoire…Les Espadrilles
Le Monde, Mode, 30.05.2014

Les mots anglais de la semaine : fascinator, bouffant

Le Langage de Mode
Une étude sur la traduction des termes de mode

JG2 Jonathan G.

Les interprètes irakiens et afghans face à la bureaucratie americaine

Isabelle (shortened)La traduction qui suit a été rédigée à notre intention par notre fidèle collaboratrice, Isabelle Pouliot. Isabelle est membre de la NCTA et ancienne résidente de la région de San Francisco. Elle est traductrice agréée de l'anglais vers le français de l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) http://traduction.desim.ca

Le président Biden ordonne un examen du programme de visas spéciaux d'immigrants pour les interprètes afghans et irakiens qui ont travaillé pour l'armée américaine. (Fox News, le 5 fevrier 2021)

On estime qu'environ 100 000 Irakiens et 17 000 Afghans attendent toujours les résultats de programmes spéciaux destinés à accueillir en sol américain des interprètes qui ont servi fidèlement l'armée américaine, au péril de leur propre vie. Un nouveau décret du président américain Joe Biden demande d'effectuer un examen approfondi de ces programmes, une étape jugée importante afin de résoudre les lacunes systémiques, les problèmes de communication et les retards de plusieurs années dans le traitement des demandes de visa.

Le décret présidentiel du 4 février demande d'effectuer un examen conjoint des programmes de visas spéciaux d'immigrants ciblant les alliés irakiens ou afghans.

Un rapport devra être remis au président Biden dans les six mois et comprendre les éléments suivants :

  • Déterminer si l'agence respecte les lois régissant les programmes de visas spéciaux;
  • Compiler tous les retards constatés dans le traitement des demandes, y compris les retards liés au manque de personnel;
  • Un plan de « formation, encadrement et suivi » concernant le traitement des demandes de visas spéciaux;
  • Un plan pour faire le suivi des progrès des coordonnateurs principaux des programmes;
  • Déterminer si des lignes directrices adéquates existent afin de rouvrir ou de réexaminer les demandes de visa.

Année après année, le Congrès a approuvé des milliers de visas pour des interprètes irakiens et afghans, mais l'accumulation des dossiers à traiter surpasse le nombre de visas autorisés et les exigences strictes des demandes font en sorte que bon nombre de ces visas demeurent sans détenteurs.

Selon le département d'État, 11 500 visas ont été approuvés pour des interprètes afghans et leur famille depuis 2018, mais la plupart de ces visas n'ont pas encore été délivrés depuis.

En décembre, plus de 1000 demandeurs de visa afghans et irakiens ont signé une pétition adressée à Joe Biden, alors président élu, lui demandant de régler le problème, rapportait le journal The Washington Post.

Un ex-sergent de l'armée américaine, James Miervaldis, a passé trois ans à aider son propre interprète afghan à obtenir un visa d'immigrant pour les États-Unis, et ce, même si le dossier contenait une lettre de recommandation de l'ancien ambassadeur des États-Unis en Afghanistan. Malgré l'appui de personnes influentes, dont des vétérans maintenant membres du Congrès qui ont tenté de faire venir dans leur pays leurs anciens interprètes, les retards et les ratés du programme n'ont fait qu'empirer au fil des ans, selon James Miervaldis.

Un ancien officier décoré du corps des Marines, Zach Iscol, a tenté pendant 15 ans de faire venir aux États-Unis un autre interprète irakien, surnommé Frank, qui avait été atteint d'un tir et blessé aux côtés de militaires américains à Falloujah en 2004. Malgré des lettres de recommandation de plusieurs généraux, la demande de visa de Frank s’est perdue dans les limbes dit-il.

Un autre interprète avec qui Zach Iscol avait travaillé, Abood, est décédé aux États-Unis en 2011. M. Iscol est toujours en contact avec sa veuve et ses enfants, dont deux filles qui sont maintenant policières au sein du service de police de New York.

Zach Iscol a bon espoir que la demande d'examen ordonnée par le président Biden, et notamment l'analyse des exigences des demandes de visa, apportera des changements significatifs.

« Quand le gouvernement américain accorde la priorité à un dossier, il peut le régler. Comme dans n'importe quelle organisation, il s'agit d'obliger les gens à rendre des comptes et à faire de la venue de traducteurs une priorité et de désengorger le système », a-t-il déclaré.

Mise à jour :

Afghan Interpreters Who Await Visas After Helping The U.S. Now Fear For Their Lives
NPR – June 19, 2021

 

Anglo-Saxons


L'article qui suit, rédigé par Dominique Mataillet, a paru dans la prestigieuse revue des francophiles aux États-Unis (et la plus connue des publications bilingues français-anglais dans le monde), FRANCE-AMÉRIQUE. Nous le republions ici avec l'autorisation aimable de la Directrice, Guénola Pellen, notre linguiste du mois de juin 2020.

Dominique snipped F-A logo

Les Anglais et les Américains s’en étonnent toujours. Pourquoi les Français s’évertuent-ils à les qualifier d’Anglo-Saxons ? Que penseraient ces Frenchies si on lançait à leur adresse des vocables tels Franco-Burgondes ou Séquano-Arvernes (du nom de deux groupes gaulois) ?

Le terme en cause a en effet pour origine les noms de deux peuples germaniques, les Angles et les Saxons (auxquels il faudrait adjoindre les Jutes), qui, originaires du nord de l’Allemagne, s’établirent en Grande-Bretagne à partir du VIe siècle.

Affubler les Britanniques et les Américains d’un nom qui remonte à quinze siècles, c’est d’une certaine façon les renvoyer à une époque où, vu de l’Europe latine, les peuples étrangers à la sphère de Rome étaient des barbares. Faut-il rappeler que les Français ont longtemps qualifié avec mépris les Allemands de « Teutons », du nom d’une autre population germanique ?

Pour les linguistes, « anglo-saxon » est un mot au sens bien précis. Synonyme de vieil anglais, il correspond au plus ancien stade de l’histoire de la langue anglaise avant qu’elle subisse l’influence du latin apporté par les missionnaires chrétiens puis celle du vieux norrois parlé par les envahisseurs vikings. Comme on le sait, ce proto-anglais évoluera considérablement sous l’influence du français après la conquête normande de 1066.

Dans le français courant, l’adjectif « anglo-saxon » désigne ce qui a rapport avec le Royaume-Uni, les États-Unis et les autres pays occidentaux de langue anglaise, soit, essentiellement, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. « Occidentaux » : la précision est fondamentale, car de grands pays comme l’Inde ou le Nigeria, où l’anglais est couramment parlé, ne sont pas considérés comme anglo-saxons.

Le problème est que l’on ne sait jamais de qui on parle précisément. Des Anglais ? Des Américains ? Des deux à la fois ? Des héritiers de l’empire britannique ?

Si le terme est utilisé aux États-Unis par les sociologues, c’est sous la forme de l’acronyme WASP (White Anglo-Saxon Protestant). On entend par là les descendants des immigrants d’Europe du Nord et de l’Ouest (Royaume-Uni, Allemagne, Scandinavie…) dont la culture et le mode de vie ont façonné pour une bonne part la nation américaine depuis le XVIIe siècle.

En cela ils s’opposent à d’autres Européens, catholiques, originaires notamment d’Irlande, d’Italie et de Pologne. Et se différencient plus encore des juifs et des non-Blancs tels que les Afro-Américains, les Hispaniques ou les Amérindiens.

Pour les Français, le mot « anglo-saxon » évoque plus largement l’idée d’un monde – voire une civilisation – plaçant les libertés individuelles au-dessus de tout. Longtemps pris pour modèle, ce monde est de plus en plus présenté comme un repoussoir. On l’accuse de véhiculer des valeurs telles que l’individualisme et le communautarisme et, surtout, de subvertir la langue française avec son idiome.

Il est vrai, et les francophones sont bien placés pour le savoir, que le partage d’une langue est un puissant facteur de rapprochement entre nations. La plupart des pays ayant l’anglais pour langue officielle ont en commun un système juridique, la common law, issu du droit anglais. Ce qui ne les empêche pas d’afficher d’importantes différences socio-culturelles, creusées par l’histoire et la géographie. Le mode de vie anglais est plus proche du modèle européen continental que de l’American way of life.

Si l’on pense spécifiquement à une entité linguistique, plus ou moins large selon les définitions, le terme anglophone semble tout à fait approprié. Pourquoi ne pas utiliser également celui d’« anglosphère » imaginé par l’écrivain Neal Stephenson ? En ayant en tête la formule de George B. Shaw : « L’Angleterre et les États-Unis sont deux nations divisées par une langue commune. »

Les mots valises anglais – redshirting, hyperparenting & parent-helicoptering


Redshirting
est un terme hérité du sport universitaire américain. Dans un tel contexte, c'est faire durer la participation d'un étudiant à un programme sportif, de manière à allonger la période pendant laquelle il pourra jouer en équipe. Un étudiant peut, par exemple, étaler ses études universitaires sur 5 ou 6 ans (au lieu des quatre ans du cycle normal), afin de parvenir à de meilleurs résultats tout en continuant à jouer dans l'équipe de son université. Le terme est utilisé comme verbe (to redshirt), substantif (redshirting) et adjectif (redshirt).   

Redshirting 1Selon le Webster's Third New International Dictionary, Unabridged, le terme redshirt vient du jersey rouge [1] couramment porté par un tel joueur dans les mêlées d'entraînement contre des joueurs ordinaires. 

  

Redshirting 2Le terme est maintenant utilisé pour désigner la pratique consistant à retarder d'un an la scolarisation d'un enfant de cinq ans, pour qu'il soit ensuite parmi les plus âgés de la classe et non parmi les plus jeunes.

  

Ces derniers temps, l'un des sujets de 60 Minutes, l'émission à succès de la télé américaine, a été consacré aux arguments pour et contre cette pratique.  

 

 

The Redshirting Debate Continues

The New York Times, 26 Septembre 2011

Kindergarten Redshirting: Smart Strategy or Educational Quackery?
HUFFPOST Education, 7 mars 2012

Kindergarten Redshirting: The Complicated World of Holding Preschoolers Back
Fatherly, February 27, 2020

 ——————-

Les parents qui retardent ainsi la scolarisation de leurs enfants peuvent être taxés d'“hyperparenting” (ou d'“over-parenting”), le fait d'entourer les enfants de soins excessifs ou obsessifs, en les surprotégeant.

  TIME  

10 ways to avoid hyperparenting
SuperNanny.com

Une expression synonyme d'hyperparenting est parent helicoptering (héliportage parental), le fait des parents-hélicoptères. 

  Helicopter-parent  

 

 

Si cette expression ne s'est répandue qu'au cours des dix dernières années, le livre à succès « Between Parent and Child », publié il y a plus de quarante ans, lançait l'idée des hovering parents (parents-ventouses).  

Deux des livres écrits depuis que le terme s'est répandu sont:

Over-scheduled Child

The Over-scheduled Child:
Avoiding the Hyper-Parenting Trap,

by Rozenfeld, Wise and Coles, St. Martin’s Griffin, 2001

Hyper-parenting - book

Under Pressure:
Rescuing Childhood from the Culture of Hyper-Parenting
,
by Carl Honoré, HarperOne, 2009 (reprint)

En mai 2012, les éditions Thomas Nelson publieront un livre : Momaholic : Crazy Confessions of a Helicopter Parent, rédigé par Dana Higley.

Momaholic

Moins connue, l'expression lawnmower parents désigne les parents qui s'efforcent d'aplanir tous les obstacles devant leurs enfants.  

Traditionnellement, les directeurs d'écoles, les moniteurs de sports et les administrateurs d'université ont été les victimes des parents-hélicoptères, mais une enquête citée dans Diversity Executive, intitulée : “How to Tactfully Deal with ‘Helicopter Parents’ [Comment gérer avec tact le problème des parents-hélicoptères], révèle que la tendance s'étend maintenant au monde du travail, où les parents pressent les gestionnaires d'engager leurs enfants.

Un autre article sur le sujet  explique que les parents qui ont investi beaucoup d'argent dans les études de leurs enfants veulent un « retour sur investissement ».

Parent helicoptering

L'un des facteurs auxquels on peut imputer le parent helicoptering (l'héliportage parental) est le téléphone portable, que le Professeur R. Mullendore, de l'Université de Géorgie, qualifie de « plus long cordon ombilical du monde ».  

 Le New York Times a publié un article sur les camps d'enfants intitulé : "Dear Parents: Please Relax, It’s Just Camp(« Chers parents, détendez-vous, ce n'est qu'un camp »)

 

Parents camp

 

——————————

[1] Le mot jersey était un mot couramment utilisé en anglais britannique dans le sens de sweater, et cela depuis le XVIe siècle. Aujourd'hui, à ma connaissance, jersey a été largement remplacé par jumper et, dans une moindre mesure, par sweater, tandis que ce dernier est utilisé exclusivement aux États-Unis, du moins pour autant que j'en sache. Toutefois, jersey continue à être utilisé aux États-Unis dans le sens de maillot de sport.    

Football jersey

J.Goldberg 

Anecdotes litteraires (6)

RabelaisRabelais voyage aux frais de l'État

François Rabelais (1494-1553), sur la route vers Paris, n’avait plus d’argent pour régler son dû à l’aubergiste. Il trouva un bon moyen en laissant dans sa chambre un petit sachet de sucre avec l’écriteau suivant « Poison pour le Roi »…La garde fut appelée et emmena directement Rabelais vers la capitale. François Ier, qui appréciait fort son esprit, lui pardonna.

 

BowdlerLe terme bowdlerization dérive du patronyme Thomas Bowdler (1754-1825), médecin anglais qui publia une version expurgée des œuvres de William Shakespeare qu’il jugeait mieux convenir aux femmes et aux enfants. Ces versions expurgées firent l’objet de critiques et de moqueries qui engendrèrent le verbe to bowdlerise / bowdlerize et le substantif bowdlerisation / bowdlerization. (orthographe britannique/orthographe américaine).

Dans l’œuvre de William Shakespeare, par exemple, il a pu changer la noyade d'Ophélie de suicide en accident. Il est intéressant de noter que Bowdler lui-même a créé ses versions Family Shakespeare, pour présenter les œuvres du grand dramaturge à des publics qui n'auraient pu les voir autrement.

Le substantif bowdlerization est donc l’action consistant à supprimer des passages ou des termes considérés comme indécents dans une œuvre littéraire et peut donc être parfaitement traduit par expurgation ou censure, termes plus couramment utilisés de nos jours.
En France, on peut rapprocher cet usage de l’expression ad usum Delphini  (à l’usage du Dauphin), désignant les éditions des classiques latins, entreprises sous la direction de Bossuet  et de Huet, pour le Dauphin, fils de Louis XIV,  et dont on avait retranché les passages jugés trop crus. 

Voir l'article sur ce blogue rédigé par Françoise Le Meur
 
 
Bonaparte et Milou en Afrique
 
Tintin & MilouAvant de devenir le célèbre compagnon de Tintin, Milou était le nom du fox terrier de Bonaparte, que ce dernier aurait notamment emmené avec lui durant sa campagne d' Egypte en 1798-1799.
 
 
 
 
Le hymne God Save the Queen d'origine française
 

 

« God save the Queen » est à l’origine un morceau français ! Pour fêter le rétablissement de Louis XIV après son opération de la fistule en novembre 1686, Mme de Maintenon organise une soirée, la duchesse de Brinon compose un poème et Lully rajoute la musique. Un Anglais passant à St Cyr ce jour là, trouva très jolie la musique et rapporta cet air en Angleterre. Il pianota, changea juste quelques mesures et joua cet air devant Marie Stuart et Guillaume d’Orange qui en firent leur musique officielle.

 

Source : Histoire pour tous

 

 

God save our gracious Queen!
Long live our noble Queen!
God save the Queen!
Send her victorious,
Happy and glorious,
Long to reign over us:
God save the Queen!

O Lord our God arise,
Scatter her enemies,
And make them fall:
Confound their politics,
Frustrate their knavish tricks,
On Thee our hopes we fix:
God save us all.

Thy choicest gifts in store,
On her be pleased to pour;
Long may she reign:
May she defend our laws,
And ever give us cause,
To sing with heart and voice,
God save the Queen!

Le Monde ne connaît pas le mot français « billion » …