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Curioistés litteraires (5)

GoncourtEdmond Huot de Goncourt, (1822-96)  est un écrivain français, fondateur de l'Académie Goncourt qui décerne chaque année le prix du meme nom. Il a collaboré avec son frère, Jules. Les ouvrages des frères Goncourt appartiennent au courant du naturalisme. 

L’auteur et dramatiste irlandais, Oscar Wilde a écrit une lettre à Edmond de Goncourt en français en
décembre 1891 : Wilde

« On peut adorer une langue sans bien la parler, comme on peut aimer une femme sans la connaître. Français de sympathie, je suis Irlandais de race, et les Anglais m’ont condamné à parler le langage de Shakespeare. »

President & princesseValery Giscard d’Estaing, ex-président de France, vient de disparaître à l’âge de 94 ans, rédigea un livre La Princesse et le Président. D’après certains, ce roman d’amour traita d’une affaire, réelle ou imaginaire, entre d’Estaing et Diana Spencer, princesse de galles.

 

VoltaireA 29 ans, Voltaire, malade de la « petite vérole », échappe de peu à la mort. Il ressort de cette épreuve convaincu de l’intérêt de l’inoculation, ancêtre des vaccins et combat des Lumières. 

Le Monde, 30 juillet 2020

 

L'auteur le plus traduit est Agatha Christie (Royaume-Uni), avec 7236 traductions tirées de ses œuvres écrites cataloguées Agatha-christie par l'Index Translationum de l'UNESCO, ce qui a été vérifié le 7 mars 2017. Voir « Les auteurs les plus traduits dans le monde ». https://bit.ly/2VtgR1J

Christie est la créatrice des détectives de fiction populaires Miss Marple et Hercule Poirot, et ses œuvres incluent Le Meurtre de Roger Ackroyd et Le Meurtre sur l'Orient Express.

Trois video clips sur des thèmes linguistiques

Est-que les textos signent l'arrêt de mort des solides compétences de rédactions ? John McWhorter affirme que les textos cachent bien plus de choses au niveau linguistique et culturel qu'à première vue — et c'est plutôt une bonne nouvelle.

Les textos tuent le langage. jrigol!!!  (13:48 minutes)


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Tout en travaillant avec les enfants atteints de troubles de la parole, Ajit Narayanan a élaboré un moyen de penser au langage à travers des images, en reliant les mots et les concepts dans des « plans ». Cette idée est à l'origine d'une application qui aide les personnes mutiques à communiquer. La grande idée derrière cela est un concept de langage appelé « FreeSpeech », ayant un potentiel sensationnel.

Un jeu de mots pour communiquer dans n'importe quelle langue (15 minutes 34 secondes)

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Que se passe-t-il quand un rêve d'enfance… ne se réalise pas ? Alors que Lisa Bu s'adaptait à une nouvelle vie aux États-Unis, elle s'est tournée vers les livres pour développer son esprit et se construire un nouveau chemin dans la vie. Elle partage son approche unique de la lecture dans cet exposé adorable et personnel sur la magie des livres.

Comment les livres peuvent ouvrir votre esprit (16 m 17 s)

 

Parler en anglais pourrait propager plus de coronavirus que ne le font certaines autres langues

Francoise le Fleur (cropped)L'article qui suit est basé sur une recherche publiée par la Bibliothèque nationale de Médecin des États-Unis sur son site PubMed Central, intitulée "The use of aspirated consonants during speech may increase the transmission of COVID-19." Le 8 septembre la revue Forbes a récapitulé cette recherche dans un article intitulé "Why Speaking English May Spread More Coronavirus Then Some Other Languages". Notre contributrice Françoise Le Meur a bien voulu traduire l'article de Forbes.

  

Les particules de coronavirus se dispersent par de minuscules gouttelettes de liquide (aérosols) flottant dans l'air. CORONA drops

De nouvelles recherches révèlent que les anglophones projettent plus de gouttelettes dans l'air lorsqu'ils parlent, ce qui pourrait les rendre plus susceptibles de propager la COVID-19. Comme le nouveau coronavirus se diffuse par gouttelettes, la quantité de postillons émis par une langue pourrait influer sur les différents stades de la maladie. Tout dépend de ce qu'on appelle « les consonnes aspirées », soit les sons que nous produisons et qui projettent davantage de gouttelettes de salive dans l'air.

À l'université, tout le monde savait quels professeurs postillonnaient le plus lorsqu'ils assuraient des cours. Les premiers rangs de leurs classes étaient toujours vides après la première journée de cours, parce que les meilleurs élèves qui s'y asseyaient avaient été aspergés par la salive du professeur. Lorsqu'un cours était particulièrement ennuyeux, les étudiants pouvaient être intéressés par la façon dont la lumière du soleil captait les gouttelettes de salive, suspendues en l'air autour du professeur.

Se souvenir des enseignants qui avaient une forte voix est une chose. Cependant nous savons maintenant que le simple fait de parler anglais pourrait signifier que nous postillonnons sur tous les gens autour de nous.

Le coronavirus se propage par des particules d'aérosol

SneezingNous savons tous que la toux ou les éternuements propagent des germes, et c'est ainsi que nous attrapons des rhumes et la grippe chaque année. Cette propagation se produit parce que la toux ou l'éternuement propulse à grande vitesse des gouttelettes pleines de virus provenant de notre nez et de notre gorge dans l'air qui nous entoure. C'est pourquoi on nous disait de tousser dans notre coude et de nous laver les mains fréquemment avant le début de la Covid-19.

Nous savons que tousser et éternuer propagent des germes, mais beaucoup d'entre nous ne réalisent pas encore que parler également.

Puis, l'avènement de la pandémie de coronavirus a conduit aux conclusions de recherches selon lesquelles non seulement la toux et les éternuements, mais aussi le simple fait de parler, propulsent des virus en aérosol dans l'air. C'est l'une des principales raisons pour lesquelles il est recommandé à tout le monde de porter un masque et de se tenir à une distance de deux mètres des autres personnes. Il semble désormais que toutes les conversations ne génèrent pas la même quantité de gouttelettes dans l'air. Cela pourrait plutôt dépendre de la langue utilisée par le locuteur.

Des observations faites en Chine ont révélé l'un des premiers indices d'une possible différence dans la manière dont les virus se propagent en fonction de la langue utilisée. Il est remarquable que cela ne se soit pas produit pendant la pandémie de Covid-19, mais pendant la première épidémie de SRAS avec le CoV-1 dans le sud de la Chine. Ce virus a causé plus de 8 000 cas, enregistrés dans 26 pays.

Il y avait, à ce moment-là, beaucoup plus de touristes japonais que de touristes américains en Chine du Sud, pourtant les Américains représentaient 70 cas de SRAS-CoV-1 et le Japon n'avait aucun cas. Comment est-ce possible ?

À l'époque, une des explications données par les scientifiques concernait le langage. Comme le personnel des magasins chinois était généralement multilingue, il s'adressait habituellement aux acheteurs américains en anglais, tandis qu'il s'adressait aux touristes japonais en japonais. Cela a son importance car l'anglais est riche en consonnes aspirées alors que le japonais en a très peu.

Les consonnes aspirées projettent des postillons dans l'air.

Alors que le japonais compte peu de consonnes aspirées, ce qui permet aux locuteurs de produire peu de postillons lorsqu'ils parlent, l'anglais en compte trois. Plus précisément, les consonnes [p] [t] et [k] sont aspirées en anglais. La production de ces sons projette dans l'air une multitude de minuscules gouttelettes provenant des voies respiratoires du locuteur, créant ainsi un nuage de postillons. Si cette personne est porteuse d'un virus, l'air est alors rempli de particules virales.

RUDN 2Selon un linguiste de l'Université RUDN (Université de l'amitié des peuples de Russie), le nombre de cas de COVID-19 dans un pays pourrait être lié à l'existence de consonnes aspirées dans sa principale langue de communication. Ces données peuvent aider à créer des modèles plus précis pour caractériser la propagation de la COVID-19.

Jusqu'à ce jour la perspective d'un locuteur postillonnant pouvait être rebutante, mais nous n'avons jamais considéré que cela puisse nous mettre en danger de contracter une infection mortelle.

La COVID-19 a changé tout cela, c'est pourquoi les chercheurs de l'université RUDN ont étudié si les personnes parlant des langues avec des consonnes aspirées ont un taux plus élevé d'infection par le nouveau coronavirus.

L'étude a examiné les données de 26 pays comptant plus de 1000 cas de Covid-19 au 23 mars 2020. C'est une période pertinente, car elle se situe avant que le port du masque ne soit généralisé. Les pays ont été regroupés selon que les langues majoritairement parlées contenaient ou non des consonnes aspirées. Les données comprenaient un grand nombre de langues, dont l'anglais.

Il y a eu en effet plus de cas d'infection par des coronavirus dans les pays qui parlaient des langues avec des consonnes aspirées. Ces pays ont enregistré 255 cas de Covid-19 pour 1 million de résidents, tandis que les pays où les langues avaient peu de consonnes aspirées avaient 206 cas de Covid-19 pour 1 million de résidents. Techniquement, ces chiffres ne sont pas significatifs d'un point de vue statistique, mais l'observation est néanmoins intéressante.

L'étude a mentionné des limites expérimentales, telles que l'établissement d'hypothèses sur l'origine linguistique des locuteurs (ce qui pourrait avoir un effet sur la quantité de consonnes aspirées). L'instauration de mesures de distanciation sociale à des rythmes différents pourrait également avoir eu un impact sur ces constatations. Les auteurs se réfèrent à leur étude en tant qu'hypothèse, mais une hypothèse forte et appellent à des études plus approfondies.

Lecture supplémentaire :

How COVID-19 is changing the English language
FAST COMPANY, September 25, 2020

Coronaspeak – les blogues et la presse commentent les mots à la mode  (suite)

 

 

Vers un vaccin contre la Covid-19

Le texte qui suit a été rédigé par notre fidèle contributeur René Meertens. Il a été notre Linguiste du mois de janvier 2019.

René Meertens est également l'auteur du Guide anglais-français de la traduction, dont une nouvelle édition vient de paraître. 

Ses contributions précédentes sont accessibles ici.

Rene-Meertens RM

 

 

le mot juste en anglais

La vaccination contre le nouveau coronavirus est actuellement au centre de l’attention. Selon l’OMS, 42 candidats vaccins  font l’objet d’essais cliniques. 

vaccination ou imunization

candidate vaccines
clinical trials

Les infections confèrent le plus souvent une immunité aux personnes qui y survivent. C’est sur cette constatation que reposent la conception et l’utilisation des vaccins. La vaccination consiste à inoculer un agent infectieux inactivé , généralement une bactérie ou un virus.

immunity

 

inactivated
bacterium
virus

Une longue histoire

Les premières vaccinations eurent lieu en Chine il y a un millier d'années : on inoculait par scarification un virus ayant provoqué un cas bénin de la variole. Ces vaccinations étaient assez empiriques et souvent dangereuses.

 

 

smallpox

En 1796, Edward Jenner, scientifique et médecin anglais, se fondant sur des observations de paysans, eut l'idée d'inoculer à l'humain le virus de la vaccine, c'est-à-dire une forme assez bénigne de variole de la vache, transmissible à l'être humain. 

cow-pox
Jenner inocula à des humains le pus d'une pustule d'une paysanne atteinte de la vaccine. Quelque temps plus tard, il inocula la variole à une personne qu'il avait ainsi vaccinée. C'était évidemment très risqué, mais cette personne ne contracta pas la variole.  
Il s'agissait, avant la lettre, d'un essai de provocation chez l'humain. human challenge trial

En 1881, Louis Pasteur vaccina des moutons contre le charbon, En 1885, il vaccina contre la rage un garçon de 9 ans mordu par un chien enragé. Cette vaccination comporta diverses étapes et prit pas moins de dix jours.

 

anthrax

rabies

Comment le vaccin agit-il ?

Les agents infectieux comportent des antigènes, c'est-à-dire des substances qui provoquent une réaction immunitaire, qui prend la forme de l'apparition d'anticorps, c'est-à-dire des protéines produites par le système immunitaire. Celles-ci se fixent aux antigènes, avant de les neutraliser ou de les détruire de différentes façons. Le système immunitaire est trop complexe pour être décrit avec rigueur dans le présent article.

antigens
immune response

antibodies

 

 

immune system

Les vaccins contiennent des antigènes issus d'un agent infectieux. Ils provoquent de ce fait la réaction immunitaire susmentionnée. On distingue les vaccins atténués, constitués d'une bactérie ou d'un virus modifié de façon à les rendre inoffensifs, les vaccins tués, les vaccins polysaccharidiques, constitués d'un polysacppe de la bactérie qui cause la maladie considérée, les vaccins à ADN et RNA et les vaccins à vecteur, qui utilisent un adénovirus atténué.

 

attenuated vaccines

 

killed vaccines

polysaccharide vaccines

DNA and RNA vaccines
vector vaccines

Vaccins contre la Covid-19

Bien que la Covid-19 et la grippe soient causées par des virus de types différents, elles présentent des points communs. En particulier, elles sont toutes deux des infections respiratoires dont les symptômes initiaux sont proches. Elles se propagent via des postillons et des aérosols. Enfin, les virus qui les causent comportent des variantes. Selon des informations récentes, qui devront sans doute être révisées, on en compterait pas moins de neuf pour la Covid-19. Ces similitudes pourraient se retrouver au niveau de certains aspects de la vaccination.

 
Une quarantaine de vaccins seraient actuellement à l'étude. Une fois mis au point, un vaccin doit faire l'objet d'essais cliniques, qui portent sur sa sécurité et son efficacité. Les essais de phase I phase I trials rassemblent un petit nombre de volontaires et visent à s'assurer de l'innocuité du vaccin. Les essais de phase II ont pour objet d'évaluer la tolérance et l'efficacité, compte tenu de la dose administrée. Les essais de phase III sont des essais randomisés à double aveugle Les sujets sont répartis dans deux « bras » et reçoivent soit le vaccin, soit un placébo. Ils sont randomisés, c'est-à-dire que les sujets sont répartis aléatoirement entre les deux bras. Ni les sujets, ni les chercheurs ne savent qui reçoit un placébo et qui le vaccin testé. C'est pourquoi on parle d'essai à double aveugle. En fonction du nombre de sujets qui contractent la maladie considérée, il est possible d'évaluer l'intérêt du candidat vaccin.

safety

efficacy

safety

randomized double-blind trials
subjets

arms

placebo

 researchers

En janvier prochain, selon le Financial Times, une autre méthode sera utilisée au Royaume-Uni et financée par le gouvernement britannique. On injecterait le vaccin à des volontaires, avant de leur inoculer le virus de la Covid-19. Il s'agit donc d'un essai de provocation chez l'humain, qui n'a rien de neuf, puisque Jenner avait procédé de la même façon. Cette méthode permet de brûler les étapes mais est controversée sur les plans scientifique et éthique. En bonne logique, il faut comparer les résultats obtenus grâce au vaccin à ceux que l'on obtient sans le vaccin. En d'autres termes, il faut inoculer le virus à des témoins, c'est-à-dire à des sujets qui n'ont pas reçu le vaccin.

 

 

 

 

 

 

 

 

controls

Questions multiples

Qui l'emportera dans la course au vaccin ?

 

Le vaccin russe appelé Spoutnik V, qui est un vaccin à adénovirus, va-t-il exploser en vol ? Il a été approuvé après avoir été testé sur 76 sujets seulement. On lit dans Le Monde que les cosmonautes russes l'ont refusé avant leur départ pour la Station spatiale internationale. Quant au vaccin vanté par Trump, sera-t-il validé par la Cour suprême par six voix contre trois ?

Sputnik V

adenovirus vaccine

Petit glossaire des maladies respiratoires virales
fourni par M. René Meertens

English

français

acute viral infection

infection virale aiguë

airborne virus 

virus transmis par voie aérienne

chills 

frissons

cough 

toux

flu 

grippe

headache

 céphalée

immunization 

vaccination

influenza 

grippe

influenza virus

virus de la grippe

muscle and joint pain

douleurs musculaires et articulaires

RNA virus 

virus à ARN

runny nose

écoulement nasal

sneezing 

éternuement

sore throat, throat soreness 

mal de gorge

spread of a virus 

prolifération d'un virus

virus strain 

souche virale


Lecture supplémentaire
:

Rescapé de la variole, Voltaire défend, parmi les premiers, l'inoculation
Le Monde, 30.7.2020

Nouveaux glossaires bilingues – le COVID-19 en dix-huit langues

Cluster, clapping, distance sociale…Ces mots de la crise qui font bondir Bernard Cerquiglini

Coronavirus, les mots pour le dire

 

Annonce de l'Académie française :

Le Covid-19 ou la Covid-19 ?

Le 7 mai 2020

Covid est l’acronyme de corona virus disease, et les sigles et acronymes ont le genre du nom qui constitue le noyau du syntagme dont ils sont une abréviation. On dit ainsi la S.N.C.F. (Société nationale des chemins de fer français) parce que le noyau de ce groupe, société, est un nom féminin, mais le C.I.O. (Comité international olympique), parce que le noyau, comité, est un nom masculin. Quand ce syntagme est composé de mots étrangers, le même principe s’applique. On distingue ainsi le FBI, Federal Bureau of Investigation, « Bureau fédéral d’enquête », de la CIA, Central Intelligence Agency, « Agence centrale de renseignement », puisque dans un cas on traduit le mot noyau par un nom masculin, bureau, et dans l’autre, par un nom féminin, agence. Corona virus disease – notons que l’on aurait pu préférer au nom anglais disease le nom latin morbus, de même sens et plus universel – signifie « maladie provoquée par le corona virus (“virus en forme de couronne”) ». On devrait donc dire la covid 19, puisque le noyau est un équivalent du nom français féminin maladie. Pourquoi alors l’emploi si fréquent du masculin le covid 19 ? Parce que, avant que cet acronyme ne se répande, on a surtout parlé du corona virus, groupe qui doit son genre, en raison des principes exposés plus haut, au nom masculin virus. Ensuite, par métonymie, on a donné à la maladie le genre de l’agent pathogène qui la provoque. Il n’en reste pas moins que l’emploi du féminin serait préférable et qu’il n’est peut-être pas trop tard pour redonner à cet acronyme le genre qui devrait être le sien.

Une seule langue, mais des publicités aux visions opposées

Isabelle PouliotLe texte qui suit reprend en grande partie un article paru dans le Los Angeles Times le 29 septembre 2020. IL est traduit  par notre fidèle collaboratrice, Isabelle Pouliot. Isabelle est membre de la NCTA et ancienne résidente de la région de San Francisco. Elle est traductrice agréée de l'anglais vers le français de l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ). http://traduction.desim.ca

 

Le vote des Latino-Américains est crucial pour la présidence des États Unis. En espagnol, les campagnes de Trump et Biden passent à l'attaque.

Elections 1


Dans les publicités en espagnol ciblant les électeurs latino-américains, le président Trump joue sur la peur et Joe Biden attaque le bilan de Trump.

La campagne Trump met en garde contre le « socialisme » à saveur latino-américaine et sur le fait que la police ne répond pas aux appels du 911 et dépeint Biden comme un leader qui manque de poigne. Les publicités du candidat démocrate écorchent la gestion de Trump de la pandémie, laquelle touche de manière disproportionnée les personnes de couleur, et met l'accent sur le fait que Biden est celui qui a un plan et que le président malmène les immigrants et les réfugiés.

Les deux campagnes dépensent des millions dans des publicités en espagnol dans des États cruciaux comme l'Arizona et la Floride, où le taux de participation des électeurs latino-américains pourrait faire pencher la balance. Pour le seul mois de septembre, les deux campagnes ont dépensé des centaines de milliers de dollars dans des publicités télévisées en espagnol en Floride, un État dont Trump a besoin pour gagner.

Jusqu'à présent, la campagne Biden a produit plus de publicités uniques que celle de Trump et près de deux fois plus de publicités dans les médias en espagnol. La campagne de Biden a dépensé environ 6,7 millions de dollars pour des publicités télévisées en espagnol, comparativement à 4,9 millions de dollars entre juin et la mi-septembre pour le camp de Trump.

La campagne de Biden surpasse aussi celle de Trump pour les dépenses de publicités à la radio, environ 885 000 $ comparativement à 32 500 $.

Dans certains cas, les campagnes utilisent des techniques et des contextes semblables, mais relaient des messages extrêmement différents. À Phoenix, les deux camps ont diffusé à la télé des publicités mettant en vedette des propriétaires de restaurants américano-mexicains.

Dans une publicité pour Biden, la cheffe Silvana Salcido Esparza explique que la pandémie touche durement son restaurant et que l'administration Trump a échoué à aider les entreprises comme la sienne, et a plutôt aidé les riches.

« La pandemia, totalmente, mató mi negocio » dit Mme Salcido Esparza. « La pandémie a complètement tué mon entreprise. C'est évident que le président Trump n'écoute pas les experts. Il n'écoute pas la science. »

Dans une publicité pour Trump, Jorge et Betty Rivas, assis dans la salle à manger de leur restaurant, répètent le message qui dénigre Joe Biden.

« Joe Biden no es un gran lider », dit Jorge Rivas. « Il n'a pas l'énergie ou la capacité d'être ce grand leader dont le pays a besoin », poursuit M. rivas en espagnol.

Les deux campagnes investissent aussi massivement dans des publicités numériques sur Facebook et Instagram, dont la plus grande partie cible les électeurs de la Floride.

Selon des données publiées par Facebook, du 1er janvier au 21 septembre, l'équipe de Biden a dépensé 160 000 $ pour environ 300 publicités numériques en espagnol.

Pour la même période, l'équipe de Trump a dépensé environ 116 000 $ pour 690 publicités, selon une analyse du LA Times.

La campagne de Biden en ligne est semblable à sa campagne publicitaire télévisée et rappelle aux électeurs latino-américains de Floride l'inexistence d'une stratégie nationale de lutte contre la COVID-19 par Trump, laquelle a fait plus de 205 000 morts aux États-Unis. [1]

Latina for TrumpLes publicités numériques pour Trump dans cet État visent en grande partie à vendre de la marchandise « Latinos for Trump ». Les publicités qui mentionnent des enjeux sont surtout axées sur la religion, la position anti-avortement de Trump et sur des attaques contre les démocrates.

Facebook dit ne pas fournir de données sur les groupes démographiques ciblés, mais une analyse de la Ad Library faite par le LA Times révèle que les publicités en espagnol de Trump sont vues plus souvent par les hommes et celles de Biden, par les femmes.

Après l'anglais, l'espagnol est la langue la plus parlée aux États-Unis, et puisque selon des prévisions, les Latino-Américains constituent le plus grand bloc d'électeurs de couleur cette année, les deux campagnes savent que pour remporter la victoire, il leur faut un pourcentage de cet électorat.

« Les candidats n'essaient pas d'obtenir 100 % du vote des latinos parce que… il y a tellement de diversité », explique Bryan Kirschen, professeur adjoint de linguistique espagnole à l'Université Binghamton de New York.

Selon M. Kirshen, la langue est l'un des éléments unificateurs entre Mexicains, Vénézuéliens, Cubains, Colombiens et d'autres, mais pour faire passer un message à chaque communauté, il faut comprendre quelles sont ses nuances.

Il a remarqué que les publicités en espagnol de Trump ciblent les Latino-Américains dont le pays d'origine a été dirigé par des politiciens communistes ou socialistes.

Maduro-BidenDans une publicité du Parti républicain, on aperçoit un Joe Biden souriant aux côtés du président vénézuélien Nicolas Maduro, un socialiste dont le pays traverse une crise humanitaire. Cette image remonte à 2015, alors que les deux hommes participaient à une cérémonie d'assermentation au Brésil. En janvier cette année, Biden a critiqué Maduro et l'a traité de dictateur et a condamné la « prise violente » de la législature vénézuélienne par son gouvernement.

La publicité tente de dresser un parallèle entre les deux hommes, tout en insérant de courtes images de la représentante progressiste du parti démocrate Alexandria Ocasio­ Cortez (N.Y.), du sénateur indépendant du Vermont, Bernie Sanders, suivies du révolutionnaire communiste Che Guevara.

« Extremistas », déclare la publicité. La campagne a dépensé plus de 223 000 $ pour diffuser la publicité plus de 1000 fois dans les marchés publicitaires télévisuels de Miami, d'Orlando et de Tampa, selon les données trouvées par Ad Analytics.

Une publicité numérique utilise la même image, accompagnée d'un extrait sonore de Biden disant qu'il serait l'un des présidents les plus progressistes de l'histoire des États-Unis, suivis d'extraits d'Hugo Chavez, de Fidel Castro et Gustavo Petro parlant de progressistes ou « progresistas ».

« progresistas = socialista », conclut la publicité.

« L'objectif est de susciter de la peur », explique Bryan Kirschen. « On voit que les langues sont utilisées pour diviser le pays de nombreuses manières et ce n'est rien de nouveau. »

Selon Geraldo L. Cadava, auteur de l'ouvrage The Hispanic Republican, Trump a besoin de faire voter le 30 % de l'électorat latino-américain qui s'identifie au parti républicain.

Les publicités de Trump font une affirmation mensongère à propos de Biden voulant « définancer la police », ce qui pourrait être un message efficace pour ces Latino-Américains.

« Il y a une longue tradition de républicains hispaniques qui se voient comme des citoyens respectueux des lois, patriotes et qui sont reconnaissants envers les États-Unis pour toutes les possibilités qui leur ont été offertes », affirme M. Cadava.

Phillip Carter (cropped)Le directeur du Center for the Humanities in an Urban Environment de l'Université internationale de Floride, Phillip Carter, explique :

« Les démocrates accusés d'êtres des socialistes doivent expliquer en espagnol, surtout dans le sud de la Floride, comment le spectre politique de la droite vers la gauche est différent du spectre de la droite vers la gauche existant en Amérique latine. » M. Carter est aussi professeur adjoint d'anglais et de linguistique et a étudié l'utilisation de l'espagnol en matière de politique présidentielle.

« D'une certaine manière, c'est une stratégie victimisante de dire à quelqu'un qui a fui un régime dictatorial ou un état déchu que ce qui est arrivé dans son pays va se reproduire ici. »

Selon M. Carter, la campagne Trump risque de s'aliéner certains Latino-Américains simplement par l'utilisation de publicités en espagnol. Les politiques de Trump ont ciblé les immigrants latinos et son mur à la frontière est « du bonbon » pour les anglophones monolingues qui réagissent négativement lorsqu'ils entendent parler espagnol, dit-il. Après tout, c'est Trump qui a déclaré en 2015 que les États-Unis sont « un pays où on parle anglais, pas espagnol », fait-il remarquer.

« Il y a beaucoup d'électeurs qui regardent ces publicités en espagnol et qui disent, "C'est totalement condescendant, c'est une astuce purement politique », dit M. Carter.

Jusqu'à présent, la campagne Biden a produit une seule publicité dressant un parallèle entre Trump et des dictateurs d'Amérique latine. La publicité de 30 secondes intitulée « Cacerolazo » fait référence à ce type de protestation politique durant laquelle les gens frappent sur des casseroles.

En arrière-plan sonore, on entend le bruit de casseroles qu'on frappe, d'abord lentement, alors que des images apparaissent et disparaissent rapidement de patients atteints de la COVID-19, de manifestations, de manifestants et de journalistes violentés par des policiers. Trump commence à parler, ses paroles s'inscrivant en sous-titres en espagnol, alors que le bruit des casseroles augmente : « Quand quelqu'un est le président des États-Unis, l'autorité est totale. »

Des noms apparaissent et disparaissent rapidement de l'écran : « Fidel … Chavez … Maduro … Trump … Caudillos de le misma tela. » « Des dirigeants taillés dans la même étoffe. »

[1] 225 000 cas mis à jour à la fin d'octobre

 

 

 

 

 

 

 

  Elections 2 President_Poster_Spanish

 

Lecture supplémentaire :

VotaThe Fight to Win Latino Voters for the G.O.P.
The New York Times 

 

Man, l’île du chat sans queue…‎

Si, aux dernières nouvelles, on nous annonce que l’île de Man (Isle of Man ou Mann en anglais, Ellan Vannin, Mann ou Mannin en mannois, Insula Mona en latin), n’a pas connu de telles intempéries depuis cinquante ans, cela ne dira pas grande chose à ceux qui ne savent guère où elle est située et qui sont encore moins conscients de son originalité. Comme toujours, vos serviteurs et co-blogueurs savent bien que vous, chers lecteurs et lectrices, préférez  plonger dans la culture anglo-saxonne et la langue anglaise à travers des anecdotes factuelles et des bribes d’informations historiques, plutôt que par des méthodes pédagogiques plus scolaires. Dans cet esprit, voici  un aperçu d'une île tellement différente de l’archipel d'Hawaï, que nous avons étudié il y a quelques ans.

L’ile de Man, avec une superficie de 570 kmet près de 85 000 habitants,  est un territoire britannique formé d’une île principale et de quelques îlots situés en mer d’Irlande. C'est le roi George II qui l'acheta aux comtes d'Atholl, en 1736. Depuis 1829, elle constitue, comme les îles anglo-normandes, une sorte de colonie de la Couronne. Il s'ensuit que l’île n'appartient ni au Royaume-Uni, ni à l’Union européenne, mais relève directement de sa Gracieuse Majesté britannique.

   
  l'île de Man (marquée en rouge)
se trouve entre
l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande
 

L’île de Man fait aujourd'hui partie des six nations celtiques  (avec l’Irlande, les Comouailles, la Bretagne, l’Écosse et le Pays de Galles) reconnues par le Congrès celtique international et la Ligue celtique. [1]

Les habitants de l’île de Man sont les Mannois et les Mannoises (en anglais Manx).

Des recherches récentes démontrent qu'avant, 8500 av. J-C, Man était reliée à la Cumbrie (comté de l’Angleterre) par une bande de terre qui a ensuite été progressivement envahie par la mer.

L'arrivée de groupes humains sur l'île de Man semble toutefois antérieure d'au moins mille années aux principaux vestiges du Néolithique que l'on trouve sur plusieurs sites.

L’installation des peuples celtes remonte à 8500 av. J-C.

Il est généralement  admis que le christianisme fut introduit dans l’île de Man par le moine irlandais Patrick ; par la suite, des moines venus de pays celtiques, et surtout de l’Irlande, effectuèrent des voyages missionnaires à partir de l’an 500.

La Haute Cour de Tynwald, le parlement de l'île de Man, est d'origine norvégienne. Existant depuis plus de mille ans, c'est le plus ancien parlement du monde. [2]

Le Manx est une race de chat originaire de l'île de Man. C'est un animal à poil court et sans queue dont les pattes postérieures sont un peu plus hautes que les antérieures. Selon la légende, il aurait été le dernier animal à embarquer dans l’Arche de Noë. En se refermant brusquement, l'écoutille lui a sectionné la queue.

   


Quelques précisions linguistiques
 :

              L'actuelle souveraine britannique, la reine Élisabeth, porte le titre de « Seigneur de Man » (The Lord of Mann), comme on voit sur le timbre au-dessous. Ce titre, bizarre lorsqu'il s’agit d’une souveraine, remonte au règne du roi George III. La Reine Victoria avait porté le titre de « Lady of Mann ».

   

              Les deux langues officielles reconnues sur l'île sont l’anglais et la longue locale, le mannois (en anglais Manx).  La langue française est enseignée dans les lycées. [3] 

 

Manx

Our Father in heaven,
hallowed be your name,
your kingdom come,
your will be done,
on earth as in heaven.

Give us today our daily bread.
Forgive us our sins
as we forgive those who sin against us.

Save us from temptation
and deliver us from evil.

For the kingdom, the power, and the glory are yours
now and for ever.

Amen

“Notre Père” en mannois et anglais

              

-               La devise officielle est «Quocunque Jeceris Stabit”  (Où que tu le jettes, il restera debout). Elle est apparue pour la première fois sur des monnaies de l'île en 1668.

   

Actualités :

Pour revenir sur le début de cet article, rappelons que le froid et les chutes de neige sur l’ile de Man, ainsi que sur le pays de Galles et le sud de l’Écosse, ont été les plus pénibles depuis 1963. L'épaisseur de la neige a atteint presque trois mètres.

  Isle-of-man

des moutons perdus, retrouvés et rassemblés sur l'île de Man

 

Audio clip (4:28 minutes):
Snowed under on Isle of Man

(Cliquez sur le bouton orange pour
écouter le programme.)

 

Attention : La tendance maintenant très répandue en anglais d’employer un auxiliaire de verbe singulier avec un substantif pluriel, ce qui contredit des règles de base de l’anglais, s’entend même dans la bouche du correspondant lointain de la « Manx  Radio » :  « There has been some wonderfully heartwarming stories… There has been some sorry tales…» (ce qui est plus proche au français :« il y avait des histoires »).

À notre avis, des formes verbales comme « have » et « were » qui doivent s’employer en anglais pour le pluriel sont en train de disparaître à bas bruit de la langue anglaise.


Note linguistique :
Selon l'Online Etymology Dictionary, “isle[4] est entré dans la langue anglaise au 13e siècle, par l'intermédiaire du vieux français isle, lui-même dérivé du latin insula, signifiant “île”, (peut-être la forme féminine de l'adjectif en-salos, signifiant “dans la mer”, de salum, “mer”)C'est un terme plus littéraire, utilisé dans la toponymie: Isle of Man,  Isle of Wight. Remarquons qu'en français la vieille graphie isle a survécu dans des patronymes (Rouget de Lisle, Leconte de Lisle) et des toponymes (L'Isle-Adam, L'Isle-Jourdain, L'Isle-en-Dodon).

Le mot anglais « island » est entré dans la langue anglaise par un cheminement plus complexe.

Le mot anglais « islet » [5], désigne un îlot. Il est entré dans la langue anglaise vers 1530, en provenance du français « islette ».
 
L'adjectif « insular » (insulaire, en français, dans son sens littéral, géographique), est couramment employé en anglais dans un sens métaphorique que l'on pourrait, dans ce cas, rendre en français par étriqué(e).

Enfin, en anglais, insularn'est pas employé comme substantif, de la façon dont les Français emploient insulaire, dans le sens d'îlien, d'habitant d'une île. L'équivalent anglais serait le mot islander”.

Les mots anglais “island” et “isle” ont la même signification.

————

[1]  En outre, il existe la Galice  (Galicia et Galiza en galicien, Galicia en castillan et en anglais), une  communauté autonome avec un statut de nation historique  (nacionalidade histórica en galicien) , située à l'extrémité nord-ouest de l'Espagne.  

[2] Note linguistique sur l'etymologie du mot "parlement".

[3] En 2012, le gouvernement et l'opposition se sont affrontés sur le point de savoir s'il fallait éliminer le mannois ou le français du programme des écoles primaires de l'île. C'est le mannois qui l'a emporté.

[4] La lettre "s" n'est pas prononcée. Le mot isle est prononcé exactement comme deux autres mots anglais : I'll & aisle.

[5] La lettre "s" n'est pas prononcée. Le mot islet est prononcé exactement comme eyelet ("œillet" en français).

Jonathan G. & Jean L.

Les termes anglais du mois : Cadet, caddie, cad

Certains font remonter l'origine du jeu de golf au paganica [1] des Cad st_andrews_golf_course_graphicss Romains, d'autres au jeu français de mail (ou de pale mail) [2] et, d'autres encore, au chaugán (ou tchovgan) perse [3]. Ce que l'on sait, c'est que, dès le XIIIe siècle, il se pratiquait aux Pays-Bas un jeu dénommé colf (ou colve, colven, kolven), consistant à envoyer avec un bâton une balle de cuir vers un but. Repris en Écosse au XVe siècle sous le nom de golf, ce jeu y fut codifié en 1754 par le Royal and Ancient Golf Club of Saint Andrews. < [4]

Cad - caddieEntretemps, le mot franco-gascon capdet était entré dans la langue anglaise et vite adopté dans les cercles de golf écossais sous la forme dérivée de caddy (ou caddie), pour désigner la personne qui porte les cannes (ou clubs) du joueur et l'aide tout au long du parcours. Dans de nombreux tournois amateurs, les joueurs sont tenus de porter leur sac, mais les joueurs professionnels peuvent se faire accompagner de caddies qui portent et gèrent le matériel du joueur et sont même autorisés à le conseiller au cours du jeu.

Il en sort que le mot anglais caddie  et le mot français « caddie » sont les faux amis.  Le mot français dont la signification est « chariot de supermarché » dérive du nom commercial d’une société – Les Ateliers réunis Caddie (fondée en 1926).

Le mot caddy/caddie a quelques autres significations moins courantes :

i. Aux États-Unis, ce peut être l'abréviation de Cadillac, la voiture de luxe.

ii. Il est également utilisé (assez rarement et seulement dans certaines parties des États-Unis, semble-t-il), comme élément de l'expression shower caddy, pour désigner une étagère que l'on place habituellement sur la paroi de la douche pour ranger les accessoires de toilette. Même chose dans l'expression tool caddy, désignant un râtelier à outils.

  Caddy - shower  

iii. Au Royaume-Uni, le tea caddy désigne une boîte de fer blanc où l'on garde le thé. (Où l'on gardait le thé, avant l'usage des sachets.) Ce caddy-là dériverait du mot malais kati, unité de poids correspondant à 0,61 kg.

  Caddy tea  

Passons au mot cadet, dont dérivent caddy/caddie. Étonnamment, l'Oxford Dictionary donne parmi ses différents sens : « fils ou fille plus jeune » [c'est-à-dire puiné(e)], tout en qualifiant ce sens de formel ou d'archaïque. À la connaissance des auteurs, le mot cadet n'a jamais (s'il l'a été il y a très longtemps) été couramment utilisé en anglais dans le sens français de « frère cadet ». En revanche, comme en ancien français, il désigne un jeune qui s'initie au métier des armes [5] et, en Australie, il a pris le sens de stagiaire ou de débutant, notamment de journaliste stagiaire.

Vu qu'en France, tout se termine – dit-on – par des chansons, n'oublions pas non plus Cadet Rousselle, la chanson populaire devenue comptine après avoir été révolutionnaire !

  Cadet rouselle  

Le mot cad, dérivé de cadet ou de caddy, a une étymologie plus complexe. Pour bien comprendre le contexte dans lequel il a été forgé, il peut être bon de rappeler que, dans l'histoire de l'université d'Oxford, vraisemblablement fondée en 1096, et de celle de Cambridge, fondée en 1219, une rivalité a toujours existé entre les habitants des deux localités et les communautés estudiantines.[6] Les seconds portaient un costume étudiant et l'expression « Town and Gown » en vint à différencier les étudiants des habitants de la ville. [7] Le mot cadet (dérivé du latin caput) était entré dans le franco-gascon sous la forme capdut, signifiant « petit frère »ou « junior ». Les étudiants d'Oxford adoptèrent la forme abrégée cad pour désigner ceux que leurs homologues français appelaient irrévérencieusement les « bourgeois ».

 

Town & Gown

Après que son sens ait évolué au fil des ans, cad en est venu à désigner au XVIIIe siècle quelqu'un qui se comportait mal avec une dame (un goujat). Cette acception n'est pratiquement plus usitée et peut même être considérée comme archaïque au XXIe siècle. [8] 

———————–

[1] Jeu consistant à envoyer une balle vers un but appelé paganica.

[2] Petit maillet muni d'un long manche dont on se servait pour pousser une balle de bois dans une direction déterminée. Par extension, le mot mail en est venu à désigner le jeu lui-même, puis la promenade publique où l'on jouait au mail (avenue du Mail, à Genève; Pall Mall, à Londres). Avatar du mail : le jeu de croquet.

[3] Jeu équestre, ancêtre du polo, qui se jouait dans l'empire perse et qui se joue encore en Azerbaïdjan. Pratiqué à dos de chevaux karabakhs, ce jeu traditionnel a été inscrit en 2013 par l'UNESCO sur la liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente.

[4] L'University of the Highlands and Islands a offert un diplôme en golf professionnel. Voir : Professional golf degree launched in Scotland, Times Higher Education, 21 January, 2015.

[5] Cad cyranoComme quatrième sens du mot cadet, le Petit Robert donne : « (anciennement) Gentilhomme qui servait comme soldat, puis comme officier subalterne, pour apprendre le métier des armes. » On se souvient des cadets de Gascogne et de Carbon de Casteljaloux, compagnie à laquelle appartenait le Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand. Notons qu'en français moderne, on préfère parler d'élèves officiers, même si l'on appelle encore « cadets de Saumur » les élèves de l'école d'application de l'arme blindée cavalerie.

[6] En 1209, deux clercs d'Oxford (c'est-à-dire des étudiants des collèges religieux, toujours plus nombreux) ont été pendus par des habitants de la ville pour un meurtre qu'ils n'avaient semble-t-il pas commis. Les étudiants, craignant pour leur vie, migrèrent à Cambridge où certains d'entre eux s'installèrent définitivement. Apparemment, cette rivalité n'a pas complètement disparu puisque, selon le journal britannique Telegraph du 5 août 2012, les étudiants de l'université de Cambridge sont invités à ne pas revêtir leur toge ou leur tenue de gala s'ils vont boire en ville, au risque de se faire rosser par les gens du cru.

[7] Les codes vestimentaires d'Oxford et de Cambridge (sub fusc : toge et mortier noirs) sont compliqués. Pour plus d'explications, voir : "17 weird, wonderful, WTF Oxbridge traditions".

Cad - students at Clare College Cambridge

[8] Mais voir : "Cad: Confessions of a Toxic Bachelor", by Rick Marin, Hachette Books, 2003..

Lecture supplémentaire :

'To lick a Lord and thrash a cad': Oxford 'Town & Gown'
BBC, 4 November 2010

Jean L. & Jonathan G.

Google Translate comme traducteur littéraire (espagnol > anglais)

L'analyse qui suit est la troisième d'une série qui compare les traductions réalisées par des traducteurs/trices littéraires pour les versions de textes publiées avec celles effectuées par le logiciel Google Translate. Voici les deux analyses précédentes : 

Elsa Wack : Google Translate comme traducteur littéraire (allemand > français)  

Isabelle Pouliot : Google Translate comme traducteur littéraire (italien > français)  

Francisco HulsePour celle-ci notre contributeur est Francisco Hulse, traducteur et interprète anglais/espagnol, qui a été, avec sa femme Merav et son fils Adriel, un de nos linguistes du mois de mars 2020.

Par comparaison avec les deux contributeurs précédents, Francisco n’a pas une maîtrise parfaite de français et les traductions comparées dans son analyse sont vers l’anglais (ce qui est approprié pour un blog qui s’appelle Le mot juste en anglais).  

Pour fournir aux lecteurs et lectrices la préface et les observations de Francisco, nous avons bénéficié de l’aide précieuse de Roland David Valayre, Français né à Paris, résident de San Francisco (Californie), dramaturge, metteur en scène, acteur, et fondateur et directeur artistique de GenerationTheatre de S. Francisco..

Les lecteurs et lectrices qui souhaitent savoir également comment le passage analysé ci-dessous a été traduit dans la version française, L'Ombre du vent (traduction François Maspero), le trouveront en bas de page de cet article.

Donnons la parole à Francisco Hulse : 

Mon collègue et ami Jonathan Goldberg m’a demandé de contribuer à ce dernier chapitre de John Henry vs. the steam drill (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Henry_(folklore)). J’ai choisi de comparer la première page de La sombra del viento, de Carlos Ruiz Zafón [1]  (édité en 2001), sa traduction anglaise publiée, The Shadow of the Wind, traduction de Lucia Graves, [2] et la version anglaise de Google Translate (effectuée en nanosecondes le lundi 28 septembre 2020). On a décrit le roman comme un mystère gothique, une œuvre commerciale, un roman policier, un récit initiatique, une fiction historique et une farce occasionnelle. Je l’ai lu il y a environ 10 à 15 ans, et la plupart de ces descriptions sont justifiées. Il existe des manières bien pires de tuer quelques heures avant de rendre l’âme.

La sombra del viento The Shadow of the Wind

Commençons, si vous le voulez bien.

Texte original de Ruiz  :

Todavía recuerdo aquel amanecer en que mi padre me llevó por primera vez a visitar el Cementerio de los Libros Olvidados. Desgranaban los primeros días del verano de 1945 y caminábamos por las calles de una Barcelona atrapada bajo cielos de ceniza y un sol de vapor que se derramaba sobre la Rambla de Santa Mónica en una guirnalda de cobre líquido.

            —Daniel, lo que vas a ver hoy no se lo puedes contar a nadie —advirtió mi padre—. Ni a tu amigo Tomás. A nadie.

            —¿Ni siquiera a mamá? —inquirí yo, a media voz.

            Mi padre suspiró, amparado en aquella sonrisa triste que le perseguía como una sombra por la vida.

            —Claro que sí. —respondió cabizbajo—. Con ella no tenemos secretos. A ella puedes contárselo todo.

 

Traduction de Lucia Graves :

I still remember the day my father took me to the Cemetery of Forgotten Books for the first time. It was the early summer of 1945, and we walked through the streets of a Barcelona trapped beneath ashen skies as dawn poured over Rambla de Santa Mónica in a wreath of liquid copper.

            “Daniel, you mustn’t tell anyone what you’re about to see today,” my father warned. “Not even your friend Tomás. No one.”

            “Not even Mommy?”

            My father sighed, hiding behind the sad smile that followed him like a shadow through life.

            “Of course you can tell her,” he answered, heavyhearted. “We keep no secrets from her. You can tell her everything.”

Traduction de Google Translate :

I still remember that sunrise when my father took me for the first time to visit the Cemetery of Forgotten Books. The first days of the summer of 1945 were unraveling and we walked through the streets of a Barcelona trapped under skies of ash and a steamy sun that poured over the Rambla de Santa Mónica in a garland of liquid copper.

"Daniel, what you're going to see today you can't tell anyone," my father warned. Not your friend Tomás. To nobody.

"Not even Mom?" I asked, in a low voice.

My father sighed, covered in that sad smile that haunted him like a shadow for life.

-Of course. He answered crestfallen. With her we have no secrets. You can tell her everything.

Observations :

Tout d’abord, GT ignore complètement la ponctuation et la mise en page et massacre le positionnement des guillemets et des indentations. 

Amanecer,  le nom commun, signifie « l’aube » ou « le lever du soleil ». Le réseau neural de GT a choisi cette dernière traduction. Le soleil continue son ascension jusqu’à midi, mais ce mot désigne le moment où les premiers rayons commencent à poindre au dessus de l’horizon. Ce n’est pas instantané, mais pour l’œil humain, ça l’est presque. Graves à choisi « day », qui n’est pas un mauvais choix puisque l’heure de la journée est mentionnée plus loin dans le texte. Elle aurait pu choisir « early morning », ce qui aurait permis à l’adjectif démonstratif aquel de trouver sa place plus naturellement : “I still remember that early morning when my father…

Desgranar pose un problème plus ardu : la définition du Diccionario de la Lengua Española est :

Dicho de las piezas ensartadas, como las cuentas de un collar, un rosario, etc.: soltarse.

Úsase también en sentido figurado.

[« Se dit des choses qui sont liées ensemble, comme les perles d’un collier, un rosaire, etc. : être séparées les unes des autres. Aussi utilisé dans un sens figuratif. »]

Et donc la tentative de GT pour capturer le sens figuratif, « unravel », est louable, mais manque la cible puisque la métaphore associe les jours à des perles qu’on peut dénombrer, et non le temps à un fil continu. La solution de Grave est clairement supérieure. Pourrait-on l’améliorer ? Cela dépend : dans ce passage, Ruiz n’essayait pas d’innover dans la métaphore, et c’est ce que l’on ferait avec « The first few days of the summer of 1945 were spilling out, and we walked…

Graves ignore complètement un sol de vapor [« un soleil de vapeur »], lui substituant cette « aurore » qu’elle avait omise de la phrase précédente. La solution de GT, « a steamy sun », me fait penser à une journée lourde (car on pense presque toujours à de la vapeur d’eau lorsqu’on utilise le mot « steam ») ; un sol de vapor évoque autre chose. (Pour mémoire, le soleil est fait de plasma, pas de gaz, mais mon choix serait « …ashen skies as a vapor sun poured over… »)

La première bourde de taille de GT est d’ignorer le Ni (« Pas même ») de Ni a tu amigo Tomás (« Pas même ton ami Tomás ») et de poursuivre immédiatement avec la gaffe de « To nobody » pour traduire A nadie. Graves traduit les deux correctement, ce qui ne surprendra personne.

Voici où la comparaison devient intéressante : ¿Ni siquiera a mamá? Comme nous l’apprenons dans le cours du chapitre, le garçon en question a dix ans (en 1945, en Espagne, n’oubliez pas — pas cinq ans à Berkeley en 2020) et néanmoins Graves lui fait appeler sa mère « Mommy »! Et pas lorsqu’il s’adresse à elle directement, mais lorsqu’il en parle à son père. J’ai entendu beaucoup d’enfants latino-américains dire mami ou Mami ; « mommy » ou « Mommy » serait le registre de langue équivalent en anglais. Je dois admettre mon ignorance quant au mot que les enfants espagnols utilisent pour mami ou Mami, mais Ruiz met un mot différent dans la bouche du garçon : mamá, qui est clairement « mom » (ou « mum » au Royaume Uni). Points marqués : Un pour GT.

Je suis aussi déconcerté quant à ce qui a conduit Graves à ignorer inquirí yo, a media voz. La solution de GT (« I asked, in a low voice ») traduit le sens aux dépens du registre de langue. Pourquoi Graves a-t-elle rejeté « I inquired quietly » ?

GT rate son coup avec amparado en aquella sonrisa triste que Graves traduit assez exactement par « hiding behind the sad smile » (quoique « sheltered by that sad smile » serait plus juste). GT surtraduit aussi en proposant « that haunted him like a shadow for life » pour « que le perseguía como una sombra por la vida ». Le verbe est à l’imparfait, donc il exprime un état ou une condition appartenant au passé, alors que « for life » suggère que la poursuite a duré sa vie entière. Toutefois, il faut rendre à César… : perseguir (« poursuivre », « pourchasser », « persécuter », « traquer », « dénicher ») est plus fort que seguir (« suivre », « surveiller », « pister », « continuer », « poursuivre ») et néanmoins Graves a choisi « follow ». L’utilisation de « haunt » par GT contient l’idée que le traqué aimerait être débarrassé du traqueur.

Graves tape dans le mille [3] avec la réponse du père :

1) Elle ajoute « tell her » pour rendre le Claro que sí plus idiomatique : « Of course you can tell her. »

2) Elle se conforme au ton émotionnel de cabizbajo, dont la signification littérale est (là encore, d’après le DLE) Que tiene la cabeza inclinada hacia abajo por abatimiento, tristeza o preocupaciones graves (« [Utilisé pour décrire quelqu’un] qui baisse la tête de découragement, de tristesse ou en raison de problèmes graves »). Il existe une option en anglais pour indiquer ce découragement par une position de la tête : « to hang one’s head ». Donc, Graves aurait pu choisir « …he answered, hanging his head »; toutefois, comme cette expression est plus souvent utilisée pour indiquer la honte que le découragement, « heavyhearted » est un choix plus prudent.

Comment GT massacre-t-il la réponse de Papa ? Non seulement il sépare la citation de la voix du narrateur et en fait deux phrases séparées, mais en plus il choisit le mauvais mot (dans le contexte donné) pour cabizbajo (« crestfallen ») et traduit Con ella no tenemos secretos trop littéralement (« With her we have no secrets »).

Repose en paix, John Henry. La foreuse à vapeur n’a pas encore pris le dessus.

Conclusion : Notre profession de traducteurs n’est pas en danger ! Pour le moment !

Francisco Hulse.

Notes du blog :

[1] Résidant, à l'epoque, à Los Angeles.

[2] La traductrice est la fille du poète et romancier britannique, Robert Graves (1895-1985)

[3]   Selon Internaute.fr : « L'origine de cette expression, apparue au cours du XXe siècle, s'appuie sur le sport du tir à la cible où chaque joueur doit placer sa flèche au centre de la cible s'il veut espérer gagner. » L'expression anglaise équivalente employée par Francisco et traduit par David a été : "bats a thousand". Selon Wikidictionary, "bats a thousand" / "bats one thousand est : "From a baseball batting average, often stated as the number of hits per 1000 at bats – 1000 would be 100 percent."  Des sports differénts, mais la même idée.

 

Le Cimetière des Livres Oubliés

Je me souviens encore de ce petit matin où mon père m'emmena pour la première fois visiter le Cimetière des Livres Oubliés. Nous étions aux premiers jours de l'été 1945, et nous marchions dans les rues d'une Barcelone écrasée sous un ciel de cendre et un soleil fuligineux qui se répandait sur la ville comme une coulée de cuivre liquide.

– Daniel, me prévint mon père, ce que tu vas voir aujourd'hui, tu ne dois en parler à personne. Pas même à ton ami Tomas. À personne.

– Pas même à maman ? " demandai-je à mi-voix.

Mon père soupira, en se réfugiant derrière ce sourire triste qui accompagnait toute sa vie comme un ombre.

– Si, bien sûr, répondit-il en baissant la tête. Pour elle, nous n'avons pas de secrets. Elle, on peut tout lui dire.

Astroturfing – le mot anglais du mois

Astroturfing
Avant d’expliquer ce mot, il faut rappeler, qu'en anglais, « grassroots » s’emploie littéralement (et comme substantif) pour désigner, en géologie, des couches superficielles ou, en botanique, des racines d’herbe (dans ce cas, en deux mots : « grass roots »). 

En revanche, « grassroots » employé figurativement (et comme adjectif) veut dire « populaire » ou « de base », par exemple dans l’expression « grassroots campaign » (campagne s'adressant à des gens ordinaires). Dans le sens tant littéral que figuré, il s’agit de quelque chose qui sort de  terre, comme le gazon naturel, qui se situe « au ras des pâquerettes », par opposition à quelque chose d'artificiel ou d'imposé d’en-haut.

Grassroots 1


Grassroots fundraiser

Grassroots 3

Le mot « turf » renvoie lui aussi au gazon et à la pelouse. (Dans un contexte particulier, il peut vouloir dire course hippique.)

Astroturf ® est la marque commerciale d’une société qui vend de l’herbe artificielle utilisée dans les stades.  Les mots « grass roots » (ou « grassroots ») « turf » et  « astroturf » ® ne sont pas des néologismes.

  Astroturf  

En revanche, le mot « astroturfing » a été forgé il y a quelques années seulement pour désigner l’acte de mener une campagne, surtout politique ou commerciale, qui donne l’impression d'être populaire et spontanée, mais qui, en réalité, est aussi artificielle que l’astroturf. Donc l’astroturfing est employé  par une entité organisée qui cherche à promouvoir une idée, un produit, une campagne ou un candidat.  Il s’agit d’orchestrer les choses d’une manière qui semble provenir de différentes sources et bénéficier d'un large soutien, tout en employant des méthodes de désinformation. Cela s'opère grâce à des lettres écrites aux journaux, des articles orientés publiés dans des blogs, ou des opinions, dites impartiales, exprimées par d’autres canaux d'information.

Le recours à l’astroturfing se répand rapidement comme nouvel outil de la guerre menée sur la Toile. Pour citer le journal américain, The Boston Globe :

Une nouvelle menace plane désormais sur la Toile. Jusqu'ici, l'histoire des « cyberguerres » a été celle de l'escalade des logiciels. Des criminels de l'ombre (ou des adolescents qui s'ennuyaient) concevaient des codes – toujours plus pointus -  permettant d'infester les logiciels, d'inonder de spams ou de subtiliser des numéros de cartes de crédit… Mais, la matière première d'une toute nouvelle forme d'agression n'est pas le logiciel, mais le public. De gros bataillons de mercenaires sont recrutés pour aider à déformer le paysage socio-médiatique – en vantant les mérites de tel ou tel produit, en diffusant des spams convaincants, en ouvrant des comptes sur des réseaux sociaux ou en effectuant d'autres tâches.  Cela donne à ceux qui les emploient de nouveaux moyens de faire à peu près n'importe quoi, de l'usage de techniques commerciales contestables au vol pur et simple.

Voir aussi:

Detecting and Tracking the Spread of Astroturf Memes in Microblog Streams
School of Informatics and Computing, Indiana University, Bloomington, IN, USA

D’autres expressions qui comprennent le mot « turf » :

Turf war

Turf warCe terme est défini par la base de données « Wordnet » comme « une âpre lutte pour un territoire, un pouvoir, une domination ou des droits ». Par exemple: «  a turf war erupted between street gangs».  Ces querelles de territoire opposent des bandes, des mafias, des seigneurs de la guerre, des militants de partis politiques, des groupes religieux, etc. qui se disputent tel ou tel secteur ou point particulier de vente de drogue, ou de collecte illégale de fonds ou de dons, ou encore de prosélytisme politique ou religieux. 

Surf and turf

Type de cuisine qui associe viande et fruits de mer (en particulier le homard et le steak), ou les restaurants qui proposent cette cuisine.

  Surf and turf

Not exactly my turf 

Ce n'est pas mon rayon (/ma spécialité)

It comes with the turf

 Ce sont les risques du métier

to be turfed out (familier)

être viré, jeté

home turf

terre natale; (sport) domicile

 J.G.