Pont Neuf, Paris
Pont Neuf, Paris
Japanese Gardens
Japanese Gardens
Montserrat, Barcelona
en routeMontserrat- Barcelona
Tower Bridge, London
Tower Bridge, London
Skip to content

Le 2 février 2022 – le centenaire de la publication d’Ulysse

….et le cent quarantième anniversaire de son auteur, James Joyce.

  James Joyce  

Nous accueillons chaleureusement notre nouvelle contributrice, Nathalie Barrié – traductrice litteraire (anglais > français, espagnol > français), nouvelliste, chroniqueuse et parolière [1].  Nous la laissons se présenter elle-même.

N.B.

La fiction, plus ou moins courte, est mon péché mignon. 

Dans une première vie, j’ai enseigné le Français Langue Étrangère pendant 16 ans aux États-Unis et l’anglais pendant 12 ans en région parisienne. Agrégée d’anglais, j’ai profité d’une année de formation pour suivre le Master de traduction littéraire de l’université de Paris 7, où j’ai rencontré des maîtres, notamment le traducteur helléniste Michel Volkovitch, qui m’encouragea à écrire mes propres textes.

Deux autres Masters suivirent, [2]  de traduction et de traductologie, et j’errerais sans doute encore dans les méandres de la voie académique si la traduction ne m’avait mis le pied à l’étrier des réalités éditoriales, soit à ce jour, une quarantaine d’ouvrages traduits pour l’édition.

 

JJ UlyssesCela m’a pris, pour être honnête, du temps pour commencer à déchiffrer (je ne dirais pas comprendre) Ulysse. J’en suis venue à la supposition que Joyce opérait une dissection graduelle du langage, une dissolution, peut-être animé par un esprit de mutinerie au sein même de l’anglais, une mutinerie langagière donc, par un goût de l’hérésie dont la définition, « détourner un système de l’intérieur », s’est imprimée à jamais dans mon esprit lors du cours d’André Topia, spécialiste de Joyce, auquel j’ai eu la chance d’assister à la Sorbonne en 2006. Dans cette écriture, on sent un glissendo (Joyce était aussi chanteur lyrique à ses heures) entre le style du début du roman, relativement « académique », et les styles divers et variés des autres chapitres qui flirtent avec l’impossible, ce « versant secret du langage » évoqué par Barthes dans Le degré zéro de l’écriture. Joyce met à mal l’unité de style, d’action, de lieu et de temps, brouillant les repères pour utiliser, puis dépasser les règles traditionnelles de la fiction. L’éternité semble être contenue dans une seule journée, le 16 juin, le fameux Bloom’s JJ Bloom's Day Day célébré en Irlande. Plus encore, une seconde de cette unique journée semble contenir une infinité de rêves, de pensées, de fantasmes. L’ambition du livre serait-elle de contenir la réalité, d’être plus vaste qu’elle ? Une telle ambition n’exclurait pas l’humour, lequel participe aussi de l’évolution de toutes les cultures, et l’auteur démiurge en use volontiers, qui traduit, par exemple, le langage de la mer en onomatopées : seesoo, hrss, resseeiss, oos. Le froissement des vagues, leur va-et-vient sur la grève, y est audible.

Il me semble ici opportun de rappeler que Joyce a passé la majeure partie de sa vie adulte loin de son Irlande natale, vivant en Italie et parlant le triestin en famille, un dialecte de l’italien. Il s’intéressait aussi beaucoup au celte et se plaisait à déformer les mots anglais en JJ Finnegan's Wakeleur ajoutant des consonances celtiques. Cette tendance hérétique, cette colère en somme qui sous-tend son œuvre (la colère, telle celle d’Achille, peut être fondatrice d’un ordre nouveau) apporte quelque chose d’inédit à la langue anglaise, y incorpore de l’étrangeté. Finnegans Wake « finit le job », pourrait-on dire, mais il m’est impossible d’imaginer ce que Joyce avait en tête en l’écrivant. Une phrase me revient de sa correspondance : « Je suis au bout de l’anglais », éclairant faiblement ma lanterne…

La première traduction existante d’Ulysse remonte à 1929. Ses auteurs étaient Valery Larbaud et Gustave Morel.

JJ Valery Larbaud

JJ plaque

La seconde traduction date de 2004, fruit d’un collège de traducteurs placés sous la direction de Jacques Aubert. Dans Ulysse, Joyce joue sur les mots et avec les mots à grande échelle. Inspiré de la fable antique, Ulysse met en scène les différentes étapes du voyage du héros antique en gardant les noms des différents lieux qui jalonnent son chemin (par exemple Ithaque, Charybde et Scylla) ou des personnages qu’il a rencontrés (Calypso, Circé, Nausicaa, etc.), mais en les transférant dans le Dublin des années 1920. Joyce se plaît à jouer sur plusieurs niveaux de lecture, maniant les allusions littéraires. Athée, déçu par l’éducation religieuse de son enfance mais esthétiquement attiré par les ors du faste catholique, il se plaît également à jouer avec les symboles religieux, à « détourner le système de l’intérieur », encore et encore. Il croit aux « épiphanies », dans une conception personnelle et non religieuse : certains signes discrets adressés par l’inconscient via des éléments surgissant dans le réel, le quotidien. Il s’intéresse aux récentes découvertes de Freud sur l’inconscient. Il incorpore notamment à son œuvre les principes de déplacement et de condensation freudiens du rêve. La structure profonde du roman est recouverte par les fils de la trame : rappelons-nous que le mot « texte » a pour étymologie le mot « tissu ».

L’aspect symbolique et freudien d’Ulysse


Dans James Joyce et la création d'Ulysse, Frank Budgen, peintre et ami de Joyce, nous livre ce précieux témoignage, traduit en français JJ Frank_Budgen par Edith Fournier : « À l'époque où il écrivait « Pénélope » (le dix-huitième et dernier chapitre d’Ulysse, qui se conclut par le fameux monologue de Molly), Joyce m'écrivit : « Son monologue tourne lentement, régulièrement bien qu’avec des fluctuations, capricieusement mais sûrement, comme l'immense globe terrestre lui‑même qui n'en finit plus de tourner. Les quatre points cardinaux de ce monologue sont : les seins, les fesses, la matrice et le sexe de la femme, que représentent respectivement les mots : parce que (because), fond (bottom) – dans tous les sens du mot : fond de la poche, fond de la classe, fond de la mer, fond de son cœur –, femme (woman), oui (yes) » [3]. On voit donc ici que des mots d'apparence aussi anodine que yes ou because recèlent un sens inattendu dans le récit joycien, qui les investit d'une force symbolique féminine et sexuelle. Et le mot de la fin du monologue de Molly Bloom, ce fameux yes répété en écho, ne laisse plus de place à l'équivoque, et doit sonner comme une victoire aux oreilles du mari déçu auquel il s'adresse.

Dans les dix-sept chapitres précédents, rien ne préfigure cette fin heureuse du roman car l'infidélité de Molly est omniprésente dans l'inconscient de Leopold Bloom. « Molly » est d'ailleurs le nom de l'herbe magique qui protège Ulysse contre le mauvais sort dans l'Odyssée, mais qu'il perd en chemin. Le roman tout entier est un long détour que fait Bloom pour éviter de regarder en face l'infidélité de sa femme Molly et pour tuer le temps en dehors de chez lui pendant qu'elle reçoit son amant, Blaze Boylan, dans leur propre maison. Leopold essaie de chasser de ses pensées cette réalité déplaisante mais elle resurgit à la première occasion, en particulier dans « Circé », le chapitre 15, qui révèle le contenu de ses rêves. Les doubles sens sont donc légion, et il est d'autant plus important qu'ils apparaissent en traduction qu'ils ressortent d'un mécanisme de défense psychique caractéristique du personnage principal et lié au récit global.

Au début de « Circé », Bloom se regarde dans un miroir et voit :

Original : Lovelorn longlost lugubru Booloohoom

Traduit en 1929 (T1) par :  Le délaissé lontemps perdu lugubru Booloohoom

Et en 2004 (T2) par : Délaisséperdu lugubro Booloohoom

Une allusion symbolique à Blaze Boylan, l'amant de Molly Bloom, apparaît dans le passage suivant, très différemment traduit à 75 ans d’intervalle :

O Big Blaze. Might be his house. Beggar's bush.

T1 Ça dache ferme. Si c'était chez lui. Le feu quelque part.

T2 Grand incendie blazonnant. Peut-être sa maison. Buisson flamboylant.

Le symbolisme des couleurs est récurrent dans « Circé », en particulier le jaune, rappelant à Bloom qu’il est cocu :

O Damn your yellow stick.

T1 Au diable ton bâton couleur de cocu.

T2 Que le diable emporte ton safrané bâton.

Toutefois, comme le rappelle l’article du New York Times du 2 février 2022, jour du centenaire de la publication d’Ulysse et des 140 ans de Joyce, tout n’est pas qu’allusions dans Ulysse, le thème sexuel y est aussi décrit de façon graphique, et se mêle au thème de l’amour, un amour charnel très ancré dans la réalité des corps, a priori éloigné du romantisme. Leopold Bloom, le protagoniste, est un voyeur attiré par la vue du fessier féminin et habité par des fantasmes sexuels. C’est sans doute là la grande audace d’Ulysse pour son époque et ce qui explique qu’avant sa parution à Paris par l’entremise de Sylvia Beach, propriétaire de la librairie parisienne, Shakespeare & Company,  il ait été refusé par les éditeurs et interdit pour obscénité aux États-Unis.

JJ & SB JJ Shakespeare & Co

 Adrienne Monnier, Sylvia Beach & James Joyce,
chez Shakespeare & Company, Paris 1938

L’article du New York Times rappelle que rares sont les livres, même actuels, qui se terminent sur une scène d’orgasme féminin, avec le fameux monologue de Molly Bloom et son « yes » récurrent qui le ponctue. Joyce donne ici, à l’aube du XXème siècle, une place de choix à la femme dont il semble célébrer l’intimité et le droit au plaisir, ce que viendrait confirmer sa torride correspondance avec sa femme, Nora Barnacle.

[1]

   

 

Rue St. Ambroise 44
 
Rue St. Ambroise 46

 

Nathalie (B&W)

 

Le Chien

https://bit.ly/3Bqtv5r

Babelio (snipped)https://bit.ly/3rULTQH

Nouvelle Donne 2

https://bit.ly/3oRpEJK

[2]  James Joyce a fait l'objet du memoire de Nathalie pour un de ces Masters 

[3] Frank Budgen, James Joyce et la création d'Ulysse, traduit par Edith Fournier, Paris, Denoël, 2004, p. 290.

Lectures supplémentaires:

Styles littéraires insolites

Les attaches françaises de James Joyce
Cynthia Hazelton

James Joyce: sa vie, cinéma et musique –
Colman O'Criodain et Magdalena Chrusciel

Silence, Exile Punning – The New Yorker

The Seductions of Ulysses – The New Yorker

J.J. 100 Years

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

One Hundred Years of James Joyce’s “Ulysses”

Penn State University Press

 

 

 
 

 

978-0-271-09289-8

Étapes dans l’apprentissage de la langue française

– l'apercu d'un anglophone


Un grand nombre de nos lecteurs se sont sans doute heurtés aux obstacles à l’apprentissage de l’anglais, tant écrit que parlé, et ont parfois eu du mal à établir un lien entre les deux. Dans le texte qui suit, nous présentons un aperçu des réflexions inspirées à un Anglo-Saxon (en l’occurrence un Sud-Africain), Denis Hirsten, par ses contacts avec la langue française, telles qu’elles ressortent de son livre   
Ma Langue au Chat, Tortures et délices d'un anglophone à Paris (Éditions Points, 2017), avec l’autorisation de l’auteur.

  Ma langue au chat  

Photo of Denis Hirson with cat 102 megabites ©Adine Sagalyn akg-imagesDenis Hirson est né en 1951 à Cambridge en Angleterre. Il a vécu jusqu’à l’âge de 22 ans en Afrique du Sud, où son père a passé 9 ans en prison pour ses activités contre le régime de l’apartheid. Il a fait des études d’anthropologie avant de s’installer définitivement en France en 1975. Il a été acteur pendant dix ans, et enseignant d’anglais dans plusieurs établissements, y compris l’École polytechnique pendant vingt ans.

En tant qu’écrivain, il a publié sept livres qui portent sur la mémoire des années d’apartheid, dont, en français, La maison hors les murs  (éd. Autrement, 1988) et un recueil de poèmes, Jardiner dans le noir (Le Temps qu’il fait, 2007). Il a dirigé trois anthologies en français, Poèmes d’Afrique du Sud (Actes sud, 2000), Afrique du sud, une traversée littéraire (Philippe Rey/ Institut français 2010) et Pas de blessure, pas d’histoire (Maison de la poésie Rhône-Alpes/ Biennale internationale des poètes en Val-de-Marne, 2013).  Son roman The Dancing and the Death on Lemon Street a été publié par Jacana (Johannesburg) en 2011. Ma langue au chat, le premier livre qu’il a écrit directement en français, est sorti aux éditions Points en octobre 2017. Footnotes for the Panther, dix conversations avec l’artiste William Kentridge, paru fin 2017 en Afrique du Sud, a été traduit en français comme À pas de panthère aux éditions Dilecta en 2021. 

Photo :  Adine Sagalyn.  

 —————

  1. À la fin d’une journée entière passée à s’efforcer de parler français, on a mal à la bouche.

  2. On se rend compte que la prononciation du u dans tu n’est vraiment pas la même que celle du ou dans vous.

  3. Sans connaître le genre du mot pizza, on s’obstine à construire une phrase toute entière pour en commander une au restaurant.
  4. Débordé par tout ce qu’il y a à apprendre, on se blottit contre sa langue maternelle comme contre un parent. On lui trouve des qualités jusque-là insoupçonnées que ne possède évidemment pas la langue française.
  1. En regardant un film documentaire sur Sartre et Beauvoir, dont on ne comprend pas grand-chose, on remarque tout de même que les deux protagonistes se vouvoient. On se dit qu’on a encore du chemin à faire dans la compréhension des codes linguistiques.
  1. On ressent un plaisir libérateur à jurer en français avec une violence dont on serait incapable en anglais.
  1. On tombe amoureux en français.
  1. On ne veut plus entendre des gens parler anglais. Devant des touristes qui cherchent leur chemin dans cette langue, on fait semblant de ne pas comprendre.
  1. On tombe des nues en découvrant un jour que même un enfant de trois ans peut se servir du subjonctif.
  1. On réalise à quel point les Français sont affligés dès qu’on commet une faute de grammaire : ils font une grimace à peine dissimulée, comme s’ils venaient de mordre dans un ver au cœur d’une châtaigne grillée.
  1. On comprend, grâce à des commentaires sur les prouesses linguistiques du président Mitterrand, à quel point les français admirent celui qui sait utiliser l’imparfait du subjonctif. Voilà donc ce qu’il faut pour devenir président de la République française, l’équivalent, disons, d’un triple axel en patinage artistique.
  1. Suite à un entretien télévisé de Jane Birkin, on se demande si l’accent d’un anglophone en français peut être aussi chic que celui d’un francophone en anglais. Puis on se résigne à l’idée que, finalement, même en étant anglophone soi-même, on n’aura jamais l’allure de Jane Birkin, ni son accent non plus.
  1. On se rend compte que son anglais s’appauvrit, le français est en train de le grignoter de l’intérieur, on ouvre la bouche et il en sort du franglais.
  1. On remplit un constat d’accident en français.
  1. On réussit sans rougir à convaincre un policier de ne pas poser un papillon sur son pare-brise, en revenant essoufflé du tabac où l’on vient d’acheter une nouvelle carte de parking.
  1. On rêve en français.
  1. On compte en français sans y penser.
  1. On se fait corriger en français par son enfant de cinq ans.
  1. Les années passent.
  1. On parvient de temps à autre, mais rarement, à corriger le français de son enfant.

Expressions idiomatiques de Trinité-et-Tobago


GML’article qui suit a été dirigé par Gennike Mayers, notre linguiste du mois d'août 2021.

Gennike a enseigné l’anglais dans des écoles primaires et secondaires de la Martinique, pendant trois ans, où elle a étudié pendant un semestre à l’Université des Antilles-Guyane ; elle possède une licence en français et un diplôme d'études universitaires supérieures en interprétariat de l’Université des Antilles (UWI), St. Augustine, Trinité ; une maîtrise en communication de l'Université de Versailles St. Quentin-en-Yvelines, Paris, France; et elle vient d’achever ses études de maîtrise de diplomatie à l’université de Malta.

Gennike est l’entrepreneuse d’une agence de services linguistiques, Interpreting Your Needs (Interprétation adaptée à vos besoins) qu’elle a commencé en octobre 2011 en Guadeloupe et a été enregistrée à Trinidad en 2015.

——————–

T & TTrinité-et-Tobago est une ancienne colonie ayant changé de mains à plusieurs reprises depuis l'arrivée de Christophe Colomb en 1498 au nom de la reine Isabelle d’Espagne, jusqu’à la déclaration d’indépendance de l’Angleterre en 1962. En 1783, suite à la Cédula de población (invitation à peupler le territoire de la part du Royaume d’Espagne), la Trinité fut une terre d’accueil pour les planteurs des Antilles françaises notamment de la Martinique et de la Guadeloupe.

Ce mélange de colons espagnols et français a laissé une empreinte sur la langue. Les noms espagnols furent traduits en français ou adaptés à une prononciation française ou kwéyol. Par exemple, La Luna est devenue La Lune, Punta de Piedra est devenue Pointe-à-Pierre, et Río Grande s’est transformé en Grand(e) Rivière.

En outre, certains noms sans racine française ont adopté une prononciation française ou kwéyol. Par exemple, La Brea se prononce La Brée, Laventilla est devenue Laventille, et tout nom avec Petit(e) s’est transformé en kwéyol Piti comme Petit Bourg.

De ce fait, il y aussi beaucoup d’expressions idiomatiques qui reflètent cette influence française. Le langage est très riche, humoristique avec une dose de satire à la française.

———————–

1. Yuh fadder is a glassmaker or wha? Ton père est vitrier, ou quoi?

Autrement dit, tu m’empêches de voir.

Équivalent français : Ton père n'est pas vitrier !

GM 1

 

 

 

 

 

 

 

 

2. Crapaud smoke yuh pipe. Crapaud fume ta pipe.

Lorsque le crapaud fume ta pipe, tu sais que tu as de gros ennuis !

Équivalent français : Tu es dans la mouise.

GM 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3. Every bread have a cheese. Chaque pain a son fromage.

Autrement dit, toute personne peut trouver son âme sœur malgré son apparence physique.

Équivalent français : Trouver chaussure à son pied OU chaque pot a son couvercle.

GM 3

 

 

 

 

 

 

 

 


4. Playing dead to ketch ‘corbeau’ alive.

A la Trinité on utilise le mot français “corbeau” pour désigner un vautour. Alors, si vous prétendez être mort pour attirer un « corbeau », vous pouvez l’attraper dans l’acte. Aussi si vous prétendez être naïf vous pouvez avoir des informations intéressantes.

Équivalent français : Faire l'âne pour avoir du son.

5. Corbeau doh eat sponge cake.

Les gens sans classe ne savent pas apprécier les plaisirs de la vie.

Équivalent français : La caque sent toujours le hareng.

GM 4

 

 

 

 

 

 

 

 

6. Better belly buss than good food waste. Il vaut mieux se gaver plutôt que gaspiller un bon repas !

Équivalent français : Manger à s'en faire péter la sous-ventrière.

7. Dog doh make cat. Un chien ne fait pas de chat… autrement dit, les enfants se comportent exactement comme leurs parents.

Équivalent français : Les chiens ne font pas des chats ; bon sang ne saurait mentir.

GM 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8. Hush yuh mout’. Tais-toi.

Équivalent français : Clouer le bec
GM 12 clouer

 

 

 

 


9. All skin teeth eh laugh.
Quand quelqu’un sourit avec toi, cela ne veut pas dire qu’il est ton ami ou quelqu’un de confiance.

Équivalent français : Ami à prêter, ennemi à rendre.

10. Any time is Trinidad time. L’heure trinidadienne c’est n’importe quelle heure. Voici l’excuse le plus souvent utilisée par les Trinidadiens qui sont en retard au travail.

Équivalent français : Arriver comme les carabiniers ; arriver comme des figues après Pâques
GM 13

11. Monkey know which tree to climb. Le singe sait à quel arbre grimper. C'est-à-dire, les gens savent exactement qui manipuler.

Équivalent français : On n’apprend pas au singe rouge à monter des arbres.

12. Monkey see, monkey do. Les personnes insensées copient les idées des autres.

Équivalent français : Faire le mouton de Panurge.
GM 15

 

 

 

 

 

 

13. What sweet in goat mouth sour in he bam bam. Manger ce qui a bon goût peut provoquer une diarrhée grave. Le plaisir parfois entraîne des conséquences douloureuses.

Équivalent français : Comme on fait son lit, on se couche.
GM 7

 

 

 

 

 

 

 

14. To break biche. Manquer l’école, délibérément et sans excuse légitime.

Équivalent français : Faire l’école buissonnière.

GM 16 french-playing-hooky

15. When you have cocoa in de sun, look out for rain. Lorsque tu as du cacao au soleil, fais attention à la pluie. Autrement dit, quand vous avez fait du mal, vous devez vous attendre à l’inattendu.

Équivalent français : Qui sème le vent récolte la tempête.
MG 8

 

 

 

 

 

 

16. Carry yuh own bag ah cocoa! Portez vos propres fardeaux.

Équivalent français :  À chacun sa peine.
GM 9.jpg

 

 

 

 

 

 

17. Bush have ears. Attention aux commérages, quelqu’un pourrait vous entendre.

 Équivalent français : Les murs ont des oreilles.

GM 10

 

 

 

 

 

 

 

18. Tanto tanto yuh go see. Cette créolisation du mot français “tantôt” veut dire qu’un jour le temps vous rattrapera.

Équivalent français : Traîner des casseroles.
GM 10.gif

 

 

 

 

 

 

19. Yuh spinning around like a mama poule! Tu tournes en rond comme une maman poule. Autrement dit, tu perds du temps.

Équivalent français : Tourner en rond.

10. Buss out laughing like a Jamette. Se mettre à rire comme une femme aux mœurs légères.

Équivalent français : Rire comme une baleine.

Merci aux éditeurs  https://www.simplytrinicooking.com/trini-sayings/ et https://matadornetwork.com/life/19-trinidad-sayings-everyone-start-using/ qui ont servi comme les sources principales de cet article.

 

Un grand merci

Un gran mercià nos intervieweurs et interviewé(e)s de 2021 ainsi qu’à toutes celles et tous ceux qui, au fil de l’année, ont apporté leur contribution à notre blog sous forme d’articles et de commentaires.

Pour accéder à l'un des entretiens énumérés ci-dessous, cliquez sur le nom de la personne interrogée. 

 

  L'interviewé/e L'intervieweur/euse
1/21

Feldman
Noah Feldman

premiere partie
deuxieme partie

Jonathan (with glasses)
Jonathan G.
2/22

109. High Profits with a Simple Business Model with Hugo from innerFrench

Hugo Cotton

J.B.

Jacquie Bridonneau

3/21 Alyssa
Alyssa Kermad
Kevin
Kevin Hirschi
4/21

Joelle 3
Joëlle Vuille 



LMJ

5/21

N.f.
Nicolas Froeliger

Bulger croppedAnthony Bulger

6/21

Nicolas

Michel Rochard

Bulger cropped

Anthony Bulger

 7/21

JM Deprats.jpgJean-Michel Déprats  

 

V.

Michel Volkovitch

 8/21

Gennike snip

Gennike Mayers
premiere partie
deuxieme partie

 

J.G. short

Jonathan G.

9/21

Alan Hoffman
Alan Hoffman

Jonathan (with glasses)
Jonathan G.
10/21

L. d'AzayLucien d'Azay

S.KadiuSilvia Kadiu

11/2021

M. de J.

Marjolijn de Jager

Jonathan (with glasses)

Jonathan G.

12/2021

Joe Johnson

Joe Johnson

Bulger cropped

Anthony Bulger

D'autres contributeurs et contributrices au fil de 2021:

Ella cropped thumbnail Magdalena 1

Valerie 3
Ella
BARTLETT
Magdalena 
CHRUSCIEL

Valérie
FRANÇOIS

Nadine thumbnail

N.G.

Brian Harris
Nadine
GASSIE 
Nathalie
GÉNÉRAUX 
Brian
HARRIS
 Cindy Jean Leclercq Le Fleur
Cynthia
HAZELTON
Jean
LECLERCQ
R.I.P.
Françoise
LE MEUR
Dominique snipped Rene Meertens Johann Morri
Dominique
MATAILLET
René
MEERTENS
Johann
MORRI
 
Isabelle (shortened)

Joelle Veuille


Elsa W. 2
Isabelle
POULIOT

Joëlle
VUILLE

Elsa
WACK

                              

Si vous-voulez contribuer un article à un de nos blogs, 

https://www.alaffiche.org
https://www.clio-histoire.com
https://www.le-mot-juste-en-anglais.com

veuillez vous mettre en contact avec nous.
Le.mot.juste.en.anglais@gmail.com

                                          

Jean Leclercq (1937 – 2021) – avis de décès

JLC.jpg

C’est avec beaucoup de tristesse que j’informe nos lecteurs du décès de Jean Leclercq. Ce blog a fréquemment bénéficié du concours de Jean, et ce pendant de longues années. Il a mis son érudition et ses compétences linguistiques considérables à notre disposition, et a grandement contribué à la qualité des articles publiés sur le blog.

(Voir Jean Leclercq : linguiste du mois de décembre 2017).

Sur un plan plus personnel, Jean a été pour moi un ami loyal et chaleureux.

Jean a été enterré dans sa ville de Divonne-les-Bains. Il manquera beaucoup à sa famille et à ses amis.

Jonathan Goldberg


It is with great sadness that we wish to notify our readers that Jean Leclercq has passed away. Jean was a frequent contributor to this blog for many years. He put his considerable erudition and language skills at our disposal and was a pillar of strength in maintaining the standard of the blog.

On a personal note, i counted Jean as a warm and loyal friend.

Jean was buried in his hometown of Divonne-les-Bains. He will be sorely missed by family and friends.

Jonathan Goldberg

Les condoléances suivantes ont été recues par le blog :

Toutes mes condoléances.

I'm so sorry for your loss, my deepest condolences.

Do you know, I grew up in the mountains, near Geneva and very near Divonne-les Bains. We used to go there to swim!

Je suis vraiment désolée,

Hélène Cardona, Los Angeles, Californie
————-

Toute ma sympathie à sa famille et ses amis. J'ai aussi eu l'occasion de le rencontrer personnellement et d'apprécier sa nature généreuse.

Elsa Wack, Vessy, Suisse
————-

Toutes mes condoléances à la famille de Jean Leclercq

Françoise LE MEUR, Paris
———–

Très triste de lire cela. Jean et moi avions écrit un article sur la Malinche pour votre blog, et je me souviens de sa gentillesse et de son humour.

Mes condoléances à sa famille.

Catherine Pizani, Mexico

————

C'est Jean qui m'avait interviewé pour le blog, il y a 8 ans je crois. Nous avons pu nous rencontrer en personne à Genève, et j'ai eu de nombreux échanges et riches linguistiques avec lui au cours des années qui suivirent. Cette nouvelle m'attriste beaucoup et il va beaucoup me manquer. Toutes mes condoléances à Lucette.

Magdalena Chrusciel, Nairobi, Kenya

———-

J’ai fait la connaissance de Jean Leclercq en 2004. De 2005 à 2008, nous avons déjeuné ensemble à Genève, généralement à la cantine de la Croix-Rouge, deux fois au cours de chaque automne, car j’avais alors un contrat de traducteur temporaire à l’Office des Nations Unies à Genève. Il était alors ancien traducteur du siège de l’OMS, tandis que je travaillais à temps partiel pour cette organisation, au Bureau de l’Europe, à Copenhague. Nous avions ainsi beaucoup de points communs et étions heureux d’en parler. Jean m’a offert un grand nombre de livres sur la langue anglaise dont il souhaitait se défaire. Nous avons continué nos relations par courrier électronique pour échanger des informations et conseils sur des problèmes de traduction, jusqu’à ce que, malheureusement, ses problèmes de vue l’empêchent de poursuivre. Je suis triste d’avoir perdu un ami.

René Meertens

———

J’ai fait la connaissance virtuelle de Jean Leclercq par l’entremise de ce blogue. Après la publication de mon premier texte, il m’a écrit un gentil mot pour me féliciter et me faire quelques suggestions. J’étais, je l’avoue, bien impressionnée qu’un ancien traducteur de l’OMS prenne la peine de m’envoyer quelques lignes. Parce qu’il était de la génération de mes parents et un « ancien traducteur de l’OMS », je ne pouvais l’appeler « Jean ». Chez moi, il était « monsieur Jean » : « Monsieur Jean vient de m’écrire! » Lorsque je l’ai finalement rencontré en personne en septembre 2019 alors qu’il était de passage à Montréal, il m’a tout de suite mise à l’aise et il était hors de question que je lui donne du monsieur! J’ai eu la chance d’échanger avec un homme gentil, chaleureux, plein d’humour. Il était accompagné de son épouse Lucette puisqu’ils étaient de passage au Québec pour « visiter la parenté », Lucette étant Québécoise. On voyait bien que c’était un de ces vieux couples unis, qu’on n’imagine plus l’un sans l’autre. Toutes mes condoléances le plus sincères à toute la famille et à tous les amis de Jean.

Isabelle Pouliot, Montréal 

———–

Le décès de Jean Leclercq est une très triste nouvelle à un moment déjà dur dans un monde qu'il avait éclairé avec son talent de traducteur de tant de textes variés. Hélas, je ne l'ai pas connu personnellement, mais j'ai bien suivi sa collaboration avec Jonathan Goldberg et je lui serai toujours reconnaissante d'avoir traduit l'interview par celui-ci pour son Blog. Qu'il repose en paix.

Mes condoléances les plus sincères à sa famille.

Marjolijn de Jager, Stamford Connecticut

———–

I never met Jean but I know he was an important contributor to the blog.  He translated several of my articles into French.  I appreciated his excellent translation skills.  

RIP Jean. 
 
Cindy Hazelton, Cleveland, Ohio
————
Je suis très triste d'apprendre la nouvelle. J'échangeais régulièrement avec Jean, qui m'avait contactée la première fois lorsqu'il a appris mon goût pour les dictionnaires. Il s'est démené pour m'en faire parvenir plusieurs, dont un en personne, lors de notre rencontre en 2018 à Torremolinos, près de Málaga, où je vis. C'était une joie de rencontrer Jean et son épouse, Lucette, un couple d'une grande gentillesse.

 
Mes condoléances à Lucette et à toute la famille.
Valérie François – Torremolinos, Espagne 

——–
J'apprends aujourd'hui seulement la disparition de Jean Leclercq, excellent traducteur, parfait gentleman et correspondant délicat qui me tenait régulièrement au courant de l'actualité autour des hommages rendus aux combattants australiens tombés lors de la 1e Guerre mondiale en m'envoyant des coupures de presse concernant les cimetières qui leur sont dédiés dans le Nord de la France et toutes les manifestations afférentes. Quel homme gentil et généreux, d'un grand talent et d'une grande humilité, comme ces deux qualités vont souvent de pair. Toutes mes condoléances à son épouse et à sa famille. Je regrette de n'avoir pu le rencontrer lors de son dernier séjour en cure à Dax… Je lui avais acheté ses deux volumes du grand Robert & Collins anglais-français… Jean, reposez en paix, je chéris votre souvenir.
Nadine Gassie, Bordeaux 
———

C'est avec une très grande tristesse que j'ai appris le décès de Jean. Nous avions communiqué plus d'une fois par mail et il avait eu la grande gentillesse de m'adresser deux livres très intéressants. Les échanges avec lui étaient toujours très enrichissants . Je regrette vivement de ne pas avoir eu l'occasion de le rencontrer en personne et de lui faire part de l'amitié que j'éprouvais pour lui. Je garderai de lui le souvenir d'un homme d'une grande gentillesse et profonde humanité.

J'adresse mes très sincères condoléances à sa famille.

Rest in peace, dear Jean!

Jean-Paul Deshayes, Trivy, Bourgogne-Franche-Comté

 
—————

 

Le mot anglais de l’année 2021, selon le dictionnaire d’Oxford : vax

L'analyse qui suit a été rédigée par notre contributeur fidèle, René Meertens, linguiste du mois de janvier 2019 et auteur du Guide anglais-français de la traduction, dont une nouvelle édition (2021) vient de paraître. 

VAX Word of the Year Rene Meertens Guide

Vers la fin de chaque année, les éditeurs de plusieurs dictionnaires anglo-saxons désignent le « mot de l’année ». [1] C’est l’épidémie de covid-19 qui a fait du mot vax le mot de l’année 2021 pour Oxford Languages, éditeur de l’Oxford English Dictionary. « Le mot vax  s’est injecté plus qu’aucun autre dans les veines de la langue anglaise en 2021 », indique cet éditeur dans un communiqué de presse.

Il ne s’agit pas d’un mot nouveau, puisque son apparition date des années 1980 selon le New York Times. Son utilisation dans la presse a cependant augmenté de façon exponentielle pendant l’année écoulée en raison de l’épidémie de covid-19.

VAX Edward_JennerRemontons un peu dans le temps. Le père de la vaccination est Edward Jenner (1749-1823). C’est le 14 mai 1796 qu’il a expérimenté le vaccin contre la variole.

Dès leur invention, les vaccins se sont heurtés à une vive opposition dans certains milieux, comme en témoigne une lettre de 1812 d’Edward Jenner :

« The Anti-Vacks are assailing me … with all the force they can muster in the newspapers » (Les anti-vaccins m’attaquent dans les journaux avec toute l’énergie dont ils sont capables.)

Le mot vaccine (vaccin) est entré dans la langue anglaise en 1799, et ses dérivés (to) vaccinate (vacciner)  et vaccination (vaccination) sont apparus en 1800. Ont suivi peu de temps après vaccinator (vaccinateur), vaccinist (partisan de la vaccination), anti-vaccinist (adversaire de la vaccination),  anti-vax (anti-vaccin),  anti-vaccination (mouvement contre la vaccination) et unvaccinated » (non vacciné). Les mots  vaccinationist (partisan de la vaccination) et anti-vaccionist (adversaire de la vaccination) datent quant à eux du milieu du XIXe siècle.

L’abréviation vax est une forme familière du mot  vaccine  ou  vaccination, mais peut aussi être un verbe :  to vax signifie « vacciner ».

VAX - double vaxxedDes dérivés de cette abréviation (tous familiers) se sont aussi imposés à l’attention des lexicographes. Ce sont des participes passés ou des adjectifs : vaxxed  (vacciné), unvaxxed  (non vacciné) et double- VAX - Relaxvaxxed  (ayant reçu deux doses du vaccin). Ils sont surtout utilisés aux Etats-Unis et en Australie, mais s’observent de plus en plus dans les médias britanniques.

Ces mots se caractérisent par le doublement atypique de la lettre  « x », que l’on ne retrouve pas dans le pluriel de mots tels que box ou tax.

D’autres néologismes ont été créés : vaxxie  (selfie d’une personne se faisant vacciner),  vaxinista » (personne qui montre qu’elle est vaccinée en sortant beaucoup et en voyageant).

VAX inoculatiLes néologismes vaccinaux ne sont limités que par l’imagination de leurs auteurs. Oxford mentionne aussi les inoculati (inoculés), sur le modèle de literati, terme latin qui désigne en anglais les personnes cultivées qui s’intéressent à la littérature. Citons encore  halfcinated  (ayant reçu une des deux doses requises pour une vaccination complète) et fullcinated (entièrement vacciné).

Un vaccine resister est un réfractaire au vaccin. VAX no-vax

VAX vax-a-thonUne campagne de vaccination de masse à Philadelphie a été baptisée vax-a-thon. Ce néologisme s’est répandu au Canada et en Nouvelle-Zélande.

L’expression Fauci ouchie  (notez la rime interne) signifie vaccination.  Anthony Fauchi est un VAX Fauci Ouchie immunologue américain très médiatisé, tandis que ouchie  est un dérivé de l’interjection ouch (aïe).


La crise sanitaire met en évidence d’autres mots : variant (variant), wave  (vague), lockdown  (confinement), working from home et home-working  (télétravail).

Les pays francophones se sont montrés créatifs dans le domaine des mots de la vaccination et de la lutte contre le coronavirus. Le plus beau mot est sans doute « jauge », qui désigne le nombre de personnes qui peuvent se rassembler dans un lieu donné (restaurant, bar, centre commercial, salon de coiffure, funérarium, salle de mariage, musée, centre de fitness, salle de spectacle, etc.). Le néologisme le plus répandu est « vaccinodrome » (en anglais vaccination center), construit sur le modèle d’hippodrome (grec « dromos », champ de courses). Il désigne un vaste centre de vaccination. L’adjectif « primo-vacciné » désigne pour sa part une personne qui a reçu la première dose d’un vaccin. Si elle a reçu les deux doses requises, elle a un « schéma vaccinal complet ». La couverture vaccinale (immunization coverage) est la proportion de personnes vaccinées. On parlera aussi d’efficacité vaccinale et de défiance vaccinale.

VAX  MobileVaccinesSi vous n’allez pas vers le vaccin en vous rendant dans un vaccinodrome, le vaccin viendra à vous, dans un « vaccibus » (mobile vaccination unit en anglais).

Une vaccination complète permet normalement d’obtenir un « pass sanitaire », sésame exigé pour la participation à certaines activités ou l’accès à certains lieux.

Il est aussi question de « panachage vaccinal » (fait d’injecter des vaccins de laboratoires différents à une même personne), de « parcours vaccinal », de « schéma vaccinal complet » et d’« obligation vaccinale » (vaccine mandate), très impopulaire dans les Antilles, notamment.

I VX herd immunitydéalement, la vaccination permettrait d’atteindre l’immunité de groupe (herd immunity), qui entraîne une faible circulation du virus et, idéalement, sa disparition progressive. Elle peut être difficile à obtenir si, à la suite d’une mutation, le virus se transmet plus facilement, ce qui est le cas du fameux variant Delta. Le tout dernier variant est Omicron, découvert en Afrique australe. Initialement appelé « B.1.1.529 », Omicron a surgi dans la province de Gauten (Afrique du Sud). On craint qu’il ne contourne la protection vaccinale. On obtiendrait alors des breakthrough infections, des infections qui laissent les vaccins plus ou moins impuissants.

VAX - booster shotsLa majorité des vaccins doivent être injectés deux fois. Au fil du temps, leur efficacité diminue, ce qui nécessite l’injection d’une troisième (ou deuxième) dose, dite « dose de rappel » ( booster shot ).

Il n’est pas nécessaire d’injecter une dose de rappel en utilisant le vaccin initial. On peut recourir à une mix-and-match strategy (stratégie de panachage), par exemple en injectant un vaccin Pfizer à une personne qui a reçu initialement le vaccin Janssen.

Ainsi, les personnes ayant reçu un vaccin Janssen auxquelles on injecte une dose de rappel du même vaccin présentent-elles un taux d’anticorps quadruplé. En revanche, après l’injection initiale du vaccin Jansen, un rappel effectué au moyen du vaccin Pfizer multiplie le taux d’anticorps par 35 et un rappel réalisé à l’aide du vaccin Moderna multiplie ce taux par 76.

VAX - get vaxxedS’il ne fait pas l’unanimité, le slogan Get vaxxed ! est populaire. Même les chefs de gangs néozélandais sont d’accord, comme nous l’apprend un article du Guardian.

'Get vaxxed': New Zealand gang leaders unite to urge community to get vaccinated – video | World news | The Guardian

[1] Le choix d'autres dictionnaires :

Dictionary.com : Allyship;
Cambridge University : perseverance
Collins Dictionary: NFTs (non-fungible tokens)
—————–

Par le meme auteur :

Vers un vaccin contre la Covid-19

 

Lectures supplémentaires :

Vax — Oxford Dictionary's Word of the Year
Washington Post

Les mots anglais qui ont fait la une en 2020 – quarantine, lockdown, pandemic

Parler en anglais pourrait propager plus de coronavirus que ne le font certaines autres langues

 

 

Mots anglais du mois – originalism, court packing & judicial activism.


Johann MorriJohann Morri
 a étudié le droit en France et aux États-Unis. Juge administratif en France (actuellement en disponibilité), il a été enseignant vacataire a l’Université de Californie (Berkeley) et exerce actuellement des fonctions d'enseignement et de coordination pédagogique à UC Davis. Nous le remercions vivement d'avoir bien voulu redige l’article ci-après à notre intention.

Supreme-Court-Front-Door (1)Alors qu’une nouvelle année judiciaire (« term ») débute pour la Cour Suprême des Etats-Unis, la montée en puissance des juges conservateurs au sein de la Cour (avec une majorité de 6 juges sur 9) suscite les interrogations sur l’évolution possible de sa jurisprudence et l’avenir de l’institution. La Cour a récemment refusé de suspendre la loi du Texas restreignant drastiquement le droit à l’avortement, laissant cette loi en vigueur pendant qu’elle est contestée au fond. Ce faisant, elle a Roe-v-wade alimenté les spéculations sur un possible abandon de la jurisprudence Roe v. Wade (1973), qui a consacré ce droit. Par ailleurs, une commission nommée par le président Biden réfléchit à de possibles évolutions dans la composition de la cour, allant d’une expansion du nombre de juges à une réforme de la durée des nominations. Même s’il est peu probable qu’elle aboutisse à une réforme, la mise en place de cette commission répond à la suggestion de « court packing » (expansion du nombre de juges) [1]  avancée par une partie des Démocrates. Elle témoigne d’une inquiétude face à l’évolution conservatrice de la Cour. 

La grille de lecture idéologique (« conservateurs » contre « progressistes »/ « libéraux ») est le plus souvent employée, à juste titre, pour décrire l’état des forces au sein de la Cour. Mais les querelles théoriques autour de l’interprétation de la Constitution sont  un peu moins connues du grand public en dehors des Etats-Unis. C’est le cas, en particulier, de la notion « d’originalisme». L’ « originalisme » est une philosophie judiciaire et une méthode d’interprétation de la Constitution. Les originalistes considèrent que la Constitution doit être interprétée selon le sens qu’elle avait lors de son adoption en 1788. Ils se réfèrent donc au sens « originel » (« original meaning ») de la Constitution. [2] Cette méthode s’oppose, notamment, à l’idée d’une « Constitution vivante (« living constitution ») dont le sens pourrait évoluer au fil du temps, en fonction de l’état de la société, de l’évolution des mœurs, etc. 

La plupart des juges conservateurs de la Cour se réclament aujourd’hui de l’originalisme, avec des nuances. Les juges Thomas, Conney-Barret Kavanaugh et Gorsuch s’en réclament explicitement. 

Thomas Barrett-kavanaugh-gorsuch
Thomas Barret, Kavanaugh, Gorsuch

Tout en en partageant certains des principes, le « chief justice » (Président de la Cour) Roberts et le juge Alito sont plus réticents à se classifier comme « originalistes », et défendent une approche plus pragmatique, mais qui rejoint souvent celle de leurs collègues.

MJ - Roberts Alito
Roberts Alito

Bien que l’originalisme prétende déterminer le sens originel de la Constitution, c’est-à-dire celui qu’elle avait en 1788 (et, pour les amendements, aux différentes époques de leur adoption), le terme « originaliste » n’est apparue que deux siècles environ après son adoption. Certes, on peut trouver des traces -éparses- de la méthode originaliste dans certaines opinions de la Cour au XIXème et au Roger_taneyXXème siècle. Ainsi, dans l’arrêt Dredd Scott (1857), le Chief Justice Taney écrivait que, tant que la Constitution « reste inchangée, elle doit être interprétée comme elle était comprise au temps de son adoption (« but while it remains unaltered, it must be construed now as it was understood at the time of its adoption »). Dans les années 1950-60, le juge progressiste Hugo Black préconisait aussi de retourner au « langage et à l’histoire de la Constitution ». Il s’appuyait sur cette approche pour proposer une interprétation large et littérale de la liberté d’expression reconnue par le Premier amendement.

  1st amendment  

Mais la théorisation de l’originalisme est plus récente. Le juriste conservateur Robert Bork, candidat malheureux à Cour suprême des Etats-Unis en 1987, a été décrit comme le « parrain de l’originalisme moderne » (selon une formule du juge conservateur Guido Calabresi). Il a commencé à en développer les principes dans un article publié en 1971, puis dans des conférences dans les années 1970 et 1980, avant de résumer sa pensée dans un ouvrage publié en 1990, « The tempting of America ». Son originalisme se présente clairement comme une réaction à l’activisme judicaire [4] de la Cour, débuté sous la présidence d’Earl Warren (qui présida la cour de 1953 à 1969) et poursuivi dans les années 1970 (malgré l’arrivée à la présidence de la Cour du conservateur Warren Burger). Durant les années Warren, la Cour a développé une jurisprudence progressiste dans des nombreux domaines : abolition de la ségrégation, développement des droits de la défense en matière pénale, extension de la liberté d’expression, reconnaissance du droit à la vie privée, du droit à la contraception, et du droit à l’avortement. Les conservateurs ont dénoncé cette jurisprudence, considérant qu’elle excédait l’interprétation stricte de la Constitution.

Antonin_ScaliaLe véritable tournant originaliste est la nomination à la cour d’Antonin Scalia (1936-2016), en 1986. Cette nomination est importante à plusieurs titres. Tout d’abord, c’est le premier juge de la Cour qui se réclame explicitement de l’originalisme (avant d’être rejoint par le juge Thomas, en 1991). Ensuite, il est aussi le tenant d’une forme particulière d’originalisme, la théorie de l’«original understanding ». Selon cette conception, le sens originel de la Constitution doit être interprété en se référant non pas à l’intention des Constituants (par exemple, en référence aux débats de la Convention constitutionnelle de Philadelphie) mais en fonction du texte lui-même et, plus précisément, de la façon dont il était compris par les citoyens lors de l’adoption de la Constitution. Un exemple emblématique de cette méthode est l’utilisation de dictionnaires contemporains de l’adoption de la Constitution. Le juge Scalia, décédé en 2016, était aussi un vulgarisateur de l’originalisme. Il en a popularisé les principes dans différents ouvrages, et dans de nombreuses conférences ou interviews. Il a aussi utilisé ses talents de débateur et de pamphlétaire pour polémiquer avec les adversaires de cette théorie et, parfois, avec d’autres juges de la Cour, comme la juge O’Connor ou le juge Kennedy.

L’originalisme repose sur deux présupposés essentiels. Le premier est qu’il est possible de déterminer le sens originel de la Constitution. Le second est que, une fois ce sens déterminé, le juge doit s’y tenir, en se cantonnant à un rôle d’interprète : il ne lui appartient pas d’adapter, et encore moins de créer le droit. Dans cette perspective, par exemple, la reconnaissance d’un droit à l’avortement ou d’un droit au mariage entre personnes de même sexe apparaissent comme une aberration. L’originalisme considère également que le sens de la Constitution est figé une fois pour toute : les originalistes considèrent que seul l’amendement de la Constitution permet d’en faire évoluer le sens. L’originalisme est donc à la fois une théorie de l’interprétation et une théorie de la séparation des pouvoirs. Il offre, au moins en apparence, une réponse simple et cohérente à des questions fondamentales du droit constitutionnel, telles que la délimitation du rôle du juge, du législateur et du constituant.

Malgré l’engouement qu’elle a suscité chez les juges et juristes conservateurs, et parfois au-delà, l’originalisme est une théorie critiquable et critiquée. [3] Ses détracteurs font d’abord valoir la fragilité de ses présupposés.  D’une part, il n’est pas du tout évident que l’on puisse déterminer avec certitude le sens de la Constitution, et a plus forte raison « un » sens. Certaines dispositions sont particulièrement obscures, comme le Deuxième amendement (sur le droit de porter des armes).

  2nd amend  


D’autres dispositions, nombreuses, sont d’un tel niveau de généralité, que la détermination de leur portée concrète laisse nécessairement au juge une large marge de manœuvre. L’idée que le juge ne serait que « la bouche de la loi » (selon la célèbre formule de Montesquieu) est sans doute séduisante, mais elle ne résiste guère à l’observation concrète des problèmes qu’il a à trancher et de la façon dont il les tranche. Même si on se souscrit pas à la théorie « réaliste » de l’interprétation (qui considère que c’est toujours le juge qui, in fine, détermine le contenu des règles) force est de constater que, comme l’écrivait le chief justice John Marshall dans Mc Mulloch v. Maryland, c’est la nature même d’une Constitution de se cantonner à un certain degré de généralité. Or, plus une disposition a une portée générale, plus il est possible d’en développer des interprétations différentes. Certes, l’originalisme peut sans doute permettre d’exclure quelques interprétations manifestement anachroniques. Mais il est loin d’offrir un mode d’emploi pour une interprétation mécanique de la constitution.

A supposer même que l’on puisse déterminer le sens « originel » de la Constitution, est-il acceptable que ce sens soit complètement figé ? Il ne fait guère de doute, par exemple, que l’égalité civile hommes-femmes n’était pas incluse dans la constitution originelle (qui a été adoptée à une époque où seuls les hommes pour voter et être élus) et qu’elle n’était ni incluse dans le 14ème amendement (adopté après la guerre de Sécession), ni dans le 19ème amendement (adopté en 1920), qui ne concerne que le droit de vote des femmes. Pour autant, était-il acceptable de laisser ce principe sans aucune garantie constitutionnelle ? Ou, pour prendre un autre exemple, est-il justifiable d’appliquer, s’agissant du droit de porter des armes, des principes développés pour des mousquets à un coup, quand un fusil automatique contemporain peut faire des dizaines de victimes à la minute ? A cette objection, les originalistes font valoir qu’il est toujours possible d’amender la Constitution. Mais la difficulté du processus d’amendement affaiblit la portée pratique de cette objection. En pratique, le juge aura presque toujours le dernier mot.

Au total, l’originalisme se présente comme une théorie d’apparence cohérente, qui prétend offrir des réponses simples à des questions fondamentales, comme celle de la place du juge, de la séparation des pouvoirs, et de la nature de l’interprétation. Mais cette simplicité résiste mal à l’analyse ou à la mise en pratique : en réalité, réduire le juge à la « bouche de la loi » n’est ni possible, ni souhaitable. Prétendre le contraire est peut-être confortable, mais conduit davantage à dissimuler les problèmes (Quelles limites pour le rôle de la Cour suprême ? Comment interpréter la Constitution ?) qu’à les résoudre.

[1] Court packingCommentaire du blog : Le projet de loi de réforme des procédures judiciaires de 1937 (en anglais Judicial Procedures Reform Bill of 1937), souvent appelé le Court-packing plan ( « plan de mise en boite ou d'emballage de la cour ») était une initiative législative proposée par le président américain Franklin D. Roosevelt pour ajouter plus de juges à la Cour Suprême des États-Unis afin d'obtenir des décisions favorables concernant les législations du New Deal que la Cour avait jugées inconstitutionnelles. (Wikipedia)


[2] Note de René Meertens, auteur du GUIDE anglais-français de la traduction :

Il n’est pas toujours facile de distinguer les sens respectifs des adjectifs « originaire », « originel » et « original ».

Bernard Cerquiglini a débroussaillé cette question sur TV5 Monde (voir la vidéo ci-dessus)

Ces trois adjectifs sont issus du mot latin « origo » (origine). « Originaire » a pour étymologie le mot latin « originarius », qui signifie « qui vient de ». On dira d’une personne qu’elle est originaire de tel ou tel endroit. C’est de là qu’elle vient, c’est là où elle est née.

En revanche, « original » et « originaire » proviennent du latin classique  « originalis ». « Originel » signifie « qui date, qui vient de l’origine ». Le sens originel d’un terme est son sens premier, primitif, le sens qu’il avait à l’origine. Dans la théologie chrétienne, il désigne ce qui se rapporte à Adam. C’est pourquoi on parle du péché originel.

Pour sa part, « original » désigne ce qui appartient en propre à quelqu’un ou à quelque chose. L’édition originale d’un livre est sa première édition. La formule originale d’un produit est celle qu’elle avait initialement.

Enfin, « original » peut qualifier ce qui est singulier, voire excentrique.

[3]

Fauxriginalism

 

[4] L'activisme judiciaire décrit la manière dont un juge aborde ou est perçu comme abordant l'exercice d'un controle judiciare. Le terme fait référence à des scénarios dans lesquels un juge rend une décision qui néglige les précédents juridiques ou les interprétations constitutionnelles passées en faveur de la protection des droits individuels et du service d'un agenda social ou politique plus large.

  • Le terme activisme judiciaire a été inventé par l'historien Arthur Schlesinger, Jr. en 1947.
  • L'activisme judiciaire est une décision rendue par un juge qui néglige les précédents juridiques ou les interprétations constitutionnelles passées en faveur de la protection des droits individuels ou du service d'un agenda politique plus large.
  • Le terme peut être utilisé pour décrire l'approche réelle ou perçue d'un juge en matière de contrôle judiciaire.

Source : Greenlane.com/fr

 

 
Article de la plume du même auteur

La Court suprême dans la culture populaire americaine

Lecture supplémentaire :

Les guêpes, les juifs et les catholiques

Conflits philosophiques dans la Cour Suprême des États-Unis. Le dilemme sur l'élaboration d'une politique jurisprudentielle
Persée

Le mot anglais du mois : whistle-blower


F. HaguenSelon Le Monde du 5 octobre, 2021:
La « lanceuse d’alerte » de Facebook témoigne devant le Sénat américain. Il s'agit de Frances Haugen, ancienne employée de la société Facebook, qui a declaré aux medias que Facebook « est devenu une entreprise valant mille milliards de dollars en faisant passer ses profits avant notre sécurité ».

Chaque fois qu'il y a une telle affaire qui fait grand débat aux États-Unis, la question se pose si la personne dont il s'agit peut être considérée comme un whistle-blower. Ce terme, dont l'acception littérale renvoie à une personne qui donne un coup de sifflet, a une connotation positive en anglais. Plusieurs textes protègent de tels individus aux États-Unis (depuis 1863) et ailleurs dans le monde, quand ils agissent dans le but de révéler aux autorités la malfaisance dont ils sont victimes ou de sensibiliser le public, les médias et les élus à une cause sanitaire, sociale ou économique, comme la corruption.

   

Whistleblowing :
dénonciation d'abus / d'injustices / de dysfonctionements /
d'activités illicites
(GUIDE anglais-francais de la traduction – René Meertens 2020)


Mais dans l'occurence il s'avère que les  employés de Facebook sont divisés en ce qui concerne la conduite de la societe, certains soutenant que la lanceuse d'alerte Hauguen n'a pas reconnu les demarches déja prises par la société afin de trouver une politique plus éthique. 

En 2013 l'Americain Edward Snowden se disait motivé par la volonté de révéler les infamies et les pratiques malsaines de la NSA, (L'Agence nationale de la sécurité américaine). Mais, selon le gouvernement américain, pour prétendre à la qualité de whistle-blower, Snowden aurait dû rester aux États-Unis et se placer sous la protection des dispositions pertinentes du droit américain.

Whistele-blowerL'expression est imagée car elle évoque l'arbitre sportif qui, au cours d'une partie, donne un coup de sifflet pour signaler une faute ou une entorse au règlement.

L'Américain Ralph Nader (champion des droits des consommateurs et candidat indépendant à l'élection présidentielle américaine de 2008)  a inventé ce terme en 1970 pour le distinguer des termes péjoratifs, « mouchard » ou « balance » – en anglais snitch ou grass, dans le langage des voyous, tell-tale ( rapporteur, cafteur) dans le langage des enfants ou informer  (informateur), plus neutre.  

Selon Wikipédia : « Le terme « lanceur d'alerte » a été inventé dans les années 1990 par les  sociologues Francis Chateauraynaud et Didier Torny. Il a notamment été popularisé par le chercheur André Cicolella, lui-même un « lanceur d'alerte ».

  X Alertes..Book cover  

Au  Québec et au  Canada francophone, le terme utilisé pour traduire whistle-blower est celui de dénonciateur – bien que le terme « lanceur d'alerte » ait été reconnu en 2006 dans la fiche dénonciation (domaine comptabilité) du Grand Dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française.  La création de cette notion visait explicitement à la séparer de celles de dénonciateur (sincère) et de délateur (intéressé)…. Alors que le whistle-blower, qui s'inscrit dans la tradition juridique anglo-saxonne, désigne celui qui entend donner un coup d'arrêt à une action illégale ou irrégulière, le lanceur d'alerte a plutôt pour but de signaler un danger ou un risque, en interpellant les pouvoirs en place et en suscitant la prise de conscience de ses contemporains. »

W-B 2

René-Victor Pilhes

Dans un même ordre d'idées, l'écrivain René-Victor Pilhes avait intitulé L'Imprécateur son roman (Prix Femina 1974). Au siège social de la plus grande entreprise du monde, circulait soudainement un pamphlet qui jetait l'anathème sur les méthodes de gestion de la société. L'émoi était tel que les murs du bâtiment en venaient à se lézarder ! Le néologisme imprécateur ne fit pas florès et on le cherche toujours vainement dans les bons dictionnaires !

Lecture supplémentaire :

Les « lanceurs d'alerte », une longue tradition américaine.
Le Monde, 11.06.2013

Exil, prison, chômage… que sont devenus les lanceurs d'alerte ? Internaute

5 Stories on What Happens to Whistleblowers After They Speak Out
LONGREADS Official Blog

Alertes et lanceurs d'alerte, collection Que sais-je ? Francis Chateauraynaud,  2020 (128 pages).

The Whistleblower's Handbook: A Step-by-Step Guide to Doing What's Right and Protecting Yourself
Stephen Martin Kohn
Lyons Press (March 15, 2011)

 

Seule contre tous ou La Dénonciation au Québec (The Whistleblower),
un thriller réalisé en 2010.

             

 

Initials JJG Jonathan G.

 

Astérix et le Griffon

GRIFFON 1Scénario : Jean-Yves Ferri  Dessins : Didier Conrad
Éditeur : Les Éditions Albert René
Première édition en album : 21 octobre 2021

Le 21 octobre 2021, Astérix, Obélix et Idéfix sont de retour pour une 39e aventure en bande dessinée. Accompagnés de Panoramix, ils s’apprêtent à partir pour un long et mystérieux voyage en quête d’une créature étrange et terrifiante.

« Mais quelle est donc cette créature ? »

Didier Conrad a fait parvenir un dessin aux Éditions Albert René. Un dessin étrange et mystérieux…  Celui-ci montre nos deux héros – créés il y a plus de 60 ans par les géniaux René Goscinny et Albert Uderzo – grimpant le long d’un grand tronc d’arbre pour tenter de récupérer Idéfix qui semble vouloir leur échapper…

 

Destination : Froid !

Un totem de Griffon planté dans un paysage enneigé, sauvage et apparemment désertique, Astérix aux aguets sur son cheval affichant lui-même un regard inquiet, Idéfix dans tous ses états, appelé par un Obélix troublé… Par Toutatis, où sont donc nos héros ?!?

Promesse d’aventure aux confins du Monde Connu, au pays des Sarmates, l’illustration de la couverture laisse augurer d’un Western transposé dans le grand froid… Didier Conrad, auteur du dessin, nous en dit plus : « C’est un Eastern ! Vous retrouverez dans l’album tous les codes classiques du Western : de grands espaces, des héros venus de loin aider des innocents, des « sauvages » qui subissent l’arrivée conquérante d’une armée… mais à l’Est ! »

  Griffon 2  

Et le griffon dans tout ça ?

Jean-Yves Ferri nous en dit plus sur l’animal mystère du titre de l’album : « A la recherche du griffon, cet animal mythique dépeint dans des textes d’auteurs grecs antiques, les Romains ne sont pas au bout de leurs surprises ! Le Griffon dans l’album est l’animal-totem d’un Chaman sarmate. Il cristallise un peu l’ignorance des Romains et la manière fantaisiste dont ils imaginent la faune dans un monde, pour eux, encore largement inexploré. Même doté d’un corps de lion et d’une tête d’aigle, le Griffon ne leur parait au départ pas plus improbable que la girafe ou le rhinocéros. Après tout, Jules César a lui-même évoqué la licorne dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules (authentique !) Mais, au fur et à mesure de leur progression aux confins du Barbaricum, le doute va s’insinuer. Leur mentalité de conquérants va alors commencer à faiblir… Surtout qu’Astérix et Obélix (sans oublier Idéfix !) venus en renfort des Sarmates, ne vont pas leur faciliter le voyage ! »

 

Les secrets des druides sur l’album

« Pourquoi le griffon ? »

Jean-Yves Ferri nous en dit plus « Pour ma part, concernant le nouvel album Astérix et le Griffon, tout est parti d’une représentation sculptée de la Tarasque : un animal terrifiant des légendes celtiques … Nos ancêtres croyaient-ils vraiment en l’existence réelle de ces monstres bizarres ?

Il faut dire que dans l’Antiquité romaine, les explorateurs étaient rares et que la terra restait en grande partie incognita. Cependant, éléphants ou rhinocéros, animaux extraordinaires, avaient déjà été montrés à Rome. Dès lors, pourquoi les Romains auraient-ils douté de l’existence de créatures tout aussi improbables ? Certaines (méduse, centaure, gorgone…) n’avaient-elles pas été décrites très sérieusement, avant eux, par les anciens Grecs ?

Dans le bestiaire mythologique, restait à choisir l’animal qui serait au centre de l’intrigue. Mi-aigle, mi-lion (et oreilles de cheval), énigmatique à souhait, j’ai opté pour le griffon !
Les Romains allaient marcher, c’est sûr. Mais les Gaulois ? Comment Astérix, Obélix et Idéfix, accompagnés du druide Panoramix, allaient-ils être entraînés dans la quête épique et semée d’embûches de cet animal fantastique ?
C’est ce que vous saurez en lisant l’album. Je ne vais pas non plus faire comme la déesse Wikipédia et tout vous raconter … »
Voilà qui intrigue, et donne envie d’en savoir plus…
Réponse dans Astérix et le Griffon, dès le 21 octobre 2021 dans toutes les bonnes échoppes gauloises !

Une expédition en terre sarmate

À l’Ouest de l’Europe, Rome et sa civilisation dominent (même si, bien sûr, un village gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur !). À l’Est, se trouve le Barbaricum, ce vaste territoire inconnu, sauvage et inexploré, qu’occupent des peuples aux noms étranges (du moins du point de vue des Romains !) Parmi eux, LES SARMATES !

 

 

Les Sarmates formaient un peuple nomade qui vivait au Nord de la mer Noire du VIIe siècle avant J.-C. jusqu’au VIe siècle de notre ère, remplaçant les Scythes en Ukraine, occupant la plaine hongroise et dominant toutes les steppes entre l’Oural et le Danube. Ce qui fait d’eux les ancêtres des Slaves.

« Je voulais suggérer un territoire lointain, une sorte de « royaume sarmate » imaginaire. D’où le choix d’une zone située entre Russie, Mongolie et Kazakhstan. Des traces de sépultures de guerriers nomades ont été retrouvées dans ces régions de l’extrême Est de l’Europe. Et il se trouve qu’un certain Aristée de Proconnèse, poète Grec né vers 600 avant J.-C, y a situé ses étranges récits de voyages. Ça m’a donné l’idée de suivre ses traces et de placer là-bas mon petit peuple sarmate et son folklore de yourtes et de chamans. »

 

Le coin du libraire

N° ISBN : 978 2 86 497 349 2
Format : 228 x 294
Pages : 48

Gennike Mayers – linguiste du mois d’août 2021 (suite)

e n t r e t i e n    e x c l u s i f

(deuxième partie)

Gennike 2

Jonathan blue shirt snipped

Gennike Mayers
L'interviewée

 

Jonathan G. [1]
L'intervieweur

  La première partie est accessible ici.  

L’interview qui suit a été réalisée en anglais par Skype entre Los Angeles et Hope Bay (Tobago)*. Il fut traduit en français par notre invitée, avec l'aide preciéuse de René Meertens, auteur du Guide anglais-francais de la traduction. La deuxième partie de l'entretien sera publiée par la suite.

Map of Tobago

LOS ANGELES

Map of la


L’archipel des Caraïbes est une chaîne d’îles situées entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, entourée par la mer des Caraïbes. Essentiellement, les Caraïbes comprennent Anguilla, Antigua-et-Barbuda, la Barbade, les Bermudes, les Bahamas, les îles Caïmans, la Dominique, la Grenade, la Jamaïque, Montserrat, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, les îles Turks et Caïques, Trinité-et-Tobago, les Îles Vierges britanniques et les Îles Vierges américaines (avec l’anglais comme langue prédominante), la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélémy (principalement francophones), Aruba, Bonaire, Curaçao, Saba, Sint Eustatius, Sint Maarten et Suriname (néerlandophones), Haïti (créolophone et francophone) et la République dominicaine, Porto Rico et Cuba (hispanophones).

  Carte-antilles.jpg  

Initials JJGIl semble que votre décision de créer votre propre agence de traduction et d’interprétation était très judicieuse, car depuis l’apparition de la COVID-19, les plateformes qui permettent l’interprétation à distance aux personnes et aux groupes sont devenues très répandues.

Gennike snipAbsolument ! Interpreting Your Needs (Interprétation adaptée à vos besoins) a son propre parcours qui a commencé en IYN octobre 2011 en Guadeloupe, où elle a été créée. Puis, lorsque j’ai déménagé à Trinidad en 2015, j’ai enregistré une personne morale du même nom, bien que d’autres postes à temps plein aient retenu mon attention. Cette entreprise est donc restée inactive jusqu’en 2020, année où je suis rentrée du Zimbabwe au milieu de la pandémie, déterminée à travailler à domicile. Pour des raisons personnelles, je ne me sentais pas en sécurité et j’ai décidé de quitter un emploi à temps plein aux Nations Unies pour rentrer chez moi, même si, avec la fermeture des frontières de T&T, je n’étais pas tout à fait sûre du moment où je serais autorisée à rentrer chez moi.

En faisant cet acte de foi, j’étais déterminée à ressusciter Interpreting Your Needs et à en faire mon entreprise. Avec la COVID qui faisait rage partout dans le monde, je n’avais plus d’intérêt pour les voyages et le travail à l’étranger. Après toutes ces années passées à vivre un peu comme une étudiante dans un logement partagé avec des collègues, à dormir dans des tentes, des conteneurs rénovés et des chambres d’hôtel, je voulais juste être à la maison, profiter du confort de ma maison, gagner ma vie à la maison.

Dans le contexte de la COVID-19, de nombreuses entreprises ont été prises au dépourvu et forcées de passer en ligne. Dans mon cas, j’étais prête à m’épanouir en ligne parce que j’avais déjà fait l’expérience des études en ligne et du réseautage avec des collègues partout dans le monde depuis de nombreuses années. C’est donc une progression naturelle pour moi et mes services aux entreprises.

Initials JJGAyant maintenant votre propre entreprise depuis 2020, quelles nouvelles opportunités se présentent pour la coopération avec d’autres entités dans le domaine ?

Gennike snipAvoir ma propre entreprise signifie que je porte différentes casquettes tous les jours. Je suis plus qu’une interprète indépendante. Je suis également responsable de la commercialisation de mes services, des aspects financiers, de l’administration de mes activités, de l’assurance de la qualité, du service à la clientèle et de la gestion de projets. En même temps, travailler à la maison signifie que je peux profiter de la compagnie de mes chiens et passer beaucoup de temps dans mon jardin à cultiver des aliments biologiques pour garder mon esprit et mon corps en bonne santé. C’est un choix de vie qui est très différent de la vie que j’avais vécue pendant des années où je me rendais dans des zones sinistrées, désireuse de servir les autres mais finalement j’ai négligé mes propres besoins, ce qui a conduit à l’épuisement.

Depuis que j’ai changé d’orientation et créé ma propre entreprise, j’ai eu la possibilité de fournir de nombreux services, mais maintenant ceux-ci visent à surmonter les barrières linguistiques. Mes compétences linguistiques aident les gens à établir des liens, à communiquer et à collaborer à la résolution de problèmes. C’est ma passion. C’est ce qui me motive au quotidien.

En élargissant mon réseau via des plateformes comme Linkedin, j’ai eu la chance de rencontrer des personnes très intéressantes avec lesquelles j’ai établi de grandes synergies, vous par exemple. Nous nous soutenons mutuellement dans notre démarche entrepreneuriale, échangeons des compétences et des services, nous recommandons et promouvons l’expertise de l’autre et entretenons généralement de bonnes relations. Grâce à ces relations en ligne, de nombreuses portes se sont ouvertes pour moi : invitations à participer à différents forums, interprétation simultanée à distance, traduction pour les clients lointains, etc.

J’ai également été en mesure d’affiner mes compétences en interprétation à distance. J’ai notamment poursuivi la certification professionnelle avec la plate-forme multilingue KUDO. Cette technologie est novatrice et arrive à point nommé. Elle a révolutionné la façon de travailler des interprètes et a créé un marché que les clients potentiels peuvent exploiter pour réserver des services d’interprétation sur demande pour des réunions multilingues. J’ai décroché le certificat la veille de mon 45e anniversaire. Comme quoi, il n’est jamais trop tard pour commencer quelque chose de nouveau.

Initials JJGVous avez récemment publié un livre intitulé « CARICOM: GOOD OFFICES, GOOD NEIGHBORS » dans lequel vous expliquez la diversité des méthodes des membres de la Communauté des Caraïbes face à la crise vénézuélienne. Quels sont les États membres de la CARICOM ?

Gennike snipLa Communauté des Caraïbes (CARICOM) est une organisation créée en 1973 par le Traité de Chaguaramas, signé par les membres fondateurs (Barbade, Jamaïque, Guyana et Trinité-et-Tobago) pour promouvoir l’intégration économique et la coopération. L’organisation se compose actuellement de 15 nations des Caraïbes et de dépendances. Ces États membres sont Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, la Barbade, le Belize, la Dominique, la Grenade, le Guyana, Haïti, la Jamaïque, Montserrat (un territoire britannique d’outre-mer dans les îles Sous-le-Vent), Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, le Suriname et Trinité-et-Tobago. En plus des membres à part entière de la communauté, il y a cinq membres associés et sept observateurs. Les cinq membres associés sont Anguilla, les Bermudes, les îles Vierges britanniques, les îles Caïmans et les îles Turks et Caïques. Le rôle des membres associés, qui sont tous des territoires britanniques d’outre-mer, n’est pas encore défini. Les observateurs sont des États qui participent à au moins un des comités techniques de la CARICOM.

Initials JJGVous êtes l’un des traducteurs de référence pour le Bureau d’interprétation et de traduction des Caraïbes (CITB) de l’Université des Antilles (UWI). 

Gennike snipLe CITB est une branche de l’Université des Antilles qui fournit, comme son nom l’indique, des services d’interprétation et de traduction à des clients publics et privés. Puisque l’UWI offre un diplôme d’interprétation, les diplômés qui réussissent le cours sont engagés comme pigistes pour des clients. J’ai eu la chance de travailler comme pigiste au CITB depuis 2007, année où j’ai obtenu mon diplôme d’études supérieures. Ce qui est le plus gratifiant, c’est que les professeurs du programme de troisième cycle sont devenus des mentors et des amis avec qui je travaille encore aujourd’hui.

Initials JJGQuelle est la principale activité économique de Trinité-et-Tobago et quel est le mode de vie de ses habitants ?

Gennike snipTrinidad est un centre commercial et industriel animé, tandis que Tobago est une île touristique décontractée et presque somnolente. Ensemble, Trinité-et-Tobago offre aux visiteurs un équilibre entre affaires et plaisir. Trinité-et-Tobago est considérée comme le centre économique des Caraïbes anglophones en raison de sa production de pétrole et de gaz et de son solide secteur manufacturier qui exporte une grande partie de ses marchandises vers ses voisins de la CARICOM, ses partenaires commerciaux sud-américains et les États-Unis.

Initials JJGQuelles sont vos activités extra-professionnelles préférées?

Gennike snipJ’ai eu différents passe-temps à différentes étapes de ma vie parce que j’essayais toujours de nouvelles activités dans les pays où j’ai eu la chance de vivre, d’étudier et de travailler. En Haïti, j’ai commencé le kick-boxing pour remédier au stress. En République dominicaine, j’ai appris à danser la salsa et le merengue. En Martinique, j’ai appris à danser le zouk et des danses traditionnelles telles que le Gwo Ka, le Biguine et la mazurka. En Guadeloupe, je me suis inscrite à un club de cyclisme et j’ai pratiqué une gamme de sports nautiques facilement accessibles (kayak, snorkeling, natation). À la Barbade, j’ai suivi des cours de surf. Maintenant, avec les restrictions liées à la COVID-19 imposées dans mon pays, y compris la fermeture des plages, je passe beaucoup plus de temps dans le jardin à faire de l’agriculture de subsistance et à lire dans un hamac. Je fais aussi des expériences culinaires avec des recettes d’algues sargasses. Jusqu’à présent, j’ai créé des lasagnes aux sargasses, de la pâte à pizza aux sargasses et des brownies aux sargasses. Tous délicieux!

———————-

[1] Votre blogeur fidèle est traducteur et interprète assermenté aupres du Judicial Council of California (hebreu/anglais, francais/anglais). Il a vecu sur quatre continents et a passé un an a Paris, où il a obtenu un diplome en Civilisation française de la Sorbonne – un cas d'opsimathie, vu le fait qu'il n'au jamais appris le français a l'école ni pendant ces annees d'etudes précédentes en droit. Il a ètè membre du Barreau d'Afrique du Sud et du Barreau d'Israel. Il a traduit en anglais RÉVOLUTION d'Emmanuel Macron.

Tortoise 1Il ne faut pas le confondre avec un autre Jonathan encore plus ancien – la tortue (agée de 188 ans) en confinement sur l'ile de Sainte Hélène (comme Napoléon autrefois). Les deux (Jonathan & Jonathan, non Jonathan et Napoléon) se sont rencontrés lors d'une visite de l'île effectuée par votre bloggeur. Voir le reportage : https://bit.ly/2KS6Wxe