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Deux jeunes femmes lettrées

Eleanor Catton est une jeune femme née au Canada et élevée en Nouvelle- Zélande. Elle a fait irruption sur la scène littéraire en 2010, à l'âge de 25 ans, lors de la parution de son premier roman, The Rehearsal : A Novel. Le livre, acclamé dans tout le monde anglo-saxon, a été récemment traduit en français par Erika Abrahams sous le titre « La répétition : un roman ». Deux ans après ses débuts, à l'âge de 27 ans, Eleanor Catton a signé sa deuxième œuvre, The Luminaries  [1] qui vient de remporter The Booker Man Prize, le prestigieux prix britannique. Son livre a été choisi parmi les 151 romans en compétition, exploit sans Kimble 1précédent dans l'histoire du prix. Nous avons demandé à Renée Kimble, jeune femme américaine, elle aussi très douée qui, à 24 ans débute sa troisième année de doctorat ès littérature française, d'analyser « La répétition ». Voici son excellente contribution au blog. 


On reconnaît dès le début que La répétition : Un roman, n'est pas un roman comme les autres. On a peine à croire ce que la prof de saxo dit à la mère d'une de ses étudiantes : « Par rapport au saxo, la clarinette est un têtard. Vous pouvez l'imaginer, n'est-ce pas ? La clarinette est un sperme noir et argenté, et si on aime beaucoup ce sperme, il se transformera un jour en saxophone. » [1]

Qui parle comme ça ?

Évidemment, la plupart des personnages de ce roman. Il faut un certain temps pour s'habituer à ce style théâtral – et l'auteur en use à dessein – mais on finit par reconnaître qu'à l'instar du Nouveau roman, sa forme ne fait que renforcer sa puissante thématique.

Il s'agit de deux intrigues qui se rapprochent, l'une de l'autre, dans le temps et dans l'espace. La première concerne des étudiantes de l'Abbaye Grange, dont un professeur de musique a eu des rapports sexuels avec une des étudiantes plus âgées, Victoria. Bien sûr, il est relevé de ses fonctions, mais il poursuit sa relation avec Victoria, à l'insu de tous sauf d'Isolde, la jeune sœur de Victoria.

Isolde, qui étudie aussi à l'Abbaye Grange, est le véritable personnage principal de ce récit, pas sa sœur aînée. Elle, et aussi Stanley, un étudiant du cours d'art dramatique voisin. Le narrateur raconte l'histoire de Stanley d'une manière non-chronologique, qu'il marque avec les mois. Cette façon d'organiser son histoire mime à la fois les souvenirs d'un individu tels qu'ils surgissent en fonction de ce qui se passe dans sa vie, et la façon dont on répète les scènes d'un spectacle.

Le récit d'Isolde est plus chronologique et marqué par les jours, ce qui enracine le roman et rend mieux compte du développement des sentiments déroutants qu'Isolde éprouve pour une autre étudiante plus âgée, Julia. Toutes les deux sont les élèves de la prof de saxo, elle aussi lesbienne. Force est de constater que les prénoms des filles ressemblent beaucoup à ceux des héroïnes des mythes amoureux :Tristan et Yseut ou Roméo et Juliette (le second étant une pièce de théâtre).

Je souligne exprès ce lien avec le théâtre, non seulement parce que Stanley étudie l'art dramatique, mais aussi parce que le récit est bourré de références au théâtre du quotidien – c'est-à-dire aux rôles que nous tous jouons chaque jour, aux apparences que nous nous soucions de maintenir. Par exemple : « [Les étudiantes de l'Abbaye Grange] ont honte de ne rien ressentir et donc, avec beaucoup de respect, elles affectent d'éprouver maintes choses. Elles contemplent consciemment leur propre mortalité alors qu'elles regardent le progrès des gouttes de pluie tout le long des fenêtres. Elles soupirent et prennent trop de temps aux toilettes, et elles se disent, « Je pense qu'il vaut mieux être seule pour un instant. » [2]

En plus, les vers de la pièce de théâtre (dont Stanley interprète l'un des rôles) ne diffèrent guère des dialogues des personnages hors de la scène. À la fin du roman, la confusion qu'entraînent les « scènes » intercalées – les scènes proprement théâtrales et les épisodes de la vie des personnages – montre bien à quel point nous aussi jouons un rôle … peut-être même à notre insu.

Bref, ce premier roman d'Eleanor Catton est d'une richesse remarquable, autant par ses observations précises du comportement humain que par sa prose éblouissante, deux traits dont l'extrait qui suit est une parfaite démonstration :

Il était une fois où on se mordrait les lèvres, et cela voudrait dire, « Je faillis être accablé par mon désir. Maintenant, on se mord les lèvres et cela veut dire, je veux que tu voies que je faillis d'être accablé par mon désir. Alors donc je me sers du signal le plus évident et le plus reconnu que je connais pour te le faire voir. Maintenant, ça veut dire, nous reconnaissons tous les deux ce dont je fais allusion quand je me mors les lèvres et ce que j'insinue. [3]

 Renée Elizabeth Kimble

————————————————

[1] The Luminaries :

 

 

[2]    "The clarinet is tadpole to the sax, can you see that? The clarinet is a black and silver sperm, and if you love this sperm very much it will one day grow into a saxophone." – p. 3

[3]     "They are ashamed that they feel nothing and so respectfully they affect to feel very much. They self-consciously contemplate their own mortality as they watch the raindrops travel down the glass. They sigh and take too long in the toilet cubicle, and say to each other, 'I think I need to be alone for a while.'" – p. 180

[4]     "Once, a long time ago, you could probably bite your lip and it would mean, I am almost overcome with desiring you. Now you bite your lip and it means, I want you to see that I am almost overcome with desiring you, so I am using the plainest and most universally accepted signal I can think of to make you see. Now it means: Both of us know the implications of my biting my lip and what I am trying to say." – p. 190-191

 

Versions française et anglaise d’une chanson sur Venise (Charles Aznavour)

 

 

 

Que c'est triste Venise
Aux temps des amours mortes
Que c'est triste Venise
Quand on ne s'aime plus
On cherche encore des mots
Mais l'ennui les emporte
On voudrait bien pleurer
Mais on ne le peut plus

Que c'est triste Venise
Lorsque les barcarolles
Ne viennent souligner
Que des silences creux
Et que le cœur se serre
En voyant les gondoles
Abriter le bonheur
Des couples amoureux
Que c'est triste Venise
Aux temps des amours mortes

Que c'est triste Venise
Quand on ne s'aime plus
Les musées, les églises
Ouvrent en vain leurs portes
Inutile beauté
Devant nos yeux déçus

Que c'est triste Venise
Le soir sur la lagune
Quand on cherche une main
Que l'on ne vous tend pas
Et que l'on ironise
Devant le clair de lune
Pour tenter d'oublier
Ce qu'on ne se dit pas

Adieu tous les pigeons
Qui nous ont fait escorte
Adieu Pont des Soupirs
Adieu rêve perdu
C'est trop triste Venise
Aux temps des amours mortes
C'est trop triste Venise
Quand on ne s'aime plus

 

How sad Venice can be when you return alone
To find a memory in every paving stone
I walk among the birds that fill San Marco's Square
With echoes of her words around me in the air.

How sad Venice can be when the mandolins play
A song she sung for me, one unforgotten day
Like images of sleep, the gondoliers go by
But when I try to weep, I find my tears are dry.

How sad Venice can be when mist is in your eyes
And you can hardly see, as pigeons fill the skies
I find the little street and then the old café
Where we would always meet to dream away the day.

How sad Venice can be, beneath the silent moon
That rises from the sea and silvers the lagoon
I hear the vespers chime and cross the Bridge of Sighs
I know that it is time to bid my last goodbyes.

There's nothing more to say, I pass beneath the light
And then I turn away from Venice in the night
How sad Venice can be, it's too lonely to bear
When you have lost the love that you discovered there.

Annonce aux lecteurs et lectrices

Nous avons récemment publié un article intitulé "Une comtesse au cœur blessé", rédigé par notre collaboratrice Magdalena Chrusciel. L'article racontait la vie et la mort de Krystyna Skarbek, alias Christine Granville, une comtesse polonaise qui  a servi la Grande-Bretagne et la France comme agent secret pendant la deuxième guerre mondiale. Ses actions héroïques et courageuses en faveur de la victoire des Alliés lui ont valu d'être décorée par les deux gouvernements. L'une des
Spy sources principales de cet article était le livre, The Spy Who Loved: the Secrets and Lives of Christine Granville, Britain's First Special Agent of World War II (MacMillan, 2012). L'auteure de ce livre, Claire Mulley, a bien voulu nous adresser un message que nous sommes très heureux de publier ci-après. Plus bas, nos chers lecteurs et lectrices pourront visionner un entretien avec Clare Mulley.




 Christine Granville                    Claire Mulley

"I am delighted that Krystyna Skarbek, aka Christine Granville, has featured in your blog.

Krystyna was a very passionate woman. She loved life in its widest sense. She loved adrenalin and danger. She loved men; she had two husbands and numerous lovers. But, above all, she loved freedom and independence; freedom for her country – Poland, and freedom for herself. Yet although she was highly honoured by the British and the French for her great courage and huge contribution to the Allied war effort, after her tragic death her story was deliberately kept quiet. A group of her former male colleagues and friends gathered together as 'the panel to protect the reputation of Christine Granville'. They felt the world was not ready for Krystyna in 1952. Fortunately times change, and the world hopefully judges female heroes in more equal terms today. I have been absolutely delighted to see the reception given to Krystyna and the book since it was published in the UK, USA and now in Poland.


It is also wonderful to see her story told again on the Le Mot Juste en Anglais blog-site! Fingers crossed, we might even get a French translation one day, as Krystyna did some of her most important work for the allies while working undercover as a resistance courier in France in the summer of 1944."

 

Le site de Claire Mulley : http://www.claremulley.com/home/

Une comtesse au coeur blessé

MAGDALENAEn mars dernier, Magdalena Chrusciel a été notre « traductrice du mois ». Fille d'un grand pharmacologue polonais détaché à l'Organisation mondiale de la Santé, elle a grandi à Genève et y a fait des études qu'elle a ensuite poursuivies à l'Université de Varsovie. Revenue en Suisse et diplômée de l'E.T.I. de Genève, elle possède une palette linguistique aussi large qu'originale avec la maîtrise de quatre langues : polonais, russe, français et anglais. Elle est traductrice-jurée et a également des activités d'enseignement et de formation professionnelle. Aujourd'hui, elle a choisi de nous parler d'une héroïne de la résistance polonaise à l'oppression nazie : Krystyna Skarbek. Figure romanesque et femme d'exception qui fut aussi, sous un nom d'emprunt, Christine Granville, elle connut un destin aussi périlleux que rocambolesque qui inspira romanciers et cinéastes. Le portrait que Magdalena nous brosse de sa compatriote montre, une fois encore, que la réalité dépasse souvent la fiction !

 ===============

Krystyna Skarbek alias Christine Granville – cette comtesse extraordinaire, l'espionne favorite de Churchill, décorée de la Croix de guerre, fut une aventurière adulée des hommes qui étaient amoureux fous de sa « Beauté du diable ».

 

              

Ian Fleming se serait inspiré de son personnage pour ses héroïnes : Vesper Lynd (Casino Royale) et Tatiana Romanova (From Russia, with Love)

Krystyna Skarbek

Londres, Shellbourne hôtel appartenant au Polish Relief Society : c'est là qu'elle trouva la mort d'un coup de couteau au cœur, asséné par son amoureux éconduit. Elle y séjournait entre ses déplacements professionnels en mer, où elle travaillait comme hôtesse.

 

Une authentique comtesse polonaise

Ravissante, elle était surtout dotée d'un caractère hors du commun, courageuse, elle savait se rendre invisible, par exemple dans la foule. Sa mère, Stefania, fille d'un riche commerçant juif, Goldfeder, avait épousé en 1908 le comte Skarbek, qui cherchait ainsi à se réargenter. [1] Avec la dot, les époux achetèrent un petit manoir, Trzepnica, où Krystyna, vint au monde le 1 mai 1908. Fille de bonne famille, elle fréquentera les Ursulines, apprendra à skier dans la plus fameuse des stations de sports d'hiver polonaises, Zakopane, ce qui sera relaté par le non moins fameux écrivain Witold Gombrowicz, et pratiquera le saut à cheval pour lequel elle aura une passion. Son père meurt en 1929, après avoir dilapidé la dot de sa femme; la famille déménage à Varsovie. Prenant part à un concours de beauté, Krysia est élue l'une des plus belles Polonaises en 1930. Un court mariage s'ensuit avec un riche industriel de Pabianice, Karol Gietlich, puis divorcée, Krystyna travaille chez Fiat, à Varsovie. Intoxiquée par les gaz d'automobiles, elle se retrouve convalescente dans ses chères montagnes. À Zakopane, elle rencontre Jerzy Gizycki, écrivain excentrique, diplomate et voyageur, son aîné de 20 ans, qu'elle épouse en 1938. Alors qu'elle voyage avec son consul de mari en Afrique du Sud, la guerre éclate. Ils se rendent à Londres où Krystyna sera recrutée par le Secret Intelligence Service (SIS).

 

    Sa première mission l'amène à Budapest, où elle organise un service de courriers entre la Hongrie et la Pologne. Une de ses missions à travers les montagnes, accomplie à ski et en hiver, en compagnie du champion olympique Jan Marusarz, est encore bien présente à la mémoire des Polonais, tant elle fut périlleuse. Son mariage promptement rompu, elle rencontre André Kowerski – qu'elle connaissait enfant en Pologne. C'est un officier polonais interné en Hongrie qui organisera une filière d'évasion pour ses compagnons d'internement dans le but de recréer une armée polonaise en France.

André Kowerski

C'est Krystyna qui recrute André pour les services britanniques. Sa mission était d'informer les Anglais de la situation en Pologne occupée, tout en aidant des militaires britanniques à s'évader. Au risque de sa vie, elle traversera la frontière à quatre reprises. C'est ainsi qu'elle rencontre Wlodzimierz Ledochowski (futur colonel), qui devient son amant. Quelque temps après, envoyés en mission très dangereuse, le couple sera arrêté par un douanier tchèque qui les conduit à la Gestapo. C'est alors que Krystyna trouve un moyen de se sortir de cette situation très dangereuse, en offrant son collier aux douaniers – ceux-ci se battent alors pour les prétendus diamants, courant après les cristaux dispersés et permettant ainsi au couple de s'échapper dans la forêt.

 

                        

   Wlodzimierz Ledochowski                  André Kowerski 

La terreur nazie s'était alors renforcée, et Krystyna conjura en vain sa mère de quitter la Pologne. Celle-ci périt plus tard dans l'insurrection du ghetto de Varsovie. À leur tour, Krystyna et André sont arrêtés par la Gestapo. Krystyna s'en sortit cette fois-ci en se mordant la langue ce qui lui fit cracher du sang. Portant des cicatrices thoraciques, les occupants hantés par la crainte de la tuberculose en phase terminale, la relâchèrent finalement. Dorénavant suivi, le couple put néanmoins s'évader en Angleterre grâce à l'aide des services secrets qui leur fournirent passeports britanniques et voiture.

L'agent secret Christine Granville

C'est ainsi que Krysia Skarbek devient Christine Granville, passant la frontière cachée dans le coffre de Sir Owen O'Malley, l'ambassadeur britannique à Budapest. Cependant, parvenu au terme de son périple moyen-oriental au Caire, le couple se heurte à la suspicion générale, tant son évasion paraît rocambolesque. Il devient vite évident que Christine ne peut travailler que comme agent de terrain car, dès qu'elle apparaît dans un bureau, tous les hommes cessent de travailler. Elle va subir à Alger un entraînement de choc, pour les missions les plus dangereuses, seule femme parmi les hommes : opératrice-radio, maniements d'armes et d'explosifs, parachutisme

Petit à petit, les services britanniques reconnaissent le rôle crucial des femmes, qui comme courriers passent plus inaperçues que les hommes et, manquant cruellement d'agents, vont les employer. Elle sera donc parachutée en 1944 à Vassieux-en-Vercors, dans le sud de la France, œuvrant comme courrier sous le nom de Pauline Armand, au sein du réseau Jockey, dirigé par le pacifiste Francis Cammaerts. Elle fut notamment chargée des liaisons entre maquisards français et italiens opérant dans les Alpes, et les forces polonaises à créer.

Lorsque le maquis fut attaqué dans le Vercors, en juillet 1944, apprenant que des agents importants avaient été arrêtés, elle se présenta au capitaine Schenk comme la nièce du général Montgomery, lui offrant aussi deux millions de francs – Schenk fit intervenir un officier de la Gestapo, le Belge Max Waem, qui conduisit le groupe hors des territoires occupés – action qui lui valut de sauver sa tête après la guerre. Christine eut aussi fort à faire avec de nombreux Polonais enrôlés dans l'armée allemande. C'est ainsi qu'elle s'adressa à 2.000 Polonais qui tous se débarrassèrent de leur uniforme allemand.

 

Si ses services en France restaurèrent sa réputation politique et militaire, hélas aucune des missions d'intervention qu'elle espérait conduire en Pologne – notamment l'opération Freston, n'eurent lieu. Skarbek fut une des rares femmes des SOE à être élevée au grade de capitaine ; elle obtint la George Medal et fut faite Officer of the Order of the British Empire (OBE). Ses services en France lui valurent la Croix de guerre.Dans une Angleterre dévastée et saignée à blanc par la guerre, les années d'après-guerre furent difficiles pour les émigrés. Christine essaya de se refaire une vie. Kowerski, toujours amoureux, vivait à Munich, mais Christine refusait d'habiter en Allemagne. Cependant, il était évident pour ses amis qu'elle n'arrivait pas à oublier le passé terrible de la guerre, souffrant de cauchemars, mais refusant d'en parler. C'est en travaillant comme hôtesse sur des navires de croisière qu'elle croisa le chemin d'un steward irlandais, Dennis Muldowney, qui s'en enticha. Lorsqu'elle changea de paquebot pour lui échapper, il s'engagea comme portier d'hôtel, pour l'attendre à Londres, où il l'assassina. Christine est enterrée au cimetière catholique St. Mary's de Kensal Green, au nord-ouest de Londres. Les cendres d'Andrzej Kowerski, alias Andrew Kennedy, furent transférées à sa mort, en 1988, aux côtés de celle qu'il ne cessa jamais d'aimer.

———————————————————

[1] Les comtes Skarbek appartenaient à la vieille noblesse polonaise. Au début du XIXe siècle, ils avaient engagé Nicolas Chopin comme précepteur de leurs enfants. Le pianiste et compositeur Frédéric Chopin est né dans leur manoir de Zelazowa Wola, à une soixantaine de kilomètres de Varsovie, le 1er mars 1810. Actuellement, le Dom Urodzenia Chopina est un lieu de mémoire dédié à l'immense « pianiste aux mains d'argent ».  http://bit.ly/2nCFSVV

 

Magdalena Chrusciel

 

A lire aussi :

Milosnica (The lover), by Maria Nurowska, 1999.

Et 3 biographies :

Madeleine Masson, Christine: a Search for Christine Granville, OBE, GM, Croix de Guerre (1975, republished 2005);

Jan Larecki, Krystyna Skarbek, Agentka o wielu twarzach (Krystyna Skarbek, Agent of Many Faces, 2008);


Clare Mulley, The Spy Who Loved: the Secrets and Lives of Christine Granville, Britain's First Special Agent of World War II (2012).

Stories of espionage – Spies like her
The Economist August 25, 2012

A voir :

 

 


Eric Tordeur –
traducteur du mois d’octobre 2013

Tordeur faceCe mois-ci, notre invité s'appelle Eric Tordeur. Son parcours professionnel est assez original. Il a enchaîné des expériences fort variées qui, toutes à leur manière, ont contribué à façonner son profil actuel. Nous lui donnons la parole en espérant que sa signature réapparaisse bientôt dans nos colonnes.


LMJ : « Reine des eaux, joyeux Copenhague… » chantait Georges Ulmer dans les années cinquante ! Eric Tordeur, vous êtes belge et, à Copenhague, vous dirigez la petite équipe de traduction française du Bureau régional OMS pour l'Europe. Une première question s'impose : comment êtes-vous venu à la traduction et comment avez-vous abouti à Copenhague ?

E. T. : J'ai obtenu ma licence en traduction en 1983 à l'École d'Interprètes Internationaux (EII) de l'Université de Mons (Belgique). Au départ, je voulais faire des études de philologie germanique pour devenir professeur d'anglais, de néerlandais et d'allemand, mais c'est après une journée « portes ouvertes » organisée à l'EII que j'ai finalement changé d'avis et été séduit par une carrière de traducteur. Après plusieurs années dans le privé, le Bureau régional de l'OMS pour l'Europe m'a offert un contrat mi-temps comme traducteur-réviseur. J'ai donc déménagé dans la capitale danoise en 2003.

Complexe UNCity où sont regroupés les services onusiens à Copenhague.

Bâti
traditionnel et architecture
moderne se côtoient

L'entrée d'UNCity

Photos : Eric Tordeur 

LMJ : Vous débutez comme traducteur à l'Institut international d'agriculture tropicale, à Ibadan (Nigeria), où vous passez six ans. L'agriculture tropicale est une question très technique. Vous n'étiez pas agronome. Comment vous êtes-vous adapté à cette discipline et à l'Afrique occidentale ?

E.T. : Ce ne fut guère facile, car l'agriculture tropicale n'est pas généralement inscrite au programme des facultés de traduction ! J'ai dû tout apprendre sur place, lire des documents et des rapports très scientifiques parlant d'irrigation des rizières ou de lutte contre les ravageurs du manioc. Comme l'IITA est avant tout un centre de recherche, je fréquentais les ingénieurs agronomes, allais dans leurs laboratoires, visitais leurs champs d'essai. J'ai adoré l'Afrique occidentale, ses paysages, sa culture et ses populations. Évidemment, j'ai dû m'adapter au climat, à l'absence d'hiver, à la chaleur humide.

LMJ : Votre carrière se réoriente ensuite complètement puisque vous n'allez pas à Rome offrir vos services à la FAO ou au FIDA, mais vous passez neuf ans aux États-Unis. Racontez-nous cette expérience américaine.

E.T. : En effet, j'ai quitté le monde des organismes internationaux pour m'enfoncer dans la jungle impitoyable du privé américain. J'ai travaillé pendant près de cinq ans comme traducteur puis comme directeur du service linguistique chez Harvard Translations à Boston. Ensuite, je suis allé gérer le programme de traduction de Yahoo! en Californie. J'ai appris non plus à traduire, mais à produire. J'ai dû accroître ma cadence et m'intéresser davantage aux nouvelles technologies. Chez Yahoo!, j'ai vécu le rêve californien et, en particulier, celui de la Silicon Valley. En 2000, j'ai été transféré à leur bureau européen de Londres, où je suis resté jusqu'à mon départ en 2003.

LMJ : Pendant un an, vous gérez le site Yahoo de la Coupe du monde de football de la FIFA. Ce devait être passionnant. N'avez-vous pas été tenté de rester dans le monde du sport ou des médias ?

E.T. : Ce fut une expérience inoubliable, même si je n'aime pas le football, et j'ai fait beaucoup de jaloux. Je suis allé sur place à Séoul, en Corée du Sud, lors de la phase finale de la Coupe du monde de 2002 pour gérer la traduction de leur site dans 6 langues. Je devais regarder tous les matches sur des écrans géants pour vérifier le travail des traducteurs qui traduisaient les commentaires en direct. Bien sûr, il y avait l'ambiance, la présence de toutes les chaînes de télévision, et cette impression de participer à un événement planétaire. J'aurais pu rester dans le monde du sport et des médias, mais le destin en a décidé autrement.

LMJ : Donc, vous changez encore de pays et de domaine d'activité puisque vous rentrez au service de l'OMS, comme traducteur à mi-temps au bureau de Copenhague.

E.T. : J'ai quitté les brumes de Londres pour rejoindre les bords de la Baltique, le monde de l'Internet pour le monde de la santé publique. Le changement fut brutal, mais je me suis adapté à mon nouvel environnement.

Tordeur 2

Photo : Eric Tordeur

"J'ai quitté les brumes de Londres pour rejoindre les bords de la Baltique…"

LMJ : Dans ces nouvelles fonctions, vous travaillez avec René Meertens, l'auteur (entre autres) du Guide anglais-français de la traduction, l'un des trois livres que j'emporterais avec moi si je devais traduire dans une île déserte. Avez-vous collaboré à ses travaux de terminologie ?

E.T. : Pas du tout, mais j'ai profité de ses connaissances intarissables dans le domaine de la santé. Il a été mon mentor. C'est quelqu'un de très bien, de très modeste. René Meertens a pris sa retraite il y a quelques années, et il nous manque beaucoup à l'OMS/Europe.

LMJ : Loin de la francophonie, ressentez-vous une impression d'isolement ? Avec une équipe réduite, avez-vous recours à une technique à laquelle l'OMS s'intéresse de près[1], la traduction assistée par ordinateur (TAO) ?

E.T. : La Scandinavie est à des milliers d'années lumière de la francophonie, et regarde plutôt vers l'univers anglo-saxon. Heureusement, grâce à l'Internet, au satellite, il est facile de rester informé en français, et puis Copenhague n'est qu'à une heure d'avion de Bruxelles. En ce qui concerne la TAO, c'est devenu notre credo. Il est important d'adopter les nouvelles technologies pour survivre, accroître son efficacité. Si vous ne le faites pas, d'autres le feront. Mon expérience chez Yahoo! m'a rendu plus réceptif à ces technologies.

LMJ : Toujours pour rompre l'isolement, avez-vous des contacts étroits avec vos homologues des autres équipes linguistiques (allemande, russe, etc.) ? Vous réunissez-vous pour discuter de questions professionnelles ?

E.T. : Absolument. Nous travaillons dans des langues différentes, mais nous rencontrons les mêmes problèmes. J'ai d'excellentes relations avec mes collègues allemands, russes et anglais. Nous nous réunissons souvent. Il arrive que je m'inspire de leurs traductions, et ils vont souvent consulter les traductions françaises.

LMJ : Dans quelle mesure l'expérience que vous avez acquise en Afrique et en Amérique vous sert-elle à traduire des textes traitant de médecine et de santé publique ?

E.T. : La phytopathologie est l'un des domaines de l'agriculture tropicale. Il existe parfois des points communs entre les maladies des végétaux et celles touchant les populations humaines, notamment celles provoquées par des carences. Lorsque je travaillais comme traducteur chez Harvard Translations, à Boston, je faisais énormément de traductions pour de grandes entreprises médicales, notamment des notices d'emploi pour des instruments chirurgicaux. En d'autres termes, j'ai toujours traduit des textes traitant de médecine ou de problèmes de santé. Certains documents de l'OMS portent, par exemple, sur la lutte contre le paludisme, une maladie malheureusement très présente en Afrique. J'ai d'ailleurs une connaissance d'autant plus intime du paludisme que j'ai eu plusieurs crises pendant mon séjour là-bas. Je connais donc bien les symptômes ainsi que les modes de prévention et de guérison.

LMJ : Une profession qui vit est une profession qui se renouvelle. Quels conseils donneriez-vous à des jeunes qui aiment les langues étrangères et veulent s'orienter vers la traduction ou l'interprétation ? Leur conseilleriez-vous de « rouler leur bosse » ?

E.T. : Je leur conseillerais de bien connaître les langues étrangères et leur langue maternelle, de s'intéresser aux nouvelles technologies (glossaires en ligne, mémoires de traduction, traduction automatique) et de les adopter afin d'accroître à la fois la qualité et la productivité. Mais surtout, je leur conseillerais de ne jamais laisser tomber… le monde de la traduction et de l'interprétation est un monde de requins. La concurrence est rude. C'est aussi un métier que beaucoup de gens ne comprennent pas, surtout ceux qui n'ont jamais fait l'effort d'apprendre une langue étrangère.

——————————

[1] Najeeb Al Shorbaji. Machine translation. UN Special, juillet-août 2013, pp. 16-17.

Les video clips du mois

Voici deux présentations devant une audience de la très prestigieuse organisation TED.

Psychologie, Cognition et Linguistique
(en anglais avec des sous-titres en français) 

Steven
Pinker
,
Canadien de naissance, est un psychologue cognitiviste . Il est célèbre pour ses livres de synthèse qui
s'adressent à la fois aux scientifiques et au grand public. Il m
ène des
recherches dans plusieurs domaines dont le linguistique.

Après des études au Canada, Pinker a effectué un
doctorat en psychologie
expérimentale à Harvard. Il fut professeur au département de sciences
cognitives et cerveau au Massachusetts Institute oif Technology pendant 21 ans avant son retour à Harvard en 2003.

Il est l’auteur
de huit livres, dont Language, Cognition and Human Nature, Language Learnability and Language Development, Language Instinct, Words and Rules, The Stuff of Thought 
et Learning and Cognition. Son oeuvre The Blank Slate  a été finaliste
pour le Prix Pulitzer. Plusieurs de ses livres ont été traduits en français :
« Comment fonctionne l’esprit» (2000), « Comprendre la nature humaine » (2005), et récemment
«L’instinct du langage» (5 avril 2013).

 

 

What we learned from 5 million books – presentation de Erez Aiden & Jean-Baptiste Michel

Erez
Lieberman Aiden

est un chercheur scientifique américain qui
œuvre
dans de nombreux domaines liés aux mathématiques appliquées. Il
est membre de la
Harvard
Society of Fellows

et enseignant invité chez Google. Par des méthodes mathématiques
et quantitatives, il a étudié l'évolution dans toutes sortes de
contextes, y compris celui des réseaux par la théorie des graphes
évolutifs, et des langues dans le domaine de la « culturomique ».
Il a publié des articles scientifiques dans les disciplines les plus
diverses.

Jean-Baptiste
Michel

est un Mauricien d'expression française. Il est ingénieur et
chercheur à Harvard et chez Google. À l'aide d'une méthode
quantitative, il étudie les tendances qui se dessinent dans les
pathologies humaines, les langues et les cultures à partir de
modèles grammaticaux et linguistiques situés dans de vastes
collections de textes numérisés.

  

Voir aussi :
Jean-Baptiste Michel

Quantitative
Analysis of Culture Using Millions of Digitized Books

SCIENCE, 14 January 2011

Des notices multilingues pour les médicaments?


MargoliusLe Sénat de Californie étudie un projet de loi qui obligerait les pharmacies à délivrer des médicaments accompagnés de notices rédigées autrement qu'en anglais.


L'article suivant, rédigé par Dr. David Margolius, parut dans le journal
Los Angeles Times le 3 juin 2013. Jean Leclercq a traduit l'article et nous le publions en français sur ce blog  avec l'aimable autorisation de l'auteur.

      DMM3.jpg
                                    Dr. David Margolis

Comme le dit un proverbe chinois : « Plus grand est le pouvoir, plus grande la responsabilité ». Cela vaut pour les médecins lorsqu'ils prescrivent, mais aussi pour les pharmacies lorsqu'elles délivrent des médicaments.

En décembre dernier, après sept ans de cours, de clinique et d'examens, j'ai reçu mon autorisation d'exercer. J'avais enfin le droit de prescrire des médicaments sans le contreseing de ma supérieure. « Prenez garde » me conseilla-t-elle, « rappelez-vous de l'anecdote d'once ».

L'anecdote d'once est un récit édifiant qui – si j'en crois Google – tire son origine d'un feuilleton mélo espagnol. Selon l'une des versions, un médecin prescrit à un patient un traitement médicamenteux de 30 jours. Trois jours après, le malade revient pour renouveler l'ordonnance. « Comment se fait-il ? » demande le médecin. Le patient hispanophone répond : « J'ai pris les pilules exactement cela était indiqué sur le flacon : 11 par jour. » Le médecin examina le flacon de pilules : « Take once a day (À prendre une fois par jour) ». Mais, once, lu et prononcé « ohn-sé » veut dire 11 en espagnol. Le patient avait pris 11 pilules par jour, comme il l'avait lu sur l'étiquette du flacon – en interprétation espagnole !

Dans cette version, le patient en réchappe mais, dans d'autres, il est hospitalisé ou même, il meurt. Peu après avoir reçu mon autorisation d'exercer, j'en ai eu ma propre version.

Diabétique et âgé de 65 ans, M. P. est originaire du Mexique. Il parle suffisamment bien l'anglais pour une conversation courante, mais serait considéré comme MLA, c'est-à-dire ayant une maîtrise limitée de l'anglais. Cela signifie qu'il parle anglais moins que « très bien », et il n'est pas le seul : 40% des Californiens parlent à la maison une langue autre que l'anglais et six millions sont MLA.

Il souffre de diabète, d'hypercholestérolémie, d'hypertension et de cardiopathie coronarienne; il prend quotidiennement dix médicaments. Il a tout pour faire partie des 150.000 Californiens qui tombent malades ou meurent chaque année par suite d'erreurs de médication.

J'avais pensé pouvoir l'aider. Il prenait deux fois par jour un médicament pour la tension. Je lui changeais pour une formulation d'une prise par jour. J'écrivis : « Tome una pastilla en la noche » sur une étiquette que je collais sur le flacon pour éviter toute méprise du genre once. J'estimais que cela m'incombait en tant que prescripteur de médicaments. Trois mois plus tard, M. P. était hospitalisé. Une semaine auparavant, ll avait commencé à éprouver des étourdissements, puis il était tombé. Aux urgences, son pouls était dangereusement faible. Après une évaluation très complète de son état suivie d'une visite d'une infirmière à son domicile, nous découvrîmes qu'il avait recommencé à prendre son médicament deux fois par jour, bien qu'il s'agisse de la formulation à une seule prise quotidienne. En fait, il avait doublé la dose que j'avais prescrite.

Les indications que j'avais écrites avaient probablement fait leur effet, mais l'ordonnance était renouvelable et il reçut un nouveau flacon de pilules. Si de nombreuses pharmacies de Californie (dont certaines grandes chaînes, mais pas toutes) impriment des instructions dans des langues autres que l'anglais, la sienne ne le faisait pas.

Le législatif examine un projet de loi – SB 204 – qui contribuerait à résoudre ce problème. L'Assemblée s'en saisira après qu'il soit passé par le Sénat. Si ce texte devient une loi, les pharmacies auront l'obligation d'imprimer sur les flacons de pilules des directives d'usage courantes, traduites dans des langues autres que l'anglais. De telles directives sont déjà disponibles en chinois, coréen, espagnol, russe et vietnamien sur le site Web du Conseil des Pharmacies. La loi obligerait à les imprimer aussi sur les flacons. (L'État de New York dispose d'un texte de ce genre).

Dr. David Margolius

La langue anglaise compterait 1.019.729 mots (estimation au 1er janvier 2013)

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Selon l'estimation du Global Language Monitor (Observatoire mondial de la langue), la langue anglaise comptait 1.019.729 mots au 1er janvier 2013.

Le cap du million de mots a été dépassé le 10 juin 2009 à 10h22 (GMT). Le millionième mot a été le très controversé « Web 2.0 ». Actuellement, on estime que l'anglais s'enrichit d'un nouveau mot toutes les 98 minutes et d'environ 14,7 mots par jour.

Google valide les calculs du Global Language Monitor


 

GLM/Google ≠ OED et Webster's 3rd

 

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Bien que l'analyse du GLM ait suscité une âpre controverse à l'époque, la récente étude Google/Harvard du nombre de mots présents dans la langue anglaise aboutit au chiffre de 1.022.000. Le graphique ci-dessus est extrait d'une étude de l'AAAS (American Association for the Advancement of Science) citée par le NPR, le réseau radiophonique public des États-Unis. À l'époque où le New York Times publia son article maintes fois cité sur le franchissement du seuil symbolique d'un million, des voix s'élevèrent pour dire que « même Google ne pouvait élaborer une telle méthodologie. Sans qu'ils le sachent, c'était précisément ce que Google avait fait.

Selon le GLM, le nombre de mots dans la langue anglaise s'établit maintenant à : 1.019.729,6. La différence entre les deux analyses est de 0, 0121%, ce qui est considéré comme statistiquement non significatif.

Le chiffre de Google, qui se fonde sur le décompte des mots de 15 millions de livres en anglais qu'il a scannés dans le Google Corpus rejoint l'analyse du GLM. Le chiffre du GLM se fonde sur les méthodes algorithmiques dont il s'explique sur son site.

 

Source : Number of Words in the English
Language: 1,019,729, 
Global Language Monitor

 

Traduction Jean Leclercq


 

Le bulldog anglais et le bouledogue français

Du linguistique, de l'histoire et de l'humour

Dans un article récemment publié sur ce blog, intitulé James Bond et Alfred Tennyson, à propos du film Skyfall, tout en citant un vers du poète célèbre, « To strive, to seek, to find, and not to yield », nous avons affirmé : «  On peut aussi y voir une expression de la ténacité du peuple britannique – message encore renforcé dans le film par la présence d'une statuette de bouledogue drapé dans le drapeau national sur le bureau de "M". »

Effectivement, le bulldog anglais est l'une des figures emblématiques les plus fameuses du Royaume-Uni. Les babines pendantes et le museau aplati sont les principales caractéristiques physiques de cette race. Trapu, court sur pattes, avec un poitrail imposant, le bulldog incarne la force et la robustesse.

 



 

Le bulldog anglais (littéralement, le chien-taureau) est un chien originaire des îles britanniques. En revanche, le bouledogue français descend du dogue du Tibet, ancêtre de tous les chiens de type molosse. Leur existence est attestée dès la plus haute Antiquité : les Assyriens nous ont laissé des bas-reliefs du Xe siècle av. J.-C. représentant des chiens de ce type, proches des chiens du Tibet. L'apparition du bulldog anglais a été favorisée par le développement d'un sport apparu au XIIIe siècle, le bullbaiting ou combat entre un chien et un taureau.

Cette pratique ayant été interdite en 1835, le bulldog anglais a failli disparaître jusqu'à ce que des passionnés de cette noble race se mobilisent pour la sauver. Celle-ci fut remaniée de façon à produire un chien d'un caractère et d'un comportement plus équilibrés. Le redoutable combattant des arènes est aujourd'hui un animal de compagnie dénué de toute agressivité et grand ami des enfants.[1]

Dans le video clip suivant, intitulé Stubborn French Bulldog Beauregard Won't Walk Home, un bouledogue français particulièrement têtu, est tout disposé à suivre sa maîtresse quand celle-ci prend le chemin du café populaire américain « Peet's ». Mais, au moment où la femme essaie de le ramener à la maison, le bouledogue, nommé Beauregard, résiste farouchement. Cette scène désopilante vaut le coup d'œil !

  

À la une : Un chien-guide, Kirsch,  vient de recevoir un diplôme honoris causa en pédagogie de la très prestigieuse Université John Hopkins, située à Baltimore, dans l'État du Maryland.

Carlos, son propriétaire, est aveugle. L'un et l'autre ont assisté à tous les cours.

[1] Source : Wikipedia

 

Jonathan G. & Jean L.

A la une : Alice Munro, 82, est la première canadienne (et la 13e femme) à remporter le prix Nobel de littérature

 

 

Le Nobel de littérature décerné à Alice Munro, reine de la nouvelle
Le Monde, 10.10.2013

Alice Munro wins Nobel Prize in Literature
New York Times, 10.10.2013

 


 

Les écrivains et l'écrivaine que le jury Nobel a méconnus :

Léon Tolstoï (1828-1910)
langue : le russe

Marcel Proust (1871-1922)
langue : le français

James Joyce (1882-1941)
langue : l'anglais

Virginia Woolf (1882-1941)
langue : l'anglais

Jorge Luis Borges (1899-1986)
langue : l'espagnol

Vladimir Nabokov (1899-1977)
langue : le russe

W. H. Auden (1907-1973)

Chinua Achebe (1930-2013)

langue : l'anglais

langue : l'anglais


John Updike (1932-2009)

langue : l'anglais

 

Primo Levi (1919-1987)
langue : l'italien