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Josée Kamoun – traductrice du mois d’octobre 2010

Propos recueillis par Brigitte Aubonnet.
Entretien reproduit avec l'autorisation d' Encres Vagabondes 

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Comment êtes-vous venue à la traduction  ?
Mon père, corso-sicilien parlait italien comme français ; ma mère qui avait des racines dans la France profonde (et était prof de philo) trouvait un grand charme au patois ; ma grand-mère maternelle était (déjà) angliciste ; disons que chez moi, on était sensible aux phénomènes de langue. Moi, j'ai « fait latin-grec » ; j'étais bonne : mon prof de terminale faisait lire mes versions aux autres classes pour leur faire deviner « original ou traduction ? » ; on me disait que je serais traducteur, un jour : ça me disait bien. Et puis un jour, un camarade de Paris III qui terminait sa thèse m'a proposé de signer un contrat de traduction pour le Seuil à sa place, il n'avait pas le temps.

Quelle a été votre première traduction  ?
Il s'agissait du livre d'un journaliste américain sur 
Versailles, passions et politique. J'ai accepté, c'était très agréable, écrit dans une langue limpide et élégante. Ensuite le Seuil m'a proposé un gros roman, qui m'a valu un prix ; voilà j'étais lancée.

Vous avez traduit des textes de Philippe Roth et de John Irving. Comment cela s'est-il passé ? 
Incroyable mais vrai, ce sont deux auteurs qu'on m'a apportés « sur un plateau » ; je n'aurais d'ailleurs jamais osé les demander ; confiance, concours de circonstances aussi. 

Lisez-vous les autres livres de l'auteur quand vous avez un texte à traduire ? 
Oui…si j'ai le temps, s'il y a une thématique commune, un arrière plan commun, si le livre passe pour central dans l'œuvre de l'auteur, et puis…si j'en ai envie. Pour Virginia Woolf, j'avais déjà tout lu avant, par exemple. Roth, je n'ai pas encore eu le temps de tout lire, mais ça viendra.

Comment approchez-vous le texte à traduire, globalement d'abord, en lisant entièrement le texte, ou au fur et à mesure ?
Pendant des années, je ne connaissais pas les auteurs qu'on me proposait ; il fallait donc lire intégralement, et de près, le texte pour savoir si j'allais l'accepter. Vivre un an (en moyenne) avec un roman, ce n'est pas rien. Et puis seule une lecture globale permet de repérer les effets de composition, et certains problèmes fondamentaux. Ensuite il y a les cinq versions, voire plus pour certains passages. Mais aujourd'hui, avec Roth et Irving, je m'offre le luxe d'un premier jet de découverte ; c'est plus stimulant. 

Comment intégrez-vous la musicalité des mots pour la redonner dans votre traduction ? 
Une fois posée cette âpre vérité que l'anglais ne fera jamais la musique du français, pour des raisons rythmiques tout autant que phonétiques, on s'applique d'abord à entendre la musique particulière de chaque auteur, de chaque œuvre. Il y a quelques années, au cours d'une conférence au demeurant fort ennuyeuse, j'ai entendu la voix de Faulkner enregistrée. Il lisait un monologue de Vardaman dans 
As I Lay Dying ; il avait une voix un peu nasale, relativement haut perchée, et il lisait assez vite, dans une tonalité franchement bluesy ; j'en étais sûre ; ça s'entendait dans le texte ; je suis persuadée qu'on écrit aussi avec son corps, sa respiration, son timbre, presque. Quand je traduis Roth, j'entends sa voix, ses accélérations, ses ralentissements : ça, ça peut se traduire, en contrastant les longues et les brèves, en imitant les groupes de souffle ; ça se fait en partie d'instinct, si l'on est pas sourd. Une anecdote de traducteur. Il y a une dizaine d'années je travaillais pour Gallimard pour la première fois ; un texte de prose poétique, qu'on m'avait annoncé comme quasi intraduisible (même des traducteurs de poésie avaient déclaré forfait) On imagine ma fébrilité quand le coursier apporte le bouquin. Mon fils, qui avait dix-huit ans et qui était déjà bassiste, passe alors chez moi par hasard, s'empare du livre dont je viens de lui parler, et lit les pages d'ouverture. « Marrant, quand je lis ce bouquin j'ai l'impression de jouer de ma basse… » Ça m'a décidée, j'ai signé. Des années plus tard, je me retrouve autour d'une table avec l'auteur, et deux autres traducteurs dont notre hôtesse ; l'auteur a eu des compliments de la traduction par des journalistes français ; je lui raconte le passage de mon fils ; il se carre dans sa chaise et après un silence m'explique « Je suis contrebassiste, j'ai composé cette ouverture comme un morceau de basse. » On imagine notre tête, à nous, les trois traducteurs…


Comment se passe la réécriture du texte  ?
On rumine, on ressasse ; à la première version, on colle au texte, ensuite on s'en écarte de plus en plus ; on s'en approprie la substance ; vers l'avant-dernière version, on y revient. On lit le texte et sa traduction en parallèle. Il y a des passages plus épineux ; pour le texte dont je viens de parler, je crois que j'avais refait l'ouverture une trentaine de fois ; mais c'est tout à fait exceptionnel.

Comment allie-t-on fidélité au texte et distance pour recréer un texte cohérent ? 
C'est toute la question ; c'est d'ailleurs la question que vous posent vos étudiants quand vous enseignez la version. Mais il n'y a pas de réponse unique, et malgré le formidable travail des traductologues, il n'y a même pas de théorie non plus. Ce qu'on peut dire c'est que littéralité n'est pas fidélité. Il faut établir une hiérarchie des priorités par rapport à ce que l'on comprend et ressent d'un texte ; ce qui fait que deux bons traducteurs opéreront des choix différents.

Quelles sont les similitudes et les différences entre chaque traduction  ?
Chaque texte est un univers en soi, avec ses réseaux, ses associations, son idiolecte, comme on dit. Dans votre propre langue, il en est ainsi des romans, et même du parler des gens. On se comprend, mais sans doute pas tout à fait au même degré. Il y a des traductions où tout résiste, presque rien n'est donné. D'autres qui s'imposent, malgré la profondeur et le richesse du texte. Un texte mal écrit est difficile à traduire, comme un mauvais danseur, qui n'entraîne pas sa cavalière.

Pour les contemporains, rencontrez-vous les auteurs  ?
C'est arrivé, mais à part Irving et Roth, pas si souvent. Mais j'ai toujours au moins correspondu avec eux ; maintenant par mail, c'est vraiment facile.

Est-ce nécessaire ? Est-ce une aide ? 
Oui, c'est une aide ; j'ai parlé des priorités du traducteur ; si elles coïncident avec celles de l'auteur, ça n'est pas mal non plus…et puis parfois, il y a des mots ou des passages qui posent un simple (!) problème de compréhension.

Gardez-vous des contacts après la traduction ? 
Ça ne s'est jamais produit ; je n'ai pas vraiment lié amitié avec un auteur, même si mes rapports avec Roth sont de grande confiance mutuelle, même si nous passons des heures à travailler ensemble, et même si j'apprécie autant sa gentillesse que son professionnalisme. Pour autant, si je ne le traduisais plus, je sortirais sans doute de son champ de conscience ; c'est son art, qui compte. Je le comprends très bien.

Vous traduisez des auteurs que l'éditeur vous propose. Vous arrive-t-il de proposer des traductions à l'éditeur ? 
Non ; pas le temps de faire le boulot des agents, des « scouts » (qui sont une corporation active et influente) j'ai toujours eu deux métiers, voilà pourquoi.

Quelles sont les particularités de la traduction de textes littéraires ?

Je ne traduis que ceux-là, mais enfin j'ai une idée quand même. L'œuvre littéraire est une œuvre d'art ; donc polysémique, d'abord, et devant le demeurer autant que possible (facile à dire, mais parfois le traducteur doit « prendre parti » pour un sens plutôt que l'autre parce que le mot correspondant à l'un des sens n'est pas polysémique en français ; par exemple « fair » en anglais = blond, beau, juste, équitable ; si l'anglais joue sur cette polysémie, le français, lui, sera bien obligé de choisir) ; l'œuvre d'art met en jeu des techniques qui lui sont propres ; en l'occurrence des figures de style ; elle a une composition qui est signifiante. Elle peut être traduite et retraduite de la même façon qu'une pièce peut être mise en scène différemment indéfiniment. Il n'y a pas de vérité ultime du texte.

http://www.encres-vagabondes.com/rencontre/kamoun.htm

For an article in English about Josée Kamoun see "Found in Translation" – TIME.

 

Say “Cheese” *

La Semaine britannique du fromage s'est déroulée à Cardiff (Pays de Galles), du 25 septembre au 3 octobre 2010.

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Un fromage gallois, le “Golden Cenarth” a obtenu le prix le plus prestigieux, le "Supreme Champion Award".

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La France est le pays qui, pour la plupart des gens, évoque le plus le fromage. Charles de Gaulle aurait dit « Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe plus de 300 sortes de fromage ? ». On ignore généralement que l'industrie britannique du fromage est très prospère et offre plus de 700 types de fromages. Selon le blog du quotidien britannique The Guardian, les ventes de fromage britannique dépassent maintenant les ventes de fromage français au Royaume-Uni.

Certains fromages britanniques ont des noms amusants. C'est notamment le cas du “Stinking Bishop” (Evêque puant).

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Unmatured Caerphilly cheese.(Julia Balbilla/Creative Commons)

 

Elizabeth Kelly, expert en mets délicats, écrit sur examiner.com : “S'il est indéniable que le Stinking Bishop a une forte odeur, cela n'explique pas la deuxième partie de son nom. De quel évêque s'agit-il ? Pourquoi ne l'a-t-on pas appelé "Cardinal fétide" ou "Pape malodorant" ? Moulé dans des meules enveloppées d'une croûte, ce fromage du Gloucestershire aurait une odeur qui ressemblerait à celle d'une chaussette sale ou d'une serviette de toilette humide. Les ventes de ce fromage augmentèrent de 500 % lorsque ce dernier fut utilisé dans un film d'animation populaire, Wallace and Grommit – The Curse of the Were-Rabbit, pour ressusciter un cadavre.

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Vous pouvez voir une interview du fabricant du Stinking Bishop ci-après :



 

Le fromage favori des Britanniques a toujours été et est encore le Cheddar. Il porte le nom des grottes de Cheddar, dans le Somerset (Royaume-Uni), où il était entreposé au XVe siècle.

Pour lire une histoire des fromages britanniques, voir ici

On a dit que le fromage était "l'ascension du lait vers l'immortalité". Le mot anglais "cheese" (fromage) provient du latiin caseus. Selon une légende, le fromage fut découvert, il y a plusieurs milliers d'années, par un marchand itinérant appelé Kanana. Pour entreprendre un long voyage, Kahana plaça du lait dans une outre faite d'un estomac de mouton. Sous l'effet de la chaleur et du ballotement du lait dans l'outre, ainsi que de l'action de la présure contenue dans la paroi interne de l'estomac, la caillebotte se sépara du petit-lait et, quand Kahana s'assit pour prendre son déjeuner, il trouva un délicieux fromage (R. Hendrickson, Encyclopedia of Word and Phrase Origins).

Une étude sérieuse sur la culture centrée sur le fromage en France, intitulée Le Fromage as Life: French Attitudes and Behavior Toward Cheese, se trouve à l'adresse suivante :  http://www.acrwebsite.org/volumes/display.asp?id=7925

L'auteur de cette étude s'efforce de déterminer si le fromage est une métaphore qui illustre bien la culture française. Il examine également la façon dont les Français conçoivent le fromage.

Deux livres portant sur cette question ont été publiés vers la fin 2009. Le premier, intitulé Mastering Cheese: Lessons for Connoisseurship from a Maître Fromager, par McCaiman & Gibbons (ISBN 0307406482), contient des informations sur la révolution qui a bouleversé la fabrication du fromage artisanal moderne aux Etats-Unis et accorde une place particulière aux artisans fromagers et à leurs produits, ainsi qu'aux fromages célèbres d'Italie, de France, d'Espagne et du Royaume-Uni.

Les francophones liront avec plaisir Mange ! L'imperatif francais, du mythe à la réalité (2800414642), qui traite des fromages dans le contexte de la gastronomie française. 

Sur le plan linguistique, voici quelques expressions anglaises qui contiennent le mot cheese :

to be cheesed off : être contrarié, irrité
to cheese it (anglais américain) : faire attention ; décamper (souvent utilisé à l'impératif)
to be like chalk and cheese (anglais britannique) : être entièrement différent
a big cheese : une huile (personne importante ou puissante)
more holes than Swiss cheese : quelque chose d'incomplet ou dont beaucoup d'éléments manquent
to cut the cheese :  euphémisme signifiant souffrir de flatulence
to ride the cheese-wagon (anglais américain) se déplacer dans un autocar scolaire jaune
cheesy : exagéré, inauthentique, de mauvaise qualité

—————————————————————————————

* "Say cheese" est une expression utilisée par les photographes qui souhaitent que la personne qui pose sourie. En disant "cheese", la plupart des gens donnent l'impression de sourire. En outre, la personne qui dit "cheese" sans raison apparente trouve cela absurde, ce qui peut l'amuser et donc la faire sourire (Wikipedia).

 

Jonathan Goldberg

 Le présent billet a été traduit de l'anglais par René Meertens, dont le blog est http://vieduguide.blogspot.com.

 

New Books about the English Language

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The Glamour of Grammar: A Guide to the Magic and Mystery of Practical English – Roy Peter Clark. 1st edition. Published August 16, 2010 

  • Hardcover: 304 pages
  • Publisher: Little, Brown and Company
  • ISBN-10: 031602791X
  • Amazon.com price: $13.59

 

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English Grammar for Dummies

–  Geraldine Woods.  Published February 2, 2010

  • Paperback: 384 pages
  • Publisher: For Dummies; 2 edition
  • ISBN-10: 0470546646
  • Amazon.com price: $13.59

 

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Scholastic Children’s Dictionary.

Published July 1, 2010

  • Reading level: Ages 9-12
  • Hardcover: 800 pages
  • Publisher: Scholastic Reference; New edition 
  • Language: English
  • ISBN-10: 0545218586
  • Amazon.com price: $13.59

 

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The Comprehensive Standard Dictionary of the English Language:

 1,000 Pictorial Illustrations.

Abridged from the Funk & Wagnalls New Standard Dictionary of the English Language.

Published March 5, 2010

 

  • Paperback: 734 pages
  • Publisher: Nabu Press  
  • Language: English
  • ISBN-10: 1146554524
  • Amazon.com price: $37.78

Amazon warning: This is an EXACT reproduction of a book published before 1923. This IS NOT an OCR'd book with strange characters, introduced typographical errors, and jumbled words. This book may have occasional imperfections such as missing or blurred pages, poor pictures, errant marks, etc. that were either part of the original artifact, or were introduced by the scanning process. We believe this work is culturally important, and despite the imperfections, have elected to bring it back into print as part of our continuing commitment to the preservation of printed works worldwide. We appreciate your understanding of the imperfections in the preservation process, and hope you enjoy this valuable book.

 

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Brewer’s Dictionary of Modern Phrase & Fable

Published September 30, 2010

 

  • Hardcover: 864 pages
  • Publisher: Chambers; 2nd Revised edition  
  • Language: English
  • ISBN-10: 0550105646
  • Amazon.com price: $25.90

 

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Oxford Dictionary of English Idioms
(Oxford Paperback Reference)

 3rd edition  Published July 1, 2010 

  • Paperback: 416 pages
  • Publisher: Oxford University Press, USA
  • ISBN-10: 019954378X
  • Amazon.com price: $12.20

Nathalie Nédélec-Courtès – traductrice du mois de septembre 2010

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English version

Jonathan Goldberg, votre bloggeur (lui-même traducteur professionnel), pose des questions à Nathalie Nédélec-Courtès, traductrice littéraire indépendante, qui vit dans le Finistère (Bretagne). Elle traduit de l'espagnol et de l'anglais vers le français. Elle a une prédilection pour les romans jeunesse, policiers, historiques, le genre fantastique, la BD et les albums illustrés. Elle travaille pour des éditeurs francophones et est membre de l'ATLF (Association des Traducteurs Littéraires de France), ACETT (Sección Autónoma de Traductores de Libros) et the Society of Authors.

Après avoir travaillé plusieurs années comme traductrice technique, Nathalie a traduit son premier ouvrage littéraire en 2008. En dehors de son métier qui la passionne, elle passe le plus clair de son temps à s'occuper de sa famille. Elle aime — cela va sans dire — la lecture, et aussi la musique, la pâtisserie, le vélo, l'italien, le russe et bien d'autres choses encore qu'elle fera peut-être un jour quand elle aura du temps libre.

Voir CV de Nathalie ci-dessous.

Jonathan :  Comment êtes-vous devenue traductrice littéraire ?

Nathalie : J’ai une Maîtrise de Lettres obtenue en Irlande grâce au programme européen Erasmus. Cependant, il existe des Masters de Traduction Littéraire ; je regrette de ne pas en avoir entendu parler lorsque j'étais étudiante. J'ai commencé par enseigner l'anglais et le français en Espagne pendant quelques années, puis je suis devenue traductrice technique dans une entreprise française. J'ai vite compris que ce n'était pas my cup of tea ! J'ai pris un congé parental de six ans pour élever mes quatre enfants, puis j'ai décidé de travailler à mon compte en portage salarial. Après quelques documents sans grand intérêt, j'ai eu la chance de décrocher un contrat pour un éditeur de BD. Suite à quoi j'ai décidé de tout faire pour « percer » en traduction littéraire.

Jonathan : Et comment êtes-vous parvenue à vous faire une petite place dans le monde très fermé de l'Édition ?

Nathalie :. Une éditrice m'ayant fait comprendre que la seule façon de travailler pour elle était de lui présenter un ouvrage inédit, j'ai cherché des titres étrangers qui n'avaient pas encore été traduits en français et qui pourraient l'intéresser. J'en ai découvert plusieurs, mais ils ne correspondaient pas à sa ligne éditoriale. Toutefois, certains d'entre eux ont été achetés par deux autres maisons d'édition qui m'en ont confié la traduction. Alors, je la remercie au passage. Sans elle, j'en serais encore probablement à la case départ. D'ailleurs, j'ai encore quelques romans étrangers inédits à proposer aux éditeurs francophones : cinq titres pour les enfants et les adolescents, ainsi que trois titres pour les adultes, tous passionnants et dans l'air du temps. Ils me tiennent vraiment à cœur et j'aimerais beaucoup les traduire.

Jonathan :  Votre travail n'est-il pas très solitaire ?

Nathalie :  En effet, je suis seule toute la journée devant mon ordinateur. Mon seul lien avec mes collègues se fait par Internet. Mais j'ai toujours aimé travailler devant l'écran et taper sur le clavier. L'avantage de ce métier réside surtout dans les horaires à la carte qui me permettent de gérer au mieux ma vie familiale. L'idéal, bien sûr, est d'avoir une activité extra-professionnelle pour établir des relations sociales. Actuellement, j'ai un projet de club anglo-hispanique pour les 6-11 ans, en bénévolat.

Jonathan :  Pourquoi aimez-vous tant ce travail ?

Nathalie :  J'aime lire, j'aime les langues et les cultures étrangères. Adolescente, je rêvais déjà de vivre à l'étranger, et j'ai pu concrétiser ce rêve : j'ai étudié et travaillé en Irlande, en Angleterre et en Espagne, et j'en garde un souvenir formidable. Mais si j'aime les langues étrangères, j'aime d'abord ma langue maternelle, rédiger en français, trouver le mot juste. En outre, ce métier me permet non seulement d'enrichir mes connaissances linguistiques, mais aussi de découvrir d'autres domaines, tels que l'Histoire, par exemple, lorsque je travaille sur un roman historique. C'est passionnant.

Jonathan : Arrivez-vous à en vivre ?

Nathalie : Jusqu’à présent, non, mais j'ai bon espoir, car les contrats sont de plus en plus nombreux. J'ai même déjà plusieurs titres prévus pour 2011 et 2012. Je suppose que si l'on est seule, sans autre source de revenus, ce doit être impossible de se lancer. En effet, si l'on touche parfois un pourcentage à la signature du contrat, nos revenus ne sont pas réguliers. Pour ma part, j'ai des promesses de contrats jusqu'en 2012, mais rien n'est encore signé. L'incertitude est sans aucun doute le point noir de ce métier. Pourtant, j'ai beaucoup de chance de faire le métier que j'aime. Je n'en voudrais pas d'autre.

Le CV de Nathalie

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Le Finistère

Vive la difference – continuous v. continual

Définitions et explications en anglais

Continual adj. Frequently recurring; always happening: the city capitulated after continual attacks.

  • Having no interruptions: some patients need continual safeguarding

Continuous adj.

1. Forming an unbroken whole; without interruption: the whole performance is enacted in one continuous movement.

  • Forming a series with no exception or reversals: there have been continuous advances in design and production.

2. Denoting an aspect or tense of a verb that expresses an action is progress.

USAGE: In precise usage, continual means ‘frequent, repeating at intervals’ and continuous means ‘going on without pause or interruption’: We suffered from the continual attacks of mosquitoes. The waterfall’s continuous flow creates an endless roar. Continuous is the word to use in describing spatial relationship, as in a continuous (not continual) series of rooms; a continuous plain of arable land. Avoid using continuous or continuously as a way of describing something that occurs at regular or seasonal intervals: Our holiday ceremony has been held continuously (should be annually) since 1925.

Source: Oxford Dictionary of Difficult Words, edited by Archie Hobson,

Oxford University Press 2001

 

Examples contextuels en français

Continual constant, incessant

Only a prompt, continual process to assure the quality of customer data enables you to have successful and efficient customer and address management.

 

Seul un processus constant et actuel destiné à l'assurance qualité des données du client vous permet une gestion de clients et d'adresses réussie et efficace.

 

I'm overwhelmed by the continual stream of decisions I have to make for my mom," says Agger, the sole family caregiver for her mother, age 67.

 

Je suis dépassée par le nombre incessant de décisions que je dois prendre au nom de ma mère", dit Ellen Agger, la seule aidante pour sa mère âgée de 67 ans.

 

Aussi:  continuel, perpétuel, persistant

 

Continuouscontinu, permanent, constant, continuel

In new ships, one of these ladders shall provide continuous fire shelter from the lower part of the space to a safe position outside the space.

Dans les navires neufs, l'une de ces échelles doit procurer un abri continu contre le feu depuis la partie inférieure du local jusqu'à un emplacement sûr situé en dehors du local.

Where outdoor enclosures are in use, it is essential to provide shelter from inclement weather for all individuals and continuous access to adequate heated indoor accommodation.

Lorsque des enclos extérieurs sont utilisés, il est essentiel de prévoir un abri pour que tous les animaux puissent se protéger des intempéries et un accès permanent à un logement adéquat, chauffé, à l'intérieur.

The result has been a continuous transfer of jobs from industry to services.

Il en est résulté un transfert constant d'emplois de l'industrie vers les services.

These research and consultancy skills are maintained through a strong commitment to learning through practice, and continuous professional development.

Ses compétences en recherche et en conseil sont entretenues par un fort engagement à apprendre à travers la pratique et le développement professionnel continuel.

 

Source :  http://www.linguee.com

Jonathan Goldberg


 

Prononciation américaine 1 – Achille’s heel


 

Expression équivalente française : Le talon d’Achille

« Le talon d'Achille désigne tout simplement le point faible d'une personne, en référence à Achille, héros de la mythologie grecque. A sa naissance, sa mère Thétis trempa l'enfant dans les eaux du Styx, réputées pour rendre invulnérable. Cependant, pour le plonger dans le fleuve, elle le tenait par le talon. C'est à cause d'une flèche empoisonnée reçue dans la seule partie vulnérable de son corps qu'Achille mourut. »  Linternaute.com

Mais Achille Ton – c’est autre chose.

 

Journée européenne des langues, le 26 septembre 2010: les langues, un atout pour les entreprises

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L'édition 2010 de la Journée européenne des langues, qui se déroulera le 26 septembre ou à une date proche, sera ponctuée de nombreux événements ayant principalement pour thèmes les entreprises et l'emploi.

Les langues sont favorables aux affaires: tel est le principal message de l'édition 2010 de la Journée européenne des langues. Des collaborateurs compétents en langues constituent un atout de taille pour les entreprises, en facilitant les transactions commerciales avec d'autres pays. D'un autre côté, l'apprentissage d'une langue étrangère accroît les chances de recrutement des demandeurs d'emploi.

La Journée européenne des langues encourage l'apprentissage des langues à tout âge. Elle vise aussi à faire connaître les nombreuses langues parlées en Europe et à rendre hommage à la communication linguistique sous toutes ses formes.

Cette année, les principaux événements organisés à Bruxelles se tiendront les 23 et 24 septembre. Par ailleurs, chaque pays européen organise des manifestations le 26 septembre ou autour de cette date: conférences sur le multilinguisme, la traduction et l'interprétation; émissions de radio; concours de langues et jeux-concours en ligne; récitals de poèmes et lectures de contes; projections de films en version originale; salons des langues; cours et ateliers d'initiation aux langues.

Pour en savoir plus, vous pouvez écrire à fiorella.perotto@ec.europa.eu ou consulter les sites suivants:

 

Anglicismes

Clérical

L'adjectif «clérical» signifie «relatif au clergé», en français. On ne peut donc parler de travail clérical, d'un employé clérical ou d'une erreur cléricale lorsque le contexte n'est pas du tout ecclésiastique.

Les expressions correctes sont:

  • · du travail de bureau;
  • · un employé de bureau;
  • · une erreur matérielle, d'écriture ou de transcription.

 

An English author’s views about the French language – Peter Mayle in Toujours Provence* (Part 1)

We are constantly being told that French is a supremely logical language. I think that is a myth, invented by the French to bewilder foreigners. Where is the logic, for instance, in the genders given to proper names and nouns? Why is the Rhône masculine and the Durance feminine? They are both rivers, and if they must have a sex, why can’t it be the same one? When I asked a Frenchman to explain this to me he delivered a dissertation on sources, streams, and floods, which, according to him answered the question conclusively and, of course, logically. Then he went on to the masculine ocean, the feminine sea, the masculine lake, and the feminine puddle. Even the water must get confused.

 

His speech did nothing to change my theory, which is that genders are there for no other reason than to make life difficult. They have been allocated in a whimsical and arbitrary fashion, sometimes with a cavalier disregard for the anatomical niceties. The French for vagina is vagin. Le vagin. Masculine. How can the puzzled student hope to apply logic to a language in which the vagina is masculine.

 

There is also the androgynous lui waiting to ambush us at the threshold of many a sentence. Normally, lui is him. In some constructions lui is her. Often we are left in the dark as to lui ‘s gender until it is made known to us sometime after he or she has been introduced, as in: “je lui ai appelée”  (I called him), “mais elle était occupée” (but she was busy). A short-lived mystery, possibly, but one that can puzzle the novice, particularly when lui’s first name is also a mixture of masculine and feminine, such as Jean-Marie or Marie-Pierre.

 

And that is not the worst of it. Strange and unnatural events take place every day within the formalities of French syntax. A recent newspaper article, reporting on the marriage of the rock singer Johnny Hallyday paused in its description of the bride’s frock to give Johnny a pat on the back. “Il est”, said the article, “une grand vedette.” In the space of a single short sentence, the star had undergone a sex change and on his wedding day too.

 

It is perhaps because of these perplexing twists and turns that French was for centuries the language of diplomacy, an occupation in which simplicity and clarity are not regarded as being necessary or even desirable. Indeed, the guarded statement, made fuzzy by formality and open to different interpretations, is much less likely to land an ambassador in the soup than plain words that mean what they say. A diplomat, according to Alex Dreier is “anyone who thinks twice before saying nothing.” Nuance and significant vagueness are essential, and French might have been invented to allow these linguistic weeds to flourish in the crevices of every sentence. But it is a beautiful, supple, and romantic language, although it may not quite deserve the reverence that inspires a course of French lessons to be described as a “cours de civilisation” by those who regard it as a national treasure and a shining example of how everyone should speak. One can imagine the dismay of these purists at the foreign horrors that are now creeping into everyday French.

 

The rot probably started when le weekend slipped across the Channel to Paris at about the same time that a nightclub owner in Pigalle christened his establishment Le Sexy. Inevitably, this led to the naughty institution of le weekend sexy, to the delight of Parisian hotel owners and the despair of their counterparts in Brighton and other less erotically blessed resorts.

 

The invasion of the language hasn’t stopped in the bedroom. It has also infiltrated the office. The executive now has un job. If the pressure of work becomes too much for him, he will find himself increasingly stressé, perhaps because of the demands of being un leader in the business jungle of le marketing. The poor, overworked wretch doesn’t even have time for the traditional three-hour lunch, and has to make do with le fast food. It is the worst kind of Franglais, and it goads the elders of the Academie Française into fits of outrage. I can’t say I blame them. These clumsy intrusions into such a graceful language are scandaleux; or, to put it another way, les pits.

 

* Title: Toujours Provence

Author: Peter Mayle
Paperback: 256 pages
Publisher: Vintage
Date of publication: June 2, 1992
Language: English
ISBN-10: 0679736042

 

Lobby

S’il est un anglicisme que l’on rencontre à tout bout de champs dans la presse, c’est bien le mot lobby. Il signifie un groupe de pression d’origine politique ou commerciale, s’exerçant sur un député ou sur un ministre. Le mot a été rejoint par lobbying (faire du lobbying) ; lobbyiste ne tardera pas non plus[1].

En américain, le lobby est ce que nous appelons d’un autre mot anglais le hall d’un hôtel ou d’un bâtiment : disons l’entrée, le vestibule ou la salle d’attente.

Au début du XIXe siècle, à Washington, ceux qui voulaient attirer l’attention d’un parlementaire, l’amener à prendre une décision qui leur fut favorable, et qui ne pouvaient entrer dans la salle de délibération, attendaient ce pauvre parlementaire dans le hall de son hôtel (s’il était provincial), ou dans l’escalier de marbre montant au Congres. Ils se pressaient alors dans le  lobby ; par suite, on prit l’habitude des les qualifier de lobby.

Le terme est des plus fréquents en américain ; il désigne une profession admise, voire honorable.

La chose n’est malheureusement pas inconnue des pays francophones. Faut-il pour autant adopter le mot américain ? On a proposé de remplacer lobbying par influençage, lobbyiste par influenceur et lobby par groupe d’influence. Ces expressions   sont claires est bien trouvée ; pourquoi ne pas les adopter ?

Source : Merci Professeur ! Chroniques savoureuses sur la langue française, Bernard CERQUIGLINI

Voir aussi :

 Wikipedia

 L’Encyclopédie Canadienne

Transparence International France – Encadrement du lobbying

Mes rencontres avec les lobbies 


[1] En effet lobbyiste se trouve dans plusiers dictionnaires, ainsi que lobbyisme, comme synonyme de lobbying.(J.G.)