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Le langage des couleurs – un aperçu politique et historique

Audrey PoulignyL'article qui suit a été rédigé par notre contributrice, Audrey Pouligny. Audrey est admise au Barreau de Paris et traduit de l’anglais vers le français en mettant au service de ses clients sa connaissance approfondie des systèmes juridiques en vigueur en France et aux États-Unis. Son site internet est : Quidlingualegal.com. Quand elle ne traduit pas, elle organise des groupes de discussion en anglais et en espagnol, à Angers, en France, dans les Pays de la Loire où elle réside.

 

 Le jaune – Pourquoi ?

« C’est jaune, c’est moche, ça ne va avec rien, mais ça peut vous sauver la vie. »

Ça vous rappelle quelque-chose ? Il s’agit du slogan entendu par tous les français, en 2008, porté par la prévention routière française, arborant fièrement le portrait et la voix de la maintenant défunte rock star de la mode, Karl Lagarfeld, la seule personnalité capable de faire de la couleur avec du noir et du blanc.

En 2008, le gouvernement français a imposé une obligation à tous les conducteurs : le port d’un  gilet de « haute visibilité » en cas d’arrêt d’urgence sur la route, sous peine d’une amende forfaitaire de 135 euros. Le reste du temps, ce gilet, jaune dans l’immense majorité des cas, doit être à portée de main dans tous les véhicules.

Dix ans plus tard, voilà ce qu’il reste pour beaucoup : le goût d’une obligation imposée, à la française, vécue comme une infantilisation, une guerre contre les automobilistes pour protéger cyclistes et piétons face à la barbarie routière. L’enfant en mode rebelle était prêt à surgir.

Dans le domaine politique, les couleurs ont toujours été largement utilisées afin de façonner des identités en créant une sorte d’unité émotionnelle.

Cela ne surprendra personne, le rouge, porté par les drapeaux de la révolution française, a joué un rôle symbolique fort, un symbole de radicalité. Les brassards de couleurs, historiquement, ont également été mis à disposition par les partis politiques à leurs sympathisants. Quant au jaune lui-même, si son utilisation en matière politique est plus difficile à retracer, il a notamment été utilisé en Australie par les mouvements sociaux des autochtones, afin de renvoyer à la symbolique du jaune soleil créateur de vie.

L’unité émotionnelle créée avec les couleurs permet de délivrer un message de solidarité et de contestation.

Les couleurs permettent de créer des structures en suspens [1] - des structures qui se poursuivent pendant une période de ralentissement du mouvement social et qui préservent dans la mémoire collective le souvenir de la lutte ainsi que de l'identité et des significations qui y sont associées. On peut encore y voir ce que Hannah Arendt appelait un « évènement », un moment imprévisible qui produit de la discontinuité.

Cette discontinuité dans l’unité émotionnelle peut être illustrée par les premiers mouvements de libération de la femme. En 1907, la National Union of Women's Suffrage Societies (NUWSS) a adopté le rouge et le blanc dans le cadre de sa grande manifestation. L’année suivante, la Women’s Social and Political Union (WSPU), plus militante, a décidé d’arborer ses propres couleurs afin de se distinguer de la NUWSS. Le blanc pour la pureté, le violet pour la dignité et le respect de soi, et le vert pour l’espoir d’un nouvel élan. Il s’en est suivi un succès commercial énorme, avec commercialisation de brassards, d’écharpes et de broches à tour de bras.

Bien des années plus tard, en 2005, des femmes membres de mouvements féministes interrogées sur leur engagement social, rapportent l’écho émotionnel joué par les couleurs. Les propos ainsi recueillis convergent vers les mêmes idées : le sentiment d’appartenance, le partage d’un même combat, un sentiment de renfort et d’encouragement. Ces sentiments se prolongent en se rattachant à l’histoire, où un sens historique aux identités et valeurs défendues trouvent encore davantage de sens. La lutte pour l'égalité procure aux membres des mouvements sociaux un sentiment de solidarité et de gratitude.

Mais ce message de lutte pour l’égalité peut se tinter de ce que les psychologues appellent le phénomène de désindividuation. [2]

Porter une même tenue augmente l’estime de soi des individus et leur agressivité, en diminuant leur sentiment de responsabilité personnelle. Le phénomène de désindividuation, c’est cela. On gomme les originalités de chacun et on insiste sur leurs ressemblances, l’anonymat et l’interchangeabilité des individus.

Les personnes se joignent à un mouvement social parce que cela rehausse le sentiment de leur propre valeur, souvent mis à mal par le sentiment d’injustice qu’elle dénoncent.

Personne ne l’avait vu venir, mais ce gilet jaune maintenant à disposition dans tous les véhicules, est devenu un uniforme. On a dit aux français que ce gilet pouvait sauver des vies, est arrivée l’heure de la « haute visibilité » pour vérifier si c’est effectivement le cas. Or, dans toutes les sociétés, l’usage des uniformes est strictement encadré car il confère un statut et un pouvoir d’action augmenté par la communauté qui l’arbore.

Comme le souligne le politologue Loïc Blondiaux [3], l’appropriation ainsi non contrôlée de cet uniforme marque le retour sur la scène politique des classes populaires, qui réinvestissent le débat public, avec leurs codes, leur langage, en imposant leurs propres symboles et leur propre vocabulaire.

C’est ainsi que la scène sociale se fait le témoin d’une guerre de couleurs et, a fortiori, d’uniformes.

En riposte aux gilets jaunes, nous avons vu les foulards rouges faire irruption en dénonçant les actions des gilets jaunes et l’inaction des pouvoirs publics.

Cette fois, le foulard rouge, un uniforme en hommage au symbole des fêtes de Bayonne, rappelle le soutien à la république. Derrière ce symbole, des personnes se ralliant afin d’exprimer leur souhait de circuler et travailler librement, et de voir l’ordre public et les libertés individuelles rétablis.

En conclusion, la mémoire publique gardera à l’esprit que les stratégies visuelles des partis politiques et des mouvements sociaux sont riches en informations sur la façon dont ces derniers essaient de communiquer avec leurs sympathisants.

 

Ces stratégies créent des langages symboliques qui portent sur l'identification émotionnelle ainsi que sur les besoins organisationnels, par le biais de marques distinctives [4], pour employer un langage marketing moderne, visant à fidéliser l’attrait vis-à-vis des marques ainsi créées.

 

[1] Marian Sawer, de l’Université nationale australienne, dans son article intitulé « Wearing your Politics on your Sleeve: The Role of Political Colours in Social Movements », publié en mai 2007 dans la revue « Social Movement Studies ».

[2] Sébastien Bohler, Docteur en neurobiologie, rédacteur en chef de Cerveau & Psycho, nº107 – février 2019.

[3] Loïc Blondiaux dans l’hebdomadaire le 1 nº232 du 16 janvier 2019.

[4] Marian Sawer, de l’Université nationale australienne, dans son article intitulé « Wearing your Politics on your Sleeve: The Role of Political Colours in Social Movements », publié en mai 2007 dans la revue « Social Movement Studies ».

Lecture supplémentaire :

Des expressions anglaises colorées :
white shoe firms, white hat bias, blue stockings, pink collar worker, great collar

 

En direct des Îles Caïmans

Cayman sharks
 
 Votre blogueur fidèle, en mission dans un paradis [1] pour requins, tortues et investisseurs de tous poils, vous  confie ses impressions.
 

  Un aperçu linguistique, historique, géographique, zoologique et économique  

  Les Îles Caïmans forment un territoire autonome britannique d'outre-mer [2] situé dans l'ouest de la Mer des Antilles. Ce territoire de 254 km2 se compose des trois îles de Grand Caïman, de Caïman Brac et de Little Caïman qui se situent au sud de Cuba et au nord-est du Honduras, entre la Jamaïque et la péninsule du Yucatan.

Cayman map

Cayman judgeLe territoire a un cachet résolument britannique – on y roule à gauche et le drapeau caïman, frappé de l'Union Jack, flotte sur de nombreux bâtiments publics. Au tribunal où j'ai été récemment appelé à interpréter, l'expression “Your Lordship” (Monsieur le Juge) leur semblait bien plus britannique que le “Your Honor” auquel je suis habitué dans les prétoires américains.

Cayman flag Cayman dollar


L'anglais britannique est la langue la plus couramment parlée dans les Îles bien qu'un dialecte local jamaïcain y soit communément utilisé et que les jeunes générations aient adopté certains termes jamaïcains.

Les Caïmanes étant une colonie britannique, la langue locale y est un mélange d'anglais, d'américain méridional, d'écossais et de gallois. Les touristes américains remarqueront que des mots tels que colour et theatre sont orthographiés à l'anglaise. 

Les habitants jamaïcains ont apporté avec eux leur anglais à l'accent caractéristique, et si ces locuteurs peuvent être un peu plus difficiles à comprendre, leur parler ajoute une certaine mélodie au discours insulaire. Beaucoup de Caïmanais parlent également espagnol en version cubaine et centre-américaine.

Cayman DrakeLe premier Anglais à y poser le pied, fut le capitaine au long cours, corsaire, négrier, officier de marine et explorateur de l'ère élisabéthaine, Sir Francis Drake, en 1586. [3]

Depuis la venue de Christophe Colomb dans ces îles, il y a 515 ans, des colons de tous poils s'y sont installés : des pirates, des réfugiés fuyant l'Inquisition espagnole, des naufragés et des déserteurs de l'armée d'Oliver Cromwell en Jamaïque. 

Quand Christophe Colomb aborda les îles, il y nota la présence d'un grand nombre de tortues marines. Il Colombus Cayman baptisa les îles (en espagnol) Las tortugas, devenues ensuite Los lagartos (alligators ou grands lézards), puis Los Caymanos ce qui donna, en français, les Îles Caïmans, alias Islas Caimán, en espagnol. Le terme Caïman est d'origine caribe, l'une des langues antillaises, et il désigne un groupe de crocodiliens. [4]

À propos des tortugas observées par Christophe Colomb, il convient peut-être de noter que ni le français, ni l'espagnol n'ont des termes différents qui équivaillent aux vocables anglais tortoise [5] et turtle. Le français distingue la tortue terrestre de la tortue marine, tandis que l'espagnol parle de tortuga marina et de tortuga terrestre. [6] [7]

Cayman turtle Cayman tortoise


Initialement, le mot anglais pour tortoise était tortuse, mais il se mua curieusement en tortoise au 16e siécle, probablement sous l'influence de purpoise, terme lui-même dérivé du français de 12e siècle porpaís.   

Le crocodile cubain (Crocodylus rhombifer) hantait naguère les Îles et l'on pense que le crocodile américain (Crocodylus. Acutus) est en train de repeupler la Grand Cayman – un peu comme les avocats britanniques qui règlent des litiges relatifs aux fortunes qui se sont réfugiées dans ce paradis fiscal « en pleine mer ». Signe de cette activité financière, il y a deux fois plus de sociétés aux Îles Caïmans que d'habitants (63.000 environ).

Comme les sauriens, les interprètes et les tortues marines aiment se prélasser au soleil. En revanche, les avocats et les requins, lorsqu'ils ne s'affrontent pas, préfèrent nager dans la mer. Chacun choisit son paradis.

Cayman interprete A-barrister protest (2) Cayman attorney swimming

            L'interprète et l'avocat se détendent en dehors du tribunal
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Cayman Tax-haven[1] Paradis fiscal (fr.) = tax haven (angl.) Le mot haven, du vieil anglais haefen, lui-même issu du vieux scandinave höfn, signifiait initialement port (comme dans les toponymes anglais Newhaven, Milfordhaven, ou allemands Bremerhafen, Cuxhafen, Friedrichafen). Mais, il n'est plus utilisé qu'au sens figuré d'un lieu de refuge, concept couramment exprimé dans l'expression safe haven.

[2] Elles ont été cédées par l'Espagne à l'Angleterre par le traité de Madrid, en 1670. Les Îles sont devenues une dépendance de la Jamaïque en 1863 mais, à l'époque de la décolonisation des Antilles anglophones, la Jamaïque s'est émancipée de la Grande-Bretagne tandis que les Îles Caïmans ont choisi de rester une colonie de la Couronne britannique. 

[3] Drake accomplit le deuxième tour du monde en une seule expédition, de 1577 à 1580, et il fut aussi le premier à boucler la boucle en tant que commandant de son navire et chef de l'expédition.

[4] Un ordre de reptiles aquatiques ovipares et carnivores qui vivent dans les zones tropicales et subtropicales de la planète. Ils sont apparus sous leur forme actuelle il y a au moins 167,7 millions d’années, c'est-à-dire vers le milieu du Jurassique. 

[5] En 2011, j'ai écrit une série de trois articles sur ma visite à une autre île britannique, Sainte-Hélène (où Napoléon Bonaparte est mort) et sur ma rencontre avec une tortue dénommée Jonathan, âgée de 186 ans aujourd’hui et toujours vaillante. (Voir la photo ci-dessus.) C'est peut-être le plus vieil animal du monde !


[6]
D'après le site ThoughtCo.com, etablir une distinction entre « turtles » et « tortoises » est une question tout autant linguistique que biologique. Aux États-Unis, turtles désigne généralement les deux espèces alors qu'au Royaume-Uni, turtles désigne spécifiquement les tortues d'eau douce et les testudinidés (la famille animale qui englobe les tortues aquatiques et terrestres). De manière générale, le mot tortoise s'applique aux testudinidés qui vivent sur terre, tandis que turtle est plus communément réservé aux espèces qui vivent en mer ou dans les cours d'eau. En outre, la plupart (mais non la totalité) des tortoises sont végétariennes, alors que la plupart (mais non la totalité) des turtles sont omnivores, se nourrissant à la fois de végétaux et d'animaux.

Cayman Turtle Center[7] The Cayman Turtle Centre est la seule institution du genre au monde. C'est aussi la seule à avoir obtenu la reproduction en captivité de tortues marines de deuxième génération.

 

Jonathan G.   
Traduction et précieux conseils :
Jean L.

 

Lecture supplémentaire :

Understanding The Caribbean: The Countries, People, And Words That Come From The Region

 

Shambles, mayhem, bedlam – en Grande-Bretagne et en France

Londres, Paris, même chienlit ? 

 

Shambles 2 Shambles 4
Paris Londres

Ces trois termes anglais sont tous des synonymes de chaos (chaos), de disorder (désordres) et de turmoil (troubles). Tous pourraient aussi servir à qualifier l'état de la politique britannique consécutive à la crise du Brexit. [1] La situation n'est guère plus brillante de l'autre côté de la Manche. Toutefois, le chaos ne s'y produit pas au Parlement, mais dans la rue où les « gilets jaunes» tentent de rééditer ce qu'en 1968 le général de Gaulle avait appelé la chienlit ! 

Chienlit

 

Shambles 3 (Bedlam)Mais ces termes anglais ont des étymologies différentes. Dans un article intitulé : « Bedlam: retour à l'asile », paru en avril 2017, nous avions expliqué comment Bedlam dérivait d'un toponyme [2] – le surnom d'un hôpital psychiatrique de Londres qui eut une histoire longue et, à certains moments, tristement célèbre. 

Shambles  est un mot à la fois ancien et nouveau. Il est ancien parce que la plupart de ses sens sont apparus à la fin du XVIème siècle ; il est nouveau parce que les acceptions dans lesquelles on l'emploie couramment (et presque exclusivement) ne remontent qu'aux années 1920. 

Si shambles signifie communément « une scène ou un état de grand désordre et de confusion », le terme désignait historiquement un abattoir. À l'origine, le mot (au singulier) signifiait tabouret et aussi table de changeur. Par la suite, il en vint à désigner également l'étal du boucher, ce qui conduisit, au début du 15ème siècle, à lui donner le sens, au pluriel, de « marché à la viande ».[3] Au 16ème siècle, une nouvelle extension de sens conduisit à lui attribuer la signification d'abattoir, laquelle mena à la forme figurative de shambles pour désigner un lieu d'horrible carnage ou de tuerie.   

Quelques siècles passent et le terme est surtout utilisé au sens littéral d'abattoir et au sens figuré de lieu de carnage ou de tuerie que l'on relève dans les grandes œuvres de la littérature classique européenne. [4] Mais, au début du 20ème siècle, par une nouvelle extension de sens, le mot shambles a désigné « une scène ou un état de grande destruction », « une scène ou un état de grand désordre et de confusion » et « une grande confusion ; une chienlit .» Certains critiques protestèrent, mais en vain. Les nouveaux sens sont de loin les plus couramment usités. Le mot est souvent employé dans l'expression in shambles. C'est ainsi qu'est actuellement qualifiée la situation politique calamiteuse que connaît le Royaume-Uni.

(Source: Merriam-Webster)

Mayhem

L'anglais moyen mayme, mahaime, de l'anglo-français mahaim mutilation, mayhem, maheimer, mahaigner mutiler, probablement d'origine germanique ; apparenté au moyen haut-allemand meiden : castration, au vieux norrois meitha : blesser.

Juridiquement parlant, mayhem désigne l'affreux crime de mutilation volontaire défigurant autrui à jamais. Le verbe anglais to maim a la même origine. Le sens de défiguration est apparu en anglais au 15ème siècle. Par la suite, au 19ème siècle, le mot en est venu à désigner tout comportement violent. De nos jours, on peut utiliser le terme mayhem pour toute situation de chaos ou de désordres, comme dans « there was mayhem in the streets during the citywide blackout. » 

Shambles (policeman)Enfin, mous présentons un lexique des autres termes apparentés. Nos lecteurs pourront avoir l'impression que nous l'avons composé sous le coup de l'émotion suscitée par les récents événements survenus en France. Qu'ils se rassurent, nous l'avions établi en août 2011, sous le titre « À la une – des émeutes au Royaume Uni. » [5] La grande différence entre ce qui s'est passé à Londres en 2011 et ce que l'on a vu à Paris en 2018, c'est qu'à Londres, ce sont les policiers qui portent le gilet jaune !

Une question se pose : le chaos, les désordres et les troubles politiques qui se produisent actuellement en Grande-Bretagne sont-ils plus graves ou moins graves que ceux qui se sont produits dans les rues du pays en 2011 ?  

————

[1] Pour une passionnante analyse de ce qui a produit cet état de choses, voir : The Economist, 18 décembre 2018 (The Elite that Failed). https://econ.st/2QXdzUc

[2] Bedlam est aussi un exemple de métonymie, une figure de rhétorique par laquelle on exprime une chose ou un concept au moyen d'un terme qui lui est étroitement associé. Les mots métonyme et métonymie proviennent du grec μετωνῠμία, metōnymía, (changement de nom), de μετά, metá, (après, au-delà) et de -ωνυμία, -ōnymía, suffixe désignant une figure de rhétorique, de ὄνῠμα, ónyma ou ὄνομα, ónoma, (nom). Exemple de métonymie : boire un verre ; on ne boit pas le verre, mais son contenu.

[3] Wikipedia signale que The Shambles est une rue médièvale de la ville d'York (Angleterre), célèbre pour ses salaisons. Le jambon d'York est mondialement connu. La rue est mentionnée dès 1086 dans le Domesday Book (Livre du Jugement Dernier). Une partie des bâtiments présents aujourd'hui remonte au xive siècle. C'était à l'origine la rue des bouchers d'York. Cette ruelle a inspiré la Warner Bros pour créer les décors du chemin de traverse pour les films Harry Potter. 

Shambles 1

Au Moyen-Âge (et encore actuellement en Orient), les artisans, souvent organisés en corporations, se regroupent dans les mêmes rues. Les bouchers, les boulangers, les dinandiers, les tanneurs, les menuisiers et ébénistes, s'installent et travaillent dans la même rue. La collaboration l'emporte sur la concurrence et chacun y trouve son compte !  

[4] Par exemple, dans l'Othello de Shakespeare (Acte IV, scène 2), la pauvre Desdémone dit à son époux : « J'espère que mon noble maître m'estime vertueuse. » Othello réplique rudement : « Oh ! oui, autant qu'à la boucherie (in the shambles), ces mouches d'été qui Shambles (Jane Eyre)engendrent dans un bourdonnement. » Et, au chapitre 27 de Jane Eyre, le célèbre roman de Charlotte Brontë, Monsieur Rochester dit : « …si l'homme possédant une seule petite brebis qui lui est chère comme sa fille, qui mange son pain, boit dans sa coupe et dort sur son sein, la conduit par mégarde à la boucherie (at the shambles) et la tue, il ne se repentira pas plus devant la blessure sanglante que moi devant ce que j'ai fait. Me pardonnerez-vous jamais ? » 

[5] En fait, ce débat aurait pu avoir sa place dans l'article que nous avons publié en septembre 2016, intitulé : « Sentiments xénophobes en Angleterre – 500 ans avant le Brexit ».

Brexit glossary. January 24, 2019
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Jean Leclercq, Jonathan Goldberg

 

Glossaire

agitation

agitation, troubles

arson, incendiarism, torching, setting fire

incendie volontaire ou criminel, torche

anarchy

anarchie

assault 

attentat

attack, onslaught

attaque

battery

coups et blessures

beating 

affrontements

bedlam

chahut

brawl, fight, scuffle

rixe, empoignade

burglarizing, burglary

cambriolage

clashes, confrontations

affrontements

clubbing

à coups de massue

commotion, din, uproar

fracas, tapage

crimes

crimes

defacement

défiguration

disarray, disorder

désordre(s)

destruction

déstruction

disturbance, turmoil

chambardement

fighting

combat, bagarre

fire-bombs

bombes incendiaires

fires

incendies

hooligan, yob, thug

vandale, voyou

free-for-all

pagaille, rixe,

mêlée, bagarre

injuries

blessures

lawlessness, disorder

anarchie

loot

butin

looting, pillaging,
sacking, trashing

pillage, saccage

marauding

en maraude

mayhem 

désordre, grabuge, baroufle

mêlée

mêlée, melee, bousculade

mob

foule, populace

mugging

agression

pandemonium

tohubohu, charivari

 plunder

pillage

pyromania

pyromanie

ravaging, sacking

saccage

ruination, wrecking

ruine

riots, rioting

émeutes, bagarres

robbery

brigandage, braquage

rowdiness, rumpus, racket

chahut

ruckus, scrap, spat

grabuge

shambles

pagaille

shooting

fusillade, coups de feu

smash and grab

cambriolage

smashing

bris

trash

déchets, ordures

unrest

agitation, troubles,
embrasement

uproar, tumult

tumulte

vandalism

vandalisme

violence

violence

 

 

Le 9 decembre – le 70eme anniversaire de l’approbation de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide

 
L'origine du mot « génocide » 


Raphael LemkinLa Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (CPRCG) est un traité de droit international approuvé à l'unanimité le 9 décembre 1948  par l'Assemblée général des Nations unies.  Elle est entrée en vigueur le 12 janvier 1951. Son inspirateur et principal rédacteur est Raphael Lemkin, un juriste américain  d'origine juive polonaise, qui a créé le néologisme « génocide » dans les dernières années de la Deuxième Guerre mondiale.

 

Défintion de Genocide selon Article II de la Convention :  :

 « Le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : a) meurtre de membres du groupe; b) atteinte à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe; c) soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle. d) mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe. e) transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe. » 

 

Il  existait déjà en français le néologisme populicide créé sous la Révolution française  par Gracchus Babeuf pour désigner les massacres des populations civiles de Vendée perpétrés sur ordre de la Convention, terme qui était tombé dans l'oubli.

Le terme génocide est un néologisme forgé  à partir de la racine greque γένος génos, « naissance », « genre », « espèce », et du suffixe -cide, qui vient du terme latin  caedere, « tuer », « massacrer ».

Axis RuleLe terme génocide est apparu pour la première fois dans son étude Axis Rule in Occupied Europe publié en 1944  par la Fondation Carnegie pour la Paix Internationale, il est introduit au chapitre IX intitulé « Génocide » pour tenter de définir les crimes perpétrés par le gouvernement des Jeunes-Turcs  de l'Empire ottoman  à l'encontre des Arméniens pendant la Première Guerre mondiale  ceux dont furent victimes les Assyiens en Irak en 1933, puis ceux commis par les nazis  à l'encontre des peuples juif, slaves et tzigane  durant la Seconde Guerre mondiale. 

Appliquant ensuite cette qualification aux crimes contre l'humanite  perpétrés par les nazis contre les peuples juif et tzigane  durant la Seconde Guerre mondiale, Raphael Lemkin écrit : « De nouveaux concepts nécessitent de nouveaux mots. Par génocide, nous entendons la destruction d'une nation ou d'un groupe ethnique. » Il précisera ailleurs que par génocide, il entend autant les actions concertées pour détruire des groupes dans leur dimension physiques ou raciale, que dans leur existence religieuse, linguistique ou culturelle. Il sera repris dans cette conception par Claude Lévi-Strauss.

Selon le Dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey, le mot se fait jour en français en même temps qu'il apparaît en anglais. D'abord employé à propos des nazis et de leur « Solution finale » du « problème juif », il se dit de la destruction méthodique ou de la tentative de destruction d'un groupe ethnique, et par extension, vers 1970, de l'extermination d'un groupe en peu de temps.

 Source : Wikipedia

Lecture supplémentaire :

Lemkin book cover
Raphael Lemkin and the Concept of Genocide
(Pennsylvania Studies in Human Rights)  – November 4, 2016

 

 

 

Raphael Lemkin and Creation of the word “Genocide”

6 minutes

 

 

 
  47 minutes

 

 

100ᵉ Jour du Souvenir – à la 11e heure du 11e jour du 11e mois

Le 11 novembre 1918, à 11 heures, un armistice mit fin à la Première Guerre mondiale, surnommée en anglais The Great War ou The War to End all Wars [1] Le 11 novembre prochain, à 11 heures, les cloches de toutes les églises de France sonneront pendant 11 minutes, comme ce fut le cas le 11 novembre 1918 lors de l'Armistice de la Première Guerre Mondiale. Cet anniversaire, célébré chaque année dans les pays alliés, s'appelle Veterans Day, Remembrance Day ou Poppy Day dans les pays anglo-saxons.

Pourquoi ce jour de souvenir s'appelle-t-il, entre autres noms anglais, Poppy Day (le Jour du Coquelicot)? Parce que les champs de bataille de la Belgique, de la France et de Gallipoli (les Dardanelles) étaient couverts de sang et cette fleur rouge est devenue le symbole de cette saignée.

En marge du décès de Charles Aznavour

Une anecdote personnelle


« Les auteurs-compositeurs ne meurent jamais. Ils dé-composent, c'est tout. » 
Herbert Kretzmer.

« Longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore dans les rues. »  Charles Trenet.

Kretzmer croppedÀ Londres, Il y a bien des années, j'ai été présenté à Herbert Kretzmer. Par la suite, celui-ci allait « traduire » en anglais le texte des Miserables (d'Alain Boublil et Claude-Michel Schonberg) et aussi celles de « Tous les visages de l'amour », [She],  « Hier encore » [Yesterday When I was Young [1]et d'autres chansons interprétées par Charles Aznavour [2]. En fait, c'étaient plus des adaptations que des traductions, ainsi qu’il ressort d’une comparaison des paroles françaises d’une chanson d’Aznavour et de l’adaptation anglaise de Kretzmer que nous publions, côte à côte, à la fin du présent article.

Aznavour et Kretzmer ont fait connaissance en 1965, lorsque Kretzmer, journaliste de Fleet Street, était venu s'entretenir avec Aznavour, à son domicile de Galluis, à l'ouest de Paris. Edith Piaf, avec laquelle Aznavour avait parcouru le monde en qualité de compagnon, de secrétaire et de compositeur occasionnel, était morte deux ans auparavant. Aznavour lui avait succédé dans le rôle de « miroir dans lequel les Français voient, subtilement réfléchie, leur préoccupation nationale du jeu d'amour » pour reprendre les termes de Kretzmer.  

Histoire, littérature et ballon rond britanniques

Harry & Harry, les deux rois d’Angleterre -  en passant par le prince Harry. 

Comme le savent tous ceux qui ont suivi les cérémonies du mariage du prince Henry, petit-fils de la Reine Elisabeth II, Harry est, souvent, chez nos amis britanniques,  le diminutif d'Henry.

Ainsi, Henri V d'Angleterre (1387-1422), qui régna de 1413  à 1422, s‘appelait « Harry ».  

À la suite de la mort de son père en 1413, Henri prend les rênes du pays, et relance les combats contre les Français, connus sous le nom de guerre de Cent Ans, qui opposent les deux pays de 1337 à 1453.  Ses succès militaires, qui culminent lors de la bataille d'Azincourt, le 25 octrobre 1415, lui font entrevoir la possibilité  de s'emparer du royaume de France. Après plusieurs mois de négociations avec Charles VI (très fragile psychologiquement et sujet à des accès de folie), le traité de Troyes,  signé en 1420, reconnaît Henri régent et héritier du trône de France.  Mais, trois ans plus tard, Henri meurt au château de Vincennes, près de Paris. Par la suite, tous les souverains britanniques portèrent le titre de roi de France, jusqu'à ce que Bonaparte les forçât à y renoncer lors de la paix d'Amiens (1802).

Jusqu'à ces derniers jours, l’Angleterre possédait un nouveau roi Henry – du moins, jusqu'à une certaine défaite face à la Croatie.  Il s’appelait Harry Kane.

Henry 5th   Harry  
Henry V

 Le Prince Henry,

du de Sussex

Harry Kane

Voici une citation d’Henry V, la grande fresque historique de Shakespeare, suivie par un clip vidéo adaptant ce texte au match Angleterre-Croatie, prononcé par l’acteur britannique, Jeremy Irons. [Il faut cliquer deux fois sur l'image du clip.]

 

  Greyhounds

 

L'ardeur légendaire des joueurs croates nous a sans doute évité un nouvel épisode de la longue rivalité entre la France et l’Angleterre, voire une remise en cause des conditions de la paix d'Amiens ! .  

Jonathan Goldberg & Jean Leclercq

Note linguistique.

Le mot cravate est une déformation de croate (hrvat). Sous le roi Louis XIII, fut constitué un régiment de hussards croates qui portaient une écharpe blanche autour du cou. Par la suite, ce régiment devint très officiellement le Royal Cravattes. Le mot cravate fut repris pour désigner la bande de tissu servant à fermer le col de la chemise, accessoire vestimentaire désormais banni du costume, sans doute sous l'influence insidieuse de l'Islam radical qui l'a en horreur ! 

Jean Leclercq

L’expression anglaise du mois – Warts and all

ou la vérité toute crue

 

L'article qui suit a été adapté par notre fidèle contributrice, Magdalena Chrusciel, à partir d'un article sur le site The Phrase Finder.

 

Quelle est la signification de l’expression « Warts and all » ? La chose telle quelle, « avec les verrues et tout « 

L’origine de l’expression

Peter_Lely - Portrait_of_Oliver_CromwellCe sont les instructions d’Oliver Cromwell au peintre Sir Peter Lely, lors de la commande de son portrait, qui seraient à l’origine de l’expression.

A l’époque où il aurait prononcé ces paroles, Cromwell était Lord Protecteur d’Angleterre, soit le chef du gouvernement. Quant à Lely, devenu portraitiste attitré de Charles I après la restauration de la monarchie en 1660, il fut ensuite nommé peintre principal ordinaire de Charles II.

Comme c’était l’usage de son temps, il cherchait par son style de peinture à flatter son modèle. Les membres de la royauté, notamment, s’attendaient à ce que leurs portraits les représentent sous le meilleur jour possible, voire plus beaux que nature. Ainsi, le portrait de Charles II par Lely le montre tel que ce qu’on pouvait attendre d’une peinture de chef d’Etat au 17e siècle. Les mollets royaux bien formés y sont dépeints à leur avantage – une caractéristique très recherchée à l’époque.

Cromwell, lui, préféra être montré comme un gentilhomme à l’allure martiale ; il était réputé pour être réfractaire à toute forme de vanité personnelle. On oppose souvent le puritain à la tête ronde au fringant cavalier pour rendre compte de la différence de style entre les deux camps opposés dans le Commonwealth britannique, et par la suite à la Restauration. Il est tout à fait plausible qu’il instruisit d’exécuter son portrait sans embellissement d’aucune sorte, tout comme il est peu probable que Lely eût modifié son style en exécutant un portrait « nature » de Cromwell si cela ne lui avait pas été expressément demandé.

Projet de route francophone en Nouvelle-Angleterre ?

Un itinéraire touristique dans l'est des États Unis reliant les villes francophones du Maine, du New Hampshire, du Massachusetts et du Rhode Island sera inauguré à la fin de l’été 2019.

  ROUTE

Existe-t-il un point commun entre Lewiston et Biddeford, dans le Maine, Manchester dans le ,New Hampshire, et Woonsocket, dans le Rhode Island ? Il semble bien puisqu''il y a un siècle, plus de la moitié de la population de ces villes américaines parlait français. En effet, on estime que, de 1840 à 1930, environ un million de Canadiens francophones ont quitté la province de Québec pour aller travailler dans les villes ouvrières de la Nouvelle-Angleterre, berceau de la révolution industrielle en Amérique du Nord.

Cet exode s'explique par la présence de familles nombreuses au Canada et la pénurie e main-d’œuvre de l'autre côté de la frontière. Du côté américain, les usines de caoutchouc et les peignages et les filatures -  industries de main-d'œuvre – se multiplient dans le nord-est des Etats-Unis. Comme la Nature a horreur du vide, les industriels  se tournent donc vers le voisin québécois  Des recruteurs sillonnent les campagnes. En 1850, la commune de Saint-Ours, dans la vallée du Richelieu, au sud-est de Montréal, fournit  à elle seule 27% des migrants employés dans les filatures de Woonsocket (Rhode Island). La migration s’accélère avec la guerre de Sécession, car il faut remplacer les hommes partis au front. En 1920, les trois-quarts de la ville parlent français.

      Boutique

Une boutique québécoise à Manchester (New Hampshire)  vers 1915.
Le patronyme Parizeau fleure bon la Saintonge,
l'une des provinces françaises d'où partirent beaucoup d'émigrants. © Ulric Bourgeois

« Le français n’est plus autant parlé en Nouvelle-Angleterre de nos jours », regrette Anne Conway, la directrice du musée consacré à l’histoire des migrants francophones à Woonsocket. La culture franco-québécoise, cependant, est toujours présente dans la région. Elle est préservée par plusieurs musées, universités, sociétés de généalogie et associations francophones. Les plats servis lors des fêtes de fin d’année sont typiquement québécois :les cretons, la tourtière, le ragoût de boulettes, la tarte à la ferlouche [1] ou encore le pouding chômeur.

Un itinéraire de 750 kilomètres

Les villes de Woonsocket, Manchester, Biddeford et Lewiston pourraient bientôt partager plus qu’un passé et des spécialités gastronomiques. Le maire de Québec, l’un des fondateurs du Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique, a récemment encouragé les 140 agglomérations membres de l’association à « travailler ensemble » et à « créer des routes » entre elles. Une consigne appliquée à la lettre.

La « Franco-Route of New England », prévue pour la fin de l’été 2019, reliera les villes de Lewiston et Biddeford dans le Maine, Manchester dans le New Hampshire et Woonsocket dans le Rhode Island, membres du Réseau des villes francophones. Un itinéraire de 750 kilomètres. Dans chaque ville étape, les restaurants seront invités à traduire leur carte en français et à proposer des spécialités québécoises. Le projet, qui a reçu le soutien de la Délégation du Québec à Boston, intéresse désormais également les villes de Lowell et Salem, dans le Massachusetts, et de Skowhegan, dans le Maine.

« Cette route existe déjà », sourit Anne Conway, la déléguée du Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique à Woonsocket. « C’est l’Interstate 95 : nombre de Québécois l’empruntent pour aller faire des recherches généalogiques aux Etats-Unis ou visiter le lieu de naissance de leurs grands-parents. Mais officialiser ce lien favorisera les échanges entre les villes francophones de la Nouvelle-Angleterre. »

Jean Leclercq

[1] Selon Jeanne Benoît, grande prêtresse de la cuisine québécoise, la tarte à la ferlouche se prépare ainsi :

Prévoir :

une tasse de farine,

une tasse de mélasse,

une tasse d'eau,

une 1/2 tasse de raisins secs,

une 1/2 cuillière à soupe de beurre,

un fond de tarte cuit.

Mettre dans une casserole la farine, la mélasse et l'eau. Delayer le tout et faire cuire jusqu'à consistance de crème épaisse et lisse, en brassant sans arrêt. Ajouter ensuite les raisins secs. Lorsque le mélange devient transparent, ajouter le beurre et verser dans le fond de tarte cuit et servir froid.

L'article ci-dessus est, pour l'essentiel, repris de l'hebdomadaire  France-Amérique du 5 octobre 2017.

Lectures supplémentaires:

La Ruée vers le Sud : Migrations du Canada vers les États-Unis, 1840-1930

Bonjour, America
New York Times
23 July, 2013

 

 

Paris, May 1968: a personal reminiscence.

Prof Kopelman Our newest contributor, Michael Kopelman, is  a distinguished  British neuropsychiatrist. Almost exactly fifty years ago, while in Paris studying French at the Alliance Française, he became caught up in the student riots. We asked him to give our readers the perspective of a Brit who experienced these historic events at close range.  His account follows below.

 

Fifty years later, Michael Kopelman is Emeritus Professor of Neuropsychiatry at King’s College London. He formerly ran a clinical service at St Thomas’s Hospital, London. His research has been on the neuropsychology of memory disorders, including aspects of autobiographical memory and confabulation.

Paris, 1968: It was chilly in March, but the sun came out in April, and Paris blossomed.  In May, the city erupted.  I was studying French at L’Alliance Française in Boulevard Raspail.  I was in my ‘gap year’ (though the term was not then used) staying, together with a school friend, at the top of a small hotel at the crossroads between Montparnasse and the St Michel – a superb location, but the room was cheap because (in those days) the hotel lacked a lift and we were staying for several weeks. 

Walking along Boulevard Saint-Germain one afternoon at about 3 p.m. [from subsequent histories, I think that this must have been Thursday 2nd, or possibly Wednesday 1st,  May], we heard shouts ahead of us, whistles, and drumming that appeared to be coming from the St Michel. As we approached, the noise became louder and, as the St Michel came into view, we saw that marchers were processing from North to South towards the Sorbonne, waving banners and flags, and blowing whistles and horns. Soon the marchers were gone, the sounds becoming more distant, but, as we turned into the St Michel, we could hear still the marchers ahead of us. Suddenly, there was what sounded like an explosion, the shouting intensified; there was screaming and the thumps of running. It was not clear what was going on ahead, but it sounded as if the marchers had clashed with the police. Then, out of nowhere, we were enveloped in a fog of tear gas. Our eyes were sore, we coughed and spluttered, but we bent our heads down and proceeded forward till it had cleared. As we emerged, we found ourselves at another junction. The marchers had disappeared. The police stood in the middle of the crossroads in their helmets, truncheons and shields, shouting angry commands at passers-by and observers, a large mingling crowd, now mainly elderly people and tourists. Across the road, we saw our French teacher from l’Alliance Française, but she was too distant in the melange for us to speak to her. 

The next morning, as we walked through the Luxembourg gardens, all was utterly calm. Another beautifully sunny day. There was no sign that anything unusual had happened the day before, but the events of the previous day were the ‘hot’ topic of discussion at L’Alliance Francaise that morning. There were more protests that afternoon and evening, and when we arrived at L’Alliance the next time, we saw that the iron gates to the entrance were closed and chained with padlocks. A placard on the gates read: ‘À cause des événements recents, l’école est fermée aujourd’hui’. The school remained ‘fermée’ for the rest of the month.

Jpeg - Torn up street with police looking on

photos by Michael Kopelman
Paris -May 1968

 

That Friday evening was eventful. Early in the evening, there was shouting and drumming from the sports centre/student accommodation two doors to the right of us, as students taunted the police who had amassed outside the building.  The students started to throw projectiles down at the police, who angrily threw them back, and we heard the smashing of glass.  This lasted an hour or more.  Later that night, we heard the shouts and bangings of the protesters, who had lit a bonfire in the middle of the crossroads between Montparnasse and the St Michel.  From our room, we could observe the students watching the fire excitedly, singing and chanting, until the approach of police sirens.  The police arrived, attempted to put out the fire (which was now huge), and then stood in line passively observing the fire until it died away. Eventually, the police departed, but we were awakened several times that night, as this cycle (students starting a fire, then fleeing, the police arriving and attempting to put it out) repeated itself twice more during the course of the night. 

Jpeg - Police watching a fire burn down at the crossroads between Montparnasse and the St Michel

During the next few days and weeks, the police massively over-reacted to what had commenced as relatively minor protests – charging at groups of students with their heavy batons, themselves protected by their Romanesque shields and helmets. Onlookers were arrested (including many foreigners and elderly people), and taken off in black police vans, which were everywhere to be seen.  The entrance to the Sorbonne was sealed off by a line of police wielding their truncheons.  All this fanned the flames of protest. L’Odeon was seized by protesters, and became the forum for ideological debate and revolutionary declamation. The cobbled streets were torn up, and the cobbles piled on to street barricades. In the mornings, burnt-out cars were seen on the side-streets. Trade unions joined the protesters, culminating in a general strike in which two million people marched down Boulevard Saint-Michel, observed by two English ex-schoolboys from their hotel balcony. 

Jpeg - The general strike

One day, walking down the St Michel, we found ourselves in the middle of another demonstration. People were milling around, holding posters and placards, shouting and blowing whistles in the middle of a busy crossroad.  Then the police appeared to the north, carrying their batons, bearing their shields and helmets, eyes covered with masks. They grouped themselves together, then charged southward down Boulevard Saint-Michel, and we found ourselves in the middle of a street battle beneath the blossoming Parisian trees. I pulled out my Yashica-Mat, and photographed a policeman as he pulled his truncheon back behind his head, about to smash it down on a young man, who held up his arm limply in self-defence as he tried to flee. All around, young people were running, some with head in hands, as the police advanced with angry determination.  Just after I had taken the shot, I myself was confronted by a red-faced policeman, screaming at me to hand over my camera, and gesticulating towards a black police van, which I remember as being located off to my right [or is this detail a confabulation in my memory?]. I knew perfectly well what he was saying but, as he grew angrier, I kept repeating in English: “I’m English.  I don’t understand!”  Fortunately, after what seemed like several minutes, but was probably less than a minute, he let me go. As I resumed my walk briskly southward towards Montparnasse, I experienced tingles of relief, as I left the shouting and screaming behind me.

 

Jpeg - Police not wanting to be photographed

                                                     photos by Michael Kopelman
Michael D Kopelman

Additional reading:

"L'héritage" Is in the Streets: The Text, Images and Legacy of May 1968

 

1968: Radical Protest and Its Enemies by [Vinen, Richard]   ParisRiots - Beauty book cover
Richard Vinen, 2018  Johan Kugelberg, 2011