Le 9 decembre – le 70eme anniversaire de l’approbation de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide

 
L'origine du mot « génocide » 


Raphael LemkinLa Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (CPRCG) est un traité de droit international approuvé à l'unanimité le 9 décembre 1948  par l'Assemblée général des Nations unies.  Elle est entrée en vigueur le 12 janvier 1951. Son inspirateur et principal rédacteur est Raphael Lemkin, un juriste américain  d'origine juive polonaise, qui a créé le néologisme « génocide » dans les dernières années de la Deuxième Guerre mondiale.

 

Défintion de Genocide selon Article II de la Convention :  :

 « Le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : a) meurtre de membres du groupe; b) atteinte à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe; c) soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle. d) mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe. e) transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe. » 

 

Il  existait déjà en français le néologisme populicide créé sous la Révolution française  par Gracchus Babeuf pour désigner les massacres des populations civiles de Vendée perpétrés sur ordre de la Convention, terme qui était tombé dans l'oubli.

Le terme génocide est un néologisme forgé  à partir de la racine greque γένος génos, « naissance », « genre », « espèce », et du suffixe -cide, qui vient du terme latin  caedere, « tuer », « massacrer ».

Axis RuleLe terme génocide est apparu pour la première fois dans son étude Axis Rule in Occupied Europe publié en 1944  par la Fondation Carnegie pour la Paix Internationale, il est introduit au chapitre IX intitulé « Génocide » pour tenter de définir les crimes perpétrés par le gouvernement des Jeunes-Turcs  de l'Empire ottoman  à l'encontre des Arméniens pendant la Première Guerre mondiale  ceux dont furent victimes les Assyiens en Irak en 1933, puis ceux commis par les nazis  à l'encontre des peuples juif, slaves et tzigane  durant la Seconde Guerre mondiale. 

Appliquant ensuite cette qualification aux crimes contre l'humanite  perpétrés par les nazis contre les peuples juif et tzigane  durant la Seconde Guerre mondiale, Raphael Lemkin écrit : « De nouveaux concepts nécessitent de nouveaux mots. Par génocide, nous entendons la destruction d'une nation ou d'un groupe ethnique. » Il précisera ailleurs que par génocide, il entend autant les actions concertées pour détruire des groupes dans leur dimension physiques ou raciale, que dans leur existence religieuse, linguistique ou culturelle. Il sera repris dans cette conception par Claude Lévi-Strauss.

Selon le Dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey, le mot se fait jour en français en même temps qu'il apparaît en anglais. D'abord employé à propos des nazis et de leur « Solution finale » du « problème juif », il se dit de la destruction méthodique ou de la tentative de destruction d'un groupe ethnique, et par extension, vers 1970, de l'extermination d'un groupe en peu de temps.

 Source : Wikipedia

Lecture supplémentaire :

Lemkin book cover
Raphael Lemkin and the Concept of Genocide
(Pennsylvania Studies in Human Rights)  – November 4, 2016

 

 

 

Raphael Lemkin and Creation of the word “Genocide”

6 minutes

 

 

 
  47 minutes

 

 


Comments

2 responses to “Le 9 decembre – le 70eme anniversaire de l’approbation de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide”

  1. Magdalena Avatar
    Magdalena

    Merci beaucoup d’avoir traité de ce sujet. Ce n’est pas un hasard si deux juristes polonais juifs ont créé le concept à la fois du génocide, et du crime contre l’humanité (pour Lauperknecht). De plus, ils sont nés dans la même ville, près de Lwow (actuellement Lviv, en Ukraine). Leurs destins font l’objet du récent livre de Philippe Sands, qui se lit comme un roman policier :
    East West Street: On the Origins of Genocide and Crimes Against Humanity is published by Weidenfeld & Nicolson

  2. Magdalena Avatar
    Magdalena

    Merci beaucoup d’avoir traité de ce sujet. Ce n’est pas un hasard si deux juristes polonais juifs ont créé le concept à la fois du génocide, et du crime contre l’humanité (pour Lauperknecht). De plus, ils sont nés dans la même ville, près de Lwow (actuellement Lviv, en Ukraine). Leurs destins font l’objet du récent livre de Philippe Sands, qui se lit comme un roman policier :
    East West Street: On the Origins of Genocide and Crimes Against Humanity is published by Weidenfeld & Nicolson