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Quand le fleuve Mississippi se déverse dans la Maison blanche

Le droit et la littérature s’affrontent parfois dans des circonstances étranges [1], notamment dans le cas d’un litige de droits d’auteur. [2] 

Un livre rédigé par Mary Trump, la nièce de Donald Trump, intitulé Too Much and Never Enough: How My Family Created the World’s Most Dangerous Man, traite d’une famille tout à fait « dysfonctionnelle » (pour employer un mot français emprunté à l’anglais). Selon le dictionnaire Larousse, ce mot « Se dit de quelque chose, particulier d'un système de relations, d'une structure (familiale, sociale), dont le fonctionnement est problématique ». La Maison Blanche a récemment entamé un procès pour bloquer la publication du livre qui scandalise la famille Trump, mais le tribunal a rejeté sa réclamation. À première vue, le livre, qui sortira la semaine prochaine, n’a rien à voir avec la littérature. 

Too Much & Never Enough Book cover Mary Trump


Pourtant, lorsque l’on connaît mieux la vie de l’auteure, notamment la période de ses études de premier cycle à l’université, il est possible de mieux comprendre l’influence de l’auteur américain, William Faulkner (1897-1962)  [3] sur Mary Trump.

FaulknerFaulkner vivait la plupart de sa vie dans le comté rural de Lafayette [4] (Mississippi), dans le Sud profond des États-Unis. [5] La famille que Faulkner a inventée s’appelle les Compson, nom qui apparaît brièvement dans le premier chapitre de Requiem for a Nun (Requiem pour une nonne). Présente dans The Sound and the Fury (Le Bruit et la Fureur), cette famille fait aussi des apparitions dans Absalom, Absalom ! (Absalon, Absalon !) et dans des nouvelles comme That Evening Sun (Soleil couchant).

Dans un article paru dans le Washington Post le 2 juillet, qui relève les similitudes entre la famille Compton et celle de Trump, est cité l’ex-professeur de Mary Trump, pour qui toutes les deux familles ont été « déchirées par la dysfonction ».

Il peut surprendre que Mary Trump soit décrite par ce professeur comme une « étudiante brillante » alors que, sachant que Donald Trump est de cette famille, on est plutôt amené à se dire que les mots « Trump » et « brillant » sont un oxymore. Selon son professeur, Mary fut la meilleure étudiante de sa classe d’anglais. Elle obtiendra par la suite un doctorat en psychologie clinique.

Psychologue, Mary Trump étudia des patients atteints de délires, schizophrénie et hallucinations. On ne saurait imaginer une meilleure expérience pour analyser celui qui est son oncle. [6] Selon ses propres termes, l’élection de Trump comme président des États-Unis fut « la pire nuit de ma vie ».

Un des traits de caractère souvent attribués à Donald Trump est le narcissisme. Dans le  trouble de la personnalité narcissique, un individu se manifeste par le besoin excessif d'être admiré et par un manque d’empathie. Le sujet narcissique recherche une gratification en lui-même, et s'attachant peu au jugement des autres, est très focalisé sur ses problèmes d’adéquation personnelle, de puissance et de prestige. Le trouble de la personnalité narcissique est étroitement lié à l’égocentrisme. Selon la mythologie grecque, Narcisse était un chasseur qui passait son temps à se contempler dans l'eau de la source.

Revenons à William Faulkner avec une citation du site oprah.com à propos du langage de l’auteur – comme préface à « The Faulkner Glossary » :

« En lisant Faulkner, ne vous découragez pas si vous trébuchez sur quelques mots inconnus – l'auteur est connu pour traiter la langue anglaise comme sa propriété personnelle. Alors si vous, citadins, ne faites pas la différence entre un  "hitch-reign" et un "plowline", ou que vous soyez rendus perplexes par un mot prétentieux, ce glossaire vous aidera – d’acalculie à zain. »

Note linguistique :

Les mots lunatic (substantif ou adjectif en anglais) (fou/folle, en français) et lunatique  (synonyme de  capricieux, selon l'Internaute.com), sont de faux amis. Ce ne fut pas toujours le cas, comme l'explique  Guillaume Terrien, champion de France d'orthographe dans un vidéo clip :

Guillame Terrien

Guillaume Terrien

Autrement dit, le français, en évoluant, a abandonné le sens fort de « fou/folle » pour ne retenir que celui de bizarrerie, alors qu'en anglais, le mot d'origine normande est resté figé dans son sens initial de lunatic.

En revanche, les mots lunar et lunaire sont de vrais amis. En ce qui concerne le mot « lunaison », il n'a ni de vrai ni de faux ami en anglais, en ce sens qu’il n'existe aucun mot équivalent en anglais (la plus proche traduction étant lunar month).

En anglais, les synonymes de lunacy sont : madness, insanity imbecility et folly. Ce dernier est évidemment proche de "folie". Mais, le mot imbecile désigne (péjorativement) quelqu'un de plutôt stupide. Au 16e siècle, il s'employait pour désigner une personne de faible constitution [5] (du latin, imbecillus, quelqu'un in baculum, c'est-à-dire sans le soutien d'une canne) mais, au 19e siècle, sa signification a changé et il en est venu à désigner une personne faible d'esprit ou sans intelligence.

Il s'avère qu'étudier l'origine et le parcours des mots en anglais, et essayer de les distinguer de leurs doubles français,  c'est de l'imbécillité, sinon de la pure folie.

Mise à jour :

Trump est « cruel »et « menteur » affirme sa sœur dans un enregistrement secret
Le Journal de Montréal, le 22 août 2020

 

Jonathan G. avec l'aide précieuse de Magdalena Chrusciel.

————-

[1] Anonyme - L’Escole des filles ou La philosophie des dames, 1655 est considéré comme le premier roman érotique de la littérature française, l’ouvrage indigne le procureur général du roi qui ordonne de saisir et brûler les exemplaires.

[2] L'auteur de cet article recommande un livre rédigé par Maître Jean-Claude Zylberstein qui traite de ce thème:SOUVENIRS D’UN CHASSEUR DE TRÉSORS LITTÉRAIRES, Allary Editions, 2018, 461 pages.

Voir également Elizabeth Ladenson, Dirt for Art’s Sake, Books On Trial from Madame Bovary to Lolita, Cornell University Press, 2007 et

Yvan Leclerc, Crimes écrits : la littérature en procès au XIXe siècle, 1991, Éditions Plon.

[3] Faulkner a reçu le prix Nobel de littérature en 1949.

[4] La FayetteCe comté porte le nom de Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, dit « La Fayette », officier et homme politique français et américain. 
[5] Le livre Three Years in Mississippi a été rédigé par James Meredith, le premier étudiant noir-américain de l’université du Mississippi, dans le comté de La Fayette, jusqu'à 1962 réservée aux étudiants blancs. Le Mississippi était alors l'un des États américains les plus ségrégationnistes du pays. Le Président John Kennedy a envoyé à Meredith en soutien des milliers de soldats de l'armée fédérale pour qu’il puisse assister aux études dans ce bastion de la suprématie blanche du Sud profond.

 

Dangerous Trump Cover[6] En octobre 2017 parut le livre The Dangerous Case of Donald Trump, rédigé par 27 psychiatres et psychologues, qui s’accordèrent tous à dire que l’état mental de Trump présentait un danger pour les États-Unis. Dans son édition élargie d’autres professionnels ont ajouté leur analyse du thème.

Le dernier ouvrage rédigé par un psychologue consacré à un président américain fut  l'étude de Sigmund Freud intitulée 'Woodrow Wilson : A  Psychological Study'.

Lectures supplémentaires :

Lexique psychiatrie

Décryptage: de la santé mentale de Donald Trump
La Presse, 13.4.2020

Trump is Not Well,
The Atlantic, 9 September, 2019

Un Garfield qui n'était pas le chat éponyme ! 4.4.2016

Enjamber les siècles :
un défi à la démographie 17.11.2014

Bookaneer & buccanner

 

La lumière indispensable de la traduction dans une période troublée

Tina KoverL'essai ci-dessous a été soumis par Tina Kover, notre linguiste du mois de juillet 2019, en versions anglaise et française. Pour ceux qui, en plus de l’appréciation que son contenu mérite, voudraient le lire comme un exercice de traduction, nous le présentons sous forme bilingue. Tina Kover est traductrice littéraire depuis près de vingt ans, traduisant des œuvres de littérature classique et moderne, dont Georges d'Alexandre Dumas, Manette Salomon des frères Goncourt et Life, Only Better d'Anna Gavalda. Elle a étudié le français à l'Université de Denver (la ville où elle est née) et à l'Université de Lausanne en Suisse, et a ensuite enseigné l'anglais comme langue étrangère à Prague. Elle vit et travaille actuellement dans le nord-est de l'Angleterre. Sa traduction de Désorientale (Disoriental en anglais) de Negar Djavadi a été finaliste du National Book Award for Translated Literature en 2018 ainsi que du PEN Translation Prize en 2019 avant de lui valoir le prix Albertine en 2019. 

Lorsque Jonathan Goldberg m’a très gentiment proposé d’écrire quelques lignes pour Le mot juste, il y a de cela quelques mois, j’étais loin de me douter que, le moment venu de prendre la plume, le monde serait plongé dans une pandémie globale d’une part et, d’autre part, secoué par des mouvements sociaux comme on n’en avait pas vus depuis bien longtemps. Comme il serait impensable de ne pas mentionner ces événements sous une forme ou une autre, j’aimerais donc en profiter pour parler ici, du point de vue nécessairement limité qui est le mien, du rôle de la traduction littéraire dans les efforts qui sont actuellement menés un peu partout, et continueront je l’espère de l’être, en vue d’obtenir un monde plus sûr, plus équitable et, si vous me passez le jeu de mot, plus juste.

J’écris ces quelques lignes chez moi ; je suis assise à mon bureau, dans une maison confortable à Durham, qui est elle-même située dans un pays prospère de l’hémisphère nord, la Grande-Bretagne. J’ai grandi au sein d’une famille de cadres moyens, dans une grande ville américaine, avec le soutien et l’amour inconditionnel de mes parents. J’ai travaillé dur pour en arriver où j’en suis mais, somme toute, les obstacles ne furent jamais insurmontables.

À chaque étape, on m’a félicitée pour mes résultats et on m’a encouragée à viser toujours plus haut. Jamais je n’ai été regardée de haut, ou rabaissée du fait de ma naissance et des circonstances arbitraires qui l’entourent. Et en tant qu’immigrante, mon expérience a été plutôt facile et aussi peu bureaucratique que possible, surtout comparée à celle de tant d’autres. Parce que je suis blanche, éduquée, et que j’ai émigré d’un pays riche (les Etats-Unis) à un autre (le Royaume Uni), je n’ai jamais eu à subir la honte ni le ridicule du fait de mon accent ou de la couleur de ma peau ; on ne m’a jamais désignée comme une « étrangère » qui « vole le travail » d’un(e) Britannique de souche et on ne m’a jamais dit de « revenir d’où je viens ».

Quelle chance.

Alors il va sans dire que je suis très, très mal placée pour parler de race ou de relations interraciales. Mais malgré tout, j’ai une plateforme, aussi petite soit-elle. En tant que traductrice littéraire, je me vois comme fantassin dans cette guerre contre l’homogénéisation culturelle et sociale et contre les forces du mal qui semblent plus déterminées que jamais à nous mettre dans de petites cases séparées et dûment étiquetées selon notre race, sexe, langue ou religion. De nos différences naissent nos cultures ainsi que la riche et magnifique variété qui fait de nous des individus et, au lieu de chercher à les effacer ou les rejeter, chacun d’entre nous se doit de les célébrer. L’une des meilleures façons de le faire, à mon avis, c’est de traduire des textes littéraires. Je dirais que l’écriture est la forme la plus pure à travers laquelle les êtres humains arrivent à exprimer des vérités universelles. Nous écrivons à partir de ce que nous avons au plus profond de nous-mêmes ; nous distillons ainsi à l’encre noire sur la page blanche, nos expériences et nos philosophies, notre éducation, et tout ce dont nous avons hérité des générations précédentes. Chaque mot est porteur d’un souvenir, d’une émotion, d’un legs.

Ne pas comprendre la langue d’un écrit donné instaure un mur entre l’auteur(e) et nous. L’auteur(e) est ainsi tenu(e) à distance, différent(e) de nous, difficile à comprendre, « autre ». Traduire, c’est illuminer la chambre noire d’un texte illisible. Cela nous permet non seulement de voir toutes les façons que nous avons d’être semblables, qu’il s’agisse d’aimer, de rire, de pleurer et de souffrir de manière identique et pour les mêmes raisons, mais aussi d’apprécier les nuances infinies et la beauté subtile de ces cultures qui nous façonnent, chacune à leur manière. Lire un texte en traduction permet d’élargir les vues que nous avons les uns sur les autres, sur le monde et sur nous-mêmes, et cela sans que nous en soyons tout à fait conscients.

C’est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit de livres écrits par les membres de communautés qui ont depuis toujours été marginalisées et rejetées : les femmes, les gens de couleur, les membres de la communauté LGBTQ+. Depuis des siècles, nos sociétés occidentales essayent de faire rentrer à tout prix ceux qui sont différents dans le moule commun, de faire taire leur voix. Or, leurs écrits y gagnent en force, comme un champagne qui a attendu trop longtemps avant d’être débouché. Des trésors incommensurables nous attendent : les textes d’écrivains africains et caribéens, de femmes qui vivent dans des sociétés traditionnellement patriarcales, d’écrivains gays, de lesbiennes, de bisexuels ou d’écrivains trans issus de cultures qui les ont condamnés au silence pendant des siècles. Il est plus que jamais temps de les écouter, de les voir et de les lire. Il est grand temps de nous plonger dans leurs écrits, de combler ces lacunes béantes que les couteaux aiguisés des diverses formes de censures gouvernementales et médiatiques nous ont infligé.

C’est en cela, je pense, que réside ma mission de traductrice. Aider à ce que les voix étouffées dans le monde puissent résonner. Faire tomber ces murs linguistiques qui nous séparent. La communication est, et a toujours été, la base de la compréhension entre êtres humains et, en tant que traductrice, j’ai l’immense honneur et privilège – et le devoir – de servir de porte-parole. Et, si je puis me permettre de parler au nom de mes collègues traducteurs, je crois que les défis auxquels nos sociétés font face aujourd’hui ne font que renforcer la détermination qui nous animent, nous, professionnels du langage, à prouver qu’au-delà des mots que nous utilisons, nous parlons vraiment tous la même langue.

When Jonathan Goldberg very kindly gave me the opportunity to write a few words for Le mot juste a few months ago, little did I know that, when the moment came to pen my piece, the world would be in the midst of both a global pandemic and a time of social upheaval, the likes of which has not been seen in a very long time. But it feels almost inconceivable not to address current events in some way, and so I would like to use this moment to speak about what I, in my limited experience and understanding, see as the role of literary translation in what I hope will be the ongoing and unswerving worldwide effort to make society safer, fairer, more equitable, and, if you’ll pardon the play on words, more juste.

Translation

As I write these words I am sitting in my comfortable home in Durham, in a prosperous Western nation, Great Britain. I grew up in a white-collar household in a flourishing American city with two parents who supported and loved me unconditionally. I have worked hard for everything I possess, but then I faced very few obstacles. At every turn I was praised for what I had already achieved and encouraged to aim ever higher. I have never known what it feels like to be looked down upon or hindered by the purely arbitrary circumstances of my birth. Even as an immigrant, my experience, unlike so many others’, has been smooth and simple by almost any standard. As an educated white person emigrating from one wealthy country (the United States) to another (the United Kingdom), I have never been shamed or ridiculed for my accent, targeted on sight as an “outsider” due to the color of my skin, blamed for “taking jobs away” from British-born workers, or told to “go back where I came from”.

I have been so lucky.

So really, I am wholly unqualified to speak about race, or race relations. But one thing I do have is a platform, small as it may be. As a literary translator, I am a very, very minor foot-soldier in the war against social and cultural homogenization, and against the dark forces that seem more determined than ever to keep us in separate boxes categorized by race and gender and language and religion. Our differences are what give our cultures, and each of us as individuals, our splendid, beautiful variety, and rather than denying them, or trying to erase them, we should celebrate them. One of the most effective ways to do that, I believe, is through literary translation. I would argue that writing is the purest way in which humans express universal truths. We write from the deepest places within ourselves, distilling our experiences and philosophies, our upbringings and everything we have inherited from the generations that came before us, starkly into black ink on a white page. Every word is memory, emotion, legacy.

But being unable to understand the language of a piece of writing effectively puts a wall between us and its author. It keeps them separate, different from us, unrelatable, “other”. Translation effectively floods the dark room of an unreadable text with light. It enables us not only to see how much alike we all are, that we love and laugh and weep and bleed in the same way and for the same reasons, but to appreciate the nuance and subtle beauty of how our cultures shape what drives us, and how we react to those driving forces. Reading a translated text broadens our understanding of each other, and the world, and ourselves, in ways of which we might not even be fully aware.

This is especially true when it comes to books written by members of communities that have traditionally been marginalized and discounted: women, people of color, LGBTQ+ people. We in the West have been conditioned over decades and centuries to make assumptions about anyone who is different, to tune out their voices. Their work is made even more powerful, perhaps, by its explosive force, like champagne uncorked after too long in the bottle. And there is such an incredible wealth of it out there, the work of African and Caribbean writers, of women in traditionally patriarchal societies, of gay and lesbian and bisexual and trans writers from cultures that have silenced them for centuries. Now is precisely the time that we need to hear them and see them and read them most; now is the time that we need to examine their work most carefully, to fill the gaps left in our understanding by the slashing censorious knives of governments and the media.

That, I believe, is my job as a literary translator. To help ensure that the world’s unheard voices can ring out. To pull down the linguistic walls that divide us. Communication is, as it has always been, the key to understanding, and so it is my honor and my privilege—and my duty—to act as a mouthpiece. And, if I may presume to speak for my fellow translators, I believe that the challenges we’re facing as a society will only make us more determined, as language professionals, to prove that, despite the words we use, we really all do speak the same language.

Bonneur

 

Note du blogue :

Pen logoPEN International réunit écrivains, journalistes, poètes – tous ceux qui utilisent l'écriture pour promouvoir des idées – dans la conviction commune que c'est par ce partage que des ponts de compréhension peuvent être construits entre les peuples. Ces ponts franchissent les clivages politiques, géographiques, ethniques, culturels, religieux et autres.

Inspiré par l'essai de Tina Kover, votre blogueur fidèle s'est abonné à l'organisation PEN AMERICA. Je recommande aux lecteurs et lectrices d'agir de la même façon dans leurs pays respectifs.

 

Jonathan Goldberg

Pern America

 

Nouvelle traduction du célèbre roman américain « Autant en emporte le vent »

 

Rene MeertensL'article qui suit a été rédigé par René Meertens, traducteur de  langue française, et notre « Linguiste du mois de janvier 2019 ».

Les observations qui suivent ont un caractère préliminaire et ne constituent pas une critique du livre.

Les contributions précédentes de René sont accessibles ici.

 

Gone with the Wind de Margaret Mitchell, publié en anglais le 30 juin 1936, vient d’être retraduit en français par Josette Chicheportiche pour les éditions Gallmeister. La première traduction avait été réalisée par Pierre-François Caillé. Le titre français du livre reste inchangé (Autant en emporte le vent [1]).

  Margaret-mitchell & Gone  
  Margaret Mitchell  

Selon le Sunday Times londonien du 9 juin,  la nouvelle traduction est plus fidèle. Nous ne pourrons pas en juger tant que l’éditeur ne nous aura pas envoyé un exemplaire.

Pour le Sunday Times, la traduction de la dernière phrase, notamment, illustre cette fidélité nouvelle.

Un peu de contexte : Scarlet est amoureuse de Rhett Butler, mais ce dernier a cessé de l’aimer. Voici le dernier paragraphe de l’original :

With the spirit of her people who would not know defeat, even when it stared them in the face, she raised her chin. She could get Rhett back. She knew she could. There had never been a man she couldn't get, once she set her mind upon him. "I'll think of it all tomorrow, at Tara. I can stand it then. Tomorrow, I'll think of some way to get him back. After all, tomorrow is another day."

Ancienne traduction de la dernière phrase : « En somme, à un jour près. »

Le Sunday Times estime que cette dernière phrase est pessimiste, alors que la phrase de l’original est résolument optimiste : elle va le récupérer, son Rhett. Le journal paraphrase la traduction de Pierre-François Caillé comme suit : « After all, another day won’t make much difference » (Après tout, un jour de plus n’a guère d’importance), ce qui est une interprétation. En fait, alors que l’anglais est clair, cette traduction ne l’est pas du tout.

Quel est le sens de tomorrow is another day ? C’est une  expression courante d’optimisme et de foi en l’avenir. Elle peut se rendre par « demain tout peut encore s’arranger ».

Le journal L’Orient – Le jour du 9 juin indique la nouvelle traduction des deux dernières phrases : « Demain, je réfléchirai à un moyen de le faire revenir. Après tout, demain est un autre jour. »

L’expression « le faire revenir » est faible. L’anglais dit « to get him back ». Elle veut le récupérer !

Quant à la traduction de la dernière phrase, elle est digne de Google Translate. En fait, c’est ce que ce logiciel de traduction propose. En français, cela ne veut rien dire.

On peut conclure que les deux traducteurs ne connaissaient pas le sens de l’expression en question.

Les imperfections de ce genre sont hélas trop fréquentes dans les traductions littéraires d’anglais en français.

Bien entendu, on ne peut juger la traduction d’un livre en se bornant à lire celle de deux phrases !

 

[1] Autant en emporte le ventLe titre du livre, tant en anglais qu’en français, reprend une expression connue dès avant 1936, mais popularisée par le roman, et par le film qui en a été tiré.

En anglais, « gone with the wind » désigne une réalité qui a disparu, en l’occurrence le Sud des Etats-Unis tel qu’il était avant la Guerre de Sécession.

L’expression « autant an emporte le vent » a un autre sens. Elle « se dit de promesses, de propos qui restent sans effet » (Grand Larousse de la langue française). Les promesses de Macron (ou de Le Pen ou d’Hidalgo) ? Autant en emporte le vent ! Cette expression a été remplacée de nos jours par « Les promesses n’engagent que ceux qui les croient ».

Le titre reste excellent, car la notion de vent est conservée, et l’on trouve certainement dans le livre des promesses non tenues, par exemple les vœux que Rhett Butler a prononcés lors de son mariage avec Scarlet.

 

La transformation des laveries en bibliothèques

…et d'autres bibliothèques inhabituelles 

L’idée paraît saugrenue et pourtant la ville de Baltimore aux États-Unis a tenté l’expérience. Et à Paris, c’est pour quand ?

Libraries-without-borders-logo-colorPour déconfiner les esprits, rien de tel que la culture. Encore faut-il permettre à ceux qui en sont le plus éloignés d’y accéder. Telle est la mission de Bibliothèques sans frontières. Fondée en 2007, cette association basée à 8-10 rue de Valmy 93100 Montreuil, Ile-de-France, (93) part à la rencontre des publics les plus vulnérables en créant des bibliothèques dans des lieux de vie. Elle intervient dans cinquante États, comme les États-Unis où avait été lancé le programme Wash & Learn (Laver et Apprendre). À Baltimore, par exemple, quatre laveries automatiques abritent des bibliothèques constituées de livres, tablettes numériques et ordinateurs. Les usagers peuvent également bénéficier des conseils d’un bibliothécaire.

Étant donné que seulement 18 % des Français sont inscrits dans les médiathèques municipales, pourquoi ne pas transformer des lavomatiques en des espaces d’éducation et d’information comme dans cette ville du Maryland ? Réponse de Jérémy Lachal, directeur général de Bibliothèques sans frontières : « L’idée est inspirante, mais elle n’est pas nécessairement adaptée à toutes les laveries automatiques en France. Là-bas, ce sont de véritables lieux communautaires et, contrairement à nous, les Américains ont l’habitude de laver leur linge en dehors de leur domicile. Ici, il faut réfléchir à d’autres espaces de sociabilité. Dans le Grand Paris, ce pourrait être les supermarchés ou les cages d’escalier des HLM. Et, en zone rurale francilienne, les bistrots. » En ces temps obscurs, il est plus que jamais essentiel « d’éclairer les esprits », comme le clamait Victor Hugo.

Bibliothèque de l'exil 

une installation d'Edmund de Waal, British Museum, ouverte jusqu'au 12 septembre 2020 (mais uniquement en ligne durant le confinement en Grande-Bretagne.)

  British Museum 1  
  British Museum  

Le texte suivant a été traduit par notre contributrice fidèle, Nadine Gassie, traductrice litteraire, à partir d'un texte sur le site du British Museum : https://bit.ly/37cHU5Y

Library of ExileConçue comme un « espace où s'asseoir, pour lire et être », la bibliothèque de l'exil est une installation de l'artiste et écrivain britannique Edmund de Waal, contenant plus de 2 000 livres écrits par des auteurs en exil.

Ce pavillon recouvert de porcelaine, dont l'inauguration lors de la Biennale de Venise 2019 a rencontré un vif succès, se veut un lieu de contemplation et de dialogue. « Il s'agit d'évoquer l'exil, explique de Waal, ce que cela signifie d'avoir à changer de pays, parler une autre langue. »

D'Ovide à Dante en passant par Marina Tsvetaeva et Judith Kerr, la bibliothèque est un panorama de la répression mondiale autant qu'un hymne à la réponse des déplacés. Presque tous les livres sont proposés en traduction, reflétant ainsi l'idée que la langue est une forme de migration. Chaque ouvrage dispose d'une vignette « ex libris » afin de permettre aux visiteurs d'inscrire leur nom dans les livres qui comptent pour eux. La collection est également consultable grâce à un catalogue en ligne où l'on peut aussi suggérer de nouveaux titres.

En regard des rayonnages de livres, de Waal expose un quatuor de vitrines personnelles, intitulé psaume, I-IV (2019), contenant des pièces en porcelaine, marbre et acier. Leur disposition fait écho à la composition de la première édition du Talmud − l’un des textes fondamentaux du judaïsme −, imprimée à Venise par Daniel Bomberg au XVIe siècle, remarquable pour sa  présentation sur une même page du texte hébreu, de sa traduction en Araméen et des commentaires.

Les murs extérieurs de la bibliothèque de l'exil ont été revêtus de porcelaine liquide et de Waal y a inscrit les noms des grandes bibliothèques disparues du monde − de celle de Ninive en Assyrie au VIe siècle avant J.C. à celles récemment détruites de Tripoli et de Mossoul (ancienne Ninive).

Tout au long de l'exposition (annulée pour cause de confinement) était prévu un programme d'événements riche et diversifié, comprenant débats et tables  rondes sur les thèmes soulevés par la bibliothèque de l'exil, présentés en collaboration avec English PEN, la branche anglaise du PEN club international (association d'écrivains internationale), ainsi qu'une journée gratuite de performances musicales, films, conférences, installations et ateliers divers dans le cadre de la Semaine des réfugiés 2020.

 

Lectures supplementaires :

Le Biblioburro: l'étonnante bibliothèque mobile de Colombie.

Mes bibliothèques: rendez-vous du livre et des beaux-arts…

Les plus belles bibliothèques des États-Unis (1re partie)

Entretien imaginaire et intemporel entre deux bibliophiles oxfordiens


Lieux de lecture en dehors de bibliotèques

 

Rome, Italy, 1984 (Credit: Steve McCurry/Magnum Photos)

McCurry 1

 Kuwait, 1991 (Credit: Steve McCurry)

Chiang Mai, Thailand, 2010 (Credit: Steve McCurry/Magnum Photos)

Mccurry2

 Kabul,  (Credit: Steve McCurry/Magnum Photos)


Mumbai, India, 1996 (Credit: Steve McCurry/Magnum Photos)

Kuwait, 1991 (Credit: Steve McCurry/Magnum Photos)

Kashmir, 1998 (Credit: Steve McCurry/Magnum Photos)

Sri Lanka, 1995 (Credit: Steve McCurry/Magnum Photos)

Suri Tribe, Tulget, Omo Valley, Ethiopia, 2013 (Credit: Steve McCurry/Magnum Photos)

Rio de Janeiro, 2014 (Credit: Steve McCurry/Magnum Photos)


Humor 

 

La revue FRANCE-AMÉRIQUE offre un masque à ses abonnés

Nous transmettons l'annonce suivante de notre collaboratrice, FRANCE-AMÉRIQUE, la prestigieuse revue des francophiles aux États-Unis (et probablement la plus connue des publications bilingues français-anglais dans le monde). Nous recommandons à nos lecteurs et lectrices d'en profiter.

Cher lecteurs, Dear Readers,


Dix jours séparent Independence Day (le 4 juillet) de Bastille Day (le 14), ce qui fait du mois de juillet le mois de l'amitié franco-américaine. A cette occasion, France-Amérique offrira à ses abonnés un masque de protection sanitaire dans son numéro de juillet – une première aux Etats-Unis !

Les masques filtrants à trois épaisseurs, qui peuvent être lavés et réutilisés 10 fois, sont conçus en France par Chargeurs, le groupe père de France-Amérique et le premier producteur mondial de tissu technologique.

Nous sommes ravis de mettre notre magazine au service de cette initiative et ainsi de vous protéger, vous et vos proches.

Pensez à vous abonner avant le 15 juin pour recevoir notre numéro de juillet et un masque !

Prenez soin de vous,

France-amerique-logo

 
 

La traduction et l’Histoire :

controverses de traductions incomprises

Thiibaut newNous accueillons chaleureusement notre nouveau contributeur, Thibaut Bouexière, étudiant en master de traduction et interprétation a l'université de Rennes 2. Thibaut s’est rapidement ouvert aux mots en suivant un bac littéraire, qui, de par son intérêt pour les langues et les mots, l'a naturellement conduit vers un diplôme en Langues Étrangères Appliquées. Il a ensuite découvert un fort intérêt pour le monde de la traduction, à laquelle il s’est formé grâce au master Traduction et Interprétation de l'Université de Rennes 2. Il a là saisi toute la complexité des métiers de la traduction. Attiré par l’audiovisuel, et par extension, par la culture et le divertissement, il s’est spécialisé dans la traduction audiovisuelle, qui sera d’ailleurs l’objet de son mémoire. Thibaut a pu intégrer un grand nom du doublage en France, et espère trouver de belles opportunités dans ce domaine qui le passionne.

L'article qui suit a été publié sur le blog du Centre de Formation des Traducteurs Localisateurs, Terminologues et Rédacteurs techniques au sein de l’université de Rennes 2 (Veille CFTTR).

.La paronomase italienne « Tradutore, traditore » prône que « traduire, c’est trahir ». Ce postulat capable de faire s’insurger tout professionnel de la traduction remet en cause toutes les problématiques de la traductologie. Les hommes sont sensibles aux mots, et face à l’Histoire, la traduction s’est quelques fois révélée être au cœur d’escarmouches parfois meurtrières. Faisons un bond spatio-temporel vers l’Angleterre du XVIe siècle, alors que plus de la moitié de la population britannique est chrétienne. Aussi absurde que cela puisse paraître, la Bible n’est traduite que très partiellement dans la langue de Shakespeare, et disposer des Saintes Écritures en anglais était passible de peine de mort.TB - 4 translators Dans ce contexte, le jeune érudit William Tyndale, qui, après s’être forgé une volonté de réforme auprès de Martin Luther et d’Érasme, vient près de l’évêque de Londres pour porter son projet de traduction de la Bible, en vain. Essuyant des critiques pernicieuses, il décida de continuer ses traductions et contribua par ses écrits à l’évolution de l’ancien anglais vers l’anglais moderne. Il fut condamné d’hérésie par l’Église, étranglé et brûlé en 1536. Ironiquement, ses traductions furent présentées deux ans plus tard au roi Henri VIII qui décida de son propre chef que ces versions dussent être prêchées dans toute l’Angleterre.

La traduction, ou plutôt l’interprétation que l’on a des mots fut également un casus belli dans l’histoire nipponne. Tandis que la Seconde Guerre mondiale approche à sa fin et que l’Allemagne a capitulé depuis maintenant plus de deux mois, les tensions entre les Alliés et l’Empire nippon sont vives. Le 26 juillet 1945, la déclaration de Potsdam par les puissances alliées donne l’ultimatum au gouvernement japonais. La reddition doit se faire sans conditions. Rassemblé sous la pression médiatique et militaire, le Conseil de guerre Suprême nippon doit formuler un communiqué de TB _ Susukiréponse en urgence. Le premier ministre japonais Kantaro Suzuki répond que cet ultimatum n’apporte rien de nouveau à la situation et utilise le mot « Mokusatsu » pour définir leur position. Ce mot, composé de deux unités, « moku » et « satsu », pour littéralement « silence » et « tuer », est polysémique. Il peut signifier à la fois « garder le silence » et « fin de non-recevoir ». Kantaro Suzuki l’a sans doute employé à la fois pour calmer les Alliés et les forces armées japonaises, mais il s’est révélé que l’interprétation qu’il en a été faite a porté à la lumière ce deuxième sens. Truman, alors président des États-Unis, décida de mettre un terme à l’entêtement du Japon, condamnant Hiroshima et Nagasaki au destin qu’on leur connaît. Il faut toutefois savoir raison garder face à l’éventuelle corrélation entre ces deux faits, car elle n’a pas été communément établie.

Ces deux récits expriment à la fois la force des mots et l’importance de la traduction dans l’histoire de l’Humanité. Il ne s’agit donc en rien d’ôter de son lustre tout le travail de traduction admirablement mené chaque jour dans le monde et qui permet d’interconnecter les Hommes.

L’éducation Franco-Américaine réinventée de la 6eme à la Terminale

 

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La vision d'OFALycée est de faire passer l'éducation française internationale dans le XXème siècle, en prenant la mesure des transformations récentes et sans précédent qui ont lieu dans notre société en général et le monde éducatif en particulier.  OFALycée s'appuie sur les acquis des élèves dans le système américain et apporte en français les savoirs et savoir-faire des programmes français qui complément une éducation bilingue et biculturelle d'excellence.

 

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Coronaspeak – les blogues et la presse commentent les mots à la mode (suite)


…et en inventent d'autres

Covidiot

Les nouveaux mots nés pendant le confinement

Covidiots? Quarantinis? Linguist explains how COVID-19 has infected our language
CBC.ca : Plus de 1000 mots créés en anglais par la pandémie

Coronavirus has led to an explosion of new words and phrases – and that helps us cope

The Conversation, April 28, 2020

 

Des exemples :

déconfinement

Coronavirus :le mot déconfinement figure-t-il dans les dictionnaires ?
RTL – 19.04.2020

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passeports immunitaires

Le Monde, 23.4.2020 : « L’OMS met en garde contre les « passeports immunitaires », faute de données suffisantes sur les risques de réinfection. » 

Le journal explique « Certains gouvernements ont émis l’idée de délivrer des documents attestant l’immunité des personnes sur la base de tests sérologiques révélant la présence d’anticorps dans le sang, de façon à deconfiner et à permettre peu à peu leur retour au travail et la reprise de l’activité économique. »

(Il convient de noter que l'anglais n'emploie pas le verbe to confine dans ce contexte (même si l'expression confined to home est usitée), et l'anglais n'offre pas non plus de terme équivalent  à  déconfiner ou à déconfinement, dans le sens d'un antonyme de confiner ou de confinement, dans le contexte de la pandémie actuelle.)

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télé-travail – en anglais telecommuting, telework, teleworking, working from home (WFH), mobile work, remote work, flexible workplace

Le journal Le Monde, 23.4.2020, fait allusion au “télé-travail”. Ce terme est à la mode suite au confinement, mais il n'est pas nouveau. Selon Wikipedia :  « Promu dès les années 1970 (via le téléphone et surtout le fax), dont en France par les pouvoirs publics français qui y voyaient un mode d'aménagement du territoire, c'est en 1972 que le terme « telework » apparaît pour la première fois dans un article du Washington Post signé par le journaliste Jack Schiff et, à la même époque, Jack Nilles, considéré comme le père du télétravail lance ses premiers travaux sur ce qu’il baptisa, en 1975, le « telecommuting ».»

Virginia Woolf, le télétravail et la machine à café
Revue des Deux Mondes, 18.05.2020

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Contact tracing

Le traçage ou la recherche de contacts (contact tracing) est l’utilisation de moyens pour retrouver des personnes qui ont eu des contacts avec une personne infectée par une maladie contagieuse, afin de surveiller leur état de santé et souvent, de les mettre en isolement. La recherche de contacts vise à limiter la transmission d’une maladie contagieuse.

En médecine, un contact est une personne ayant été exposée à une personne infectée. Ces contacts font l’objet d’une recherche, ou traçage, afin de surveiller leur état de santé durant une certaine période.

Même si la recherche de contacts est un moyen éprouvé dans la mitigation des maladies infectieuses, ce terme, qui a aussi comme synonyme enquête sanitaire, est devenu plus courant durant la pandémie de la COVID-19 de 2020. Puisque le virus qui cause la COVID-19 est très contagieux, la recherche de contacts a été l’un des moyens employés (tout comme la distanciation sociale ou la distanciation physique) afin de réduire ou d’arrêter la propagation de la COVID-19.

Source : Dictionary.com – traduction Isabelle Pouliot

debtphobia

(en français "phobie de l'endettement", "dettophobie"?)

New York Times – le 5 mai 2020 :

« Pour la première fois en 169 ans d’existence, le mot "debtphobia"  a été publié dans notre édition d’hier ».

 

La pandémie favorise les « coups d’état du coronavirus » ["Coronavirus coups"]

[L'article complet :‘Coronavirus coup’? As outbreak grows, authoritarians around the world seize the moment]

Los Angeles Times, 1er avril 2020
Traduction : Jean-Paul 
Deshayes

Invoquant la nécessité d’enrayer la pandémie, certains gouvernants autoritaires sont en train d’accroître leur pouvoir sans rencontrer de véritable résistance.

Pour lutter contre la propagation du coronavirus, les démocraties ont recours à des mesures comme l’état d’urgence, l’instauration soudaine du confinement et une surveillance accrue des citoyens. Or, les autocrates actuels tirent profit de ces mesures : selon les analystes, la crise sanitaire qui sévit à l’échelle mondiale sert de prétexte à certaines prises de pouvoir audacieuses.

Des observateurs inquiets ont désigné ce phénomène par l’appellation caustique de « coups d’État du coronavirus. »

Covid-19 en Asie : quand les États autoritaires instrumentalisent la lutte contre la pandémie

Lecture supplementaire

Un coup d'état aux États-Unis ? Des réflexions linguistiques

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Infodémie (Wikipedia)

Des campagnes de désinformation sur la pandémie de Covid-19 font suite au déclenchement de l’épidémie de coronavirus en 2019 (Covid-19).

De nombreuses théories du complot, infox et cas de désinformation ont éclos sur internet à propos de l'origine de cette maladie, son étendue, sa prévention, son traitement, ainsi que divers autres aspects.

Les fake news et la désinformation ont été diffusées par les réseaux sociaux, les messageries, et par des médias officiels russes et chinois. Certaines fausses informations et désinformations qui ont été diffusées ont affirmé que le virus était une arme biologique pour laquelle il y aurait un vaccin breveté, ou encore un programme de contrôle de la population ou le résultat d'une opération d’espionnage.

D'autres désinformations concernant l'utilisation de médicaments et de traitements. C'est le cas pour la chloroquine, médicament présenté comme une solution possible, mais qui n'a pas fait l'objet de tests aboutis suivant la méthode scientifique. De nombreuses fausses informations sont diffusées concernant l'efficacité, la diffusion et les effets de ce médicament, tant par des personnalités politiques (dont Donald Trump) que médiatiques.

La désinformation médicale sur les moyens de prévention, de traitement et d’autodiagnostic de la maladie du coronavirus a aussi circulé massivement sur les réseaux sociaux. L’organisation mondiale de la santé a parlé d'une infodémie d'informations erronées concernant ce virus, présentant des risques pour la santé mondiale.

de-identification vs. Data masking

Le backtracking s’est accompagné en Corée d’une campagne de dépistage systématique en "contact tracing", c’est-à-dire que les données d’un contaminé étaient traitées localement, mais jamais centralisées. Mise en place de manière précoce, cette double stratégie de dépistage et de traçage a surtout permis d’éviter la mise en place d’un confinement, qui reste une autre forme de restriction des libertés. Reste que les gens malades sont toujours publiquement identifiés en tant que tels, et commencent à s'en plaindre. 

 

Lecture supplémentaire :

How COVID-19 is changing the English languageFast  Company, 25 September, 2020

Oxford’s 2020 Word of the Year? It’s Too Hard to IsolateNew York Times, November 20. 2020

Collins Dictionary's Word of the year perfectly sums up 2020 – Malaysia Mail – December 24, 2020

 

 

​Ying Ying, Le Le, Hong Kong

 
Les Pandas de Hong Kong qui profitent de la pandémie.
 
Une anecdote touchante.
 
 
Ying Ying et Le Le, les deux pandas de l'Ocean Park Zoo ont été plus productifs pendant la pandémie. Après une décennie de chasteté, ils ont profité de la sérénité du zoo fermé pour s'accoupler finalement pour la première fois en mars.

  Pandas  
 
Cette histoire présage-t-elle une pandémie d’amour dans le monde? 

Note étymologique :

(1824) Le terme panda proviendrait soit :
  • du népalais nigalya-ponya, littéralement « animal (pónya) mangeur de bambou (nigálya) », et désignant à l’origine le panda roux (petit panda).
  • du tibétain ཕོ་ཉ, pho nya.
Première attestation :
Frédéric Cuvier, [1] Histoire naturelle des mammifères.

Le même mot en anglais, panda, vient du français.
 

Dans le logiciel, Pandas est une bibliothèque écrite  pour le langage de programmation Python permettant la manipulation et l'analyse des données. Elle  propose en particulier des structures de données et des opérations de manipulation de tableaux numériques et de séries temporelles. Panda est un logiciel libre sous licence BSD. 

Note biologique :

Le régime alimentaire de panda géant est quasi uniquement de bambous – entre 12 et 40 kilos par jour.
(Source : https://www.worldwildlife.org/species/giant-panda)

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[1] Pour cet article sur les Pandas, nous avons choisi cette photo de Frédéric Cuvier en noir et blanc :

)
  Frédéric Cuvier by Ambroise Tardieu.jpg  
 

Jonathan G.