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SEXUS POLITICUS

 (où il est question de « promotion canapé »)

  Danielle-Bertrand

 Une analyse de la plume de Danielle Bertrand,
Gagnières (Gard)

 Cette analyse fait suite à l'article que nous avons publié en julllet dernier, et que vous pouvez relire en cliquant sur ce lien

 

Pour écrire SEXUS POLITICUS, Christophe Deloire et Christophe Dubois ont interviewé quelque deux cents personnes. L'ouvrage a été plus ou moins bien accueilli par les « grands personnages » dont il révèle les frasques. Si Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac se sont montrés beaux joueurs, Nicolas Sarkozy a parlé de « casser la gueule » aux auteurs.

J’avoue avoir porté un intérêt assez limité aux détails des « histoires de fesses » de ceux qui nous gouvernent, assez prompts à échanger leurs conquêtes sans se soucier des clivages entre la droite et la gauche. Je renvoie ceux qui en seraient friands à la lecture de l’ouvrage.

Le palais de l’Élysée a un long passé érotique, du comte d’Évreux à l’actuel locataire, en passant par Murat, Napoléon Bonaparte, Louis-Napoléon et Félix Faure, au point que le général de Gaulle (un de nos rares chefs d’État « vertueux » ou assez malin pour cacher ses turpitudes, sinon à Tante Yvonne, du moins aux journalistes), hésita à s’y installer.

Je me suis plus intéressée aux questions de fond, même si celle qui suit tient de l’histoire de l’œuf et de la poule …

Faut-il une forte dose de testostérone pour arriver au pouvoir suprême? ou le pouvoir est-il l’aphrodisiaque absolu, comme l’affirmait Kissinger ? Notre médecin qui fut ministre, Philippe Douste-Blazy, considère que le pouvoir génère du stress et que le stress est un aphrodisiaque qui pousse à rechercher les contacts physiques et la tendresse… Nos hommes politiques seraient-ils en quête d’amour ? Mais pourquoi le rechercher avec autant d’acharnement en dehors des liens du mariage ?

Je me suis amusée des distinctions que les auteurs ont établies entre trois de nos Présidents.

  • Valéry Giscard d’Estaing serait un nigaud romantique qui se fit souvent berner par ses conquêtes.
  • François Mitterrand serait un voluptueux, un personnage autoritaire se comportant comme un coq dans un poulailler.
  • Quant à Jacques Chirac, ce serait un affamé, sujet à des fringales, se jetant sur les femmes comme sur la tête de veau !

Autre question: faut-il être un chaud-lapin pour réussir en politique? L’échec de Lionel Jospin à la magistrature suprême s’expliquerait-il par sa rigueur, dans ce domaine comme dans d’autres ?

Matignon emboite joyeusement le pas à l’Élysée et nos premiers ministres n’hésitent pas à utiliser leur pouvoir pour séduire. L’épidémie se répand d’ailleurs dans toute la classe politique, même aux niveaux les plus modestes.

Mais, me direz vous, et les femmes dans tout cela ? Il semble que ceux qui détiennent ne serait-ce qu’une infime parcelle de pouvoir les attirent, aussi dénués de charme naturel puissent-ils être, et même s’ils les méprisent et les malmènent.

Elles tirent souvent avantage de leurs « relations » : postes pour lesquels leur compétence ne les désignait guère (on parle alors de « promotion canapé » ou « promotion culotte »), avantages fiscaux, appartements de fonction, etc.

Et les épouses de nos héros ? Elles savent, elles acceptent, mais veillent au grain, trouvent une compensation en collaborant avec leur époux pour profiter des retombées qu’entraîne le rôle de ce dernier, attendent parfois leur heure pour prendre leur revanche, quand leur époux est affaibli par l’âge ou la maladie (devinez !) ou donnent un sens à leur vie en ayant leur propre activité politique (l’exemple de Danielle Mitterrand correspond assez bien à ce cas de figure).

J’aborde maintenant un thème traité par les auteurs, qui me semble plus sordide. Celui de l’utilisation des « histoires » par les Renseignements généraux qui disposent d’une caisse noire pour rétribuer des « indics » (tenancières de bordels comme Madame Claude, ou prostituées) et même pour payer des prostituées pour « tenter » ceux que l’on veut atteindre. Il peut s’agir de rivaux politiques qu’on veut éliminer ou de diplomates étrangers sur lesquels on veut faire pression.

Cela peut aller jusqu’à la véritable manipulation, en utilisant les médias ou maintenant les réseaux sociaux pour « monter » des scénarios sans rapport avec la réalité. Les objectifs sont les mêmes que ceux cités plus haut, mais il peut s’agir aussi de se faire un peu d’argent.

J’ai retenu quelques exemples : Lionel Jospin accusé de relations coupables avec tantôt Isabelle Huppert, tantôt Nathalie Baye (ce serait un coup des fabiusiens car, au sein d’un même parti, tous les coups bas sont permis !), Édouard Balladur accusé d ‘avoir séduit son chef de cabinet, Daniel Vaillant accusé de « tabasser » son épouse , ou Jacques Chirac auquel on attribua un fils sumo, engendré au cours d’un de ses nombreux voyages au Japon, et joliment baptisé Mazarin !

 

Le lecteur sera-t-il légèrement écœuré de toutes ces turpitudes? Les Français semblent ne pas l’être. Peut-être même en sont-ils fiers, comme si ces preuves évidentes de virilité garantissaient un exercice du pouvoir sans faiblesse !

Certains sondages laissaient même penser que malgré ses exploits présumés au Sofitel, DSK, s’il s’était présenté aux primaires socialistes, aurait recueilli un nombre non négligeable de voix. Mais, les instances socialistes ont jugé que toutes les casseroles qu’il traînait faisaient oublier ses compétences.

Je me permets de conclure par un avis personnel. Ces messieurs (car il s’agit surtout d’eux, les femmes politiques étant plus discrètes, sinon plus vertueuses, et surtout moins présentes dans les hautes sphères du pouvoir) peuvent faire de leur corps toutes les folies qu’ils veulent tant que cela n’a pas d’incidence sur l’exercice de leurs fonctions.

Je n’ai pas besoin d’hommes politiques irréprochables dans leur vie privée s’ils sont compétents et prennent de bonnes décisions dans l’intérêt général, mais qu’ils ne mélangent pas les genres et ne s’attendent pas à ce que j’admire leurs exploits.

 

Danielle Bertrand

 

Note historico-linguistique

En anglais, cuckold, est un terme désobligeant pour désigner le mari d'une épouse infidèle. Le mot, dont l'usage est attesté depuis le XIIIe siècle, dérive de cuckoo [coucou, volatile « dont la femelle pond ses œufs dans des nids étrangers », pour reprendre la définition du Petit Robert] auquel on a ajouté le suffixe péjoratif -old. La première utilisation date de 1250, sous la plume de Jesse Conklin. Le féminin de cuckhold, cuckquean (cocue), fait son apparition dans la littérature anglaise en 1562, par adjonction d'un suffixe féminin au substantif cuck. Quant à to cuckold, le français offre deux solutions: tromper et cocufier; Edmond Rostand y a ajouté ridicoculiser qui n'a pas fait souche !

Dans la terminologie contemporaine, le terme cuckold en est venu à désigner également le voyeur ou l'échangiste qui tire plaisir de l'observation de sa partenaire au cours d'ébats auxquels il consent le plus souvent.

À l'acte II, scène 7, de Cyrano de Bergerac, lorsque les cadets sont présentés au comte de Guiche, Edmond Rostand joue fort joliment avec l'étymologie du mot cocu :

 

Que le vieil époux se renfrogne:

Sonnez, clairons! Chantez, coucous!

Voici les cadets de Gascogne

Qui font cocus tous les jaloux.

 

Par un beau parallélisme, les cuckolds anglais “are wearing horns” et les cocus français « portent des cornes » (d'où l'adjectif et le substantif cornard, que l'on retrouve en italien: cornuto, et en espagnol: cornudo), allusion au fait que le mari trompé est souvent le dernier à apprendre l'infidélité de sa femme. Autrement dit, il porte des cornes qu'il est le seul à ne pas voir !

L'attribut cornu est ancien. Bien avant que Georges Brassens ne chante Cornes d'auroch, Molière, dans L'école des femmes, avait mis en scène un personnage qui se moque des cocus et le devient à la fin de la pièce. On raconte aussi que, rentrant au pays, le marquis de Montespan (qui avait fort mal accepté la liaison de son épouse avec le Roi-Soleil) fit ouvrir toutes grandes les portes de son château, en disant à ses gens qu'avec les cornes qu'il avait désormais au front, cette précaution s'imposait !

Personnage malheureux, le cocu (un peu comme le sourd) déclenche l'hilarité alors qu'il devrait plutôt inspirer la pitié. Sujet d'innombrables comédies (dont Le Cocu magnifique, de Fernand Crommelynck), le cocu appartient pourtant à une espèce menacée. À terme, la vogue des « amours plurielles » risque de le faire disparaître. Gageons cependant que cette disparition prendra encore du temps puisque, selon les spécialistes, 2% seulement des Français se déclarent « polyamoureux » !

 

  Cocu_imagedepinalVers 1815. Image d'Épinal raillant le cocuage, sur laquelle cocus et cocues portent des cornes !

 

EgliseMadeleine« Tu ne commettras point d’adultère », un des reliefs de bronze de l'église de la Madeleine, à Paris.

L'innocence du mari trompé, un thème éternel

Cocu_Match1939– C'est sûrement une erreur, jeune homme. 
Il n'y a personne de ce nom ici, sauf ma femme.
Extrait de l'hebdomadaire Match, 31 août 1939, p.43.

 

Jean Leclercq

 

Traduire Stephen Clarke, commentaire de Thierry Cruvellier

 

Thierry Cruvellier  
Thierry Cruvellier is the author of Court of Remorse-Inside the International Criminal Tribunal for Rwanda (Wisconsin University Press, 2010 – French version: Le tribunal des vaincus – Un Nuremberg pour le Rwanda, Calmann-Lévy, 2006). His new book, Le maître des aveux (The Master of Confessions) is about the trial of a former Khmer Rouge commander and was published by Gallimard on September 21, 2011.

Thierry kindly agreed to contribute the following passage to www.Le-mot-juste-en-anglais.com  

Je me trouve au milieu de la traduction du dernier outrage de Stephen Clarke, 1000 Years of Annoying the French, et comme si l’auteur ne me causait déjà pas assez de soucis ainsi qu’à mon peuple, voici que sa popularité m’oblige à répondre favorablement à la demande de Jonathan Goldberg de parler, encore et toujours, des écrits de Mr Clarke.

Au préalable, je dois avouer être très jaloux de lui. Tandis qu’il vend des millions de livres en raillant mes compatriotes, je m’applique à en écrire de bien meilleurs, sans aucune récompense comparable (financière s’entend). J’ai néanmoins trouvé une source de consolation face à cet ingrat état des choses : je trouve réjouissant de traduire les siens quand je pense à l’Anglo-Saxonne qui, sous des millions de cadavres, doit retranscrire les miens. (Je soupçonne d’ailleurs Stephen Clarke de vouloir empiéter sur mes plates-bandes dans son dernier livre, étant donné le nombre de génocides et crimes de masse dont il nous fait le récit. Me jalouserait-il secrètement, lui aussi ?)

Voici donc, pour le bénéfice exclusif des lecteurs de ce blog, quelques récentes aventures de traduction que j’ai pu vivre grâce à ce dangereux auteur anglais.

L’un des plaisirs que l’on peut rencontrer en traduisant un livre dont le ton est celui de l’humour réside dans les moments où, au détour d’une phrase, surgit une drôlerie qui n’apparaissait que partiellement, voire pas du tout, dans la version anglaise.

Par exemple, ceci :

« Wine stocks were clearly not being listed by the Domesday surveyors, who seem to have been accepting liquid bribes to leave them out of the listings. »

En traduisant de la manière suivante, le jeu de mots sur le produit en cause – le vin – peut s’en trouver multiplié :

« Les réserves de vin furent clairement omises par les enquêteurs du Jugement Dernier, qui semblent avoir accepté des pots-de-vin en liquide contre un retrait de la liste. »

Autre exemple :

« On the evening of 7 February 1587, the 44-year-old Mary was visited at Fotheringhay and told by the Earls of Kent and Shrewsbury that she was to be executed next morning…. Mary replied with piercing French logic : … »

Rappelons que Mary, reine des Ecossais, aura la tête tranchée à coups de hache. Cela nous permet d’écrire :

« Le soir du 7 février 1587, à l’âge de 44 ans, Marie reçut la visite des comtes de Kent et Shrewsbury qui lui annoncèrent qu’elle devait être exécutée le lendemain matin. (…) Marie répliqua avec la logique tranchante des Français : (…) »

Ou encore cette phrase, dont la traduction peut aboutir à une étrange formulation :

« (…) he was therefore mightily upset about Becket’s murder. »

En français :

« Le meurtre de Becket l’avait donc profondément blessé. »

Si nous traduisions un livre au ton plus grave, il serait délicat de laisser cette phrase ainsi, au risque de la rendre indûment triviale. Le plaisir ici, est justement la possibilité de laisser cette traduction paradoxale en songeant honnêtement que, en français, l’auteur l’aurait reprise.

Autre exemple, où un mot français permet soudain de se réapproprier le mot d’esprit :

« (…) the King was trying to explain that although Mathilde was his only legitimate heir to the throne of England, she could not inherit the titles because she was an heiress, and at that time the essential qualification to become an English ruler was to possess a penis. »

Traduction pendante :

«  (…) le Roi essayait d’expliquer que, bien que Mathilde fut la seule héritière légitime au trône d’Angleterre, le titre ne pouvait lui échoir car elle était une héritière et que, à l’époque, l’attribut essentiel pour devenir un souverain anglais était, précisément, d’en avoir. »

Ou encore :

« French summer fruits were clearly too exotic for the meat-and-turnip Englishmen, and they started to die, suffering what one contemporary picturesquely called ‘a bloody flux’, probably dysentery. »

Proposition transitoire :

« En France, les fruits d’été étaient manifestement trop exotiques pour des Anglais mangeurs de viande et de navets. Ils succombèrent à ce qu’un contemporain appela joliment « une emmerdante évacuation », probablement la dysenterie. »

La difficulté, bien sûr, est souvent de chercher jusqu’où ne pas aller trop loin. Steve possède un humour propre. Il s’autorise la gaudriole ou le calembour un peu appuyé mais avec une stricte parcimonie.

Voici un exemple, où la proposition de traduction pourrait éventuellement être jugée trop lourde par rapport au ton de Steve :

« Robert, whose nickname was « Curthose » (« Short trousers »), because of his stumpy legs,was as hotheaded as Flambard, and had spent much of his adult life warring against his father William the Conqueror. »

En français (suggestion) :

« Robert, surnommé « Curthose » (« Pantacourt ») à cause de ses jambes courtaudes, était aussi flambé que Flambard et avait passé la plus grande partie de sa vie d’adulte à guerroyer contre son père, Guillaume le Conquérant. »

Autre exemple délicat. La situation est la suivante : le roi Edouard II a subi un terrible supplice où un morceau de métal en feu lui a été glissé dans le derrière par le biais d’un tube précédemment inséré dans son rectum. L’auteur conclut :

« All in all, Edward II’s horrific death could be seen as a symbol of England getting its recent past shoved up its rear end. »

La tentation peut être grande mais peut-on oser la version suivante ?

« En définitive, la mort épouvantable d’Edouard II peut être vue comme le symbole d’une Angleterre en train de se faire mettre. »

Il y a  aussi les moments d’impasse, dont il faudra bien trouver l’issue. J’invite donc les lecteurs de ce blog à déployer leur génie sur les deux premières phrases de l’extrait suivant :

« By the age of fifteen, Mary was every inch the ravishing French princess. And there were a lot of inches. She was very nearly six feet tall, with the slender neck that she had inherited from her mother, and fashionably pale skin despite her love of outdoor pursuits like hunting. »

Et les moments rares où je peux, sans déroger à la déontologie, venger discrètement mes congénères de tous ces affronts anglais et prolonger, au sein même de la version française de l’excellent livre de mon ennemi éternel, mais à ses dépens cette fois-ci, une guerre que nous avons fait le serment de ne jamais éteindre (sinon, à quoi donc s’occuperait Mr Clarke ?). Voici. Le contexte est la terrible déportation des Acadiens. L’auteur écrit :

« A few dozen were taken to the Falklands, but were quickly shipped out again when France gave the islands to Spain. »

Devinez-vous le plaisir qu’il y a à traduire Falklands par Malouines ?

Enfin, il n’y a pas que de l’humour chez un écrivain humoriste et il faut parfois se confronter à la belle souplesse de la langue anglaise. Comme ici, toujours à propos de Mary, reine trop française des Ecossais :

« In desperation, Mary also wrote (in French) to Queen Elizabeth of England, pleading for assistance. But on the very day she penned her cry for help, cousin Liz was admiring some of Mary’s jewels that had been sold to her by Moray. »

« She penned her cry. » Beau et émouvant, non ?

(Proposition de traduction : « En désespoir de cause, Marie écrivit aussi (en français) à la reine Elizabeth d’Angleterre. Mais le jour même où, pour solliciter son aide, elle plongea sa plume dans ses larmes, la cousine Liz était en train d’admirer certains des bijoux de Marie que Moray lui avait vendus. »)

 

Thierry Cruvellier

14 Juillet 2011 (date parfaitement involontaire)

Chanson de la semaine – Sous le ciel de Paris

 

Under Paris Skies

 

Clips Vidéos

 

  AndyWilliams  EdithPiaf
Andy Williams                        Edith Piaf

 

 

YvesMontand  ParisMusette
Yves Montand                     101 Strings,Melachrino Strings &
© Riton  Mantovani             The Paris Musette Orchestras

 

 

Paroles

 

français

anglais

Sous le ciel de Paris
S’envole une chanson hum hum
Elle est née d’aujourd’hui
Dans le cœur d’un garçon
Sous le ciel de Paris
Marchent des amoureux hum hum
Leur bonheur se construit
Sur un air fait pour eux
Sous le pont de Bercy
Un philosophe assis
Deux musiciens
Quelques badauds
Puis les gens par milliers
Sous le ciel de Paris
Jusqu’au soir vont chanter hum hum
L’hymne d’un peuple épris
De sa vieille cité
Près de Notre Dame
Parfois couve un drame
Oui mais a Paname
Tout peut s’arranger
Quelques rayons
Du ciel d’été
L’accordéon d’un marinier
L’espoir fleurit
Au ciel de Paris
Sous le ciel de Paris
Coule un fleuve joyeux hum hum
Il endort dans la nuit
Les clochards et les gueux
Sous le ciel de Paris
Les oiseaux du Bon Dieu hum hum
Viennent du monde entier
Pour bavarder entre eux
Et le ciel de Paris
A son secret pour lui
Depuis vingt siècles
Il est épris
De notre île Saint Louis
Quand elle lui sourit
Il met son habit bleu hum hum
Quand il pleut sur Paris
C’est qu’il est malheureux
Quand il est trop jaloux
De ses millions d’amants hum hum
Il fait gronder sur nous
Son tonnerre éclatant
Mais le ciel de Paris
N’est pas longtemps cruel hum hum
Pour se faire pardonner
Il offre un arc en ciel

Stranger beware,

 there’s love in the air under Paris skies
Try to be smart and don’t let your heart

 catch on fire
Love becomes king the moment it’s Spring

under Paris skies
Lonely hearts meet somewhere on the street of desire.

Parisian love can bloom high in a skylight room
Or in a gay café where hundreds of people can see.

I wasn’t smart and I lost my heart

under Paris skies
Don’t ever be a heartbroken stranger like me.

Oh, I fell in love
Yes, I was a fool
For Paris can be so beautifully cruel.
Paris is just a gay coquette

who wants to love and then forget
Stranger beware, there’s love in the air.

Just look and see what happened to me

under Paris skies
Watch what you do,

the same thing can happen to you.

Ooh, I fell in love
Mmm, I was a fool
Yes, Paris can be so beautifully cruel
Paris can be a gay coquette

who wants to love and then forget
Stranger beware, there’s love in the air

<scat>

I wasn’t smart and I lost my heart

under Paris skies
Watch what you do,

 the same thing can happen to you
Watch what you do,

 the same thing can happen to you
Watch what you do,

the same thing can happen to you

 

 

 

 

 

 

 

Stephen Clarke, l’humour pour décrypter l’esprit français (II)

Stephen Clarke est l'auteur  de « In the Merde for Love » ainsi que de nombreux autres ouvrages, qui ont en commun une perception très spéciale des francais, de leur langue et de leur mode de vie.

Nous avons précedemment publié la première partie de cette serie, que vous pouvez lire en cliquant sur le lien suivant : Stephen Clarke, l'humour pour décrypter l'esprit français, première partie

Stephen Clarke a très gentiment accepté d’écrire un article exclusif pour les lecteurs de ce blog, que nous reproduisons ici. Cet article sera prochainement suivi d'un billet de la part de Thierry Cruvellier, traducteur attitré de Stephen Clarke, la troisième et dernière partie de cette série.

 

 

Stephen ClarkeStephen Clarke - www.stephenclarkewriter.com

 

My advice to my translator, in whatever language, is: you don’t have to try to translate jokes literally – sometimes (often, in fact) they don’t work. You have to think of an equivalent. For example, in “A Year in the Merde”, there was a joke where one of Paul’s colleagues said he’d worked in America, “in high tea”. Paul has no idea what he’s talking about, but nods approvingly, thinking at least it has something to do with tea. It turns out the colleague meant “IT” – computing. This didn’t work at all in French, so I suggested to the translator that the colleague say “Haiti”, and Paul thinks, why is he talking to me about the Caribbean?

The same goes for cultural references. You have to remember who’s reading the book. An example – in “Merde Actually” there’s a chapter entitled “Maybe it’s because I’m not a Londoner”. This is a reference to a song title “Maybe it’s because I’m a Londoner”. I added the “not” because in this chapter Paul feels lost in London. The translator didn’t know what to do, so I suggested “Ils sont fous, ces londoniens”, a reference to a favourite saying in Asterix: “ils sont fous, ces Anglais”. It’s an equivalent pun that works on a cultural level even though literally it is unrecognizable.

Similarly, some of the dialogue was hard to do. In the English version of the books, the French speak English very phonetically – “Ah yem vairy eppy to work wiz you”. An English reader can understand this. But the French would have had difficulties, so I suggested changing the strategy, using  correct English words, but bad grammar that the French would notice – “I very happy work with you”. Luckily for me, the French find this pidgin English hilarious.  It was the same for Paul’s French. In the English books we can tell he’s speaking bad French because he says things like “I am punctured” or “I happy yesterday”. So in French, it was simple – he had to make mistakes typical of those made by English-speakers.

In the past, I've sometimes been a bit pushy with translators, but only to try and get them to feel freer. I think sometimes translators don’t dare take the risk of straying totally from a literal translation, and thereby annoying the author (if he or she can speak the language) or somehow "betraying" the text. On the contrary, I say, the translation has to be a funny book in its own right, the text has to live, the narrator has to talk to you freely and easily. You don’t change the plot or the characters, of course, but on a linguistic level you can take liberties and have some fun.

 

Carine Chichereau : traductrice du mois de novembre

Carine Chichereau –

traductrice de Henry Miller, Henry James

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« C’est mon goût pour l’écriture qui m’a amenée à la traduction. »

  propos recueillis par Brigitte Aubonnet –    

  https://www.encres-vagabondes.com/

 

 

 

Comment êtes-vous venue à la traduction ?

    Je suis venue à la traduction tout à fait par hasard, à une époque où je me destinais au journalisme. Je devais faire un stage dans la presse spécialisée, et j’ai eu la chance d’être prise à la prestigieuse revue Europe. Je suivais alors en parallèle des études d’anglais et l’on m’a demandé de traduire des textes sur Beckett, qui ont par la suite été publiés dans Europe. J’aimais avant tout écrire, et cette activité m’a beaucoup plu. Lorsque j’ai compris que le journalisme n’était pas pour moi, je me suis naturellement tournée vers la traduction. Oui, je pense en fait que c’est mon goût pour l’écriture qui m’a amenée à la traduction.

 

Quand vous parlez d'écriture est-ce de votre écriture personnelle ?

Oui, tout à fait. J'écris depuis l'enfance, et dès le collège j'ai formé l'espoir d'en faire mon métier. J'ai compris ensuite que mes romans ne suffiraient pas à me faire vivre, alors j'ai envisagé d'être journaliste – cela me paraissait être le seul métier d'écriture possible. Bien sûr, c'était une sorte de rêve de jeunesse, je me voyais déjà grand reporter pour Le Monde ! Mais ce qui m'intéressait avant tout c'était l'écriture au sens littéraire, voilà pourquoi j'ai finalement choisi la traduction quand j'ai découvert cette profession. En effet, quand on traduit, on écrit en permanence. C'est un peu comme les musiciens qui jouent des partitions de Mozart, Bach ou Berg. Ils y prennent du plaisir, et à côté, parfois, ils composent. L'avantage de la traduction, c'est qu'on écrit justement en suivant une partition. Traduire, c'est apprendre à écrire. Et inversement, il est nécessaire de savoir écrire pour bien traduire. Voilà pourquoi nous sommes administrativement rangés dans la catégorie des auteurs.

 

Quelle a été votre première traduction ?

Ma première traduction d’un livre complet pour l’édition a été L’Atlas de la Grèce Antique, pour Autrement. Cela me convenait parfaitement car j’avais fait des études assez classiques, et que le sujet me passionnait. C’était très mal payé, il y avait beaucoup de travaux de recherches, mais c’était vraiment intéressant.

 

Vous avez traduit des inédits d’Henry James. Comment cela s’est-il passé ?

La rencontre des textes de James s’est faite tout à fait par hasard, un jour où je flânais à l’American Library in Paris. J’étais au rayon des récits de voyage, et je tombe sur deux recueils de James comportant des textes sur la France, l’Italie, les Etats-Unis et l’Angleterre. Je n’en avais jamais entendu parler. J’ai essayé de savoir s’ils avaient été traduits : deux textes sur l’Angleterre et un sur les Etats-Unis étaient inédits en français. J’ai immédiatement songé qu’il fallait faire quelque chose, et j’ai cherché un éditeur. Elizabeth Boyer, des éditions Farrago, s’est montrée très intéressée.

 

Vous traduisez des auteurs que l’éditeur vous propose et d’autres que vous proposez à l’éditeur. Comment se différencient les deux démarches ?

Je suis toujours à l’affût des inédits. J’adore m’occuper d’un livre du début jusqu’à la fin : le choisir, puis essayer de le placer chez un éditeur, le traduire, écrire la préface. C’est un peu comme faire un bébé ! C’est votre projet à vous, on se sent beaucoup plus impliquée. Quand je traduis sur commande, même si j’éprouve toujours un certain goût pour ce que je fais (je refuse les livres qui ne m’intéressent pas), je ne suis pas forcément enthousiasmée par le texte. Quand je suis à l’origine du projet, que je me suis battue parfois pendant des années pour le faire aboutir, c’est que j’y crois vraiment, qu’il me transporte, dès lors le plaisir est décuplé. Et puis il y a cet espèce de sentiment de filiation… c’est très étrange.

 

Lisez-vous les autres livres de l’auteur quand vous avez un texte à traduire ?

Cela dépend du type d’ouvrage. S’il s’agit d’un vrai texte littéraire, oui. Je cherche à m’imprégner du style de l’auteur, à capter ses influences, ses « tics » d’écriture, à intégrer son rythme, à cerner les thèmes qui lui sont chers. L’idéal, bien sûr, est de suivre un auteur d’un livre à l’autre. Cela ne m’est pas encore arrivé, tout au moins pour les auteurs vivants, mais j’espère que ce sera pour bientôt. C’est d’autant plus enrichissant quand on noue une relation personnelle avec un auteur.

 

Comment approchez-vous le texte à traduire, globalement d’abord, en lisant entièrement le texte, ou au fur et à mesure ?

Je lis toujours un texte intégralement avant de le traduire. Plus il est difficile, plus je le relis, pour bien comprendre toutes ses dimensions, les différents niveaux de lecture possibles, et surtout les substrats qui ne sont pas forcément visibles lors d’une première lecture.

 

Comment intégrez-vous la musicalité des mots pour la redonner dans votre traduction ?

C’est à la fois difficile et passionnant. J’ai récemment traduit un roman irlandais que j’adore, Deux garçons, la mer, de Jamie O’Neill, où il y a profusion de jeux sur les sonorités. Dans ce livre le sens et l’histoire sont très importants, mais la poétique l’est tout autant. Parfois, il m’est arrivé pour mieux servir cette musicalité de faire une légère entorse au sens. Dans des descriptions, par exemple. Dans ce cas, j’essaie de trouver les mots français qui créeront l’effet équivalent. Parfois, quand cela me paraît trop difficile, pour ne pas alourdir la phrase en français, je « décale » un effet stylistique. Je le fais porter sur les mots suivants, la phrase suivante. Car il n’est bien sûr pas question de décalquer.

 

Comment se passe la réécriture du texte ?

Je travaille grosso modo en une seule fois. Je lis d’abord le texte pour parfaitement le comprendre, puis je me lance, comme une pianiste devant sa partition. C’est une tâche qui demande une grande concentration. Les phrases me viennent plus ou moins naturellement. Je décline ma phrase en français jusqu’à ce que je trouve la variante la plus proche, la plus fidèle et la plus intéressante. Ensuite, je relis, je relis, je relis… Jusqu’à ce que rien n’entrave plus ma lecture. Le texte prend alors sa cohérence propre en français.

 

Comment allie-t-on fidélité au texte et distance pour recréer un texte cohérent ?

C’est l’éternel problème : concilier littéralité et littérarité. Etre fidèle à la fois à la lettre et à l’esprit. Bien traduire les mots, tout en respectant l’économie de l’ensemble. C’est la principale différence entre la traduction et la version ! Concrètement, quand on aborde un nouvel auteur, au début, on a tendance à coller à l’original. Puis, plus on se familiarise, plus on s’imprègne du style de l’auteur, plus on est capable de prendre de la distance, sans bien sûr trahir son écriture. Je pense que c’est comme le travail d’un comédien qui essaie d’entrer dans son personnage. Au début, on tâtonne, on cherche, on en fait trop ou pas assez, et puis arrive un moment où l’on sent que ça y est, on est à l’aise, on a trouvé ses marques, en quelque sorte. C’est une sorte d’effet de mimétisme.

Quels auteurs avez-vous traduits ? 

Parmi les classiques, j’ai eu la chance de travailler bien sûr sur James, mais aussi Dickens et Henry Miller, qui est l’un de mes écrivains favoris. A chaque fois, ce furent des projets que j’ai menés à bien. Ainsi pour Miller, la tâche s’est révélée assez facile : je connaissais bien sa façon d’écrire à force de le lire, et j’ai retrouvé quantité de correspondances avec d’autres textes. James en revanche s’est avéré une gageure, et j’ai proposé à une collègue et amie, France Camus-Pichon, qui connaissait intimement l’œuvre de James, de travailler avec moi. Ainsi avons-nous travaillé en nous relisant l’une l’autre, chacune voyant chez l’autre les points faibles, ce qui nous a permis non seulement de surmonter les difficultés, mais aussi d’enrichir nos textes respectifs. Ce fut une expérience très féconde, car il est rare dans notre profession d’avoir un véritable « retour » qui puisse nous permettre d’avancer, de progresser. 

Pour les contemporains, rencontrez-vous les auteurs ?

Quand je le peux, oui. Grâce à une amie j’ai par exemple rencontré Jamie O’Neill, cité plus haut. Je suis allée le débusquer au fin fond du Connemara, et nous avons passé une journée à discuter de quantité de choses. Il m’a par la suite proposé de venir travailler avec lui, ce que je n’ai malheureusement pas pu faire. Toutefois, je pense que cette rencontre a permis une communication plus riche par la suite, car je lui ai posé des centaines de questions sur les traditions irlandaises et les mots qu’il employait. 

Est-ce nécessaire ? Est-ce une aide ?

Je ne pense pas que cela soit nécessaire, mais c’est une véritable chance ! J’ai beaucoup regretté de ne pas avoir pu rencontrer lors de son passage à Paris Dennis Cooper, un auteur américain que j’ai traduit il y a quelques années. A l’inverse, j’ai fait la connaissance l’an dernier d’un auteur, Nassim Taleb, qui se situe curieusement aux confluents de la philosophie, du trading et de la recherche en sciences des probabilités, autant de domaines que je ne connaissais pas du tout. Il m’a ainsi expliqué beaucoup de choses sur son domaine qui ont facilité mon travail, et nos entretiens ont été intellectuellement très riches. Il m’a parlé de ses autres projets de livres, et j’espère pouvoir à nouveau travailler avec lui. 

Gardez-vous des contacts après la traduction ?

Pour l’instant, cela ne s’est pas produit. Mais je pense que j’aurai peut-être la possibilité de revoir Nassim Taleb, qui vient souvent à Paris, car nous avons fait du bon travail et ses projets m’intéressent.

Accident et hazard – deux quasi-faux amis

 

Dans un article paru récemment, nous avons cité une phrase extraite d'une lettre adressée au quotidien britannique The Times:

 

“It can be no accident that three words the Greeks have given to every European language are crisis, chaos and catastrophe.”

  

Nous l'avions traduite ainsi:

 

« Le fait que les Grecs nous aient transmis ces trois mots "crise", "chaos" et "catastrophe " ne peut pas être un hasard ».

 

En anglais, le mot   accident   a  souvent  le  même  sens que le mot français    « accident ».  Dans les deux langues, on peut l'utiliser dans le sens d'une circonstance inattendue et fortuite et, singulièrement, par extension, d'une collision. En anglais et en français, le mot dérive du latin accidentem, participe passé d'accidere, signifiant se produire, survenir, etc.

 

Mais, souvent, en anglais, « accident » sert à désigner un événement fortuit que le  français appellerait hasard.      

 

En anglais, le substantif hazard, l'adjectif hazardous et le verbe to hazard, sont issus du vieux ou du moyen français, mais ils en sont venus à avoir des significations différentes.  

 

Selon l'Etymoline, the Online Etymology Dictionary:

 

hazard (verb) 

"put something at stake in a game of chance," 1520s, from Middle French  hasarder "to play at gambling" (15c.), from hasard (see hazard (n.)). Related: Hazardedhazarding.

hazardous 

1580s, "venturesome;" 1610s, "perilous," from hazard (n.) + -ous or from Middle French  hasardeux (16c.).

hazard (noun) 

c.1300, from Old  French   hasardhasart (12c.) "game of chance played with dice," possibly from Spanish azar "an unfortunate card or throw at dice." …The -d was added in French in confusion with the native suffix -ard. Sense evolved in French to "chances in gambling," then "chances in life." In English, sense of "chance of loss or harm, risk" first recorded 1540s.

 

L'expression idiomatique française « les hasards de la vie » est neutre, en ce sens qu'elle vise  des événements qui peuvent être heureux ou malheureux. Mais, employé dans l'expression « compter sur le hasard », le mot suggère une issue positive. Le dicton « Le hasard fait bien les choses » renforce encore cette acception positive. En revanche, le mot anglais « hazard » suggère presque toujours un danger ou un risque. Shakespeare, en fournit un exemple dans Le Marchand de Venise (acte II, scène 7) où le prince du Maroc déclare:

 

“What says this leaden casket?

'Who chooseth me must give and hazard all he hath.'

Must give — for what? for lead! hazard for lead?

This casket threatens; men that hazard all

Do it in hope of fair advantages.”

 

« Que dit le coffre de plomb ?
Qui me choisira doit donner et risquer tout ce qu'il a.
Doit donner ! Pourquoi ? Pour du plomb ! Risquer pour du plomb ?
Ce coffre présente une menace. On ne hasarde tout que dans l'espoir de grands avantages. » 

(Traduction LibroVeritas.net)

L'expression idiomatique anglaise “to hazard a guess" (hasarder une hypothèse) incite à penser que le locuteur prend le risque de voir son hypothèse se vérifier ou non.

Bien que le Merriam Webster Online Dictionary donne « chance » comme l'une des significations de « hazard », avec comme exemple « chance event », « hazard » n'est guère, sinon jamais, utilisé pour désigner un événement fortuit, dans le sens où l'on  dira en français: au hasard, par hasard, ce n'est pas un hasard si….Nous sommes donc fondés de traduire cette dernière expression en anglais par: « It is not by chance that… » (ce n'est pas un hasard si…)

De même, en revenant à la lettre publiée dans The Times, on peut estimer qu'une autre traduction de It can be no accident... eût été : Ce ne peut être un hasard si crise, chaos et catastrophe sont trois termes que toutes les langues européennes ont empruntés aux Grecs.   Dans ce cas, le mot anglais accident ne pouvait être traduit par le mot français « accident » parce que, comme on l'a vu, dans ce contexte, ce sont de faux amis. 

P.S. « Des difficultés de la langue française » (Larousse) affirme : “Un accident est un événement fortuit, ordinairement fâcheux, à moins qu’il ne soit autrement qualifié….Le sens d’un événement heureux est plus rare : Quelque accident qu’il plaise a la fortune de m’envoyer. Heureux accident (Acad.)"  Nous ne voulons pas engager un débat avec la maison Larousse, dans le cadre de ce court article, mais nous invitons les lecteurs et lectrices à exprimer leur propre avis, qui pourra contredire celui qui est exposé ci-dessus.

 

Cet article est le fruit d’une collaboration entre Jonathan Goldberg et Jean Leclercq.

 

Stephen Clarke, l’humour pour décrypter l’esprit français


“Florence and I were sitting forty kilometres south of Limoges, in Corrèze, almost exactly in the centre of France. If you staked a man out Da Vinci-style on a map of the country, with his right hand in Brittany, his left in Strasbourg, and his feet in Biarritz and Monaco, then Corrèze would be the small patch where he’d wet himself.”

«Nous nous trouvions à une quarantaine de kilomètres au sud de Limoges, Florence et mois. En Corrèze, qui est presque l’épicentre de la France. Si vous étalez un type sur la carte du pays dans la fameuse position de Vinci, avec la main droite sur la Bretagne, la gauche sur Strasbourg et les pieds à Biarritz et Monaco, la Corrèze se trouverait sous le testicule droit.»

Ainsi commence le roman de Stephen Clarke « In the Merde for Love » et sa version française traduite par Bernard Cohen, « God Save les Françaises, a (New) Year in Ze Merde » (2008). La suite contient d’innombrables descriptions et anecdotes hilarantes sur la perception des français, de leur langue et de leur mode de vie par un anglais.

 

In The Merde For Love God Save Les Françaises

 

« Talk to the Snail » a été traduit par Thierry Cruvellier (« Français, je vous Haime », 2010). 

Talk To The Snail Français Je vous Haime

Vivant en France depuis 18 ans, Stephen Clarke, un journaliste anglais, décida d’écrire un « guide de survie » pour ses compatriotes expatriés au pays des grenouilles. Imprimé d’abord à 200 copies, A Year in the Merde (son titre original) fut mis en vente sur le site internet de l’auteur, qui entreprit de livrer personnellement chaque copie aux acheteurs résidant à Paris. La nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre et des milliers d’exemplaires furent vendus avant même qu’un éditeur britannique puisse acquérir les droits de publication.

 

Stephen ClarkeStephen Clarke – www.stephenclarkewriter.com

 

Les versions anglaises de ces livres (ainsi qu’une édition CD de A Year in the Merde) sont devenues des best-sellers en Grande-Bretagne. De leur coté, les éditions françaises gagnent en popularité et permettent aux lecteurs français de partager la façon loufoque dont Stephen Clarke les perçoit.
A Year in the Merde a été traduit en français sous le titre God Save la France. D’autres titres en anglais n’ont pas encore été traduits, tels Merde Actually (rebaptisée par les éditeurs américains In the Merde for Love), Dial M for Merde, Merde Happens et plus récemment 1000 Years of Annoying the French, qui devint rapidement un best-seller du Sunday Times et numéro un du classement humour de Amazon UK. Il est en cours de traduction par Thierry Cruvellier.

Le livre le plus récent de Stephen Clarke (31 mars 2011) est publié par Bantam Press, Paris Revealed: The Secret Life of a City. Il n’a pas encore été traduit en français.

 

1000 Years annoying the French Paris Revealed The Secret Life of a City 
1000 Years annoying the French et Paris Revealed: The Secret Life of a City, publiés en mars 2011

 

Stephen Clarke a très gentiment accepté d’écrire un article exclusif pour les lecteurs de ce blog. Nous publierons son article dans le prochain article de cette série. Thierry Cruvellier, traducteur attitré de Stephen Clarke, a lui aussi accepté d’écrire un article en exclusivité pour Le Mot Juste, que nous publierons en troisième et dernière partie de cette série.

 

Les bons mots de… George Orwell

 

L'Anglais George Orwell a été chroniqueur, critique littéraire et romancier dans les années 1930 et 1940. On lui doit notamment les célèbres œuvres « 1984 » et « La ferme des animaux ».

 

 La Ferme des Animaux1984

La dénonciation de la guerre et du totalitarisme, la défense des droits civiques et le socialisme comptent parmi ses thèmes de prédilection.

 

  Citation sur T-shirt  Sport

 

Orwell1

« La façon la plus rapide de mettre fin à une guerre est de la perdre. »

 

 

 

 

Orwell2

 

 

« Chaque génération se croit plus intelligente que la précédente et plus sage que la suivante. »

Credit: KEVIN NOWLAN – GEORGE ORWELL

 

LaFermedesanimaux

 

«Tous les animaux sont égaux, mais il y a des animaux plus égaux que d'autres. »

 

 

À lire

Dansladeche
Dans la dèche à Paris et à Londres [Poche]

George Orwell (Auteur),
Michel Petris (Traducteur)

Full texts of George Orwell’s « 1984 », « Animal Farm » and « Down and Out in Paris and London ».

Texte intégral de « La ferme des animaux »

 

Sources

Nineteen Eighty Four, Wikipédia

1984, Wikipédia

That Year is Almost Here, TIME & CNN, 28 novembre 1983

 

Vidéos

George Orwell – a video biography, vidéo, youtube.com

1984 – Discovery Civilisation, vidéo, youtube.com

 

Lecture supplémentaire:

The Importance of being Orwell,
Christopher Hitchins
Vanity Fair

 

Les trucs d’anglais qu’on a oublié de vous enseigner (2)

Les trucs d'anglais qu'on a oublié de vous enseigner

 par Grant Hamilton

Maison d'édition:  L’Instant Même,  Québéc,  paru mai 2011


critique de Marie Tran

 

Cette critique est la deuxième d'une série de trois critiques provenant des lecteurs du Mot juste.

 

La Maison d'Édition Québécoise, L'instant mêmenous a transmis une copie numérique du livre de Grant Hamilton récemment publié, « Les trucs d'anglais qu'on a oublié de vous enseigner », afin qu'une critique soit publiée sur Le Mot Juste en anglais. Trois de nos lectrices fideles, Cindy (américaine), Marie et Martine (françaises) ont accepté notre invitation, qui a été publiée sur le blog, d’analyser le livre et elles nous ont fourni leurs analyses, l’une en anglais et les deux autres en français. Vous pouvez lire la critique de Cindy Hazelton (en anglais) en cliquant sur ce lien. Cette semaine, nous publions l'analye de Marie Tran, à laquelle nous voudrions exprimer notre reconnaissance profonde pour avoir bien voulu enrichir le blog. 

 

Mais d’abord, quelques mots sur l’auteur de cette critique, Marie Tran, 45 ans, auteur-journaliste française, écrits par elle-même :

 MarieTran
Marie Tran

Collège et lycée : premières rencontres avec l’anglais et Mrs Smith, professeur aussi surchargée que ses classes qui vont produire des élèves moyens, à savoir pas très bons et surtout tétanisés dès qu’il s’agit d’ouvrir la bouche et de parler anglais en public. Université de Paris IV : l’anglais devient une option et le restera au milieu de mes études de lettres.

Premier emploi, premiers déplacements à l’étranger avec press release et interview in English: vite, vite, il faut s’y remettre, stage de langue financé par mon entreprise, quinze jours à Londres, j’ai 30 ans, je dors dans le lit superposé des enfants (!?) de ma famille d’accueil et suis des cours à la City chaque jour. Echec total de la formation, grosse arnaque, gros découragement. Dix ans plus tard, Cours de la Ville de Paris « en intensif » : excellent professeur, labo de langue, mais niveau si faible qu’il ne remonte que très légèrement. Cours de la Ville de Paris à nouveau, puis cours en formation professionnelle à La Sorbonne… Des profs sympa, des gens sympa, ça remonte, ça remonte mais toujours impossible d’ouvrir la bouche sans être pétrifiée. Méthode Assimil : finalement beaucoup plus utile que ce que l’on pourrait penser, lecture de blogs, de livres, de magazines, écoute de la BBC, de films… ça s’améliore petit à petit avec un objectif à atteindre : parler couramment l’anglais parce qu’on trouve la langue belle et passionnante !

 

Un bon livre, une bonne méthode ! Grant Hamilton, à la manière d’un Woody Allen au pays des traducteurs, a eu l’excellente idée de dresser la liste (non exhaustive mais qui fournit déjà de quoi bien s’occuper) de tout ce que l’on a toujours voulu savoir sur l’anglais sans jamais oser le demander ou, plus exactement, de tous ces « trucs d’anglais qu’on a oublié de nous enseigner » (le titre du livre) et qui, pourtant, sont essentiels.

 

Rédacteur-traducteur de langue anglaise diplômé de l’Université Laval au Canada, professeur d’adaptation publicitaire à la New York University (et encore pas mal d’autres choses dont patron d’une agence de traduction à Québec), Grant Hamilton sait de quoi il parle. Il a pratiqué. Et tous ces « trucs » qu’il nous délivre, on le sent, ont été testés et approuvés par des traducteurs.

 

Résultat, en 220 pages et 65 points drôles et intelligents, Grant Hamilton nous propose une sorte de Reader’s Digest de l’anglais sans peine, passant en revue les « pièges et mystères » qui nous bloquent le plus souvent dans notre apprentissage de la langue anglaise, pauvres francophones que nous sommes, et plus particulièrement pauvres Québécois car c’est à eux que Grant Hamilton s’adresse en premier lieu dans ses exemples. C’est normal, il est de là-bas et son livre est édité par une maison d’édition canadienne (mais du coup, pour un Français, watcher ? ça veut dire quoi exactement ?).

 

Cependant, avant de rentrer dans le vif du sujet, Grant Hamilton nous le confirme, oui la langue anglaise est difficile, complexe, subtile…

Ne serait-ce déjà que parce que l’anglais comporte « plus d’un million de mots, dix fois plus que le français » nous apprend-il. Ce qui dans la pratique, veut dire que l’anglais à quinze mille façons – et niveaux de langue différents, c’est important – pour dire ce que l’on aurait résumé en français en un seul mot.

 

A partir de là, l’auteur nous livre ses astuces pour mieux maîtriser la langue anglaise. Et il nous l’assure : pas de panique, il existe mille façons de s’y retrouver et même de s’en sortir honorablement. D’ailleurs, « notre accent français ne nous nuit pas du tout, bien au contraire ».

En fait, la clef pour bien parler anglais, c’est d’employer les bons mots et au bon endroit… or c’est justement ce que l’on ne nous a pas appris à l’école. Dès lors, grâce à Grant Hamilton, on comprend enfin pourquoi les Anglais mettent plusieurs secondes à comprendre notre « understand », mais réagissent immédiatement à un « figure out » qui leur est beaucoup plus familier. On en veut du coup à nos anciens professeurs d’anglais qui nous ont ainsi induit en erreur et on se promet de réviser nos phrasal verbs, si utiles pour bien se faire comprendre d’un anglophone.

 

Autre leçon que l’on retient : on arrête de traduire (et construire) nos phrases en anglais en pensant en français. Ça ne marche jamais, assure Grant Hamilton : le français est abstrait quand l’anglais est concret. Exemple : impossible de traduire « dépassement » en anglais par un terme équivalent au français, le mot n’existe pas. Il faudra faire preuve de circonvolutions qui, en plus, devront dire quelque chose de précis… Ainsi, si vous faites du sport, vous aurez à « push your limits ». Mais ailleurs, pour vous dépasser, il sera question de faire des « superhuman efforts » ou encore un « outstanding achievement ». Même chose pour « inédit » qui selon le contexte se traduira « new », « never before seen », « unprecedented »… Tous ces exemples – et on imagine facilement que Grant Hamilton pourrait en trouver bien d’autres – on ne les retiendra pas tous, mais on aura compris les règles qui les gouvernent.

 

Reste que dans certains cas, Grant Hamilton le reconnaît : aucune règle ne peut expliquer certaines incohérences de la langue anglaise, comme quand on apprend qu’un même mot peut avoir un sens… et son contraire (« clip » signifie « attacher » mais aussi « détacher ») ou que l’on décrypte ce qui caractérise l’euphémisme british. Locutions, sens cachés des mots, antogonym… parfois cela peut effrayer, mais comme les chapitres sont courts, clairs et bien organisés, l’ensemble du livre reste très digeste. Et si l’on veut aller plus loin, l’auteur a la très bonne idée de nous renvoyer vers des sites Internet qu’il a « validés ». Tandis qu’en cas de doute sur une locution, direction « Google » pour comparer le nombre d’occurrences pour une expression ou une orthographe et retenir celle qui revient le plus souvent. C’est un bon test, assure Grant Hamilton, pour faire son choix.

 

En passant, notre professeur glisse ici et là des petites leçons de civilisation et de culture générale – un « chandelier » en anglais, c’est un lustre -, avec des passages très utiles sur les gallicismes – ces emprunts au français –, l’influence du yiddish sur l’Américain. Ou la place des mots d’origine latine (souvent beaucoup trop savants ce qui fait qu’on leur préfère le fonds anglo-saxon de la langue anglaise).

 

A partir de là, on peut lire le livre de Grant Hamilton de deux manières. Comme un manuel de perfectionnement ou comme un cours d’histoire – sans prétention – de la langue anglaise et de sa construction. Dans tous les cas, on plonge sans retenue dans ce livre qui nous permet vraiment d’améliorer notre niveau.

 

L’Université de Harvard

Harvard University

En 2011, Harvard, située dans la ville de Cambridge, aux Etats-Unis reste la première université du monde selon le classement de l'université Jiao Tong de Shanghai.  L’université  accueille l'élite intellectuelle avec ses 10 facultés qui vont de la médecine à l'art en passant par le droit, les affaires ou encore la santé. Plus ancienne université américaine, elle a été fondée en 1636, Harvard se distingue une nouvelle fois par son enseignement de haut niveau. Elle a formé 44 prix Nobel et 8 présidents des Etats-Unis. Mais si elle truste la première place, l'enseignement y est cher : plus de 25 000 euros l'année sans le logement. Ce qui fait d'Harvard la plus chère et la plus riche des universités, avec un budget de 2,6 milliards d'euros en 2010.

Note sur 100 dans le classement de l'université Jiao Tong de Shanghai : 100

Nombre d'étudiants : 21 000

 

Anciens étudiants, présidents des Etats Unis

 

  Barack Obama  John F. Kennedy
Barak Obama                   John F. Kennedy

 

La photo de classe de Barack Obama lors de ses études de droit à Harvard en 1991. Il sera le premier Afro-américain à présider la prestigieuse revue de droit de l'Université, la "Harvard Law Review", faisant déjà parler de lui dans les médias. (© Photo courtesy of Barack Obama for America)

Kennedy entre à l’université de Harvard en 1936. Parallèlement à ses voyages en Europe, il entreprendra une thèse sur le rôle britannique dans les accords de Munich. Il obtiendra son diplôme en 1940, avec mention.

Sont aussi anciens étudiants de Harvard : John Adams, John Quincy Adams, Rutherford B. Hayes, Theodore Roosevelt, Franklin Delano Roosevelt, George W. Bush

 

Chefs d’état diplômés de Harvard

 

Tsakhiagiin Elbegdorj

Président de Mongolie

TsakhiagiinElbegdorj

Felipe Calderón Hinojosa

Président du Mexique

FelipeCalderon

Jamil Mahuad

Président de l’Equateur

JamilMahuad

Eduardo Rodriguez Veltzé

Président de Bolivie

EduardoRodriguezVeltze

Masako Owada

Princesse héritière du Japon

MasakoOwada

Ban Ki-Moon

 Secrétaire général des Nations unies

BanKi-Moon

Sir Donald Tsang

Chef de l'exécutif  & président Hong Kong

SirDonaldTsang

Juan Manuel Santos

Président de Colombie

JuanManuelSantos

Lee Hsien Loong

Premier Ministre de Singapour

LeeHsienLoong

Annette Lu

Vice Présidente de la République de Chine

AnnetteLu

Sebastian Pinera

Président du Chili

SebastianPinera

Benazir Bhutto

Présidente du Pakistan

BenazirBhutto

Ellen Johnson-Sirleaf

Président du Libéria

Ellen JohnsonSirleaf

Miguel de la Madrid

Président du Mexique

MigueldelaMadrid

 

 

Le glossaire du Mot Juste sur les termes académiques :

 

Academic

universitaire

Bachelor’s degree

la Licence / le Baccalauréat de l'enseignement supérieur

Course

le cours

dean

le doyen

faculty

la faculté ; le corps enseignant

freshman (USA)

l’étudiant de première année

graduate

le/la diplômé(e)

graduation

l’obtention d’un diplôme

graduation ceremony

la cérémonie de remise des diplômes

high school

le lycée

laboratory

le laboratoire

major

la matière principale

Master’s Degree

la maitrise

minor

la matière secondaire

post-doctorate

l’étudiant post-doctorat

professor

le professeur

research, researcher

la recherche, le chercheur

rector, chancellor

le recteur, le président

senior (USA)

l’étudiant de licence

Sophomore (USA)

l’étudiant de deuxième année

syllabus

le programme, le syllabus

teaching assistant

l’assistant

teaching degree

le CAPES (Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré)

thesis

la thèse, le mémoire

undergraduate

l’étudiant de premier cycle (avant la licence)

university

l’université

 

Note historique :  discours inauguraux

 

John Kennedy


 

 

Barak Obama

 


 

 Lecture supplementaire

Une sociologue française au cœur des sociétés secrètes de Harvard
FRANCE-AMERIQUE, 05 avril 2012