We bridge cultures
Pont Neuf Paris
Pont Neuf, Paris
Japanese Gardens
Japanese Gardens, Pasadena
Montserrat Barcelona
en route Montserrat - Barcelona
Tower Bridge London
Tower Bridge, London
script>
Skip to content

Des expressions anglaises colorées :
white shoe firms, white hat bias, ‎bluestockings, pink-collar worker & grey-collar worker

Nous avons choisi d'analyser des termes qui comportent une couleur employée au sens figuré. Les personnes les plus averties (surtout celles de langue maternelle anglaise) en reconnaîtront certains. Les autres leur seront moins familiers puisqu'ils ne sont pas encore entrés dans l'usage.

White shoe firms (traduction littérale : sociétés de chaussures blanches)

L'expression américaine white shoe firms désigne habituellement les sociétés dominantes des secteurs juridiques, bancaires et de consultation en gestion.

White hat bias (traduction littérale : préjugé du chapeau blanc)  White hat bias apparaît pour la première fois en janvier 2010 dans un article de David Allison et de M.B. Cope, publié dans le volume 34 de la revue International Journal of Obesity. Il s'agit d'une « interprétation tendancieuse menant à la déformation d'une information au profit de prétendues bonnes intentions ».

Le terme prendrait son origine dans les films de cow-boys, où les « bons » portent des chapeaux blancs. [1]

 

Bluestocking (bas-bleus)

 

Jules & Julien, illustres homonymes

 

 

122612_0533_1Bienvenue à notre nouveau contributeur, Philippe Gandiol, peintre français qui habite le Nord de la Californie depuis 1975. Philippe a bien voulu rédiger à notre demande un article pour ce blog sur deux peintres français
du 19eme siècle qui ont, chacun dans son style, décrit la vie quotidienne dans la campagne française. Tous les deux portent le même nom de famille «Dupré», des prénoms très proches, Jules et Julien ; ils ne sont pas liés par des attaches familiales mais par leur passion et excellence artistique.

 

Philippe contribue activement à la vie artistique de la Californie. Il a peint des paysages européens et américains aussi que des scènes urbaines « en plein air », tout en utilisant les huiles. Il anime des ateliers d'art et donne des cours en Europe et à la Californie, y compris au Centre d'art de Davis. Son site s'appelle PHILIPPE GANDIOL FINE ART. 

Nous montrons à la suite de son article deux de ses propres peintures.


Jules Dupré (1811 – 1889) et
Julien Dupré (1851 – 1910)


Jules Dupré


Julien Dupré


Les néologismes anglais et français de 2012‎

Dans un article et des liens que nous avons récemment publiés, ont été présentés les mots les plus fréquemment cherchés dans le dictionnaire américain Merriam-Webster en 2012, ainsi que les néologismes admis l'année dernière aux États-Unis, comme le mot retenu par l'American Dialectic Society, à savoir « hashtag », (mot-dièse en France, mot-clic au Canada) et d'autres mots qui ont fait florès pendant l'année écoulée.

De l'autre côté de l'Atlantique, le Festival XYZ du mot nouveau, organisé au Havre et qui cherche à promouvoir les néologismes français, a désigné comme lauréat de l'année 2012 le terme « watture" (contraction de Watt et de voiture) qui servirait à désigner la voiture électrique, a-t-on appris auprès des organisateurs.

Parmi les lauréats des années précédentes, figurent « aimeuse » (femme qui aime à sa façon), « bonjoir »  (salut intermédiaire entre bonjour et bonsoir), « photophoner » (faire une photo avec son téléphone portable), « ordinosaure » (ordinateur très dépassé) ou encore « se faire électroniquer
» (se faire avoir par les nouvelles technologies).

À notre époque, la néologie est une nécessité, si l'on veut dénommer les objets nouveaux et les réalités nouvelles qui surgissent constamment autour de nous. Quelqu'un disait un jour qu'en matière de terminologie, nous avons grand besoin d'« outilleurs » ! Toutefois, il convient de distinguer les véritables néologismes des fantaisies langagières que les écrivains se sont toujours permises et que Maurice Reims a qualifiées de « mots sauvages » [1] parce que, aussi amusants soient-ils, l'usage ne les a pas consacrés. Citons la féminotterie (Flaubert), le patrouillottisme (Rimbaud), le verbe goncourtiser (Céline) ou l'écrivanité d'Audiberti. Comme on le voit, ces termes-là procèdent le plus souvent de l'art du calembour. Le cas d'écrivanité est intéressant car le mot est normalement formé à l'aide du suffixe -ité pour désigner l'état d'écrivain, mais la présence de vanité en fait un mot-valise !

Toute autre est, à mon sens, la véritable néologie dont je prendrai comme exemples « informatique » et « ordinateur ». Dans les deux cas, il s'agissait de baptiser des réalités nouvelles pour lesquelles on a trouvé des vocables à la fois simples et susceptibles de provigner. Car, si l'on commence par avoir besoin d'un substantif, il faut très vite un adjectif et un verbe. « Informatique » avait l'avantage de fournir à la fois le substantif et l'adjectif, auxquels sont très vite venus s'ajouter les mots informatiser », « informaticien »
et
« informatisation ». En revanche, « informate »
(construit comme automate) n'a pas pris racine pour désigner le matériel. Sans doute parce que l'on avait déjà inventé l'excellent « ordinateur » que l'espagnol a immédiatement calqué (ordenador).

 

Concours linguistique organisé par le Service culturel de Divonne-les-Bains (Ain)

Pour la troisième année consécutive, la médiathèque et le Service culturel de la ville de Divonne-les-Bains (01220) vous invitent à participer à la Semaine de la Francophonie qui célèbre en 2013 le centenaire de la naissance d'Albert Camus [2].


Camus

La maison natale d'Albert Camus à Dréan (Algérie)
photo Serge Ferla

À cette occasion, vous êtes invités à participer au concours des Dix mots de la francophonie 2013 auxquels s'ajouteront trois mots propres au champ littéraire d'Albert Camus. Le principe est simple : rédiger et envoyer un texte de votre composition, de 2500 signes maximum, reprenant les 13 mots suivants :

 

atelier, bouquet, cachet, coup de foudre, équipe, protéger, savoir-faire, unique, vis-à-vis, voilà

+

chute, étranger, noces

 

Les contributions doivent être individuelles et comporter 2500 signes maximum.
La date limite d'envoi est fixée au 15 mars 2013 à l'adresse suivante :
mediatheque@divonne.fr .

La remise des prix du concours aura lieu le samedi 23 mars 2013, à 11 heures.

Dans le cadre de la Semaine de la Francophonie, le Service culturel propose aussi :

-          Un homme qui crie, film de Mahamat Saleh Haroun, qui sera présenté dans le cadre des séances Plein Écran. Cette projection aura lieu le lundi 18 mars à 20 heures, à l'Esplanade du Lac.

-          La dictée de la francophonie, le jeudi 21 mars à 19 heures, à l'Esplanade du Lac. S'inscrire à la médiathèque.

 Amélie CHALANCON

Assistante administrative et culturelle
Ville de Divonne-les-Bains
Adresse courriel:
Amelie.chalancon@divonne.fr

 

Nota bene. Divonne-les-Bains
est une petite ville thermale du département de l'Ain, située à la frontière franco-suisse, distante de Genève d'une vingtaine de kilomètres. Outre son casino (qui fut naguère le deuxième de France), elle se flatte d'être (depuis quelque temps), avec Los Angeles, l'un des deux pôles du Mot juste en anglais. Pas étonnant qu'elle s'apprête à fêter dignement la Semaine de la francophonie !

Rendez-vous sur : www.divonnelesbains.com

 
Divonne
L'Esplanade du Lac, centre
culturel qui abrite la Médiathèque de Divonne-les-Bains où aboutiront
les contributions de nos lecteurs.
(Photo aimablement communiquée par
Yoran Merrien).


Christophe Margot for The
New York Times

 

l'Hippodrome Golf Club de Divonne les Bains

 

[1]  Rheims, Maurice. Dictionnaire des mots sauvages (écrivains des XIXe et XXe siècles). Paris, Larousse (1969).

[2]  Né en 1913 à Mondovi (Dréan, depuis 1962. Localité d'Algérie, située à 25 km d'Annaba), Prix Nobel de Littérature en 1957.

 

Lecture supplémentaire :

"Watture", le neologisme de l'annee
L'Express Culture, 26/11/2012

Les dix néologismes du lundi matin
L’Oreille tendue, 7/1/2013

Jean L.

Des lettres de Voltaire découvertes aux États-Unis

CronkNicholas Cronk, professeur à l'université d'Oxford,  éminent spécialiste de Voltaire, et rédacteur en chef de The Complete Works of Voltaire,  a découvert 14 lettres inédites du grand homme, écrites pendant son exil de près de trois ans en Angleterre.

Le professeur Cronk, administrateur de la Fondation Voltaire de l'Université d'Oxford, a découvert ces lettres lors de recherches menées dans des archives de bibliothèques américaines. Paul Leclerc, ex-président de la New York Public Library lui-même spécialiste de Voltaire, a chargé M. Cronk d'examiner 11 lettres de Voltaire  récemment acquises. Cronk en a trouvé deux autres à la Morgan Library and Museum et une à la Columbia University Library 

   
  François-Marie Arouet, dit Voltaire  

Ces lettres éclairent d'un jour nouveau le séjour de Voltaire en Angleterre. Elles confirment que l'écrivain a bien reçu une généreuse pension de 200£ octroyée par le gouvernement de Robert Walpole – un fait longtemps controversé parmi les spécialistes –  et montrent que Voltaire était remarquablement bien parvenu à gravir rapidement les échelons de la hiérarchie sociale et littéraire britannique. Arrivé en Angleterre sans un sou en 1726, il n'était alors qu'un poète et dramaturge qui possédait le don d'irriter la monarchie et l'aristocratie françaises par ses satires mordantes. Il ne parlait pas l'anglais et n'avait pour tout viatique qu'une lettre de recommandation de l'ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris. Au bout de six mois, il maîtrisait l'anglais  et, en moins d'un an, il correspondait avec le souverain.

Pour le professeur Cronk : « Voltaire a passé en Angleterre deux années importantes dont on ne sait pas grand chose. À l'orée de la trentaine, alors qu'il est surtout connu comme poète, il débarque en Angleterre muni d'une recommandation de l'ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris. Pendant son séjour outre-Manche, Voltaire s'imprègne des idées des écrivains anglais et ramènera avec lui sur le continent l'empirisme qui inspirera les Lumières. Les lettres qui viennent d'être retrouvées sont donc d'autant plus intéressantes qu'elles montrent comment l'interaction étroite entre Voltaire et l'aristocratie britannique l'a imprégné de l'esprit des Lumières; elles nous aideront aussi à reconstituer la nature de ces interactions. »

Une lettre de Voltaire est adressée à Lord Bathurst, ce mécène qui accueillit souvent de grands penseurs anglais dans son manoir de Richings et notamment Alexander Pope qui y rédigea une bonne partie de sa traduction d'Homère.

  Pope  
  Alexander Pope  

Dans cette lettre, Voltaire remercie Bathurst de « la liberté de votre demeure et des nombreuses facilités dont j'ai profité dans cette belle bibliothèque. » « C'est là une indication de la manière dont Voltaire se serait à ce point imprégné de Shakespeare, Newton, Locke, Swift, Pope et autres – à la fois en lisant leurs œuvres dans la bibliothèque de Richings, mais peut-être même en rencontrant des penseurs anglais contemporains, » d'expliquer le professeur Cronk.

Henriade.jfifPeu après l'arrivée de Voltaire en Angleterre, en juin 1727, le roi George 1er décède  et son fils monte sur le trône sous le nom de George II. C'est une chance pour Voltaire, car l'épouse du nouveau roi, la reine Caroline, grande protectrice des arts, a un faible pour la poésie. Saisissant au vol cette occasion de promotion sociale, Voltaire publie une traduction anglaise de la Henriade, son poème épique à la gloire du roi de France Henri IV, qu'il dédie à la reine Caroline. L'œuvre est un succès et vaut à son auteur des appuis dans le haute société britannique.

La reine Caroline était une alliée politique de Robert Walpole et il se peut qu'elle ait joué un rôle dans l'octroi à Voltaire de cette pension de 200£. L'une des plus intéressantes des lettres récemment découvertes a été adressée par Voltaire au Trésor britannique pour confirmer la réception de cet argent. Il la signe « Francis Voltaire » , autographe unique en son genre, combinant son premier prénom anglicisé et son célèbre pseudonyme.

Pendant son séjour en Angleterre, Voltaire s'initie aux idées qu'il défendra pendant le reste de sa vie, notamment aux notions de liberté d'expression, de tolérance religieuse et de monarchie constitutionnelle. Rentré en France en 1729, il proclamera ces idéaux dans ses Letters Concerning the English Nation, une série d'essais d'abord publiés en anglais en 1733, puis en français l'année suivante [1] . Cette publication française fit scandale, valut à l'éditeur d'être embastillé, et obligea encore Voltaire à s'enfuir.

Scannées et numérisées, ces 14 lettres ont été chargées sur le site Web Electronic Enlightenment de la Bodleian Library d'Oxford, une mine de correspondances en provenance de plus de 6.000 écrivains, philosophes et dirigeants politiques des 17e et 18e siècles. En collaboration avec la  Voltaire Foundation d'Oxford, Electronic Enlightenment s'emploie à numériser la collection complète et définitive des écrits de Voltaire.

Il faut malheureusement être abonné mais, si vous avez accès à une connexion institutionnelle, vous pouvez visionner les lettres de Voltaire.

L’article ci-dessus s'inspire d'un texte qui a paru, en anglais, dans The History Blog. Nous le publions avec l'obligeante permission de notre confrère.

 

Note historique.

George IIl arrive que la linguistique s'invite dans le jeu politique. Ainsi, lorsqu'en vertu de l'Acte d'établissement de 1701, George, prince-électeur de Hanovre, succède à la reine Anne Stuart et devient George 1er d'Angleterre, il ne parle pas l'anglais et ne s'intéresse guère à son nouveau royaume. Il lui faut donc un intermédiaire pour  gérer l'Angleterre. C'est ainsi que naît la fonction de Premier Ministre, d'abord exercée par Stanhope, puis plus longuement par Robert Walpole. C'est une étape décisive dans la mise en place de la monarchie constitutionnelle pour laquelle Voltaire éprouvera tant d'admiration.  Comme nous l'avons vu dans l'article consacré à Rousseau, les trois années passées en Angleterre transformeront Voltaire poète en penseur politique. Mais, là encore, le contraste est total entre le deux écrivains. Si Rousseau a soudainement la révélation de sa vocation de penseur politique en 1749, lors de « l'illumination de Vincennes », chez Voltaire, le mûrissement est raisonné et progressif, nourri des lectures qu'il fait à Richings et des conversations qu'il a avec les intellectuels anglais. Primat du sentiment et de l'affectivité chez l'un, aboutissement du raisonnement et de l'analyse du vécu chez l'autre. Vraiment rien ne les rapprochait.       

[1] Sous le titre: Lettres philosophiques ou Lettres écrites de Londres sur les Anglais et autres sujets (1734).

Lecture supplémentaire :

Voltaire letters brought to light
The Times, 21 January 2012

 

Jean L.

Le 8 janvier, l’anniversaire d’Elvis Presley,
l’idole des jeunes et des moins jeunes…‎

 

   

Ces derniers temps, la mise en vente de la maison que le défunt Elvis Presley possédait à Beverly Hills (moins célèbre que Graceland, à Memphis), au prix annoncé de 12,9 millions de dollars, m'a rappelé une soirée que j'avais passée avec le « Roi du rock and roll ». À l'époque, il faisait son service militaire en Allemagne et se trouvait en permission de courte durée à Paris. J'étais placé à la même table que lui, au cabaret Le Lido. Nous avons été photographiés ensemble et il m'a signé un autographe.

 

   

Dans ma jeunesse, je chassais les autographes et j'avais rencontré quelques célébrités du spectacle, dont Louis Armstrong et le chanteur d'opéra italien Benjamino Gigli, mais seulement pendant les quelques secondes de la signature d'un autographe. En revanche, les heures passées avec Presley m'avaient permis de mieux cerner sa personnalité, que je trouvais aimable et ouverte.

Armstrong

Elvis signature

 

 

Partant du principe que les anecdotes personnelles ne présentent guère d'intérêt pour le lecteur, je me suis toujours abstenu d'évoquer cette rencontre dans le blog. M'autorisant, pour une fois, une entorse à la règle, je voudrais en dire un peu plus de la vie d'Elvis à l'occasion du 35ème anniversaire de sa mort. S'il vivait encore, il aurait eu 77 ans le 8 janvier 2013. L'intérêt que je porte à Elvis a été ravivé lorsque j'ai vu, en direct à la télévision, un concert du 25ème anniversaire de sa mort, donné à Memphis, la ville où il est né et où il a été inhumé. Un film du concert, tourné en 2002, est, à mon avis, le premier du genre, et cela pour les raisons suivantes : bon nombre des chanteurs de l'entourage d'Elvis, encore vivants en 2002, de même que des guitaristes, pianistes et autres musiciens qui l'accompagnaient dans ses concerts, sont présents dans ce documentaire, se produisant comme s'ils le faisaient effectivement avec Elvis. Des extraits vidéo d'Elvis (pris approximativement entre 1955 et 1977) sont insérés de manière à donner l'impression qu'il chante avec eux en 2002.

 



Comme l'écrivit un commentateur, Jason Buchanon :

« Même si le King s'en est allé, sa voix demeure dans un concert spécialement organisé en son honneur en 2002, alliant des enregistrements d'époque et des prestations « en direct » des musiciens avec lesquels il se produisait de son vivant. Un écran vidéo géant ressuscite tout le charisme du King, au centre du spectacle, tandis que l'orchestre assure l'accompagnement musical de 26 des succès que le public adore et notamment CC Rider, Are You Lonesome Tonight, Bridge Over Troubled Water, My Way et Can't Help Falling in Love. »

On a beaucoup écrit sur la carrière de Presley, comme chanteur mais aussi comme acteur. Dans les vidéoclips qui suivent Presley charme son public à la fois par sa voix et par son physique séduisant.

Are you lonesome tonight?

 

Le film Blue Hawaii

Presley a joué dans des films et est apparu dans des centaines de concerts dont la plupart son disponibles en DVD.

Sur le plan musical, on peut dire que tout en interprétant des succès classiques dans le genre du My Way de Frank Sinatra, il ouvrit une nouvelle ère du rock'n roll et « modifia à jamais la culture populaire américaine », pour reprendre les termes employés par le Président Carter à la mort de l'artiste.

Le monde refusa d'admettre le décès prématuré de Presley, à l'âge de 42, ainsi qu'en témoigne le nombre de ceux qui ont prétendu l'avoir aperçu après la date de sa mort, le 16 août 1977. Dead Elvis : a Chronicle of a Cultural Obsession, est un des nombreux livres sur Presley qui analyse ces prétentions.

Presley a été encore plus idolâtré après sa mort que de son vivant. [1] Cela a commencé avec ses funérailles où environ 80.000 personnes ont escorté son convoi jusqu'au cimetière de Forest Hill (et dont deux se tuèrent dans un accident de la circulation).

 

L'intérêt pour Presley est toujours aussi vif, comme le montrent les clubs de fans des quatre coins du monde, de Bandung (en Indonésie) à Mount Lavinia (à Sri Lanka) à Tyger Valley (en Afrique du Sud), en passant par Randers (au Danemark).

 

Airtuna08

Tombes d'Elvis Presley et de membres de sa famille,
dans un « Jardin de Méditation »

Pour finir, je voudrais dire quelques mots des origines et de l'étymologie de rock and roll et de la façon dont Presley a fait de ce genre musical, jusqu'alors confiné aux Noirs des États du Sud, une nouvelle forme de musique qui a conquis le monde.

Initialement, l'expression  rocking and rolling  désignait les mouvements d'un navire sur la mer (le roulis et le tangage) mais fut utilisée, dans les débuts du XXe siècle, pour décrire la ferveur des rituels dans les églises noires et, chez certains Afro-américains, pour désigner par euphémisme les rapports sexuels. L'expression est déjà présente dans des enregistrements de gospel, de blues et de swing, avant même qu'elle se répande plus largement dans les années 1940, à l'occasion d'enregistrements et d'articles de presse relatifs à ce qui devint le rhythm and blues, destiné à un public noir.

Presley, qui grandit dans l'État méridional du Tennessee, s'est toujours senti en affinité avec les Noirs et leur musique. Son génie tint à sa capacité d'absorber différents genres d'origines diverses et d'en faire quelque chose d'entièrement nouveau, le rock and roll, qui, pour le meilleur ou pour le pire, a exercé jusqu'à ce jour une influence durable sur la musique populaire.

 

 

Elvis

 

 

——————————

[1] Cependant,  en 1998, CNN et les lecteurs du Times Online à travers la planète élisent Charles Aznavour « Artiste de variétés du siècle ». Il est reconnu comme étant le performer par excellence du siècle, avec près de 18 % des votes, déclassant ainsi Elvis Presley et Bob Dylan.

Lecture supplémentaire :

Birthplace of rock'n'roll: Discover the real Elvis Presley on a tour of Mississippi and Memphis, Mail Online, 8 November, 2009

Elvis & Nixon — the true story of how the King met the President
The Telegraph, 20 June 2016

Jonathan G.
 

Merriam Webster Dictionary –
2012 : The Year in Words

2012: The Year in Words

Defining Moments: In politics, culture, sports and more, these words spiked in lookups because of events in the news.

January 3: "Caucus"

As the 2012 presidential election contest officially began…

January 10: "Ambivalence"

As Republicans reacted to Mitt Romney's victories…

January 13: "Reductive"

After Madonna used it to describe a Lady Gaga song…

January 19: "Egregious"

When Paula Deen announced that she has Type 2 diabetes…

February 1: "Irregardless"

A much-forwarded list of "Top 10 Grammar Peeves"…

February 8: "Disposition"

After a college basketball coach used the word to praise a rival…

February 13: "Highfalutin"

When a high school cheerleading coach berated her squad…

February 20: "Reconcile"

In two different celebrity relationship stories…

February 29: "Moratorium"

After North Korea agreed to suspend its nuclear…

March 2: "Misogyny"

In reaction to Rush Limbaugh's comments about…

March 14: "Cri de Coeur"

When a Goldman Sachs executive quit his job, he published…

March 21: "Narcissism"

After a study reported that people with many Facebook friends…

March 23: "Dystopia"

When "The Hunger Games" opened, many reviews described its…

April 5: "Prima Donna"

As the NFL scandal continued to unfold, a recording emerged…

April 10: "Hubris"

On the 100th anniversary of the Titanic's departure…

April 18: "Gaudy"

When an $87 million mansion was put up for auction…

April 20: "Disingenuous"

During the trial of the man accused of murdering…

May 1: "Anarchist"

The five men arrested for plotting to blow up a bridge…

May 7: "Touché"

When Disney revealed details about a new technology…

May 8: "Vincit Omnia Veritas"

After the phrase appeared on a gravestone in a TV show…

May 22: "Gibberish"

An advisor to Mitt Romney dismissed an Obama campaign ad…

May 27: "Bloviate"

After commentator George Will said that Donald Trump was…

June 1: "Guetapens"

When it was spelled correctly to win the National Spelling Bee…

June 12: "Gaffe"

After President Obama remarked that the private sector was…

June 21: "Genre"

When it was used to describe a new vampire movie…

June 27: "Roman à Clef"

Obituaries of Nora Ephron referred to her novel "Heartburn"…

July 4: "Boson"

When evidence of the so-called "God particle," the Higgs boson…

July 11: "Servitude"

After a family in Britain was convicted of forcing…

July 20: "Terrorism"

The word's meaning was discussed after the tragic shooting…

July 24: "Aviatrix"

On the anniversary of Amelia Earhart's birthday…

August 1: "Acerbic"

With the passing of celebrated author Gore Vidal…

August 8: "Decathlon"

As this event began at the London Olympics…

August 11: "Wonk"

When Paul Ryan became the vice presidential candidate…

August 17: "Hooliganism"

When a Russian court sentenced the punk band Pussy Riot to…

August 27: "Vituperative"

Mitt Romney accused President Obama of running a…

September 3: "Rhetoric"

During the Republican and Democratic conventions…

September 10: "Culture"

Students arriving at college were greeted, as usual, with…

September 18: "Surreptitious"

The word was widely used to describe the video of…

September 25: "Egregious"

After NFL fans couldn't believe that a play was ruled a touchdown…

October 4: "Pundit"

After the first presidential debate, there was much reporting about…

October 11: "Malarkey"

When it was used several times during the vice-presidential debate…

October 17: "Meme"

After a phrase from the presidential debate went viral…

October 22: "Tumult"

When Mitt Romney used it during the final presidential debate…

October 29: "Hunker"

As Hurricane Sandy approached the east coast…

November 6: "Socialism"

Interest in the word reached its peak on Tuesday…

November 14: "Inviolable"

After it was used by a figure in the scandal surrounding…

November 19: "Irony"

After a widely read essay offered ways to "live without irony"…

November 29: "Visceral"

A new medical study revealed that deep belly fat in men…

December 6: "Urbane"

A national vocab test showed that most eighth graders don't know…

December 11: "Poinsettia"

A symbol of the Christmas season, and a challenge to spell…

December 18: "Assault Rifle"

The national conversation included many references to the…

December 27: "Qi"

Perhaps because of holiday use of Scrabble and other…

 

 

11 Weirdly Spelled Words – And How They Got That
Way


Mental Floss,  November 13, 2012

Lets’s Double Down On A Superstorm of Malarkey:

Picking 2012’s Word of the Year (audio clip)

National Public Radio, December 28, 2012

And 2012’s word of the year is…”Hashtag”

by Ben Zimmer,  The Boston Globe
,  
December 16, 2012


(Ben Zimmer is Chairperson of the New Words Committee of the American Dialectic
Society)

Spoiler
Alert! List of Reviled Words Tries to Fight ‘Fiscal Cliff’

The New York Times, January 6, 2013

 

 

Annonce : Palais des mots

  

 
P A L A I S    D E S   M O T S

 

Notre amie et correspondante, Denise
Morel
, écrivaine et animatrice de plusieurs ateliers d'écriture,
vient de créer un site, Le Palais des mots: http://www.palaisdesmots.fr 
 


En
préface, elle pose la question fondamentale :

Visiteurs
du PALAIS DES MOTS,
pourquoi écrire?
 
 

écrire
pour un concours, pour un roman, pour raconter ma vie
  

 
écrire
parce que j'aime partager, offrir un beau texte

 
écrire,
ça  s'apprend, le style ça vient, le temps on le trouve!
 
je
ne peux écrire tout ce que je porte en moi… ça viendra !

 
écrire
ma maladie, mon cancer, mes angoisses,

 
écrire
ma dépendance à la drogue, à l'alcool, au jeu

 
écrire
pour rire, me marrer, rigoler, faire des jeux de mots
écrire
pour mes enfants, mes petits-enfants

 
écrire
des contes, des souvenirs de famille, des voyages

 
écrire
pour être publié, devenir écrivain, être connu

 
écrire
des chansons, composer des slams, inventer un rythme
 

écrire
à partir de photos

 
écrire
sur Internet, participer à des concours littéraires
 
Quelles
que soient les motivations, le
Palais
des mots,
au
fil des ses rubriques, s'offre à guider la démarche d'écriture de
toutes sortes de manières. Un conseil cardinal est prodigué
d'emblée : écrire, relire, rectifier, chercher le mot juste. À
cela, LMJ ne peut que souscrire !
Bienvenue
au Palais des mots.

Trois expositions sous le signe de la coopération culturelle franco-américaine

Exactement soixante-dix ans après qu'Humphrey Bogard ait répliqué à Ingrid Bergman : « Nous aurons toujours Paris »,  à la fin du film Casablanca,  Paris accueille, en cette fin d'année 2012,  trois grands événements culturels qui sont autant d'aspects différents de l'interpénétration culturelle franco-américaine dans le domaine de la peinture et du cinéma.

Audrey Hepburn

Jusqu'au 15 décembre dernier, dans la salle Saint-Jean de l'hôtel de ville de Paris, s'est tenue l'exposition Paris vu de Hollywood.  Mais, direz-vous, pourquoi Paris ? Il se trouve que la capitale française est de loin la ville étrangère la plus présente dans le cinéma américain. Plus de 800 films ont été tournés à Paris ou dans un Paris reconstitué en studio. Ernst Lubitsch qui y situa une dizaine de ses films, sans jamais y tourner un seul plan, eut un jour cette boutade : «  Il y a le Paris-Paramount, le Paris-MGM et le Paris en France ». En effet, aux yeux des réalisateurs américains, Paris a toujours été le cadre idéal des histoires d'amour et des scénarios-mystères. Et cela, depuis Le roman de Marguerite Gautier (1936) de George Cukor jusqu'au Hugo Cabret (2011) de Martin Scorsese, en passant par Les Trois Mousquetaires (1948) de George Sydney, Un Américain à Paris (1951) de Vincente Minelli et même Les Aristochats (1970) de Wolfgang Reitherman. Tour à tour synonyme de luxe et de raffinement au temps du cinéma muet, de cadre mondain ou de haut-lieu du divertissement avec Moulin-Rouge de John Huston ou Gigi (1958) de Vincente Minelli, Paris est désormais tantôt le théâtre de films d'enquêtes et d'aventures, tantôt un îlot de nostalgie au charme décadent. Réalisée avec la collaboration de la Cinémathèque française et le soutien des services culturels de l'Ambassade des États-Unis d'Amérique, l'exposition s'est voulue très didactique. De nombreux panneaux et des bornes interactives renseignaient le visiteur le long d'un parcours chronologique en plusieurs étapes : le Paris historique du muet, le Paris raffiné de la comédie sentimentale, l'apogée du Cancan film, Hollywood joue dans Paris et, enfin, Paris action, avec des productions aussi récentes que le Midnight in Paris de Woody Allen.

Des écrans diffusaient des séquences de films et des vitrines présentaient des accessoires (chaussures de Gene Kelly, robes d'Audrey Hepburn, etc.) Le public n'a jamais désempli et, l'entrée étant gratuite, il n'était pas rare d'attendre une heure dans la rue de Lobau !

 

Une Américaine à Paris : Mary Cassatt au Mona Bismarck American Center

Installée à Paris en 1870, Mary Cassatt (1845 – 1927), encouragée par Edgar Degas, sut vite s'imposer dans le monde de la peinture en exposant au Salon de 1872 et en adhérant (en 1879) au groupe des Impressionnistes. Avec Berthe Morisot, elle allait démontrer que cette école pouvait aussi se décliner au féminin. Privilégiant les sujets liés à la maternité et à l'enfance [Nourrice et enfant (1874)], elle est le peintre de la femme par excellence, au style à la fois ferme et délicat. Aucune rétrospective de son œuvre n'a jamais été tentée jusqu'ici et ce qu'on nous propose cette fois n'est qu'une première approche, constituée de près de 70 gravures, pastels, aquatintes et dessins provenant essentiellement de la collection du marchand Vollard. Suffisamment, malgré tout, pour démontrer la maîtrise technique et artistique d'une Américaine qui s'épanouit en France et contribua ensuite à faire connaître chez elle les maîtres de l'art pictural français de la fin du XIXe siècle. Une passerelle au-dessus de l'Atlantique !

 

L'inimitable Edward Hopper, peintre de la lumière et de l'attente

Self-portrait [Autoportrait](1925-1930)

Compartiment C, Car 193
[Compartiment C, voiture 193] (1938)

Enfin, depuis le 10 octobre et jusqu'au 28 janvier 2013, aux Galeries nationales du Grand Palais, une exposition à ne manquer sous aucun prétexte : Edward Hopper. Autre artiste qui doit autant à l'Europe qu'à l'Amérique – mais que seule l'Amérique pouvait enfanter – Edward Hopper (1882 – 1967) est le sujet de l'exposition la plus complète jamais organisée jusqu'ici. Les premières salles sont dédiées aux années d'apprentissage à la New York School of Art (de 1900 à 1924), entrecoupées de trois séjours à Paris (1906, 1909 et 1910) au cours desquels Hopper subit l'influence des maîtres français, Degas et, surtout, Marquet. Ses premières huiles sur toile (Pont à Paris, Le Pont des Arts, Le Quai des Grands Augustins) sont nettement post-impressionnistes. Il fait aussi une découverte qui l'influencera durablement, celle de la lumière. Hopper écrit :« La lumière était autre que tout ce que je connaissais. Même les ombres brillaient, et il y avait beaucoup de lumière réfractée. Jusque sous les ponts, dominait une certaine clarté. » Les ponts, déjà omniprésents, comme les voies ferrées et les navires. Revenu à New York, et parce qu'il lui faut vivre, le peintre se lance dans l'illustration commerciale. Il dessine des couvertures de revues (pour Hotel Management, Wells Fargo, etc.) et commence une série d'aquarelles représentant des résidences néo-victoriennes des environs de New York qui annoncent son œuvre future. Les décors architecturaux occuperont dès lors une grande place dans sa peinture. Ce bâti, souvent extravagant, des débuts du XXe siècle et qui va progressivement disparaître au profit des grands immeubles modernes, fascine visiblement Hopper [Maison au bord de la voie ferrée (1925), La ville (1927), Tôt un dimanche matin (1930)] . D'ailleurs, l'exposition ménage plusieurs « entractes », espaces obscurs de transition entre les différentes étapes de l'évolution d'Hopper. Des séquences filmées y sont projetés montrant le New York bourdonnant d'avant la grande Crise économique ou des diaporamas de couvertures dessinées par Hopper pour des revues de grande diffusion. Cela permet de mieux situer la période et le milieu au sein duquel mûrit le talent si original de l'artiste, mais aussi d'apprécier son extraordinaire coup de crayon. À mesure que le temps passe, les paysages et les scènes de rues cèdent la place au thème du commerce mystérieux des êtres. Ce n'est plus « un rayon de soleil découpant une architecture », mais un ou plusieurs personnages qui attendent, semblant plongés dans une profonde méditation, le plus souvent rivés à une fenêtre qui est une échappée sur le monde extérieur [le célèbre Noctambules (1942) Conférence nocturne (1949), Gens au soleil (1960)]. Transmis avec une extrême minutie, le message d'Hopper traduit-il l'incommunicabilité des êtres, l'attente, la solitude? Ou tout simplement la lumière ? À propos de Chambres au bord de la mer (1951), l'artiste écrit justement : « Peut-être ne suis-je pas très humain. Mon désir consistait à peindre la lumière du soleil sur le mur d'une maison. »

 

People in the Sun
[Gens au soleil]
(1960)

 

Railroad Sunset
[Coucher de soleil sur voie ferrée] (1929)

Mise a jour :


Hopper à Paris : la naissance d’un maître
FRANCE-AMÉRIQUE – mai 2020.

 

 

Lecture supplémentaire : Gene Kelly

Jean Leclercq

Entretien avec Jackie Grandchamps,
guide touristique



Le mot juste : Où êtes-vous née, quelle est votre langue maternelle et où habitez-vous?


Jackie : Je suis née à Liège, dans le sud-est de la Belgique où l'on parle français, et non néerlandais comme dans la partie nord-ouest du pays. Ma mère est luxembourgeoise, mais mon père, francophone, a tenu à ce que mes sœurs et moi ne soyons élevées qu'en français. Je le regrette maintenant, car en ayant des notions de luxembourgeois, j'aurais eu plus de facilite a apprendre le néerlandais et l'allemand qui sont aussi les langues nationales de la Belgique. Aujourd'hui, je parle plus souvent anglais puisque j'habite a San Leandro, en Californie, et cela depuis 1995.


Le mot juste : D'après ce que j'ai compris, vous avez effectué un changement de carrière radical après votre installation aux États-Unis. Pouvez-vous nous en dire plus?


Jackie : En Belgique, j'ai fait des études scientifiques en zoologie, puis en biologie à l'université de Liège, où j'ai obtenu un doctorat en biologie moléculaire. Pour effectuer mon post-doc, j'ai choisi la Californie, et c'est à l'université de Stanford que j'ai été engagée par un laboratoire pour faire de la recherche sur le cancer.


Quelques années plus tard, avec l'explosion des start-ups, j'ai décidé de changer de domaine et de faire de la recherche comportementale concernant les utilisateurs de ce nouvel outil qu'était Internet. Mais, là encore, le contact avec les gens me manquait et, en 2003, j'ai décidé de créer ma propre entreprise. C'est dans le tourisme que j'ai décidé de me lancer, ce qui me permettait de réaliser mes envies d'interactivité avec les gens et aussi de créer un pont entre mon lieu d'origine, l'Europe et les États-Unis.


Le mot juste : À l'heure actuelle, vous accompagnez des groupes d'Américains en Europe pour des circuits culturels, des stages de peinture ou des ateliers de cuisine. Comment ça marche?


Jackie : Je créé des circuits dans les endroits que j'aime et que je veux faire découvrir aux Américains, ou plutôt aux anglophones, car mes clients viennent parfois du Canada, d'Australie ou des Îles britanniques. Les circuits durent huit jours. Les participants me retrouvent dans le pays choisi, et je les prends en charge dès leur arrivée; ils n'ont plus à se soucier de quoi que ce soit. À bord d'un minibus confortable, je les conduis sur tous les lieux de visite ou de dégustation, sur les sites à peindre ou chez les grands cuisiniers pour des cours de cuisine. En fin de séjour, je les ramène à la gare ou à l'aéroport.

En Belgique, nous visitons la Wallonie et les Flandres: visite de Bruges et de Bruxelles, journée consacrée à la 2ème guerre mondiale; atelier de confection de spéculoos et dégustation de chocolat; découverte de la Mer du Nord à Ostende et goûter chez l'habitant.


En Suisse, loin des foules cosmopolites qui inondent Interlaken, mon circuit propose une découverte de la région de la Gruyère et des bords du lac Léman: visite de Gruyère et de son château, du Grand chalet de Balthus et du château Chillon; dégustation de plats locaux chez l'habitant, de vin et de chocolat, marché de Vevey;…


Le mot juste : Quand vous organiser un séjour de cuisine, quels plats préparent les américains de votre groupe? Reçoivent-ils des conseils des chefs locaux? Est-ce que la nourriture préparée est aussi bonne que celle qu'on trouve dans les restaurants locaux?


Jackie : Pour l'instant, nous organisons des séjours de cuisine en Provence. Les participants préparent des plats typiques de la région, comme la ratatouille, des plats à base de foie gras ou de melon qui est une spécialité locale. Les chefs français non seulement donnent des conseils et aident à la préparation, mais nous les accompagnons sur les marchés locaux où ils nous expliquent comment reconnaitre des produits frais.


Quant au goût des plats préparés, sans vouloir me vanter, ils sont meilleurs que ceux servis dans les restaurants. Les produits que nous utilisons sont frais du marché, ou même cueillis par nous le jour même. En effet, lorsque nous préparons la ratatouille, nous allons dans un jardin biologique, avec le chef, et nous ramassons les légumes directement. Les produits ne pourraient pas être plus frais.


Le mot juste : Vous travaillez avec un contact dans la région Rhône-Alpes, dans le Sud de la France. Quelles sont ses qualifications et quelle est sa contribution?


Jackie : Valérie Sans habite effectivement cette région de France. Elle a deux maîtrises, une en littérature française et, l'autre, en littérature anglaise. Elle a enseigné pendant trois ans aux États-Unis en tant que boursière Fullbright. Elle a donc une connaissance approfondie des cultures française et américaine.
Son rôle est d'établir des contacts locaux pour mes voyages, et également de rechercher les endroits stratégiques qui intéressent les américains sans que ce soient des visites touristiques organisées par tous les voyagistes.




 Valérie Sans

Le mot juste : Organisez-vous également des voyages en Californie pour les francophones?

Oui, depuis quatre ans, j'organise des visites à la carte pour individuels ou petits groupes francophones à San Francisco et alentours. J'organise soit des visites à pied dans la ville, soit des visites en voiture. Les clients peuvent choisir ce qu'ils veulent visiter et le temps qu'ils souhaitent passer avec moi. Cela varie d'un à plusieurs jours.
Tous mes voyages, que ce soit en Europe ou en Californie, sont décrits en détail sur mon site Internet : 
www.frenchescapade.com

 

 

Entretien exclusif avec Joël Dicker‎

À l'automne dernier, un jeune auteur suisse, Joël Dicker, a défrayé la chronique en remportant successivement deux grands trophées littéraires français : le Grand Prix du Roman de l'Académie française et le Prix Goncourt des lycéens. Son livre [1], La vérité sur l'affaire Harry Quebert, s'est déjà vendu à 250.000 exemplaires dont 25.000 avant l'obtention des deux prix !

Malgré l'agenda très chargé d'un auteur à succès, Joël Dicker a répondu aux cinq questions que Jean Leclercq lui a posées. Le mot juste l'en remercie et a le plaisir de publier cet entretien.

 



 

[1Dicker, Joël. La vérité sur l'affaire Harry Quebert.
      Paris, Éditions de Fallois/L'Âge d'Homme, 2012. 669p.

Joël Dicker  

(c) Photo Jeremy Spierer


Le mot juste : Monsieur Dicker, vous êtes Genevois, juriste de formation, et vous n'avez que 27 ans. Or, votre livre révèle une connaissance intime des États-Unis. Qu'il s'agisse de la Nouvelle-Angleterre ou du Sud profond, vous semblez parfaitement à l'aise dans le quotidien américain. D'habitude, les auteurs européens se sentent obligés d'utiliser des clichés qui finissent par agacer le lecteur averti. Chez vous, rien ne sonne faux. Comment avez-vous acquis une telle connaissance de la culture américaine ?

Joël Dicker : À force d'y passer du temps, j'ai peu à peu appris à connaître les États-Unis de l'intérieur. Cela fait plus de vingt ans que je vais, chaque année ou presque, passer quelques semaines aux États-Unis. J'ai donc appris à comprendre le fonctionnement de la société américaine. Je connais très bien la Nouvelle-Angleterre, je m'y sens très à l'aise. Mais, je connais également bien d'autres parties du pays, comme le Midwest, que j'ai longuement sillonné. Je suis même allé à deux reprises dans l'État que vous considérez être la dernière frontière : l'Alaska.

Le mot juste : À tort, on a d'abord présenté votre livre comme un« roman policier », alors qu'il est bien plus que cela. L'Académie française ne s'y est pas trompée en vous décernant son Grand Prix. Ceci étant, l'intrigue policière n'en constitue pas moins le fil conducteur. Sous ses dehors lisses et son ambiance feutrée, Genève a connu bien des énigmes policières. Pourquoi situer votre roman aux États-Unis ?

Joël Dicker : J'avais envie de situer mon livre en Nouvelle-Angleterre pour raconter aux lecteurs français et européens cette région magnifique et exceptionnelle. J'avais également envie de rendre hommage à ces endroits qui m'ont tant inspiré. Vous avez cependant raison : j'aurais parfaitement pu situer mon intrigue à Genève, ou en Suisse. Mais j'avais envie de prendre de la distance avec mes personnages, avec mon intrigue. La Nouvelle-Angleterre me permettait un certain détachement avec le livre et je ressentais en avoir besoin.

Le mot juste : Votre livre semble comporter de nombreux éléments autobiographiques. Votre héros, Marcus Goldman, est un écrivain dont le premier livre a eu un énorme succès. Devenu célèbre, il connaît les affres d'un passage à vide – le syndrome de la page blanche – alors que son éditeur exige de lui un deuxième ouvrage. « Faire pour faire n'a jamais eu de sens » écrivez-vous (p. 274). Que pensez-vous de ces contrats qui obligent les auteurs à écrire un livre par an ? Peut-on bien écrire à jet continu et à la demande de son éditeur ?

Joël Dicker : Vous savez, il n'y a pas grand chose d'autobiographique dans ce livre. Marcus rencontre le succès avec son premier livre, en ce qui me concerne, c'est le sixième. Si des contrats obligent à la livraison d'un livre par an, c'est que les auteurs le veulent bien. La véritable réflexion qui m'intéressait était celle de la relation auteur-lecteurs. Il y a parfois chez les écrivains la peur de la perte du lien entre eux et les lecteurs. Au fond, c'est le plus passionnant, je trouve. Cette relation presque dépendante avec son public que peut créer le succès. Marcus a peur de voir le lien se rompre. Mais c'est le livre qui doit créer le lien, et non l'inverse.

Le mot juste : « Publier, cela signifie que ce que vous avez écrit si solitairement vous échappe soudain des mains et s'en va disparaître dans l'espace public. C'est un moment de grand danger: vous devez garder la maîtrise de la situation en tout temps. Perdre le contrôle de son livre, c'est une catastrophe » (p.385), dit le maître Harry à son élève Marcus. N'y aurait-il de sécurité et de tranquillité pour un auteur que dans l'œuvre confidentielle ou posthume, comme celle de Kafka ?

Joël Dicker : Non, je ne pense pas. La question ne réside pas tant dans l'ampleur de la diffusion que dans la diffusion elle-même. Aussitôt qu'un texte devient public, peu importe l'audience qu'il rencontre, l'auteur en perd partiellement la maîtrise. Une seule personne, une seule interprétation suffit. L'important réside donc dans la capacité de l'auteur à pouvoir réagir aux interprétations qu'on fait de son texte. Dès qu'il n'est plus en moyen de le faire, je pense qu'on peut considérer qu'il a perdu la maîtrise de son texte.

Le mot juste : Votre dernier roman est un grand succès. Reprendrez-vous vos travaux de révision constitutionnelle ou vous consacrerez-vous entièrement à l'écriture ? Dans ce cas, les Américains ayant reconduit dans ses fonctions un président qui avait vos faveurs, situerez-vous votre prochain roman outre-Atlantique ?   

Joël Dicker : J'ignore encore de quoi seront faites les prochaines années, mais il y aura en tout cas un prochain livre. Se déroulera-t-il aux États-Unis ? C'est très probable. Non pas parce que Barack Obama a été réélu, mais parce que je ressens un grand intérêt personnel à y situer mon intrigue. Peut-être parce que cela me permet de créer un lien avec ce pays. Vivre à cheval entre la Suisse et les USA. Cela a quelque chose de très plaisant pour moi.

Portrait of Orleans par Edward Hopper
huile sur toile reproduite en couverture du livre