Entretien avec Jackie Grandchamps,
guide touristique



Le mot juste : Où êtes-vous née, quelle est votre langue maternelle et où habitez-vous?


Jackie : Je suis née à Liège, dans le sud-est de la Belgique où l'on parle français, et non néerlandais comme dans la partie nord-ouest du pays. Ma mère est luxembourgeoise, mais mon père, francophone, a tenu à ce que mes sœurs et moi ne soyons élevées qu'en français. Je le regrette maintenant, car en ayant des notions de luxembourgeois, j'aurais eu plus de facilite a apprendre le néerlandais et l'allemand qui sont aussi les langues nationales de la Belgique. Aujourd'hui, je parle plus souvent anglais puisque j'habite a San Leandro, en Californie, et cela depuis 1995.


Le mot juste : D'après ce que j'ai compris, vous avez effectué un changement de carrière radical après votre installation aux États-Unis. Pouvez-vous nous en dire plus?


Jackie : En Belgique, j'ai fait des études scientifiques en zoologie, puis en biologie à l'université de Liège, où j'ai obtenu un doctorat en biologie moléculaire. Pour effectuer mon post-doc, j'ai choisi la Californie, et c'est à l'université de Stanford que j'ai été engagée par un laboratoire pour faire de la recherche sur le cancer.


Quelques années plus tard, avec l'explosion des start-ups, j'ai décidé de changer de domaine et de faire de la recherche comportementale concernant les utilisateurs de ce nouvel outil qu'était Internet. Mais, là encore, le contact avec les gens me manquait et, en 2003, j'ai décidé de créer ma propre entreprise. C'est dans le tourisme que j'ai décidé de me lancer, ce qui me permettait de réaliser mes envies d'interactivité avec les gens et aussi de créer un pont entre mon lieu d'origine, l'Europe et les États-Unis.


Le mot juste : À l'heure actuelle, vous accompagnez des groupes d'Américains en Europe pour des circuits culturels, des stages de peinture ou des ateliers de cuisine. Comment ça marche?


Jackie : Je créé des circuits dans les endroits que j'aime et que je veux faire découvrir aux Américains, ou plutôt aux anglophones, car mes clients viennent parfois du Canada, d'Australie ou des Îles britanniques. Les circuits durent huit jours. Les participants me retrouvent dans le pays choisi, et je les prends en charge dès leur arrivée; ils n'ont plus à se soucier de quoi que ce soit. À bord d'un minibus confortable, je les conduis sur tous les lieux de visite ou de dégustation, sur les sites à peindre ou chez les grands cuisiniers pour des cours de cuisine. En fin de séjour, je les ramène à la gare ou à l'aéroport.

En Belgique, nous visitons la Wallonie et les Flandres: visite de Bruges et de Bruxelles, journée consacrée à la 2ème guerre mondiale; atelier de confection de spéculoos et dégustation de chocolat; découverte de la Mer du Nord à Ostende et goûter chez l'habitant.


En Suisse, loin des foules cosmopolites qui inondent Interlaken, mon circuit propose une découverte de la région de la Gruyère et des bords du lac Léman: visite de Gruyère et de son château, du Grand chalet de Balthus et du château Chillon; dégustation de plats locaux chez l'habitant, de vin et de chocolat, marché de Vevey;…


Le mot juste : Quand vous organiser un séjour de cuisine, quels plats préparent les américains de votre groupe? Reçoivent-ils des conseils des chefs locaux? Est-ce que la nourriture préparée est aussi bonne que celle qu'on trouve dans les restaurants locaux?


Jackie : Pour l'instant, nous organisons des séjours de cuisine en Provence. Les participants préparent des plats typiques de la région, comme la ratatouille, des plats à base de foie gras ou de melon qui est une spécialité locale. Les chefs français non seulement donnent des conseils et aident à la préparation, mais nous les accompagnons sur les marchés locaux où ils nous expliquent comment reconnaitre des produits frais.


Quant au goût des plats préparés, sans vouloir me vanter, ils sont meilleurs que ceux servis dans les restaurants. Les produits que nous utilisons sont frais du marché, ou même cueillis par nous le jour même. En effet, lorsque nous préparons la ratatouille, nous allons dans un jardin biologique, avec le chef, et nous ramassons les légumes directement. Les produits ne pourraient pas être plus frais.


Le mot juste : Vous travaillez avec un contact dans la région Rhône-Alpes, dans le Sud de la France. Quelles sont ses qualifications et quelle est sa contribution?


Jackie : Valérie Sans habite effectivement cette région de France. Elle a deux maîtrises, une en littérature française et, l'autre, en littérature anglaise. Elle a enseigné pendant trois ans aux États-Unis en tant que boursière Fullbright. Elle a donc une connaissance approfondie des cultures française et américaine.
Son rôle est d'établir des contacts locaux pour mes voyages, et également de rechercher les endroits stratégiques qui intéressent les américains sans que ce soient des visites touristiques organisées par tous les voyagistes.




 Valérie Sans

Le mot juste : Organisez-vous également des voyages en Californie pour les francophones?

Oui, depuis quatre ans, j'organise des visites à la carte pour individuels ou petits groupes francophones à San Francisco et alentours. J'organise soit des visites à pied dans la ville, soit des visites en voiture. Les clients peuvent choisir ce qu'ils veulent visiter et le temps qu'ils souhaitent passer avec moi. Cela varie d'un à plusieurs jours.
Tous mes voyages, que ce soit en Europe ou en Californie, sont décrits en détail sur mon site Internet : 
www.frenchescapade.com

 

 


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One response to “Entretien avec Jackie Grandchamps,
guide touristique”

  1. Le lien du site pour les francophones interesses par une visite en Californie est:
    http://frenchescapade.com/californie.html