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Le 12 août : le 27ème anniversaire de la mort de Jean-Michel Basquiat à l’âge de 27 ans

 

Notre nouveau contributeurJohn Wellington est un artiste new yorkais qui puise son inspiration dans les œuvres des Vieux Maîtres, les icônes religieuses et populaires, le cinéma et la musique. Il est fasciné par la dévotion, l'idolâtrie et l'utilisation de l'imagerie féminine et masculine dans l'art et la vie. Il a exposé à New York, Los Angeles, San Francisco, Miami, Paris et Londres.  On peut voir sa peinture sur le site Web :johnwellington.com

 

  Wellington re BasquiatBasquiat JW portrait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Huile sur panneau d'aluminium,
122 cm x 64 cm,  2010

Voir au-dessous l'explication  de la
legende du tableau [*]

John Wellington dans son atelier 

Voir "Studio Visit" au-dessous [**]

 

John Wellington vient de sortir une trilogie intitulée Idols Demons Saints, une série de livres électroniques tirée de ses carnets de croquis, montrant le processus de création du premier trait de plume jusqu'à l'œuvre d'art achevée. (Voir John Wellington : Idols, Demons and Saints de la plume de James F. Cooper)


Nous sommes infiniment reconnaissants à M. Wellington d'avoir accepté de nous donner le point de vue d'un artiste sur Jean-Michel Basquiat, une opinion plus personnelle que celle de n'importe quel critique d'art. Le patronyme Wellington peut évoquer des liens britanniques et le prénom de Jean-Michel  peut paraître typiquement français. Pourtant, l'un et l'autre ont grandi à New York. Le père de Basquiat était haïtien et sa mère d'ascendance porto-ricaine. Alors, qui était Jean-Michel Basquiat (1960-1988) ? Un artiste, un musicien et un réalisateur américain qui se fit connaître avec SAMO© [1], une signature de graffiti utilisée de 1977 au début de 1980. Elle accompagnait de courtes inscriptions, tantôt poétiques, tantôt sarcastiques, essentiellement “bombées” dans les rues du bas de Manhattan.[2]

 

Basquiat - Fight for Street Art


Du graffitisme, Basquiat passa à la peinture sur toile. Il n'était pas aussi connu que son ami Andy Warhol, mais ses œuvres expressionnistes et primitivistes, sur les thèmes du racisme, de l'identité culturelle et de la tension sociale ont été exposées dans des galeries et des musées aux États-Unis et à l'étranger.

Il mourut en 1988 (à 27 ans et il y a 27 ans), d'une surdose d'héroïne et de cocaïne, mais sa renommée demeure intacte. Voici deux exemples de la persistance de sa popularité : – l'exposition “Jean-Michel Basquiat: Now’s the Time”, présentée pendant trois mois, un peu plus tôt cette année, au Musee des beaux-arts de l’Ontario (à Toronto, Canada), première grande rétrospective de Basquiat au Canada, réunissant environ 85 tableaux de grandes dimensions ;

Basquiat now's the time  Basquiat AGO


– et la présentation de quelques-unes de ses œuvres à la Galerie Bruno Bischofberger (à Zurich, Suisse) dont le propriétaire était, de leur vivant, l'ami de Warhol et de Basquiat.

                                    Warhol, Basquiat & Bischofberger

[1] Signature associée à Jean-Michel Basquiat, dérivée de "same old shit", abrégé en "Same Old" puis en SAMO, tout court.
[2] Downtown Manhattan désigne l'extrémité de l'île de Manhattan, au sud de la 14ème rue. 

Traduction de cette préface et du texte qui suit, redigé par John Wellington: Jean Leclercq. Original English version

Découverte de très anciens fragments du Coran

Comme le fond des océans, les réserves des bibliothèques sont encore loin d'avoir livré tous leurs trésors. Il y a peu, nous relations la découverte d'un First folio de Shakespeare dans une bibliothèque municipale du nord de la France. Cette fois, c'est un très ancien (sinon le plus ancien) fragment du Coran qui a été découvert à la bibliothèque de recherche Cadbury de Birmingham (Royaume-Uni). Cette découverte revêt une très grande importance pour tous les musulmans ainsi que pour tous ceux qui Yacine Benachenhous'intéressent à l'histoire des religions. Nous avons donc demandé à notre fidèle collaborateur Yacine Benachenhou, traducteur et écrivain, de traduire l'article publié à ce sujet dans le journal britannique, TheTelegraph du 22/07/2015. Au cours des prochains mois, nous publierons un article dans lequel ce même auteur traitera plus précisément du Coran, le livre saint des musulmans.

De très anciens fragments du Coran ont été découverts  l’Université de Birmingham.

Coran fragment

Des analyses au carbone 14 d'un manuscrit écrit sur des peaux de mouton ou de chèvre ont permis de dater le document entre 568 et 645. Cela en fait au moins un livre vieux de 1370 ans et l’un des plus anciens manuscrits que l'on possède dans le monde.

Les pages du livre sacré des musulmans ont dû être gardées dans une collection contenant d’autres livres et documents moyen-orientaux. Le livre sacré est demeuré inconnu dans la bibliothèque de l’université pendant près d’un siècle.

De longues années durant, ces documents ont été mal reliés. Il en est allé de même  d’autres pages de Coran manuscrites remontant à la fin du septième siècle. Un doctorant a étudié les deux parchemins et en a conclu qu'il fallait étudier sérieusement les deux documents.

Rappelons que Tony Blair lit le Coran chaque jour, et que Michael Gove a dit que l’on devrait envoyer des exemplaires du Coran dans les écoles.

Les tests faits par l’Université d’Oxford au carbone 14 ont permis de faire remonter les documents au temps du Prophète Mahomet. On pense généralement que Mahomet a vécu entre 570 et 632,  avec une précision de 95 %.

Susan Worrall, la directrice des collections spéciales de l’Université de Birmingham, a dit : « La datation au carbone 14 a donné des résultats excellents. Cela contribue fortement à notre compréhension des plus anciens exemplaires écrits du Coran. Nous sommes émus, car un document historique important est ici à Birmingham, la ville la plus cosmopolite de Grande-Bretagne. »

Le professeur David Thomas, qui enseigne le christianisme et d’Islam, a ajouté : « La datation au carbone 14 des pages de Coran de Birmingham a donné un résultat merveilleux. Il a dévoilé l'un des mystères les plus orientaux des collections de l’Université. Ils pourraient bien nous ramener quelques années avant la révélation de l’Islam. »

« Selon la tradition musulmane, le prophète Mahomet a reçu la révélation et c'est ce message qui a constitué le Coran, le livre sacré des musulmans, entre 610 et 632, date de la mort du prophète Mahomet [Muhammad]».

Le docteur Muhammad Isa Waley, expert de la bibliothèque anglaise et spécialiste de ces manuscrits a ajouté : « C’est une découverte passionante. » Les chercheurs ont dit que le manuscrit était la plus ancienne preuve matérielle et tangible de la rédaction du Coran que l'on connaisse à ce jour.

Ce document fait partie du fonds de manuscrits moyen-orientaux Mingana qui se trouve à la bibliothèque de recherche Cadbury de l'Université de Birmingham.

Article paru dans le Telegraph et traduit en français par Yacine Benachenhou.

Voici le lien qui permet d'accéder à l’article original en anglais :

http://www.telegraph.co.uk/news/religion/11754962/Oldest-fragments-of-the-Koran-found-in-Birmingham-library.html

Oldest Pages Of The QURAN From 576 AD Found In Birmingham University

 

Lecture supplémentaire :

Le Coran

A la une, 14 Sep 2015 :

Oldest, Longest Ancient Egyptian Leather Manuscript Found
Discovery.com

 

 

David Jemielity – linguiste du mois de juillet

 


DJ photoCe mois-ci, nous accueillons Monsieur David Jemielity, chef des services de traduction de la Banque Cantonale Vaudoise (BCV), et chargé d’enseignement à la Faculté de Traduction et d’Interprétation de l’Université de Genève, qui a bien voulu nous recevoir au siège de la banque, à Lausanne (Suisse).


—————————————————————–

 LMJ : Monsieur Jemielity, vous êtes né et vous avez grandi dans les plaines de l'Indiana. Après de brillantes études à Amherst et à Oxford, vous vous êtes orienté vers la traduction, d'abord en freelance puis en entrant à la BCV en 2002. Vous êtes maintenant traducteur en chef de cette grande banque régionale suisse. En plus, vous jouez un rôle important dans la communication en langue française de la BCV, étant le responsable de sa campagne de communication institutionnelle 2015-2018, projet dont vous avez également assuré la direction éditoriale. Avouez que ce parcours n'est pas banal ! Comment êtes-vous arrivé à ces importantes responsabilités qui concernent maintenant aussi bien la création de contenus que leur traduction ?

BankBanque Cantonale Vaudoise, Lausanne 

DCJ : Figurez-vous que tout a commencé avec trois écrivains du 18ème siècle, David Hume, Jonathan Swift et Laurence Sterne. J'étais fasciné dès mes études de licence par la philosophie « empirico-sceptique » de Hume, la satire « pyrotechnique » de Swift et le mélange des deux qu'on retrouve chez Sterne. Puis j'ai eu envie, vers la fin de mes études post-grades, de mieux connaître leur proche cousin francophone, Diderot, pour consacrer une partie d'une thèse de doctorat aux rapports entre son œuvre et celle de Sterne. Seulement, je ne parlais que peu le français. (Bien que j'aie suivi quelques cours de français à l'université, mes études portaient sur la littérature anglaise et la philosophie.)

Un séjour en terre francophone s'imposait donc. J'ai intégré successivement les universités de Paris, Lausanne, Genève et Neuchâtel, en tant que Lecteur ou Assistant, en enseignant principalement la littérature anglaise, surtout celle du XVIIIème. Et c'est comme ça que j'ai eu l'occasion de mieux apprendre le français et de m'intéresser à la traduction.

Quant au fait de m'être vu confier des responsabilités dans la création de contenus en langue française, à mon avis il s'agit finalement presque d'un corollaire logique de l'approche de la traduction qui est la mienne, où tout tourne autour des objectifs et enjeux de communication des contenus à traduire. D'ailleurs, dans l'équipe on est plusieurs à créer des contenus pour la BCV en plus d'en traduire : ma collègue anglophone Rosie Wells à conçu et écrit toute une section de notre site web à l'attention des nouveaux arrivants dans le Canton de Vaud, et notre traductrice francophone Belen Tartaglia crée très régulièrement des textes en langue française pour la banque. Nos traducteurs allemands, dirigés par Marek Boudny, font aussi du copywriting. Notre approche brouille donc très volontiers donc la frontière entre traduire des contenus et les créer.

 

Les Jeux Spéciaux :
école de courage, de persévérance et de ténacité

Olympics-logoQuelques  réflexions autour du grand événenent qui se déroule à Los Angeles le 25 juillet – 2 aout

 

 

Plusieurs devises insistent sur l’importance de la participation aux épreuves sportives, plutôt que sur la victoire.
 
L'une d’elles, par exemple, qui fait partie du serment des athlètes des Jeux Spéciaux : « Let me win. But if I cannot win, let me be brave in the attempt.” (Que je gagne. Sinon, que j'échoue bravement.)  
 
Reach croppedLet me win
 
C’est une devise qui a été choisie par la fondatrice des Jeux Spéciaux, Eunice Kennedy Shriver [1]. Elle s'inspire du serment que prêtaient les gladiateurs de la Rome antique. L’insistance sur le courage qui anime des gens frappés d'incapacités et qui s’efforcent de les surmonter, est très bien formulé dans un article de Huffpost Sports (26/7/2015) sur les Jeux qui se déroulent actuellement à Los Angeles Celebrities ranging from Maria Shriver to Stevie Wonder praised the athletes' courage and determination.”  

Un nouveau livre crée l’événement

– lui aussi grâce à la découverte d'un manuscrit longtemps ignoré

Seuss what pet should I getSur ce blog, nous avions récemment annoncé (Actualités littéraires aux États-Unis) la parution le 15 juillet du second livre de Harper Lee Go Set a Watchman. Ce qui a fait l'objet d'un très grand battage médiatique allant bien au-delà des cercles littéraires et lui a valu d'aller droit au sommet de la liste des meilleures ventes, ce avant même d'être publié. Cette semaine a vu un deuxième évènement littéraire majeur, la parution aujourd'hui, le 28 juillet chez Random House de What Pet  Should I Get ? écrit par un emblème de l'Amérique, l’auteur et illustrateur de livres pour enfants Dr Seuss, de son vrai nom Theodor Seuss Geisel (1904-1991).

SEUSS stampSEUSS 2

 

Les deux auteurs ont connu un immense succès. Le premier livre de Lee, To Kill a Mockingbird, édité pour la première fois en 1960, a été traduit en français et dans de nombreuses autres langues; Watchman doit paraître chez Grasset en octobre sous le titre de Va et poste une sentinelle. Les oeuvres de Dr Seuss se sont vendues à 600 millions d'exemplaires [1] (en incluant les titres français comme Les Oeufs au Jambon, Poisson Un / Poisson Deux /Poisson Rouge / Poisson Bleu et Le Chat Chapeauté). Néanmoins, tous les deux sont sans doute moins bien connus en dehors des États-Unis qu'ils ne le sont des lecteurs américains.

Ce qui donne l'opportunité de juxtaposer et de comparer brièvement ces deux récentes parutions.

Ce que ces livres ont en commun ce n'est pas seulement la proximité des dates de parution, mais également l'historique de deux manuscrits écrits il y a des dizaines d'années (Watchman en 1960 et What Pet Should I Get? entre 1958 et 1962) et qui n'ont été découverts que récemment. La veuve de Seuss avait mis la main sur le manuscrit de To Get a Pet peu après son décès, mais l'avait laissé de côté et il n'a été redécouvert qu'il y a deux ans.

Pour les écrivains en herbe, ce devrait être une source d'encouragement d'apprendre que Watchman, dit avoir été écrit avant To Kill a Mockingbird, s'est vu refusé d'édition et qu'il en a été de même pour le premier livre de Seuss And to Think that I saw it on Mulberry Street, refusé par pas moins que 29 éditeurs !

Certes, Dr Seuss écrivait pour des jeunes enfants, des lecteurs très différents de ceux de Harper mais, il faut rappeller qu'une partie du succès de Harper Lee tient au fait que To Kill a Mockingbird a été un manuel scolaire imposé à des générations d'écoliers aux États-Unis.

Les livres de Dr Seuss occupent également une place importante dans l'histoire de l'enseignement aux E.U. On leur attribue le mérite d'avoir changé les habitudes de lecture de millions d'enfants américains et d'avoir fait de la lecture un apprentissage divertissant.

Comme une critique le dit (en vers) :

Dr. Seuss helped us learn how to read,
Boomers, X-ers and millennials all.
He made up new words — like “lightninged” and “nerd,”
And also made reading a ball!

Un film a été tiré de To Kill a Mockingbird avec, en premier rôle, Gregory Peck.

Quatre livres de Seuss ont fait l'objet d'une adaptation cinématographique plusieurs années après leur première parution :

How the Grinch Stole Christmas (2000)

The Cat in the Hat (2003)

Horton Hears a Who! (2008)

The Lorax (2012)

Random House a doublé, en avril, le premier tirage de What Pet Should I Get ? Des 500.000 exemplaires prévus, ils sont passés au million, tellement la demande était grande.

La semaine passée, le livre a fait la Une de La Critique littéraire du New-York Times, ce qui dit bien l'importance accordée à tout nouveau livre écrit par Dr Seuss, décédé il y a 24 ans. [2] [3]

Mais malgré l'importance attribuée à cette dernière publication d'un livre de Seuss, il est peu probable qu'elle génère autant de bruit que le précédent grand évènement de la scène littéraire simplement parce que What Pet Should I Get ? sera déjà le 47e livre de Dr Seuss. [4] 

Seuss Make up mind

image de What Pet Should I Get? 

Il reste à savoir quand une traduction en français paraîtra.

Des précédents livres de Dr Seuss ont été traduits en français par Anne-Laure Le Ray.

Anne-Laure


Jonathan G.  

[1] comparé aux livres Harry Potter vendus à 450 millions d'exemplaires.

[2] Trois autres livres ont été publiés à titre posthume

[3] Harper Lee, âgée de 89 ans, vit de façon retirée et, selon certains comptes rendus, souffre d'amnésie. Il n'a donc pas été possible d'éclaircir le brouillard de mystère ou de toutes théories de conspiration qui entourent la pause dans sa carrière de 55 ans avant que Watchman ne fasse surface de façon aussi théâtrale.

[4] dont 44 ont été illustrés en personne par Dr Seuss.

video-clip 2:15 minutes

 

Lectures supplémentaires :

 "The Paris Book" de Marian Parry  et  "Stoner" de John Williams

Dr. Seuss Book: Yes, They Found It in a Box
The New York Times, July 21, 2015

Reading Aloud to My Daughter, From Prison
The New York Times, July 7, 2015

What Pet Should I get? Dr. Seuss's Previously Unseen Illustrated Wink at the Paradox of Choice and the Fear of Missing Out
Brain Pickings

 

L’interprétation – une profession dangereuse

En directe des Jeux olymiques spéciaux

Special Olympics World Games 2015

 

Olympics-logoIl y a quelques jours, je vous ai annoncé (« Actualités sportives et humanitaires ») que je serais interprète de français aux épreuves de judo des Jeux olympiques spéciaux de 2015, organisés à Los Angeles.

Depuis lors, la cérémonie d'ouverture a eu lieu en présence Stevie Wonderde Michelle Obama, Première dame des États-Unis, de Stevie Wonder et d'autres artistes assurant l'accompagnement musical. 

6 500 concurrents et 2 000 entraïneurs venant de 165 pays parlant 71 langues, ainsi que presque 10 000 bénévoles sont prêts à participer aux épreuves.

 J'interviendrai à partir d'aujourd'hui, le premier jour des épreuves.  Certes, j'ai déjà interprété dans toutes sortes de situations, mais celle-ci risque bien d'être la plus intimidante de toutes. En effet, il faudra non seulement m'adapter aux accents des sportifs de cinq délégations francophones, mais aussi maîtriser la terminologie japonaise de base utilisée dans cette discipline.

Mon chef est Kenji Osugi, le professeur de judo de la Université de Californie à Los Angeles (où se tient la compétition). Que me fera-t-il si je déraille ? Me neutralisera-t-il par plaquage au sol ou étranglement (shimewaza) ?   

Etranglement

Jusqu'ici, plusieurs de mes missions d’interprétation ont été des défis redoutables. Parmi mes clients, j'ai eu un juge d’instruction français venu à Los Angeles, dans le cadre d'une commission rogatoire, pour enquêter sur des Saïf al-Islam Kadhafi accusations de proxénétisme visant Saïf al-Islam Kadhafi [1], le fils de Mouammar Kadhafi dans le sillage des festivités de son 40ème anniversaire, célébrées en grande pompe à l’Hôtel Ritz de Cannes et auxquelles avaient été invitées une centaine de top-modèles du monde entier ; Alain-juppeAlain Juppé, l’ex-premier ministre de la France, reçu à Los Angeles à la tête d’une délégation d’experts du domaine de l'environnement ; un Français qui avait fui la justice américaine et que le FBI avait piégé aux Îles Vierges américaines où il avait été arrêté et rendu à la justice californienne ; et le père d'Hugues de la Plaza, un ingénieur français assassiné à San Francisco, à l'occasion d'une reconstitution in situ du crime pour les besoins de l'émission de télévision « 48 hours ». Évidemment, chacune de ces missions s'est soldée par des nuits blanches, mais aucune d’entre elles ne m'a fait craindre d'être l'objet d’une mae sutemi waza (sacrifice dans l’axe) ou d'un eyoko sutemi waza (sacrifice sur le côté), une réponse que l'entraïneur Kenji Osugi n’aura pas de difficulté à me livrer.

Judo_throw_1

Restez à l'écoute.

Jonathan G.

Mis à jour, 28/7/2015

  SG JJG

Pratiquant ma défense contre une attaque éventuelle 

 
[1] Un tribunal libyen a condamné Kadhafi à mort le lendemain de la parution de cet article.
Le Parisien 26.07.2015
 
 
Special Olympics Takes on the World
The New York Times, July 27, 2015
 
 

Actualités sportives et humanitaires


 
 – en direct de Los Angeles

Olympics-logoLe 25 de ce mois débuteront à Los Angeles, les Jeux olympiques spéciaux. Ces jeux, auxquels participeront des personnes atteintes de déficiences intellectuelles, seront le plus grand événement sportif et humanitaire organisé dans le monde en 2015.

Jonathan, votre fidèle bloggeur, y interviendra comme interprète bénévole des cinq délégations francophones qui participeront aux épreuves de judo.

Après la fin des Jeux, le 2 août, nous publierons le compte-rendu qu'il aura préparé pour nos lectrices et lecteurs.

 
 
 

le video clip du mois – passer le sel

Passe-moi le sel, et je te passerai la moutarde !  

 

1.41 minutes

[Voir aussi : le mot valise du mois – phubbing]

Note historique et linguistique:

Pendant un repas, il convient de ne pas se passer le sel de la main à la main, car cela porterait malheur. Il faut poser la ­salière sur la table pour que son convive la saisisse.

Cette croyance remonte à la Rome antique. A l’époque, le sel était une denrée rare, essentielle pour conserver les aliments et versée comme salaire aux légionnaires.

Salt  Roman soldierLe mot anglais "salary" et le mot français "salaire" sont dérivés du mot latin "salarium", dont la signification était la somme donnée aux soldats pour acheter leur sel. (Le Robert, Etymologie du français, Jacqueline Pichoche., Nouvelle Édition 2009) -  donc ration de sel.

Au Moyen Age, le sel n’a plus été utilisé comme rémunération mais est cependant resté un ingrédient cher, à manipuler avec précaution.

Il pouvait même représenter jusqu’à 10 % des dépenses d’une famille de paysans en France.

 

 

Waterloo, creuset de l’Europe ?

 

Brexit puzzleDans son édition du 18 juin dernier, notre confrère Le Monde se fend exceptionnelle-ment d'un éditorial en anglais intitulé  "Britain beware, 'Brexit' could be your Waterloo."  (« Messieurs les Anglais, le Brexit pourrait être votre Waterloo »). Titre quelque peu codé puisqu'il comporte une allusion à la bataille de Fontenoy et une autre à celle de Waterloo, encadrant le néologisme Brexit, contraction de Britain exit : la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne [1] . À bien y songer, le carnage de Mont Saint-Jean, s'il a marqué la fin de l'épopée napoléonienne et le début de la suprématie britannique en Europe, a aussi instauré un siècle de paix relative sur le continent et permis un remarquable essor de l'économie, des sciences, des arts et des lettres. Donc, à quelque chose malheur est bon. Partant de là, les auteurs de Waterloo Cameroon cartoon l'article mettent en garde leurs amis d'outre-Manche contre la tentation du splendide isolement et le chant des sirènes de Nigel Farage, les conjurant de rester membres de l'Union européenne lorsque leur Premier ministre, M. David Cameron, leur donnera l'occasion de choisir par voie de référendum. Comme en 1815, amis britanniques, votre avenir est en Europe !

 J.L.

FrancoisePour commenter de façon plus approfondie (et, peut-être, plus humoristique) l’éditorial du Monde, nul ne nous a semblé mieux placé que Françoise Pinteaux-Jones, Française d’origine qui vit depuis longues années en Angleterre, et dont le nom de famille à lui seul sous-entend le degré d'immersion dans les deux pays et les deux cultures.  Voici ce qu'elle nous écrit :

 

—————————————————————–

Waterloo CharlesOn a marqué en grande pompe au Royaume Uni le bicentenaire de la bataille de Waterloo. Une imposante cérémonie fut célébrée à St Paul en la présence du Prince Charles et de son épouse, la Duchesse de Cornouailles qui partageait avec d'autres invités la distinction d'avoir eu un ancêtre ayant participé à la bataille. Des expositions, des reconstitutions historiques, émissions de radio et de télévision ont marqué « Waterloo 200 », dont une sérialisation du 'pavé' Roberts d'Andrew Roberts (1000 pages sur Napoleon the Great) fort opportunément  sorti ces jours-ci. Il s'agit en l'occurrence d'un pavé dans la mare car l'auteur, dont la réputation nationaliste n'est plus à faire s'y montre « par moment d'une obséquiosité embarrassante » (dixit The Independent), bien dérangeante en tout cas pour un public que n'embarrassent pas les clichés de la propagande de l'époque – fort bien illustrée par ailleurs dans une exposition au British Museum.

 

Tous à la Bastille!

 

Julia Frey  © (julia.frey@aya.yale.edu)

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Julia Frey est le pseudonyme de Julia Bloch Nolet, notre invitée d'honneur.

Ce billet a été écrit tout spécialement pour Le mot juste en anglais. Titulaire d'un doctorat de français de l'université de Yale, Julia est l'auteure de la biographie Toulouse-Lautrec: A Life. Elle partage sa vie entre Paris et la Côte d’Azur. Son blog,  " Amuse Bouche, a sporadic column on the perils of learning French", présente aux anglophones un aperçu de la vie en France et de la langue française.  Voir aussi : www.JuliaFreyAuthor.com/bio/ 

 

Warning. You can wish someone Joyeux Noël, Joyeuse Saint-Valentin, or Joyeuses Pâques, but you don’t say “Happy Bastille Day”… 

 

Or Bastille Day at all. In France, the national holiday is called la Fête Nationale française (abbreviated Fête Nat. on calendars) or more simply le 14 Juillet. So, I asked Isabelle and Colette, how come English speakers call it Bastille Day and the French DON’T? This apparently innocent question opened up a can of worms (which the French would call “un guêpier”—a hornet’s nest—or “un sac de noeuds”—a bag of knots). My friends had lots of theories on the matter. Although nobody seems to know who first used the expression in English, they both thought a reasonable explanation is that French and non-French alike recognize the taking of the Bastille as the beginning of the French Revolution, and a symbolic victory for “les droits de l’homme” (human rights).