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The Language of Food – recension

Jc-trimmed and gold (1)Notre nouvel invité, Jim Chevallier, qui habite North Hollywood (Californie), est historien culinaire, spécialiste de la gastronomie française du haut Moyen Âge et de l'histoire du pain français. Il a rédigé deux livres sur l’histoire du pain : About the Baguette: Exploring the Origin of a French National Icon et August Zang and the French Croissant: How Viennoiserie Came to France. Traducteur du français vers l’anglais, spécialisé en gastronomie, il s’est attelé à la traduction de l’ouvrage Histoire de la vie privée des Français depuis l'origine de la nation jusqu'à nos jours de Pierre Jean-Baptiste Le Grand d’Aussy, lequel constitue le premier livre d’histoire exhaustif de la cuisine française, publié en trois volumes. M. Chevallier a publié plusieurs traductions d’extraits de cet ouvrage, dont le plus populaire est A History of Wine in France from the Gauls to the Eighteenth Century. Il a également traduit plusieurs livres de recettes de cuisine médiévale, dont Le Viandier de Taillevent (How To Cook A Peacock: Le Viandier: Medieval Recipes From The French Court)Notre invité a aussi contribué à la rédaction d’importants ouvrages de référence, notamment le Dictionnaire Universel du Pain (Laffont, 2010), Oxford Encyclopedia of Food and Drink in America (seconde édition, 2012) et Consuming Culture in the Long Nineteenth Century (2010).

 

Jim book 1        JIM Above the BaguetteJIM Book 3


Voici par la suite son analyse de l'important livre,
The Language of Food, redigé par Dan Jurafsky, professeur de linguistqiue et d'informatique à l'université de Stanford, dans la Californie.

Language of Food
L'analyse de Jim Chevallier a été traduite de l'anglais par notre contributrice dou
ée et fidèle, Isabelle Pouliot, traductrice agréée de l'anglais vers le français de l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ).  http://traduction.desim.ca

Isabelle_Pouliot (1)

 

                                                                   Isabelle Pouliot                                                                     

Lorsqu'on voit un livre sur la nourriture écrit par un linguiste, on peut croire qu'il s'agit d'un autre livre populaire qui « révèle » l'origine des mots liés à la nourriture d'une manière divertissante, mais superficielle; on peut également s'attendre à ce que le livre soit une réflexion aussi sérieuse et complexe que la pensée structuraliste sur la Dan Jurafskymode de Roland Barthes. Dan Jurafsky (à gauche) est tout à fait qualifié pour écrire sur cette question : il enseigne la linguistique à l'Université Stanford en Californie et est un lauréat d'un prix MacArthur ("Genius Grant") . Cependant, il ne s'emprisonne pas dans le carcan de sa prodigieuse érudition et il semble allergique, ou, à tout le moins, indifférent au jargon. Quant aux origines des mots liés à la nourriture, il en explique évidemment quelques-unes, mais d'une manière qui est tout sauf superficielle. De plus, il ne se limite pas à étudier la nourriture avec pour seules lorgnettes celles de la linguistique, de l'étymologie et d'autres domaines connexes : plusieurs chapitres traitent des messages implicites des menus, des critiques de restaurants et des listes d'ingrédients. Dans d'autres chapitres, il examine la grammaire de la cuisine, c'est-à-dire comment, dans différentes cultures, la séquence des services de nourriture provoque des attentes en matière de plats de la même manière que la grammaire d'un locuteur anglophone le prépare à attendre le verbe peu de temps après un nom, tandis qu'un locuteur germanophone attend patiemment le verbe à la fin d'une phrase.

Traductions intimes


Avec
Google Translate, une ville espagnole lance un « festival du clitoris » !
 
Ce devait être un festival gastronomique en l'honneur du grelo, cette feuille de navet qui est un aliment de base dans la ville d'As Pontes, en Galice, dans le nord-ouest de l'Espagne.
 
 
Mais, ces derniers mois, c'est à d'autres réjouissances que la petite ville a convié la population. Ayant eu recours à Google Translate pour traduire en castillan le terme galicien grelo, elle en est venue à inviter les gens à un festival du clitoris !
 
« La surprise fut totale, » a déclaré Monserrat Garcia, porte-parole de la ville au journal britannique Guardian. « D'abord, nous n'en avons pas cru nos yeux. »
 
Les édiles d'As Pontes (11.000 habitants) avaient rédigé l'annonce du festival annuel en galicien, une des langues officielles de cette région d'Espagne et avaient eu recours à Google Translate pour en obtenir une version en espagnol.
 
 
Sans s'aider de Google Translate, Renault ne fait pas mieux !
 
Renault
 
 
Les constructeurs d'automobiles consacrent d'énormes budgets aux études de marché et au choix des noms qu'ils donnent à leurs véhicules. Première conséquence de l'abandon des langues mortes dans l'enseignement français, la méconnaissance du grec a probablement conduit les marketistes de Renault à baptiser leur nouvelle berline Koleos. Or, ce mot grec désigne ce que l'anatomie appelle la gonade mâle, et le profane, le testicule [1] . Certes, les hellénistes ont immédiatement compris le message commercial : c'est un moyen crypté de dire que cette voiture est à la portée de toutes les bourses… Mais, tant pis pour ceux qui comprendront de travers !
 
[1 Le dictionnaire Larousse en six volumes donne la définition suivante :

COUILLE : nom féminin (bas latin colia ; latin coleus ; grec koléos, proprement: fourreau, gaine). Trivial pour testicule.

Le mot de l’année choisi par les dictionnaires d’Oxford est…

Tears-of-joy

 

Oui, c’est exact. Pour la première fois, ce que les dictionnaires d’Oxford ont choisi comme « Mot de l’année » est un pictogramme : Tears-of-joy, officiellement appelé l’émoticône « visage avec larmes de joie » que vous connaissez peut-être sous d’autres noms. D’autres prétendants sérieux étaient en lice, depuis tout un éventail de domaines, cités ci-dessus [*] , mais Tears-of-joy a été choisi en tant que « mot » reflétant le plus fidèlement l’esprit, l'humeur, et les préoccupations de 2015.


Un projet insolite :

une collaboration écosso-norvégienne à très long terme
 

L'artiste écossaise Katie Paterson a lancé un projet artistique centennal, La Bibliothèque de l'Avenir - Framtidsbiblioteket, pour la ville d'Oslo, capitale du royaume de Norvège.

 
Un millier d'arbres a été planté dans la forêt de Nordmarka, aux environs d'Oslo. Ils fourniront le papier nécessaire à la parution d'une collection exceptionnelle de livres qui sera imprimée dans cent ans. D'ici là, il sera demandé chaque année à un écrivain de fournir un texte qui sera conservé en lieu sûr et restera à l'état de manuscrit jusqu'en 2114.

C'est à Margaret Atwood, l'auteure, poétesse, essayiste et critique littéraire, plusieurs fois primée, que l'on a demandé de fournir la première œuvre de la Bibliothèque de l'Avenir.
 
Margaret Atwood

 

 Katie Paterson                                                                               Margaret Atwood

L’autre Einstein

Michel ZakheimAlbert Einstein a publié sa Théorie générale de la relativité en 1915. Nous avons d'abord songé à célébrer cet anniversaire mais, en cherchant un angle d'approche original qui nous distinguât de la grande presse, nous sommes tombés sur un membre de sa famille, moins connu mais tout aussi intéressant, sa fille Lieserl.


Personne n'est plus qualifié pour narrer à nos lecteurs l'histoire peu banale de Lieserl et de ses rapports avec le savant allemand que
Michele Zackheim, auteure d'EINSTEIN’S DAUGHTER: The Search for Lieserl (et Zakheim - Einstein's Daughter d'autres ouvrages fascinants [1]). Pendant de nombreuses années, elle a travaillé dans les arts visuels en tant que muraliste, artiste d'installation, graveuse et peintre. Ses œuvres ont été largement exposées et figurent parmi les collections permanentes du Musée national des femmes artistes de Washington et de nombreux autres musées des États-Unis. Elle est titulaire de deux distinctions de la Fondation nationale (américaine) pour les Arts. Michele Zackheim enseigne l'écriture créatrice inspirée d'une perspective visuelle à l'É
cole des arts visuels de la ville de New York. Elle a très aimablement accepté de nous donner l'article qui suit.

 ————

      En 1987, The New York Times a fait état de la découverte d'une correspondance amoureuse entre Albert Einstein et Mileva Marić. On y apprit qu'en 1902, avant leur mariage, ils avaient eu une fille du nom de Lieserl. Jusque-là, il n'avait jamais été question de Lieserl dans la biographie d'Einstein.

Zackheim MilevaMileva Marić et Albert Einstein

        J'ai été intriguée à l'idée qu'au fin fond des Balkans se cachait le mystère d'un enfant manquant d'Albert Einstein dont le destin, qui plus est, demeurait inconnu. Aussi impétueusement que naïvement, je décidai alors de la retrouver.

        Il me fallut près de sept ans pour écrire Einstein’s Daughter: The Search for Lieserl. Mes recherches m'entraînèrent dans de longs voyages à Londres, Berlin, Zurich, Berne et Budapest, en plus de trois séjours en Serbie – deux fois pendant la guerre qui faisait rage là-bas et une fois quand renaissait l'espoir d'une solution.  

      Albert Einstein avait toujours été mon idole. Dans ma petite ville de Californie, c'était le seul personnage juif qui échappât au discours antisémite. Il ne m'était jamais venu à l'idée que je puisse un jour le détester profondément. Et pourtant, c'est ce qui se produisit.  

* * *     

 

Zackheim EE

      Evelyn à l'âge
         de 18 ans

       Un jour de 1994, je circulais sur l'autoroute qui longe la baie de San Francisco jusqu'à Albany (Californie). C'était un jour de brouillard et les effluves marines embaumaient l'air de la baie. J'avais un rendez-vous avec Evelyn Einstein, la petite-fille d'Albert. Une première rencontre qui allait marquer le début de quinze ans d'une amitié mouvementée. 

        Evelyn m'accueillit à l'entrée de sa demeure et revint vite s'asseoir dans un fauteuil roulant décoré de babioles en plastique Star Trek aux  couleurs criardes. C'était une femme lourde, d'allure assez quelconque, avec des cheveux poivre et sel coupés courts. Elle portait un pantalon noir, des sandales Birkenstock fauves et un chemisier écarlate. (Chaque fois que je l'ai rencontrée au cours des quinze années qui suivirent, elle portait toujours le même chemisier, propre et bien repassé.) Autour du cou, un collier auquel était attachée une broche en argent Star Trek, munie d'un bouton.

        « J'aime appuyer sur ce bouton, » me dit-elle après m'avoir serré la main. « Regardez. » Elle appuya et le gros bruit qui me surprit la fit éclater de rire.

        Alors qu'elle m'entraînait dans la salle de séjour, entre des piles de cartons humides, j'avais l'impression d'un retour en arrière et de me retrouver dans les pièces des maisons de sa grand-mère Mileva à Titel et à Novi Sad, en Serbie. Le mobilier d'Evelyn était du même style – lourd, noir et peu accueillant. Impossible de dire si les tissus d'ameublement étaient gris ou tout simplement miteux.

        Quelques jours plus tôt, un tuyau d'eau avait sauté et inondé le séjour. Les tables étaient couvertes de piles de papiers mouillés. Des cartons fangeux s'entassaient sur le canapé. J'allais vite m'habituer à ce décor : un dépôt de souvenirs chaotique et sens dessus dessous.   

        Lorsque j'essayais de compatir à ses ennuis, elle me rit au nez. “Oh, ne vous inquiétez pas,” dit-elle. “Ma maison est toujours un peu en désordre.” 

        Evelyn m'invita à déplacer quelques cartons et à m'asseoir sur un canapé défoncé. Elle reprit place dans son fauteuil roulant, en face de moi.

       “Voulez-vous m'excuser” dit-elle, “d'être aussi peu présentable pour vous accueillir mais, voyez-vous, ma mère ne m'a jamais appris à m'habiller. Et, comme vous pouvez le constater,” ajouta-t-elle en accompagnant son propos d'un ample geste du bras, “j'ai hérité du côté  souillon de ma famille. Je ne suis pas élégante. Il faudrait me tuer pour me faire porter des bas nylon. J'ai toujours eu les hauts talons en  horreur ! De toute façon, j'essaie de me fondre dans la masse.”

       Tout à coup, toutes sortes de pendules se mirent à sonner.

       “J'ai vingt carillons suisses,” dit Evelyn, dominant le vacarme, *et j'adore la cacophonie.” 

        Evelyn semblait éprouver un plaisir pervers dans la confusion.  J'appris vite qu'au téléphone ou en personne, elle entamait toujours une conversation avec prudence. Si je l'entretenais de ma famille, elle commençait à s'animer. Lorsque nous en étions au milieu de notre entretien, elle parlait librement et facilement, avec un humour merveilleusement pétillant. Et je pouvais toujours compter sur ses analyses vivantes – et originales – de la politique mondiale.    

        Evelyn était souvent difficile à vivre, mais j'appréciais son intelligence perspicace et son humour.  Lorsque je la rencontrais, je pouvais lui faire plaisir en l'emmenant à son restaurant de sushi favori de Berkeley et en lui offrant tout ce qu'elle voulait. Une fois, en fin d'après-midi, après un monceau de sushi, elle me dit : “Le plus souvent, je suis seule. Je vis assez recluse. Mes problèmes contribuent à faire le vide autour de moi. Je me sens totalement abandonnée. Un jour viendra où vous-même sortirez de ma vie. Vous n'avez que patience à prendre.”

        De nombreuses années passèrent avant que ses exigences et son insatiable besoin d'attention finissent par m'épuiser, exactement comme elle l'avait prédit.

        Mais, rétrospectivement, elle était la seule de cette famille à posséder un sens de l'humour.

* * *

        Hans, le fils d'Einstein, et sa femme Frieda avaient adopté Evelyn par l'intermédiaire d'une institution de Chicago. On lui avait dit que ses parents étaient de simples travailleurs agricoles. Mais, Frieda avait confié à une amie intime qu'en réalité Evelyn était la fille d'Albert ; qu'elle était le fruit de l'une de ses nombreuses liaisons. [2] Einstein avait insisté pour que Hans l'adopte, malgré une épouse malade à l'époque. 

        Je ne connais pas la vérité, bien que j'aie appris cette histoire de plusieurs sources.

        Evelyn tenta de faire analyser l'ADN d'Einstein à partir de  fragments de son cerveau. “La cervelle du grand homme s'était à ce point désintégrée dans le formol qu'elle était inutilisable. Mais,” disait-elle, “Il reste à se demander si deux travailleurs agricoles du Middle West pouvaient avoir une fille possédant mon QI.” Celui d'Evelyn Einstein était de 178. 

        “Hans Albert, mon père adoptif, peut en fait être mon frère – et mon frère, Bernhard, mon neveu. Et quand je suis de bonne humeur, tout ce scénario me procure un délice pervers !”

        Evelyn n'aimait pas l'image emblématique d'Einstein tirant la langue. Elle a été prise il y a 64 ans, après un anniversaire fêté au Princeton Club. Albert était fatigué et voulait qu'on cesse de le photographier. C'est compréhensible, n'est-ce pas? Mais, pourquoi cette photo a-t-elle été considérée comme révélatrice de son humour ? Il n'avait pas envie d'être drôle ; il était détestable. Tirer la langue est considéré comme un geste de mépris, une insulte. Mais, l'auréole de sainteté qui nimbait Albert Einstein avait la vie dure. Il était devenu une icône.

Zackheim Einstein tongue

        Certes, il était souvent amusant, captivant et plein de sagesse – mais toujours avec ses amis, ses amantes et le grand public, pas avec les siens. En famille, il était bourru et rancunier. Son entourage ne m'a jamais raconté une anecdote amusante à son sujet.

        En 1997, à l'approche de l'anniversaire d'Evelyn, je lui demandai ce qu'elle désirait le plus au monde. “Je voudrais rencontrer l'acteur Robin Williams. C'est la personne la plus intelligente, la plus drôle et la plus intuitive que j'ai vue.”

Zackheim Robin Williams

        J'écrivis à Robin Williams et, en l'espace de deux semaines, j'obtins de lui un rendez-vous avec Evelyn. Tous deux vivaient dans la région de San Francisco. À l'heure dite, il se rendit en voiture chez Evelyn, accompagné de son secrétaire. Ils passèrent deux heures ensemble. Elle était transportée. Au téléphone, après l'entrevue, sa voix semblait plus optimiste que jamais auparavant. Je lui demandai comment s'était déroulée la rencontre.    

         “Je ne me rappelle pas avoir rencontré une personnalité célèbre,” me répondit-elle.  Je lui en rappelais quelques-unes : son grand-père, Robert Oppenheimer, la fille de Churchill, l'amorce d'idylle entre elle et le neveu d'Edward Teller.

 

   
   Robert Oppenheimer                                                                                                      Edward Teller

 

“Ils n'étaient pas du même calibre !” s'exclama Evelyn. “C'étaient des gens ordinaires, Williams est exceptionnel.”

Michele Zackheim,  traduction Jean L.  ENGLISH VERSION

[1] Le premier roman de Michele, Violette’s Embrace, raconte la démarche d'une artiste américaine lancée sur les traces de l'écrivaine et héroïne culte française Violette Leduc. Broken Colors, narre l'itinéraire du peintre Sophie Marks de l'Angleterre de l'après-guerre 39-45 au Paris de la même époque, à la campagne italienne et jusque dans le sud-ouest des États-Unis. Le plus récent des romans de Michele,  Last Train to Paris raconte l'histoire de Rose Manon, en poste à Paris comme correspondante étrangère et qui se trouve prise au piège de la terreur. Des décennies plus tard, il lui faut gérer les conséquences d'une décision qui lui a arraché le cœur. Ce roman se situe dans la tradition des succès de librairie tels que la Suite Française d'Irène Némirovsky.

      

Violet's Embrace                            Broken Colors                     The Last Train to Paris

 

[2] Note historique :

Lieserl, la fille d'Albert Einstein et de Mileva Maric, est née à Titel (Voïvodine) en 1902, avant leur mariage. Albert habitait à Berne au moment de sa naissance et ne l'a jamais vue. En fait, il a même refusé d'aller la voir à Titel. Mileva passa un an avec Lieserl en Voïvodine, avant de rejoindre Albert à Berne et de l'épouser. Lieserl, confiée à ses grands-parents maternels, mourut lors d'une épidémie de scarlatine, vers l'âge de trois ans. Aucune trace de sépulture n'a été retrouvée.
Dans mes entretiens avec Evelyn Einstein, celle-ci émit souvent l'idée qu'elle était le produit d'une liaison qu'Albert Einstein aurait eue avec une danseuse à New York. Toutefois, le seul document que j'aie pu trouver concernant Evelyn a été son acte de naissance, lequel indique qu'elle est née en 1941, « hors des liens du mariage », d'un jeune couple du Middle West. Hans Albert et Frieda Einstein l'adoptèrent par l'intermédiaire d'une institution d'adoption de Chicago. Selon Evelyn, Albert Einstein estimait que son fils et sa belle-fille devaient l'adopter pour deux raisons : 1) ils venaient de perdre un enfant, et 2) lui-même se sentait coupable d'avoir abandonné Lieserl en 1902.

 

 

 

 

L’orthographe des débats présidentiels en ligne :

La rigueur syntaxique correspond-elle à l'orientation politique ?

La syntaxe des gens de gauche est-elle plus rigoureuse que celle des gens de droite ? La question pourrait paraître incongrue si, la science politique accordant toujours plus d'intérêt aux analyses de contenu, des chercheurs ne s'étaient avisés d'étudier les commentaires formulés sur Facebook par les partisans des candidats aux prochaines élections présidentielles américaines. Certes, la division gauche-droite n'est pas aussi nette aux États-Unis que dans les pays européens, et il serait réducteur de classer ainsi les deux grands partis américains. Disons plutôt, très schématiquement, que les Républicains privilégient la liberté et les Démocrates chérissent l'égalité.

Presidential Grammar 1 Presential debates 2

 

 

 

            
          candidats républicains                       candidats démocrates

 

 

 

 

 

La méthode utilisée

L'étude a été entreprise par l'application correctrice d'épreuves Grammarly, en analysant l'orthographe et la syntaxe des commentaires déposés par les uns et les autres sur les pages Facebook des candidats aux prochaines élections présidentielles. Les chercheurs ont commencé par sélectionner les commentaires d'au moins 15 mots exprimant un avis positif ou neutre. Après ce premier criblage, ils ont analysé 180 de ces commentaires retenus au hasard pour chaque candidat. L'analyse a porté d'abord sur la qualité orthographique des textes (nombre de fautes pour 100 mots), puis sur la richesse de l'expression (nombre de mots recherchés pour 1.000 mots).

Les résultats

Un partisan des Démocrates commet en moyenne 4,2 fautes, alors qu'un partisan des Républicains en fait 8,7. Du point de vue de la richesse de l'expression, les partisans des Démocrates ont un vocabulaire plus étendu puisqu'ils utilisent 300 termes recherchés pour 1.000 mots, contre seulement 245 pour 1.000 du côté des Républicains.

COMPARAISON ENTRE PARTISANS DES DÉMOCRATES ET PARTISANS DES RÉPUBLICAINS, DANS LES DÉBATS SUR FACEBOOK

Nb. de fautes/100 mots
Nb. de termes recherchés/1.000 mots
Nb. moyen de mots par commentaire

 

[Graphique de Dylan Petrohilos, à partir de données Grammarly]

Discussion

Certes, du côté des Républicains, il y avait davantage d'occasions d'erreurs puisque les candidats étaient près de trois fois plus nombreux et que beaucoup d'entre eux sont suivis sur Facebook par un bien plus grand nombre de commentateurs que les Démocrates. Globalement, dans le camp des Républicains, le nombre moyen de membres Facebook était de 1,1 million, contre environ 591.000 chez les Démocrates. Le groupe dans lequel les chercheurs ont sélectionné l'échantillon de 180 commentaires était donc bien plus grand chez les Républicains que chez les Démocrates. Ainsi, l'ancien gouverneur du Rhode Island, Lincoln Chafee, n'est suivi sur Facebook que par 9.526 personnes alors que Donald Trump est suivi par 3,8 millions de membres.

Selon le Grammarly, l'ex-gouverneur Lincoln Chafee attire les meilleurs en grammaire, alors que les soutiens de Donald Trump sont ceux qui font le plus de fautes.

CLASSEMENT DES MEILLEURS EN GRAMMAIRE PARMI

LES PARTISANS DES CANDIDATS À LA PRÉSIDENCE

Candidat

Nb. de fautes pour 100 mots

Nb. de termes recherchés pour 1.000 mots 

Grammar chart

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[Graphique de Dylan Petrohilos, à partir de données Grammarly)

Parmi ceux qui ne se classent pas dans les dix premiers figurent l'ex-gouverneur de Floride Jeb Bush — dont les partisans n'arrivaient qu'en 12ème position avec 7,9 fautes pour 100 mots – et le sénateur Marco Rubio (Rép.-Floride), dont les partisans se situaient en 17ème place avec 8,8 fautes pour 100 mots. Les partisans de Donald Trump fermaient la marche et portaient la lanterne rouge. Leur mépris des règles d'orthographe et la pauvreté de leur expression n'a rien d'étonnant puisque leur candidat n'a pas l'habitude de traverser dans les clous !

Ce classement, de l'aveu même de ses initiateurs, se voulait « un regard amusé sur la façon dont écrivent les partisans des candidats ». Toutefois, il se peut aussi qu'il soit le reflet de la structure sociologique des deux électorats. Traditionnellement, les Démocrates représentent les milieux populaires, mais aussi les intellectuels du pays, tandis que les Républicains incarnent plutôt la petite bourgeoisie et les milieux d'affaires. Faut-il alors s'étonner si les premiers formulent des commentaires plus soignés et dans une langue plus recherchée, alors que les seconds, plus impulsifs, sont peut-être davantage enclins aux jugements à l'emporte-pièce, formulés dans une langue plus relâchée ?

Jean Leclercq

 

N.B. Ce qui précède est largement inspiré d'un article d'Emily Atkins, paru le 6 octobre 2015 dans Thinkprogress, intitulé : New analysis ranks presidential candidates by their supporters' grammar.

“This is not just an attack on Paris, it’s an attack not just on the people of France but this is an attack on all of humanity…” President B. Obama, 13 November 2015.

 

" We are reminded in this time of tragedy that the bonds of liberté, égalité and fraternité are not only values that the French people care so deeply about but they are values that we share….”

 

 

My message to the French people is simple : « Nous sommes solidaires avec vous.»

 

 Des lumières de solidarite :

Le Royal National Theatre à Londres
(Royaume-Uni)

Sydney Opera House
à Sydney (Australie)

           Dublin (Irlande)

 

 Le Metropolitan Opera de New York joue La Marseillaise

World shows its support for France after deadly attacks
PRI's the World
November 13, 2015

2015 : année donquichottique

Donquijote by Honoré_Daumier

                 Huile sur toile par Honoré Daumier

Cette année marque le quatre-centième anniversaire de la publication d'El ingenioso hidalgo Don Quijote de la Mancha, l'immortel chef-d'œuvre [1] de Miguel Cervantes de Saavedra (1547-1616), ou plutôt de la seconde partie des aventures du Chevalier de la Triste Figure, la première partie étant sortie en 1605. D'ailleurs, peu s'en fallut que cette suite ne soit jamais connue. En effet, c'est parce qu'un faussaire du nom d'Alonzo Fernandez de Avellaneda avait eu l'insolence [2] de faire paraître, à Tarragone en 1614, une prétendue suite à la première partie que Cervantès reprit la plume pour achever enfin le récit auquel il travaillait depuis dix ans, nous léguant ainsi l'œuvre complète en 1615, juste avant de mourir. [3]

 

Cervantes portrait"Celui que tu vois ici avec son visage aquilin, les cheveux châtains, le front lisse et découvert, les yeux vifs, le nez recourbé, quoique bien proportionné, la barbe d'argent (il n'y a pas vingt ans qu'elle était d'or), la moustache grande, la bouche petite, les dents peu nombreuses car il ne lui en reste plus que six, encore mal conditionnées et plus mal rangées, ….. est l'auteur de la Galatée, du Don Quichotte de la Manche et d'autres œuvres qui courent le monde à l'abandon et peut-être sans le nom de leur maître. On l'appelle communément Michel de Cervantès de Saavedra."