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Susan Vo, linguiste du mois d’août 2018

 

Susan VO_headshot 1Ce mois-ci, notre invitée est canadienne. Jonathan G. a mené l'interview qui suit en anglais par Skype et de Los Angeles. Il l'a publiée des Îles Pender (entre la ville de Vancouver et la grande île éponyme, au Canada). Jean L. a assuré la traduction de l’entretien.

Susan Vo a obtenu un baccalauréat en histoire et une maîtrise en interprétation de conférence à l'Université d'Ottawa. Elle a passé un an à l'Institut libre Marie Haps de Bruxelles (Belgique), dans le cadre du programme Erasmus. Par la suite, elle a suivi une formation post-secondaire à l'Institut des Études internationales de Monterey*, en Californie. Après avoir acquis de l'expérience en travaillant comme interprète français anglais pour le gouvernement fédéral canadien et l'Organisation des Nations Unies, elle est actuellement établie comme indépendante et assure des services d'interprétation, de multilinguisme et d'organisation de conférences.

* rebaptisé depuis Middlebury Institute

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Le Mot juste : À l'âge d'un mois, avec vos parents, vous avez fui le Vietnam déchiré par la guerre, dans un bateau de pêche voguant vers Singapour. De là, votre famille s'est rendue à Calgary (Canada) où elle a pu se reconstruire. Avez-vous conscience qu'une partie de vous-même est restée en Asie ? 

Saigon Calgary



Susan VO_headshot 1Ce que je savais du Vietnam s'est d'abord limité à ce qu'on m'en avait dit, à la langue que je parlais et à la culture dans laquelle je baignais dans un contexte strictement familial et tout en grandissant au Canada. Si bien que la découverte de ce qui demeurait en moi d'asiatique ne s'est confirmée qu'à l'occasion de mes premiers voyages là-bas, dans la vingtaine. Ce qui m'a frappée dans cette région du monde et qui n'a cessé de m'impressionner au fil des ans, c'est sa richesse. Il y a là-bas une richesse culturelle et historique qui oscille entre le torturé et le sublime, et aussi une énergie qui anime toute la région, doublée d'un désir des gens d'aller de l'avant et d'épouser l'avenir.  C'est une dichotomie qui m'habite : bâtir à partir de ce qui est inné en nous, tout en enjambant la somme de nos expériences, à mesure que nous nous ouvrons à de nouvelles connaissances et que nous appréhendons l'inconnu. Aussi, ne dirais-je pas qu'une partie de moi-même soit restée là-bas, mais plutôt que le pays représente, occupe, un espace important de mon coeur. À un niveau beaucoup plus terre à terre, je crois que j'aime la cuisine vietnamienne – l'italienne la talonne d'un cheveu – et que j'adore vivre dans un climat tropical chaud. Cela, j'en suis sûre !

 

Le 23 août – anniversaire de l’exécution de Sacco et Vanzetti

Un "procès inéquitable", tel qu'il fut ressenti en Italie

 

Madeleine


Nous sommes heureux de retrouver Madeleine BOVAnotre 
fidèle collaboratrice et correspondante en Italie, qui a rédigé l'article suivant.

 

 

 
Résumé des faits.

S & V 1Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti, un méridional des Pouilles et un septentrional du Piémont, avaient émigré aux États-Unis en 1908. Ils clamaient tous deux leurs idées socialistes, anarchistes et pacifistes. Ils s'étaient rencontrés à l'occasion d'une réunion d'anarchistes, dans le Massachusetts, en mai 1917. Sacco était cordonnier dans une manufacture de chaussures, Vanzetti, un peu plus exposé et ayant eu maille à partir avec la justice pour sa propagande anarchiste, s'était vu refuser bon nombre d'emplois. Finalement, il s'était installé poissonnier.

En 1920, dans le climat de peur du socialisme et d'hostilité envers les étrangers qui régnait en Amérique du Nord, l'un et l'autre sont déjà suspects à leur insu.
En avril 1920, un cambriolage à la Staler and Morrill Shoe Company, au cours duquel deux hommes sont abattus, attire l'attention sur eux. En mai, ils sont arrêtés comme "personnes suspectes" puis inculpés, bien que des témoins oculaires (Carrigan, Bostock et Wade), présents sur les lieux du crime, aient déclaré qu'ils ne pouvaient voir en eux des suspects. En juillet, ils sont reconnus coupables de meurtre et condamnés à la peine capitale. Le juge Webster Thayer n'hésite pas à les qualifier de "bastard anarchists" et de "wops " (terme péjoratif pour désigner les Italiens). De leur côté, Sacco et Vanzetti ont toujours clamé leur innocence.

L’anglicisation au Canada

L'insidieuse invasion
L’insidieuse invasion — Observations sur l’anglicisation
,
 Michel Rondeau

Edition : Somme toute (le 26 mars 2018) 

 

RECENSION

 

 

Grant Hamilton updatedGrant Hamilton, traducteur agréé et président-fondateur d’Anglocom, Inc., cabinet de traduction de Québec, est membre du conseil d'administration du Musée de Charlevoix, de l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes du Québec et du Prix international du Duc d'Édimbourg. Conférencier et formateur en demande, il organise régulièrement des séminaires de traduction et compte plus de 4 200 abonnés à son fil Twitter sur les questions de langue. Son livre, Les trucs d'anglais qu'on a oublié de vous enseigner, a paru en 2012 aux éditions L'instant même.

 

 

J’étais sûr d’aimer le livre de M. Rondeau, moi qui suis si passionné par la langue, qui peste contre les anglicismes inutiles au Québec et qui me demande toujours, avant de voter, quel parti va le mieux défendre le français… J’avais hâte d’explorer avec lui ses réflexions sur tant de questions.

Par exemple, pourquoi les Québécois se formalisent-ils tant des shopping, parking, start-up, business plan et autres tournures hexagonales tout en accueillant si facilement en leur sein tant de mots arrivés directement de l’américain ? Où tire-t-on la ligne et pourquoi le fait-on à cet endroit ?

Et cette sacrée Montréal, chassé-croisé linguistique s’il en est un. Pourquoi les Montréalais changent-ils si souvent de langue ? Comment se fait-il qu’on puisse entendre parler un français impeccable chez ses voisins de table au resto pour se rendre compte quelques minutes plus tard que ce même monde parle maintenant anglais ?

Et puis, les différences socioéconomiques. Est-ce grave si le mécanicien parle de clutch plutôt que d’embrayage ? Et quand le propriétaire de Porsche dont il répare la voiture dit embrayage, est-ce bien pour parler ou pour affirmer son statut social ?

Le 300e anniversaire de  la fondation de la ville de Nouvelle-Orléans

Jean-Baptiste


Colloque international pour la Commémoration du 300e anniversaire de  la fondation de la ville de Nouvelle-Orléans

Le Centre de la Francophonie des Amériques est heureux de s'associer à la commémoration du 300e anniversaire de  la fondation de  la ville de Nouvelle-Orléans en 1718, par Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, un des fils de Charles Le Moyne de Longueuil, fondateur de la ville de Longueuil. 

Ce colloque se déroulera le 25 août 2018 et  réunira 6 conférenciers de renom venus de différentes régions de la francophonie pour rendre hommage à ce personnage important de l’histoire de la francophonie des Amériques.

 

Necking, rubber & rubbernecking  – les mots anglais du mois

 

Le  substantif anglais neck veut dire cou. En langage familier, to neck (ou necking) signifie lutiner, embrasser, caresser amoureusement ou passionnément.

 

NeckingGiraffesHuman embrace

          girafes  se caressant                               humains se caressant

 

Rubber signifie caoutchouc. C'est soit un produit naturel résultant de la coagulation de la sève de certains végétaux, soit un produit de synthèse, couramment utilisé dans la fabrication des pneumatiques et des tissus  imperméables.

En anglais britannique, a rubber (à noter l'article) désigne aussi une gomme, un objet servant à effacer de l'écrit sur un papier. Aux États-Unis, cela s'appelle an eraser.  En anglais américain, a rubber est un préservatif [1]  

Eraser           Condoms
rubber – anglais britannique            rubber – anglais américain

Rubbernecking signifie regarder avec une curiosité excessive, comme un badaud. La badauderie s'applique particulièrement aux automobilistes qui, à l'approche du lieu d'un accident, ralentissent pour voir ce qui s'est passé. On dit de tels badauds qu'ils tendent le cou (to crane one's neck), par allusion au long cou de la grue, et aussi to stretch one's neck ou to gawk (regarder bouche bée).   

Crane (1)
grue

 

Il arrive que ce genre de réaction provoque un embouteillage sur l'autre voie. En 2004, l'Université de Virginie a publié un rapport intitulé: “An Analysis of the Impact of Rubbernecking on Urban Freeway Traffic.”  (Analyse de l'incidence de la badauderie sur le trafic des autoroutes urbaines).

 

Ralentissement de la circulation sur la voie opposée à celle du lieu de l'accident

« ACCIDENT – préparez-vous à regarder bouche bée »

Expressions contenant le mot neck

To get it in the neck

En prendre pour son grade

To be stiff-necked

Être entêté

To break one’s neck

Se casser le cou

To breath down someone’s neck

Talonner quelqu'un

To run neck and neck

Concourir à égalité

To save one’s neck

Sauver sa peau

To stick one’s neck out

Se mouiller, s'exposer

To win by a neck

Gagner d'un poil

 


[1]  Selon Le Robert, condom, emprunté à l'anglais  condom, est « vieux ou didactique ». En tout cas, sans aucun rapport avec la sous-préfecture du Gers!   

Jonathan GOLDBERG

Traduit de l'anglais par Jean LECLERCQ

Letters to the Irish Times

Sir, – I was surprised to read that the higher-level Leaving Certificate French paper made reference to “jeunes leaders” in wonderful Franglais, as opposed to “jeunes dirigeants”, as approved by the Académie française. No doubt it was for the benefit of those exempt from taking Irish. – Yours, etc,

CLÍONA NÍ RÍORDÁIN,
Université Sorbonne,
Paris.

June 16, 2018

 

Sir, – I am writing à propos of Clíona Ní Ríordáin’s complaint (June 16th) of a crime of lèse-majesté against the French language by the use, quelle horreur, of the word “leaders” in a French Leaving Certificate paper.

May I suggest that, au contraire, it was the mot juste in the context of discussing a new generation of young European politicians. Effective communication in a Francophone world requires words which are not necessarily de rigueur with the Académie française.

Rather than being evidence of some fin-de-siècle malaise, I suggest that incorporating foreign words into French shows that it a living, global language. Rather than a coup de grâce, it is a tour de force. The leader of the Irish equestrian team is the chef d’équipe: a soupçon of French adds a certain je ne sais quoi, n’est-ce pas? – Yours, etc,

DERVAL DUGGAN,

Ballinteer
Community School,
Dublin 16.

June 19,2018

Fabienne Bergmann – linguiste du mois de juillet 2018

Pour l'amour de la langue

FabienneNotre nouvelle contributrice, Fabienne Bergmann, traductrice hebreu>francais (ainsi que anglais), fait partager sa passion tant pour sa langue maternelle que sa langue adoptée. Son site se trouve à www.traduc71.com 

Fabienne est née et a grandi en à Strasbourg et elle est venue en Israël à l'âge de 18 ans. Elle a étudié l'histoire et l'histoire de l'art à l'Université Hébraïque de Jérusalem et  possède une maîtrise d'histoire. Elle a aussi un diplôme d'enseignement de l'hébreu et pendant dix ans a enseigné l'hébreu comme langue étrangère à l'Université Hébraïque ainsi que dans nombre d'autres cadres à des populations variées. Fabienne a étudié la traduction à l'université Bar-Ilan et est traductrice-interprète. Elle suit régulièrement des cours de perfectionnement de l'Académie de la langue hébraïque. Elle a traduit vers le français et vers l'hébreu nombre de pièces de théâtre, de la littérature, de la poésie, des livres et articles scientifiques, des documents commerciaux et juridiques. Fabienne fait de la traduction simultanée et a écrit romans et nouvelles dans les deux langues.

Fabienne est comédienne amateur et a joué dans plusieurs pièces, dont une de son cru, De Minsk à Pinsk, en français et en hébreu.

Elle a  trois enfants et huit neuf petits-enfants.

Ben YehudahFabienne Bergmann dévoile dans l'interview qui suit son rapport à l'hébreu moderne de Eliezer Ben Yehuda.

Les propos ci-dessous ont été recueillis par Nicole Perez et l'entretien a été publié dans l'édition française du JERUSALEM POST le 16 fevrier 2018. La dernière question a été redigée par Jean Leclercq et posée à Mme. Bergman de la part du blog.

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Pensez-vous en français ou en hébreu ?

Bonne question. Je me pose moi-même souvent la question dans quelle langue je rêve, et là, je n'ai pas de réponse évidente. Par contre, au niveau de la réflexion consciente, j'en ai et c'est incontestablement : dans les deux langues. Cela dépend sans doute du sujet appréhendé, du contexte ou des personnes ou textes éventuellement impliqués.

L’Ultime Démarche : La France veut détrôner l’anglais de l’UE

AudreyPouligny (2)L'article qui suit a été traduit par notre contributrice,  Audrey Pouligny, à partir d'un article qui est paru recemment dans Wall Street Journal.  Audrey est une juriste qui traduit de l’anglais vers le français en mettant au service de ses clients sa connaissance approfondie du droit civil et de la common law. Elle est admise au Barreau de Paris et bénéficie d’une expérience en contentieux, tant en France qu’aux Etats-Unis, dans des domaines de droit variés. Audrey est membre de la Northern California Translators Association (NCTA) et de la American Translators Association (ATA). Quand Audrey ne traduit pas, on peut la trouver dans un studio de danse en train de prendre un cours.

À l'heure où le Royaume-Uni négocie dans la perspective de quitter l'Union Européenne au printemps prochain, le Président français Emmanuel Macron suggère de faire du français la lingua franca de l'UE en lieu et place de l'anglais.

Cependant, remplacer l'anglais ne sera pas chose aisée pour le futur bloc des 27 pays de l'UE. De ses 24 langues officielles, il en résulte 552 combinaisons de traduction, aboutissant ainsi à un nombre très élevé et très peu commode, exigeant de fait un raccourci. Selon les statistiques officielles, l'anglais est de loin la première langue enseignée dans les pays appartenant à l'UE. Pour plus de 80 % des élèves du primaire et plus de 95 % des élèves du secondaire, l'apprentissage de l'anglais devance toute autre langue. Et pourtant, le Brexit est synonyme de rétrogradation pour l'anglais. Aujourd'hui, l'anglais est la langue officielle de 12,8% des 511 millions d'habitants de l'Union. Après le départ de la Grande-Bretagne, l'anglais ne sera plus que la langue officielle de deux pays au sein de l'Union : l'Irlande et Malte.

La Présidente lituanienne Dalia Grybauskaite a déclaré que toute décision concernant le régime linguistique de l'Union ne saurait être « dissociée » de la réalité. « L'anglais est la langue la plus usitée afin de communiquer au sein de l’Union et les gens continueront à l'utiliser, d'autant plus qu'il s'agit de l’une des langues officielles de l'Irlande et de Malte. »

Un défi somme toute plus modeste, mais peut-être pas moins colossal pour autant, consisterait en l'amélioration de l'utilisation de l'anglais au sein de l'UE. Le principal organisme de traduction de l'Union Européenne déclare que 81 % des documents de l'Union sont rédigés en anglais, 5 % en français, 2 % en allemand, et le reste dans les 21 autres langues. Pourtant, seulement 2,8% du personnel de l'UE est britannique. Ce déséquilibre a incité le traducteur anglais Jeremy Gardner à rédiger un guide de mots et de phrases fréquemment utilisés à mauvais escient. Ce dernier explique que beaucoup de formulations étranges sont le résultat de traductions du français faites à moitié.

Le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, originaire du Luxembourg, s'exprime fréquemment en public tant en français qu'en allemand. Ce dernier s'avère être un allié du Président Macron dans sa bataille pour la restauration de la place de la France. « Pourquoi la langue de Shakespeare devrait-elle être supérieure à celle de Voltaire ? » s'interrogeait-il récemment sur la télévision française. « C'est à tort que nous nous sommes tant anglicisés. » 

 

BREXIT – perspective linguistique
21/-6/2016

Brexit and standard English
Irish Legal News
1/7/2016

Brexit : le français peut-il redevenir la langue de travail de l'Union européenne ?
TV Monde, 11 aout 2018

 

Brexit c. Bernard-Henri Lévy

 

Isabelle PouliotL'article qui suit a été traduit par notre fidèle contributrice, Isabelle Pouliot, à partir d'un article qui est paru dans l’hebdomadaire britannique The Economist. Isabelle est traductrice agréée de l'anglais vers le français de l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ). Elle a adoré se colleter à l’humour typiquement british de l’auteur.

DEPUIS le résultat du référendum sur la sortie de l'Union européenne, un nombre saisissant de Britanniques présentent des symptômes d'une nouvelle pathologie du système nerveux, le « Brexit derangement syndrome » (trouble délirant du Brexit). Ce trouble touche certaines personnalités de premier plan du pays. L'ancien ministre travailliste Lord Adonis a soutenu que le Brexit était « principalement une création de la BBC ». L'ancien stratège de Tony Blair, Alastair Campbell, a tonitrué à la cornemuse l'Ode à la joie [NDT : hymne de l'UE] sur une plage de Brighton.


HenriRécemment, c'est Bernard-Henri Lévy qui a nous démontré que le trouble délirant du Brexit n'est pas une pathologie strictement britannique. Suffisamment célèbre pour être connu sous ses seules initiales, BHL cultive soigneusement son image d'intellectuel français de renom. Il porte de coûteux costumes, des chemises blanches déboutonnées presque jusqu'à la taille et arbore une coiffure savamment érigée. On peut lire régulièrement ses opinions sur une vaste gamme de sujets, allant du génocide à la gastronomie. Il est convaincu que le Brexit rendra l'Angleterre plus insulaire et privera l'UE de son « cœur libéral ». Jusque là, cette sensiblerie l'honore. Cependant, BHL s'est aussi convaincu qu'il est l'homme qui étouffera cette révolte populaire.

C'est ainsi qu'il a interprété en solo le 4 juin dernier au Cadogan Hall de Londres une pièce de théâtre intitulée Last Exit Before Brexit. Au bar, la langue la plus communément parlée était le français, suivi de l'allemand. Les quelques spectateurs qui parlaient anglais s'exprimaient avec un accent des plus distingué. La pièce consiste en un monologue de 90 minutes, dont la chute est : « S'il vous plaît, restez; oui c'est possible, dernière sortie avant le Brexit ».

L'idée qu'un Français occupe les planches d'un théâtre de Chelsea et admoneste les Britanniques pour les faire changer d'avis sur le Brexit est déjà on ne peut plus incongrue, mais l'interprétation de BHL n'a fait que renforcer le côté saugrenu de l'affaire. Il jouait son propre rôle, celui de Bernard-Henri Lévy enfermé dans une chambre d'hôtel de Sarajevo qui prépare un discours sur le Brexit. Il arpentait la chambre de long en large, affichait des images sur l'écran de son ordinateur, parlait au téléphone (participation de Salman Rushdie), s'immerge tout habillé dans une baignoire et passe la dernière demi-heure de la pièce totalement trempé.

BHL a servi des morceaux de choix à son auditoire tiré à quatre épingles : il a dénoncé Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères, comme étant étroit d'esprit (applaudissements nourris); il a énoncé que le Brexit réduira l'Angleterre au statut de petite île (applaudissements encore plus nourris) et a exigé « l'annulation de cette catastrophe » (salve d'applaudissements). Cependant, la plus grande partie de la pièce mettait en valeur ses marottes : la trahison de l'Europe envers les Balkans, la laideur des billets de l'euro (« donnez-nous des visages, pas des ponts! », les excès du mouvement #MoiAussi, sa superbe chevelure et sa remarquable habileté à rendre les femmes rigides lorsqu'elles jouissent. Ce n'était peut-être pas du grand théâtre, mais, jusqu'à présent, c'est la démonstration la plus spectaculaire du trouble délirant du Brexit.

 

Lecture supplémentaire :

Ceux-là avaient flairé le Brexit

BREXIT – perspective linguistique

Brexit and standard English
James Nolan

Irish Legal News

Fighting Brexit, with Six Hundred Croissants
"Ceci n'est pas qu'un crossant"

Histoire, littérature et ballon rond britanniques

Harry & Harry, les deux rois d’Angleterre -  en passant par le prince Harry. 

Comme le savent tous ceux qui ont suivi les cérémonies du mariage du prince Henry, petit-fils de la Reine Elisabeth II, Harry est, souvent, chez nos amis britanniques,  le diminutif d'Henry.

Ainsi, Henri V d'Angleterre (1387-1422), qui régna de 1413  à 1422, s‘appelait « Harry ».  

À la suite de la mort de son père en 1413, Henri prend les rênes du pays, et relance les combats contre les Français, connus sous le nom de guerre de Cent Ans, qui opposent les deux pays de 1337 à 1453.  Ses succès militaires, qui culminent lors de la bataille d'Azincourt, le 25 octrobre 1415, lui font entrevoir la possibilité  de s'emparer du royaume de France. Après plusieurs mois de négociations avec Charles VI (très fragile psychologiquement et sujet à des accès de folie), le traité de Troyes,  signé en 1420, reconnaît Henri régent et héritier du trône de France.  Mais, trois ans plus tard, Henri meurt au château de Vincennes, près de Paris. Par la suite, tous les souverains britanniques portèrent le titre de roi de France, jusqu'à ce que Bonaparte les forçât à y renoncer lors de la paix d'Amiens (1802).

Jusqu'à ces derniers jours, l’Angleterre possédait un nouveau roi Henry – du moins, jusqu'à une certaine défaite face à la Croatie.  Il s’appelait Harry Kane.

Henry 5th   Harry  
Henry V

 Le Prince Henry,

du de Sussex

Harry Kane

Voici une citation d’Henry V, la grande fresque historique de Shakespeare, suivie par un clip vidéo adaptant ce texte au match Angleterre-Croatie, prononcé par l’acteur britannique, Jeremy Irons. [Il faut cliquer deux fois sur l'image du clip.]

 

  Greyhounds

 

L'ardeur légendaire des joueurs croates nous a sans doute évité un nouvel épisode de la longue rivalité entre la France et l’Angleterre, voire une remise en cause des conditions de la paix d'Amiens ! .  

Jonathan Goldberg & Jean Leclercq

Note linguistique.

Le mot cravate est une déformation de croate (hrvat). Sous le roi Louis XIII, fut constitué un régiment de hussards croates qui portaient une écharpe blanche autour du cou. Par la suite, ce régiment devint très officiellement le Royal Cravattes. Le mot cravate fut repris pour désigner la bande de tissu servant à fermer le col de la chemise, accessoire vestimentaire désormais banni du costume, sans doute sous l'influence insidieuse de l'Islam radical qui l'a en horreur ! 

Jean Leclercq