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Aznavour rejoint Bennett sur le Walk of Fame à Hollywood

  Elsa WackNous sommes heureux de retrouver Elsa Wack, notre linguiste du mois de janvier 2014. Elsa, née à Genève, est traductrice indépendante de l'anglais et de  l'allemand vers le français. Titulaire d'une licence ès lettres, ayant aussi fait de la musique, du théâtre et du cinéma, elle aime écrire et sa préférence va aux traductions littéraires. Elle traduit également des textes juridiques, techniques, politiques, humanitaires et financiers. Voici sa nouvelle contribution au blog.

Nous consacrons ces lignes à deux musiciens de plus de 90 ans dont les destins ont fluctué différemment. Plusieurs points communs cependant : tous deux ont désormais leur « étoile » sur le « Hollywood Walk of Fame » ; tous deux ont abrégé leur nom d’origine étrangère : en France, l’Arménien Shahnourh Aznavourian est devenu Charles Aznavour, et aux États-Unis, le Calabrais Anthony Benedetto est devenu Tony Bennett. Tous deux aussi ont su se montrer charitables et tolérants dans la célébrité, Aznavour notamment (mais pas uniquement) en défendant la cause arménienne, et Bennett au point d’être surnommé « Tony Benefit » tant il donnait de concerts caritatifs.[1]

À l'âge de neuf ans, Charles prend Aznavour pour nom de scène et commence au Théâtre du Petit Monde une carrière de chanteur et de comédien. Tony chantait déjà en public à 13 ans  Tous deux furent mariés par trois fois ; Bennett eut quatre enfants et Aznavour en eut six.

 

Aznavour sur le Walk of Fame, Hollywood, 24 août 2017 

 

  Aznavour PiafAznavour, 93 ans, est peut-être l’auteur-compositeur-interprète le plus prolifique du répertoire français. Une partie de ses chansons (La bohême, Je m’voyais déjà, Hier encore) commémore ses années de galère avant qu’il ne soit repéré et lancé, comme une pléiade de chanteurs et de compositeurs, par Edith Piaf. Mais dès lors il n’a plus rien eu d’un bohémien, comme le dit d’ailleurs le dernier vers controversé de la chanson : « La bohême, ça ne veut plus rien dire du tout. » Certains pensent qu’il devrait se retirer car il ne chante plus très juste, mais il est difficile pour un tel monstre sacré de quitter la scène. Aznavour, peut-on lire, a vendu 180 millions de disques et écrit 1300 chansons dans de multiples langues. Sa sensibilité à fleur de peau s’exprime dans des paroles comme

« Emmenez-moi au bout de la terre / Emmenez-moi au pays des merveilles / Il me semble que la misère / Serait moins pénible au soleil »

Tony_bennett_Walk of Fame Tony Bennett, 91 ans, lui, chantait à une age très jeune dans des restaurants italiens de New York où il était serveur. Son père invalide était mort quand il avait 10 ans. Bennett ne composait pas mais a allié à l’art du chant celui de la peinture. Sa traversée du désert, il l’a connue lors de l’avènement du rock qui a supplanté la « pop américaine » qu’il chantait. Notez bien : le terme pop music, comme cool, n’a pas tout à fait le même sens en anglais qu’en franglais. Tony Bennett, donc, fut brutalement supplanté avec Sinatra et les jazzmen à-la-(grand-)papa par les vagues de ce que nous appelons pop-rock, du be-bop et du free jazz ; il dilapida sa fortune et s’adonna à la cocaïne ; mais trouva en l’un de ses fils un appui pour s’en sortir et connaître un renouveau de gloire avec la renaissance du jazz des années 20 à 40. Bennett, depuis, s’est concentré sur ce qu’il appelle « ses classiques » : Cole Porter, Gershwin, Duke Ellington, Louis Armstrong (dit « Pops »), par exemple. Il interprète ainsi les grands standards contenus dans les bibles du jazz que sont ou ont été le Great American Songbook et, pour les « pirates », le Real Book. Son fils gère si bien ses intérêts que je n’ai pas pu entendre sur Internet sa version de la chanson What is this Thing called Love (Porter). On trouve plutôt son duo avec Lady Gaga That Lady is a Tramp (Rodgers).

https://www.youtube.com/watch?v=fvoRQqGZ3Lc

 

 

  Aznavour 1Aznavour comme Bennett a surfé sur la vague des émissions de téléréalité. Auparavant, tous deux ont été également acteurs dans des films de bonne facture. Les peintures de Bennett sont  appréciées et montrées dans des galeries, tandis qu’Aznavour est célébré dans un musée en Arménie, qui porte son nom.

 

Elsa Wack

[1] En anglais, « benefit concert », se prête ici à un joli jeu de mots avec le nom de l’artiste.

Lecture supplémentaire :

Charles Aznavour reçoit son étoile à Hollywood

Deux géants de la chanson populaire américaine

leurs enfants se souviennent

Pour marquer le 40ème anniversaire de la mort d'Elvis Presley (le 16 août 1977) et sans attendre le vingtième anniversaire de celle de Frank Sinatra, l'année prochaine (le 14 mai 1998), nous offrons à nos lecteurs un vidéoclip de la seule interprétation  que ces deux artistes aient exécutée ensemble, avec des commentaires de leurs deux filles respectives, Lisa Marie Presley et Nancy Sinatra, ainsi que ceux de Frank Sinatra junior.

 

 

 

Nicole Nolette – linguiste du mois de juin 2017

 

NN profileL'interviewéeNicole Nolette est professeure adjointe en études françaises à l’université de Waterloo en Ontario, au Canada, depuis juillet 2017. Pour son livre Jouer la traduction. Théâtre et hétérolinguisme au Canada francophone (2015), elle était lauréate du prix Ann-Saddlemyer de l’Association canadienne pour la recherche théâtrale et du prix du meilleur ouvrage en théâtre remis par la Société québécoise d’études théâtrales pour la période 2014-2016. Elle a publié de nombreux articles dans les domaines de la traductologie, du théâtre et des littératures franco-canadiennes. De 2014 à 2016, elle était chercheuse postdoctorale du Conseil de recherches en sciences sociales associée au Cultural Agents Initiative de l’université Harvard.

 

GBL'intervieweuse :  Geraldine Brodie est maître de conférence en théorie de la traduction et en traduction du théâtre, et responsable de la maîtrise en théorie et pratique de la traduction à l'University College London. Geraldine a imaginé et co-organisé la série de conférences Translation in History et le Theatre Translation Forum et elle a été co-rédactrice en chef de la revue en ligne New Voices in Translation Studies de 2012 à 2015.

Ses recherches portent sur les pratiques de traduction du théâtre dans le Londres contemporain, y inclus la collaboration du traducteur dans la production du spectacle, ainsi que l'intermédialité et l'interlinéarité des surtitres. Elle donne fréquemment des présentations sur ces sujets au Royaume-Uni et à l'international et son travail figure dans de nombreuses publications. Geraldine est membre du panel de partenaires d'ARTIS, une nouvelle initiative de formation en recherche dans le domaine des études de traduction et d'interprétation. 

Geraldine est détentrice d'une maîtrise en littérature comparée du University College London et d'un diplôme de premier cycle à Brasenose College, Oxford, où elle s'est spécialisée en linguistique, vieil et moyen anglais et vieux français. Elle a aussi un Diploma de Español como Lengua Extranjera de l'Instituto Cervantes. Les intérêts de recherche de Geraldine comprennent les voix multiples en traduction, la traduction théâtrale directe, indirecte et littérale, l'adaptation et la version, l'intermédialité des surtitres et l'éthique de la traduction. Geraldine est membre de l'Institute of Chartered Accountants in England and Wales et membre du Chartered Institute of Taxation. Sa première monographie, The Translator on Stage, sera publié en décembre 2017 par Bloomsbury. 

Elle a été notre linguiste du mois d'août 2016.

 
L'interview suivante a été menée  par Skype entre Londres et Ottawa.
CLICK HERE FOR ENGLISH TRANSLATION BY GERALDINE BRODIE


GB : Votre récent livre, Jouer la traduction, [1] interroge le théâtre traduit et bilingue issu de contextes canadiens où le français est une langue minoritaire. Comment vous êtesvous intéressée à ce sujet? Quelle était votre expérience du français au Canada?

NN book cover

NN :Je me suis intéressée au théâtre bilingue (français-anglais) et à sa traduction vers 2005, en étudiant avec Louise Ladouceur au campus francophone de l'Université de l'Alberta (Campus Saint-Jean). Je m'intéressais alors au théâtre bilingue de l'Ouest canadien, et je considérais qu'au lieu d'envisager la traduction de ce théâtre comme une impossibilité (comme une intraduisibilité), on pourrait l'envisager comme un jeu. J'ai ensuite voulu voir si ce jeu de la traduction pourrait se produire ailleurs, dans d'autres conditions postcoloniales ou diglossiques, par exemple. J'ai choisi d'étudier deux autres études de cas semblables à celle de l'Ouest canadien : la province de l'Ontario, à l'ouest du Québec et la région de l'Acadie à l'est du Québec. La ville de Montréal et l'Université McGill me semblaient être les lieux idéaux d'où observer l'évolution et la circulation des productions théâtrales d'un peu partout au Canada. J'y ai travaillé avec Catherine Leclerc, spécialiste du plurilinguisme littéraire et auteure de Des langues en partage? Cohabitation du français et de l'anglais en littérature contemporaine (2010).

J'ai aussi pu voyager sur les lieux de la production de ce théâtre et de ses traductions au fil des ans. Au cours des trois dernières années, j'ai habité aux États-Unis pour poursuivre un stage postdoctoral avec Doris Sommer au Cultural Agents Initiative de l'université Harvard grâce à une subvention du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Et depuis un an, j'enseigne en Nouvelle-Écosse, à l'extrême frontière (et aux origines) du territoire de l'Acadie. Mes études en traductologie se sont faites en français dans des universités de langue anglaise, et c'est dans un contexte semblable que j'enseigne maintenant.  

 

GB : Avez-vous des exemples de manières de présenter le théâtre d'expression française dans des contextes où le français est une langue minoritaire? Quelles sont les approches de la traduction, et quelles sortes de publics sont visés?

NN : Il y a une différence assez importante entre le théâtre produit à l'ouest du Québec (Ontario, Manitoba, Saskatchewan, Alberta, Colombie-Britannique) et celui produit à l'est (Acadie). En Ontario et au Manitoba, par exemple, les francophones forment environ 4 % de la population; en Alberta et en Saskatchewan, ce pourcentage ressemble davantage à 2 %. En Acadie du Nouveau-Brunswick, par contre, le français est la langue principale de 30 % de la population. Cette divergence dans la démographie des groupes minoritaires semble aussi trouver une place dans les pratiques de production et de traduction du théâtre bilingue.

En Acadie, la population francophone, pourtant en grande partie bilingue, crée peu de théâtre bilingue, mais investit toute une gamme de variétés du français dans sa production artistique. Certaines de ces variétés locales du français (dont le chiac de la région de Moncton) comprennent également des emprunts et des alternances codiques. C'est le cas, par exemple, du spectacle futuriste Empreintes, présenté par le Collectif Moncton-Sable d'après un texte de Paul Bossé, dans lequel figure une interprète cyber-sapienne du chiac qui s'amuse bien avec les traductions qu'elle nous offre.

En Ontario et encore plus dans l'Ouest canadien, les artistes de théâtre prisent davantage le théâtre bilingue. Ceux de l'Ouest canadien lui donnent souvent une vocation identitaire, ou communautaire, alors que ceux de l'Ontario ont un penchant pour l'exploration artistique, et parfois postdramatique, du bilinguisme sur scène. Je pense, par exemple, au spectacle Le Rêve totalitaire de dieu l'amibe de Louis Patrick Leroux, dans lequel le personnage de La Commentatrice pose des jugements ironiques en anglais sur l'action dramatique qui se déroule en français. Dans un autre spectacle, celui de L'Homme invisible/The Invisible Man, deux interprètes se partagent le récit : l'un raconte, l'autre traduit, puis le sens de la traduction s'inverse de sorte qu'il n'y a plus vraiment de langue de départ et de langue d'arrivée.

De manière similaire aux pratiques plurilingues, c'est vers l'ouest que les théâtres explorent plusieurs stratégies de traduction. Le surtitrage, par exemple, apparaît au Théâtre français de Toronto vers 2005 et est rapidement intégré dans plusieurs des institutions théâtrales minoritaires de l'Ontario et de l'Ouest. Par contre, il n'y a pas encore de politique de surtitrage en Acadie; quand elles circulent vers l'ouest, cependant, les productions théâtrales acadiennes peuvent être surtitrées.

Je m'intéresse à ces différences régionales par rapport au bilinguisme et à la traduction, mais j'envisage également comment les productions théâtrales circulent et sont légitimées dans les grands centres de théâtre au Canada : Montréal en français et Toronto en anglais. Comme les spectateurs de ces métropoles ne partagent pas nécessairement le bilinguisme des communautés minoritaires productrices des formes théâtrales qui nous intéressent, les créations se métamorphosent pour ces nouveaux publics. Ainsi, un même spectacle bilingue peut devenir plus ou moins bilingue en se rapprochant de spectateurs qui n'ont pas les capacités d'en comprendre le français ou l'anglais.

Ce sont ces deux niveaux (l'inscription première du bilinguisme et ses traductions subséquentes) que j'appelle la traduction ludique. Dans le livre, je fais part de certains paradoxes dans la réception des productions théâtrales bilingues ou surtitrées à Toronto et à Montréal. D'une part, à Toronto, les surtitres en anglais servent non seulement à attirer des spectateurs dont il s'agit de la langue première, mais aussi des spectateurs francophones déshabitués au français en raison du contexte minoritaire. D'autre part, les spectateurs francophones de Montréal sont eux aussi souvent bilingues, et résistent moins que prévu à la présence de l'anglais sur leurs scènes.  

 

GB : Votre livre explore le concept de la « traduction ludique ». Pouvez-vous expliquer comment ce concept fonctionne en relation au théâtre d'expression française au Canada? Comment ce concept peut-il s'appliquer à d'autres formes de théâtre en traduction?

NN: J'ai parlé de traduction ludique à deux niveaux : celui d'une inscription ludique du bilinguisme dans un spectacle de théâtre, et celui de sa réinscription dans les traductions ultérieures de ce spectacle pour d'autres publics. Dans ces deux cas, la traduction ludique peut prendre la forme de personnages traducteurs, de répliques redistribuées ou de surtitres au-dessus de la scène.  L'idée du jeu me semble particulièrement porteuse : elle traverse la langue (les jeux de mots, par exemple) comme le théâtre (où on parle de jeu de l'acteur). Considérer le théâtre franco-canadien sous l'angle du jeu est également assez innovateur : on déplore souvent l'assimilation en cours qui se manifesterait dans le bilinguisme des groupes minoritaires.  Il me semble que le concept du jeu nous permet également d'ouvrir des possibilités par rapport à la traduction. Se donner du « jeu » (au sens de l'espace nécessaire au mouvement) dans l'activité de la traduction, c'est suivre le filon du jeu de mots et du jeu du plurilinguisme. C'est cesser d'envisager ces pratiques comme fondamentalement intraduisibles.  
Je crois également que le concept de la traduction ludique pourrait s'appliquer à d'autres formes de théâtre issues de groupes minoritaires au seuil de différentes langues. Les travaux de Tace Hedrick sur la poésie bilingue (espagnole-anglaise) d'Amérique du Nord et sa traduction, par exemple, me font penser qu'il y a des liens hémisphériques à tracer par la traduction ludique. Il y aurait aussi d'autres contextes plurilingues où ce serait intéressant de tester le concept, comme Hong Kong ou Iakoutsk.  

 

GB : Je remarque que votre livre intègre des sources théoriques de langue anglaise et française. Comment envisagez-vous une traduction de votre propre livre en anglais?

Pic NoletteNN : En écrivant ce livre, j'avais pour but de traverser les frontières linguistiques et culturelles de la théorie de la traduction, des littératures minoritaires et du spectacle. Le concept du jeu, par exemple, me permet de tirer de chez Johan Huizinga et Roger Caillois, mais aussi de la French theory retravaillée par les études culturelles américaines. J'ai voulu piger dans un répertoire interdisciplinaire et interculturel pour faire parler des objets qui traitaient de traduction et qui étaient encore en processus de traduction.  Faire parler ces objets était peut-être plus évident en français : le livre s'adresse surtout à un public qui connaît déjà un peu le théâtre franco-canadien. La traduction de ce livre vers l'anglais demanderait une meilleure présentation du contexte qui anime les enjeux du théâtre franco-canadien afin d'y initier ce nouveau public.  

 

GB : Où vous mènera votre recherche à l'avenir?

Depuis la publication de ce livre, je poursuis plusieurs pistes de recherche. L'une d'entre elles est l'apport de la technologie, omniprésente dans les productions théâtrales plurilingues et leur traduction. Le personnage de l'interprète cyber-sapienne dans Empreintes montre que le dialecte chiac et la traduction de style Babelfish peuvent aller de pair. L'utilisation des surtitres est un autre exemple de l'apport des technologies à la traduction du plurilinguisme. J'aimerais creuser davantage ce lien, peut-être même en enquêtant les manières par lesquelles on perçoit les technologies de la scène.  Je cherche également à pousser plus loin la théorie du théâtre plurilingue : au-delà de la tragédie de l'assimilation, au-delà du jeu tout de même partiellement dénonciateur de la traduction ludique, il me semble qu'une autre forme de théâtre bilingue pousse encore plus loin pour viser la rencontre interculturelle. En ce sens, elle est porteuse d'espoir et de rencontres possibles. Au Canada, le jeu relève d'abord des artistes de théâtre franco-canadiens, l'espoir des artistes anglo-canadiens. Un examen plus complet prendrait en compte ces deux formes possibles du théâtre bilingue au Canada. Il reste à théoriser ces moments où la rencontre – et la traduction – semblent possibles.

[1] Jouer la traduction
Théâtre et hétérolinguisme au Canada francophone

Les Presses de l'Université d'Ottawa
27 mai 2015

   

L’anniversaire d’une rencontre entre deux génies de la musique

 

Maurice Ravel fêta son 53ème anniversaire – le 7 mars 1928 – à New York, lors d’une réception donnée en son honneur par la cantatrice canadienne mezzo-soprano Eva Gauthier. Parmi les invités se trouvait George Gershwin, alors âgé de 29 ans. Pendant cette réception, Gershwin produit une grande impression sur Ravel par une exécution impromptue de « Rhapsody in Blue » et «The Man I Love ». Ravel avait visiblement un tel respect pour le don inné de la mélodie chez Gershwin que quand ce dernier lui demanda des leçons de composition, il refusa sa requête, lui disant: «il vaut mieux écrire du bon Gershwin que du mauvais Ravel, ce qui adviendrait si vous travailliez avec moi». Leur mutuelle admiration devait trouver un curieux parallèle dans les circonstances de leur mort – à cinq mois d’intervalle – et moins de 10 années plus tard. Gershwin mourut le 11 juillet 1937, à la suite d’une opération sur une tumeur au cerveau, tandis que Ravel, qu’un trouble neurologique dit «démence de Niemann-Pick » faisait décliner de jour en jour, mourut le 28 décembre de la même année, des suites d’une opération du cerveau qui, elle aussi, avait échoué.

 

Maurice Ravel (1875 – 1937)

George Gershwin (1898 – 1937)

 

Petit chagrin et Chanson triste [1]

Katherine double flagBien que notre blog vise principalement à faire découvrir à nos lecteurs francophones des sujets relatifs à la langue anglaise et aux thèmes culturels du monde anglophone, il nous arrive de faire l'inverse et de révéler l'influence de la langue française et des thèmes culturels francophones sur le monde anglophone.

À titre d'exemples, citons nos articles sur la parution du dernier album des aventures d'Astérix, sur Albert-Paul Granier, le soldat-poète, sur Jules & Julien, illustres homonymes, sur Jean Cocteau,  ou sur le français tel que l'on le parle.

La culture française en général et la musique française en particulier ont beaucoup de succès aux États-Unis. Ainsi, l'adaptation musicale du Candide de Voltaire que Leonard Bernstein avait faite en 1956 est toujours à l'affiche d'une scène d'un bout à l'autre du pays. Dernièrement, l'orchestre philharmonique de New York a accueilli solennellement l'année 2016 au Centre Lincoln, dans une ambiance hyper-festive (toutes les musiciennes portant des robes de couleurs vives), en interprétant, cette fois, des morceaux en hommage à la « Ville lumière », notamment le « Can Can » de La vie parisienne de Jacques Offenbach et Le carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns, autre compositeur français.

Natalie Cole Philharmonic


Aujourd'hui, nous voudrions offrir à nos lecteurs la Chanson triste, une œuvre d'Henri Duparc, le grand compositeur français de la fin de la période romantique, sur des paroles du poète français Henri Cazalis.

Katherine Duparc_1880

Henri Duparc 
compositeur

Henri Cazalis 
Médecin et poète symboliste [2]

Chanson triste

Dans ton cœur dort un clair de lune, 
Un doux clair de lune d'été, 
Et pour fuir la vie importune, 
Je me noierai dans ta clarté. 

J'oublierai les douleurs passées, 
Mon amour, quand tu berceras 
Mon triste cœur et mes pensées 
Dans le calme aimant de tes bras. 

Tu prendras ma tête malade, 
Oh! quelquefois sur tes genoux, 
Et lui diras une ballade 
Qui semblera parler de nous; 

Et dans tes yeux pleins de tristesses, 
Dans tes yeux alors je boirai 
Tant de baisers et de tendresses, 
Que peut-être je guérirai.

Sad song

In your heart sleeps a moonlight,
a soft summer's moonlight,
and, to flee from this relentless life,
I shall drown myself in your brightness.

I shall forget past sufferings,
my beloved, when you cradle
my sad heart and my thoughts
in the loving peace of your embrace.

Oh! Sometimes you will take 
my sick head upon your knees,
and will tell it a ballad
which will seem to speak of us;

and in your eyes full of sorrows,
in your eyes then I shall drink
so many kisses and tokens of love,
that perhaps I shall recover.

© translated from the French by Christopher Goldsack

This translation is offered for study purposes.

Pour notre plus grand bonheur, la jeune et talentueuse soprano américaine Katherine Leidlein a très aimablement accepté d'enregistrer spécialement la Chanson triste à l'intention des lecteurs du Mot juste

Katherine portraitDès l'âge de onze ans, Katherine a manifesté un vif intérêt pour la musique en apprenant le violon, avant de s'orienter vers le chant choral. Elle est actuellement en deuxième année à l'Université du Texas à San Antonio (UTSA) où elle étudie l'exécution vocale. L'été dernier, elle a participé à l'atelier de l'Opéra de Crittenden où elle a chanté des passages de La flûte enchantée, du Mariage de Figaro, et d'Ansel et Gretel. Katherine a tenu le rôle de la sœur infirmière et d'une sœur converse dans Sœur Angélique, montée à l'UTSA, d'Aninku dans Brundibár de Hans Krasá [3], avec l'Opera Camp du Grand Opéra de Houston, et de Johanna dans Sweeney Todd, avec la compagnie du Brazosport Center. Elle a également chanté en solo avec l'orchestre symphonique du Brazosport College (Lake Jackson, Texas).

Au cours de l'été 2014, elle a fait ses débuts sur les ondes de la Radio publique nationale dans From the Top, une émission hebdomadaire américaine de musique classique au cours de laquelle Christopher O’Riley présente les meilleurs espoirs de la musique de tout le pays.

La mère de Katherine est médecin et son père, ingénieur. Si toute la famille aime la musique, elle est la première à s'y intéresser sérieusement et prévoit d'en faire son métier.

En écoutant cet enregistrement de la Chanson Triste, nos lecteurs ne douteront pas un instant du succès qui l'attend.

Chanson Triste – Katherine Leidlein
(cliquez)     

Katherine musical notes

KatherineLeidlein (Off the top)

[1] Il n'aura pas échappé à nos lecteurs germanophones que le patronyme de notre ravissante interprète, Leidlein, signifie petite peine, petit chagrin.

[2] Henri Cazalis (1840-1909) fut l'ami de Stéphane Mallarmé et le médecin de Guy de Maupassant. À une époque où la profession médicale permettait encore de taquiner la muse, Cazalis, sous le pseudonyme de Jean Caselli puis de Jean Lahor, publia plusieurs recueils de très jolis poèmes dont L'Illusion dont est extraite la Chanson triste.

[3] Musicien juif originaire de Prague, Hans Krasá a composé Brundibár, opéra pour enfants, en 1938 et l'a monté, une première fois, en 1942, à l'orphelinat juif de la capitale tchèque. Déporté au camp de concentration de Theresienstadt, Krasá parvint à reconstituer, de mémoire, son opéra qu'il fit jouer par les enfants de l'orphelinat déportés avec lui.Voir l'article de Marie-Sophie Péclard dans L'Agenda, N°62, mars-avril 2016, pp. 24-25. www.l-agenda.ch


Lecture supplémentaire :
Translating For Singing: The Theory, Art and Craft of Translating Lyrics
Ronnie Apter & Mark Herman

Bloomsbury Academic (May 19, 2016)

 

 

—————————————

 

À la une du monde de la musique :

Actualités tristes et joyeuses de la Saint-Sylvestre 2015

Natalie-coleLa chanteuse populaire américaine Natalie Cole est morte le 31 décembre 2015, à l'âge de 65 ans, à l'hôpital Cedars-Sinai [1] de Los Angeles, après avoir subi une greffe de rein il y a quelques années, et souffert, ces derniers temps, d'autres affections. Son père, Nat "King" Cole, le pianiste de jazz et chanteur à voix de velours, qui était encore plus célèbre qu'elle, était précocement décédé en 1965, à l'âge de 46 ans.

Natalie avait 15 ans quand son père (qui fumait trois paquets de cigarettes par jour) a disparu, à la suite d'un cancer de la gorge [2], mais la technologie a permis de fusionner les images du père et de la fille, à peu près au même âge, chantant en duo virtuel.

En voici un exemple:

 

Paroles et traduction de «When I Fall In Love »

When I Fall In Love (feat. Clive Griffin) (Quand je tombe amoureuse)

When I fall in love
Quand je tombe amoureuse
It will be forever
Ce sera pour toujours
Or I'll never fall in love
Ou alors, je ne tomberai jamais amoureuse

In a restless world
Dans un monde agité
Like this is
C'est comme ça
Love is ended before it's begun
L'amour est fini avant de commencer

And too many
Et trop de
Moonlight kisses
Baisers au clair de lune
Seem to cool in the warmth of the sun
Semblent fraîchir sous la chaleur du soleil

When I give my heart
Quand je donne mon coeur
I give it completely
Je le donne entièrement
Or I'll never give my heart
Ou je ne donnerai jamais mon coeur

And the moment I can feel that you feel that way too
Et quand j'ai l'impression que tu ressens la même chose,
Is when I fall in love with you
C'est quand je tombe amoureuse de toi

 

Concert joyeux à la française à la côte est des États-Unis

Le troubadour de la chanson américaine aurait eu 100 ans [1]

un hommage à l'Aznavour américain

Francis Albert (dit Frank) Sinatra, chanteur, danseur [2] et acteur, figure emblématique de la scène américaine, est né à Hoboken (New Jersey) il y a exactement cent ans, le 12 décembre 1915. Son parcours de vie et sa carrière sont aisément accessibles sur la Toile et dans la grande presse. Bon nombre de ses chansons se trouvent sur YouTube.

SINATRA DUETSAussi avons-nous choisi de ne mentionner que deux d'entre elles qui présentent la particularité d'avoir été chantées avec AZNAVOUR DUOS Charles Aznavour – "You make me feel so young" et "Young at Heart". La première figure dans des albums Capitol enregistrés en 1993 sous le nom de Duets et dans lesquels il chante avec de grands noms de la chanson mondiale comme Barbara Streisand, Julio Iglesias et Charles Aznavour. La seconde, dans un CD de chansons d'Aznavour intitulé Duos.

 5:59 minutes

La chanson du mois d’octobre

Quand les hirondelles reviennent à Capistrano

  

 The Ink Spots – (Google Play • AmazonMP3 • eMusic • iTunes)

When the swallows come back to Capistrano
That's the day you promised to come back to me.

When you whispered "farewell" in Capistrano
Was the day the swallows flew out to the sea.


All the mission bells will ring,
the chapel choir will sing
The happiness you bring will live
in my memory.
When the swallows come back to Capistrano
That's the day I pray that you'll come back to me.

 

Songwriters
RENE, LEON T.

Quand les hirondelles reviennent à Capistrano,
C'est le jour où tu m'as promis de revenir


Quand tu m'as murmuré « adieu » à Capistrano,
Pour les hirondelles, c'était le moment de partir.

 

Les cloches de la mission sonneront, la chorale chantera

Le bonheur que tu apportes vivra dans ma mémoire.
Quand les hirondelles reviennent à Capistrano
C'est le jour où je prie pour que tu me reviennes.

 

Traduction: Jean L.

 

Dans un article intitulé  « Alcatraz et St. Quentin », nous avons raconté l'histoire d'un des célèbres pensionnaires de la prison d'Alcatraz, Robert Stroud alias The Birdman of Alcatraz, un dangereux tueur qui, ayant trouvé un oiseau dans la cour de la prison où il était initialement détenu, s'intéressa sérieusement à l'élevage des oiseaux. On lui attribua deux autres cellules dans lesquelles il installa un laboratoire. Il écrivit deux ouvrages sur les canaris, leur physiologie et leurs mœurs, et mit au point des médicaments pour les ornithoses. Dans un autre article, « L'albatros et le pélican », nous avons constaté que le mot Alcatraz a des significations ornithologiques, étymologiques, historiques et littéraires, et que, en outre, Alcatraz est la forme la plus ancienne qu'on trouve du mot albatros en français. À cette occasion, nous avions constaté le lien historique entre alcatraz (aujourd'hui pelicano en espagnol) et albatros, et entre albatros et pélican en anglais.

  

Toujours en réfléchissant aux oiseaux, nous descendons de Pelican Bay jusqu'au sud de la Californie en nous arrêtant dans la localité de San Juan Capistrano Mission signCapistrano (l'un des nombreux toponymes californiens hérités de la période espagnole, comme Los Angeles, San Francisco, San Diego, etc.). La ville s'est constituée autour de la mission San Juan de Capistrano, ainsi nommée en l'honneur de Saint-Jean de Capistrano, un moine franciscain italien originaire de Capestrano, petite ville des Abruzzes.
 
Capistrano bells Capistrano Mission
          Les cloches et les jardins de la Mission, fondée en 1776    
             

Les hirondelles de San Juan de Capistrano

Le « miracle » des hirondelles se produit chaque année à la Mission de San Juan de Capistrano, le 19 mars, fête de Saint Joseph, jour où, à ce que l'on dit, elles reviennent de la ville argentine de Goya.

À l'aube de la Saint Joseph, les hirondelles affluent et commencent à rebâtir leurs nids de boue, accrochés aux ruines de la Grande Église de pierre de San Juan de Capistrano. Tandis qu'elles volent à tire d'aile vers la mission la plus célèbre de Californie, le village revêt des airs de fête et des visiteurs de tous poils, venus des quatre coins du monde, accourent en masse pour assister au « miracle » des hirondelles. « Quand les hirondelles reviendront à Capistrano » est une chanson d'amour sur le thème de cette migration annuelle.

Après avoir passé l'été blotties dans les murs de la Vieille Mission de San Juan Capistrano, les hirondelles reprennent leur essor et, le jour de la Saint Jean de Capistrano, le 23 octobre, quittent les lieux après avoir décrit de grands cercles dans le ciel pour prendre congé de la « Perle des Missions ».

Capistrano flock of swallows

Mais, San Juan Capistrano a grandi. Ce n'est plus un village, mais une ville et, ces dernières années, les célèbres hirondelles ont commencé à nicher hors de la Mission.

Pour nos lecteurs et lectrices qui se trouvent en Californie, il est toujours temps (jusqu'au 23 octobre) d'aller les observer dans leur environnement saisonnier.

Entretemps, nous presentons le petit lexique anglais-francais suivant sur le theme d'oiseaux :

(a) bird brain

(une) cervelle d'oiseau

(a) bird's eye

vue plongeante; vue d'ensemble

(a) bird in a gilded cage

un oiseau dans une cage dorée

(a) bird in the hand is worth two in the bush

un tien vaut mieux que deux tu l'auras

(the) birds and the bees

métaphore désignant la procréation

birds of a feather flock together

qui se ressemble s'assemble

(to) eat like a bird

avoir un appétit d'oiseau

fine feathers make fine birds

les belles plumes font les beaux oiseaux

free as a bird

libre comme l'air

(to) kill two birds with one stone

faire d'une pierre deux coups

(a) little bird told me

(mon) petit doigt m'a dit

(The) bird has flown

l'oiseau est envolé

(The) early bird catches the worm

l'avenir est à ceux qui se lèvent tôt

Jonathan G. & Jean L.

Le 10 octobre 1985

Orson Welles et Yul Brynner,
deux géants du cinéma américain, morts le m
ême jour


BRYNNEROrson-Welles


  

 < Orson Welles                

                                          

                                                Yul Brynner >

 

  


un souvenir rédigé par Hélène Cardona

 

Cardona_Helene_173Hélène, qui habite Santa Monica en Californie, est l’auteur des recueils bilingues de poésie Le Songe de mes Âmes Animales (Salmon Poetry), La Vie Suspendue (Salmon Poetry, 2016), L’Univers Stupéfait (Red Hen Press), et des traductions Beyond Elsewhere (White Pine Press, 2016) et Ce que nous portons (Editions du Cygne). Elle est aussi actrice (ChocolatJurassic World, The Hundred-Foot Journey, Serendipity, Dawn of the Planet of the Apes). Diplômée d’une Maîtrise de littérature américaine de la Sorbonne, elle a enseigné à Hamilton College, New York, et à Loyola Marymount University, Los Angeles. Hélène, notre linguiste du mois d'avril 2014, a bien voulu composer les lignes qui suivent pour Le mot juste.

 

Aujourd'hui nous commémorons le trentième anniversaire de la mort d'Orson Welles et de Yul Brynner, deux légendes du cinéma américain, tous deux décédés le 10 octobre 1985 – Brynner à l'âge de 65 ans, et Welles à l'âge de 70 ans. Ils jouèrent ensemble dans le film La Bataille de la Neretva.      
    

Brynner Battle               

Yul Brynner est né Juli Borissovitch Bryner, le 11 juillet 1920 à Vladivostock ou à l'île Sakhaline selon différentes biographies. Aussi bien ses rôles que son crâne rasé sont devenus légendaires.

Il grandit en Chine, puis à Paris. Il travaille en jouant de la guitare dans des boîtes de nuit et se lie d'amitié avec Jean Cocteau. Il fait ses débuts au Théâtre des Mathurins, devient trapéziste au Cirque d'Hiver, puis machiniste dans la troupe de Georges Pitoeff.

Brynner cocteau

En 1941 il s'installe aux États-Unis et étudie le théâtre avec Michael Tchekhov.  Il intreprète son premier rôle au théâtre dans La Nuit des Rois.

Il obtient son premier rôle au cinéma dans le film La Brigade des stupéfiants. C'est le seul film où on le voit avec ses cheveux naturels.

Yul Brynner devient célèbre en 1951 grâce au rôle du roi de Siam Mongkut qu'il joue dans la comédie musicale Le roi et moi de Richard Rogers et Oscar Hammerstein II, et pour lequel il remporte le Tony Award. Il gagne aussi un Oscar lorsqu'il reprend ce rôle dans le film de Walter Lang.

 

Il se rasa la tête pour Le roi et moi; le film eut un énorme succès et l'image lui colla à la peau. C’est ainsi qu’il continua à se raser la tête toute sa vie.

Pendant les deux décennies qui suivirent, il réussit à poursuivre une belle carrière au cinéma, notamment dans les films Les Dix Commandements (avec Charlton Heston), Anastasia (avec Ingrid Bergman), Salomon et la Reine de Saba, Les Sept Mercenaires, Morituri (avec Marlon Brando), La Folle de Chaillot (avec Katharine Hepburn), Les Frères Karamazov (avec William Shatner), Le Serpent (avec Henry Fonda), Westworld, et Les Rescapés du Futur (avec Peter Fonda).

        Ingrid Bergman                          Marlon  Brando                   Henry Fonda

Un cancer le frappe dans les années 80 et lors d'un entretien dans l'émission Good Morning America il dénonce les méfaits du tabac. Un message d'intéret public qui sert d'annonce de prévention pour l'American Cancer Society est alors diffusé après sa mort : «Maintenant que je suis fichu, je vous le dis, ne fumez pas. Faites ce que vous voulez mais ne fumez pas. Si je pouvais revenir en arrière et ne pas commencer à fumer, nous ne serions pas en train de parler de cancer. J'en suis convaincu.»

Il eut quatre épouses : Virginia Gilmore, Doris Kleiner, Jacqueline de Croisset, et Kathy Lee, et cinq enfants.

Yul Brynner fut aussi un photographe accompli (voir le livre Yul Brynner: A Photographic Journey) et écrivit un livre de cuisine.

YUL Cookbook
Lorsqu’il fonda sa compagnie de production Alciona, c’est Jean Cocteau qui créa le logo de la société.

YUL l'abbeeIl est mort le 10 octobre 1985 à New York. Ses cendres sont enterrées dans la propriété de l'abbaye de Saint-Michel de Bois Aubry, près du village de Luzé.


                                                          gallerie de photos                                       

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Orson Welles, né le 6 mai 1915 à Kenosha, dans le Wisconsin, est l'un des plus importants réalisateurs du XXe siècle. Un artiste aux multiples facettes, il est aussi acteur, producteur, scénariste, metteur en scène de théatre, dessinateur, écrivain et prestidigitateur.

Son père était un inventeur et un industriel et sa mère était pianiste. Enfant précoce, il est doué pour la musique (le piano), la magie, la poésie, la comédie, le dessin et la peinture. À la mort de sa mère, il voyage beaucoup avec son père. Il a quinze ans lorsque celui-ci meurt.

Orphelin, il est pris en charge par le pédiatre Maurice Bernstein, à Chicago. Il étudie à la Todd School où il gagne le prix de la meilleure mise en scène avec son Jules César. Il fait ensuite une tournée en Irlande, où il joue ses premiers rôles au théâtre. À Paris il rencontre le magicien Houdini qui l'initie à la prestidigitation.

Il voyage ensuite au Maroc et en Espagne.

Grâce aux recommandations de Thorton Wilder et d'Alexander Wollcott, il rentre dans la troupe de théâtre de Katherine Cornell. Il y joue son premier rôle, Thibalt, en 1934. Cette année-là il se marie avec Virginia Nicholson, tourne son premier film, The Hearts of Age, et fait ses débuts à la radio.

Il collabore ensuite avec John Houseman avec qui il fonde le Mercury Theatre en 1937. Ils produisent pour la chaîne CBS The Mercury Theatre on the Air. En 1938, la veille d'Halloween, la chaîne de radio diffuse une adaptation de La Guerre des mondes de H. B. Wells, conçue comme une farce. [1]  

Il divorce et s'installe à Los Angeles, où son premier film, Citizen Kane, inspiré en partie de la vie du magnat de la presse William Randolph Hearst, et considéré comme le meilleur film de l'histoire du cinéma, est un échec commercial.

La plupart de ses films, La Splendeur des Amberson, Voyage au pays de la peur, La Dame de Shanghai,  Macbeth,furent des échecs au box office. Il épouse Rita Hayworth en 1943, mais divorce en 1948.

Il s'exile en Europe en 1948.

Il met en scène des pièces de théâtre tout au long de sa vie.

Il épouse Paola Mori en 1955.

En 1958 il réalise La Soif du mal. Il tourne aussi Les Feux de l'été d'après William Faulkner, face à Paul Newman.

OW The Long Hot Summer

En 1962 il tourne Le Procès, qui décroche le Prix Méliès. En 1965 il tourne Falstaff, qui décroche le Prix du XXe Anniversaire au Festival du Film et le Prix de la Commission supérieure technique.

En 1966 il tourne Une histoire immortelle pour la télévision française (ORTF), puis le film The Deep, inachevé.

Il eut plusieurs liaisons. La plus longue fut avec Oja Kodar, avec qui il vécut les 19 dernières années de sa vie, tout en restant marié à Paola Mori.

OW Oja Kodar

Orson Welles a reçu le Lifetime Achievement Award de l'American Film Institute en 1975, et en 1984 le Directors Guild of America lui a accordé le prix le plus prestigieux : le D.W. Griffith Award.

En 1942, pour son film Citizen Kane, il a obtenu l'Oscar du meilleur scénario. Il a aussi reçu deux nominations : une pour son rôle de Kane, et une autre en tant que réalisateur.

OW Citizen-Kane_Poster

Visionnaire, il a révolutionné l'art sous toutes ses formes et a influencé de nombreux artistes et réalisateurs. Sa voix grave a beaucoup séduit au cinéma, à la radio et à la télévision.

OW Orson & ChrisSa réputation de réalisateur n’a cessé de grandir. Les mots de sa fille Chris Welles le décrivent fidèlement : « Tout ce qu'il touchait se transformait en art. »


Interview accordée par Welles 8 jours avant sa mort (4:27 minutes)

 

[1] Les auditeurs américains paniquent car ils croient que l'invasion des extraterrestres se produit réellement.

OW War on Worlds   OW war-of-the-worlds

 

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Lecture supplémentaire :

This is Orson Welles, Le Monde en partnenariat avec TCM cinéma

Lost script reveals what Orson Welles really thought about Ernest Hemingway
The Observer, 16 January 2016

 

le 5 juin : Journée de la Musique à la BBC :

deux Gallois chantent en duo à plus de 10.000 km de distance !


Pour la Journée de la Musique à la BBC, la chanteuse galloise Shân Cothi, à Cardiff (Royaume-Uni), et son collègue Andrés Evans, à Gaiman (Patagonie, Argentine), ont interprété en duo l'hymne traditionnel gallois, le Calon Lân.

 

Ils ont ainsi établi le record mondial de distance entre deux duettistes puisqu'ils ont chanté à plus de 10.000 km de distance et que leur exploit figure désormais dans le Livre Guinness des Records.

Wales Patagonia 3

Shân Cothi qui présente en semaine les émissions matinales de Radio Cymru [1], s'est produite à l'Hoddinott Hall de Cardiff, accompagnée par l'orchestre national de la BBC au Pays de Galles et par de très nombreux choristes appartenant à différentes formations galloises d'un pays où le chant choral est un sport national ! À l'autre bout du monde, en Patagonie, Andrés Ewans était accompagné par le chœur de l'école de musique de Gaiman.

Ce duplex, comme disent les gens de radio, s'inscrit dans un cycle d'émissions marquant le 150ème anniversaire de l'installation d'une colonie galloise Y Wladfa, en Patagonie, en 1865. Cette année-là, 153 Gallois venant de toutes les régions du Pays s'embarquèrent sur le Mimosa pour s'installer dans la province de Chubut, en Terre de Feu argentine.

A Tribute To Wales With Calon Lân & Lyrics (Welsh &  English):

Note linguistique

Au Pays de Galles, l'Eisteddfod est un concours de musique et de poésie, comme l'étaient naguère nos jeux floraux. Le plus célèbre est l'Eisteddfod national annuel. Le mot eisteddfod désignant un congrès de bardes ou de lettrés, vient d'eistedd (s'asseoir, de sedd = siège) + bod : être (vieil anglais beon). Au pluriel, on parle d'eisteddfodau.

[1] Radio CymruRadio Pays de Galles ») est la radio nationale du Pays de Galles émettant en gallois et basée à Cardiff. Elle est diffusée sur la FM depuis 1977.

Jean L.

Lecture supplementaire :

BBC Music Day: Long Distance Duet between Wales and Patagonia Breaks World Record

The History of the Welsh settlement of Patagonia, Argentina

Welsh is considered a model for language revitalisation, but its fate is still uncertain
The World in Words, 

La Patagonie : un petit coin du pays de Galles en Amérique du Sud