Bien que notre blog vise principalement à faire découvrir à nos lecteurs francophones des sujets relatifs à la langue anglaise et aux thèmes culturels du monde anglophone, il nous arrive de faire l'inverse et de révéler l'influence de la langue française et des thèmes culturels francophones sur le monde anglophone.
À titre d'exemples, citons nos articles sur la parution du dernier album des aventures d'Astérix, sur Albert-Paul Granier, le soldat-poète, sur Jules & Julien, illustres homonymes, sur Jean Cocteau, ou sur le français tel que l'on le parle.
La culture française en général et la musique française en particulier ont beaucoup de succès aux États-Unis. Ainsi, l'adaptation musicale du Candide de Voltaire que Leonard Bernstein avait faite en 1956 est toujours à l'affiche d'une scène d'un bout à l'autre du pays. Dernièrement, l'orchestre philharmonique de New York a accueilli solennellement l'année 2016 au Centre Lincoln, dans une ambiance hyper-festive (toutes les musiciennes portant des robes de couleurs vives), en interprétant, cette fois, des morceaux en hommage à la « Ville lumière », notamment le « Can Can » de La vie parisienne de Jacques Offenbach et Le carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns, autre compositeur français.
Aujourd'hui, nous voudrions offrir à nos lecteurs la Chanson triste, une œuvre d'Henri Duparc, le grand compositeur français de la fin de la période romantique, sur des paroles du poète français Henri Cazalis.
Pour notre plus grand bonheur, la jeune et talentueuse soprano américaine Katherine Leidlein a très aimablement accepté d'enregistrer spécialement la Chanson triste à l'intention des lecteurs du Mot juste.
Dès l'âge de onze ans, Katherine a manifesté un vif intérêt pour la musique en apprenant le violon, avant de s'orienter vers le chant choral. Elle est actuellement en deuxième année à l'Université du Texas à San Antonio (UTSA) où elle étudie l'exécution vocale. L'été dernier, elle a participé à l'atelier de l'Opéra de Crittenden où elle a chanté des passages de La flûte enchantée, du Mariage de Figaro, et d'Ansel et Gretel. Katherine a tenu le rôle de la sœur infirmière et d'une sœur converse dans Sœur Angélique, montée à l'UTSA, d'Aninku dans Brundibár de Hans Krasá [3], avec l'Opera Camp du Grand Opéra de Houston, et de Johanna dans Sweeney Todd, avec la compagnie du Brazosport Center. Elle a également chanté en solo avec l'orchestre symphonique du Brazosport College (Lake Jackson, Texas).
Au cours de l'été 2014, elle a fait ses débuts sur les ondes de la Radio publique nationale dans From the Top, une émission hebdomadaire américaine de musique classique au cours de laquelle Christopher O’Riley présente les meilleurs espoirs de la musique de tout le pays.
La mère de Katherine est médecin et son père, ingénieur. Si toute la famille aime la musique, elle est la première à s'y intéresser sérieusement et prévoit d'en faire son métier.
En écoutant cet enregistrement de la Chanson Triste, nos lecteurs ne douteront pas un instant du succès qui l'attend.
Chanson Triste – Katherine Leidlein
(cliquez)
[1] Il n'aura pas échappé à nos lecteurs germanophones que le patronyme de notre ravissante interprète, Leidlein, signifie petite peine, petit chagrin.
[2] Henri Cazalis (1840-1909) fut l'ami de Stéphane Mallarmé et le médecin de Guy de Maupassant. À une époque où la profession médicale permettait encore de taquiner la muse, Cazalis, sous le pseudonyme de Jean Caselli puis de Jean Lahor, publia plusieurs recueils de très jolis poèmes dont L'Illusion dont est extraite la Chanson triste.
[3] Musicien juif originaire de Prague, Hans Krasá a composé Brundibár, opéra pour enfants, en 1938 et l'a monté, une première fois, en 1942, à l'orphelinat juif de la capitale tchèque. Déporté au camp de concentration de Theresienstadt, Krasá parvint à reconstituer, de mémoire, son opéra qu'il fit jouer par les enfants de l'orphelinat déportés avec lui.Voir l'article de Marie-Sophie Péclard dans L'Agenda, N°62, mars-avril 2016, pp. 24-25. www.l-agenda.ch
Lecture supplémentaire :
Translating For Singing: The Theory, Art and Craft of Translating Lyrics
Ronnie Apter & Mark Herman
Bloomsbury Academic (May 19, 2016)
—————————————