Après une négociation de six heures portant sur le programme nucléaire iranien qu'il avait menée à Genève avec Mohammed Javad Zarif, son homologue iranien, le Secrétaire d'État américain John Kerry avait décidé de s'accorder, en ce dernier dimanche de mai, quelques heures de détente avant d'entreprendre d'importantes consultations à Madrid et à Paris. Détente signifiant pour lui randonnée en vélo, il avait décidé de s'attaquer au col de la Colombière, à proximité de la frontière suisse. Mal lui en prit car, en traversant la localité de Scionzier (Haute-Savoie), il a heurté une bordure de trottoir et fait une très mauvaise chute. Souffrant d'une fracture du fémur droit, Monsieur Kerry (71 ans) a reçu les premiers soins au CHU de Genève, puis a été transféré à Boston où il sera soigné par le médecin qui l'a opéré de la hanche en 2009. Cet accident va compliquer le déroulement des négociations qui doivent nécessairement aboutir avant le 30 juin prochain, sous peine de rendre caduc l'accord provisoirement conclu à Lausanne.
L'expression "break a leg"
LMJ souhaite un prompt rétablissement à M. John Kerry dont tout le monde se plaît à louer la grande maîtrise de la langue française. Il saisit aussi cette occasion qui lui est offerte de commenter l'expression anglaise « break a leg » qui, par antiphrase, est une manière familière de dire « bonne chance ». À l'origine, c'est une expression idiomatique dont usaient les gens de théâtre pour se souhaiter bonne chance. Elle s'explique par une vieille croyance superstitieuse qui veut qu'en souhaitant « bonne chance ! », on attire la poisse. Dans le monde de la danse, on dit tout bonnement « merde », comme en France.
Notons aussi que, si l'on est bien élevé, on préférera l'expression « Je ne te dis rien ! » au célèbre mot de Cambronne dont on fêtera dans quelques jours le 200e anniversaire. Ce contre-souhait semble avoir un équivalent dans beaucoup de langues. Pendant la Grande Guerre, les aviateurs allemands se souhaitaient « Hals-und-Beinbruch !» (cou et jambe cassés) avant de partir en mission. En italien, on dit : in bocca al lupo, et on répond : crepi il lupo (dans la gueule du loup – que le loup en crève).
Lectures supplémentaires :
Une chute à vélo qui pose problèmeLa Tribune de Genève, lundi 1er juin 2015, N° 124-23, p.7
Un point de vue étymologique : l'origine du mot soccer
Tandis que le tonnerre gronde dans le ciel de la FIFA [1] à Zurich, et que certains de ses hauts dirigeants sont cueillis au saut du lit et arrêtés dès potron-minet, le moment semble venu de s'interroger sur l'origine et le sens du mot soccer. Réflexion d'autant plus nécessaire que le terme soccer est préféré à celui de football dans un pays où la « balle au pied » est pourtant maniée à la main !
Depuis des temps immémoriaux, les hommes ont joué à pousser une balle avec le pied et l'on trouve des traces de ce jeu au Japon en 1004 av. J.C. Des équipes chinoise et japonaise s'affrontèrent même en 50 av. J.C. Mais, c'est au 19e siècle que les règles de ce jeu commencèrent à être définies de façon précise. Et cela, 18 ans avant qu'on ne parle de football. Sport initialement aristocratique, le jeu dont les règles avaient été édictées par une association d'équipes en 1863, reçut d'abord le nom d'Association football, pour le distinguer du Rugby football. [2]
Mais, les écoliers britanniques aimaient déjà donner des surnoms à tout, et l'Association football ne fit pas exception. De même que le Rugby devenait, dans leur jargon, le Rugger, l'Association football devint l'assoccer et, très vite, le soccer, tout court.
L'inventeur de ce surnom serait un certain Charles Wredford Brown, étudiant d'Oxford à l'époque où furent fixées les règles de l'Association football. Invité par des amis à une partie de Rugger, il leur aurait répondu qu'il préférait le soccer. Se non è vero è ben trovato ! Toujours est-il que plus le jeu se démocratisa et plus il se répandit dans les couches populaires et plus on employa l'expression Association football et football, tout court. Mais, dans les autres pays de langue anglaise – notamment aux États-Unis – on continua de dire soccer, le mot football désignant ce que nous appelons le « football américain ».
Le vocable football a été adopté tel quel en français, calqué en allemand (Fussball), copié phonétiquement en espagnol (fútbol), ou encore en turc (futbol). Seul l'italien semble faire exception avec son calcio. Mais, il y a là une raison historique. Le mot calcio veut dire coup de pied [3] et le calcio fiorentino existait déjà au temps des Médicis. Il s'agissait pour les joueurs des deux camps de taper du pied dans un ballon pour l'envoyer dans le but de l'adversaire. C'est la raison pour laquelle la langue italienne n'a pas eu besoin d'importer un mot anglais. Les règles, pour peu qu'il en existât, étaient très brutales. Aujourd'hui encore, une fois par an, une partie de calcio fiorentino est organisée à Florence, en costume d'époque.
deux images du Calcio fiorentino qui se joue devant Santa Croce.
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1) La Fédération internationale de football association (FIFA) qui regroupe 209 fédérations nationales, a été fondée en 1904 dans le but de gérer et de développer le football dans le monde.
2) Le rugby s'est d'abord appelé football. Il tire son nom du célèbre collège anglais éponyme. Si l'on en croit la légende, c'est au cours d'une partie de football qui se jouait dans cette école, qu'un certain William Webb Ellis s'empara du ballon avec les mains et courut le placer sur la ligne de but. Bien sûr, le but fut refusé, mais l'arbitre déclara que c'était a jolly good try, d'où le nom d'essai donné à cette action. La Rugby Union fut officiellement constituée en 1871. D'abord pratiqué dans les pays anglo-saxons, le rugby s'est ensuite répandu en Europe, s'implantant solidement en France, notamment dans le sud-ouest, ex-pays des Plantagenets ! La France est le cinquième membre du Tournoi des Cinq Nations, la grande rencontre du rugby.
< Rugby School, Warwickshire
Statue de W.W. Ellis >
3)« Un calcio al culo », ce dont on aurait sans doute le plus grand besoin à Zurich, ces jours-ci !
La matière de ce qui précède est inspirée d'un article de David Hiskey, intitulé The origin of the word soccer, paru dans Today I Found Out, le 23 juin 2010 The Origin of the Word “Soccer”.
Notre fidèle collaboratrice italienne, Madeleine Bova, a fourni des précisions sur le terme calcio et choisi deux des illustrations.
Sepp Blatter, Président de la FIFA, le 29 mai 2015.
Le T-shirt de Sepp Blatter
[*] perfect (adj.) early 15c. alteration of Middle English parfit (c. 1300), from Old French parfit "finished, completed, ready" (11c.), from Latin perfectus "completed, excellent, accomplished, exquisite," past participle of perficere "accomplish, finish, complete," from per- "completely" + facere "to make, do, perform". Often used in English as an intensive (perfect stranger, etc.).
ONLINE ETYMOLOGY DICTIONARY
Notes historiques :
[1] Le premier cas de match de football truqué de l'ère moderne s’est passé il y a 100 ans. Donc, plus ça change, plus c’est pareil.
Au XVIe siècle, "verser un pot de vin" signifiait simplement "donner un pourboire", une somme permettant de se payer à boire. En effet, dans notre culture, le fait d'offrir un verre à une personne a toujours signifié qu'on lui accordait une place privilégiée. Désormais, le "pot de vin" désigne la somme d'argent versée à une personne – de façon illégale – et qui apporte à celui qui la donne un avantage quelconque. Source : linternaute.com
Comme nous l'avons déjà vu dans un article de ce blog qui rendait compte des résultats du championnat d'orthographe des États-Unis, des mots anglais obéissent à très peu de règles et leur orthographe paraît souvent arbitraire. Ainsi, les trois vocables ci-dessus s'écrivent différemment.
Le dramaturge irlandais George Bernard Shaw aurait dit, par boutade, que le mot "fish" pourrait s'écrire "ghoti" si l'on utilise les lettres "gh" telles qu'elle sont prononcée dans le mot "enough", la lettre "o" telle qu'elle est prononcée dans le mot "women" et les lettres "ti" telles qu'elles sont prononcées dans le mot "action".
(Les choses se compliquent encore lorsque l'orthographe n'est pas la même de part et d'autre de l'Atlantique, comme c'est le cas pour le prétérit et le passé composé de to spell qui s'écrivent spelt au Royaume-Uni et spelled aux États-Unis).
Freebie est une version modernisée de freeby, terme apparu en 1928 et signifiant gratuit. Cette orthographe est maintenant désuète.
Le dictionnaire numérique OxfordDictionaries.com définit freebie en ces termes : "(informal)A thing that is provided or given free of charge." Le site www.Freebies.com se présente ainsi : " Le meilleur endroit pour avoir quelque chose pour rien."
Mais il convient de distinguer ce mot de ses deux synonymes, gift et present, non seulement parce qu'il se situe à un registre inférieur (d'où le qualificatif d'informel), mais aussi parce qu'on ne l'utilise pas pour désigner des dons ordinaires, mais habituellement pour une prime que l'on ne s'attend pas à recevoir.
En Californie, c'est un terme de métier dans l'interprétation dans le domaine juridique. L'intervention d'un interprète est habituellement tarifée à la journée ou à la demi-journée. Dans les tribunaux de l'État de Californie, l'État fournit des interprètes à tout plaideur d'un procès pénal qui sollicite leur concours. (Dans les affaires pénales quand les audiences sont de longue durée, deux interprètes se relayent toutes les vingt minutes, reconnaissant ainsi la pénibilité du travail d'interprète). Au civil, les avocats doivent requérir et rétribuer les services d'un interprète chaque fois que cela est nécessaire et quelle que soit la langue étrangère. Si les clients entendent se passer des services d'un interprète, ils doivent en faire part au moins 24 heures à l'avance. Si ce préavis n'est pas respecté ou si l'intervenant non anglophone pour lequel les services d'un interprète ont été retenus ne se présente pas à l'audience ou lors d'une déposition, l'interprète doit être payé en totalité. Lorsqu'un interprète reçoit un préavis de moins de 24 heures ou se fait "poser un lapin" [1] et qu'il est finalement payé pour des services qu'il n'a pas rendus, ce paiement est ce qu'on appelle une freebie. [2] Pour employer une expression idiomatique anglaise, l'émolument versé en pareil cas est dit money for jam (de l'argent gagné sans peine).
Le mot frisbee (comme frigidaire, kleenex, scotch ou rustine) est une marque déposée, propriété d'une entreprise (Wham-O Inc., en l'occurrence) qui est utilisée dans un sens générique pour désigner n'importe quel disque de plastique que l'on peut lancer à un partenaire (ou à un chien) pour jouer.
La Frisbie Baking Company(1871-1958) de Bridgeport (Connecticut), fabriquait des tartes qui étaient vendues dans de nombreux collèges d'enseignement supérieur de Nouvelle-Angleterre. Les étudiants qui les consommaient ne furent pas longs à découvrir que les moules de fer blanc vides pouvaient être lancés et rattrapés, procurant des heures de distraction. En 1948, un inspecteur des bâtiments de Los Angeles dénommé Walter Frederick Morrisson et son associé Warren Franscioni inventèrent une version en plastique du Frisbie qui pouvait voler plus loin et de façon plus précise qu'un moule en fer blanc. Par la suite, la société Wham-O modifia l'orthographe et commercialisa le jeu. Dans les années 1960, le Frisbee, de même que le Hula Hoop, tous deux fabriqués par la même société, ont suscité un grand engouement qui dure encore de nos jours. Plus de cent millions de ces objets ont été vendus.
En 1967, des élèves du secondaire du New Jersey ont inventé l'Ultimate Frisbee qui est un sport reconnu combinant le football américain, le football Association et le basketball. Dix ans plus tard, une sorte de Frisbee golf a été lancée, avec des cours de pratique professionnelle et des associations. (Source: The First Flight of the Frisbee®)
Le mot anglais Phoebe (epelé aussi Phoibe), dont la prononciation rime avec Frisbee et freebie, est utilisé dans toutes sortes de contextes.
Dans la mythologie grecque, le "brillant, rayonnant et prophétique" Phébus était l'un des premiers titans qui étaient fils et filles d'Ouranos et de Gaia. Les noms de Phébé (ou Phoibé), la titanide, et de Phébus, le titan, en vinrent à désigner respectivement Artémis et Apollon (ou encore Séléné et Hélios).
Elle fut la troisième déesse à détenir l'oracle de Delphes qu'elle offrit à son petit-fils Apollon en cadeau d'anniversaire. [3]
En anglais et dans un autre sens, phoebe (en français Sayornis), désigne un petit groupe d'oiseaux insectivores de taille moyenne, appartenant à la famille des tyrans.
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[1] En anglais – "to stand [somebody] up"
[2] Les interprètes savent bien mieux se défendre que leurs collègues traducteurs. En effet, le traducteur indépendant à qui on annonce l'arrivée imminente d'un document prétendument urgent, et que l'on fait ensuite lanterner pendant plusieurs jours, ne pourra prétendre à aucune indemnité !
[3] …un des noms d'Apollon, dieu du soleil et des arts, phébus, s'est dit au XVIIe siècle d'une langue recherchée et précieuse, d'un style obscur et ampoulé. L'expression parler phébus se trouve déjà chez Mathurin Régnier, au début du XVIIe siècle et, à la fin du XVIIe siècle, La Bruyère se moque des « diseurs de phébus ».
Aujourd'hui, nous sommes heureux d'accueillir une nouvelle collaboratrice, Alexandra Manière, qui, avec son mari et ses deux fils, habite Nantes où elle dirige le service de documentation d'une juridiction financière.
Auparavant, après une licence d'histoire à Tours, avec une préférence pour l'histoire contemporaine, Alexandra a vécu huit ans à Paris en travaillant dans un centre de documentation où elle analysait des ouvrages de politiques intérieure, extérieure, économique, sociale et de géopolitique.
Alexandra nous dit qu'elle a toujours aimé la poésie des mots et leur intelligence. Elle adore les dictionnaires de synonymes et le Littré ! « Et sans doute, pour allier le goût de l'histoire et celui de la littérature, j'aime aussi les "vieux" mots : félicité, vestibule, chandail. » dit-elle. Alexandra son propre blog : http://lavieetriendautre.wordpress.com/
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Qui aurait cru que passion, patience, patient (chacun d'eux ayant la même orthographe en anglais et en français) et passif (passive en anglais) avaient la même origine ?
Cette histoire débute avec le même verbe latin pati qui est utilisé au 1er siècle avant JC chez Cicéron, comme « endurer » et « supporter », et au 1er siècle après JC par Suétone, pour indiquer « être victime de » et « supporter involontairement ». Il est intéressant de constater que pati acquiert une acceptation plus passive avec l'ère chrétienne, ce qui pourrait amener à s'interroger sur l'influence de la religion dans l'évolution des mots.
une citation attribuée à Aristote mais aussi à Jean-Jacques Rousseau
A la lumière de cette étymologie, ce sont patience et patient qui viennent en premier à l'esprit.
La patience vient du terme latin patientia qui est l'action de supporter et d'endurer, et patient vient directement du latin patiens, participe présent du verbe évoqué plus haut, pati.
La patience, cette qualité, qui est à la fois une disposition morale qui fait supporter l'adversité et les maux, cette même qualité qui est aussi la constance dans l'action, la persévérance à poursuivre une entreprise en dépit des obstacles et enfin, la patience qui est encore l'attitude à attendre tranquillement, sans irritation, quelqu'un ou quelque chose qui tarde à venir.
Et de chaque côté de la Manche ou de l'Atlantique, on fait des jeux de patience, en s'exerçant à une réussite, que les Américains appellent "solitaire".
Le patient possède donc toutes les vertus ci-dessus, résistant, persévérant et calme.
Et il est aussi, des deux côtés de la Manche et de l'Atlantique celui qui consulte un médecin, donc qui s'apprête à souffrir ! Tout comme il était, dans un sens d'ancien français, le supplicié du bourreau…
Pourtant le malade, ausculté par son docteur, est donc forcé d'être passif, de subir une action, mais bien malgré lui ; car il y a aussi le passif mou, celui qui se contente de subir les événements, de suivre les impulsions extérieures, qui ne prend aucune initiative, qui n'accomplit aucune action personnelle, voire qui manque d'énergie.
C'est pourquoi transformer une phrase à la voix passive, c'est faire que le sujet grammatical n'accomplisse plus l'action mais la subisse.
Mais que vient faire ici la passion ?
Si on en croit les philosophes, la passion s'oppose à l'action, dans ce qu'elle a d'involontaire, car la passion est ce mouvement violent de l'âme, en bien ou en mal, qu'on ne peut que subir.
Les Anglais utilisent d'ailleurs le mot passion pour exprimer la colère ou l'emportement : to be or not to be in a passion… ? Et au début de la psychiatrie, l'hystérie était aussi appelée la « passion hystérique » [1] : c'est dire dans quel état, elle est censée nous mettre…
A tel point même, qu'on peut souffrir mort ET passion, ce qui vous exposera à de grandes douleurs morales et à de grandes souffrances physiques qu'on appelait, aussi jadis, du nom de tourments.
Enfin, la passion est aussi le fait de souffrir. Ce qui par analogie, englobera dans son acception religieuse, les souffrances et les supplices qui précédèrent et accompagnèrent la mort de Jésus-Christ et qui donnera lieu à l'expression connue de la Passion du Christ.[2]
Il me reste à souhaiter que cet article aura assouvi votre passion des mots, sans vous faire perdre patience, et puissiez-vous ne jamais renoncer à vos vertus de patient lecteur en devenant un liseur passif.
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[1] L'hystérie décrit des débordements d’émotions incontrôlables. On doit à Hippocrate le terme hystérie qui, jusqu'à la fin du XIXème siècle, était considérée comme une pathologie spécifiquement féminine, provoquée par des troubles de l’utérus (du grec ὑστέρα hystera «utérus»), par exemple des traumatismes liés à l’accouchement.
[2] The Passion est une ode inachevée du poète anglais John Milton. Probablement écrite en 1630, elle a été publiée en 1645 ou 1646. Le poème relie la Crucifixion du Christ avec son Incarnation.
Commentaire de notre correspondante en Italie, Madeleine Bova :
Il conviendrait de rappeler aussi l'Appassionata de L.Van Beethoven et les Passions de J.S.Bach.
Commentaire général envoyé par "un lecteur passionné" :
Bravo à Alexandra Manière pour cette intéressante analyse des mots passion, patience, patient, passif et dérivés, entre lesquels on n'établit pas toujours un lien. Cela m'a rappelé qu'à l'époque où je débutais dans la traduction médicale, on nous conseillait de ne pas employer le mot patient et de lui préférer celui de malade. Mais, celui qui subit un examen radiographique ou qui s'assoit sur le siège d'un dentiste est-il pour autant un malade ? En revanche, on ne dira jamais assez que la passion est un état subi et qu'on tend à en abuser aujourd'hui pour désigner des situations où l'on est, au contraire, actif. En effet, peut-on dire qu'on est « passionné » de bricolage. dès lors qu'on se plaît simplement à travailler de ses mains ? Actuellement, le mot passion est vraiment galvaudé, sinon détourné complètement de son sens premier. Ceci dit, il est, dans cette analyse, un petit oublié, et c'est le verbe pâtir (du latin pati). Il s'apparente à patient dans le sens de souffrir à cause de, de subir les conséquences fâcheuses de. Par exemple, on dira que l'activité industrielle pâtit de la crise internationale.Ajoutons donc pâtir, et félicitons Alexandra !
Un petit lexique des expressions et proverbes anglais contenant le mot patience
(to run out of) out of patience
annoyed and impatient after being patient for a while. I finally ran out of patience and lost my temper. The boss is finally out of patience with me.
être agacé et impatient après avoir été patient pendant un moment
have the patience of a saint / have the patience of Job
Fig. to have a great deal of patience. Dear Martha has the patience of a saint; she raised six children by herself.
Fig. avoir une patience d'ange.
the patience of Job
Usage notes: Job was a character in the bible who still trusted God even though a lot of bad things happened to him.
You need the patience of Job to be a teacher.
N. B. : Job était un personnage de la Bible qui gardait confiance en Dieu malgré tous les malheurs qui l'accablaient.
lose patience (with someone or something)
to stop being patient with someone or something; to become impatient with someone or something. Please try to be more cooperative. I'm losing patience with you.
perdre patience
Patience is a virtue.
Prov. It is good to be patient. Jill: I wish Mary would hurry up and call me back! Jane: Patience is a virtue. Fred:
Prov. Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. (La Fontaine).
try someone's patience
to strain someone's patience; to bother someone as if testing the person's patience. (Try means test here.) My loud neighbors are trying my patience today. You really try my patience with all your questions!
Dans un article publié il y a un an, nous avions présenté et analysé le mot anglais phubbing, inventé par un groupe d'universitaires australiens pour décrire le comportement antisocial consistant à utiliser son portable sans égard aucun pour l'entourage. Il s'agit du néologisme phubbing – contraction des mots anglais phone(téléphone) et snubbing (repousser, rabrouer). Celui qui se comporte ainsi est un phubber.
Ceux qui arrivent par chance ou au prix d'efforts surhumains à se détacher de leur portable risquent de souffrir de nomophobia, une contraction des mots no mobile phobia (en français, nomophobie), terme qui désigne l'angoisse née de l'absence de téléphone portable. Selon le site linguistique, World Wide Words: "C'est épouvantablement pseudo-grec, mais il n'existe pas de terme classique désignant le fait d'être sans téléphone."
Selon un sondage effectué en Grande-Bretagne en 2008 et répété en 2012, le nombre de personnes souffrant de nomophobia est passé entre ces deux dates de 53 à 67%. Ce dernier chiffre est composé de 70% pour les hommes et de 61% pour les femmes. Mais cette différence peut s'expliquer par le fait que davantage d'hommes possèdent deux portables et, par conséquent, se trouvent moins déconnectés de deux appareils à la fois.
D'autres statistiques, provenant d'un sondage réalisé pour le Poste britannique, montrent que 55% des 2000 personnes interrogées répondent qu'elles n'éteignent jamais leurs portables.
Dans un sondage américain de la société TelNav Inc., 22% d'utilisateurs de portables (dont 40% étaient des propriétaires d'i-Phones) ont répondu qu'ils préféraient renoncer à leur brosse à dents qu'à leur portable. 11% préféraient sortir de chez eux sans slip que sans portable. En outre, 66% de ces utilisateurs dorment avec leur portable à côté d'eux.
Dans d'autres études, de jeunes adultes ont signalé des symptômes de sevrage physique et mental quand ils ont été séparés de leur téléphone. Ils commencent à entendre des sonneries fantômes, ils s'irritent pour un rien et ont des maux de tête.
Le psychologue Michael Fenichel, spécialiste de l'addiction à la technologie, pose une série de questions, dont les suivantes :
Êtes-vous déprimé après avoir éteint votre portable? Quand l'avion atterrit, ouvrez-vous le portable tout de suite pour voir si vous avez raté des messages? Au travail ou à la maison, négligez-vous vos devoirs pour vous connecter à la Toile sur votre portable?
Selon vos réponses, vous pouvez vous considérer accros au portable.
L'Américain David Greenfeld, Directeur du Centre d'Addiction à l'Internet et à la technologie, parle d'une épidémie en cours de formation. « Nous ne voyons que la partie visible de l'iceberg », dit-il.
Pour ceux qui, ne pouvant pas se débarrasser de cette maladie, n'en cherchent pas moins une solution, il existe un remède radical qui s'appelle digital detox (la désintoxication numérique).
L'Oxford Dictionnaires définit digital detox comme suite :
A period of time during which a person refrains from using electronic devices such as smartphones or computers, regarded as an opportunity to reduce stress or to focus on social interaction in the physical world. Example: Break free of your devices and go on a digital detox.
Une société dans la Californie, nommée Digital Detox, propose aux numérico-toxicomanes des séjours à la campagne de trois jours. Règlement de ces séjours : pas de téléphone, pas d'ordinateur ou de tablette, pas de montre. Défendu de parler de travail ou d'âge avec les autres participants dont les noms doivent rester secrets.
Maïté Baron, une Française fondatrice d'une société britannique, The Corporate Escape, offre les conseils suivants pour éviter le stress: "Take the TV out of your home. Read one newspaper a week. It's the same news, repeated every day. Check private email maximum twice a day, and never when you're at work."
Dans un article paru sous le titre « Digital Detox, a Tech-Free Retreat for Internet Addicts", le site businessweek.com raconte l'histoire d'une jeune femme qui n'a cessé de se chamailler avec sa douce moitié – au moyen de textos. C'est plus commode, explique-t-elle, d'être méchant de cette façon-là que face à face.
Dans un programme diffusé par la radio publique américaine, NPR, « Digital Detox » la première règle, parmi d'autres, du régime de Digital Detox est d'éloigner le portable.
Photograph by E. Renstrom for Bloomberg Businessweek; Emoticon by Steph Davidson
Si vous nous permettez de mettre notre grain de sel, voici ce que nous voudrions ajouter : après de bonnes vacances, sans aucun contact avec le monde numérique, dès que vous serez de retour chez vous, ne manquez pas de consulter le blog www.Le-mot-juste-en-anglais.com pour vous tenir à jour de tous les événements importants que vous avez manqués pendant votre absence !
La fièvre catarrhale (ou maladie de la langue
bleue) est une maladie virale non contagieuse, transmise par
des moucherons piqueurs du genre Culicoides (famille des Ceratopogonidae) touchant les ruminants sauvages
ou d'élevage.
Fin 2006, on ne connaît aucun cas de transmission à l'Homme.
(Wikipedia)
Précision de la Délégation
générale à la langue française et aux langues de France, du Ministère de la
culture et de la communication : Maladie de la langue bleue Synonyme : fièvre catarrhale ovine, FCO Définition : Maladie virale dont l'agent est un virus du genre Orbivirus,
touchant les ruminants domestiques et sauvages et transmise par certaines
espèces de moucherons. Note : Les experts emploient le terme « fièvre catarrhale ovine », bien que
cette maladie puisse toucher cliniquement d'autres espèces comme les bovins.
Équivalent étranger : blue tongue (en), bluetongue (en)
Bluetooth est une spécification de l'industrie des télécommunications. Elle utilise une technique radio courte distance destinée à simplifier les connexions entre les
appareils électroniques. Elle a été conçue dans le but de remplacer les câbles
entre les ordinateurs et les imprimantes, les scanneurs, les claviers, les souris, les manettes de jeu vidéo, les téléphones portables, les PDA, les systèmes et kits mains libres, les autoradios, les appareils
photo numériques, les lecteurs de code-barres, les bornes publicitaires interactives. Les premiers appareils utilisant
la version 3.0 de cette technologie sont apparus début 2010.
Notons en passant Blue Moon
Une lune bleue est une pleine lune « supplémentaire » qui se produit lorsqu'une année comporte 13
pleines lunes, au lieu de 12 lors d'une année habituelle.
En anglais on dit : « once in a blue
moon », qui veut dire très peu fréquemment.