Après une négociation de six heures portant sur le programme nucléaire iranien qu'il avait menée à Genève avec Mohammed Javad Zarif, son homologue iranien, le Secrétaire d'État américain John Kerry avait décidé de s'accorder, en ce dernier dimanche de mai, quelques heures de détente avant d'entreprendre d'importantes consultations à Madrid et à Paris. Détente signifiant pour lui randonnée en vélo, il avait décidé de s'attaquer au col de la Colombière, à proximité de la frontière suisse. Mal lui en prit car, en traversant la localité de Scionzier (Haute-Savoie), il a heurté une bordure de trottoir et fait une très mauvaise chute. Souffrant d'une fracture du fémur droit, Monsieur Kerry (71 ans)
a reçu les premiers soins au CHU de Genève, puis a été transféré à Boston où il sera soigné par le médecin qui l'a opéré de la hanche en 2009. Cet accident va compliquer le déroulement des négociations qui doivent nécessairement aboutir avant le 30 juin prochain, sous peine de rendre caduc l'accord provisoirement conclu à Lausanne.
L'expression "break a leg"
LMJ souhaite un prompt rétablissement à M. John Kerry dont tout le monde se plaît à louer la grande maîtrise de la langue française. Il saisit aussi cette occasion qui lui est offerte de commenter l'expression anglaise « break a leg » qui, par antiphrase, est une manière familière de dire « bonne chance ». À l'origine, c'est une expression idiomatique dont usaient les gens de théâtre pour se souhaiter bonne chance. Elle s'explique par une vieille croyance superstitieuse qui veut qu'en souhaitant « bonne chance ! », on attire la poisse. Dans le monde de la danse, on dit tout bonnement « merde », comme en France.
Notons aussi que, si l'on est bien élevé, on préférera l'expression « Je ne te dis rien ! » au célèbre mot de Cambronne dont on fêtera dans quelques jours le 200e anniversaire. Ce contre-souhait semble avoir un équivalent dans beaucoup de langues. Pendant la Grande Guerre, les aviateurs allemands se souhaitaient « Hals-und-Beinbruch !» (cou et jambe cassés) avant de partir en mission. En italien, on dit : in bocca al lupo, et on répond : crepi il lupo (dans la gueule du loup – que le loup en crève).
Lectures supplémentaires :
Une chute à vélo qui pose problème La Tribune de Genève, lundi 1er juin 2015, N° 124-23, p.7
50 Idioms about Arms, Hands and Fingers
Break a Leg
World Wide Words
John Kerry: Not Your Average Cyclist
The Wall Street Journal, 31 May, 2015
Jean L.