L'article qui suit a été rédigé par notre contributrice, Audrey Pouligny. Audrey est admise au Barreau de Paris et traduit de l’anglais vers le français en mettant au service de ses clients sa connaissance approfondie des systèmes juridiques en vigueur en France et aux États-Unis. Son site internet est : Quidlingualegal.com. Quand elle ne traduit pas, elle organise des groupes de discussion en anglais et en espagnol, à Angers, en France,dans les Pays de la Loire où elle réside.
Chaque année, l'American Dialect Society(société dédiée à l'étude de la langue anglaise en Amérique du Nord) choisit le « mot de l’annnee « (« Word of the Year »). « Mot » est interprété de manière ouverte comme un « élément de vocabulaire » qui englobe non seulement des mots mais également des phrases et expressions. Les mots, phrases ou expressions n'ont pas besoin d'être complétement nouveaux, mais leur notoriété et importance doivent avoir été remarquées et s'être faites ressentir de manière palpable au cours de l'année écoulée.A l'occasion de son 29ème vote annuel portant sur les mots de l'année, a voté et élu le terme « tender-age shelter facility/camp » (refuge pour enfants d'âge tendre », ou « camp pour enfants d'âge tendre » ou encore « centre pour enfants d'âge tendre »), mot de l'année 2018. Ce terme, utilisé à titre d’euphémisme pour désigner les centres de détention gérés par le gouvernement américain qui ont accueilli les enfants de demandeurs d'asile à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, a été choisi comme illustrant le mieux le discours public l’année dernière et les préoccupations s’y rapportant.
Ben Zimmer, président du comité New Words de l'American Dialect Society et chroniqueur linguistique du Wall Street Journal, a présidé la séance de vote qui s’est tenue le 4 janvier dernier.
L'expression « refuge/centre/camp pour enfants d’âge tendre » est apparue pour la première fois en juin 2018 lorsqu'il a été signalé que des nourrissons et de jeunes enfants étaient détenus dans des centres de détention spéciaux après avoir été séparés de leurs familles qui traversaient la frontière sud, pour certaines illégalement.
« L'utilisation d'euphémismes afin de décrire les conséquences humaines liées aux séparations familiales est significative de la façon dont les mots en 2018 ont pu être utilisés comme de véritables armes au gré des besoins politiques en présence », a raporté M. Zimmer. « Mais la formulation bureaucratique a conduit à un retour de bâton, dès lors que son utilisation a servi à galvaniser les fervents opposants à la politique frontalière de l'administration Trump ».
L’American Dialect Society, vieille de 130 ans, est composée de linguistes, lexicographes, étymologistes, grammairiens, historiens, chercheurs, écrivains, éditeurs, étudiants et chercheurs indépendants. En organisant le vote, ils agissent en s'amusant et ne prétendent pas introduire officiellement des mots dans la langue anglaise. Ils mettent plutôt l'accent sur le fait que les changements dans une langue sont tout à fait normaux, et qu'il s'agit avant tout d'un processus continu et divertissant.
À la suite du vote du Parlement britannique du 15 janvier 2019, rejetant l'accord de sortie de l'UE négocié par Mme Theresa May, l'hebdomaire britannique, "The Economist", dans son dernier numéro, porte le titre "Mother of all Messes" – un calembour sur "Mother of All Parliaments". « La mère des parlements » est une expression que formula l'homme politique et réformateur britannique John Brighton en 1865. Elle désigne le Parlement du Royaume-Uni, du fait de l'adoption du modèle de démocratie parlementaire dit de Westminster [1] par bon nombre de pays de l'ex-Empire britannique. Selon le site Web de l'université de Cambridge, ce système a été exporté dans le monde entier. Souhaitons que le chaos parlementaire actuel ne devienne pas un produit d'exportation britannique !
Une autre réaction à la situation chaotique régnant au Parlement de Londres vint d'une députée, Mme Layla Moran, qui a qualifié la situation de cluster shambles (chienlit tous azimuts [3]). Après notre publication récente d'un article intitulé « Shambles, mayhem, bedlam – Londres, Paris, même chienlit? », nous avions décidé de laisser de côté la situation chaotique de la politique britannique (et des rues françaises en fin de semaine), pour nous intéresser à l'état tout aussi chaotique des États-Unis, aux prises avec le shutdown (la paralysie partielle des services fédéraux gouvernementaux provoquée par le blocage budgétaire). Mais, nous ne saurions nous priver de l'occasion qui s'offre de relever ce cluster shambles qui a les allures d'un tout récent néologisme. Nous supposons qu'il est calqué sur l'expression cluster fuck-up, plus grossière encore. Pour les chastes oreilles qui peuvent ne pas connaître ses acceptions les plus récentes, fuck-up, substantif, se traduit par bordel, fiasco, chienlit, lorsqu'il s'applique à une situation, et « raté(e) », appliqué à une personne. Quant à cluster, il joue le rôle d'augmentatif et s'inspire de cluster bomb, la bombe à fragmentation qui fait tant de ravages dans les conflits contemporains. L'effet explosif d'une telle bombe est tel qu'il est plus meurtrier que celui d'une bombe ordinaire. Cluster shambles décrit donc particulièrement bien la chienlit que la gestion de la crise du Brexit propage dans tous les azimuts, provoquant des explosions dans toutes les directions.
Voici quelques termes voisins, non cités dans notre article « Shambles, mayhem, bedlam » :
SNAFU, contraction de Situation Normal : All FuckedUp (en français : Situation normale : c’est le bordel, un acronyme anglais qui signifie que la situation est mauvaise, mais qu’elle l’a toujours été et qu’il n’y a pas de quoi s’étonner.
FUBAR, Fucked Up Beyond All Recognition/Any Repair/All Reason (en français : C'est un bordel absolu, intégral et absurde),
SUSFU, acronyme de Situation Unchanged: Still Fucked Up. (en français : Rien de changé, c'est toujours le bordel),
FUBU,acronyme de Fucked up beyond all Understanding (en français : C'est un bordel absolument incompréhensible)
Ces termes sont issus du langage militaire américain de la Deuxième guerre mondiale. Seul SNAFU est devenu un substantif couramment employé en anglais.
BOHICA : acronyme de Bend Over, Here It Comes Againest une expression familièrement utilisée pour indiquer qu'une situation fâcheuse va se reproduire, et que le plus sage est de se laisser faire. On y voit généralement une allusion à la sodomisation.
Cet acronyme est devenu d'un usage courant dans les forces armées américaines pendant la guerre du Vietnam.
Chacune des expressions SNAFU, SISFU et FUBU a une forme atténuée, construite en remplaçant « fucked » par « fouled »
Nous allons maintenant laisser de côté la situation politique britannique pendant un moment et nous intéresser au mot qui fait actuellement florès en politique américaine, à savoir shutdown [4], ainsi qu'à l'expression « tender-age shelter », choisie par l'American Dialectical Societycomme le mot de l'année 2018.
Guettez les articles qui paraîtront prochainement sur ces deux sujets.
[1] Le système de Westminster est un système parlementaire de gouvernement basé sur celui existant au Royaume-Uni. Il tire son nom du palais de Westminster, le siège du Parlement britannique. Il est utilisé dans la plupart des nations membres ou anciennement membres du Commonwealth, notamment par les provinces canadiennes à partir du milieu du XIXe siècle puis par le Canada, l’Australie, l’Inde, l’Irlande, la Jamaïque, la Malaisie, le Nouvelle-Zélande, Malte ainsi que dans les États ou provinces fédérés de ces pays.
La Cité de Westminster (en anglais City of Westminster) est un district de la region anglaise du grand Londres et une « cité » à part entière de plus de 200 000 habitants. La Cité couvre la plus grosse partie du West End londonien et abrite les principales institutions politiques du pays, avec le palais de Westminster, le palais de Whitehall et la Cour royale de justice, ainsi que le palais de Buckingham, résidence officielle des souverains britanniques, et le 10 Downing Street, résidence officielle des premiers ministres britanniques. La section la plus ancienne du palais, Westminster Hall, remonte à l’an 1097. Le palais de Westminster servait à l’origine de résidence royale, mais aucun monarque anglais ou britannique n’y a plus vécu depuis le XVIe siècle, suite à un important incendie survenu en 1512.
Aussi à la place du Parlement au sud-ouest du palais de Westminster, on y trouve également l’abbaye de Westminster, centre cultuel de l’anglicanisme et endroit traditionnel de couronnement et d'enterrement pour les monarques britanniques. (Source : Wikipedia)
Le discours du President Barak Obama devant la "Mother of All Parliaments".
[2] Supercalifragilisticexpialidocious (suːpərˌkæli-ˌfrædʒi-ˌlɪstɪkˌɛkspiːˌæli-ˈdoʊʃəs) est le titre d'une chanson figurant dans le film Mary Poppins sorti en 1964. En français, il a été traduit par Supercalifragilisticexpidélilicieux. "Le Retour de Mary Poppins" est sorti en 2018.
[3] D'apparition récente, cette expression désigne un chaos total, une pagaille monstre, un bordel indescriptible. Votre serviteur, Jean Leclercq, a tenté de rendre la métaphore balistique en proposant chienlit tous azimuts qui lui a semblé traduire la propagation du désordre dans toutes les directions, à l'image des effets de la bombe à fragmentation. Il a même entrepris des démarches auprès de l'OMPI (Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle) pour faire breveter sa trouvaille !
[4] "Donald Trump, le show et le chaos". LA CROIX, le 18/01/2019.
Jean Leclercq, Jonathan Goldberg
Mise a jour, 6 septembre 2019
The New Yorker, BORIS JOHNSON'S BREXIT CARNAGE
"The symbolism of the physical state of the Palace of Westminster, where Parliament meets, was almost too crude this week. Big Ben was sheathed in layers of scaffolding and black construction netting. Great sections of the old complex were barely visible under plastic sheets. Inside, corridors were cluttered with plywood and temporary construction barriers. It looked like the scene of a disaster, which it was."
L’article suivant a paru dans le quotidien britannique « The Times » le 3 décembre 2018 et a été traduit par Isabelle Pouliot, traductrice agréée de l'anglais vers le français de l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ). http://traduction.desim.ca
Man shall not live by bread alone (Ce n'est pas seulement de pain que l'homme vivra). Mais il serait sage que l'homme n'y ajoute ni beurre, jambon ou fromage afin d'éviter d'offenser ses semblables.
Les expressions renfermant des références à la viande, aux produits laitiers et à la cruauté envers les animaux seront sacrifiées, ou plutôt soustraites de la langue anglaise, puisque le végétalisme fait en sorte que des gens s'abstiennent d'utiliser des expressions comme « bringing home the bacon » (traduction littérale : ramener du bacon à la maison); mettre du beurre dans les épinards, selon une universitaire.
bringing home the bacon
mettre du beurre dans les épinards
De telles références affligeantes sont abondamment employées depuis des siècles en anglais, dans la langue écrite et la langue parlée. Elles vont de taking a bull by the horns (prendre le taureau par les cornes) à letting the cat out of the bag (traduction littérale : laisser le chat sortir du sac; vendre la mèche) ou encore putting all one’s eggs in one basket(mettre tous ses œufs dans le même panier). Le grand lexicographe Samuel Johnson ne faisait pas que recenser ces expressions, mais a aussi déjà dit « Any of us would kill a cow, rather than not have beef » (N'importe lequel d'entre nous tuerait une vache plutôt que de se priver de bœuf).
« Feeding two birds with one scone » (nourrir deux oiseaux avec un scone) est une image plus forte que « killing two birds with one stone » (traduction littérale : tuer deux oiseaux avec une même pierre; l'expression consacrée est « faire d'une pierre deux coups »), selon une universitaire.
Cette chercheuse de l'université Swansea, Shareena Hamzah, prédit cependant que le lexique va se modifier à mesure que la sensibilisation augmentera envers les enjeux du végétalisme et qu'on discutera davantage de la cruauté envers les animaux, d'une saine alimentation et des répercussions sur les changements climatiques qu'engendre la demande pour la viande. Une avenue pourrait être l'emploi d'expressions dénuées de cruauté envers les animaux, comme le suggère l'organisme de défense des droits des animaux, PETA, lequel milite pour l'adoption de ces expressions en milieu scolaire. Par exemple, « flogging a dead horse » (traduction littérale : cravacher un cheval mort; s'acharner inutilement) devient « nourrir un cheval repu ».
« Si le végétalisme nous force à affronter la réalité des origines de notre nourriture, cette sensibilisation accrue se reflètera forcément dans notre langue et notre littérature », expliquait Mme Hamzah sur le site The Conversation, où écrivent des universitaires. « La sensibilisation accrue envers les enjeux du végétalisme va s'ancrer dans les consciences et produira de nouvelles expressions. »
La phraséologie* plus attentionnée de l'avenir ne diluera pas la puissance d'évocation de la langue, argumente Mme Hamzah, parce qu'éviter d'employer des expressions violentes inutilement renforcera leur puissance lorsqu'elles seront utilisées avec soin dans la fiction.
Comme elle l'explique, « L'image de tuer deux oiseaux avec une même pierre frappe encore plus les esprits par le contraste avec l'expression plus soucieuse du bien-être animal nourrir deux oiseaux avec un scone. »
Mme Hamzah cite une suggestion de PETA : en plus de remplacer stone par scone, les enseignants devraient éliminer l'expression « taking the bull by the horns » et la remplacer par « taking the flower by the thorns » (prendre la fleur par les épines).
De même l'expression « more than one way to skin a cat » (traduction littérale : plus d'une manière d'écorcher un chat) devrait être « plus d'une façon d'éplucher une pomme de terre ».
Voici l'explication tirée du site Web de l'organisme : « Même si ces expressions peuvent sembler inoffensives, elles sont porteuses de sens et peuvent envoyer des messages contradictoires aux élèves à propos de la relation entre l'humain et l'animal et normaliser les mauvais traitements [envers les animaux]. Le fait d'enseigner aux élèves un vocabulaire respectueux du bien-être animal peut cultiver des relations positives entre tous les êtres vivants. »
Dans son article, Mme Hamzah plaide également que la viande représente une source d'emprise et de « pouvoir social ».
Son explication : « Historiquement, les ressources nécessaires à l'obtention de la viande faisaient en sorte qu'elle était réservée aux classes dominantes, tandis que les paysans avaient principalement une alimentation végétarienne. C'est ce qui explique que la consommation de viande était associée à des structures de pouvoir dominantes de la société, puisque l'absence de viande dans l'alimentation constituait un indicateur d'appartenance à des groupes défavorisés, tels les femmes et les enfants. Maîtriser l'approvisionnement en viande signifiait maîtriser le peuple ».
[*Phraséologie : Ensemble des expressions, locutions, collocations et phrases codées conventionnellement dans la langue générale.]
RÉÉDUCATION DU LANGAGE
Connotation négativebring home the bacon (Ramener du bacon à la maison) Connotation positive bring home the bagels (Ramener des bagels à la maison)
Connotation négativeput all your eggs in one basket (Mettre tous ses œufs dans le même panier) Connotation positiveput all your berries in one bowl (Mettre tous ses baies dans le même panier)
Connotation négative open a can of worms (Ouvrir une boîte de vers) Connotation positive open Pandora’s box (Ouvrir une boîte de pandore)
Connotation négative flog a dead horse (Cravacher un cheval mort) Connotation positivefeed a fed horse (Nourrir un cheval repu)
Connotation négativebe the guinea pig (Servir de cobaye) Connotation positive bethetest tube (Servir d'éprouvette de laboratoire)
Connotation négative hold your horses (Retenir vos chevaux) Connotation positive hold the phone (Tenir votre téléphone)
Dans le dernier numéro de The Economist (6-14 décembre 2018), l'érudit chroniqueur linguistique de cette revue (qui signe : Johnson) écrit :
« Le Cambridge Dictionary vient d'élire nomophobia mot de l'année… Avant cela, votre serviteur n'avait jamais entendu parler de ce terme.»
Il apparaît que ce chroniqueur linguistique n'est pas un lecteur régulier du Mot juste en anglais. En effet, le 21/07/2014, nous avions publié un article intitulé : « Les termes anglais du mois : nomophobia, digital detox [1] » :
Comme nous l'écrivions alors : « Ceux qui arrivent par chance ou au prix d'efforts surhumains à se détacher de leur portable risquent de souffrir de nomophobia, une contraction des mots no mobile phobia (en français, nomophobie), terme qui désigne l'angoisse née de l'absence de téléphone portable. Selon le site linguistique, World Wide Words : « C'est épouvantablement pseudo-grec, mais il n'existe pas de terme classique désignant le fait d'être sans téléphone. »
Nous voulons espérer que l'article soit tout aussi pertinent et d'actualité qu'il l'était lors de sa publication, il y a quatre ans. Nous invitons nos lecteurs à survoler les quelque 1.270 articles parus au cours des huit dernières années, parmi lesquels ils trouveront peut-être de quoi titiller leur dada linguistique. (À titre de comparaison, notre jeune consœur CLIO-Histoire.com n'a jusqu'ici publié que 32 articles).
Pour conclure, nous voudrions ajouter qu'à l'occasion du concours du mot 2018 du Cambridge Dictionary, «nomophobia» l'a emporté face à « gender gap » (une différence dans la manière dont les hommes et les femmes sont traités dans la société, ou entre ce que les hommes et les femmes font et réalisent), « ecocide» (destruction du milieu naturel d'une région ou très grande atteinte portée à celui-ci) et «no-platforming» (pratique consistant à refuser à quelqu'un la possibilité d'exprimer publiquement ses idées ou ses croyances, parce qu'on les juge dangereuses ou inacceptables. Un synonyme politiquement correct du mot censure !).
[1] digital detox = la désintoxication numerique. L'Oxford Dictionnaries: "A period of time during which a person refrains from using electronic devices such as smartphones or computers, regarded as an opportunity to reduce stress or to focus on social interaction in the physical world. Example: Break free of your devices and go on a digital detox."
La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (CPRCG) est un traité de droit international approuvé à l'unanimité le 9 décembre 1948 par l'Assemblée général des Nations unies. Elle est entrée en vigueur le 12 janvier 1951. Son inspirateur et principal rédacteur est Raphael Lemkin, un juriste américain d'origine juive polonaise, qui a créé le néologisme « génocide » dans les dernières années de la Deuxième Guerre mondiale.
Défintion de Genocide selon Article II de la Convention : :
« Le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : a) meurtre de membres du groupe; b) atteinte à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe; c) soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle. d) mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe. e) transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe. »
Il existait déjà en français le néologisme populicide créé sous la Révolution française par Gracchus Babeuf pour désigner les massacres des populations civiles de Vendée perpétrés sur ordre de la Convention, terme qui était tombé dans l'oubli.
Le terme génocide est un néologisme forgé à partir de la racine greque γένοςgénos, « naissance », « genre », « espèce », et du suffixe -cide, qui vient du terme latin caedere, « tuer », « massacrer ».
Le terme génocide est apparu pour la première fois dans son étude Axis Rule in Occupied Europe publié en 1944 par la Fondation Carnegie pour la Paix Internationale, il est introduit au chapitre IX intitulé « Génocide » pour tenter de définir les crimes perpétrés par le gouvernement des Jeunes-Turcs de l'Empire ottoman à l'encontre des Arméniens pendant la Première Guerre mondiale ceux dont furent victimes les Assyiens en Irak en 1933, puis ceux commis par les nazis à l'encontre des peuples juif, slaves et tzigane durant la Seconde Guerre mondiale.
Appliquant ensuite cette qualification aux crimes contre l'humanite perpétrés par les nazis contre les peuples juif et tzigane durant la Seconde Guerre mondiale, Raphael Lemkin écrit : « De nouveaux concepts nécessitent de nouveaux mots. Par génocide, nous entendons la destruction d'une nation ou d'un groupe ethnique. » Il précisera ailleurs que par génocide, il entend autant les actions concertées pour détruire des groupes dans leur dimension physiques ou raciale, que dans leur existence religieuse, linguistique ou culturelle. Il sera repris dans cette conception par Claude Lévi-Strauss.
Selon le Dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey, le mot se fait jour en français en même temps qu'il apparaît en anglais. D'abord employé à propos des nazis et de leur « Solution finale » du « problème juif », il se dit de la destruction méthodique ou de la tentative de destruction d'un groupe ethnique, et par extension, vers 1970, de l'extermination d'un groupe en peu de temps.
Source : Wikipedia
Lecture supplémentaire :
Raphael Lemkin and the Concept of Genocide (Pennsylvania Studies in Human Rights) – November 4, 2016
Reflets des bouleversements politiques actuels et de l'importance de la culture populaire, fam, nothingburger et idiocracy sont parmi les derniers mots ajoutés à l'English Oxford Dictionary.
Le dictionnaire, mis à jour quatre fois par an, a publié une liste de près de 350 nouveaux mots de langue anglaise.
Apparu pour la première fois au 16ème siècle, fam, abréviation de famille, est plus communément utilisé de manière argotique à partir des années 1990, principalement dans le hip-hop américain. Rapidement, son sens s'est élargi pour englober les membres d'un groupe et amis proches. Il peut à la fois désigner un individu et des groupes de personnes. L'OED affirme que le mot est plus couramment utilisé en Grande-Bretagne, en particulier à Londres. Fam apparaît par exemple dans les paroles de chanteurs de rap et de grime londoniens tels que Shakka, Stormzy et Lethal Bizzle.
Nothingburger, utilisé pour la première fois par un chroniqueur people hollywoodien en 1953, est un terme souvent repris en politique ou dans la presse pour désigner quelque chose qui semble important à première vue mais n'a en réalité aucune substance.
L'OED note également un changement dans notre manière de parler de cinéma, notamment pour décrire des jeux d'acteurs et des choix de réalisation particuliers. Apparaissent ainsi les adjectifs bergmanesque et spielbergian, faisant référence au jeu d'actrice d'Ingrid Bergman et au style de réalisation de Steven Spielberg. Tarantinoesque, terme renvoyant au travail de Quentin Tarantino, a été utilisé pour la première fois en 1994 après la sortie de Pulp Fiction. Il décrit notamment l’utilisation par le réalisateur de violences graphiques et stylisées, de dialogues corrosifs et d’intrigues sinueuses.
Quentin Tarantino
Steven Spielberg
Ingmar Bergman
Entre autres ajouts notables, on peut citer alt-right, abréviation de alternative right (que l'on peut traduire par droite alternative, terme désignant la frange la plus virulente de l'extrême droite américaine). Idiocracy (idiocratie en français) décrit une société d'idiots gouvernée par des idiots, ou un gouvernement de personnes considérées comme stupides ou ignorantes.
L'article qui suit a été rédigé par notre fidéle collaboratrice, Joëlle Vuille. Diplômée en droit suisse et titulaire d'un doctorat en criminologie, Joëlle est actuellement chargée de recherche à l’École des sciences criminelles de l’Université de Lausanne.
Joëlle est l'auteure de plusieurs articles que nous avons publiés au fil des années, entre autres : « Les mots anglais du mois : Manterrupting, mansplaining & manspreading », mots qui reflètaient des usages sexistes, souvent l'apanage des hommes. Cette fois-ci, honneur à ces mêmes hommes, avec une série de néologismes intéressant spécifiquement ces messieurs.
Bromance est un mot valise composé de « bro », une abréviation familière de « brother », et de « romance » (« bromance » est employé tel quel en français, au féminin : une bromance). Dans une recherche scientifique sur le sujet, la « bromance » a été définie comme une « highly close and intimate friendship, where both parties are emotionally invested in each other’s well-being » [1] . Une bromance s’exprime usuellement par des marques physiques d’affection, tel que le « hug ». Deux hommes étant dans une « bromance » peuvent d’ailleurs parfois se donner un « bro hug » [2], défini comme une accolade virile entre deux hommes hétérosexuels se saluant, se disant au revoir ou se congratulant de quelque chose. Barak Obama et son ancien vice-président Joe Biden, par exemple, ont une relation qui a souvent été qualifiée de « bromance » [3] , tout comme David Beckham et Gary Neville, Matt Damon et Ben Affleck[4], ou encore les anciens présidents américains John Adams et Thomas Jefferson [5] A noter que l’adjectif « bromantic » [6] est également régulièrement employé dans la presse anglophone [7].
Le concept de bromance semble dériver de la tolérance toujours plus grande de l’homosexualité masculine dans les sociétés occidentales modernes ; il est désormais acceptable pour deux hommes d’exprimer de l’affection l’un pour l’autre sans craindre d’être traité de « gay ». Impliquant des échanges émotionnels sur des sujets délicats, la bromance encourage les hommes à développer des relations au sein desquelles ils peuvent révéler leurs vulnérabilités ou leurs anxiétés. Battant en brèche les représentations traditionnelles toxiques sur la masculinité, le concept de bromance pourrait ainsi contribuer à diminuer le risque de violence et de suicide chez les jeunes hommes, et à améliorer leur santé mentale de façon générale. [8]
Selon comment évolue la bromance entre deux hommes, il se pourrait qu’un jour l’un considère l’autre comme son « frenemy ». Mot porte-manteau de « friend » et « enemy », frenemy désigne la personne (homme ou femme) avec laquelle on entretient des relations amicales tout en étant un rival ou un concurrent. Apparu pour la première fois par écrit en 1953, le mot frenemy peut désigner aussi bien une relation personnelle que professionnelle, entre des individus, des entreprises ou même des Etats [9]. Pour des couples de frenemies célèbres, on pensera notamment à Lindsey Graham et Donald Trump, Beyoncé et Kim Kardashian, ou encore à Colonel Hogan et Colonel Klink dans la série Hogan’s Heroes (connue dans le monde francophone sous le titre de « Papa Schultz »). En termes plus abstraits, on pourrait aussi dire que la presse et les politiciens de façon générale entretiennent des relations de frenemies [10] . Une variante (moins fréquente, semble-t-il) est le porte-manteau « brenemy», contraction des mots « brother » et « enemy ».
J’ai lu pour la première fois le mot « himpathy » dans une lettre à l’éditeur publiée dans la revue scientifique « Science » [11] . Dans leur missive, les auteurs dénonçaient le soutien apporté par de nombreuses personnalités du monde scientifique à un professeur de biologie de l’Université de Californie à Irvine, Francisco Ayala, poussé à la démission après avoir été mis en cause pour des comportements inappropriés envers le sexe dit faible [12] . La « paternité » du terme « himpathy » est attribuée à une professeure de philosophie de l’université Cornell, Kate Manne, pour désigner l’empathie disproportionnée et inappropriée dont semblent jouir les hommes puissants lorsqu’ils sont accusés, de façon crédible, d’agressions sexuelles, de violence domestique ou même de meurtre [13]. Fait preuve de « himpathy » celui (ou celle) qui met en avant la réussite professionnelle de l’accusé et les conséquences dramatiques que peut avoir la dénonciation sur sa vie privée et sa carrière, en passant sous silence les conséquences que le crime et la procédure judiciaire (ainsi que l’exposition médiatique) auront sur la victime des faits allégués. On pensera notamment aux déclarations de Donald Trump [14] et d’autres commentateurs [15] au sujet de Brett Kavanaugh, accusé d’agression sexuelle par plusieurs femmes durant sa procédure de confirmation comme juge à la Cour suprême américaine. A l’heure où le mouvement #MeToo prend toujours plus d’ampleur, nul doute que la démonstration de « himpathy » envers les accusés deviendra également plus fréquente.
[14] “I feel so badly for him. This is not a man who deserves this.” Voir https://www.nytimes.com/2018/09/26/opinion/brett-kavanaugh-hearing-himpathy.html
[15] Certains se sont par exemple demandé si une agression sexuelle commise adolescent devrait mettre en péril la carrière future de l’agresseur. (Ari Fleischer, Press secretary sous George W. Bush).Why Kavanaugh should make men question 'himpathy', CNN
Nous accueillons chaleureusement notre nouvelle contributrice, Françoise Le Meur, parisienne et ancienne responsable financière reconvertie il y a trois ans dans la traduction.
Ses hobbies sont, entre autres, la lecture (littérature surtout), les voyages dans le monde entier et les langues…
Originaire de Cornouaille, elle réapprend depuis trois ans la langue de ses parents afin de renouer avec ses racines celtiques.
On vous raconte la fin d’un film que vous avez prévu de voir ce soir ? On vous donne les résultats d’un match de foot que vous n’avez pas pu regarder en direct ? Décidement, on tient à gâcher votre soirée. Dites donc à cet indélicat : « Thanks for spoiling my evening !! »
Le verbe anglais « to spoil » [gâcher] [1] donne le substantif « spoiler » qui se retrouve mis à toutes les sauces, métaphore culinaire s’il en est car nos lecteurs avisés auront reconnu en filigrane le diction anglais « Too many cooks spoil the broth. » [Trop de marmitons gâtent la sauce.].
1 « Spoiler alert »
Définition : Information divulguant prématurément un élément clé de l'intrigue ou le dénouement d'une œuvre de fiction, gâchant ainsi l'effet de surprise ou le plaisir de la découverte.
Le terme « spoiler » a été introduit dans les premiers temps d'Internet et a pris de l'importance dans les groupes de discussion sur les réseaux sociaux. Les règles initiales de la nétiquette insistaient sur le fait que les « spoilers » devaient normalement être évités, mais si la divulgation d'une information était inévitable, elle devait être précédée d'un avertissement tel que « SPOILER ALERT », ou bien le « spoiler » lui-même devait être masqué afin que seuls puissent le voir ceux qui voulaient connaître à l’avance la fin du film ou de l’histoire.
Exemple : Dans ses articles, Wikipédia divulgue des « spoilers » sans prévenir, notamment avant 2006. Matthew Prichard, le petit-fils d'Agatha Christie, a critiqué Wikipédia pour avoir donné des « spoilers » de la pièce « The Mousetrap » (La Souricière). Andrew Jarecki, le producteur du documentaire Catfish, a soutenu que Wikipédia devrait avoir au moins des « alertes de spoiler », du genre : « Spoiler Alert: This review assumes that the reader is familiar with the story of King Kong including the ending.»
Ainsi l’intrigue de Catfish avait été affichée sur Wikipédia avant sa sortie en salle parce que le film avait été projeté au Sundance Film Festival en 2010. 1
Le site Internet MovieIMDB s'efforce d’empêcher son public de tomber sur des fins inattendues à l'aide d'un bouton protégeant la vue des passages révélateurs à moins de déplacer un curseur sur le texte. [2]
Traduction : En France, l’avertissement couramment utilisé est : « Attention, spoiler ! » Un essai de traduction de « spoiler » pourrait être « révélations sur l’intrigue » ou « révélations sur le dénouement ».
Le spoiler « vend la mèche » au grand dam de celles et ceux qui adorent être tenus en haleine par un suspense insoutenable !
En mai 2014, l'Office québécois de la langue française a proposé le terme « divulgâcheur » pour traduire « spoiler ». Créé à partir de « divulgateur » et « gâcheur », ce mot-valise ne semble guère avoir eu de succès, du moins en France.
2 « Spoilsport»
Le premier usage de ce terme remonte à 1785, le « spoilsport » étant celui qui gâche l’amusement (un des sens de « sport ») ou le plaisir d'autrui par ses actes, ses attitudes ou sa conduite dans un jeu, lors d’un évènement social ou toute autre occasion. Traduction : rabat-joie (très proche de l’anglais « killjoy »).
Une autre acception assez proche serait : trouble-fête ou empêcheur de tourner en rond dans le sens de « personne gênante ».
3 « Spoiler party »
Un « spoiler party » est un troisième parti politique formé pour détourner les suffrages de l'un des deux principaux partis, gâchant ainsi ses chances de remporter une élection.
Corrélativement sur le même thème, le « spoiler effect» dans les élections américaines représente l'effet présumé créé par le système actuel de vote à la pluralité des voix existant aux États-Unis. Cet avantage repose sur la théorie selon laquelle ne pas voter pour les autres partis et pour les indépendants signifie éviter « de gaspiller des voix » ou de diviser le vote, ce qui entraînerait un résultat électoral non désiré. C’est la notion de « vote utile » que rabâchent les politiciens soucieux de convaincre les électeurs indécis de leur accorder leurs voix.
Exemple : L'élection présidentielle américaine de 2000 est souvent citée comme exemple de ce « spoiler effect ». Lors de cette élection, le candidat démocrate Al Gore a obtenu plus de voix que George W. Bush, le candidat républicain, mais a perdu au collège électoral. Dans l'État de Floride, le décompte final des voix a indiqué que G Bush avait seulement 537 voix d’avance sur Al Gore. L’ayant emporté sur ce dernier en Floride, G Bush a gagné l’investiture dans cet État et obtenu plus de voix au collège électoral devenant de ce fait président des États-Unis.
Les partisans d’Al Gore ont alors affirmé que si le candidat libéral Ralph Nader ne s’était pas présenté, la majorité des 97421 voix qu'il avait obtenues en Floride se serait reportée sur Al Gore. Ils soutiennent donc que la candidature de Nader a « gâché » l'élection d’Al Gore en le privant d’assez de voix en Floride pour assurer la victoire de G Bush. [3]
Le système est parfois résumé, sous une forme extrême, comme suit : « Tous les votes pour toute personne autre que celle ayant la deuxième place sont des votes pour le vainqueur ».
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Cet article a été redigé avec l'aide de Jean-Paul DESHAYES
[1] Le verbe anglais « to spoil » a une autre connotation bien connue, à savoir gâter, par exemple « The parent spoils his child » [Le parent gâte son enfant]. Voir aussi l'expression anglaise « spare the rod, spoil the child » [qui aime bien châtie bien].
D’abord, parce qu’il vient de l’intérieur – un membre de haut rang de l’administration du président. Ensuite, parce qu’il est porté anonymement …».
Le quotidien [américain] souligne d’emblée le caractère exceptionnel de ce texte, soulignant la « rareté » d’une publication anonyme dans ses pages. Mais justifie ce choix radical par « la mise en perspective importante qu’il peut apporter à [ses] lecteurs».
Sans entrer dans l’aspect politique de cette affaire, notons que cette tribune anonyme a suscité une vague de spéculations sur l'identité de son auteur. Plusieurs commentateurs ont pointé du doigt le vice-président Pence, à cause de l’utilisation du mot "lodestar" [1] dans la tribune, un mot rarement employé dans le langage courant mais qui revient souvent dans la bouche de Pence.
La recherche de l'auteur d'un texte anonyme ou signé sous un pseudonyme nous plonge dans le domaine de la linguistique forensique [2] et la paternité textuelle.
Nous sommes heureux de retrouver notre fidèle contributeur, René Meertens, traducteur de langue française. René a a travaillé pour l'ONU, l'Unesco, la Commission européenne et l'Organisation mondiale de la santé. Il est l'auteur, notamment, du "Guide anglais-français de la traduction", [1] dont une édition numérique et une nouvelle édition papier sont parues récemment, ainsi que du « Dictionnaire anglais-français de la santé et du médical», publié chez Chiron. Renéa bien voulu rédiger l'article suivant à notre intention.
D’aucuns reprochent aux Français de mal maîtriser l’anglais. Il est vrai que Nabil Fékir, pour ne donner qu’un exemple, montre dans la vidéo suivante qu’il a des progrès à faire.
En revanche, comment ne pas admirer les efforts que les Français déploient pour truffer leur discours de mots anglais ! Mais quand la « start-up » n’est pas une « success story », attention au « burn-out ».
Le grand chic, pourtant, est d’utiliser des mots anglais… qui n’existent pas. Ainsi, Serena Wiliams sait-elle qu’elle est une « tenniswoman » ? Son « planning » prévoit une demi-heure de « footing », mais son « jogging » a-t-il été fraîchement nettoyé au « pressing » ?
Franchement, cette accumulation de mots d’anglais de pacotille n’est pas top.
Les Japonais ne sont pas en reste : le rêve d’une « OL », aussi appelée « office lady », est de rencontrer un brillant « salaryman » (salarié), qui lui permettra de faire un mariage respectable. Les autres mots japonais de pseudo-anglais sont trop nombreux pour être tous cités. Quant aux Allemands, ils proposent notamment « handy » pour téléphone portable.
Il n’empêche que certains faux anglicismes ont été pleinement incorporés dans la langue française et ne peuvent maintenant plus être remplacés. C’est le cas de smoking, travelling, shampoing, etc.
Le tableau qui suit présente, en trois colonnes, d’abord un mot ou une expression en anglais de pacotille, ensuite le mot juste en anglais et enfin l’équivalent en français.
[3]"Motor home" et "motor coach" sont des termes britanniques. Aux Etats-Unis, on utilise « recreational vehicle », qui est cependant une expression générique désignant tous les types de véhicules qu’il est possible d’habiter temporairement.
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