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Le 15 août 2019 – le 250e anniversaire de Napoléon Bonaparte

1769
 

« Après la victoire, on  mérite du champagne ; après la défaite, on en a besoin ». [1] 
Napoléon Bonaparte

 « Eh bien, Messieurs, c'était le plus grand ennemi de l'Angleterre et le mien aussi ; mais je lui pardonne tout. À la mort d'un si grand homme, on ne doit éprouver qu'une profonde douleur et de profonds regrets. »
Sir Hudson Lowe, Gouverneur de l’île de Sainte-Hélène.

MichelMichel Dancoisne-Martineau [2] est une personne fort intéressante, qui habite une île forte intéressante.


Il s’agit de l’île de Sainte-Hélène, dans l’Océan Atlantique sud, oû Michel, l'auteur de plusieurs oeuvres sur le séjour de Napoléon Bonaparte sur l'île,  sert comme Consul honoraire de France et Directeur des domaines nationaux à Sainte-Hélène. L’île fait  partie de Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha, territoire d'outre-mer du Royaume-Uni, dans l'Atlantique sud. [3]

St H map

Sainte-Helene comprend trois propriétés associées avec le séjour de Napoléon Bonaparte à Sainte-Hélène (1815-1821) qui appartient à la France : Briars Pavilion, la première  résidence de Napoléon sur l’Île (octobre-décembre 1815) ; Longwood House , la résidence principale de Napoléon pendant son exil (décembre 1815- mai 1821); la tombe de Napoléon, sa dernière demeure de 1821 à 1840.

 

Longwood House

Longwood house sh

Briar's Pavillion

Briar's Pavillion

 La Tombe de Napoléon

Napoleon TOMB

Napoléon Bonaparte mourut en exil à Sainte-Hélène le 5 mai 1821.  Dans son testament, Napoléon demanda à être enterré sur les rives de la Seine, mais le gouverneur britannique, Hudson Lowe, insista pour qu'il soit enterré à Sainte-Hélène, dans la vallée des saules (maintenant la vallée de Sane). La Tombe est l'une des 7 merveilles de Sainte-Hélène.

Lowe a dit que l'inscription devrait être "Napoléon Bonaparte" ; les compagnons d’exil de Napoléon, Montholon et Bertrand, voulaient le titre impérial "Napoléon" – seul les prénoms étant utilisés pour les titres royaux et impériaux. Incapable de résoudre le différend, la tombe a été laissée sans nom.

Mort de Napoleon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le corps de Napoléon n'est plus là – il a été récupéré en 1840 par le prince de Joinville, embarqué sur la frégate Belle-Poule, qui avait été peinte en noir pour l'occasion, ramenée en France et enterrée de nouveau à L'Hôtel des Invalides.

Bien que le corps de Napoléon n'y réside plus, le terrain où se trouve la tombe fut vendu en 1858 au gouvernement français avec Longwood House pour une somme de 7 100 £.

Nous remercions infiniment à M. Dancoisne-Martineau pour nous avons aidé à préparer cette annonce à notre intention.

 

Jonathan Goldberg

Les commentaires (1) et (3) ci-dessous sont rédigés par Jean Leclercq

[1] L'Empereur but-il du champagne au soir d'Austerlitz et au retour de Waterloo ? C'est peu probable, car il ne buvait pas. Il n'avait soif que de pouvoir. À peine s'autorisait-il un verre de vin (coupé d'eau) avec ses repas – toujours le même, un bourgogne rouge, du Gevrey-Chambertin.  À Sainte-Hélène, le problème se posa avec acuité, car on ne pouvait faire venir d'aussi loin un tel cru qui supporterait mal le voyage. On lui substitua un rouge qui en était très proche, le vin de Constance, provenant du célèbre domaine de Groot Constantia, dans la colonie du Cap. Un quartaut de ce précieux vin était régulièrement expédié à Sainte-Hélène et placé sous la garde de Montholon, grand officier de bouche. Il était exclusivement réservé à l'Empereur. Par la suite, les tenants de la thèse de l'assassinat prétendirent que Montholon versait chaque jour une petite dose de mort-aux-rats dans le vin de l'Empereur pour le faire mourir à petit feu, hériter d'une partie de sa fortune et, surtout, rentrer plus vite en France pour retrouver son Albine. Mais, l'Empereur n'avait pas besoin de cela pour mourir. Un cancer de l'estomac le rongeait depuis quelque temps déjà. Au sujet de la captivité de l'Empereur à Sainte-Hélène, on lira avec autant de plaisir que de profit  : Jean-Paul KauffmannLa chambre noire de Longwood. Le Voyage à Sainte-Hélène. Paris, Éditions de la Table Ronde, 1997.

Michel book cover
[2] Michel Dancoisne-Martineau a achevé 5 volumes d'une série bilingue (anglais-français) en 12 volumes illustrés intitulée "Napoléon à Sainte-Hélène, l’écueil d’un empire". Un projet qui une fois fini (en 202!), constituera un fond de documentation de la conservation des Domaines Nationaux de Sainte-Hélène, exploitant les archives uniques accumulées depuis maintenant plus de 150 ans. Les livres sont disponibles sur le site bilingue http://www.napoleonsthelena.com/boutique/

(3)    L'île où fut exilé Napoléon porte le nom d'Hélène (Sainte Hélène, pour les chrétiens), née vers 248/250 à Depranum et probablement morte en 330 à Nicomédie (aujourd'hui Izmir, en Turquie). Impératrice romaine, épouse de Constance Chlore, elle est la mère de l'empereur Constantin Ier. Convertie au christianisme, elle fit (en 325-326) un voyage en Palestine dont elle rapporta à Rome la Vraie Croix du Christ (retrouvée à Jérusalem, avec l'aide de rabbi Judas ben Siméon) ainsi que l'escalier du palais de Pilate qui fut remonté près de la basilique de Saint-Jean de Latran, et qui est connue sous le nom de Scala Santa.  Le fils d'Hélène, l'empereur Constantin 1er, est célèbre pour avoir promulgué l'édit de Milan (en 313), instaurant la liberté des cultes dans l'empire romain, et déliant les chrétiens de l'obligation de révérer l'empereur comme un dieu.  Hélène est une sainte pour les catholiques et les orthodoxes.

Lectures supplémentaires :

Voir les trois articles publiés sur ce blog sur Napoléon Bonaparte, dont deux qui traitent de son exil sur Sainte-Hélène :

Waterloo, 18 juin 1815

https://bit.ly/2yDb8e8

L’île de Sainte-Hélène 
https://bit.ly/2KprLzh

L’île de Sainte-Hélène (troisième partie)
Napoléon apprend l'anglais à Sainte-Hélène ; 
il y décède :  mort naturelle ou assassinat ?
https://bit.ly/2YC7P5v

St Helena Island

https://www.sthelenaisland.info/napoleons-tomb/

Domaines français de Sainte-Hélène

https://fr.wikipedia.org/wiki/Domaines_fran%C3%A7ais_de_Sainte-H%C3%A9l%C3%A8ne

Une rare lettre de Napoléon en anglais mise aux enchères
6 juin 2012

http://www.slate.fr/lien/57221/napoleon-lettre-anglais-encheres

Maison de Napoléon (Longwood House) à Sainte-Hélène.

Napoleon in America – Shannon Selin

 

 

En Afrique, les langues empruntent les unes aux autres

– reportage du Kenya 


Nous sommes heureux de retrouver
Mag
notre contributrice fid
èle, Magdalena Chrusciel.  Magdalena a été notre « traductrice du mois » de mars 2013. Magdalena a grandi à Genève et y a fait des études qu'elle a ensuite poursuivies à l'Université de Varsovie. Revenue en Suisse et diplômée de l'E.T.I. de Genève, elle possède une palette linguistique aussi large qu'originale avec la maîtrise de quatre langues : polonais, russe, français et anglais. Elle est traductrice-jurée et mène également des activités d'enseignement et de formation professionnelle.

Mag & ColmanMagdalena séjourne au Kenya depuis deux ans, avec son époux biologiste, qui est chargé de la politique des espèces auprès de WWF International.


Pour retrouver des contributions
précédentes de Magdalena, cliquez sur son nom sous la section "Catégories" dans la colonne à droite du site.

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Toutes les langues du monde évoluent – c'est aussi ce qui fait leur beauté et force. Ainsi, à Nairobi où je

Sheng

Sheng, Rise of a Kenyan Swahili Vernacular, Chege Githiora

réside actuellement, c'est le shang qui prend de plus en plus de place, né de la rencontre entre l'anglais, le swahili et d'autres langues tribales kenyanes. En effet, le swahili, à l'instar de maintes langues dans le monde entier, n'a résisté pas à cette "corruption" (ou plutôt contagion, devrais-je dire) par la langue dominante qu'est l'anglais, tout en s'enrichissant des langues tribales ambiantes. Le shang est une réaction à la langue des anciens colonisateurs et, en supprimant barrières tribales et même celles de classe, exerce une fonction de cohésion sociale. Paradoxalement, les Kenyans éduqués, très anglicisés, redécouvrent l'usage du swahili grâce au shang, qui devient lingua franca du Kenya. De passage à Nairobi, le président Obama s'est adressé au public kényan en utilisant des termes shang.

La colonie française de Nairobi est importante, les affaires plutôt florissantes, ce dont témoigne la présence d'une grande enseigne de distribution, de sociétés de transport et de construction routière. Au-delà du clash linguistique, c'est une rivalité commerciale qui se met en Paxmanplace. Entre Anglais et Français, une longue histoire de frères ennemis. Dans son livre "The English : The Portrait of a People » (Harry N. Abrams; January 29, 2013), le grand reporteur de la BBC Jeremy Paxman constatait déjà que, lors de la première guerre mondiale, les soldats anglais n'aimaient pas les soldats français, allant jusqu'à respecter davantage les soldats allemands, en raison de l'animosité séculaire.

La communauté française est bien organisée pour promouvoir la francophonie – l'Alliance française y organise 200 événements tout au long de l'année. Le français est sans doute une des langues les plus étudiées par les Kényans. Beaucoup de Françaises expatriées sont affiliées à l'association Nairobi-Accueil, qui organise d'intéressantes visites locales et activités. Pour celles qui arrivent pour la première fois dans un pays anglophone, le niveau de leur anglais peut parfois laisser à désirer, hérité du système éducatif français et de considérations historiques énoncées ci-avant. N'étant autorisées à travailler, leurs contacts avec les Kenyans restent trop limités pour développer un anglais conséquent. Aucun doute qu'Il en est différemment des jeunes en poste ici, ainsi que de leurs enfants scolarisés dans les établissements anglophones de grande qualité.

 

 

 

Magdalena 1

Lors d'un trekking à Hell's Gate,
Magdalena se voit « adoubée » par son guide massaï. 

 

Mag librarire

 

 

 

Devant la bibliothèque personnelle de Karen Blixen

Places respectives du français et de l'anglais au Kenya

Magdalena 3 (Nathalie)Voici quelques réflexions à ce sujet recueillies auprès de Nathalie Tamigneaux, Belge multilingue, résidant au Kenya depuis plus de 20 ans, professeur de FLE et animatrice du club de lecture francophone de l'association Nairobi-accueil.

Après quelques années en pays francophones de l'Afrique de l'ouest, la perspective de vivre en pays anglophone présentait un vrai attrait pour notre famille. Nos jeunes enfants alors âgés de 5 et 2 ans, déjà bilingues français-persan, ont joint le système éducatif anglophone. Au sein de l'association Nairobi Accueil, un autre couple mixte avait fait le même choix. Ils nous ont été d'un précieux soutien pour commencer avant de devenir nos meilleurs amis du moment.

La décision prise pour nos enfants s'accordait avec mon projet personnel d'améliorer mon anglais. A cette époque il était plus facile de suivre des formations de groupe de qualité en différents endroits à Nairobi. Malheureusement, il n'en reste plus qu'un seul, ce qui restreint le choix pour les nouveaux arrivants francophones. Cours privés et internet offrent maintenant une offre très large, encore faut-il une motivation certaine pour cette dernière formule et des moyens financiers pour la première. Actuellement, il est plus difficile pour un francophone de suivre une bonne formation en anglais. S'il n'y a pas à travailler en anglais, internet permet à présent de suivre programmes radios et tv quasi gratuitement. En 2000, notre antenne radio cherchait le meilleur endroit de la maison pour capter RFI et il fallait débourser un montant certain pour avoir des bouquets télévision proposant des programmes francophones. Cela motivait (pour) l'apprentissage de l'anglais !

Depuis 20 ans je me joins toujours avec grand plaisir aux activités de Nairobi Accueil mais grâce à mon aisance en anglais, beaucoup d'autres portes se sont ouvertes dans cette riche communauté internationale de Nairobi. Le système scolaire anglophone sollicite beaucoup les parents dans ses activités : rencontres thématiques, organisations d'événements artistiques, sportifs, … autant d'opportunités d'intégration à saisir qui m'ont procuré énormément de plaisir.

 

  Nairobi skyline (Robert Harding)  
  Nairobi  


Au cours de ces 2 décennies, la vie de la communauté francophone a évolué. Son principal représentant, l'Alliance française, assure avant tout sa fonction d'enseignement de la langue mais au niveau culturel – restrictions budgétaires obligent- il y a nettement moins
d'événements. Autre lieu de rencontre, Nairobi Accueil représente toujours ce très large monde francophone d'horizons aussi divers que les pays d'Europe de l'Est, du Moyen Orient, de l'Afrique, du Canada, … La majorité des activités se déroulent en journée (ce qui exclut pas mal de monde) mais permet à ceux qui ne peuvent travailler de se retrouver entre francophones.

Un pied dans le monde francophone de Nairobi, l'autre dans les écoles anglaises et internationales, j'ai au fil des ans trouvé ma place comme professeur particulier auprès d'enfants scolarisés en anglais. Le parcours de chaque enfant en français est unique. Il y a ceux dont l'un des parents est francophone qui parle bien mais peine à écrire, ceux qui ont vécu en pays francophones et veulent maintenir leur niveau, les suivants qui vont partir en pays francophones, sans oublier tous les autres pour qui la langue française est tout simplement une langue écrite bien compliquée à apprendre… mais la demande pour des cours reste toujours aussi forte.

Grande lectrice depuis toujours, membre assidu de la bibliothèque anglophone de l'école, je me suis tournée tout naturellement vers le club de lecture francophone de Nairobi Accueil dont je suis responsable actuellement. Nous partageons nos derniers coups de cœur et trésors personnels. Les ouvrages sont aussi bien d'origine francophone que des traductions de littérature internationale et quelques livres en anglais. La langue anglaise ne représente pas un problème pour la majorité de nos membres, en particulier les plus jeunes.

Durant ces 20 années à Nairobi, l'anglais est de mieux en mieux maîtrisé par les Français même s'il y a encore un retard à combler pour s'aligner sur d'autres francophones plus polyglottes. Internet y sera pour beaucoup pour la jeune génération !

Lecture supplémentaire

Kenyan English

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Note du blog : ex Africa semper aliquid novi

Misquotation: ‘Always something new out of Africa’

A proverbial expression, translating the Latin ex Africa semper aliquid novi, used in English from the mid 16th century; since 1937, the phrase has probably also evoked the thought of Karen Blixen’s memoir Out of Africa. The immediate source of the saying is a passage in the Natural History of the Roman scholar Pliny the Elder. Explaining the number of African animals by hybridization (for example, lions breeding with leopards), Pliny explains that this is what gave rise to what he calls a common Greek saying that ‘Africa always brings forth something new.’ The allusion is to a passage in Aristotle’s History of Animals in which he notes that the most numerous forms of wild animals are to be found in Libya, and give the saying ‘Libya is always showing something new.’

From the Oxford Dictionary of Quotations

Voir aussi:

 

 

 

La dimension genrée de la traduction automatique


Compte-rendu de Fabienne Baider

Online Speech Hate (Fabienne Baider)Nous accueillons chaleureusement la contribution qui suit, dirigée par Fabienne H. Baider.  Fabienne est professeur associée à l'Université de Chypre et travaille sur la sémantique et l’analyse de discours d'un point de vue socio-cognitiviste et contrastif (français, anglais et grec). Ses recherches incluent les métaphores conceptuelles et les émotions dans le discours politique, la communication en ligne et le discours de haine. Elle se concentre actuellement sur les stratégies discursives discriminatoires (covert racism, covert sexism) ainsi que sur les stratégies de discours en matière de leadership politique. Sa méthodologie inclut la linguistique de corpus et l'analyse de discours critique (CDA). Elle est la coordinatrice du Projet C.O.N.T.A.C.T. co-financé par l'UE (reportinghate.eu). Avant cette carrière universitaire, Fabienne a voyagé et travaillé comme enseignante de FLE en Afrique (entre autres métiers), particulièrement en Afrique du sud, ainsi qu’au Canada où elle a repris ses études de troisième cycle (cf. sa page web (http://www.fabiennehbaider.coml)

 

Notre compte-rendu est consacré à l’étude publiée en février 2019 et intitulée Il a dit, elle a dit: Aborder le genre dans la traduction automatique neurale. [He Said, She Said: Addressing Gender in Neural Machine Translation, (Gino Dino, 2019)].

 

Chacun et chacune ayant traduit de la langue anglaise (langue sans genre lexical mais avec genre uniquement pronominal) vers la langue française à l’aide de logiciels tels que Google translate ont connu certains déboires. Ainsi  les traductions suivantes indiquent des biais :

This person is a very well known professor;
Cette personne est un professeur très connu

Two women were late; When they arrived they were happy;
Deux femmes étaient en retard. Quand ils sont arrivés, ils étaient heureux

Automatiquement Google translate propose et emploie le genre grammatical masculin par défaut, même lorsque des indices grammaticaux et sémantiques indiquent clairement le genre féminin.  Pour les utilisateurs le problème du sexisme de l'intelligence artificielle était connu mais il a été découvert en quelque sorte par les chercheurs assez récemment.

En effet, selon l’article mentionné ci-dessus, il a fallu attendre novembre 2018 pour que ‘l’affaire’ soit publique auprès des informaticiens quand les médias ont enfin discuté les suggestions automatiques sexistes de Google Mail. Pour simplifier ce problème, Google mail (Gmail) ne va plus proposer automatiquement un genre grammatical avec leur nouveau logiciel de traduction automatique. [1] En effet une nouvelle fonctionnalité (appelée Smart Compose) évitera de suggérer des genres. De même en décembre 2018, Google a publié un premier article sur les mesures prises afin de réduire les stéréotypes sexistes que nous avons mentionnés plus haut dans Google Translate [2] .  Ainsi il avait été prouvé que les traductions se basaient principalement sur de tels stéréotypes ainsi la suggestion de pronoms masculins pour des cooccurrences avec des mots comme « fort » ou «docteur» et des pronoms féminins pour des cooccurrences avec les adjectifs tels que « beau » et «infirmier».

Pour éviter ces automatismes Google a mis à jour son logiciel et les requêtes de traduction de l'anglais vers le français, l'italien, le portugais ou l'espagnol vont proposer des choix de traductions i.e. le masculin et le féminin [3] . Cependant comme nous l’avons vu au début de ce texte avec l’exemple de deux phrases consécutives, le mot femme ne va pas déclencher dans la proposition suivante le pronom elles. De fait les phrases plus longues ou plus complexes ou même ce qu’on appelle les anaphores entre phrases, quant à elles, nécessitent un processus plus complexe. Tellement complexe que Google a dû « apporter des modifications importantes » à son logiciel de traduction. Cet article explique en effet que ce n’est pas facile d’être objectif et neutre : le logiciel doit prendre un nouveau processus qui prend en compte notamment les suggestions de traduction rejetées.  Google affirme que ce nouveau système peut être fiable en ce qui concerne le genre des traductions féminines et masculines ‘99% du temps’, sauf que notre exemple très simple donnée plus haut n’est toujours pas traduit de manière équitable.

Eva Vanmassenhove qui travaille en recherche dans le domaine de la traduction automatique depuis 2015, rapporte dans cet article qu’elle avait souligné les faiblesses d’une telle approche pour des raisons nombreuses, et qui sont toutes basées sur le fait que la problématique est bien plus complexe que changer des pronoms. En particulier elle reproche le fait que Google travaille surtout à sens unique c’est-à-dire qu’ils travaillent sur des traductions avec l’anglais comme langue cible et d’autres langues comme langue source. De plus la chercheure souligne la complexité de la tâche. En effet le genre ne s’exprime pas seulement avec le genre grammatical, car le choix des verbes ou des adjectifs est aussi genré. Enfin il ne faut pas non plus sous-estimer la dimension de l’interculturalité : différentes langues ont différentes manières d’exprimer le genre et envisager une solution unique est utopique. Le contexte est aussi primordial dans les traductions et prédire le genre dans des langues qui expriment ce genre minimalement reste une tâche non résolue et sans doute non résolvable. On en reste encore dans Google translate a « The nurse arrived » et « The surgeon arrived »  comme traduction par défaut de ‘l'infirmière est arrivée’ et ‘le chirurgien est arrivé ». Pire le féminin est proposé par défaut pour renforcer des stéréotypes ainsi :

I am a strong surgeon se traduit par ‘je suis un chirurgien fort’ (juillet 2019)

I am a beautiful surgeon se traduit par ‘je suis une belle chirurgienne’ (juillet 2019)

Pour détecter de tels biais, il s’agit de compiler un volume d’exemples impressionnant qui ne peut que se faire après des années. Se rendre compte des biais est déjà une étape importante; les premiers ont été vers la réduction des préjugés sexistes dans la traduction automatique.

Mais la discussion des biais ne devrait pas se limiter au sexisme. En effet la correction des biais devrait se faire dans le cadre de la théorie intersectionnelle : cette théorie pose que le genre, la classe et la race principalement vont entraîner des biais spécifiques; combiner et cumuler ces biais vont aussi entraîner des problèmes de traduction pour les modèles neuronaux.  Les asymétries sociales sont multiples et incluent l’âge, l’orientation sexuelle et l’appartenance à des groupes minoritaires, asymétries qui vont de traduire dans des suggestions de traduction biaisées. Eva Vanmassenhove en a conclu que les préjugés, y compris le genre mais pas seulement, doivent être des préoccupations importantes, car

on ne comprend pas immédiatement comment les algorithmes de MT les perpétuent, et ils passent souvent inaperçus, puisque les algorithmes neuronaux sont très efficaces pour fournir ce qu'ils pensent que nous voulons voir.

Il n’a pas été question dans cet article de la question très difficile concernant les pronoms pour les transgenres et les transsexuels, et de l’écriture non genrée qui au contraire du mouvement pour la féminisation ou les choix alternatifs il / elle et la volonté de vouloir inscrire le genre sexué dans la langue, veut effacer toute trace de genre.  Ainsi si nous prenons le cas de la Suède, un pronom neutre hen, pronom personnel de la troisième personne singulier, a été adopté par l’académie suédoise en 2014 et est entré dans le dictionnaire en 2015.  Il a été proposé pour désigner une personne de manière non sexuée puisque dans la grammaire suédoise comme dans toutes les langues germaniques les pronoms personnels de la troisième personne singulier sont sexuées [4]. Ce pronom non seulement donne la possibilité de ne pas désigner une personne par son identité sexuée et ainsi éviter des stéréotypes de genre, mais il permet aussi de déstabiliser les usages normatifs et normées qui est tout à fait dans la lignée de la théorie postmoderne illustrée fameusement par les ouvrages de Judith Butler (2005) [5] qui promeut la politique de subversion pour défaire les normes de genre. Mais ceci est un tout autre débat et un tout autre projet pour Google translate en et du suédois…!

[2] Fearful of bias, Google blocks gender-based pronouns from new AI tool, Reuters, 27 November 2018

[3] The Keyword, December 6, 2018

[4] Neural Machine Translation, Slator Language Industry Magazine

[5] Hen  : le pronom suédois qui fait polémique, CFTTR
et

Ni "lui", ni "elle", un pronom neutre en Suède : en France, ce serait impossible

L’OBS 29-03-2015

[6] Butler Judith (2006) Trouble dans le genre. Éditions Poche ; (2016) Défaire le genre Nouvelle Édition Amsterdam

Lectures supplémentaires :

Sexism coverDictionnaire critique du sexisme linguistique
Recension, Prof. Fabienne Baider

 

Which Box Do You Check? Some States Are Offering a Nonbinary Option
New York Times, May 29, 2019

Alexander Boris de Pfeffel Johnson a la langue bien pendue

Langue pendue The Oxford English Dictionary:
gab (noun): "b. the gift of the gab: a talent for speaking, fluency of speech. (Sc. also gift of the GOB.)" In the U.S., the phrase most often heard is "the gift of gab." As a verb, gab means to chatter, prattle, talk.

glib (adjective). Of a speaker or writer, of the tongue, etc. 'Well-oiled', ready and fluent in utterance. Of language: Characterized by fluency and readiness. Chiefly in contemptuous use, implying lack of thought or of sincerity."

                                                           

Grandiloquence (2)

Valérie FrançoisLe texte ci-dessous a été traduit par notre fidèle contributrice, Valérie François, à partir d'un article de l'agence Reuters. 

Pour retrouver les contributions précédentes de Valérie cliquez sur son nom sous la section "Catégories" dans la colonne à droite du site.

 

LONDRES (Reuters) – JULY 23, 2019

Le Premier ministre désigné du Royaume-Uni s’est un jour vanté de pouvoir réciter par cœur les cent premières lignes de l’Iliade d’Homère en grec ancien. [Note du blog : En bas de cet article, Johnson chante la Marseillaise.]

Depuis longtemps, Boris Johnson tisse de l’or en politique grâce à son langage grandiloquent en utilisant ce que certains linguistes et observateurs considèrent comme un langage pompeux, un vocabulaire ésotérique, une crudité occasionnelle et des épisodes de fanfaronnades maladroites.

Il confectionne ce qui semble être un discours spontané ponctué de références allant de l’antiquité classique à la culture britannique populaire, et courtise la controverse pour accroître sa popularité en utilisant parfois ce qui est maintenant considéré comme des anachronismes impériaux britanniques.

« Le langage utilisé par Johnson est souvent un mélange de métaphores ou de tournures de phrase inattendues, d’hyperboles et de nostalgie, le plus souvent avec une touche toute britannique », a déclaré Philip Seargeant, maître de conférences en linguistique appliquée à l’Open University.

Johnson Plato

Sa prestation est importante, également, a déclaré Seargeant « parce que cela agrémente le phrasé héroï-comique d’une dose de fanfaronnade maîtrisée, qui instille un sens du comique à toute chose. »

Le trop plein d’audace de la flamboyance verbale de Johnson est depuis longtemps l’une de ses marques de fabrique, depuis les clubs de débat de son prestigieux lycée privé Eton College, en passant par l’Université d’Oxford et jusqu’à ses débuts de journaliste correspondant à Bruxelles où il raillait le projet européen.

En tant que politicien, il a perfectionné son art oratoire de la séduction en tant que célébrité d’émissions de télévision et maire de Londres. Il a régulièrement éclipsé les dirigeants du Parti conservateur avec des discours prononcés lors de la conférence annuelle du Parti, lesquels ont ravi de nombreux membres citoyens.

Il est l’auteur d’ouvrages, notamment une biographie de son héros et chef de guerre britannique Winston Churchill. Il a reçu 22 917 livres (28 524,79 dollars) par mois pour sa chronique hebdomadaire dans le quotidien Telegraph.

Derrière les acrobaties verbales, cependant, les linguistes perçoivent une utilisation du langage beaucoup plus calculatrice.

« Sur la scène publique, il arbore à tout le moins les masques suivants : celui d’orateur entraînant, de causeur affable et d’amateur empoté », a déclaré Paul Chilton, professeur émérite de linguistique à l’Université de Lancaster.

« Il sait que pour séduire une audience il faut faire rire, ce qui dissimule le manque de mesures politiques, l’absence d’engagement, les demi-vérités, les mensonges et l’ignorance des faits." a déclaré Chilton.

Johnson, 55 ans, va devenir le prochain Premier ministre britannique après son élection à la tête du Parti conservateur, le mardi 23 juillet.

Il a déclaré que son expérience en tant que maire de Londres et plus tard en tant que ministre des Affaires étrangères démontrait qu’il avait une bonne maîtrise de la politique et que les accusations de mensonge étaient dues à des citations sorties de leur contexte.

Les analogies exagérées qu’il emploie peuvent provoquer de forts ressentiments. 

Il a lancé que l’accord raté de la Première ministre Theresa May dirigeait la Grande-Bretagne vers un « statut de colonie ». Lors de la campagne du référendum britannique sur le Brexit de 2016, il a averti qu’en tentant de créer un super-État européen, l’Union européenne suivait le chemin d’Adolf Hitler et de Napoléon.

Johnson a proposé un « Brexit complet » plutôt qu’un « Brexit en rouleau de papier toilette », en référence à l’aspect « doux, fragile et infiniment long » du produit.

Il a également suggéré un jour que le président des États-Unis, Barack Obama, qu’il qualifiait de « moitié kenyan », nourrissait une aversion ancestrale envers l’Empire britannique. En outre, il a écrit un limerick obscène au sujet du président turc Tayyip Erdogan.

En 2016, alors qu’il était ministre britannique des Affaires étrangères, Johnson a déclaré qu’il lui faudrait beaucoup trop de temps pour s’excuser du « riche thésaurus » de propos désobligeants qu’il a tenus au fil des ans au sujet des dirigeants du monde et qui ont été « mal interprétés ».

ATHÈNES ET ROME

Peu de politiciens modernes affichent autant leur admiration pour la Grèce antique que le prochain Premier ministre britannique. Alexander Boris de Pfeffel Johnson, de son vrai nom, est communément appelé simplement « Boris ».

Ayant étudié les lettres classiques à l’université, Johnson maîtrise le latin et le grec ancien.

Dans un entretien récent avec talkRADIO, il a dévoilé, dans les mêmes minutes, son hobby qui consiste à fabriquer des maquettes de bus londoniens à partir de caisses en bois et qu’il était un admirateur de Périclès d’Athènes, célèbre homme d’État grec et orateur du Ve siècle avant notre ère.

« Son recours occasionnel aux langues classiques sert plusieurs objectifs, c’est une façon de revendiquer une certaine autorité », a déclaré Chilton, qui a également souligné le penchant de Johnson pour les techniques oratoires classiques.

Dans un discours prononcé la semaine dernière aux membres du parti au cours de sa campagne pour la présidence du parti, Johnson a brandi un hareng fumé sous vide et a tenté de ridiculiser la réglementation de l’Union européenne en soulignant l’absurdité d’imposer un tel emballage pour la congélation.

La législation de l’UE n’exige pas un tel emballage. Les partisans de Johnson ont déclaré qu’il utilisait le poisson comme une illustration.

« La ruse du hareng fumé à la campagne électorale du Parti conservateur est en réalité un stratagème antique de rhétorique politique. Caton l’Ancien aurait apporté une grappe de raisin carthaginois frais au Sénat romain pour faire valoir son point de vue politique », a déclaré Chilton.

Buffoon-boris-johnson-cartoon Boris-johnson-clown

 

 

 

Boris Johnson chante la Marseillaise

 

Chose promise, chose faite – sans avoir promis la lune

Sans avoir promis la lune à nos lecteurs et lectrices, nous honorons l'engagement pris sur ce blog il y a cinq ans, dans un article intitulé « AD ASTRA PER ASPERA . (Par des sentiers ardus jusqu'aux étoiles)…Annonce d'un article à paraître le 20 juillet 2019 (!) »

À l'époque, j'avais mentionné les efforts fournis pour conserver à ce blog son intérêt et ses attraits, et je les ai décrit comme un échange constant d'idées, de suggestions, de résultats de recherches et de dur labeur permettant de poursuivre ce bien modeste projet.

L'etoile des astronauts

L'etoile des astronautes sur le "Walk of Fame"

Par la suite j'avais écrit : 
« Dimanche dernier, le 20 juillet 2014, en conduisant ma femme au marché des agriculteurs d'Hollywood, j'ai garé ma voiture près d'un Starbucks sur le Walk of Fame (L'allée des Illustres / La promenade des célébrités ), juste à l'endroit où une étoile a été dédiée aux trois astronautes  du programme spatial américain Apollo, qui ont atterri sur la lune exactement 45 ans plus tôt – le 20 juillet 1969.

Apollo 11 Ad Astra per aspera

Tout cela pour assurer nos lecteurs que nous avons bien l'intention de poursuivre et de développer le blog ad astra, tout en sachant que nous n'y parviendrons que per aspera.

Armstrong  Aldrin & CollinsComme Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins, nous visons haut. Et parce que nos articles sont programmés longtemps à l'avance, nous avons déjà coché dans notre agenda la date du 20 juillet 2019, afin de nous rappeler qu'il faudrait, ce jour-là, célébrer le 50ème anniversaire du premier alunissage.

De la sorte, nous ferons un deuxième petit pas pour l'homme et un deuxième pas de géant pour l'humanité – et pour nos lecteurs ».

Maintenant, – après une période de cinq longus années, qui nous paraît depuis des lunes – nous présentons ci-dessous, un article rédigé à notre intention par Donna Scott, dont le mari, Terry Hampton, se tient à l'extrême droite de la photo de groupe dans l'image qui accompagne l'article. 

Nous recherchons quelqu'un possédant une excellente maîtrise du français pour traduire l'article ci-dessous. 

Jonathan G.
Los Angeles

 

One Small Letter, One Giant Leap For All

Donna Scott Apollo Terry Hampton

Left : Donna Scott, who wrote the article that follows for Le Mot juste. Donna's contributions to this blog always reach great heights and in this one she throws much (moon)light on an aspect of space missions not always known to the public. 

Right : 1995 – Astronauts Charlie Precourt (a veteran of four space flights, who logged over 932 hours in space) and Bonnie Dunbar (a veteran of five space flights, who has logged more than 1,208 hours) with Terry Hampton, Donna's husband,  on the extreme right. Terry has been an engineer for forty years, working throughout the United States on various projects. His space specific projects have been for 15 space shuttle missions, the International Space Station and the Delta Rocket. He is now co-owner with Donna Scott in the Hampton Scott Group, an engineering company specializing in satellite design work.

It began as one man’s inspirational speech challenging his fellow Americans: the President of the United States wanting to put an end to Russia’s space superiority. It climaxed with one man’s words as he stepped onto the Moon. Those words bestowed the Americans’ glory upon all the people on Earth.

It was the height of the Cold War when President Kennedy proclaimed in 1961 that by the end of the decade Americans would go to the Moon. NASA had already told him there was just a 50/50 chance of successfully making it safely there and back. For the remainder of the decade, America transformed from a technically naïve nation to one that succeeded in its Mission, taking along half a billion witnesses out of a global population of three billion.

The July 1969 issue of Esquire magazine showed little faith in the words the astronauts would utter upon landing on the Moon. “While the space program is poised on the brink of a truly epoch-making triumph of engineering, it is also headed for a rhetorical train wreck,” it pompously reported. “The principal danger is not that we will lose the life of an astronaut on the Moon, but that the astronauts will murder English up there.”

Apollo - [Fishman] One Giant LeapAnd, so, it featured in that issue, titled Le Mot Juste for the Moon, musings of famous people on what the astronauts’ words should be. Charles Fishman, author of “One Giant Leap: The Impossible Mission That Flew Us to the Moon,” cites a sampling of contributions by notable novelists and poets; Ayn Rand: “What hath man wrought?” Gwendolyn Brooks: “Here there shall be peace and love.” Vladimir Nabokov: “You want a lump in (the astronaut’s) throat to obstruct the wisecrack.” Kurt Vonnegut: “Was this the face that launch’d a thousand ships?” Truman Capote: “So far so good.”

There were more such quotations, but they only go to prove that none of them could have, or did, do better than Neil Armstrong, when he said: “That’s one small step for (a) man, one giant leap for mankind.” He always insisted afterwards that the microphone in his space helmet dropped out when he uttered that “a.” Without that smallest of letters, “a”, it’s merely a redundant statement, because “man” and “mankind” becomes synonymous  (one small step for mankind, one giant leap for mankind). His actual utterance distinguishes the single man’s step being for all mankind: inclusive brotherhood of the entire earth’s human race.

With that singular letter (a), we are reminded that it takes individuals to step forward to achieve collective goals, which is highlighted in another of Fishman’s anecdotes: the making of the space suits by Playtex, the makers of the bras and girdles of the 1950s and 1960’s.

The technical challenges the space suit would have to meet were many. However, it also had to be flexible enough to give them the freedom to move about, bend, twist, to climb and move their arms and hands. Their gloves had to allow them the nimbleness to get things done.

Playtex brought skilled seamstresses over from its consumer products factories to sew the suit’s 21 layers. “I was sewing [latex] baby pants,” said Eleanor Foraker, who would go on to be a spacesuit assembly supervisor, “and an engineer came to me and asked me if I would mind trying something else.”
Seams in the spacesuits had to be sewn to the precision of the width of a single straight pin. Every stitch of every inch of spacesuit seam in every layer was counted to ensure quality and safety.

But that was just one problem to be solved. At the start of the program, there were no computers small and fast enough anywhere in the world that were needed to accompany them into space. A small computer was equivalent in size to 3 or 4 refrigerators lined up together. NASA couldn’t even send a computer the size of one refrigerator to the moon. MIT was hired to design and write the programs that would take Apollo to the Moon. They pioneered the technology of integrated circuits. The Apollo space flight computer was the first to use computer chips. A computer not much bigger than a briefcase, became the fastest, smallest, most nimble computer on earth.

But we also didn’t have great computer memory manufacturing technology at the time. And, so, once again craftswomen were brought in to solve the technical problem. However, this time it was weavers from textile mills factories who were brought in to weave every circuit by hand. It took two dozen women eight weeks, using long needles with wire to weave together the wires. With absolute attention and precision, every single 1 and 0 in the computer’s memory required a wire in exactly the right place. A single mis-wired strand meant the computer’s programs wouldn’t work properly—and might fail at some critical, potentially disastrous moment.

And then there were the three parachutes used in those crucial last 15 minutes to land the capsule into the earth’s sea, which were each 7200 square feet. Each one had to be hand sewn and folded for the mission. In the U.S., all persons who fold parachutes for human use must be certified by the FAA. At the time, there were only three individuals, two men and one woman, who had certifications. They were so important to the Mission, they weren’t allowed to travel in the same car together.

We love space. The Smithsonian Air & Space Museum on the Mall in Washington together with its companion facility at Dulles International Airport is the most-visited museum anywhere in the world, even more than the Louvre.

Jeff Bezos, Elon Musk and Sir Richard Branson are working on making affordable space travel available to ordinary people. Bezos is set on sending "space tourists" into sub-orbital flight. He says Blue Origin will be selling tickets next year, with company insiders suggesting they could go for up to $300,000 each. Like Blue Origin, Musk plans to one day send people into space on commercial flights. Virgin Galactic, Branson's company, plans to offer space flights for $250,000 per ticket for 2.5-hour flights.

Cultures have expressed our desire to touch the Moon and Stars for years. Adults repeat beloved childhood stories and rhymes to their own children e.g., “The Little Prince,” "Goodnight Moon” and “…the cow jumped over the moon.” Sinatra’s “Fly me to the Moon” and Audrey Hepburn’s rendition of “Moon River” in “Breakfast at Tiffany’s” are songs still played; the expression that something or someone sends us over the Moon are recognizable expressions that are part of our language.

But I have to look no further than my own engineer-husband, Terry Hampton, to know this.. As an aerospace engineer, he has worked on intriguing projects from the B-2 Bomber to James Cameron’s ride through the Pandora world of Avatar at Disneyworld. His favorite projects? Hands-down engineering design on 15 space shuttle missions as well as work on the International Space Station. “The coolest engineering experience has been to know that some of my work has gone up into space,” Terry says

He worked with Russian engineers to create a docking mechanism that would allow the space shuttle to dock with the non-standard hatch size of the Russian space station MIR. More important than docking was incorporating a design that allowed the shuttle to very quickly disengage from the MIR in case of fire. Terry’s favorite project was designing an oxygen valve that could not be turned off accidentally by astronauts during extra vehicular activity. Part of the engineering research involved taking into account the size of the astronaut’s finger and thickness of the space suit glove (successfully designed for flexibility by Playtex) to insure that only a deliberate action would cause the oxygen flow to stop. He’s yet another individual, like countless others, who have contributed to the dream of venturing into the great unknown.

Neil Armstrong understood the power of language. His emphatic insistence that his statement included an “a” before “small step” reminds that it takes the accumulation of all those singular people to achieve something monumental.

Carl Fishman says that even 50 years later, people around the world don’t say that America went to Moon; they say “we went to the Moon”. Neil Armstrong understood the power of simple language and gave that gift to all of us.

Update on the occasion of the 50th Anniversary of the Apollo 11 Mission, 20 July, 2019. :

  Apollo  

 

 

Pourquoi les francophones ont-ils si peur de l’anglais ?

En février de cette année, la revue américaine Mother Jones a publié un article intitulé “Why Are the French So Afraid of Other Languages?” de la plume de Kevin Drum.

L’article commence par  La prolifération de termes anglais au Salon du Livre où la “scène YA” faisait la part belle aux mots “Le Live”, “Bookroom”,“Photobooth » et “Bookquizz” (entre autres) a piqué au vif une centaine de gens de lettres français. Dans une tribune publiée dans « Le Monde », ils ont fait part de leur vive indignation aux organisateurs pour leur recours à « ce sous-anglais qu’est le globish. » (« Dans un salon consacré au livre, et à la littérature française, n’est-il plus possible de parler français ? »)

L’auteur de l’article dans la revue américaine poursuit son analyse par cette interrogation : “ Ma question, à présent, s’adresse aux Français qui liront cet article. Je sais que ce grief n’a rien de nouveau et que la France protège sa langue avec une ferveur peu commune. Or, ces défenseurs du français ont-ils pris note de ce qui se passe dans d’autres pays où l’on ne retrouve pas un tel fanatisme vis-à-vis du langage ? »

Grant Hamilton updatedNous avons invité quelques fidèles contributeurs à répondre à cette question.  Voici celle de Grant Hamilton, Anglo-Québécois, auteur de « Les trucs d’anglais qu’on a oublié de vous enseigner » (Éditions de l'Instant Même, 14 mars 2011). Il a exposé ses points de vue linguistique et politique dans ses contributions précédentes, à savoir : 

Le sacrilège d’un Anglo-Québécois

À tout seigneur, tout honneur…

Voici la réponse (pour ne pas dire « la riposte ») de M. Hamilton à la position du journaliste de Mother Jones :

Pourquoi les francophones ont-ils si peur de l’anglais ?

Kevin Drum veut savoir pourquoi les francophones défendent avec autant d’acharnement la langue française. Commentateur politique, il a signé un billet dans la revue Mother Jones où il demande aux offensés de l’anglicisation s’ils ont « regardé autour pour constater ce qui se passe dans d’autres pays qui ne font pas preuve d’autant de fanatisme linguistique ». Et gentiment, il donne la réponse : « Il ne s’y passe rien. L’allemand reste l’allemand, l’italien l’italien et le russe le russe ». Et bien, M. Drum, permettez-moi de nuancer.

À bon entendeur, salut

Comme beaucoup d’anglophones, M. Drum vit dans un monde où la notion de langue est bien abstraite. Il n’y a qu’une seule véritable langue et référence linguistique : l’anglais. On le parle couramment, on le parle mal ou on ne le parle pas du tout : voilà en quoi est divisé l’univers linguistique. Les entendants, les malentendants et les sourds. Pourquoi donc s’énerver si la scène Jeunesse du Salon du livre de Paris porte le nom de scène Young Adult ? On veut bien que le monde entende, n’est-ce pas ?

 

Mais une langue fait bien plus que communiquer. Elle affine l’esprit, elle enrichit l’existence, elle élargit les horizons. Et dès lors qu’on s’en rend compte, il est normal de vouloir s’en gaver, de vouloir plonger dans le tourbillon de ses tournures ou, tel un beau tableau, l’accrocher au mur (ou sur le devant d’une scène). La langue est un pur plaisir, mais un plaisir difficile à expliquer aux unilingues. Or quand on a un bel instrument à sa disposition, on emprunte à d’autres langues avec modestie et parcimonie, pour enrichir et non pas avilir.

 

Plus que des mots

Quiconque ne parle qu’anglais côtoie quand même le français, peut-être sans le savoir. L’anglais puise abondamment dans le corpus linguistique français depuis des siècles. Pourquoi ? Parfois pour combler un manque : les pluies de Londres inspirent si mal la joie de vivre. Parfois pour faire BCBG : quoi de plus chic qu’un pied-à-terre à Paris ? Parfois pour faire grivois : ménage à trois semble mieux convenir aux comportements d’outre-Manche. Parfois même pour faire savant : la pedagogy impressionne davantage sur un diplôme que teaching. Mais chaque fois, il y a une raison.

 

Et ces mots empruntés, une fois incorporés dans la langue, prennent chacun une personnalité anglaise, car maintenant anglais. Savoir-faire est bien l’équivalent de know-how, et les deux se disent, mais l’anglais reconnaît une nuance à savoir-faire : l’art de savoir instinctivement quoi faire à quel moment, le savoir-vivre quoi. On comble un vide.

 

Quel vide vient combler la scène Young Adult ?

 

Une question de respect

Drum se trompe de question. La résistance francophone au tout-à-l’anglais se comprend aisément. Il faut plutôt se demander pourquoi les autres peuples ne se respectent pas tout autant. Car soyons clairs : dire la scène Young Adult envoie un message très fort, au-delà du sens des mots. Un message d’exclusion, de condescendance : vous ne savez pas le sens de « young » ? Alors, le salon du livre de Paris n’est pas pour vous. Il est pour nous, les lettrés, les cultivés, les initiés aux prétentions mondialisantes.

Le français et les francophones méritent mieux que cela.

Commentaire – Jean Leclercq

L'an dernier, à pareille époque, je me trouvais en Suède, parmi des gens qui n'ont pas peur de l'anglais, puisque la plupart d'entre eux le parlent couramment. Quelle ne fut donc pas ma surprise, en conversant avec un voisin de table, dans un restaurant du Vieux Stockholm, de découvrir que, là aussi, certains s'inquiètent de l'hégémonie de l'anglais. Dans un excellent anglais, ce Suédois s'interrogeait sur l'avenir de la langue suédoise dans un pays où les immigrants ne se donnent plus la peine de l'apprendre puisqu'ils peuvent travailler et vivre avec l'anglais. Tout cela pour dire qu'il n'y a pas que les Gaulois réfractaires pour s'inquiéter de la domination de l'anglais. Bien sûr, on peut rêver d'une pensée unique, d'une langue unique et même d'une seule boisson gazeuse. Oui, on peut rêver d'un tel appauvrissement !

Quand le sport et la politique se conjuguent – à la une

2019-womens-world-cup-day

 

FIFA_Women's_World_CupEn sa double qualité de citoyen américain naturalisé et de francophile à vie, l'auteur de ces lignes a visionné la rencontre France-USA de football féminin en toute impartialité. En revanche, il serait permis d'imaginer que deux Américains dont il est question dans le plus récent article que nous avons publié, ont dû rire dans leur tombe après la victoire de l'équipe américaine. Exactement cent ans après le jour de la signature du traité de Versailles (le 28/06/1919), le Président Wilson doit avoir savouré le goût de la revanche sur Georges Clemenceau, le Tigre, qui s'opposa à lui tout au long des négociations menant au traité. Wilson dut encourager les joueuses étoilées à qui French heatwave Météo-France a fait un accueil chaleureux et qui se sont révélées être de véritables tigresses lâchées dans la touffeur du Parc des Princes (45.90C). De même, l'ex-épouse américaine de Clemenceau, Mary, a dû goûter des instants de revanche sur le pays qu'elle avait adopté, mais dont le président du Conseil l'avait traitée si ignominieusement, ainsi que nous l'avons narré dans l'article publié à l'occasion du centenaire du Traité.

Mais Georges, qui ne s'avouait jamais vaincu, aurait pu interpréter le résultat de 2 à 1 différemment : « Un but pour Mary Clemenceau, un pour Woodrow Wilson, et un autre pour moi. Donc, il y a égalité, foi de Père la Victoire ! ».

Jonathan  G.

 

Lecture supplémentaire :

A cheval et a bicyclette…Clemenceau et le sport

Do You Speak Football? Hardcover – May 15, 2018

 

« Déposer une proposition » – Le dictionnaire Babylon a-t-il raison ou tort ?

Les traductions de l'expression anglaise « to table a motion » qui figurent dans le dictionnaire Babylon.com, à savoir « déposer une Babylon proposition, proposer une motion », sont-elles exactes ? Les Anglais répondraient à cette question par l'affirmative, alors que les Américains soutiendraient que ce dictionnaire se trompe, parce que la bonne traduction est « annuler ou retirer une proposition ». L'explication de cette différence transatlantique est qu'aux États Unis et en Angleterre, l'expression « to table a motion » a des significations opposées.« The Origin of the SpeciousOrigins of the Specious », livre sur les étymologies erronées dont le titre est un jeu de mots fondé sur « The Origin of the Species » (« L'origine des espèces » de Darwin) et qui a été écrit par deux Américains, fournit l'explication étymologique suivante: « Au XVIIIe siècle, l’expression « to lay on the table » pouvait signifier soit présenter, soit reporter. Au XIXe siècle, les Britanniques avaient gardé l’une de ces significations et les Yankees l’autre. En conséquence, le verbe « to table » avait deux sens différents de part et d’autre de l’Atlantique. Winston Churchill, dans le volume 3 de son livre The Second World War, [1] raconte :« Dans toutes les discussions entre Britanniques et Américains, le fait de disposer d’une langue commune était évidemment un énorme avantage… Un jour, l’état-major britannique établit un document qu’il voulait soumettre d’urgence et informa son homologue américain qu’il souhaitait "to table it." Pour les Américains, “to table a paper” signifiait mettre un document dans un tiroir et l’oublier. Il s’ensuivit une discussion longue et même acrimonieuse avant que les deux parties comprennent qu’elles voulaient en fait exactement la même chose. » Ce récit sur la confusion créée entre les alliés anglo-saxons de la Seconde Guerre mondiale par une expression qui avaient deux significations opposées rappelle une boutade faussement attribuée au même Churchill, mais qui est probablement due à l'auteur irlandais George Bernard Shaw (1942) :« L’Angleterre et l’Amérique sont deux pays divisés par une langue commune. »   Cependant, Oscar Wilde, un autre Irlandais, avait déjà exprimé une idée semblable en 1887 :« Aujourd’hui, nous avons vraiment tout en commun avec l’Amérique, sauf l’anglais bien sûr. »  

Shaw Churchill George-bernard-shaw
Wilde Churchill Shaw

Jonathan Goldberg, avec la précieuse collaboration de René Meertens.

[1] Deux grandes plumes britanniques au service de la liberté

Le CEATL lance sa revue en ligne : Contrepoint

 

Contrepoint est une revue en ligne qui s’adresse à toute personne intéressée par la traduction littéraire. Votre domaine d’activité est l’édition, la recherche, l’enseignement ? Vous êtes étudiant, journaliste ? Vous travaillez dans les institutions du livre ou, plus généralement, vous aimez suivre l’actualité de la littérature au-delà des frontières, du marché européen du livre, de ceux qui font l’une et l’autre ? Vous y trouverez certainement des informations qui vous parlent.

Nous y évoquons ce qui se passe au sein du CEATL, et regardons aussi vers l’extérieur. Nous présentons des articles sur les traducteurs et la traduction, et traitons plus largement du contexte culturel, artistique et économique de notre travail. Nous espérons que Contrepoint sera, comme son nom l’indique, un lieu où des voix indépendantes et parfois contrastées se retrouvent pour former un ensemble encore plus captivant, à l’image de la traduction littéraire elle-même.

Contrepoint est une publication gratuite – deux numéros par an.

Pour télécharger ce numéro, cliquez ici.

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“The only language I speak fluently is the language of love.”

 Parlez-moi d'amour

 

Speak to me of love

Parlez-moi d'amour,
Redites-moi des choses tendres,
Votre beau discours,
Mon coeur n'est pas las de l'entendre.
Pourvu que toujours
Vous répétiez ces mots suprêmes :
Je vous aime.
 
Vous savez bien
Que dans le fond, je n'en crois rien,
Mais cependant je veux encore,
Ecouter ce mot que j'adore,
Votre voix aux sons caressants,
Qui le murmure en frémissant,
Me berce de sa belle histoire,
Et malgré moi je veux y croire.

Speak to me of love
And say what I'm longing to hear
Tender words of love
Repeat them again
I implore you. 
Speak to me of love

Whisper these words to me, dear
I adore you.
I want to hear, to hear those words that are so dear,
I want to hear you say I love you
By all the little stars above you
Your voice is like a fun caress
It thrills me till I must confess.
I long to hear the voice that brings me
Such thrilling love and happiness
Parle moi d'amour
Redites moi ces mots supremes
Je vous aime…

Parlez-moi d'amour

Speak to me of love