We bridge cultures
Pont Neuf Paris
Pont Neuf, Paris
Japanese Gardens
Japanese Gardens, Pasadena
Montserrat Barcelona
en route Montserrat - Barcelona
Tower Bridge London
Tower Bridge, London
script>
Skip to content

Entretien avec Louise Fili,
‎styliste élégantissime ‎

 

À l'occasion de la sortie de son dernier livre, Louise Fili a fait l'honneur à vos bloggeurs, Jean et Jonathan, de leur accorder un entretien exclusif. Nous l'en remercions au nom de tous nos lecteurs.

 

J. : D'abord, félicitations pour votre dernier livre "Elegantissima: The Design and Typography of Louise Fili". C'est
une véritable œuvre d'art et un régal pour les yeux.

 


 

Louise : Merci.

 


David Wineland et Serge Haroche co-lauréats du Prix Nobel de physique ‎

 

 

          Serge Haroche                                                  David Wineland

Cette année, l'Académie royale des sciences de Suède a décerné le Prix Nobel de physique à deux éminents spécialistes de la physique quantique: l'Américain David Wineland et le Français Serge Hauroche qui se trouvent ainsi conjointement récompensés de travaux qui, pour abstraits qu'ils puissent nous paraître, sont de ceux qui façonneront le monde de demain.

– Le physicien américain David Wineland est un éminent spécialiste de l'informatique quantique dont il est l'un des pionniers. Âgé de 68 ans, il est associé à une longue liste de conquêtes techniques, comme l'emploi de lasers pour refroidir les ions près du zéro absolu (-273,15° C), une expérience réalisée pour la première fois en 1978, dans le cadre de tests en laboratoire sur les théories quantiques.

Titulaire d'un doctorat en physique de la prestigieuse université Harvard, David Wineland faisait partie d'une équipe de scientifiques qui fut la première à isoler un électron en 1973, ouvrant ainsi la voie à l'informatique quantique. Les travaux de Wineland ont déjà été récompensés à plusieurs reprises par la Société américaine de physique, ont remporté la Médaille nationale des Sciences en 2008, et ont même été distingués deux ans plus tard par la Médaille Benjamin Franklin pour la physique.

« Nous sommes encore très loin d'un ordinateur quantique utile, mais je pense que nous sommes nombreux à croire en son apparition à long terme », a déclaré le lauréat du Nobel, contacté mardi dernier par le jury du prix.

– Le physicien français Serge Haroche, également âgé de 68 ans, est un explorateur de l'étrange monde quantique, qui, selon lui, « défie notre intuition classique ». D'abord intéressé par les mathématiques, il bifurque vite vers les sciences physiques. "J'étais fasciné par le fait que la nature se comprend par des lois mathématiques et je fus vite attiré par la physique qui ajoutait aux mathématiques une contrainte majeure : celle du réel", confiait-il en 2009. Ses travaux ont permis d'étudier et d'illustrer expérimentalement certains postulats de la mécanique quantique qui défient l'intuition. Ils visent à comprendre le passage du monde quantique au monde macroscopique de notre quotidien, un phénomène de "décohérence" que des expériences sur des photons captifs, insaisissables particules de lumière, ont permis de "saisir au vol".

Le Point.fr retrace ainsi le cursus universitaire de Serge Hauroche: « Né le 11 septembre 1944 à Casablanca, Serge Haroche a fait ses études à l'École normale supérieure (ENS), où il a fait sa thèse, sous la direction de Claude Cohen-Tannoudji. À sa sortie de l'ENS, il intègre le CNRS. Maître de conférences à l'École polytechnique, professeur à l'université Paris-VI et membre de l'Institut de France, il a également enseigné pendant neuf ans à l'université Yale, aux Etats-Unis. Nommé en 2001 professeur au Collège de France dans la chaire de physique quantique, Serge Haroche dirige le groupe d'électrodynamique des systèmes simples au sein du laboratoire Kastler Brossel du département de physique de l'ENS. Il est depuis le 1er septembre administrateur au Collège de France. » C'est un fervent défenseur de la recherche fondamentale, "une recherche basée sur la curiosité pure".

Serge Haroche a "du mal à réaliser" qu'il est Nobel de Physique

 

Prix Nobel de physique décerné au Français Serge Haroche et à l'Américain David Wineland

 

 

P.S.


Gurdon-15916-530x330Sir John Gurdon, à qui
un prix Nobel a été décerné la semaine dernière pour avoir « révolutionné
notre connaissance de la façon dont les cellules et les organismes se
développent », a révélé qu'à Eton, en 1949, son professeur de sciences
l'avait « descendu en flammes ».

« Le semestre a été
épouvantable », commence par écrire M. Gaddum. « Ce qu'il a préparé a
été mal appris… L'un de ces travaux n'a obtenu que deux points sur un maximum
de 50. Le reste n'a pas été meilleur… Je crois savoir qu'il veut devenir un
scientifique; dans l'état actuel des choses, c'est assez ridicule. S'il est
incapable d'apprendre des rudiments de biologie, ce serait une perte de temps
pour lui-même, mais aussi pour ses maîtres. »

Le Sun a qualifié
ces observations de « ridicules ». Certes, M. Gaddum aurait dû
déceler ce que le Comité du Prix Nobel a vu chez Gurdon quelque 63 ans plus
tard, même si son élève avait fini dernier des derniers en sciences à Eton; et
un éditorialiste du Daily Telegraph d'ajouter: «  J'espère que, ces
jours-ci, certains visages vont prendre des couleurs à Eton. Pour apprendre,
les enfants ont autant besoin d'encouragements que les plantes ont besoin
d'eau. »

Celui qui semble
n'éprouver aucune rancune, c'est bien Sir John Gurdon lui-même. Il a fait
encadrer l'appréciation de son professeur et l'a placée dans son bureau, tant
il lui semble nécessaire de toujours rester critique à l'égard de soi-même :
« Il est bon de se rappeler qu'on n'est peut-être pas aussi fort que cela
! » C'est un magnifique témoignage d'humilité, mais cela sous-entend également
qu'il a véritablement profité des observations très directes de son professeur.

Glossaire de termes de la physique :

   français                                                                  anglais

Physicien 

Physicist

(La) physique *

Physics

* Le terme « physique » vient du grec η φυσικη (ê physikê) adopté dans le monde gréco-romain, signifiant « connaissance de la nature».

Attention aux faux amis :

Physicien  = physicist (anglais)
Médecin      = physician (anglais)

 

Jean Leclercq


Lecture supplémentaire :

The Nobel prize for physics – trappings of success
The Economist – Babbage science and technology

The Beginner's Guide to Winning the Nobel Prize: A Life in Science
Author : Peter Doherty

Publisher : The Miegunyah Press (June 2006)

Exploring the Quantum : Atoms, Cavities and Photons
Authors : Serge Haroche and Jean-Michel Raimond
Publisher : OUP Oxford (August 2006)

David J. Wineland – Wikipedia

Serge Haroche – Wikipedia

 

L’écrivaine Claude-Anne Lopez raconte sa « vie avec Benjamin Franklin »‎

Claude-Anne Lopez avec un buste de Benjamin Franklin

 Pour avoir passé un demi-siècle à côtoyer le Père fondateur, sa famille, ses amis et connaissances, Claude-Anne Lopez connaît intimement Benjamin Franklin.

En tant qu'éditrice, attachée au projet Benjamin Franklin Papers de l'Université Yale, Mme Lopez a mis en lumière la vie privée du personnage historique, grâce à une interprétation minutieuse de sa correspondance. Elle décrit son travail dans « My Life with Benjamin Franklin », publiés par Yale University Press.

Le volume s'ouvre par une chronologie de la vie de Franklin et un essai dans lequel l'auteure explique comment Franklin est devenu son « passeport pour l'Amérique ».

Fuyant l'Europe nazie, elle s'installa aux États-Unis et épousa un universitaire qui devint enseignant à Yale peu après la deuxième guerre mondiale. Au début, elle fut engagée par les Franklin Papers, un vaste projet de publication basé à la Sterling Memorial Library, pour transcrire des lettres manuscrites en français adressées à Franklin ou expédiées par lui, à l'aide de sa brave machine à écrire Olivetti demeurée son instrument de travail préféré. Aujourd'hui recherchiste principale au Département d'histoire, Mme Lopez a également dévoilé le côté humain de la vie de Franklin dans trois livres déjà parus « Mon Cher Papa: Franklin and the Ladies of Paris, » « The Private Franklin: The Man and his Family » (avec Eugenia Herbert) et « Le Sceptre et la Foudre: Franklin en France (1776-1785). »

 

Mon Cher Papa, Franklin and the Ladies of Paris

Mon Cher Papa Franklin and the Ladies of Paris
Claude-Anne Lopez, 1966
Yale University Press

 Dans «My Life with Benjamin Franklin », Mme Lopez commence par réfuter une rumeur qui court actuellement sur la Toile, faisant de Franklin un antisémite. Puis, dans les autres chapitres, elle traite de divers sujets, les uns légers (la natation, l'entremise galante, le choix d'un service de table), les autres sérieux (l'équipement de l'armée révolutionnaire, l'espionnage et l'esclavage).

My Life with Benjamin Franklin
    Clause-Anne Lopez

Diane Pub Company 2000

 

The Private Franklin
Claude-Anne Lopez

W.W.Norton & Company, 1985

 

Le dernier chapitre décrit un dîner imaginaire dont les convives évoquent le souvenir de leur ami Franklin, un an après sa disparition. « J'ai adoré l'écrire » dit Mme Lopez, « car il rassemble tant de personnalités du Siècle des Lumières que Franklin avait connues. Comme j'ai toutes les lettres qu'elles lui avaient adressées, je pouvais les citer. J'ai réuni ces personnalités à dîner, mais ce que je leur fais dire est extrait de leurs lettres. »

Le Yale Bulletin & Calendar a rencontré Mme Lopez. L'entretien a porté sur Benjamin Franklin, être multiforme, ainsi que sur la part qu'elle-même a prise au projet de publication entrepris à Yale. Ce qui suit est une version remaniée de cette conversation que votre serviteur a traduite de l'anglais.

Jean Leclercq

 

Querelle de talons rouges

 


 

Critique de Marie Tran
notre collaboratrice, auteur-journaliste française. La critique est  rédigée spécialement pour ce blog. 

—————————————————————–

C'est une histoire de contrefaçon entre personnes du beau monde – celui du luxe – où l'on préfère parler de concurrence déloyale. Une histoire qui, en fin de compte, se termine par une sorte de gentlemen's agreement, même si cela est allé jusque devant les tribunaux, ceux de New York en l'occurrence.

Retour en arrière : avril 2011, les maisons Yves Saint Laurent et Christian Louboutin s'opposent pour une histoire de semelles de chaussures… rouges. Rouges comme celles vues dans la collection – américaine – printemps-été 2011 d'Yves Saint Laurent.

Yves Saint Laurent

« Concurrence déloyale et violation de marque commerciale » accuse alors le créateur Christian Louboutin. Et ses avocats de justifier : toutes les fashionistas savent que ce vernis écarlate sur la semelle d'un soulier est le signe distinctif de la marque de chaussures française, l'assurance de porter une paire de chaussures sexy et chic signées Louboutin, grâce à cette fameuse semelle, mais aussi, il est vrai, des talons très hauts perchés. Certains modèles grimpent jusqu'à 16 cm.

Christian Louboutin

Cette « caractéristique », c'est la « grande idée » de Christian Louboutin. Il y travaille depuis 1992 et a défendu son territoire en chassant impitoyablement toute contrefaçon de semelles rouges !

 


Christian Louboutin et les prunelles de ses yeux.
Oertwig/Schroewig/ABACA

 

La filiale américaine d'Yves Saint Laurent n'aura pas échappé à la règle. D'autant qu'aux États-Unis, depuis que Carrie Bradshaw, Sarah Jessica Parker (l'héroïne de la série Sex and the City) a vanté le pouvoir d'attraction des vertigineux Louboutin, que Lauren Weisberger (le Diable qui s'habille en Prada) a également avoué sa dépendance, la marque est devenue très red carpet. Kate Moss, Kristin Scott Thomas, Monica Bellucci, Angelina Jolie, Elizabeth Taylor… Vingt après sa création, Christian Louboutin peut se vanter de chausser les femmes les plus « influentes »… Et pas la peine de leur demander la marque de leurs chaussures… La semelle rouge est toujours là, en signature.

L'effet star joue forcément sur les chiffres de vente. 700 000 paires de Louboutin se vendent en moyenne par an, dont 240 000 aux États-Unis*, terrain de la discorde. On comprend que Christian Louboutin tienne à ses semelles qui pesaient dans les 135 millions de dollars de chiffre d'affaires en 2011. Débouté de sa plainte dans un premier temps, le tribunal de New York ayant jugé qu'une couleur ne pouvait être considérée comme une « marque déposée », le chausseur français a fait appel. Devant les juges d'appel, en août 2012, les avocats d'Yves Saint Laurent et de Christian Louboutin ont fini par se satisfaire de leur décision. Christian Louboutin sera le seul autorisé à proposer des chaussures à talons et semelles rouges… mais Yves Saint Laurent pourra continuer à commercialiser des escarpins à semelles rouges, à condition que la chaussure entière soit, elle aussi, écarlate !

* La semelle rouge, c'est définitivement Louboutin?
L'Express, 11 aout 2011

Louboutin-YSL : fin de la guerre de la semelle rouge
Le Figaro, 7 septembre 2012

Note du blog :

L'expression « talons rouges »
désigne, selon Maurice Rat, un élégant à prétentions
aristocratiques. Elle remonterait à Philippe d'Orléans, frère de
Louis XIV et véritable arbitre des élégances de la Cour.

 

Sixième Institut d’été de jurilinguistique

Le 27 août dernier, la
Faculté de droit de l'Université McGill (Montréal, Canada) a organisé, sa
sixième journée d'étude annuelle de jurilinguistique.

Welcome Banner

Cette discipline
nouvelle, dont le nom apparaît pour la première fois en 1982 dans une
publication scientifique du Conseil de la langue française du Québec,
intervient désormais en lexicographie ainsi que dans la production de textes
juridiques, leur révision, voire même leur interprétation. Il ne faut pas
s'étonner qu'elle ait vu le jour au Canada, pays bilingue et pluriculturel, où
à la difficulté de traduire les textes de droit s'ajoute la cohabitation de
deux systèmes juridiques : le droit coutumier (common law) et le droit
écrit (code civil de la province de Québec). Situation que la France a connue
jusqu'à ce que Bonaparte mette la dernière main à l'œuvre de codification des
coutumes en faisant adopter le code civil (le 21 mars 1804).


Du traducteur-interprète ou des infortunes de la vertu


Carole photoLa bienvenue
à notre nouvelle contributrice, Carole Josserand.
Née à Lyon, elle a  grandi dans un environnement bilingue
anglais/français. Après avoir réussi l'option internationale du
baccalauréat scientifique, elle est partie faire ses études en Angleterre
où elle a  effectué une Licence de langues (italien, allemand et russe), à
l'Université de Birmingham. Quatre ans plus tard, Carole s'est installée à
Londres pour suivre un Master en Traduction et Interprétation à
l'Université de Westminster.

Dans le cadre de sa licence, elle a  eu la chance de
pouvoir passer cinq mois à Moscou, Russie ; cinq à Berlin, Allemagne et
enfin, un mois à Florence, Italie. Cette expérience l'a extrêmement
enrichie, tant sur le point personnel que linguistique et culturel : la
permettant de mieux maîtriser ces langues et d'approfondir sa
compréhension de ces cultures et de leurs peuples.
Carole travaille actuellement à l'Union Internationale
des Télécommunications, à Genève, en qualité d'assistante du Chef
interprète, tout en maintenant son activité de traductrice en
freelance.

 ———————————————————————————

Turquie : « 2 traducteurs et leurs maisons
d’édition poursuivis en justice
» ;

Irak : « 261 traducteurs tués en 2006 » ;

Afghanistan : « Les Talibans tuent quatre interprètes
afghans ».

 


Ros Schwartz,
‎traductrice du mois de Septembre ‎2012

 

Bienvenue â Ros  qui et très active et célèbre dans le monde de la traduction littéraire, comme il s'avére dans l'interview qui suit. Ros habite Londres, où elle gère sa propre agence de traductions (Ros Schwartz Translations Ltd.)  Elle traduit du français vers l'anglais.  Voici son C.V.

 

 

Ros schwartz

  

 Ros Medaille 

Ros Schwartz, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

 

Q. Since you completed your university studies in France, you've been extremely active both as a literary translator and in many branches of the translating profession. We'll talk about your career in a moment, but take us back to your school years. Where were you brought up, at what age did you begin to study French and how strong was your command of French when you entered University?

My parents instilled in me a love of the French language, literature, music, food and wine that has become a lifelong passion. They were both ardent Francophiles, which was quite unusual for 1950s austerity Britain. The songs I heard in my cradle were those of Edith Piaf, Charles Trenet, Yves Montand and Mistinguett. They sang me to sleep with En passant par la Lorraine and taught me to sing Au Clair de la Lune before I knew my ABC.

When they didn't want me to understand what they were talking about, my parents would speak to each other in French, so naturally I made it my business to decipher and master this language very quickly.

At school, an inspirational French teacher, Miss Tucker, passed on to me her love of French literature, and I embarked on a French degree. But I wasn't cut out for academia, and the University of Kent and I parted company. I ran away to Paris, aided and abetted by my tutor, David Bradby, the distinguished historian of French theatre who remained a dear friend until his death in 2010. He helped me find my first job as an assistante in a Paris Lycée. I spent 8 years in Paris, doing a variety of odd (and I mean odd!) jobs (including working for the Gare d'Austerlitz telephone information service – there are probably people still wandering around Bordeaux  today trying to find the train to Port-Bou). During those years I steeped myself in every aspect of French life, from signing on as student at the radical university of Vincennes to picking grapes in Provence, unaware at the time that this was the best possible training for a literary translator. My friends in Paris devoted themselves to teaching me the slang of Belleville and the poetry of Verlaine.

 

Q. You have a LèsL from Université Vincennes-Saint-Denis (Paris VIII). What language courses did you take there?

 

I actually did a degree in English and American studies with a minor in Italian. The 1970s were an exciting time to be in a radical French uni – the 1968 afterglow. Having been at a staid UK university (and dropped out), I took courses in subjects I could never have imagined, such as "Donald Duck and Anglo-Saxon Cultural Imperialism". But it was at Vincennes that I had my first taste of literary translation, under a tutor called John Edwards. He passed on to me his passion for translating.

 

Q. Did you become a translator at the outset of your career?

 

I lived in Paris for 8 years, and then spent a year in India. On my return to the UK, I discovered that despite having languages (I also have Spanish), I was completely unemployable, having never worked in the UK. In Paris I had taught English in companies as a way of keeping body and soul together, but had no 'real' work experience. I was too old to go into a job at a very junior level, too inexperienced to go in at a higher level, and too much of a maverick to fit into a company culture. So I had no option but to invent my own career. I launched myself as a translator, having translated one book before leaving Paris, for which I had not yet found a publisher.

 

Q. You've translated over 60 books from French into English. How long did it take you to establish the kind of reputation that put your services in such high demand?

 

The publishing world is quite small and once you've got a foot in the door, editors tend to pass your name on. Colleagues too. It took a few years of letter writing, taking on other types of work, notably cookery books.

 

Q. Which of the books was the most challenging, linguistically or in other respects?

 

Each book has its own set of challenges. My recently published translation of Lebanese novelist Dominique Eddé's Kite was interesting because Eddé writes in French but with an oriental sensibility. It took me way out of my comfort zone, and by the end I had a curious feeling that I'd translated from Arabic, so different is the novel's structure and language from the western narrative tradition. Re-translating a classic, Saint-Exupéry's Petit Prince had a whole set of challenges, linguistic, stylistic, ethical, translating for children, creating different voices.

 

Q. Do you find time to study the works of other literary translators? When you do that, do you have the source and target texts before your eyes?

 

I'm not an academic, I'm a hands-on practitioner. I read voraciously, both translations and other literature. I am in permanent dialogue with numerous translator friends and colleagues. My work with English PEN's Writers in Translation Programme awarding promotional grants leads me to read a lot of sample translations. And as a mentor and external supervisor I see students' work. But I don't have time to 'study' translations. There aren't enough hours in the day.

 

Q. For those contemplating a career as a literary translator, would they have any realistic prospect of making ends meet, short of achieving the kind of success you've had.

 

Making ends meet has nothing to do with critical success. Literary translation simply isn't well paid. And there is a limit to how many books you can translate in a year. Sadly a lot of translators find themselves churning out books in order to make ends meet. The quality of their work suffers. Most translators also have a 'day job'. I make my living from running a small translation company and only do one literary work a year, for publishers who value quality and are prepared to give me the time I need to do a good job. Other colleagues teach, work as editors or do something completely different as a way of earning a living.

 

Q In 2009 you and Amanda Hopkinson jointly won the International Dagger Award for your translation of Dominique Manotti's Lorraine Connection. How did you divide the work between you and ensure a unity of style?

 

I drafted the entire novel, then Amanda went over it in minute detail and made lots of suggestions, most of which I incorporated. Then we met up and thrashed out the problem sections. It was creatively satisfying. I've collaborated with Lulu Norman on a number of translations, and with Steve Cox and Sarah Ardizzone. For me, collaboration is a form of professional development. You learn a lot from working 'à quatre mains' and the end translation benefits enormously.

 

Q In that same year you organised a series for peer-training translation workshops with the Translators Association, funded by the Arts Council of England. Could you explain the concept of a "peer-training workshop".

Yes, it's a translator-led workshop for practicing translators. It can be language-specific or subject-oriented, e.g. translating sex/poetry/subtitles. The idea is to compare notes on techniques and strategies for dealing with challenges we all face. Although there is a plethora of undergraduate and postgraduate university courses for beginner translators, there's little mid-career training, so we decided to remedy that by devising our own workshops. 

Q. You were also awarded the "Chevalier dans l'Ordre des Arts et des Lettres". Tell our readers how and why you were so honoured.

 

Ros Scwartz Chevalier de L'Ordre des Arts et des Lettres Cert (small)

A. It's a slightly mysterious process. In June 2009 I received a letter from the French Embassy in London telling me I'd been 'nommée au grade de Chevalier dans l'Ordre des Arts et des Lettres' in recognition for my 'travail de traduction, et plus largement votre rôle dans la diffusion de la littérature française'. According to the French Ministry of Culture ,the award is made to people for 'la contribution qu'elles ont apportée au rayonnement de la culture en France et dans le monde'.

I imagine it's because I've always worked with French publishers and the Book Office here to bring French titles to the attention of UK publishers (in fact that's how I launched myself).

 

Q You have also organised or overseen online translation courses, including one currently offered by the Birkbeck College. Could you compare the advantages and disadvantages for the participants of online courses as a substitute for face-to-face instruction. Why would a college offer courses free to applicants from throughout the world?

 

There's no substitute for face-to-face teaching. The online course is one strand of a project which involved a weekend 'taster' course and a summer school. It is for those who attended the summer school and who want more practice, and for anyone thinking of doing translation who wants to try their hand. We received funding for the project which enabled us to offer the online course free. But we aren't proposing it as a substitute for face-to-face teaching, and nor are we suggesting that anyone completing the online course is ready to launch their career. But it's nice to be able to offer it to budding translators around the world, not all of whom have the means to come to London for the summer school or to go to university.

Vers une nouvelle profession : “lawyer-linguist”‎

par Juliette Scott, traductrice professionnelle et chercheuse à l'Université de Portsmouth, Grande-Bretagne, qui gère le passionnant blog From Words to Deeds : translation & the law, dont le but d'établir des passerelles entre la théorie et la pratique ainsi qu'entre les traducteurs, les interprètes et les professionnels du droit.

.


Ce petit article fait partie d'une série que j'ai intitulée « What exactly is… ».  (cliquez ici pour en voir d'autres, en anglais).

L'émergence relativement récente du poste de « lawyer-linguist » m'intéresse depuis un certain temps maintenant. Le terme s'est retrouvé également sur Twitter cet été avec une foison d'offres d'emploi de la Banque centrale européenne couvrant plusieurs langues.

Bien que cet intitulé semble assez nouveau, vous pouvez voir ci-contre un « lawyer-linguist » des temps anciens : Cicéron…

La vidéo ci-dessous (en anglais), publiée par EU Careers et d'une durée de 7 minutes, donne un aperçu global du travail des « lawyer-linguists » à la Commission Européenne. Inter alia, on nous explique, avec véhémence, que ce travail n'est pas celui d'un traducteur.

 

Le terme utilisé en français par l'Office européen de Sélection du personnel est « juriste linguiste ». Chose intéressante, le Parlement européen a publié un communiqué de presse  au mois d'août (disponible uniquement en anglais pour l'instant dans lequel on constate que l' « on est loin d'être juste un service linguistique » (italiques rajoutés).

Cependant, cela n'est qu'une vision partielle de la chose. En cliquant ici, vous pouvez lire un dépliant sur le travail d'un «  lawyer linguist » en langue anglaise à la Cour de Justice de l'Union Européenne à Luxembourg, dans lequel vous verrez que les fonctions sont explicitement et principalement la traduction. Ce dépliant ne semble pas exister en version française, mais vous pouvez lire la description du poste en français ici.

D'autre part, ce terme anglais n'est pas le seul. Au Canada on parle du « jurilinguiste », que l'on peut définir comme suit : « Un jurilinguiste fournit des conseils se rapportant à la terminologie, la syntaxe, la phraséologie, l'organisation d'idées et le style appropriés au langage du droit et, plus précisément, au discours législatif et aux sujets y afférant, ainsi que, dans le contexte de propositions de loi et règlements bilingues corédigés, des services de comparaison afin d'assurer une équivalence entre les versions anglaises et française. » Ici on s'approche davantage de l'aspect « linguistique ».

D'autant que je puisse le voir, il s'agit aussi d'un sujet très sensible. Certaines agences de traduction font leur promotion en faisant valoir que les traductions juridiques au sein de leur agence sont effectuées par des « lawyer-linguists », laissant entendre ainsi que de « seuls » traducteurs seraient en quelque sorte moins efficaces. Certains traducteurs « freelance » s'auto-décrivent comme des « lawyer-linguists » lorsqu'ils sont qualifiés à la fois en droit et en traduction, quel que soit le diplôme. A mon sens, une amélioration de la qualité s'obtient par la collaboration : que ce soit entre le client et le traducteur, le traducteur et le juriste, ou bien avec d'autres experts. Plus il y aura d'échanges d'information, avant et pendant le travail de la traduction, mieux s'en trouvera le résultat.

En ce qui concerne les programmes universitaires, l'Université de Poitiers propose un Master professionnel
« juriste-linguiste », appelé aussi JULI, depuis 2001, bien qu'il n'y ait pas d'indications précises sur les professions adoptées par leurs anciens élèves. En Lettonie, la Riga Graduate School of Law propose un Master en « Legal Linguistics »  qui « vise les études de droit et de langues, donnant aux juristes et aux linguistes des connaissances interdisciplinaires pertinentes dans les deux domaines ».

Il existe même une Association of Lawyer-Linguists, basé en Slovaquie. Elle semble néanmoins cibler les personnes travaillant au sein des institutions européennes, et leur site web ne montre pas d'activité depuis 2010.

Pour terminer, je vais revenir à mes passerelles. Doit-on forcément se limiter à des camps opposés ? Ne pourrait-on pas trouver une meilleure façon d'associer les deux champs de compétences ?

Qu'en pensez-vous ? Vos commentaires m'intéressent fortement.


Journées des études de traduction,
20-21 septembre 2012


Translation_studies_leaflet_en

 

Les 20 et 21 Septembre 2012, la Direction générale de la traduction
(DGT) de la Commission européenne organisera la deuxième édition de ses Journées des études de traduction à Bruxelles.


Lors de cet événement, les représentants du monde universitaire, des
services de traduction publics et de l'industrie langagière se réuniront
pour discuter des études couvrant un large éventail de sujets
concernant la traduction, le multilinguisme et la terminologie juridique
internationale.


Pour consulter le programme préliminaire (en anglais, français et allemand) de l'événement, suivez ce lien.

Récapitulatif du programme.


Pour ceux ne pouvant y assister en personne,  les Journées des études de traduction pourront être suivies en direct sur le Web.