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Cent raisons moins une !

  

Bienvenue a notre nouvelle contributeur, Caroline Smailes

Préface du blog :

Certains lecteurs aiment utiliser un cyberlivre, d'autres préfèrent toucher les feuilles du doigt. Mais le livre numérique présente deux avantages incontestés: d'abord, il se charge instantanément n'importe où, pourvu que l'on dispose d'un ordinateur ou de tout autre dispositif de lecture numérique; et ensuite, le lecteur qui voyage peut emporter autant de livres qu'il le désire, sous un minimum de volume et de poids. Mais la technique offre désormais une nouvelle possibilité, encore expérimentale, celle de choisir différentes versions d'un même livre. L'auteur britannique Caroline Smailes (Black Boxes, Like Bees to Honey, In Search of Adam) a ouvert de nouvelles perspectives à l'édition en offrant onze fins différentes à son livre 99 Reasons Why. Dans l'article qui suit, spécialement rédigé à notre intention, Madame Smailes a aimablement accepté de nous exposer la logique et la finalité de ce nouveau « service à la clientèle ». 

 

Cent raisons moins une !

Dans la narration d'une histoire, nous autres écrivains en arrivons toujours à un point où plusieurs fins sont possibles et, comme nous tenons la plume, sans doute sommes-nous mieux que quiconque à même de discerner celle vers laquelle le personnage va s'orienter. Ce que je veux dire, c'est que la fiction offre un certain nombre d'itinéraires possibles, mais que nous risquons de choisir celui qui a notre préférence. Le choix que nous faisons alors, nous autres écrivains, pourra même refléter nos propres états d'âme, notre vécu ou ce que nous croyons être le désir du lecteur. Nous réagissons, nous prenons cette importante décision, en fonction de la force du sentiment qui nous anime ce jour-là et à ce moment précis.

Le mot anglais de la semaine – crowdfunding

 

  Crowd-funding Crowfunding 1

 

Le mot crowdfunding veut dire, littéralement, « financement par la foule ». Il désigne la collecte de sommes, généralement modestes, provenant d’un public de sympathisants. C'est une pratique très répandue dans les domaines culturel, politique ou commercial.  Ainsi, le Président Obama, par exemple, mène actuellement sa campagne électorale en sollicitant des contributions (à partir de $3) de tous ceux qui figurent sur ses listes d’adresses numériques.

Le Congrès américain vient d'adopter une loi, The Jumpstart Our Business Startups (JOBS) Act,  et le Président l’a signée, qui permettra  à toutes les  petites affaires de vendre leurs actions par l’intermédiaire de la Toile, sans passer par la Bourse.

JOBS ACTJobs Act 2     
Le Président Obama signe le Jobs Act

Le crowdsurfing peut être indirectement lié à la conception d’une « grassroots campaign », expression que nous avons analysée dernièrement dans le cadre de notre article intitule «Le mot anglais de la semaine – astroturfing ».

Dans Wikipedia, la version française de l’article sur crowdfunding emploie l'expression « production communautaire » en précisant :

« Les expressions production communautaire, production participative ou financement participatif désignent l’application des méthodes combinées du crowdsourcing (expertise et production de contenu par la foule  et du crowdfunding (financement par la foule) à des projets de tous types (entreprise, production artistique ou culturelle, etc..). La mise en commun des apports individuels est facilitée aujourd’hui par le développement des réseaux sociaux et des communautés sur Internet. »

Le site FORBES, mis à jour au 30/03/2012, annonce que pendant les deux dernières années, le marché soutenu par le crowdfinancing a progressé de 32 millions de dollars pour atteindre 123 millions de dollars.

Lecture supplémentaire :

The Crowfunding Revolution – Social networking meets venture financing
iPeopleFINANCE

Crowd-Funding Industry Braces for Regulation, April 5, 2012
CFO Journal, Wall Street Journal

 

J.G. & J.L.

Qui a peur de la traduction automatique?

redigé par notre collaborateur, Robert Killingsworth,
traducteur financier français-anglais

 

Killingsworth photo
traduit de l'anglais par Danièle Heinen

 

Ma profession – traducteur indépendant (« freelance » ou « pigiste » selon les pays et n’exerçant pas dans le domaine littéraire) – est menacée, du moins si l’on en croit les rumeurs et les borborygmes de la blogosphère traduction.

Selon le commentaire du blog Translation Tribulations [1], le traducteur serait désormais prisonnier, condamné à la post-éditique de traductions produites par un système automatique (TA), payé de manière minable à la pièce, à des tarifs déterminés par l’utilisation qui sera faite du texte en langue cible, selon qu’il doive être simplement lisible ou parfait. Pire encore, le traducteur ne serait plus qu’un salarié, esclave chez un fournisseur de services linguistiques, alias agence ou cabinet de traduction. On se rappellera le travail à la chaîne dans le film de Charlie Chaplin, Les temps modernes. 

À la une : Modification législative de l’usage anglais en Californie

 

La législature de la Californie, s'alignant sur l'usage d’autres États de l'Union, vient de remplacer l'expression mentally retarded , jugée péjorative, par intellectually challenged dans la totalité des lois et règlements de l’État. 

En fait, les termes employés en anglais pour désigner les personnes mentalement retardées ont évolué bien avant cette initiative officielle. Selon le blog The Old Jarhead, ils ont suivi  la trajectoire suivante :

Moron/idiot  >             feeble-minded

Feeble-minded  >       retarded

Retarded  >                 mentally challenged

De même, et dans le souci d’être politiquement correct, ce qu’on appelait naguère  “lunatic asylum” ou « insane asylum », (ou encore, en argot : « cuckoo’s nest, loony bin, nuthouse etc.) s’appelle aujourd’hui « mental home/hospital » ou « psychiatric institution/hospital ».

Comme on le sait, les changements d'usage linguistique se font majoritairement dans le cadre d'un processus évolutionniste, sauf dans le cas des régimes totalitaires où l'on s'efforce d'imposer des changements dans le but d'enrégimenter les individus en influant sur leur façon de penser et de se conduire.

C'est  l'écrivain britannique, George Orwell  [1], qui,  dans son livre  "Nineteen Eighty-Four",  a inventé tout un vocabulaire appelé le Newspeak  (en français la « novlangue »), notamment Big Brother, doublethink, thought crime, etc. pour imposer une telle politique totalitaire.

1984

Dans le cas de la Californie  et d'autres États américains, il s'agit, heureusement, d'une démarche éclairée dans le but d'éviter la stigmatisation d'un groupe de personnes défavorisées.

Lecture supplémentaire  : Les bons mots de George Orwell

 

photos de la semaine

Keeping afloat
Equipe USA de natation synchronisée

(TIME Magazine)


Cirque

Cirque du soleil

Notre collaboratrice, Anne Gilmé, a proposê les legendes suivantes pour les deux images au-dessus :  

comme des poissons dans l'eau (pour les nageuses) ….et : souples comme des chats (pour les acrobates).

Nos lecteurs et lectrices sont invités a poposer leur propres légendes..

Note linguistique :

Des expressions et proverbes anglais avec le mot cat :

catnap

Un (petit) somme.

Curiosity killed the cat.

La curiosité est un vilain défaut.

Has the cat got your tongue?

Tu as perdu la langue ?

(en parlant à un enfant)

It’s raining cats and dogs.

Il pleut des cordes / Il pleut des hallebardes / Il tombe des hallebardes = Il pleut à verse.

Look what the cat dragged in.

Regarde donc un peu qui pointe son nez / Regarde donc un peu qui pointe le bout de son nez /
Regarde donc un peu qui arrive (là).

She/he thinks she/he is the cat's meow
/ the cat's pajamas/whiskers

Se prendre pour le nombril du monde.

She/he looks like the cat that ate the canary
/ like the cat that licked the cream

Avoir l'air content de soi.

to fight like cat and dog

 

Se battre comme des chiffonniers.

S'entendre comme chien et chat.

to let the cat out of the bag

Vendre la mèche.

to play cat and mouse with someone

Jouer au chat et à la souris avec quelqu'un.

When the cat's away, the mice will play

Quand le chat n'est pas là, les 


Kerouac & Ginsberg :
le pouls d’un autre rêve américain

Bienvenue a notre nouveau collaborateur, Laurent Bournonville.

  Laurent

 

Préface :

Lorsque nous étions à la recherche d'un nouvel auteur, invité à écrire un article sur les poètes américains de la Beat Generation qui ont connu Paris, principalement Jack Kerouac et Allen Ginsberg, il nous a été conseillé d'approcher Laurent Bournonville. Heureusement pour nous, il accepta cette invitation et l'excellence de son article confirme bel et bien le choix de cet auteur.

Laurent est fasciné par les langues depuis toujours. Jeune garçon, vivant alors à Bruxelles, il lisait déjà les étiquettes multilingues des produits alimentaires à la table du petit-déjeuner. Il a accompli ses études secondaires en langues ouest-européennes anciennes et modernes. Il a ensuite étudié la traduction en langues scandinaves, et a enseigné l'anglais à des enfants de 4 à 10 ans. Il a été un temps traducteur anglais-français, avant de devenir manager de services linguistiques et informatiques au sein d'une société de communication, responsable avec son équipe de soutien aux activités opérationnelles. Laurent a une multitude de loisirs et d'intérêts, liés aux langues (lecture, écriture…), aux personnes (coaching, formation, enseignement…), aux technologies de l'information, et à la nature.

L'article très érudit de Laurent sur les poètes de la Beat Generation est suivi d'une note personnelle de ma part, portant sur un poète moins connu de cette époque et de ce genre, que je connaissais personnellement.

 

Kerouac & Ginsberg : le pouls d’un autre rêve américain

À la suite des années 1930, durement marquées par une crise économique sans précédent aux Etats-Unis, la majeure partie des citoyens américains, qu’ils soient ouvriers, employés, entrepreneurs, politiques, militaires, ou encore professeurs, ont vu leurs efforts se concentrer sur la réalisation de leur réussite personnelle, au travers de leur travail, avec force courage et détermination, transcendant une nouvelle fois le célèbre « American dream », digne héritier de l’époque du Far-West, et menant tout droit à l’« American way of life » des années 50 et 60. 

 

Les manchots sauront voler quand les poules auront des dents ! Attention aux poissons d’avril de la BBC !

Attention aux poissons d’avril de la BBC !

 

Capture d’écran 2011-07-05 à 20.18.36

Sir David Attenborough de la BBC

David Attenborough est le naturaliste et le présentateur le plus célèbre de Grande-Bretagne. Il a débuté sa carrière il y a une cinquantaine d’années. Depuis 1979, il a réalisé plusieurs séries de documentaires sur la nature regroupées en 2005 dans un coffret de 24 DVD baptisé « The Life Collection » (Anthologie de la vie).

Capture d’écran 2011-07-05 à 20.19.33

Quelques années plus tard, David Attenborough a tourné « Planet Earth » (Planète terre) et «The Blue Planet: Seas of Life » (La planète bleue : océans de vie). Sa dernière série diffusée en 2010 et intitulée « Life » (Vie) a nécessité près de 3000 jours de tournage sur tous les continents et dans tous les milieux. Il y a employé de nouvelles techniques pour filmer en haute définition dont l'effet est à couper le souffle. “Life” raconte 130 histoires incroyables provenant des confins du monde naturel. Cinquante quatre d’entre elles n’avaient encore jamais été filmées précédemment.

David Attenborough donne son point de vue sur la science et la religion dans la vidéo suivante :

 

 

 

Le poisson d’avril 2011 de la BBC

Pour le 1er avril, la BBC décida de jouer un tour à ses téléspectateurs. Une équipe d’animateurs utilisant des techniques sophistiquées concocta un film montrant des manchots volants. Ces derniers furent décrits par Terry Jones, un homme ressemblant à David Attenborough et s’exprimant de la même façon.

La magnifique vidéo ci-dessous montre les trésors d’ingéniosité déployés par la BBC pour tromper son public.

 

 

 

Pour découvrir les canulars de la BBC des années précédentes, regardez ici  

Note linguistique

En anglais, l’expression « if pigs could fly,…..» (ou « when pigs fly… ») (si les cochons pouvaient voler ou quand les cochons voleront) vient d’un proverbe écossais du XVIe siècle. L’expression « When pigs fly » est un adynaton, une façon de dire que quelque chose n’arrivera jamais.

 

D’autres langues ont des expressions similaires: 

En bosnien : quand les raisins mûriront sur le saule

En catalan : quand les vaches voleront

En danois (et anglais) : quand il gèlera en enfer

En néerlandais et allemand : quand Pâques et Pentecôte tomberont le même jour

En français : quand les poules auront des dents

En hindi : quand le soleil se lèvera à l’ouest

En italien : quand Pâques sera en mai

En letton: quand la queue du hibou fleurira

En polonais : quand le cactus poussera sur ma main

En portugais : quand la vache toussera

En russe : quand les raisins pousseront sur les saules

En espagnol : quand les grenouilles auront des poils

En tagal : quand le corbeau deviendra blanc

En turc : quand le poisson grimpera aux arbre

En hommage à la formidable supercherie de la BBC en 2011, on pourrait peut-être songer à renommer l’expression anglaise « si les cochons pouvaient voler » par « si les manchots pouvaient voler » ou « quand les manchots voleront ».

Le présent article est la traduction française, établie par Anne GILLMÉ (http://www.columbusproject.net), d’un article rédigé en anglais par Jonathan Goldberg.

Le mot anglais de la semaine : Astroturfing

Grassroots 0


Avant d’expliquer ce mot, il faut rappeler, qu'en anglais, « grassroots » s’emploie littéralement (et comme substantif) pour désigner, en géologie, des couches superficielles ou, en botanique, des racines d’herbe (dans ce cas, en deux mots : « grass roots »). 

En revanche, « grassroots » employé figurativement (et comme adjectif) veut dire « populaire » ou « de base », par exemple dans l’expression « grassroots campaign » (campagne s'adressant à des gens ordinaires). Dans le sens tant littéral que figuré, il s’agit de quelque chose qui sort de  terre, comme le gazon naturel, qui se situe « au ras des pâquerettes », par opposition à quelque chose d'artificiel ou d'imposé d’en-haut.


Grassroots 1Grassroots 3

Le mot « turf » renvoie lui aussi au gazon et à la pelouse. (Dans un contexte particulier, il peut vouloir dire course hippique.)

Astroturf ® est la marque commerciale d’une société qui vend de l’herbe artificielle utilisée dans les stades.  Les mots « grass roots » (ou « grassroots ») « turf » et  « astroturf » ® ne sont pas des néologismes.

Astroturf

En revanche, le mot « astroturfing » a été forgé il y a quelques années seulement pour désigner l’acte de mener une campagne, surtout politique ou commerciale, qui donne l’impression d'être populaire et spontanée, mais qui, en réalité, est aussi artificielle que l’astroturf. Donc l’astroturfing est employé  par une entité organisée qui cherche à promouvoir une idée, un produit, une campagne ou un candidat.  Il s’agit d’orchestrer les choses d’une manière qui semble provenir de différentes sources et bénéficier d'un large soutien, tout en employant des méthodes de désinformation. Cela s'opère grâce à des lettres écrites aux journaux, des articles orientés publiés dans des blogs, ou des opinions, dites impartiales, exprimées par d’autres canaux d'information.

Le recours à l’astroturfing se répand rapidement comme nouvel outil de la guerre menée sur la Toile. Pour citer le journal américain, The Boston Globe du 6 janvier 2012 :

Une nouvelle menace plane désormais sur la Toile. Jusqu'ici, l'histoire des « cyberguerres » a été celle de l'escalade des logiciels. Des criminels de l'ombre (ou des adolescents qui s'ennuyaient) concevaient des codes – toujours plus pointus -  permettant d'infester les logiciels, d'inonder de spams ou de subtiliser des numéros de cartes de crédit… Mais, la matière première d'une toute nouvelle forme d'agression, analysée récemment par des informaticiens californiens, n'est pas le logiciel, mais le public. De gros bataillons de mercenaires sont recrutés pour aider à déformer le paysage socio-médiatique – en vantant les mérites de tel ou tel produit, en diffusant des spams convaincants, en ouvrant des comptes sur des réseaux sociaux ou en effectuant d'autres tâches.  Cela donne à ceux qui les emploient de nouveaux moyens de faire à peu près n'importe quoi, de l'usage de techniques commerciales contestables au vol pur et simple.

Voir aussi:

Detecting and Tracking the Spread of Astroturf Memes in Microblog Streams
School of Informatics and Computing, Indiana University, Bloomington, IN, USA

D’autres expressions qui comprennent le mot « turf » :

Turf war

Ce terme est défini par la base de données « Wordnet » comme « une âpre lutte pour un territoire, un pouvoir, une domination ou des droits ». Par exemple: «  a turf war erupted between street gangs».  Ces querelles de territoire opposent des bandes, des mafias, des seigneurs de la guerre, des militants de partis politiques, des groupes religieux, etc. qui se disputent tel ou tel secteur ou point particulier de vente de drogue, ou de collecte illégale de fonds ou de dons, ou encore de prosélytisme politique ou religieux. 

  Turf war
Newser.com

Surf and turf

Type de cuisine qui associe viande et fruits de mer (en particulier le homard et le steak), ou les restaurants qui proposent cette cuisine.

  Surf and turf

Not exactly my turf 

Ce n'est pas mon rayon (/ma spécialité)

It comes with the turf

 Ce sont les risques du métier

 J.G. & J.L.

Citation de la semaine

Shimon Peres, le Président d’Israël, répondant à la question de savoir s’il y a un autre État dont il aurait voulu être président :

« J’aime les Etats-Unis. J’aime la France. Mais si vous voulez savoir si j’aimerais être Français, je n'en ne suis pas certain. »

Note historique :

Peres est le cousin germain de la star américaine Lauren Bacall qui, depuis 1944, a joué dans de nombreux films hollywoodiens. Ils ont tous deux changé leur patronyme qui était, à l'origine, Perske. 

Shimon PERES                     Bacall

Shimon Peres (89 ans               Lauren Bacall (87 ans)

 

Source : TIME MAGAZINE le 2 avril 2012

Hollywood et les affaires internationales :

Hollywood, Movie Globalization, and International Politics
March 16, 2012

Patricia Lane –
Traductrice du mois de mars 2012

Patricia Lane

 

 

 

 

Jonathan pose des questions à Patricia Lane, choisie comme traductrice du mois de mars 2012 par ce blog. 

Patricia est membre de Communication et Entreprise (ex UJJEF), de IABC (International Association of Business Communicators et de la SFT (Société française des traducteurs).

Elle partage son temps entre Paris et la Savoie, trimbale la plupart du temps son Nikon à l’épaule gauche et est passionnée de mots, de livres, de photographie et d’animaux. 

On la trouve sur son  site web   Franco-American Quill et sur son blog intercultural Zone.

 

Parlez-nous un peu de votre enfance

Patricia : Les cartons et les valises ont toujours fait partie du paysage! Je suis née à Saigon et ai partagé ma jeune enfance entre le Vietnam et le Cambodge avant de déménager à New York après un séjour en France. Mes parents, Français, étaient devenus citoyens américains ; je suis née avec la double nationalité et ai grandi bilingue. Pendant des décennies, j’ai partagé mon temps entre Manhattan et la famille en France. 

Où avez-vous étudié à New York ? Quel était votre environnement culturel ?

Patricia : A la maison, je fus élevée à la française (d’ailleurs, le livre de Pascal Baudry “Français et Américains : L’Autre Rive” décrit merveilleusement bien la différence dans la manière dont mères françaises et mères américaines élèvent leurs gosses !). Avec ma mère, nous parlions en français ou en anglais en essayant d’éviter de baragouiner en “franglais”. Ma mère avait été traductrice et interprète pendant la Deuxième Guerre mondiale et voyait d’un très mauvais œil ce type de paresse linguistique. Au Lycée français de New York, j’ai reçu une éducation française, mes congénères venant du monde entier. Déjà à l’époque, l’interculturel me semblait couler de source. Mon contexte (mot favori des traducteurs !) ? La Grosse Pomme et la culture populaire américaine. 

Quid de votre parcours universitaire ?

Patricia : Après avoir passé mon bac, j’hésitais entre poursuivre mes études en France ou aux US. J’optai pour les US, sans me rendre compte que j’allais être confrontée à mon premier vrai choc culturel. Les divergences culturelles, je le réaliserais plus tard,  mènent aux différences flagrantes de ces systèmes éducatifs. Il fallait que je m’y adapte, et ce ne fut pas facile. J’ai trouvé particulièrement ardu d’avoir à participer en cours au point de remettre en question le prof et d’apprendre à structurer mes écrits selon un format américain ainsi que de développer un style rédactionnel fluide et percutant en anglais. Heureusement, je n’étais pas seule à galérer, car Wellesley College et New York University ont une forte proportion d’étudiants étrangers !

Après avoir décroché mon BA et MA en sciences politiques, j’ai déménagé à Hawai’i en 1989 pour poursuivre mes études de doctorat à l’Université de Hawai’i/Manoa en tant que boursière travaillant à l’East-West Center.

Qu’étudiez-vous à l’Université de Hawai’i?

Patricia : A UH, j’ai poursuivi mes travaux sur le Sud-Est asiatique, et en particulier les pays de l’ancienne Indochine. En a découlé un sujet de thèse sur la période 1940-45 dans le Théâtre chinois et son impact sur le Vietnam. En parallèle, je travaillais à l’EWC sur la mise en place de programmes d’échanges universitaires et scientifiques et de projets de développement avec les anciens pays de l’Indochine pour les aider à renaître après des décennies de guerre. 

J’ai réappris le vietnamien, ses six tons et diphtongues m’étant déjà familiers. Et je suis retournée vivre et travailler au Vietnam, d’abord à Hanoi, ensuite à Saigon, avec l’autorisation du ministère du Trésor américain puisqu’il n’y avait toujours pas de relations diplomatiques entre les deux pays. 

Où vivez-vous maintenant ? Quel est votre métier ?

Patricia :  J’avais passé près d’un an en France pour mes recherches de thèse. En 1995, j’ai décidé de m’y installer, voulant savoir si vivre et travailler à plein temps dans ma culture “d’origine” me plairait (même si j’admets que j’ai encore du mal à identifier quelle est cette culture d’origine !) Pendant 4 ans, j’ai été directrice du développement européen d’une agence internationale d’architecture, ce qui m’a donné une riche expérience dans bon nombre de cultures professionnelles européennes (ce qui s’avérait fichtrement utile plus tard !) J’avais déjà exercé en tant que professionnelle indépendante à New York ; inévitablement, le virus entrepreneurial revint et je me suis mise à mon compte fin 2001. Je porte deux casquettes : conceptrice-rédactrice en anglais et traductrice du français vers l’anglais ainsi que consultante formatrice en management et communication interculturels. Je m’éclate dans ce que je fais et apprécie travailler la main dans la main avec mes clients afin que leurs messages soient parfaitement ciblés, culturellement adaptés et capables de traverser les frontières.

Dites-nous quelques mots sur votre profil interculturel

Patricia :  Dès le plus jeune âge et au fil des années, nous tenons tous certaines choses pour acquises. Par exemple, ce verre de liquide blanc que nos parents nous donnent à boire, cela s’appelle du lait. Mais nous n’y pensons pas, nous ne le remettons pas en question, c’est familier et ne capte pas notre attention.  Je ne m’étais jamais posé de questions sur ma composition culturelle, ni même demandé si j’en avais une. De temps à autre, je remarquais que je pouvais réagir un peu différemment de mes amis américains face à certaines choses ou que parfois je ne pigeais pas ce à quoi ma famille française faisait référence. 

C’est à l’East-West Center, avec Richard Brislin et d’autres, que j’ai commencé à travailler sur les questions d’interculturalité. Et la lumière fut ! Cela m’a pris du temps, petit bout par petit bout, pour disséquer l’influence de mes trois cultures – française, américaine et vietnamienne – sur mes valeurs, mes croyances, mes perceptions et ainsi de suite. Cette exploration très personnelle, associée à d’abondantes lectures (Hofstede, Geertz, Trompenaars et Hall par exemple) fut la pierre angulaire du travail sur l’interculturel que je fais maintenant avec mes clients.

J’animais, il y a quelques années, un atelier de communication interculturelle et j’ai participé avec les stagiaires à une évaluation CultureActive. C’était amusant de voir que j’étais le petit point pile au milieu du diagramme, l’influence de mes cultures en équilibre. J’y suis bien dans mes baskets !